Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La boutique — Chapitre unique · La boutique
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La boutique
Chapitre unique · La boutique
J’achète toujours mes vêtements en ligne. Mes formes me complexent, et l’idée même de solliciter l’avis d’un vendeur me rebute. Pourtant, ce premier salaire, après cinq années d’études exigeantes, change la donne. Enfin, je peux viser la qualité. Et surtout, au bureau, je commence à comprendre : pour qu’on me prenne au sérieux, il faut que je m’habille mieux.
Je passe tous les jours devant cette boutique un peu chic. Mais cette fois, une pancarte « Liquidation Totale » est accrochée à la vitrine. Je pense : c’est maintenant ou jamais. Peut-être que je vais enfin trouver quelque chose qui m’ira vraiment, et pas seulement « à peu près », comme d’habitude.
Je fais au moins deux allers-retours dans la rue avant d’oser entrer. C’est tout ce que je redoute, mais mon nouveau travail m’a déjà sortie de ma zone de confort plus d’une fois.
Dès que je pousse la porte, l’atmosphère très cosy, très feutrée, m’enveloppe. Personne à l’intérieur. Ça sent bon, le bois ciré et un parfum discret de santal. Le carillon de la porte a à peine fini de tinter qu’un homme apparaît — grand, souriant, impeccablement habillé. Il se présente comme le propriétaire. Ses yeux me dévisagent avec une attention professionnelle immédiate, précise.
Il me demande ce que je cherche. Je réponds, un peu tremblante, que je veux un tailleur pour mon nouveau travail, que je n’ai jamais osé venir en boutique auparavant.
Il me regarde à nouveau et me demande si je peux tourner sur moi-même. Je le fais. Il hoche la tête et m’indique un coin salon avec café, eau, thé… puis il me demande de lui laisser dix minutes.
Quelques instants plus tard, il m’appelle du fond de la boutique. Il se tient près d’une cabine d’essayage fermée par un rideau rouge épais. Sur le miroir central sont posés une veste, une jupe et un chemisier.
— J’ai trouvé ce qui vous ira, déclare-t-il.
— Seule la jupe nécessiterait peut-être une petite retouche.
— Seule la jupe nécessiterait peut-être une petite retouche.
Je prends les vêtements, entre dans la cabine et tire le rideau. Le miroir est dehors — je ne peux pas me voir tout de suite.
Quand je sors, habillée, et me regarde dans la glace… instantanément, je sais. La tenue me plaît énormément. Elle est parfaite — jamais, je n’ai été aussi bien conseillée.
Le tailleur épouse parfaitement mes formes tout en restant professionnel. Exactement ce que je voulais sans savoir que je le voulais.
Le propriétaire m’observe avec un air encore légèrement insatisfait.
— Il y a juste votre coupe de cheveux, murmure-t-il. Quelque chose de plus approprié pour cette tenue.
Sur une petite table à côté sont disposés quelques accessoires. Il prend un chouchou et me demande s’il peut relever mes cheveux.
Avec un professionnalisme déconcertant, en deux secondes, il me fait un chignon parfait.
Ainsi coiffée, la tenue ressort encore mieux — nette, professionnelle, puissante.
En cinq minutes, je passe de vêtements trop larges achetés en ligne à une femme prête à conquérir le monde professionnel.
Je suis ravie.
Je demande le prix.
Malgré la promotion annoncée, c’est encore assez cher pour moi. Je grimace involontairement.
— Vous savez, dit-il doucement, c’est un peu le problème aujourd’hui… Les bons tissus coûtent cher. La concurrence est rude avec des matières bien moins qualitatives.
— Mais je peux offrir quelque chose en plus… Cela fait partie du service.
— Mais je peux offrir quelque chose en plus… Cela fait partie du service.
Il part quelques instants et revient avec un petit sac alors que je me rhabille dans la cabine.
— Tenez, dit-il en me tendant le sac avec un sourire complice. Deux petits cadeaux pour agrémenter cette tenue… Vous allez être irrésistible.
