Inspiré du réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une rencontre inattendue — Chapitre 3
Auteur
Une rencontre inattendue
Chapitre 3
Lorsqu'il ouvrit les yeux, Miquèu eut d'abord du mal à comprendre pourquoi le soleil entrait aussi franchement dans la chambre. Il tendit machinalement le bras vers son téléphone. Onze heures vingt-sept. Il avait rarement dormi aussi tard. À côté de lui, Prakcelle semblait encore profondément endormie. Elle avait ramené le drap jusqu'à ses épaules et ne laissait dépasser qu'une partie de son visage et une épaisse chevelure noire éparpillée sur l'oreiller.
Il resta quelques instants à l'observer.
Quelle étrange rencontre tout de même ! La veille encore, il ne connaissait d'elle que quelques photographies et des messages échangés sur un site de rencontre. Et voilà qu'elle dormait paisiblement dans son lit, comme si elle y avait toujours eu sa place. Il repensa à leur soirée, à leurs éclats de rire, à cette complicité qui s'était installée presque immédiatement. Il était bien incapable de dire ce qui lui plaisait le plus chez elle. Sa beauté, évidemment, ne le laissait pas indifférent. Mais ce n'était pas seulement cela. Il y avait chez cette jeune femme une manière de parler, de rire, de le regarder, qui le désarmait complètement.
Il se leva sans bruit, enfila un short et rejoignit la cuisine.
Le café commençait à couler lorsqu'il entendit des pas derrière lui.
— Bonjour, toi !
Il se retourna. Prakcelle se tenait dans l'encadrement de la porte, vêtue de son tee-shirt de la veille, les cheveux en bataille et les yeux encore gonflés de sommeil.
— Bonjour, ma belle. Bien dormi ?
— Comme un bébé. Mais j'ai faim !
— Comme un bébé. Mais j'ai faim !
Il éclata de rire.
— Décidément, tu ne penses qu'à manger !
— C'est toi qui m'as épuisée !
— C'est toi qui m'as épuisée !
Elle avait prononcé ces derniers mots avec un sourire malicieux avant de venir déposer un baiser sur sa joue. Miquèu lui servit une tasse de café et entreprit de chercher de quoi préparer un petit déjeuner digne de ce nom. Malheureusement, ses placards ne contenaient guère que quelques biscottes, un pot de confiture et un paquet de biscuits entamé.
— Tu vis vraiment comme un célibataire, toi !
— C'est un peu le cas, figure-toi.
— Ça se voit !
— C'est un peu le cas, figure-toi.
— Ça se voit !
Elle ouvrit le réfrigérateur, en contempla le contenu avec une moue désapprobatrice et revint s'asseoir.
— Il va falloir arranger ça.
Elle se figea presque aussitôt.
— Enfin… Je veux dire… Si tu veux, hein !
Miquèu sourit.
— Tu comptes refaire mes courses ?
— Non ! Enfin, je pourrais… Mais ce n'est pas ce que je voulais dire.
— Non ! Enfin, je pourrais… Mais ce n'est pas ce que je voulais dire.
Elle prit une biscotte et entreprit de la tartiner consciencieusement, manifestement décidée à ne pas approfondir le sujet. Il l'observa quelques instants, amusé. Cette jeune femme avait décidément une manière bien à elle de passer d'une assurance désarmante à une gêne presque enfantine. Ils commencèrent à discuter de tout et de rien. Prakcelle lui raconta quelques anecdotes de sa vie quotidienne. Il évoqua ses enfants, son travail, ses habitudes. Ils avaient déjà abordé certains de ces sujets la veille, mais la conversation semblait désormais différente. Plus naturelle, peut-être. Pourtant, une question commençait à préoccuper Miquèu. Qu'allait-il se passer maintenant ?
Il n'avait rien promis, rien demandé, rien envisagé. Depuis sa séparation, il s'était convaincu qu'il n'avait aucune envie de reconstruire une relation sérieuse. Il avait retrouvé une liberté qu'il entendait bien conserver. Et puis il y avait leur différence d'âge. Il n'était tout de même pas assez naïf pour imaginer qu'une jeune femme comme Prakcelle puisse sérieusement s'intéresser à un homme qui avait presque vingt ans de plus qu'elle. Il préféra ne rien dire. Mais Prakcelle avait visiblement deviné ses pensées.
— Tu réfléchis à quoi ?
— À rien de particulier.
— Menteur !
— Pourquoi tu dis ça ?
— Parce que depuis tout à l'heure, tu me regardes bizarrement.
— À rien de particulier.
— Menteur !
— Pourquoi tu dis ça ?
— Parce que depuis tout à l'heure, tu me regardes bizarrement.
Il sourit.
— Bizarrement comment ?
— Je ne sais pas. Comme si tu voulais me demander quelque chose.
— C'est possible.
— Alors demande !
