Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Coloc mouvementée — Chapitre 2 · Chemin de traverse
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Coloc mouvementée
Chapitre 2 · Chemin de traverse
Lucille est toute pimpante, un zeste trop maquillée sans doute. Elle est plongée dans la lecture du magazine télé, elle parait tendue. Je dépose mes courses, entreprends de les ranger et l'odeur appétissante du poulet la fait froncer les narines. Elle se lève pour me donner un coup de main que je refuse.
— Tu peux plutôt mettre la table... poulet et pommes sautées au menu... ça te va ?
— Ouais. Je te dois combien ?
— C'est bon, tu paieras les prochaines courses, c'est bien !
— Tu en as mis du temps !
— Oh ! J'ai dû attendre que le poulet soit prêt. Il y a toujours un monde de dingue.
— Mmm ! En tout cas, ça sent bon et j'ai faim. Tu as vu des gens connus en ville ?
— Non ! Mais je ne fais jamais vraiment gaffe.
— Ouais. Je te dois combien ?
— C'est bon, tu paieras les prochaines courses, c'est bien !
— Tu en as mis du temps !
— Oh ! J'ai dû attendre que le poulet soit prêt. Il y a toujours un monde de dingue.
— Mmm ! En tout cas, ça sent bon et j'ai faim. Tu as vu des gens connus en ville ?
— Non ! Mais je ne fais jamais vraiment gaffe.
Un pieux mensonge pour m'éviter une longue discussion stérile sur mon passage chez son amant. Ça ne me rend pas joyeuse de mentir par omission. Mais bon, elle a l'air assez speed et je ne veux pas d'histoire. Notre déjeuner en tête à tête n'est que le prétexte à déterminer un lieu de balade pour un après-midi sympa. Et au moment de desservir, nous sommes quasiment d'accord sur le point de chute de la promenade. Nous allons aller danser dans une discothèque à la mode dans un coin paumé de notre département. Ce qui fait qu'une bonne heure plus tard, nous roulons en direction de l'endroit où des tas de couples se retrouvent pour guincher. Une boite un peu rétro avec de vrais musiciens. Et effectivement, le parking laisse entrevoir que c'est très couru.
Gratuit pour les dames seules ! Heureuse surprise qui nous arrange plutôt bien. Et la salle est bondée. Sur la piste, des tas de couples se trémoussent sur des accords entrainants, alors que nous sommes immédiatement sous la surveillance de quelques célibataires accoudés au bar. Pas tous non plus d'une grande jeunesse, de vieux messieurs à la recherche d'une partenaire, pour exprimer leurs talents de danseurs. Bien entendu, Lucille est vite la cible de ces gentlemen empressés. Elle est rapidement dans les bras de l'un d'entre eux, mais de mon côté, j'en refuse deux ou trois, assez âgés pour être mon père. Oh, je ne fais pas tapisserie longuement puisqu'un monsieur qui affiche peut-être cinq ou six piges de plus que moi fait des ronds de jambe dans mon entourage.
Nous voilà donc toutes deux lancées dans des rondes effrénées ou plus lentes en fonction d'un orchestre qui met une bonne ambiance. Le type qui me fait tourner est parfumé et la série de slows qui nous est distillée, me colle son odeur dans les narines. Au début, ça n'a rien de désagréable bien sûr, mais captée à haute dose, sa fragrance m'entête. Après je ne sais combien de circonvolutions sur le parquet, je prétexte une petite soif pour mettre un terme au supplice de l'eau de toilette trop forte. Le type qui dit se prénommer Reynald tient absolument à m'offrir un verre, ce que je réfute totalement. Et il se met en quête d'une autre cavalière. Ouf ! Il s'est tellement collé à moi que Lucille qui me rejoint semble me humer bizarrement.
Elle garde par contre accroché à ses basques son chevalier servant. Pas très frais non plus, et plus proche des soixante balais que de nos trente piges. Enfin, c'est son problème. Elle me fait un clin d'œil et nous nous retrouvons à trois, sur une banquette en skaï qui borde la piste, avec son loulou qui s'agrippe à elle comme à une planche de salut. Le gars est sympa c'est sûr, mais ses intentions sont on ne peut plus claires. Ni Lucille ni moi ne pouvons ignorer les signaux sexuels que ce bonhomme émet sans vraiment se cacher. Ils sont tous dirigés en direction de celle qui vient de se lover dans ses bras sur la piste. Et il invite de nouveau ma copine qui joue le jeu. C'est là qu'un autre mec s'approche de moi.
— Je peux m'assoir là ?
—... ! Les canapés ne sont pas privés. Celui-ci ne m'appartient pas non plus.
— Ah ! Merci ! Je m'appelle Jérôme.
—... !
— Je vous dérange peut-être ? Vous n'êtes pas seule, sans doute ? C'est vrai aussi qu'une jolie femme comme vous ne peut avoir qu'une foule d'admirateurs.
— Euh... !
— Vous avez donc si peur de moi ?
— Peur ?
— Ben, oui ! Vous avez bien un prénom, n'est-ce pas ? Et puis, je n'ai jamais mangé personne, vous savez. Vous n'avez pas envie de danser vous aussi ? La musique est bonne, et ma foi, nous sommes au bon endroit pour faire quelques valses ou javas. Vous savez danser ces danses démodées ?
— Mmm ! Euh, oui ! Oui !
— Alors ? C'est mon âge qui vous indispose ? Je sais bien que les quadras font figure de vieux aux yeux des belles jeunes femmes, mais nous avons un certain vécu. Vous ne voulez pas m'accorder le bénéfice du doute ?
—... ?
—... ! Les canapés ne sont pas privés. Celui-ci ne m'appartient pas non plus.
— Ah ! Merci ! Je m'appelle Jérôme.
—... !
— Je vous dérange peut-être ? Vous n'êtes pas seule, sans doute ? C'est vrai aussi qu'une jolie femme comme vous ne peut avoir qu'une foule d'admirateurs.
— Euh... !
— Vous avez donc si peur de moi ?
— Peur ?
— Ben, oui ! Vous avez bien un prénom, n'est-ce pas ? Et puis, je n'ai jamais mangé personne, vous savez. Vous n'avez pas envie de danser vous aussi ? La musique est bonne, et ma foi, nous sommes au bon endroit pour faire quelques valses ou javas. Vous savez danser ces danses démodées ?
