L’agneau dans la brume
Chapitre 1 · L’agneau dans la brume
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Couverture de L’agneau dans la brume, par Vesper Valentine
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Poème
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L’agneau dans la brume — Chapitre 1 · L’agneau dans la brume

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Vesper Valentine
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Ce poème nous a saisis dès le premier vers : l'atmosphère gothique — les cierges, le velours, le cercueil qu'on entend au loin — enveloppe la scène d'une beauté un peu funèbre qui rend le désir encore plus troublant. La voix de la jeune femme, hésitante et docile, sonne juste à chaque strophe, et l'image des « deux lys cueillis au jardin des chimères » reste longtemps en tête. Un équilibre rare entre innocence et sensualité.

L’agneau dans la brume

Chapitre 1 · L’agneau dans la brume

J’ai noué mes rubans dans l’ombre du manoir,
La nuit me fait un peu trembler contre la vitre.
J’ai posé mon bouquet de roses sur le noir,
Et mon cœur innocent n’attend plus que son titre.
Je n’ai pas dix-neuf ans, je ne sais rien du feu,
Rien du secret cruel que les hommes devinent ;
Mais mon âme docile a prié le bon Dieu
D’épargner ma stupeur quand les brumes cheminent.
La chambre est un tombeau de velours et d’encens,
Deux grands cierges défunts pleurent leur cire lente.
Vous êtes apparu, si pâle à mes regards,
Avec cet œil fiévreux qui me rend chancelante.
Tenez, voici mes mains, mes doigts menus et froids,
Comme deux lys cueillis au jardin des chimères ;
Je dégrafe le lin, j'hésite sous vos doigts,
Et j’écoute le vent dans les tombes amères.
Est-ce donc un péché de vous offrir ma nuit,
De laisser votre voix m’emporter dans la brume ?
Le monde s’est éteint sans colère et sans bruit,
Mon enfance s’efface ainsi qu’une coutume.
Ne soyez pas trop dur si j’ai les yeux mouillés,
C’est la peur d’un oiseau dans les ronces captives ;
Je ne connais de l’ombre et des bois effeuillés
Que les contes du soir aux forêts maladives.
Prenez ce blanc trésor que je gardais pour vous,
Mon premier souffle d’ange et mon ruban d’opale.
Je tombe à vos genoux d’un abandon si doux
Que la lune en frémit dans sa clarté trop pâle.
Mêlez ma pourpre neuve à votre sombre deuil,
Battez contre ma joue ainsi qu’une aile obscure ;
J’entends claquer au loin les planches d’un cercueil,
Mais je n’ai plus d’effroi pour ma jeune blessure.
Mon seigneur, buvez donc à ce calice pur,
Déchirez sans remords ma robe virginale.
Je m’endors avec vous sous le plus noir azur,
Fascinée et tremblante à l’heure sépulcrale.
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Docsevere
18 octobre 2026 à 19:10
Magnifique. J'aime particulièrement le thème, et la voix féminine. La sensibilité, les craintes, la fragilité de cette jeune fille transpirent à travers ses mots, c'est terriblement émouvant...
19 ans ? Tu es encore indulgente : sous l'Ancien Régime on ne se gênait pas pour offrir à des vieux barbons des jeunes filles de 15 ans à peine sorties de l'enfance. 
Si ces vieux mecs avaient entendu ces mots est-ce que ça les aurait rendu moins brutaux ? Est-ce que ça les aurait touchés ?
J'aime aussi le rythme et la musique des mots. Je sens des accents de Victor Hugo (l'alexandrin ?) et de Baudelaire (pour le spleen ? La tristesse ?), et peut-être de Ronsard (pour le rythme et la nostalgie...?), même si lui était plutôt androcentriste... 😟
Si tu en as d'autres comme celui-là je suis preneur... 👍️☺️
Modifié 18 octobre 2026 à 19:10

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