— Je ne sais pas. Comme si tu voulais me demander quelque chose.
— C'est possible.
— Alors demande !
Il hésita.
— Tu as prévu quoi aujourd'hui ?
Elle le fixa quelques secondes.
— Pourquoi ? Tu veux que je parte ?
— Mais non ! Pas du tout !
— Ah bon ?
— Je te demandais simplement ce que tu avais prévu.
— Rien. Enfin, pas grand-chose.
— Mais non ! Pas du tout !
— Ah bon ?
— Je te demandais simplement ce que tu avais prévu.
— Rien. Enfin, pas grand-chose.
Elle baissa les yeux vers sa tasse.
— Je pensais qu'on pourrait peut-être se revoir.
Miquèu sentit son visage s'éclairer.
— Avec plaisir !
— Enfin, si tu veux !
— Mais oui, je veux !
— Enfin, si tu veux !
— Mais oui, je veux !
Elle releva les yeux et se mit à rire.
— Tu vois, c'était pas compliqué !
— Quoi ?
— De me dire que tu avais envie de me revoir !
— Quoi ?
— De me dire que tu avais envie de me revoir !
Il éclata de rire à son tour.
— Tu es incroyable ! C'est toi qui viens de me le demander !
— Oui, mais tu aurais pu le faire avant !
— Oui, mais tu aurais pu le faire avant !
Elle lui tira la langue. Quelques minutes plus tard, alors qu'elle se préparait à partir, elle s'arrêta brusquement devant la porte.
— Au fait, tu me donnes ton numéro ?
Miquèu la regarda, surpris.
— Tu ne l'as pas ?
— Ben non ! On s'écrit sur le site, idiot !
— Ben non ! On s'écrit sur le site, idiot !
Ils échangèrent leurs coordonnées, puis elle lui déposa un dernier baiser.
— Bon, à bientôt alors.
— À bientôt, ma belle.
— À bientôt, ma belle.
Elle fit quelques pas avant de se retourner.
— Tu m'écris, hein !
— Promis !
— Bon. Mais pas dans trois jours !
— Promis !
— Bon. Mais pas dans trois jours !
Il la regarda remonter la rue, un sourire accroché aux lèvres. Ce qu'aucun des deux ne savait encore, c'est qu'ils venaient de poser, sans même en avoir conscience, les premières pierres d'une relation qui allait bouleverser leurs existences.
Les semaines suivantes, ils se revirent régulièrement. Au début, leurs rendez-vous étaient spontanés. Un message en fin d'après-midi, un dîner improvisé, une promenade, parfois simplement quelques heures passées ensemble à discuter. Miquèu découvrit une jeune femme affectueuse, spontanée, parfois obstinée, qui pouvait passer d'un éclat de rire à une bouderie sans qu'il ait toujours compris pourquoi. Elle aimait qu'il prenne soin d'elle, mais supportait mal qu'il lui donne des conseils qu'elle n'avait pas sollicités. Elle pouvait lui reprocher de ne pas lui téléphoner assez souvent, puis oublier elle-même de répondre à ses messages pendant plusieurs heures.
Un soir, il lui fit remarquer qu'un homme venait de se retourner sur leur passage.
— Tu es jaloux ? demanda-t-elle aussitôt.
— Pas du tout !
— Alors pourquoi tu m'en parles ?
— Pas du tout !
— Alors pourquoi tu m'en parles ?
Il n'avait pas trouvé de réponse convaincante.
Quelques jours plus tard, ce fut pourtant elle qui lui demanda, après qu'une ancienne connaissance l'eut salué un peu chaleureusement, s'il avait déjà eu une aventure avec cette femme.
— Tu es jalouse ? lui avait-il demandé.
— Moi ? Mais n'importe quoi !
— Moi ? Mais n'importe quoi !
Elle avait répondu si vite qu'il avait éclaté de rire. Prakcelle s'était vexée. Pas longtemps, évidemment, mais suffisamment pour lui reprocher de trouver la situation amusante alors qu'elle ne l'était pas du tout. Enfin, pas pour elle.
Miquèu avait eu la sagesse de ne pas insister. Ce n'est que plus tard, alors qu'ils étaient allongés côte à côte, qu'elle était revenue sur cet épisode. Elle lui avait demandé si cette femme était plus jolie qu'elle. Puis, sans attendre sa réponse, elle avait ajouté qu'elle se trouvait ridicule de poser une question pareille. Il l'avait attirée contre lui.
— Tu sais bien que ce n'est pas une question de beauté.
— Oui, je sais.
— Oui, je sais.
Elle avait gardé le silence quelques instants.
— Mais parfois, je me demande ce que tu fais avec moi.
Cette confidence l'avait surpris. Il ne comprenait pas toujours les inquiétudes de cette jeune femme qui semblait pourtant si sûre d'elle. Elle avait presque vingt ans de moins que lui et une vie entière devant elle. Si quelqu'un devait craindre de ne plus plaire à l'autre, c'était plutôt lui !