— Mmm ! Euh, oui ! Oui !
— Alors ? C'est mon âge qui vous indispose ? Je sais bien que les quadras font figure de vieux aux yeux des belles jeunes femmes, mais nous avons un certain vécu. Vous ne voulez pas m'accorder le bénéfice du doute ?
—... ?
Il me fait sourire avec son air de ne pas y toucher et petit à petit je me déride. Si ça peut lui faire plaisir, pourquoi pas, après tout ? Et puis zut : Nous sommes là pour nous amuser aussi, alors, tant qu'il ne me propose pas la botte, je ne vois pas où est le mal. C'est comme ça que je fais de la concurrence à Lucille. Et ce gars est un excellent cavalier. Il me fait tourner sans jamais que je ressente une gêne à ses côtés. Il me donne le tournis, me lance dans des pirouettes millimétrées où chaque pas est mesuré. Je me sens volée, aérienne dans des arabesques qui suivent le tempo, guidée en cela par la patte experte de ce gaillard. Combien de temps dure notre parcours au milieu d'autres couples ? Quand donc est-ce que je m'aperçois que nous ne sommes plus que nous deux ?
Oui ! Petit à petit, les duos qui nous frôlent, qui nous croisent se retirent et sans que je m'en rende compte, il ne reste au milieu de la salle que mon cavalier et moi. Il donne libre cours à ses envolées et ça se termine par un vrai porté. Ses mains serrent ma taille et il me soulève à bout de bras. Là, sous les lumières des spots qui convergent vers nous, je réalise que plus personne n'entrave notre parcours. Tout autour de la piste, les gens nous observent, nous scrutent et je suis en robe, celle-ci étant de plus, assez légère. Lorsque mon danseur me repose délicatement les pieds au sol, une de ses pattes accroche mon frêle vêtement, et j'ai la sensation d'un courant d'air. Je deviens rouge comme un coquelicot en imaginant que des dizaines de personnes viennent d'entrevoir mes dessous.
Lui n'en a cure et d'une paume moite, il me presse vers la banquette d'où nous venons. Lucille et son zigoto sont revenus eux aussi là et elle reste bouche bée en me voyant me rapprocher d'eux.
— Je ne savais pas que tu dansais aussi bien, Claudine !
— Ben, c'est surtout le cavalier qui fait la danse. Et...
— Vous avez été éblouissante, Claudine. Je sais désormais votre prénom, mais je n'ai aucun mérite. Je suis professeur de danses modernes. Vous êtes une cavalière émérite, c'en est un vrai plaisir, je vous assure. Les autres ne s'y sont pas trompés qui nous ont laissé la place. Vous avez déjà fait de la danse, je me trompe ?
— Jamais ! Ma mère m'a appris quand j'étais jeune. Et je ne pratique pas vraiment.
— Eh bien alors, vous êtes douée. Vous prenez un verre ? Et vos amis aussi ?
— Ben, c'est surtout le cavalier qui fait la danse. Et...
— Vous avez été éblouissante, Claudine. Je sais désormais votre prénom, mais je n'ai aucun mérite. Je suis professeur de danses modernes. Vous êtes une cavalière émérite, c'en est un vrai plaisir, je vous assure. Les autres ne s'y sont pas trompés qui nous ont laissé la place. Vous avez déjà fait de la danse, je me trompe ?
— Jamais ! Ma mère m'a appris quand j'étais jeune. Et je ne pratique pas vraiment.
— Eh bien alors, vous êtes douée. Vous prenez un verre ? Et vos amis aussi ?
Le compagnon occasionnel de Lucille a un large sourire et nous trinquons tous les quatre à je ne sais quel évènement. J'ai beau me dire que ce Jérôme a tout du dragueur professionnel, je suis envahie par un état proche de l'excitation. Ses mains sur moi, ses mots aussi, tout est là pour me rappeler que je suis une femme et qu'à ce titre, quelques envies légitimes surviennent parfois aussi brutalement. Mince alors ! Drôle de journée tout de même ! Est-ce une vue de mon esprit où je suis en chaleur ? Déjà dans la matinée, chez l'amant de Lucille, je me suis sentie... débordée et là, c'est pire encore. Me trotte aussi dans la tête cette histoire de femme à femme, cette Coralie que j'assimile à un truc inaccessible pour moi.
Est-ce que tout ceci contribue à me mettre les sens en ébullition ? J'accompagne aussi mon amie qui désire se rendre aux toilettes. Pas que j'en ai envie, mais... plus parce qu'elle ne semble pas tranquille de s'y rendre seule. Là, devant le miroir qui me renvoie un reflet assez conforme à mon état, Lucille se penche vers moi pour me murmurer à l'oreille.
— Je crois ma belle que tu as un ticket. Tu devrais peut-être en profiter, pour passer un moment avec le beau prof de danse. Et puis, je voulais aussi te dire que tu as une jolie culotte blanche, et les spots nous ont montré à tous que ce gars ne te laissait pas indifférente !
— Hein ? Pourquoi tu me racontes ça ?
— Ben ! La lumière un peu bleutée nous a laissé tout le temps nécessaire pour nous rendre compte que... à moins que tu aies fait pipi dans tes dessous, c'est sacrément mouillé sous ta jupe.
— Tu dis n'importe quoi, c'est ça, Lucille ? Tu te fiches de moi ?
— Oh non ! Tu peux aller vérifier, mais sois franche, tu le sais déjà. La tache que tout le monde a pu apercevoir ne laisse pas de place au doute !
— Mais... non ! C'est pas possible !
— Allons ! Je suis une femme et je sais ce que c'est. Ne nie pas, ton cavalier te plait et c'est juste humain d'avoir des besoins physiques.
—... C'est bon ! Calme ta joie. Je n'ai pas envie de parler de ça avec toi dans les w.c. d'une discothèque ni ailleurs du reste. On rentre ?
— Déjà ? Tu n'as donc pas envie d'aller plus loin ? Tu as la trouille ? Non ! C'est bien ce que je pense ? Tu as peur ? Mais bon sang, Claudine, baiser c'est normal, ça fait partie de la vie de toutes les femmes du monde.