Je rentre chez moi ce soir-là, pressée de tout remettre le lendemain pour le travail. J’ouvre le sachet. À l’intérieur : un ensemble de lingerie rouge et une petite boîte de maquillage.
Je suis assez surprise mais tout cadeau est bon à prendre après des années de misère étudiante. Les produits semblent très qualitatifs.
Le lendemain, je n’ai qu’une hâte : m’habiller avec ma nouvelle tenue pour aller au bureau. L’envie de porter la lingerie me titille donc, je décide de l’essayer. La culotte épouse parfaitement mes hanches, le soutien-gorge soulève ma poitrine sans l’écraser. Je me regarde sous tous les angles, mais je dois bien me l’avouer, à ce moment-là, je me trouve méga bonne.
J’enfile le nouveau tailleur et j’applique un rouge à lèvres très discret. En me regardant de nouveau, je souris devant la transformation.
En rentrant le soir, je me rends compte que je viens de passer la meilleure journée de toute ma vie. Jamais je ne m’étais sentie aussi compétente, aussi désirable.
Un mois passe. Puis je suis invitée — enfin, quand je dis invitée, c’est obligatoire — à un gala organisé par mon entreprise. Je n’ai rien à me mettre. Je sais qu’il me faudra une tenue et je ne veux pas me louper. Je pense tout de suite à cette petite boutique.
Je m’y rends dès le lendemain, pour prendre les devants. Le carillon de la porte tinte, et presque aussitôt le gérant apparaît, avec le même sourire. Il me dit bonjour en m’appelant par mon prénom. Je suis énormément surprise et flattée qu’il s’en souvienne du premier coup.
Je lui explique que cette fois je cherche une robe pour un gala.
Sans attendre, il me propose de m’installer, au même endroit que la première fois, le temps d’aller chercher dans ses rayons. Quelques minutes plus tard, il m’appelle au fond de la boutique, près de la cabine d’essayage. Cette fois-ci, deux robes sont suspendues. Elles ont l’air magnifiques. Mais instantanément, je me demande comment je vais pouvoir rentrer dedans.
Il m’explique qu’il a en tête l’une plus que l’autre mais qu’il veut que je puisse choisir. Il me présente alors une robe gris argenté d’abord.
J’entre dans la cabine, j’enlève mes sous-vêtements et enfile la robe. Mon soutien-gorge est terriblement visible dessous et ma culotte marque beaucoup le tissu. Je sors me regarder dans le miroir. Malgré tout, je vois le potentiel. J’aime bien, et elle ne remonte pas trop haut sur les cuisses.
— Bien, murmure-t-il. Mais essayez sans vos sous-vêtements, s’il vous plaît. Ça ne marche pas du tout avec, et du coup vous ne pouvez pas vous rendre compte. Je voudrais que vous respectiez le modèle.
Je fus surprise par le ton qu’il employait, comme si la robe comptait plus que moi à ses yeux.
— Mais… je ne vais pas être à l’aise sans rien dessous, protestai-je.
— Je vais vous trouver une solution, répondit-il sans attendre.
— Je vais vous trouver une solution, répondit-il sans attendre.
Il revint avec un string noir.
— Avec ceci, ce sera parfait. Et pour le soutien-gorge… non, mademoiselle. Cette robe ne se porte pas avec. Vous avez une poitrine très ferme, cela suffira amplement. Faites-moi confiance.
Je suis presque flattée par sa remarque et, puisque je ne doute plus de son expertise en la matière, je décide de l’écouter attentivement.
Je retourne dans la cabine, en me déshabillant avec maladresse. La robe est trop bien ajustée et par conséquent difficile à enlever.
Puis j’attrape et enfile le string, noir, satiné, presque inexistant. Je ne me vois pas dans le miroir mais l’idée que je suis dans cette tenue à quelques centimètres d’un homme qui, avec précision, me devine mieux que moi-même, m’émoustille.