Il le lui avait dit. Prakcelle avait éclaté de rire.
— Mais qu'est-ce que tu racontes, bébé ?
Ils avaient fini par reconnaître, non sans une certaine gêne, qu'ils pouvaient éprouver exactement les mêmes inquiétudes pour des raisons opposées. Ce n'était pas tant le regard des autres qui les dérangeait que l'idée, parfois fugace, de ne plus suffire à celui ou celle qu'ils aimaient.
Avec le temps, ils apprirent à en parler plus facilement. Ils découvrirent leurs qualités, leurs défauts et les limites de leur patience respective, sans jamais parvenir à faire totalement disparaître ces petites contradictions qui les faisaient tantôt rire, tantôt se disputer. Ils se découvrirent aussi une curiosité commune pour certaines expériences qui sortaient des habitudes d'un couple traditionnel. Ils en parlaient librement, parfois sur le ton de la plaisanterie, parfois avec davantage de sérieux.
Un soir, Prakcelle lui demanda s'il pourrait accepter de la voir embrasser une autre femme.
— Tu en as envie ? demanda Miquèu.
— Je ne sais pas. Peut-être.
— Tu y as déjà pensé ?
— Oui… Enfin, pas vraiment. C'est compliqué !
— Je ne sais pas. Peut-être.
— Tu y as déjà pensé ?
— Oui… Enfin, pas vraiment. C'est compliqué !
Il s'était mis à rire.
— Tu sais, tu as le droit d'être curieuse sans forcément vouloir essayer.
— Oui, mais justement, peut-être que j'aimerais essayer !
— Oui, mais justement, peut-être que j'aimerais essayer !
Elle avait finalement haussé les épaules avant de se blottir contre lui.
— De toute façon, on verra bien.
Cette phrase résumait assez bien sa manière d'envisager les choses. Prakcelle aimait imaginer, découvrir, expérimenter, mais elle ne savait pas toujours distinguer ce qui relevait d'un désir véritable et ce qui ne constituait qu'une idée passagère. Miquèu avait appris à ne pas interpréter chacune de ses confidences comme une demande. Ils avaient aussi compris que la confiance dont ils se réclamaient ne les dispensait pas d'éprouver parfois de la jalousie, de la peur ou une simple hésitation. Leur liberté n'avait rien d'un état définitivement acquis. Ils la construisaient au gré de leurs conversations et de leurs expériences.
C'est ce qui leur permit, plusieurs années plus tard, d'envisager la rencontre avec Roxane. Prakcelle se souvenait parfaitement de la première fois où Miquèu lui avait parlé de cette femme avec laquelle il échangeait depuis plusieurs mois. Il lui avait montré quelques messages et raconté leurs conversations. Roxane semblait posséder une personnalité affirmée et apprécier certains rapports de pouvoir librement choisis. Prakcelle s'était immédiatement montrée curieuse.
— Elle est comment ?
— Comment ça ?
— Ben, physiquement !
— Comment ça ?
— Ben, physiquement !
Il lui avait montré une photographie. Elle l'avait observée quelques instants.
— Elle est jolie.
— Oui.
— Tu la trouves belle ?
— Oui, bien sûr.
— Ah.
— Oui.
— Tu la trouves belle ?
— Oui, bien sûr.
— Ah.
Miquèu avait souri.
— Quoi, « ah » ?
— Rien !
— Rien !
Elle avait repris le téléphone et regardé la photographie une nouvelle fois.
— Elle a de beaux yeux.
Puis elle avait demandé ce que Roxane faisait dans la vie, si elle avait des enfants, ce qu'elle aimait en dehors de leurs conversations. Miquèu avait été incapable de répondre à plusieurs de ses questions.
— Tu discutes avec elle depuis des mois et tu ne sais même pas ça ?
— On ne parle pas nécessairement de nos journées de travail, tu sais !
— J'imagine bien !
— On ne parle pas nécessairement de nos journées de travail, tu sais !
— J'imagine bien !
Elle avait ri avant de lui rendre son téléphone. Mais cette femme avait éveillé sa curiosité. Il lui arrivait de demander à Miquèu s'il avait eu de ses nouvelles, puis de se sentir légèrement ridicule lorsqu'elle réalisait qu'elle avait posé la question plusieurs fois dans la semaine. Elle ne savait pas très bien ce qui l'intéressait autant chez cette inconnue. Peut-être était-ce simplement le plaisir de découvrir une personne avec laquelle son mari entretenait une relation si particulière.
Lorsque Miquèu lui annonça qu'une rencontre devenait possible, elle réagit spontanément :
— Sérieusement ? Vous allez vous voir ?
— C'est possible, oui.
— Et moi ?
— C'est possible, oui.
— Et moi ?
Il la regarda, surpris.
— Quoi, toi ?