— Dans ton monde peut-être. Dans le mien, on fait encore l'amour, on ne baise pas, comme tu dis !
— Ouais ? Tu joues sur les mots, mais le résultat n'est-il pas le même ? La finalité c'est bien de jouir avec un mec, ou une nana, qui sait. Mais là, tu ne peux pas nier que ton ventre dégouline d'envie. Alors oui, je suis peut-être une salope, mais j'assume mes désirs, moi ! Et je n'ai aucun conseil à te donner, mais tu devrais peut-être réviser ton jugement et te lâcher !
— Hein ? Pourquoi tu me racontes ça ?
— Ben ! La lumière un peu bleutée nous a laissé tout le temps nécessaire pour nous rendre compte que... à moins que tu aies fait pipi dans tes dessous, c'est sacrément mouillé sous ta jupe.
— Tu dis n'importe quoi, c'est ça, Lucille ? Tu te fiches de moi ?
— Oh non ! Tu peux aller vérifier, mais sois franche, tu le sais déjà. La tache que tout le monde a pu apercevoir ne laisse pas de place au doute !
— Mais... non ! C'est pas possible !
— Allons ! Je suis une femme et je sais ce que c'est. Ne nie pas, ton cavalier te plait et c'est juste humain d'avoir des besoins physiques.
—... C'est bon ! Calme ta joie. Je n'ai pas envie de parler de ça avec toi dans les w.c. d'une discothèque ni ailleurs du reste. On rentre ?
— Déjà ? Tu n'as donc pas envie d'aller plus loin ? Tu as la trouille ? Non ! C'est bien ce que je pense ? Tu as peur ? Mais bon sang, Claudine, baiser c'est normal, ça fait partie de la vie de toutes les femmes du monde.
— Dans ton monde peut-être. Dans le mien, on fait encore l'amour, on ne baise pas, comme tu dis !
— Ouais ? Tu joues sur les mots, mais le résultat n'est-il pas le même ? La finalité c'est bien de jouir avec un mec, ou une nana, qui sait. Mais là, tu ne peux pas nier que ton ventre dégouline d'envie. Alors oui, je suis peut-être une salope, mais j'assume mes désirs, moi ! Et je n'ai aucun conseil à te donner, mais tu devrais peut-être réviser ton jugement et te lâcher !
Elle tourne les talons et le brouhaha de la salle pique de nouveau mes oreilles. J'ouvre le robinet et me passe un peu d'eau sur le visage. Puis j'emboite le pas à ma coloc qui est déjà de retour auprès des deux mâles qui visiblement nous attendent. Ça me met mal à l'aise ces trois paires de mirettes qui me regardent avancer vers elles. Mon cavalier me prend par l'épaule.
— Vous voulez déjà nous quitter ?
— Pardon ?
— Votre amie nous a dit que vous aviez décidé de rentrer. Et apparemment c'est elle votre chauffeur, non ?
— Oui !
— Ah ! Dans ce cas, je peux vous proposer de vous ramener chez vous. Lucille et son ami ont encore envie de passer un peu de temps ensemble. Ça vous dérange si je vous fais un brin de conduite ?
— Euh...
— Tu peux aussi attendre une heure ou deux que nous ayons fini de danser. Et puis monsieur Jérôme a l'air d'un homme sérieux. Lui et Reynald se connaissent déjà ! Tu ne risques rien.
—... !
— Pardon ?
— Votre amie nous a dit que vous aviez décidé de rentrer. Et apparemment c'est elle votre chauffeur, non ?
— Oui !
— Ah ! Dans ce cas, je peux vous proposer de vous ramener chez vous. Lucille et son ami ont encore envie de passer un peu de temps ensemble. Ça vous dérange si je vous fais un brin de conduite ?
— Euh...
— Tu peux aussi attendre une heure ou deux que nous ayons fini de danser. Et puis monsieur Jérôme a l'air d'un homme sérieux. Lui et Reynald se connaissent déjà ! Tu ne risques rien.
—... !
Je suis dubitative ! Elle est allée leur raconter que j'avais envie de rentrer. Et bien entendu, l'autre saute sur l'occasion. Ouais ! L'image dans ma tête me fait grincer des dents. Dans tous les sens du terme, pour « l'occasion ». Pff ! Comment me dépatouiller de cela ? Lui est déjà prêt à jouer les bons samaritains. Et me taper encore une ou deux plombes dans ce bruit, ça me rend un peu folle. Je dois prendre une décision rapide. Et pas certaine que ce soit forcément la bonne. Tant pis !
— Bon ! Alors, je vous laisse. Toi ne fais pas trop de boucan en rentrant, hein !
— Et de ton côté, si par hasard je ne rentrais pas, ne va pas trop t'inquiéter.
— Et de ton côté, si par hasard je ne rentrais pas, ne va pas trop t'inquiéter.
Comme pour assumer ces paroles, j'ai droit à un clin d'œil magistral. Elle n'est pas possible ! Elle a donc prévu de se taper aussi ce mec ? Deux loustics dans le week-end, difficile de faire mieux. Mais, est-ce que j'ai mon mot à dire ? Après tout, elle fait ce qu'elle veut de sa vie... voire de bien d'autres choses aussi. Et nous nous embrassons. Là, très discrètement elle me lance dans un chuchotement.
— Vas-y ! Il vaut le coup et d'après ce Reynald, c'est un sacré bon coup. Tu as le champ libre, ma belle !
—... ?
—... ?
Je n'ai pas le cœur à répondre. Et puis son chevalier servant qui vient de serrer la pogne de mon cavalier approche sa bouille pour de toute évidence un bisou. Je colle donc ma joue à la sienne et Jérôme et moi prenant la tangente. L'air frais de cette fin d'après-midi me rattrape. Et c'est le silence qui règne en maitre à l'extérieur qui me rappelle que je vais devoir partager un bout de chemin avec ce gars. Il nous embarque vers une grosse berline bleue, et galant, il m'ouvre la porte. Me voici les fesses sur un siège moelleux et lui se glisse sous le volant. Il met le contact et le ronron de la machinerie se met en branle.
— Ça va aller, Claudine ? Je ne vais pas vous manger. Vous m'indiquerez la route, surtout en ville. Je n'ai pas trop l'habitude.