J’enfile la robe à nouveau et sors.
— Voilà, c’est parfait, constate-t-il.
Devant le miroir, je suis ébahie.
— J’ai envie de vous l’acheter tout de suite, souffle-je.
Le gérant sourit : Attendez… J’ai encore une robe à vous faire essayer.
La suivante est rouge, assez échancrée avec une fermeture dans le dos.
Je me bats pour enlever la première robe et enfiler celle-ci.
Cette fois-ci, impossible de fermer la fermeture moi-même.
Après quelques tentatives maladroites, j’entends le gérant me demander si j’ai besoin d’aide. Je réponds oui dans un souffle sans bouger. Il entrouvre le rideau et me voit le dos complètement nu.
Avec des mains délicates, il remonte la fermeture éclair. Je relève mes cheveux, pour qu’il puisse fermer jusqu’en haut, et au passage, il effleure légèrement ma nuque.
Je sens mon souffle se bloquer quelques secondes.
Puis, je me retourne.
— Le rouge vous rehausse parfaitement, murmure-t-il.
En me regardant à mon tour dans le miroir, je me trouve sublime dans cette robe… Je me contemple quelques minutes, parfaitement subjuguée. Je ne me reconnais pas. Reprenant mes esprits, je vais dans la cabine pour remettre mes anciens vêtements. C’est en enlevant la robe que je sens l’humidité sur mes cuisses. La situation m’a excitée. Jamais je n’avais ressenti une telle attention… Cet homme qui me regarde avec tant d’intensité fait plus d’effet que prévu.
Je suis honteuse. « Merde ». Je ne sais pas comment lui rendre ça…
En sortant de la cabine, il demande :
— On part sur ça ?
Je redemande le prix.
Il m’annonce le montant de la robe et j’ai un choc pour le prix, mais qu’en cadeau, il m’offre le sous-vêtement.
Soulagée d’avoir une échappatoire pour ne pas lui rendre le string taché, je ne réfléchis pas plus pour lui dire que c’est ok.
Mais là, il reprend les affaires pour les ranger dans le sac. Je ne trouve aucun moyen d’éviter ce moment. Ses doigts effleurent le tissu du string, s’attardant une fraction de seconde trop longue sur la soie noire là où elle aurait dû être sèche. Il relève les yeux vers moi, sans un mot, et je sens la chaleur m’envahir le visage, le cou, jusqu’à la racine des cheveux. Je passe au rouge cramoisi. S’il n’avait pas deviné, il était impossible d’être plus flagrante.
Il ne fait cependant aucune remarque supplémentaire et me retourne professionnellement le sac en me souhaitant un bon futur gala.
J’ai pesté contre moi-même tout le long du chemin de retour. Mais il faut bien avouer qu’en rentrant chez moi, l’excitation n’est pas redescendue.
Je me suis mise à glisser ma main dans ma culotte… À me toucher…
C’est plus fort que moi… je me suis masturbée — et j’ai joui comme cela faisait longtemps que je n’avais pas joui.
—-
La soirée du gala est incroyable. Je suis en feu. Seules mes chaussures ne vont pas parfaitement avec la tenue, mais je suis légèrement maquillée, coiffée, et ma robe est somptueuse. Je me sens hyper fraîche. Je rencontre d’ailleurs un collègue d’une autre agence qui finit clairement par me faire du rentre-dedans. Je n’y suis pas insensible. Je n’ai pas connu d’histoire depuis quelques embrassades au lycée. Je suis très demandée et impatiente que ça m’arrive de nouveau.
Comme beaucoup de collègues sont là, cela ne va pas plus loin, mais il me propose qu’on se rencontre autour d’un verre la semaine d’après. J’accepte. Puis une fois partie, je suis instantanément en panique. Je ne sais pas, encore une fois, comment m’habiller pour ce date. Je décide alors que j’irai dans ma boutique préférée… pas le choix.