— Ben… Je pourrais être là ?
— Ben… Je pourrais être là ?
La question lui avait échappé avant qu'elle ait véritablement réfléchi. Elle s'empressa d'ajouter :
— Enfin, seulement si elle est d'accord !
— Ce n'est pas à toi de décider à sa place. Et ce n'est pas à moi non plus. Mais je peux lui proposer une surprise, à condition qu'elle reste libre de l'accepter ou non.
— Ce n'est pas à toi de décider à sa place. Et ce n'est pas à moi non plus. Mais je peux lui proposer une surprise, à condition qu'elle reste libre de l'accepter ou non.
Prakcelle réfléchit quelques instants.
— Tu crois qu'elle va aimer ?
— C'est justement ce qu'on découvrira.
— C'est justement ce qu'on découvrira.
Mais à mesure que l'heure de la rencontre approchait, Prakcelle sentit son assurance diminuer. Elle qui avait insisté pour participer se demandait maintenant si elle avait eu raison. Et si Roxane ne l'appréciait pas ? Et si elle-même se sentait mal à l'aise ? Et si Miquèu et Roxane développaient une complicité dans laquelle elle ne parvenait pas à trouver sa place ? Elle se trouvait ridicule.
Après tout, c'était elle qui avait proposé de rester discrètement présente au début de la rencontre. Elle en avait même ri avec son mari en imaginant la surprise de leur invitée. Mais maintenant que les choses se concrétisaient, elle n'était plus aussi certaine de son audace.
— Tu es sûre que c'est une bonne idée ? avait-elle demandé à Miquèu.
— Qu'est-ce qui t'inquiète ?
— Rien de particulier.
— Alors ?
— Je ne sais pas. C'est bizarre, quand même !
— Qu'est-ce qui t'inquiète ?
— Rien de particulier.
— Alors ?
— Je ne sais pas. C'est bizarre, quand même !
Il l'avait prise dans ses bras.
— On n'est obligés de rien, tu sais.
— Oui, je sais.
— Oui, je sais.
Elle avait gardé le silence quelques instants.
— Mais j'ai envie.
Puis elle avait ajouté :
— Enfin, je crois !
Lorsque Roxane arriva, Prakcelle sentit son cœur accélérer. Elle attendait dans la pénombre, suffisamment à l'écart pour ne pas être immédiatement découverte. Elle entendit la porte s'ouvrir, puis le froissement d'une feuille de papier. Elle connaissait les grandes lignes de ce que Miquèu avait préparé, mais pas tous les détails. Il avait tenu à conserver une part de surprise, y compris pour elle.
Au début, cela l'amusa beaucoup. Elle aimait observer son mari lorsqu'il se montrait particulièrement sûr de lui. Il possédait une manière de parler, de laisser s'installer les silences et de prendre son temps qui contrastait singulièrement avec l'homme parfois maladroit qu'elle connaissait au quotidien. Mais très vite, son attention se porta sur Roxane. Elle l'observa découvrir les lieux et prendre connaissance des premières consignes. Elle remarqua ses hésitations, ses petits gestes nerveux, cette façon de rester immobile quelques instants avant de poursuivre. Prakcelle se demanda ce qu'elle pouvait bien ressentir. Elle aurait aimé lui voir le visage plus distinctement.
Lorsque Miquèu entra enfin en scène, elle se surprit à retenir son souffle. Il y avait quelque chose de fascinant à découvrir son mari à travers cette situation. Elle connaissait son goût des mots, sa manière d'entretenir l'attente et de donner de l'importance aux détails. Mais elle n'avait encore jamais observé aussi longuement les réactions d'une femme qui ne le connaissait que par leurs échanges. Roxane semblait attentive au moindre bruit, au moindre mouvement. Prakcelle ressentit d'abord un certain amusement. Puis, sans qu'elle sache exactement pourquoi, une pointe de jalousie la traversa. Miquèu accordait à cette inconnue une attention particulière. Il avait préparé leur rencontre avec soin, imaginé chaque détail, anticipé certaines réactions. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas organisé une surprise d'une telle ampleur pour elle. La pensée lui parut aussitôt injuste. Ce n'était pas la même chose, évidemment. Et puis elle connaissait parfaitement les attentions dont son mari était capable.
N'empêche ! Elle se surprit à froncer les sourcils. Quelques instants plus tard, elle se sentit encore plus ridicule. C'était elle qui avait souhaité participer à cette rencontre et voilà qu'elle se découvrait contrariée de voir Miquèu accorder autant d'attention à Roxane. Elle secoua légèrement la tête, comme pour chasser cette idée. Son regard revint vers leur invitée. Ce qui la frappait désormais, c'était moins ce que faisait Miquèu que la manière dont Roxane semblait vivre la situation. Elle passait parfois d'une assurance inattendue à une hésitation presque touchante. À certains moments, elle semblait parfaitement à l'aise dans le rôle qu'elle avait choisi. À d'autres, Prakcelle croyait discerner une fragilité que les mots employés ou l'assurance apparente de son attitude ne suffisaient pas à dissimuler.