— Ah ! Vous ne conduisez pas en ville ?
— Si, mais pas forcément dans celle où vous résidez. À moins que vous n'ayez envie d'une coupe de champagne. J'en ai chez moi, au frais.
— Ma parole, vous me faites du rentre-dedans ? Vous me draguez là ?
— Euh ! On peut voir les choses sous cet angle-là. Mais regardez !
— Ah ! Vous ne conduisez pas en ville ?
— Si, mais pas forcément dans celle où vous résidez. À moins que vous n'ayez envie d'une coupe de champagne. J'en ai chez moi, au frais.
— Ma parole, vous me faites du rentre-dedans ? Vous me draguez là ?
— Euh ! On peut voir les choses sous cet angle-là. Mais regardez !
Il vient de baisser le pare-soleil qui se trouve devant ma place. Là, le miroir de courtoisie me renvoie mon image. Il soupire et d'une voix assez éraillée me jette gentiment.
— Vous êtes très belle. Alors n'importe quel homme sensé doit rêver d'un moment près de vous.
— Ouais ? Vous n'osez pas dire : « en moi » ? Ce serait plus juste comme reflet de votre pensée, non ?
— Un peu ! Vous connaissez la pub : « Vous le valez bien » ? Jamais elle n'a été autant d'actualité.
— Je n'ai pas forcément envie de ça de mon côté. Je suis crevée et mon lit m'attend pour de bon.
— Rien n'interdit que nous le partagions. Je suppose que Reynald va occuper votre amie Lucille une bonne partie de cette soirée. Je vous propose d'aller diner tous les deux. Vous pourrez décider de la suite à donner. Sachez seulement que sincèrement, j'ai un vrai coup de cœur pour la femme que vous êtes.
— Vous vous imaginez quoi ? Que je suis une de ces nanas qu'on drague cinq minutes et qui immédiatement après ouvre les cuisses ?
— Ai-je dit quelque chose de ce style ?
— Non ! Mais sûrement le transpirez-vous suffisamment fort pour que je le ressente.
— J'ai donc affaire à une extralucide !
— Ouais ? Vous n'osez pas dire : « en moi » ? Ce serait plus juste comme reflet de votre pensée, non ?
— Un peu ! Vous connaissez la pub : « Vous le valez bien » ? Jamais elle n'a été autant d'actualité.
— Je n'ai pas forcément envie de ça de mon côté. Je suis crevée et mon lit m'attend pour de bon.
— Rien n'interdit que nous le partagions. Je suppose que Reynald va occuper votre amie Lucille une bonne partie de cette soirée. Je vous propose d'aller diner tous les deux. Vous pourrez décider de la suite à donner. Sachez seulement que sincèrement, j'ai un vrai coup de cœur pour la femme que vous êtes.
— Vous vous imaginez quoi ? Que je suis une de ces nanas qu'on drague cinq minutes et qui immédiatement après ouvre les cuisses ?
— Ai-je dit quelque chose de ce style ?
— Non ! Mais sûrement le transpirez-vous suffisamment fort pour que je le ressente.
— J'ai donc affaire à une extralucide !
Il rit aux éclats et je dois dire que je me sens toute conne devant cette répartie cinglante. Que faire ? Il revient à la charge avec son idée de diner en tête à tête...
— Vous aimez les pizzas ou les vraies pâtes italiennes ? Je connais un petit bouiboui qui sert ses clients comme des rois. Ou alors un couscous royal, chez « Ali ». C'est bien ça non, un bon couscous ?
—... C'est ça. Vous comptez épicer les choses ?
— Je vous adore ! Vous avez le sens de la répartie et ce n'est pas donné à toutes les femmes.
— Parce que j'ai affaire à un expert en dames ?
— Je ne vais pas vous dire que je suis un saint. J'aime les belles femmes...
— Les belles femmes... ce n'est pas autre chose chez elles, qui vous intéresse du coup ?
— Dites-moi le fond de votre pensée ! Vous parlez de sexe là ? Alors, appelons un chat un chat ! Oui ! Vous avez un très joli cul, enfin je veux le croire. Et puis, votre slip taché n'est passé inaperçu aux yeux de personne, vous le savez bien. Alors ! Je ne vais pas jouer les hypocrites ! Vous me plaisez, je suis un homme à femmes. J'aime faire l'amour et vous le propose franchement. Je suis aussi capable de comprendre lorsqu'un « non » est prononcé à haute et intelligible voix. Et je ne suis pas du genre à forcer une femme, aussi belle soit-elle.
—... !
—... C'est ça. Vous comptez épicer les choses ?
— Je vous adore ! Vous avez le sens de la répartie et ce n'est pas donné à toutes les femmes.
— Parce que j'ai affaire à un expert en dames ?
— Je ne vais pas vous dire que je suis un saint. J'aime les belles femmes...
— Les belles femmes... ce n'est pas autre chose chez elles, qui vous intéresse du coup ?
— Dites-moi le fond de votre pensée ! Vous parlez de sexe là ? Alors, appelons un chat un chat ! Oui ! Vous avez un très joli cul, enfin je veux le croire. Et puis, votre slip taché n'est passé inaperçu aux yeux de personne, vous le savez bien. Alors ! Je ne vais pas jouer les hypocrites ! Vous me plaisez, je suis un homme à femmes. J'aime faire l'amour et vous le propose franchement. Je suis aussi capable de comprendre lorsqu'un « non » est prononcé à haute et intelligible voix. Et je ne suis pas du genre à forcer une femme, aussi belle soit-elle.
—... !
Que répondre à cette tirade ? Le type s'est largement découvert et le marché est bel et bien entre mes mains. Le suivre et passer un bon moment ou aller dormir dans ma couche toute seule ? Mon corps et mis à rude épreuve depuis hier soir et il se rebelle. Oh ! C'est insidieux, ce n'est pas d'une outrance sans borne. Il s'agit seulement de me faire ressentir les affres de ce besoin que ma tête génère avec tout ce qui remue au fond de mon crâne. Les soupirs, les cris d'amour de cette nuit, et puis les sollicitations diverses que mon cerveau se complait à me distiller me rendent plus dolente encore. Mais je ne suis pas non plus audacieuse au point de faire le premier pas ! Il me reste un zeste de fierté et de patience, bien que je me sente déjà plus que perdue.
