Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sorcière de la nuit — Chapitre 2
Auteure
Sorcière de la nuit
Chapitre 2
Il penche son visage vers le mien. Sa langue cherche la mienne. Je l'ouvre. Je la prends. Le goût de la terre, du sang, de la fumée, et sous tout ça quelque chose de vivant, de chaud, de désespéré.
Ses mains glissent sous ma veste déchirée. Elles trouvent ma poitrine nue, tachée de boue et de suie. Il prend un sein, le pèse, le pétrit. Les doigts rudes pincent le téton jusqu'à le faire durcir. Une décharge me traverse le ventre. Je gémis contre sa bouche. Un son bas, animal. Ma main descend, cherche, trouve sa queue déjà dure à travers le tissu. Lourde. Chaude. Qui bat contre ma paume. Je la serre. Fort. Il gronde.
On s'arrache les vêtements restants sans grâce. Boutons qui sautent, brides qui craquent. On est nus dans la boue et l'herbe écrasée. Sa queue se dresse, épaisse, veineuse, le gland luisant. Je la prends à pleine main, je la tire, je sens le sang pulser. Lui, ses doigts s'enfoncent entre mes cuisses. Il écarte les lèvres de ma chatte, déjà trempée, et enfonce deux doigts d'un coup. Je suis ouverte, chaude, glissante. Il me doigte sans douceur, cherche le point qui me fait cambrer. Je pousse mon cul contre sa main.
Je le force au sol. Je m'agenouille au-dessus de lui, écarte ma chatte avec deux doigts et m'empale d'un seul mouvement. La tête d'abord, puis tout le reste, centimètre après centimètre, jusqu'à ce qu'il soit enfoncé jusqu'à la garde. Un gémissement rauque m'échappe. Il me remplit complètement. Je le sens battre au fond de mon ventre. Je reste immobile une seconde, le front contre le sien, respirant son souffle.
Il est un ennemi. Il a des yeux bleus. Il porte une cicatrice. Je ne sais rien de lui. Je m'en fous de tout ça.
Je commence à bouger.
Je me soulève, redescends. Plus fort. Plus vite. Mes seins cognent. Sa queue frappe le fond à chaque descente. Je le regarde pendant que je le prends. Les yeux ouverts. Je jouis une première fois comme ça, le sexe qui se contracte en spasmes autour du sien, le corps qui tremble, un cri étouffé dans la gorge.
Je me retourne. À quatre pattes dans la boue, le cul en l'air. Il s'agenouille derrière moi, écarte mes fesses, regarde un instant ma chatte rouge, ouverte, qui dégouline, puis s'enfonce d'un coup. Je pousse un cri. Il me baise plus fort. Les mains agrippées à mes hanches. Les cuisses qui claquent. La boue qui éclabousse. Je sens sa queue entrer et sortir, luisante de mon jus. Je pousse le cul en arrière pour le prendre encore plus profond. Chaque coup me fait gémir comme une bête.
Il me retourne. Me met sur le dos. Me prend les jambes, les pose sur ses épaules, et me fourre à fond. Lentement d'abord, des va-et-vient longs qui me font me cambrer, puis plus durs, plus sales. Le bruit de nos peaux qui claquent est obscène dans le silence du champ. Son jus et le mien coulent le long de mes fesses, s'étalent sur l'herbe. Je le regarde. Il me regarde. On ne dit rien. On baise. On se vide.
Je le force à s'allonger. Je prends sa queue dans ma bouche. Je la lèche d'abord, de la base jusqu'au gland, goûtant mon propre goût mêlé au sien. Puis je l'avale jusqu'à la gorge. Je suce avec une tendresse sale, la langue qui tourne, les lèvres serrées. La salive coule. Je sors, lèche ses couilles, les prends une à une dans ma bouche, puis reprends le sexe plus vite, plus profond. Il gémit, les doigts dans mes cheveux. Je le laisse me tirer la tête, me baiser la bouche.
Ensuite c'est mon tour. Il s'allonge entre mes cuisses, écarte les lèvres de ma chatte avec les pouces et plonge la langue. Il me lèche longuement, du clito jusqu'à l'entrée, y enfonce la langue, me suce, me mange. Je tiens sa tête, les hanches qui se soulèvent contre sa bouche. Il me fait jouir comme ça, longuement, jusqu'à ce que mes cuisses se referment sur son visage et que je pousse un cri rauque, le corps en arc, le jus qui lui inonde la bouche.
Il me prend par les cheveux, m'attire contre lui. Je monte sur lui, le sexe contre le sien, les seins contre son torse, et je me frotte, je me frotte jusqu'à ce que quelque chose se déchire dans ma poitrine autant que dans mon ventre, et que je jouisse encore contre lui dans un cri que j'étouffe contre son cou. On n'a plus de rang, plus de camp, plus de guerre. Seulement deux corps qui se prennent, se vident, se cherchent dans la boue.