Elle ne savait pas si cette impression était juste. Peut-être projetait-elle simplement ses propres émotions sur cette inconnue. Il lui était difficile de ne pas chercher à imaginer ce qu'elle pensait. Pourquoi avait-elle accepté cette rencontre ? Qu'attendait-elle de Miquèu ? Comment vivait-elle le fait d'avoir déjà un Maître ? Et surtout, que penserait-elle en découvrant sa présence ? Cette dernière question finit par occuper une place démesurée dans son esprit.
Au début, Prakcelle avait trouvé très amusante l'idée de surprendre Roxane. Maintenant, elle se demandait si celle-ci apprécierait réellement cette surprise. Elle éprouva même un bref regret. Peut-être aurait-il mieux valu qu'elles fassent connaissance autour d'un verre avant de se retrouver dans cette situation. Mais il était trop tard pour refaire la soirée. Lorsque Miquèu lui permit enfin de s'approcher, Prakcelle sentit toute son assurance s'envoler. Elle avait imaginé plusieurs fois cet instant. Elle pensait pouvoir plaisanter, lancer une remarque malicieuse, se montrer aussi naturelle qu'elle l'était avec son mari. Mais devant Roxane, les mots lui manquèrent. Cette femme était plus impressionnante qu'elle ne l'avait imaginé. Pas seulement par sa beauté. Il y avait dans son regard une expression particulière, mélange de surprise, de fatigue et de curiosité, qui déstabilisa Prakcelle. Elle choisit de lui sourire.
Roxane lui rendit son sourire. Prakcelle sentit une partie de sa gêne disparaître. Elle avait redouté que Roxane accueille sa présence avec méfiance, peut-être même avec irritation. Mais il n'en était rien. Au contraire, cette femme qui lui avait paru si impressionnante quelques instants auparavant semblait maintenant presque aussi intimidée qu'elle. Cette découverte la rassura. Elle aurait voulu lui poser mille questions. Savoir ce qu'elle pensait d'elle, pourquoi elle avait accepté de venir, ce qu'elle avait ressenti en découvrant sa présence. Mais évidemment, ce n'était ni le lieu ni le moment.
À plusieurs reprises, leurs regards se croisèrent. Prakcelle détourna parfois les yeux, puis se surprit à rechercher de nouveau ceux de Roxane. Il y avait quelque chose d'agréable dans cette attention qu'elle ne parvenait pas à expliquer. Elle avait pourtant l'habitude de recevoir des compliments et de sentir qu'elle pouvait plaire. Mais cette fois, elle semblait accorder une importance démesurée à ce que cette inconnue pensait d'elle. Elle se trouva ridicule. Puis elle se demanda si Roxane avait remarqué son trouble. Cette possibilité la fit sourire. Décidément, elle n'était pas au bout de ses surprises !
Lorsque Prakcelle ouvrit les yeux, le lendemain matin, la lumière du jour filtrait déjà entre les rideaux. Miquèu n'était plus à ses côtés. Elle resta quelques instants allongée, cherchant à rassembler ses souvenirs de la veille. Le visage de Roxane lui revint presque immédiatement à l'esprit. Elle sourit. Puis fronça les sourcils. Pourquoi pensait-elle encore à elle ? Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle rencontrait une femme séduisante. Et elle n'avait jamais ressenti le besoin de s'interroger aussi longuement sur ce qu'une inconnue avait pensé d'elle. Elle se retourna dans le lit. Peut-être était-ce simplement parce que leur rencontre avait été particulièrement inhabituelle. Oui, sûrement. Elle décida de ne pas y penser davantage. Quelques secondes plus tard, elle se demandait de nouveau si Roxane avait apprécié leur soirée. Elle poussa un soupir. Décidément !
Elle entendit du bruit dans la cuisine et finit par se lever. Miquèu préparait le café.
— Bonjour, mon cœur !
Il se retourna et lui adressa un large sourire.
— Bonjour, bébé. Bien dormi ?
— Très bien. Et toi ?
— Comme une pierre !
— Très bien. Et toi ?
— Comme une pierre !
Elle s'approcha pour l'embrasser avant de s'installer sur l'un des tabourets du comptoir.
— Tu as faim ?
— Un peu.
— Je vais nous préparer quelque chose.
— Un peu.
— Je vais nous préparer quelque chose.
Elle le regarda s'affairer. Il avait toujours eu cette façon de prendre soin d'elle sans en faire des tonnes. Un café préparé au réveil, une attention discrète, un geste tendre au moment où elle s'y attendait le moins. Elle aimait cela chez lui.
— Dis, mon cœur…
— Oui ?
— Tu as eu des nouvelles de Roxane ?