La séquence est la même que la dernière fois : le son de la porte, lui qui vient me voir toujours souriant et affable. Je le félicite pour la tenue qu’il m’a aidée à choisir. Et que grâce à lui, j’ai fait grande sensation et que maintenant j’ai un rendez-vous galant avec un jeune homme.
Il sourit, visiblement amusé. C’est la première fois qu’il a cette lueur dans le regard.
Je lui dis que, de nouveau, je ne sais pas du tout comment m’habiller au vu de la garde-robe que j’ai.
Il me demande ce que j’attends de ce rendez-vous, exactement. Je sens mon cœur battre plus fort, mes mains devenir moites. Idéalement, ce garçon me plaît bien donc je suis prête à coucher avec lui, mais je ne vais pas dire ça, même si ce vendeur semble tout deviner.
Je bredouille à la place :
— Je veux… quelque chose d’attirant. Mais pas trop…
Pas trop quoi ? Provocant ? Facile ? Je cherche un mot qui ne soit pas « salope ». Mes doigts se tordent. Je fixe le sol, incapable de réfléchir mieux. Je n’ose plus le regarder en face.
Il écoute sans jugement apparent, comme s’il comprenait parfaitement ce qui me traverse à ce moment-là.
— OK, je vais regarder quelques tenues, dit-il calmement.
Cette fois-ci, c’est plus long. J’attends plusieurs minutes avant qu’il m’appelle.
Cette fois, il a préparé plusieurs tenues. Il me fait d’abord essayer un jean moulant qui épouse chaque courbe et un chemisier blanc en soie si fin qu’il laisse deviner la dentelle noire de mon soutien-gorge. Ses yeux se posent sur ma poitrine, puis remontent vers mon visage.
— Pourquoi ne portez-vous pas celui que je vous ai offert ? demande-t-il, les sourcils légèrement froncés.
Je grimace, sentant la chaleur me monter aux joues.
— Je le réserve pour les grandes occasions.
Il se radoucit, un sourire presque imperceptible aux lèvres.
— Avec ce chemisier, de toute façon, il vaut mieux ne rien porter du tout.
Sa main effleure le tissu près de mon épaule, et je retiens mon souffle. Devant le miroir, l’effet est saisissant : le chemisier colle à ma peau, presque transparent sous la lumière des spots. Mais le jean, bien que flatteur, ne m’inspire pas.
Il me félicite sur la tenue, mais me fait la remarque qu’il ne faut pas fermer les boutons du chemisier jusqu’en haut.
Il se penche alors, ses doigts habiles défaisant le bouton du haut d’un geste précis. Le tissu s’écarte, libérant instantanément ma poitrine. Le décolleté plonge, audacieux et inspirant. Cependant, même s’il a trouvé le jean parfait pour moi, je n’ai pas envie de porter de pantalon pour ce date.
Il enchaîne alors avec une jupette plissée en m’indiquant de garder la même chemise. Je retourne dans la cabine, enfile la jupe et ressors.
— C’est très classe, cette jupe, dis-je en tournant devant le miroir.
Il hoche la tête, mais son regard se fixe sur mes jambes.
— C’est top. Juste les jambes nues… ce n’est pas tout à fait ça. Si vous choisissez une jupe, j’irai vous chercher quelque chose après.
Puis, il me tend une jupe en cuir. Dès que je la vois, elle me paraît trop courte. Je l’essaie tout de même, mais effectivement, elle remonte très haut sur mes cuisses. Je sors de la cabine, gênée. Je n’ai jamais porté de ma vie un truc aussi court. Je lui dis que ce n’est pas mon truc.
Il secoue la tête, un sourire presque imperceptible aux lèvres.
— Vous la portez très bien, au contraire. Ses yeux parcourent ma silhouette une dernière fois avant de se fixer sur les miens. Mais dites-moi : vous vous habillez pour vous plaire… ou pour lui plaire ? Il laisse la question suspendue dans l’air un instant avant d’ajouter : Et qu’attendez-vous vraiment de ce rendez-vous ? Avez-vous une photo de lui ?