— Alors ? Mon idée de restaurant ? À moins que vous ne préfériez que nous allions directement boire une coupe de champagne ?
— Euh...
— Décidez ! Dinette ou verre de suite ? Allons ! Ne me faites pas croire que je me trompe à ce point. Vous sentez l'envie ! Et je reconnais que de mon côté, je ne suis pas mal non plus.
— Ah ?
— Vous... tu veux voir ?
— Pardon ?
— Je connais un petit chemin creux, avec un chalet de chasseurs au bout de cette petite route. Comme ça nous serions en terrain neutre. Ni chez toi ni chez moi ! Et puis là, tout est tranquille et pas de lumière, il fait encore suffisamment jour pour que les loups ne viennent pas nous déranger.
— Les loups ?
— Oui. Les loups à deux pattes, qui rodent la nuit dans ce secteur très couru par les amoureux en mal de sensations fortes. C'est assez spartiate, mais au moins serions-nous à l'abri des regards. À toi de voir.
— Euh...
— Décidez ! Dinette ou verre de suite ? Allons ! Ne me faites pas croire que je me trompe à ce point. Vous sentez l'envie ! Et je reconnais que de mon côté, je ne suis pas mal non plus.
— Ah ?
— Vous... tu veux voir ?
— Pardon ?
— Je connais un petit chemin creux, avec un chalet de chasseurs au bout de cette petite route. Comme ça nous serions en terrain neutre. Ni chez toi ni chez moi ! Et puis là, tout est tranquille et pas de lumière, il fait encore suffisamment jour pour que les loups ne viennent pas nous déranger.
— Les loups ?
— Oui. Les loups à deux pattes, qui rodent la nuit dans ce secteur très couru par les amoureux en mal de sensations fortes. C'est assez spartiate, mais au moins serions-nous à l'abri des regards. À toi de voir.
Je n'ai pas rêvé, il est direct. Ce gars me tutoie depuis qu'il a senti la faille. Bon sang ! Pourquoi ne pas l'envoyer sur les roses sans pitié ? Eh ben, ce n'est pas aussi simple. Parce que ce salaud m'a ouvert l'appétit, et que je dois admettre que j'ai des crampes et pas d'estomac, non ! Elles se situent bien plus bas, dans un endroit qui n'a pas reçu de visite depuis un sacré bout de temps. Et là, mon ventre crie famine. Jérôme vient de poser sa main droite sur le levier de vitesse et fait-il exprès ? Toujours est-il qu'il effleure ma cuisse très légèrement et que ça n'arrange pas ma condition. Puis après avoir rétrogradé, sa main fait un demi-tour pour serrer la mienne. Je laisse faire, restant sans aucune réaction.
Et bien entendu le bras du bonhomme se tend, entrainant bien sûr ma mimine vers sa cuisse et surtout, l'intérieur de celle-ci. Il lâche mes doigts alors que ceux-là sont au niveau de sa braguette. C'est comme un éclair dans ma caboche. Je ne suis plus tout à fait lucide. C'est ainsi que je prends contact avec son érection. Là, tout s'accélère véritablement et sa voix qui dans un filet me demande des trucs que je ne me sais pas capable de faire.
— Tu veux bien ouvrir la fermeture éclair ?
—...
—...
Je tremble tout en m'exécutant. Bizarre logique de ma tête qui se grise de ce que mes doigts encerclent. Et j'ai des grenouilles dans le ventre. Il me parle doucement, mais ça résonne en moi comme un ordre.
— Suce-moi ! Vas-y suce-moi !
—...
—...
Mon buste se plie aux exigences de mon chauffeur qui roule sur le chemin chaotique qui nous emporte vers je ne sais où. Comment ma bouche vient-elle s'ouvrir sur ce tube chaud que ma main vient de mettre en évidence ? Je n'ai plus vraiment de retenue. La fellation qu'il me quémande est déjà bien entamée. Il soupire alors que les ornières du chemin tout juste carrossable propulsent plus profondément son sexe dans mon palais. Je sais bien que je me mens à moi-même ! J'éprouve un certain plaisir dans cette honte de tailler une pipe à cet inconnu. Et les papillons qui grouillent dans mon bidon me font redoubler d'envie. Le reste se passe avec mille petits riens, des ordres qui n'en sont pas vraiment et ça se poursuit alors que je suis réduite à me mettre à quatre pattes sur une table bancale pour que lui me lime en levrette.
Oui. Je baise plus que je ne fais l'amour. Mais il est indéniable aussi que mon corps en surchauffe est plus que réceptif à ces assauts désordonnés d'un vieux briscard. Et je n'ai même pas de recul lorsqu'il me secoue en me cramponnant par les hanches. Il se retient c'est certain, mais l'homme est faillible. Il arrive ce moment où physiologiquement aucun brave ne sait résister à une montée brutale de sa semence. Je hurle, me cabre et les jets qui m'arrosent le dos après un arrachage brutal qui me fait crier sont là pour me signaler qu'il va lui falloir un temps de repos conséquent pour recharger ses batteries. La sortie de moi violente m'est presque douloureuse. Et force m'est de songer que nous n'avons pris aucune précaution, et si je frémis après mon orgasme, c'est bien de ma propre bêtise.
— xXx —
Rien de bien glamour que cette chevauchée dans un coin paumé de la forêt. Le goût amer me reste en travers de la gorge. C'est dingue de céder à ses pulsions d'une manière aussi sordide. Est-ce que je me sens mieux après notre exploit ? Pas vraiment ! Le retour, c'est-à-dire les quelques kilomètres qui nous séparent de la coloc où le gars me dépose, nous ne nous desserrons plus les dents. C'est alors qu'il se gare, qu'il tente d'obtenir un rendez-vous. Mais non ! Pas question que je renouvelle cette folie. Il grimace, me serre la main et me murmure quelques mots.
— Merci, merci, Claudine. J'aurais aimé te revoir.
— Non ! Je crois que c'était une erreur. Nous n'aurions jamais dû, c'était une énorme erreur.
— Je... j'ai été maladroit et trop pressé, j'en conviens. Mais ça pourrait être bien mieux si...
