Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'inconnue de l'Eurostar — Chapitre 3 · Chapitre 3 — L’instinct
Auteur
L'inconnue de l'Eurostar
Chapitre 3 · Chapitre 3 — L’instinct
Il n'y avait plus de place pour la délicatesse, ni pour les questions. Le désir était une chose simple, urgente, animale. D'un geste brusque, je baissai sa culotte noire jusqu'à ses genoux, la dentelle se tendant contre ses cuisses. Je me penchai sur elle, mon sexe dur et lourd glissant entre ses fesses, cherchant l'entrée.
Elle le sentit et cambra le dos, offrant encore plus. Elle tourna la tête sur le côté, son regard dans le miroir me fixant avec une intensité brûlante, suppliante. Elle posa sa main sur mon poignet pour me faire comprendre que je pouvais continuer.
Je regardai son cul magnifique. Je plaquai mes mains sur ses hanches, les doigts s'enfonçant dans la chair tendre sous le tweed. Je visai, et d'une poussée puissante, m'enfonçai en elle d'un seul coup.
Elle cria. Un son étouffé, rauque, qui se perdit dans le grondement du train. Son corps se raidit, puis s'abandonna, se refermant autour de moi dans un étau de chair brûlante et humide. C'était serré, incroyablement serré — et glissant, et profond.
Je restai un instant immobile, submergé par la sensation, par la réalité de l'acte. Elle était là, prise, offerte, vulnérable. Puis l'instinct reprit le dessus. Je me retirai presque complètement, puis rentrai violemment. Le choc fit cogner mon front contre le miroir. Je recommençai. Je trouvai un rythme, brutal, saccadé, dicté par la soif pure de la possession. Chaque poussée faisait gémir la femme, des sons courts, haletants, qui se mêlaient au claquement de nos corps et au bruit métallique du train. Le wagon oscilla légèrement dans une courbe et je la serrai davantage pour ne pas perdre l'appui — ce déséquilibre partagé, ce corps à maintenir, ajoutait quelque chose d'animal à la chose.
Je la regardais dans le miroir. Son visage était tordu par le plaisir, les yeux fermés, la bouche ouverte sur des souffles rauques. Sa jupe brune était un désordre informe autour de sa taille. Ses bas fins, par un miracle, tenaient toujours, les jarretelles noires tendues. Le contraste entre cette tenue d'épouse irréprochable et la scène obscène à laquelle elle se prêtait me donnait des élans de violence nouvelle. Je la tenais fermement, la clouais au lavabo, la pénétrant à un rythme qui n'avait plus rien d'humain, juste une mécanique de chair et de désir. Elle se mit à trembler de plus en plus fort, ses gémissements devinrent une plainte continue, et soudain son corps se crispa en arc, un spasme violent la parcourant des pieds à la tête. Son vagin se contracta furieusement autour de moi, une succession de vagues serrées qui faillirent me faire jouir sur-le-champ.
Je ralentis, reprenant mon souffle, la maintenant contre le lavabo tandis que les derniers soubresauts de son orgasme la secouaient. Elle était molle, le front appuyé contre la glace, les épaules affaissées. Je repris mon mouvement, plus lentement maintenant, savourant l'étreinte encore frémissante, la vue de mon propre sexe entrant et sortant de ce corps abandonné. La tension en moi montait, inexorable, concentrée dans mes testicules serrés. Je lâchai ses hanches et enlaçai son torse, une main remontant sous le chemisier ouvert pour agripper le soutien-gorge de dentelle, l'autre se refermant sur son épaule. J'enfonçai mon visage dans l'encolure parfumée de ses cheveux et poussai une dernière fois, profondément, restant bloqué en elle.
L'orgasme me frappa comme une décharge. Je grognai, un son rauque et animal, et jouis en pulsations longues et puissantes, chaque jet me faisant trembler. Je restai planté en elle, les jambes flageolantes, jusqu'à ce que la dernière vague s'épuise.