— Oui ?
— Tu as eu des nouvelles de Roxane ?
Miquèu posa deux tasses sur le comptoir.
— Pas encore. Pourquoi ?
— Pour savoir.
— Pour savoir.
Il lui tendit son café.
— Je pense qu'elle dort encore.
— Oui, sûrement.
— Oui, sûrement.
Elle but une gorgée.
— Tu crois qu'elle a aimé ?
— Elle avait l'air contente en partant.
— Oui, c'est vrai.
— Elle avait l'air contente en partant.
— Oui, c'est vrai.
Un silence s'installa.
— Et toi ? demanda Miquèu. Tu as aimé hier soir ?
Elle leva les yeux vers lui.
— Mais oui, bébé !
— Vraiment ?
— Bien sûr ! Pourquoi tu me demandes ça ?
— Je ne sais pas. J'avais envie de savoir ce que tu en avais pensé.
— Vraiment ?
— Bien sûr ! Pourquoi tu me demandes ça ?
— Je ne sais pas. J'avais envie de savoir ce que tu en avais pensé.
Elle réfléchit quelques instants.
— C'était bien. Très bien, même.
— Tant mieux !
— Mais…
— Tant mieux !
— Mais…
Il releva la tête.
— Mais quoi ?
— Non, rien.
— Prakcelle !
— Quoi ?
— Tu viens de dire « mais » !
— Non, rien.
— Prakcelle !
— Quoi ?
— Tu viens de dire « mais » !
Elle éclata de rire.
— Oh là là ! On n'a même plus le droit de réfléchir avec toi !
— Bien sûr que si !
— Bon, alors laisse-moi réfléchir !
— Bien sûr que si !
— Bon, alors laisse-moi réfléchir !
Elle reprit une gorgée de café, visiblement satisfaite d'avoir gagné un peu de temps.
— En fait, reprit-elle, je crois que j'ai surtout été surprise.
— Par quoi ?
— Par Roxane.
— Par quoi ?
— Par Roxane.
Miquèu sourit.
— Ah bon ?
— Oui. Je ne l'imaginais pas comme ça.
— Comment tu l'imaginais ?
— Oui. Je ne l'imaginais pas comme ça.
— Comment tu l'imaginais ?
Elle haussa les épaules.
— Je ne sais pas trop. Peut-être plus… Enfin…
Elle chercha ses mots.
— Plus quoi ?
— Ben, plus sûre d'elle, peut-être.
— Tu sais, elle peut l'être.
— Oui, mais hier, parfois, elle avait l'air toute timide.
— C'était quand même une situation particulière.
— Je sais bien !
— Ben, plus sûre d'elle, peut-être.
— Tu sais, elle peut l'être.
— Oui, mais hier, parfois, elle avait l'air toute timide.
— C'était quand même une situation particulière.
— Je sais bien !
Elle posa sa tasse.
— Je l'ai trouvée mignonne.
Miquèu sourit.
— Ça, j'avais remarqué.
— Comment ça ?
— Ben, tu avais l'air de bien l'apprécier.
— Comment ça ?
— Ben, tu avais l'air de bien l'apprécier.
Elle le regarda avec suspicion.
— Tu te moques de moi ?
— Pas du tout !
— Mouais… Toi aussi, tu avais l'air de bien l'apprécier.
— Pas du tout !
— Mouais… Toi aussi, tu avais l'air de bien l'apprécier.
Elle baissa les yeux.
— Tu crois qu'elle m'a trouvée comment ?
Il sembla surpris par la question.
— Comment ça ?
— Ben… Je ne sais pas. Si elle m'a trouvée agréable.
— Je pense que oui.
— Tu penses ou tu sais ?
— Je ne lui ai pas demandé !
— Ah.
— Ben… Je ne sais pas. Si elle m'a trouvée agréable.
— Je pense que oui.
— Tu penses ou tu sais ?
— Je ne lui ai pas demandé !
— Ah.
Elle sembla déçue. Miquèu éclata de rire.
— Tu veux que je lui demande ?
— Ah non ! Surtout pas !
— Pourquoi ?
— Mais parce que !
— Ah non ! Surtout pas !
— Pourquoi ?
— Mais parce que !
Elle se mit à rire à son tour.
— Tu imagines ? « Bonjour Roxane, ma femme voudrait savoir si tu l'as trouvée agréable ! »
— C'est pourtant ce que tu viens de me demander !
— Oui, mais ce n'est pas pareil !
— C'est pourtant ce que tu viens de me demander !
— Oui, mais ce n'est pas pareil !
Il secoua la tête, amusé.
— Tu es incroyable, bébé.
Elle lui tira la langue. Puis, après quelques secondes :
— Mais tu crois vraiment qu'elle m'a appréciée ?
Cette fois, Miquèu ne put retenir un nouvel éclat de rire.
— Mais oui, mon cœur !