Je fouille dans mon téléphone, les doigts légèrement tremblants, et finis par le trouver sur l’intranet de l’entreprise. Je tends l’écran vers lui. Son regard se pose sur la photo quelques secondes, son expression devenant soudain plus déterminée.
— Je vous confirme que vous devriez choisir cette tenue.
Je reste muette, en désaccord silencieux. Il ajoute qu’il va me chercher ce qu’il faut porter dessous et s’éloigne.
La fatigue de l’essayage m’envahit. Je m’affale dans le fauteuil à proximité, la jupe remonte encore plus haut sur mes cuisses. Le cuir est froid contre ma peau nue. Un frisson me parcourt, cette tenue m’excite malgré moi, mais ma tête me crie de ne pas choisir cette tenue.
Je me relève trop vite, cherchant une contenance. Quand il revient, il tient un ensemble de sous-vêtements noirs avec porte-jarretelles. Je le regarde, stupéfaite, et murmure que je n’ai jamais porté ça.
Il assure que ce sera parfait pour la tenue, que je serai sublime dehors et dedans — important pour l’estime de soi avant un date. L’argument me semble étrangement pertinent.
Dans la cabine, j’enfile difficilement la culotte, les jarretelles. Le soutien-gorge demi-balconnet soulève ma poitrine avec une fermeté presque brutale. L’absence de miroir accentue la sensation d’être ailleurs, dans une peau qui n’est pas tout à fait la mienne. Mes doigts tremblent sur les attaches des bas, incapables de fixer les crochets.
Entendant mes tâtonnements, il me demande de sortir. J’obéis, presque soulagée. Je reparais devant lui en petite tenue, vulnérable et offerte.
Il s’accroupit, ses doigts effleurant ma hanche pour ajuster les attaches. Je prends conscience de sa proximité — quelques centimètres à peine me séparent de son visage penché sur mes jarretelles. La chaleur me monte aux joues, ma respiration se fait courte et rapide. Il relève les yeux, remarque ma rougeur évidente mais ne commente pas, professionnel malgré tout.
Il me tend la jupe et le chemisier. En enfilant la jupe, la dentelle noire des jarretelles dépasse délicatement sur le haut de mes cuisses. J’imagine déjà comment elle se révélera quand je m’assiérai.
Je lui dis que je ne peux pas me permettre de ne pas être à l’aise au rendez-vous, et que je ne peux pas porter cela. Je lui demande si je peux réessayer la deuxième tenue ?
Je repasse dans la cabine pour enfiler la première jupe.
Cette fois-ci, avec les bas en plus, je trouve que cela me va parfaitement, avec la lingerie en plus. Ça me plaît énormément.
Je décide que c’est la tenue que je vais porter.
Cette fois-ci, il ne peut pas me faire cadeau de l’ensemble de lingerie qui coûte plus cher que tout le reste.
Je crève littéralement mon budget.
Il me souhaite le meilleur en me remettant mon sac.
—-
Catastrophique. Il se pointe avec vingt minutes de retard. Pas d’excuse, pas de gentille remarque sur ma tenue.
Je remarque qu’il a une vraie tête de branleur. Il n’arrête pas de se contempler dans le reflet de la vitre du bar. Le rendez-vous file. Nous n’avons pas grand-chose à nous dire. Il feint une notification pour s’esquiver. Je suis écœurée.
Rentrée chez moi, je farfouille son Instagram. Il ne like que des meufs hyper vulgaires, des filles en tenue ultra courte. Putain, je me rends compte que ce con de gérant avait tout capté juste en regardant sa photo.
J’aurais dû mettre l’autre tenue…
Je débarque à la boutique le lendemain, le paquet sous le bras et les yeux rougis. Je lui explique que mon rendez-vous a été un désastre. Que je ne peux pas me permettre de mettre ce prix pour rien. Je veux être remboursée.