— Ne rêvez pas ! Il n'y aura pas de prochaine fois. Non ! Je ne regrette pas complètement, mais je n'aurais pas dû me laisser aller à ce genre de chose.
— Nous en avions envie toi et moi, peut-être même besoin pour que dans nos têtes, tout se remette en place !
— Si vous le dites ! Allez, bonne route à vous, Jérôme.
— Non ! Je crois que c'était une erreur. Nous n'aurions jamais dû, c'était une énorme erreur.
— Je... j'ai été maladroit et trop pressé, j'en conviens. Mais ça pourrait être bien mieux si...
— Ne rêvez pas ! Il n'y aura pas de prochaine fois. Non ! Je ne regrette pas complètement, mais je n'aurais pas dû me laisser aller à ce genre de chose.
— Nous en avions envie toi et moi, peut-être même besoin pour que dans nos têtes, tout se remette en place !
— Si vous le dites ! Allez, bonne route à vous, Jérôme.
Oui, je m'en veux quelque part d'avoir si facilement cédé à ma pulsion. Je ne vais pas mentir non plus. L'homme ne m'a pas forcée et je me suis livrée à ces attouchements sans aucune retenue. Alors ? Pourquoi est-ce que j'ai comme une gueule de bois en montant les marches qui me ramènent chez Lucille et moi ? C'est peut-être dans la bestialité du déroulement des faits que ça me rend nerveuse. Il y a aussi cette manne visqueuse et gluante qui doit maculer mes fringues. Je m'en débarrasse le plus prestement possible et la douche nettoie cette saloperie que je trimballe depuis notre retour dans la berline de Jérôme. Un soupire à m'en fendre l'âme. Impossible de toute façon de revenir en arrière.
Oui ! Ce qui est fait est fait et je me dégoute un peu. Qu'ai-je finalement de si différent de ma coloc ? Elle au moins assume pleinement ses désirs et ne se cache pas derrière le masque de la respectabilité. C'est au grand jour qu'elle vit ses amours éphémères. Alors, je frotte à m'en décoller la peau du bas des reins, comme si ça allait changer quoi que ce soit. Enfin, je me coule dans ma nuisette et retrouve mon lit avec une moue qui en dit long sur mon état d'esprit. Bon sang, que la vie est compliquée ! Inutile de focaliser sur les évènements, le temps ne revient jamais sur ses pas. Je m'enfonce dans un sommeil pas très réparateur. Lorsque je me réveille, le soleil d'un beau dimanche a déjà pris de l'altitude dans un grand ciel bleu.
Ma première pensée est pour Lucille. Est-ce qu'elle est rentrée ? Si oui, elle s'est faite très discrète. Les remous dans mon cerveau me ramènent à la veille et mon escapade nocturne avec Jérôme. Décidément, je n'arrive pas à saisir pourquoi je me suis donnée à ce type. Je dois vite chasser ces idées sombres qui courent de nouveau sous ma tignasse brune. Un grand bol de café noir, une douche, je saute enfin dans un pantalon de jean et un chemisier de coton blanc. Allez marcher, aller errer dans les rues pour sortir de mon cerveau cette « connerie » de la veille. Sur la crédence du hall d'entrée, le sac à main de Lucille n'est pas à sa place habituelle. D'accord, elle a donc découché.
Je musarde longuement dans une ville endormie. Dimanche calme où les gens se reposent dans le giron familial ? La boulangerie est ouverte et quasi déserte. Un croissant me permet d'occuper mes mains et ma bouche, pas d'arrêter de penser, c'est con, je sais ! Comment mon museau se colle-t-il à la vitrine de la librairie ? Coïncidence ou inconsciemment mes pas m'ont-ils dirigé vers cette boutique ? Au moment où je lève les yeux pour lire les titres en vitrine, le bandeau rouge du « Goncourt » est le premier à frapper mon esprit. De quoi ça parle ? Difficile à dire et le titre, « Vivre vite » ne m'apprend rien. Il me faut faire un effort pour détacher mon regard du nom de l'autrice qui a obtenu le prix prestigieux. Je me promets d'acquérir l'œuvre de Brigitte Giraud. Je me détache lentement de ces lettres qui dansent devant mes yeux.
— Vous vous promenez toute seule dans les rues un dimanche matin ?
—... ?
—... ?
Mon tressaillement est surement ressenti par celle dont la voix douce vient de me faire sursauter. La femme a un ton léger, mais force m'est aussi de constater qu'elle a repris instinctivement le vouvoiement.
— Ah ! Coralie ! Vous pouvez vous vanter de m'avoir fichu une sacrée trouille !
— Vous alliez voir mon frère ? Je ne pense pas qu'il soit chez lui. C'est un oiseau de nuit.
— Oh non ! Je me balade, c'est tout. Et allez savoir pourquoi, mais mes pas m'ont attiré devant votre magasin. Le nouveau Goncourt, je passerai en acheter un exemplaire dans la semaine, quand vous serez ouverte.
— Vous êtes donc si pressée ? Vous n'avez pas envie de prendre un café en ma compagnie ? Je viens d'acheter du pain viennois, on peut aussi partager un petit déjeuner, vous et moi, qu'en dites-vous ?
— Je... je ne voudrais pas vous déranger.
— Allons ! Si je vous le propose, c'est que je peux le faire. Voyons ! Entre vous et moi, le courant hier matin est passé. Mais ne dit-on pas qu'entre les personnes, certaines ondes créent des liens ?
—... ? Ah ? Je ne vois pas.
— Je suis persuadée du contraire. Mon frère m'a sûrement décrite comme une femme qui aime les femmes. Mais, je ne voudrais n'en aimer qu'une ! Avoir une vraie vie comme tout un chacun. Est-ce notre faute si quelque part en nous, nous avons cette différence ?
— Différence ?
— Ben oui ! Comment expliquer que mon cœur ne peut battre que pour des personnes de mon propre sexe ? Ce n'est pas, plus un crime, Dieu merci et la société évolue dans le bon sens sur ce sujet.
— Je... bien sûr ! Je n'ai rien contre cela, Coralie. Mais je ne saisis pas pourquoi vous me racontez ce genre de truc !