Le silence relatif qui suivit fut lourd, rempli seulement de nos respirations haletantes et du ronron constant du train. Je me décollai d'elle lentement. Elle se redressa avec la même lenteur, évitant mon regard dans le miroir. Sans un mot, elle rabattit sa jupe, lissant le tweed froissé. Elle remonta sa culotte noire sur ses hanches, le geste pratique, presque banal. Elle reboutonna son chemisier avec des doigts qui tremblaient à peine, ajustant les pans de soie. Elle tira sur les bords de son soutien-gorge sous le tissu, puis passa ses mains dans ses cheveux, rétablissant l'ordre de sa coiffure.
Je remis mon pantalon en place, faisant face au mur, soudain conscient de la crudité de la situation maintenant que la fièvre était retombée. Quand je me retournai, elle se regardait dans le miroir. Elle sortit un rouge à lèvres d'un ton neutre de son sac et en appliqua une couche précise sur ses lèvres un peu tuméfiées. Elle inspecta son col, lissa une mèche rebelle. En une minute, elle s'était recomposée. L'élégante inconnue était de retour. Seuls ses yeux, un peu trop brillants, et une rougeur légère sur la peau de son cou trahissaient ce qui venait de se passer.
Elle tourna enfin son regard vers moi. Elle me dévisagea un long moment : son visage avait retrouvé son expression courtoise et mystérieuse. Je lus dans ses yeux une fatigue, une satisfaction lointaine, et quelque chose d'indéchiffrable, peut-être un adieu. Elle ne sourit pas. Elle inclina très légèrement la tête, comme on le fait pour saluer un étranger dans un couloir étroit et m'embrassa une dernière fois. Elle sentit que je voulais dire quelque chose mais elle posa doucement un doigt sur mes lèvres.
Puis elle ouvrit la porte et sortit.
L'air plus frais du couloir entra un instant avant que la porte ne se referme sur elle. Je restai seul, appuyé contre le lavabo froid, mon propre visage hagard dans le miroir strié me faisant face. Le compartiment sentait maintenant le sexe, son parfum, et le désinfectant chimique.
Quelle histoire, pensai-je, un souffle rauque m’échappant. Une salope magnifique. Une putain de jouisseuse de luxe. Les mots crus tournaient dans ma tête, sans colère, sans mépris. C’était une constatation brute, presque admirative. Je ne la jugeais pas. Comment aurais-je pu ? Je venais de la prendre comme une bête, avec une férocité qui m’avait surpris moi-même, et elle avait répondu avec une ardeur égale. Elle était partie sans un mot, comme l’échange était survenu : en silence, sans fard. C’était parfait.
Je revoyais son visage dans le miroir, déformé par un plaisir qui n'avait rien de feint — les yeux fermés, la bouche ouverte, le corps qui ne lui appartenait plus. Et la dentelle du porte-jarretelles mordant la chair pâle de ses cuisses, les bas noirs contrastant avec la jupe de tweed sage retroussée sur ses hanches. Quelle chaudasse. Je me répétais le mot comme un mantra. L’idée qu’elle n’avait peut-être jamais fait une chose pareille m’effleura l’esprit, mais elle fut immédiatement submergée par l’image, bien plus puissante, de sa bouche avalant mon sexe, de ses yeux levés vers moi pendant qu’elle me suçait avec une application de professionnelle. Je ne savais rien d'elle, ne connaissais ni son nom ni sa vie, mais à cet instant, cela n'avait aucune importance. Ce secret brut, partagé sans un mot, n'appartenait qu'à nous. Un trésor sale et parfait.
Je secouai légèrement la tête, comme pour chasser les visions trop vives. J'avais besoin de sortir de ce cube et de retrouver l'anonymat du wagon.
J'attendis encore une minute, le temps que les derniers tremblements dans mes jambes se calment et que mon souffle redevienne régulier. Puis j'ajustai ma chemise, passai une main dans mes cheveux, et ouvris la porte.