J’arrive à la boutique le lendemain, les yeux gonflés et le sac froissé sous le bras.
— Le rendez-vous a été un désastre, dis-je, la voix cassée. Je ne peux pas garder tout ça pour rien.
Il reste calme, pose ses mains à plat sur le comptoir. Les règles sont claires : pas de retour sur les vêtements portés, encore moins sur les sous-vêtements, surtout que vous avez tendance à les tacher, ajoute-t-il en me regardant droit dans les yeux. Je rougis violemment. Il ne fait plus semblant de ne pas avoir remarqué l’enfoiré.
Je bafouille, honteuse, épuisée par la nuit et le nouveau job. Je lui dis que j’ai bien trop dépensé, et trop cru en ses conseils. Il me rappelle doucement que je n’ai pas choisi la tenue qu’il recommandait.
— Rien n’est perdu, mais si tu voulais que ça marche, il ne faut pas faire les choses à moitié, murmure-t-il.
Je remarque qu’il est passé au tutoiement.
— Maintenant, si tu veux, on repart sur mes conseils et je te garantis que même avec lui ça marchera.
Je hoche la tête, il avait en vrai eu raison sur toute la ligne depuis le début.
Il me tend la jupe en cuir, celle que j’avais refusée la veille. Je retourne dans la cabine d’essayage. J’enfile d’abord la lingerie noire cette fois-ci, j’arrive seule à accrocher les porte-jarretelles. Le chemisier glisse sur mes épaules, soyeux. Puis la fameuse jupe : je remarque cette fois, malgré sa petitesse, qu’elle épouse aussi parfaitement mes hanches.
Quand je ressors, il est là, appuyé contre le comptoir. Son regard me parcourt lentement, des chevilles aux seins, puis s’attarde sur mon visage.
— On peut faire mieux, dit-il d’une voix basse, presque murmurante.
Il se penche et sort une boîte de sous le comptoir. À l’intérieur, une paire de talons hauts, noirs, fins comme des aiguilles. Il tombe encore sur ma pointure exacte. Je les chausse péniblement, sentant mes chevilles trembler déjà.
Debout dans la tenue complète, il fait le tour de moi, ajuste une bretelle, effleure la taille de la jupe.
— Enlève le soutien-gorge, conseille-t-il finalement.
Arrivée dans mon dos, il baisse la fermeture de la robe, puis dégrafe mon soutien-gorge. J’enlève le soutien-gorge tandis qu’il est toujours dans mon dos. Je respire un peu plus fort. Puis, il referme la robe.
Il ouvre ensuite une boîte à maquillage ancienne, couverte de poussière scintillante. Ses doigts sont précis et froids lorsqu’il étale le fard à paupières couleur anthracite, trace un trait de khôl noir qui allonge mon regard. La laque sent fort, sucré et chimique ; il en vaporise dans mes cheveux qui se raidissent légèrement. Enfin, le rouge à lèvres écarlate : il l’applique lui-même, son pouce effleurant le coin de ma bouche. Je me laisse faire, hypnotisée par son sérieux, par l’intimité de ces gestes.
Quand il recule, il me prend par les épaules et me tourne vers le miroir. La femme qui me regarde a les yeux cernés de noir, les lèvres trop rouges, les jambes interminables gainées de noir. Elle respire fort, les seins presque nus sous le chemisier entrouvert. Je ne me reconnais pas : une vraie bombasse.
Satisfait, il pose une main sur son menton, son regard se faisant plus intense.
— Et la conversation, pendant votre rendez-vous ? Comment cela s’est-il déroulé ?
Je regarde mes mains. Je n’ai jamais su quoi dire aux garçons. Je n’ai presque jamais fait ça. Les rendez-vous, la séduction, ces jeux que les autres maîtrisent sans effort. Je n’ai jamais pris le temps de m’entraîner.
Je secoue la tête, incapable de former un mot.
