L’agneau dans la brume — Chapitre 1 · L’agneau dans la brume
Auteure
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce poème nous a saisis dès le premier vers : l'atmosphère gothique — les cierges, le velours, le cercueil qu'on entend au loin — enveloppe la scène d'une beauté un peu funèbre qui rend le désir encore plus troublant. La voix de la jeune femme, hésitante et docile, sonne juste à chaque strophe, et l'image des « deux lys cueillis au jardin des chimères » reste longtemps en tête. Un équilibre rare entre innocence et sensualité.
L’agneau dans la brume
Chapitre 1 · L’agneau dans la brume
La nuit me fait un peu trembler contre la vitre.
J’ai posé mon bouquet de roses sur le noir,
Et mon cœur innocent n’attend plus que son titre.
Rien du secret cruel que les hommes devinent ;
Mais mon âme docile a prié le bon Dieu
D’épargner ma stupeur quand les brumes cheminent.
Deux grands cierges défunts pleurent leur cire lente.
Vous êtes apparu, si pâle à mes regards,
Avec cet œil fiévreux qui me rend chancelante.
Comme deux lys cueillis au jardin des chimères ;
Je dégrafe le lin, j'hésite sous vos doigts,
Et j’écoute le vent dans les tombes amères.
De laisser votre voix m’emporter dans la brume ?
Le monde s’est éteint sans colère et sans bruit,
Mon enfance s’efface ainsi qu’une coutume.
C’est la peur d’un oiseau dans les ronces captives ;
Je ne connais de l’ombre et des bois effeuillés
Que les contes du soir aux forêts maladives.
Mon premier souffle d’ange et mon ruban d’opale.
Je tombe à vos genoux d’un abandon si doux
Que la lune en frémit dans sa clarté trop pâle.
Battez contre ma joue ainsi qu’une aile obscure ;
J’entends claquer au loin les planches d’un cercueil,
Mais je n’ai plus d’effroi pour ma jeune blessure.
Déchirez sans remords ma robe virginale.
Je m’endors avec vous sous le plus noir azur,
Fascinée et tremblante à l’heure sépulcrale.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteure en un geste.
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteure : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Commentaires ()
19 ans ? Tu es encore indulgente : sous l'Ancien Régime on ne se gênait pas pour offrir à des vieux barbons des jeunes filles de 15 ans à peine sorties de l'enfance.
Si ces vieux mecs avaient entendu ces mots est-ce que ça les aurait rendu moins brutaux ? Est-ce que ça les aurait touchés ?
J'aime aussi le rythme et la musique des mots. Je sens des accents de Victor Hugo (l'alexandrin ?) et de Baudelaire (pour le spleen ? La tristesse ?), et peut-être de Ronsard (pour le rythme et la nostalgie...?), même si lui était plutôt androcentriste... 😟
Si tu en as d'autres comme celui-là je suis preneur... 👍️☺️
Merci, Docsevere.
Ça me touche que tu aies entendu ça : la voix, les craintes qui passent sous les mots, cette fragilité qui n’a pas encore appris à se cacher. C’est exactement ce que je voulais qu’on sente, sans le dire trop fort.
Sur les dix-neuf ans… ce n’est pas vraiment un choix. J’ai été obligée de monter à 19 pour pouvoir passer la censure. Sinon, ça ne passait tout simplement pas. L’histoire, elle, n’a jamais été tendre avec les très jeunes, mais les règles d’aujourd’hui imposent parfois leur propre brutalité, plus administrative, plus froide. Ça laisse un goût un peu étrange.
Et ta question reste là, un peu dérangeante : est-ce que ces mots les auraient rendus moins brutaux ? J’aimerais croire que oui, parfois. Mais je soupçonne que beaucoup n’entendaient que ce qui les arrangeait. Les mots n’ont de pouvoir que si quelqu’un est encore capable de les recevoir.
Pour les accents… Hugo, Baudelaire, Ronsard… là, je suis un peu troublée, pour être honnête. Je ne les avais pas posés là volontairement, et entendre ces comparaisons me déstabilise. Peut-être qu’ils sont restés quelque part dans l’oreille, et que le rythme est venu tout seul. Ronsard androcentriste, oui, ça pique un peu. Mais le rythme, lui, ne demande pas la permission pour circuler.
Si tu es preneur, il y en a d’autres qui dorment encore dans les cahiers. Je les sortirai peut-être, quand elles auront fini de se décider.
19 ans... Oui j'avais oublié qu'on était sur un site érotique et pas de littérature, et donc, la charte 😄
Ce sont donc les poésies qui décident de sortir de tes tiroirs ? (Tu es Hermione de Harry Potter ou Mercredi de la famille Adams... ? Demande à la Chose, peut être... 😁)
Juste une remarque : personnellement je préfère enlever toute ponctuation dans un poème comme l'a fait en premier Apollinaire. Laissons la poésie donner son rythme propre...