Quand on jouit ensemble, il est enfoncé en moi jusqu'à la garde. Je le sens gonfler, battre. Les spasmes me prennent. Mon sexe le serre, le pompe. Il lâche tout. Un gémissement étouffé. Des jets chauds qui me remplissent. Je jouis encore pendant qu'il vient, les ongles plantés dans son dos, le ventre qui se contracte, le sperme qui coule déjà entre mes cuisses, mêlé à mon jus, sur l'herbe.
On reste enlacés. Le corps encore lié. La respiration qui peine à reprendre.
Le silence du champ revient. Ce champ qui sent la poudre et le fer. Je fixe le ciel noir au-dessus de nous et quelque chose en moi, très lentement, comprend ce qui vient d'arriver.
Et les larmes viennent.
D'abord les miennes, silencieuses, qui glissent sur sa tempe. Puis les siennes, plus rares, plus dures. On pleure de ce bonheur absurde, volé, unique, et de toute la merde que la guerre a déjà prise et qu'elle prendra encore. Des villages brûlés. Des camarades mortes. Des mères qui attendent des fils qui ne reviendront jamais. On se serre comme des naufragés au milieu de ce champ qui sent encore la poudre et le fer.
Peu à peu le ciel s'éclaircit à l'est. L'aube grise pointe.
On se rhabille en silence. Je ramasse mon Tokarev, le nettoie machinalement contre ma cuisse. Lui rajuste sa ceinture. Nos regards se croisent une dernière fois.
Il parle le premier, d'une voix basse, cassée.
— Jurgen Hartmann… C'est mon nom…
Je le regarde longuement, comme pour graver chaque trait de son visage.
— Nadia Ivanovna Sokolova.
On reste immobiles un instant, ces deux noms suspendus entre nous comme une promesse impossible. Puis l'Allemand me regarde avec un sourire triste et ses yeux si bleus.
— Adieu Nachthexe, ma petite sorcière de la nuit. J'espère ne jamais te recroiser… Enfin… pas dans le ciel.
— Et toi, mon beau capitaine… tu sais où aller pour retrouver les tiens ?
— Vers l'ouest, si les lignes n'ont pas bougé.
— Et si tu rencontres une patrouille soviétique ?
— Je tenterai de leur expliquer que je suis un homme charmant.
— Tu n'as aucune chance.
— Cela a bien marché avec toi, Nadia. Ou alors je courrai très vite.
— Et toi, mon beau capitaine… tu sais où aller pour retrouver les tiens ?
— Vers l'ouest, si les lignes n'ont pas bougé.
— Et si tu rencontres une patrouille soviétique ?
— Je tenterai de leur expliquer que je suis un homme charmant.
— Tu n'as aucune chance.
— Cela a bien marché avec toi, Nadia. Ou alors je courrai très vite.
Je souris, mais mon sourire s'efface presque aussitôt.
Nous savons tous deux ce que signifie cette séparation. Une fois nos chemins séparés, nous redeviendrons des ennemis. Peut-être nous retrouverons-nous un jour dans les airs. Peut-être l'un de nous tirera sur l'autre sans connaître son identité.
J'enfile ma veste.
— Je dois retrouver ma base au plus vite. Chez nous les commissaires politiques ne rigolent pas avec les soi-disant déserteurs.
Jurgen hoche la tête.
— Alors vas-y.
Je reste immobile.
— C'est tout ?
Il me regarde avec une douceur qui me fait plus mal qu'une parole cruelle.
— Que veux-tu que je te dise, Nadia ? Que nous nous reverrons ? Que je te retrouverai après la guerre ? Je ne sais même pas si je serai vivant demain.
Je baisse les yeux.
— Je sais.
Il s'approche et pose doucement sa main sur ma joue.
— Mais je me souviendrai de toi. Toujours…
Je ferme les yeux un instant. Puis je sors de ma poche un petit morceau de papier, déchiré dans mon carnet de vol. J'y inscris mon nom, mes prénoms : Nadia Ivanovna Sokolova.
Je le lui tends.
Il le plie avec soin et le glisse dans la poche intérieure de sa veste.
À son tour, il prend un crayon et écrit :
Jurgen Hartmann.
Il hésite, puis ajoute quelques mots en allemand :
Für Nadia. Damit ich mich erinnere. Pour Nadia. Afin que je me souvienne.
Je range le papier contre mon cœur et m'avance pour l'embrasser une dernière fois.
C'est un baiser bref, car nous ne pouvons plus nous attarder, le jour va se lever et compliquer notre retour.
Puis je pars la première, vers l'est, vers les lignes soviétiques. Le corps encore chaud de lui. Son sperme qui sèche entre mes cuisses.
Après quelques pas, je me retourne.
Il est resté immobile à me regarder. Il lève la main en un salut qui n'appartient à aucune armée.
Je lui rends son salut, puis je reprends ma route. Bientôt, les fumées m'engloutissent.
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