— Ah. Son sourire est à la fois doux et dominateur. Alors, on va répéter ça aussi. La tenue, ce n’est que la moitié du travail. Asseyez-vous. Là, dans le fauteuil où vous vous êtes assise hier.
Il tire, quant à lui, une chaise qu’il place juste en face de ce fauteuil pour s’asseoir dessus.
Je m’assis. La jupe de cuir, trop ajustée, remonta d’un coup jusqu’à mi-cuisses, dévoilant la fine bande de dentelle noire en haut des bas. Mes mains se crispèrent d’instinct sur mon entrejambe, doigts serrés comme un bouclier.
Il eut un petit rire étouffé.
— Non, non. Tu gâches tout. On ne cache pas. On laisse deviner. Il fit un geste lent de la main. Assieds-toi sur le côté, doucement. Puis croise les jambes. Lentement.
Je refis le mouvement comme il l’avait montré. La jupe s’arrêta cette fois juste au-dessus du genou. Seul un mince liseré de dentelle dépassait désormais.
Sous ses yeux, je croisai et décroisai les jambes avec une lenteur calculée, comme je l’avais vu faire au cinéma. La soie des bas froissait légèrement le cuir. Je sentais son regard peser sur chaque centimètre de peau découvert.
Quand je relevai les yeux, son expression avait changé. Plus de sourire professionnel, seulement une attention intense, presque sombre, fixée sur le mouvement de mes cuisses. J’écartai légèrement les genoux, à peine, juste assez pour laisser entrevoir l’ombre entre mes jambes.
Son pantalon était maintenant tendu sur son entrejambe, d’une manière qui n’avait rien d’accidentel. Une onde de chaleur me parcourut : j’avais réussi à briser sa réserve.
— Imagine, reprit-il d’une voix un peu rauque, que pendant ton rendez-vous, ta jupe remonte comme ça. Est-ce que tu aurais aimé qu’il pose sa main sur ta cuisse ?
Je soutins son regard.
— J’aurais voulu qu’il ose.
Sa main effleura ma cuisse — d’abord du bout des doigts, puis toute la paume s’y posa, chaude et ferme. Un frisson remonta le long de ma jambe.
— Il faut s’habituer à être touchée, murmura-t-il pendant que ses doigts remontaient vers l’intérieur de ma cuisse.
Je fermai les yeux, ne respirant plus que par saccades. Sans y penser, j’écartai davantage les jambes.
Sa deuxième main rejoignit la première, glissant le long de l’extérieur de mes cuisses puis remontant pour presser mes fesses à travers le cuir. Des frissons incontrôlables me parcouraient le dos.
D’un geste expert, il fit sauter le bouton-pression de ma jupe. Je soulevai les hanches pour qu’il puisse la faire glisser.
Ses mains remontèrent alors sous mon chemisier, se refermant sur mes seins nus. Mes tétons durcirent instantanément sous ses paumes. Ma respiration devint saccadée, bruyante dans le silence du salon.
Il commença à me caresser partout — cuisses, ventre, seins — comme s’il mémorisait chaque courbe.
Ses doigts sont experts. Un gémissement m’échappe, plus aigu que prévu. Sa paume remonte lentement le long de ma cuisse, l’effleurement du tissu de ma culotte devenant insupportable. Je presse les jambes l’une contre l’autre, mais il écarte doucement mes genoux. L’air frais sur ma peau humide me fait frissonner.
— Tu aimes ? souffle-t-il contre mon cou.
Ma réponse est un nouveau gémissement, les hanches qui se soulèvent malgré moi. Ses doigts glissent sous l’élastique, trempés instantanément.
— Je vois que oui.
J’ouvre les yeux. Son regard est fixé entre mes jambes, sa bouche entrouverte. La tension dans son pantalon est évidente, irréfutable.
— Ça te serre ? lui demandé-je.
Il sourit, un éclat sombre dans le regard.
— Beaucoup.
— Montre-moi.