— Sans doute parce qu'au fond de moi, il y a ce sixième sens qui me fait remarquer de suite, les êtres qui me ressemblent. Et, sauf énorme erreur de jugement de mon cerveau, vous aussi avez des soucis pour aimer les hommes. Du reste en ce qui me concerne, j'ai renoncé depuis longtemps à faire semblant.
— Comment pouvez-vous être aussi catégorique ?
— Oh ! J'ai appris très jeune que les femmes dans mon genre doivent s'imposer dans l'existence. Au risque de se voir rejeter souvent. Mais entrons ! Nous bavarderons de tout ceci devant un café. Ça vous convient, Claudine ?
— Eh bien, d'accord.
— Vous alliez voir mon frère ? Je ne pense pas qu'il soit chez lui. C'est un oiseau de nuit.
— Oh non ! Je me balade, c'est tout. Et allez savoir pourquoi, mais mes pas m'ont attiré devant votre magasin. Le nouveau Goncourt, je passerai en acheter un exemplaire dans la semaine, quand vous serez ouverte.
— Vous êtes donc si pressée ? Vous n'avez pas envie de prendre un café en ma compagnie ? Je viens d'acheter du pain viennois, on peut aussi partager un petit déjeuner, vous et moi, qu'en dites-vous ?
— Je... je ne voudrais pas vous déranger.
— Allons ! Si je vous le propose, c'est que je peux le faire. Voyons ! Entre vous et moi, le courant hier matin est passé. Mais ne dit-on pas qu'entre les personnes, certaines ondes créent des liens ?
—... ? Ah ? Je ne vois pas.
— Je suis persuadée du contraire. Mon frère m'a sûrement décrite comme une femme qui aime les femmes. Mais, je ne voudrais n'en aimer qu'une ! Avoir une vraie vie comme tout un chacun. Est-ce notre faute si quelque part en nous, nous avons cette différence ?
— Différence ?
— Ben oui ! Comment expliquer que mon cœur ne peut battre que pour des personnes de mon propre sexe ? Ce n'est pas, plus un crime, Dieu merci et la société évolue dans le bon sens sur ce sujet.
— Je... bien sûr ! Je n'ai rien contre cela, Coralie. Mais je ne saisis pas pourquoi vous me racontez ce genre de truc !
— Sans doute parce qu'au fond de moi, il y a ce sixième sens qui me fait remarquer de suite, les êtres qui me ressemblent. Et, sauf énorme erreur de jugement de mon cerveau, vous aussi avez des soucis pour aimer les hommes. Du reste en ce qui me concerne, j'ai renoncé depuis longtemps à faire semblant.
— Comment pouvez-vous être aussi catégorique ?
— Oh ! J'ai appris très jeune que les femmes dans mon genre doivent s'imposer dans l'existence. Au risque de se voir rejeter souvent. Mais entrons ! Nous bavarderons de tout ceci devant un café. Ça vous convient, Claudine ?
— Eh bien, d'accord.
Je suis dans un appartement qui ressemble trait pour trait à celui de son frangin. Les meubles chez William sont vraisemblablement de la même enseigne et ça me perturbe. Elle rit lorsque j'avance ce fait et cette similitude entre les deux appartements.
— Oui ! Vous avez raison. Chez mon frère, tout est pareil, mais c'est normal, puisque j'ai tout acheté en double. Lui s'en fiche et il a toujours, comme moi du reste, l'impression que chez lui ou chez moi, nous sommes « chez nous ».
— Je comprends.
— Je suis sûre que non, nous avons lui et moi l'esprit tordu. Je suis heureuse de vous avoir revue ce matin. Est-ce que je peux vous poser une question, disons indiscrète ?
— Je ne suis pas obligée d'y répondre, si ?
— Non ! Évidemment. Mais...
— Je vous écoute, Coralie.
— Est-ce que vous avez couché avec William ?Vous voyez ce que je veux dire !
— Avec votre frère ? Grands Dieux non ! Qu'est-ce qui peut vous laisser penser cela ?
— Ben, je suis sa sœur et je sens bien quand il a eu ce genre de relation avec une dame. Et hier matin, quelque chose m'a dit qu'il avait sans doute couché.
— J'y suis ! Vous avez cru que c'était avec moi parce que j'étais chez lui, n'est-ce pas ?
— Vous êtes très perspicace, Claudine.
— Mais en quoi, et ce n'est pas le cas, mais en quoi serait-ce gênant pour vous si c'était arrivé ?
— Par principe. Oui seulement par principe, je me refuserai toujours à m'amouracher d'une fille ou d'une femme qui a des relations avec mon propre frère.
— Vous assimilez ça à quoi ?
— Oh ! A rien de précis, mais ça crée toujours des tensions inutiles, tout cela pour vous montrer que vous, enfin j'ose le dire, vous m'avez tapé dans l'œil.
— Mais nous ne nous connaissons pas vraiment ! Et puis...
— Vous savez, les sentiments ne sont pas toujours des faits que nous pouvons réprimer. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est le ciel qui nous a mis sur le même chemin. Je n'ai pas cessé de penser à vous depuis hier. A me sentir en devenir presque folle. Et d'un coup, vous êtes là, devant ma vitrine, ça veut forcément dire quelque chose, non ? Un signe, je suis certaine qu'il s'agit d'un signe.
— Mais je, je vous assure que c'est fortuit. Nous nous sommes rencontrés à la boulangerie !
— Il me l'a raconté, en effet ! Mais je voulais entendre votre version des faits.
— Je comprends.
— Je suis sûre que non, nous avons lui et moi l'esprit tordu. Je suis heureuse de vous avoir revue ce matin. Est-ce que je peux vous poser une question, disons indiscrète ?
— Je ne suis pas obligée d'y répondre, si ?
— Non ! Évidemment. Mais...
— Je vous écoute, Coralie.
— Est-ce que vous avez couché avec William ?Vous voyez ce que je veux dire !
— Avec votre frère ? Grands Dieux non ! Qu'est-ce qui peut vous laisser penser cela ?
— Ben, je suis sa sœur et je sens bien quand il a eu ce genre de relation avec une dame. Et hier matin, quelque chose m'a dit qu'il avait sans doute couché.
