Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Petit à petit le candaulisme fait son nid — Chapitre 1 · Le départ vers la transgression
Auteurs
Petit à petit le candaulisme fait son nid
Chapitre 1 · Le départ vers la transgression
Nous sommes Danielle et Patrick, un couple de cinquante-six ans. Nous nous sommes mariés très jeunes — ma femme était vierge — et nous avons deux enfants, dont un conçu avant le mariage. Nos amis disent de nous que nous formons un couple parfait, et ils n'ont pas tout à fait tort : nous nous aimons profondément et notre complicité ne s'est jamais démentie.
Ce récit est celui de notre première rencontre extra-conjugale, il y a une quinzaine d'années. Une première fois qui a tout changé.
Bien sûr, les prénoms ont été changés.
Nous habitons dans le Sud de la France. Danielle est infirmière, blonde, cent soixante-dix centimètres, de grands yeux verts et un visage très agréable — des lèvres pulpeuses qui demandent à être embrassées, des fesses rebondies sous une taille de guêpe, de petits seins fermes. Une longue crinière bouclée naturellement. Un corps que les années n'ont pas entamé, et que tout le monde lui fait remarquer : elle paraît bien plus jeune que son âge réel. Elle adore prendre soin d'elle, très coquette, très femme.
Moi, cent soixante-seize centimètres, une stature normale — ni bedonnant ni monsieur muscle. Nous faisons de la salle ensemble pour entretenir nos corps, et ça se voit. Nous pratiquons le naturisme sur les plages du Sud, nos ébats sont fréquents et depuis toujours nous avons aimé baiser, en utilisant dans nos jeux toutes sortes de jouets sexuels dont Danielle est très friande.
J'ai longtemps nourri en secret l'envie d'une sexualité plus ouverte. Grand amateur de vidéos pornographiques — les trios surtout —, j'aimais lors de nos ébats glisser l'idée de plans à plusieurs, ou avec un autre homme. Danielle s'enflammait sur le moment, puis refusait toujours de passer à l'acte. Cela a duré des années. Je rangeais ma frustration, je relançais l'idée de temps en temps, j'obtenais toujours un refus — même si, petit à petit, sa sexualité devenait de plus en plus libérée. Elle me soufflait le chaud et le froid. Je restais sur mes désirs.
Le déclic est arrivé quand Danielle m'a confié qu'un homme la draguait avec insistance. C'était le fils d'un patient hospitalisé dans son service — elle avait à peine quarante ans à l'époque, sa féminité était dans sa plénitude. Il s'arrangeait pour venir voir son père aux heures où elle travaillait, et il l'invitait régulièrement prendre un thé dans un bar voisin de l'hôpital. Il était plus jeune qu'elle. Elle aimait ça. Elle me disait que ce regard neuf sur elle lui rappelait qu'elle pouvait encore séduire, qu'elle était désirable. Elle me racontait tout, sans rien cacher — par loyauté, mais aussi, je crois, parce qu'elle sentait confusément que ça m'excitait.
Le gars s'appelait Philippe. Célibataire, divorcé, un enfant. Je ne suis pas jaloux de nature, et je suivais leur relation avec une attention qui n'avait rien d'innocent. Peu à peu, il s'était immiscé mentalement dans notre couple, et j'avais commencé à construire autour de lui mes projections les plus intenses. J'aimais lui glisser l'idée d'aller beaucoup plus loin avec lui. Elle refusait, mais bien plus mollement qu'avant.
— Je n'ai pas envie de te tromper avec lui, et question cul, tu me suffis amplement.
Leur relation s'est espacée quand le père de Philippe est sorti de l'hôpital, mais ils continuaient à se téléphoner. Je soupçonne après coup qu'ils se voyaient encore de temps en temps, bien qu'elle m'ait toujours nié quand je lui posais la question.
C'est pendant nos nuits que tout s'est vraiment construit. Je l'entraînais dans des jeux de rôle de plus en plus précis — je lui demandais de m'appeler Philippe pendant que je lui faisais l'amour, pendant que je la masturbais avec un godemichet dans l'obscurité totale de notre chambre. Je lui confiais ce que j'imaginais s'ils baisaient ensemble, ce que je ferais, ce que j'entendrais. Elle entrait dans le jeu, d'abord prudemment, puis avec une ardeur qui me surprenait. Ses orgasmes devenaient de plus en plus forts, de plus en plus longs. Chaque soir après un appel de Philippe, elle avait une envie folle de sexe — le corps électrique, les yeux brillants. Je voyais bien que quelque chose se déplaçait en elle.
Mon obsession prenait de l'ampleur. Un soir où elle m'interrogeait — pourquoi la poussais-je à me faire cocu ? — je lui avais répondu simplement :
— Avec le mari, il y a un amour profond. Avec un amant, il y a une attirance sexuelle. Et j'ai vraiment envie qu'on explore ça ensemble.
Elle n'avait rien répondu, mais elle m'avait regardé différemment.
Philippe était devenu l'amant imaginaire, le personnage central de tous nos désirs.
Elle a fini par accepter de le revoir. Un soir de fin d'après-midi, dans leur bar habituel. Quand elle est rentrée, je l'ai sentie différente — les joues rosées, quelque chose de plus léger dans les épaules et de plus sombre dans les yeux. Elle a éludé mes questions avec un sourire mystérieux, puis elle m'a annoncé qu'elle l'avait invité à dîner chez nous.
Dans notre chambre ce soir-là, elle était déchaînée. Sa peau brûlait sous mes mains, elle haletait avant même que je la touche vraiment. Je voulais savoir, je voulais tout savoir — ce qu'il lui avait dit, si leurs genoux s'étaient frôlés sous la table, si elle avait pensé à moi. Elle ne répondait pas, ou répondait en gémissant, et ses ongles dans mon dos me disaient que quelque chose avait changé.
C'est seulement après, dans l'obscurité, qu'elle a parlé. Elle m'avoua qu'elle était décidée à me satisfaire — à se laisser aller à son jeu de séduction, à aller jusqu'au bout. Elle était prête à faire l'amour avec lui en ma présence, si j'étais toujours d'accord.
J'étais estomaqué. Enfin. Après des mois, des années peut-être, elle voulait franchir ce pas. Je lui dis que c'était mon désir depuis si longtemps, que je n'avais attendu que son accord.
Elle ne se rendait pas compte de la joie intense qui m'envahissait à cet instant. Quoique — elle me regarda d'une drôle de manière, un regard que je ne sus pas déchiffrer sur le moment, et qui continua de me travailler longtemps après.
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