— Bon, ça va ! Pas besoin de te moquer !
— Bon, ça va ! Pas besoin de te moquer !
Elle lui donna une petite tape sur le bras avant de reprendre son café. Il vint déposer un baiser sur son front.
— Tu sais que tu peux lui écrire si tu veux.
Elle leva brusquement les yeux.
— Ah bon ?
— Ben oui ! Pourquoi pas ?
— Je ne sais pas. Jusqu'à maintenant, c'est toi qui discutais avec elle.
— Et alors ?
— Rien.
— Ben oui ! Pourquoi pas ?
— Je ne sais pas. Jusqu'à maintenant, c'est toi qui discutais avec elle.
— Et alors ?
— Rien.
Elle hésita.
— Tu crois que ça ne ferait pas bizarre ?
— Quoi donc ?
— Que je lui écrive comme ça.
— Pourquoi ça ferait bizarre ?
— Quoi donc ?
— Que je lui écrive comme ça.
— Pourquoi ça ferait bizarre ?
Elle chercha une réponse, n'en trouva pas et finit par hausser les épaules.
— Je ne sais pas.
Miquèu lui sourit.
— Écris-lui, bébé. Au pire, elle te répondra qu'elle ne veut plus nous voir !
— Mais tais-toi !
— Mais tais-toi !
Ils éclatèrent de rire. Prakcelle récupéra le téléphone de Miquèu et ouvrit leur conversation. Elle retrouva le pseudo de Roxane et le contempla quelques instants.
— Tu peux lui demander si elle veut bien me donner son numéro ?
— Tu peux le lui demander toi-même, bébé !
— Tu peux le lui demander toi-même, bébé !
Elle lui lança un regard faussement contrarié.
— Bon, d'accord !
Elle commença à rédiger un message qu'elle pourrait lui envoyer depuis le téléphone de son mari, en précisant qu'il venait d'elle. Elle regarda le pseudo de Roxane, puis commença à rédiger un message : « Coucou ma belle, j'espère que tu vas bien… ». Elle s'arrêta. Trop familier ? Elle effaça. « Bonjour Roxane, j'espère que tu t'es bien remise de notre soirée… ». Elle relut sa phrase et fit une grimace. Non, vraiment, ce n'était pas terrible. Elle effaça de nouveau. Miquèu l'observait du coin de l'œil.
— Tu lui écris un roman ?
— Non !
— Ça fait cinq minutes que tu regardes mon téléphone !
— Et alors ?
— Rien, rien !
— Non !
— Ça fait cinq minutes que tu regardes mon téléphone !
— Et alors ?
— Rien, rien !
Elle posa l'appareil sur le comptoir.
— Tu sais quoi ? Je lui écrirai plus tard.
— Comme tu veux.
— Comme tu veux.
Elle resta silencieuse quelques instants.
— Dis, mon cœur…
— Oui ?
— Ça te dérangerait si je la voyais ?
— Oui ?
— Ça te dérangerait si je la voyais ?
Miquèu la regarda.
— Bien sûr que non. On pourrait lui proposer de revenir un de ces jours.
— Oui…
— Oui…
Elle hésita.
— Mais je pensais plutôt aller boire un café avec elle.
— Un café ?
— Ben oui ! Tu sais, le truc noir qu'on boit le matin !
— Un café ?
— Ben oui ! Tu sais, le truc noir qu'on boit le matin !
Il éclata de rire.
— Merci, je connais !
Miquèu regardait sa femme avec étonnement. L'idée n'avait rien d'extravagant, évidemment, mais elle oubliait un détail : ils devaient repartir dès le lendemain.
— Tu comptes faire ça quand ?
Prakcelle sembla réfléchir.
— Ben… Aujourd'hui, pourquoi ?
Il sourit. Décidément, elle ne perdait pas de temps.
Elle sourit aussi, puis ajouta presque aussitôt :
— Enfin, je ne sais même pas si elle en aurait envie.
— Il suffit de lui demander.
— Oui, je sais.
— Il suffit de lui demander.
— Oui, je sais.
Miquèu la regardait avec curiosité.
— Et tu voudrais y aller toute seule ?
Elle se figea légèrement.
— Ben… Oui. Enfin, si ça ne te dérange pas.
— Pourquoi ça me dérangerait ?
— Je ne sais pas !
— Pourquoi ça me dérangerait ?
— Je ne sais pas !
Elle sembla soudain regretter d'avoir abordé le sujet.
— Laisse tomber. C'était juste une idée.
Miquèu posa sa tasse.
— Prakcelle, je ne t'ai pas dit non.
— Je sais !
— Alors pourquoi tu te vexes ?
— Je ne suis pas vexée !
— Je sais !
— Alors pourquoi tu te vexes ?
— Je ne suis pas vexée !
Elle avait répondu un peu trop vite. Il sourit.
— D'accord.