— J'y suis ! Vous avez cru que c'était avec moi parce que j'étais chez lui, n'est-ce pas ?
— Vous êtes très perspicace, Claudine.
— Mais en quoi, et ce n'est pas le cas, mais en quoi serait-ce gênant pour vous si c'était arrivé ?
— Par principe. Oui seulement par principe, je me refuserai toujours à m'amouracher d'une fille ou d'une femme qui a des relations avec mon propre frère.
— Vous assimilez ça à quoi ?
— Oh ! A rien de précis, mais ça crée toujours des tensions inutiles, tout cela pour vous montrer que vous, enfin j'ose le dire, vous m'avez tapé dans l'œil.
— Mais nous ne nous connaissons pas vraiment ! Et puis...
— Vous savez, les sentiments ne sont pas toujours des faits que nous pouvons réprimer. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est le ciel qui nous a mis sur le même chemin. Je n'ai pas cessé de penser à vous depuis hier. A me sentir en devenir presque folle. Et d'un coup, vous êtes là, devant ma vitrine, ça veut forcément dire quelque chose, non ? Un signe, je suis certaine qu'il s'agit d'un signe.
— Mais je, je vous assure que c'est fortuit. Nous nous sommes rencontrés à la boulangerie !
— Il me l'a raconté, en effet ! Mais je voulais entendre votre version des faits.
Nous buvons notre jus et elle ne parle plus. Il y a dans l'air une espèce d'électricité que je ne pige pas. Quand est-ce que la petite main de Coralie est-elle venue se poser sur la mienne ? Là encore, je sens comme une décharge électrique qui me secoue jusqu'au fond de mon âme. Elle repose son bol, sa seconde main traversant l'espace de la table qui nous sépare. C'est à la pointe de mon menton que les doigts viennent me relever la figure. Elle m'oblige par ce simple geste à me noyer dans son regard. Et je me sens troublée. C'est idiot, mais jamais je n'ai ressenti un instant pareil. C'est dans un brouillard étrange que je devine plus que je ne la vois faire, qu'elle se redresse et que sa bouille avance vers moi.
Nouveau choc alors que deux lèvres bouillantes s'écrasent sur ma bouche. Mes paupières instinctivement se baissent et mes mâchoires jusque-là serrées au maximum se livrent à un manège incompréhensible. Elles cèdent le passage à ce petit bout de langue rose que j'imagine, mais qui sait pourtant me chavirer complètement. Personne ne m'a jamais donné un tel baiser. J'y succombe avec une émotion palpable et surtout, dans tout mon être je ressens un courant qui me dévaste. C'est une boule de feu qui s'empare de mon ventre. Je ne calcule plus rien et nos embrassades se renouvellent sans compter. C'est dément, mais j'adore ce qui m'arrive. Et Coralie n'en reste pas là. Nous sommes désormais debout dans les bras l'une de l'autre et... l'effeuillage est si rapide que je n'ai pas le temps de réagir.
Ce qui se déroule entre elle et moi ne peut qu'être une révélation. Je suis happée par cette forme de sexualité inédite. Je plonge dans son univers avec délices. Impossible de renier ce qui nous étreint toutes deux. Nos mains, nos ventres, tout est à l'unisson. Et j'ose dire qu'elle me libère de ce carcan de peurs et de désirs refoulés depuis si longtemps. C'est comme si je découvrais un monde tout neuf. Nous nous aimons sans plus penser à rien d'autre et j'apprécie au plus haut point sa manière d'être caressante, douce, tendre et aimante tout à la fois. Elle me guide dans des mouvements dont j'ignore tout, mais qui se révèlent des plus érotiques. Nous recommençons à l'infini ces gestes d'une intensité inouïe et je suis sur un nuage. Mon amante, oui, je n'ai pas d'autre terme pour la désigner, mon amante m'apprend littéralement l'amour !
Coralie sait jusqu'où il est possible d'aller. Elle m'arrache des râles de plaisir et lorsque je crois que je suis au bout de ma félicité, elle sait toujours remettre une étincelle qui m'emporte vers une béatitude grandissante. Si bien entendu elle comme moi, ne possédons pas l'attribut nécessaire à une plénitude des corps, elle se sert en revanche de jouets plus vrais que nature et... et je crois défaillir mille fois dans ses bras, sous ses doigts, voire de sa langue. Nous passons ainsi des heures à nous cajoler, à nous rendre aussi coup pour coup. Et le soir qui tombe n'entame en rien notre détermination à nous découvrir davantage. Il fait nuit lorsque je retrouve Lucille dans l'appartement que nous partageons.
Elle me sourit et lance joyeusement dès que mon minois s'encadre dans la porte de la cuisine.
— Ben, dis donc, ma vieille ! Tu en as une de ces têtes ! On dirait que c'est un bon, le gaillard avec qui tu as passé la journée.
— ... ?
— Ça t'a fait du bien ? Tu me racontes ? Parce que vois-tu, de mon côté, j'ai encore misé sur le mauvais cheval. En dix minutes il a bâché l'affaire. Malgré toutes mes sollicitations, impossible de réveiller son bigoudi moribond.
— ... ?
— Ça t'a fait du bien ? Tu me racontes ? Parce que vois-tu, de mon côté, j'ai encore misé sur le mauvais cheval. En dix minutes il a bâché l'affaire. Malgré toutes mes sollicitations, impossible de réveiller son bigoudi moribond.
Je me tais ! Il est des choses trop personnelles pour être discutées avec ma coloc. Tout comme elle n'a pas besoin de savoir que je vais revoir la jolie Coralie. Nos amours sont encore balbutiantes, mais je compte bien qu'elles s'épanouissent au grand jour. Ce n'est pas encore le bon moment, pour en discuter. Je veux vivre ce qui doit l'être sans songer à demain, sans compte à rendre non plus à quiconque.
L'avenir est ouvert, pour Coralie et moi. Je sais que c'est une vraie histoire et son visage est là, incrusté dans ma mémoire, avec tous ces instants qui nous ont réunis. Oui ! Je suis amoureuse et ça, ça n'a pas de prix et ne peut pas être partagé avec Lucille.
Fin !
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Commentaires ()
Rien de plus beau que l’Amour, quelque soit le genre.
Félicitations à l’auteure