Le couloir me parut plus bruyant, plus réel. Je me dirigeai vers ma voiture, marchant d'un pas que je voulais neutre. En passant devant les sièges, mon regard fut irrésistiblement attiré vers elle.
Elle était revenue à sa place, assise côté fenêtre. Son ordinateur portable était ouvert sur la tablette, l'écran en veille, mais elle ne le regardait pas. Elle avait le visage tourné vers le paysage qui défilait, un mélange de champs verdoyants et de zones industrielles à l'approche de Londres. Un bras était replié contre la vitre, son menton posé légèrement sur son poing. L'autre main reposait sur son sac à main structuré, posé à côté d'elle. Elle était immobile. Son profil était d'un calme absolu, presque distant. La femme élégante, absorbée par ses pensées. Rien, absolument rien dans son attitude ne trahissait ce qui venait de se passer dans les toilettes à quelques mètres de là. Seul un œil très averti aurait pu remarquer la légère rougeur persistante à la base de son cou, là où j'avais enfoui mon visage, ou la façon imperceptible dont elle serrait légèrement les cuisses.
Un contrôleur d'une cinquantaine d'années, mince et anguleux, les épaules légèrement tombantes, le visage rougi, vêtu de l'uniforme bleu nuit de la compagnie, s'avançait dans l'allée en vérifiant les billets sur sa tablette électronique. Il s'arrêta à sa hauteur. Depuis le couloir, je ralentis imperceptiblement le pas.
Le contrôleur échangea quelques mots avec elle, probablement pour vérifier sa destination ou son siège. Elle tourna la tête vers lui et répondit avec un petit sourire poli et un hochement de tête. Mais les yeux du contrôleur, eux, ne souriaient pas. Ils parcouraient avec une lenteur appuyée la silhouette de la femme. Ils descendirent le long de ses jambes croisées, s'attardant sur la courbe de ses mollets gainés de cuir brun, remontèrent le long de la jupe ajustée, s'arrêtant nettement sur la douce courbe de sa poitrine sous le chemisier ivoire. Son regard était lourd, lubrique, chargé d'une convoitise qui n'essayait même pas de se cacher. Il dit autre chose, un commentaire qui fit ébaucher un second sourire, plus contraint, à la femme avant de s'éloigner enfin, jetant un dernier coup d'œil par-dessus son épaule.
Témoin de la scène, je ne ressentis d'abord aucune indignation particulière. J'avais encore en tête la dentelle noire, son sourire discret et ce jeu dont je n'étais pas certain de comprendre toutes les règles. Mais en voyant le regard du contrôleur s'attarder sur elle, quelque chose se coinça dans ma poitrine — une gêne que je n'attendais pas, que je ne sus pas tout de suite nommer. Je détournai les yeux. Je connaissais ce regard. Je savais ce qu'il pouvait avoir de vorace, cette façon de réduire une femme à ce qu'on imaginait pouvoir lui prendre. Et même si une part de moi comprenait cette attirance — c'était une femme magnifique, troublante, dont la sensualité m'avait complètement échappé avant ce voyage —, je n'aimais pas la manière dont il la dévorait des yeux. J'espérai qu'elle ne se sente pas humiliée, qu'elle puisse garder le contrôle de la situation.
Je regagnai mon siège, quelques rangées derrière elle. En m'asseyant, un léger élancement dans le bas de mon ventre et une sensibilité particulière me rappelèrent l'activité récente. Je fermai les yeux. Les sensations remontèrent, plus vives que jamais : le souvenir de sa peau sous mes paumes, la chaleur de sa nuque contre mon visage, la sensation de domination totale lorsque je la tenais clouée contre le lavabo, et surtout, l'expression de son visage au moment où elle avait perdu tout contrôle. Je ne saurai jamais qui tu es, pensai-je, une pointe d'amertume étrange se mêlant à la satisfaction profonde. Mais c'était mieux ainsi. Ce secret brut, partagé sans un mot, n'appartenait qu'à nous. Un trésor sale et parfait, enfoui dans le grondement de l'Eurostar filant vers Londres.
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