Elle détourna les yeux. Quelques secondes passèrent. Puis elle reprit, beaucoup plus doucement :
— En fait, je crois que j'aimerais bien la connaître.
Miquèu ne répondit pas immédiatement.
— Tu veux dire en dehors de nos petites aventures ?
— Oui.
— Oui.
Elle releva les yeux vers lui.
— On a passé une soirée incroyable ensemble et je ne sais même pas ce qu'elle fait dans la vie. C'est bizarre, non ?
— Pas forcément.
— Moi, je trouve.
— Pas forcément.
— Moi, je trouve.
Elle réfléchit.
— Et puis… Je ne sais pas… Elle m'a plu.
Elle semblait presque surprise de s'entendre prononcer ces mots. Miquèu lui sourit.
— Ça, j'avais compris.
— Non, mais je ne veux pas dire…
— Non, mais je ne veux pas dire…
Elle s'interrompit.
— Enfin, si, peut-être. Je ne sais pas !
Elle éclata de rire, un peu nerveusement.
— Oh là là ! Je raconte n'importe quoi !
Il lui prit la main.
— Tu n'es pas obligée de tout comprendre aujourd'hui, bébé.
Elle le regarda.
— Tu crois ?
— Évidemment.
— Évidemment.
Elle serra doucement ses doigts, puis elle ajouta :
— Mais tu sais que je t'aime, hein ?
Il fut surpris par cette déclaration soudaine.
— Bien sûr que je le sais.
— Je préfère te le dire.
— Je préfère te le dire.
Il se pencha pour l'embrasser.
— Moi aussi, je t'aime.
Elle lui rendit son baiser, puis se blottit un instant contre lui. Lorsqu'elle se redressa, elle semblait avoir retrouvé sa bonne humeur.
— Bon ! Alors je vais lui écrire.
— Ah, quand même !
— Moque-toi !
— Ah, quand même !
— Moque-toi !
Elle reprit son téléphone. Cette fois, elle parvint à composer quelques lignes sans les effacer immédiatement. Elle relut attentivement son message. Puis une deuxième fois. Son pouce resta suspendu au-dessus de l'écran.
— Qu'est-ce qu'il y a encore ? demanda Miquèu.
— Rien !
— Tu n'oses pas l'envoyer ?
— Mais si !
— Rien !
— Tu n'oses pas l'envoyer ?
— Mais si !
Elle inspira profondément et appuya sur la touche d'envoi. Aussitôt, elle posa le téléphone sur le comptoir, l'écran tourné vers le bas.
— Voilà !
Miquèu éclata de rire.
— Tu vois, ce n'était pas si compliqué !
— Facile à dire !
— Facile à dire !
Elle se leva pour aller chercher quelque chose dans le réfrigérateur, puis revint presque immédiatement.
— Tu crois qu'elle va répondre ?
— Prakcelle !
— Quoi ?
— Tu viens juste de lui écrire !
— Prakcelle !
— Quoi ?
— Tu viens juste de lui écrire !
Elle se mit à rire.
— Oui, c'est vrai.
Elle récupéra le téléphone. Aucune réponse. Évidemment. Elle le reposa. Miquèu la regardait avec un sourire attendri. Il connaissait sa femme depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'elle pouvait se montrer terriblement impatiente lorsqu'une chose lui tenait à cœur. Mais cette fois, il avait le sentiment qu'il se passait quelque chose d'un peu différent. Il ne savait pas exactement quoi. Et Prakcelle non plus. Elle savait simplement qu'elle avait envie de revoir Roxane. Peut-être pour discuter, pour rire, pour apprendre à la connaître. Peut-être aussi parce qu'elle avait éprouvé auprès d'elle une attirance dont elle ne comprenait pas encore très bien la nature. Elle aurait été incapable de le dire.
Quelques minutes plus tard, le téléphone vibra. Elle sursauta presque. Miquèu la regarda.
— Eh ben ! Tu attends un message important ?
— Mais non !
— Mais non !
Elle avait déjà saisi l'appareil. C'était une notification sans intérêt. Elle fit une moue déçue. Miquèu éclata de rire.
— Arrête ! protesta-t-elle.
Elle posa le téléphone et vint se réfugier dans ses bras.
— Tu es insupportable, parfois !
— Je sais, bébé.
— Je sais, bébé.
Il l'embrassa sur le front. Elle resta quelques instants contre lui. Puis, sans relever la tête :
— Mais tu crois vraiment que je lui ai plu ?
Cette fois, Miquèu ne répondit pas. Il se contenta de la serrer un peu plus fort contre lui. Et Prakcelle, qui avait pourtant toujours eu tant de facilité à rire de ses propres contradictions, sentit qu'elle était en train de découvrir quelque chose qu'elle ne maîtrisait pas tout à fait. Cela l'inquiétait un peu. Mais, curieusement, elle avait surtout envie de savoir ce qui allait se passer.
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