— Montre-moi.
Sa main défait sa braguette d’un geste précis. Sa bite surgit, déjà lubrifiée d’une perle transparente à son extrémité. Je m’agenouille sur la moquette épaisse, sentant le grain sous mes genoux. Il guide ma tête vers lui.
— Lèche, ordonne-t-il doucement.
Le goût salé et propre me surprend. Puis j’engloutis sa longueur, ma bouche s’adaptant maladroitement au début avant de trouver un rythme. Dans le miroir, je nous vois : lui debout, les yeux fermés, moi à genoux, mon chemisier ouvert sur mes seins libres. Je me palpe les seins en le suçant, les sensations se multipliant.
Il retire soudain sa bite de ma bouche, haletant.
— Je veux t’offrir le même traitement ?
Je hoche la tête.
Il m’allonge sur le fauteuil, le dossier incliné si bas que je me sens offerte, presque suspendue entre ses mains. Il écarte mes jambes, d’un geste si assuré que je frissonne avant même qu’il ne me touche. Je sens l’air frais de la boutique sur l’intérieur de mes cuisses, puis sa paume qui les écarte encore un peu plus, comme s’il inspectait ce que je lui offre.
Il retire ma culotte trempée d’un geste expert, la déposant sur le bras du fauteuil avec une lenteur délibérée. Je suis nue devant lui, écartelée, et je ne peux pas me cacher. Son souffle est chaud sur l’intérieur de mes cuisses, si près que je sens chaque expiration caresser ma peau. Il attend. Il me fait attendre. Mes hanches se soulèvent légèrement, inconsciemment, à la recherche de sa bouche.
Puis il trouve mon sexe.
Sa langue trace d’abord des cercles larges et légers, presque timides, autour de mon clitoris, comme s’il goûtait ma réaction. Je m’agrippe aux accoudoirs du fauteuil, les doigts crispés sur le velours. Il accélère, ses cercles deviennent précis et insistants, et je sens mon ventre se contracter sous chaque mouvement. C’est méthodique, presque clinique, et pourtant je suis en feu.
Pendant que sa bouche travaille, ses doigts remontent le long de mon corps. Ils trouvent mes tétons, les pincent doucement, puis plus fort, en rythme avec sa langue. Je gémis, je ne peux pas m’en empêcher. Il relève les yeux vers moi, ses prunelles sombres au-dessus de mon sexe, et je vois qu’il sourit contre ma peau. Il sait exactement ce qu’il me fait.
Il glisse un doigt en moi, lentement, tandis que sa langue continue ses cercles implacables. Le double contact me fait sursauter, mes cuisses se resserrent autour de sa tête sans que je le demande. Il ne s’arrête pas. Il ajoute un second doigt, commence un va-et-vient régulier, et je sens la pression monter, cette chaleur qui s’accumule au creux de mon ventre, qui me fait oublier où je suis, qui je suis.
Je crie de bonheur lorsque l’orgasme me frappe, violent et inattendu.
Je ris, incrédule, le regardant se relever, toujours dur.
— Qu’est-ce que tu veux ?
— Te couvrir les seins, dit-il simplement.
— Te couvrir les seins, dit-il simplement.
Je prends mes seins dans mes mains, les offrant tandis qu’il se masturbe rapidement, les yeux fixés sur ma poitrine jusqu’à ce que des jets chauds m’éclaboussent la peau.
Je reste allongée sur le fauteuil, le corps parcouru de frissons, contemplant les perles laiteuses qui coulent sur mes seins. J’aurais voulu qu’un appareil photo immortalise cette image : ma peau souillée encore frémissante, cette preuve tangible de ma transformation.
Au final, je n’ai jamais repris rendez-vous avec ce garçon insignifiant. Mais ce jour-là, dans cette boutique, je compris que je n’aurais plus jamais besoin qu’on me choisisse.
Ma vie de débauche venait de commencer.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Merci alix sim pour ce moment d'égarement.