Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous l’emprise du désir — Chapitre 14 · Délibérations matinales
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous l’emprise du désir
Chapitre 14 · Délibérations matinales
Le soleil entre doucement par la baie vitrée de la cuisine. L'air sent le café fraîchement coulé, le pain grillé. Sur le plan de travail, la cafetière ronronne encore faiblement. Les assiettes, les bols, les tartines et les fruits tranchés trahissent la lenteur d'un petit-déjeuner qui s'étire.
Séverine est assise sur un tabouret haut, un genou replié sous elle, l'autre jambe balançant mollement dans le vide. Sa nuisette en satin glisse sur ses épaules, découvrant un instant une bretelle noire de dentelle et la naissance d'un sein qui se soulève doucement à chaque respiration. Sentant le tissu glisser un peu trop, elle remonte la bretelle d'un geste lent, remettant délicatement le tissu en place. Elle veut rester séduisante, jouer avec la lumière du matin, mais sans jamais franchir la ligne du vulgaire. Sous la table, son short court épouse ses courbes, laissant ses cuisses nues s'offrir à la clarté dorée. Chaque mouvement qu'elle fait, aussi anodin soit-il, semble savamment orchestré, révélant par touches cette nonchalance sensuelle qui la caractérise.
Alors qu'elle mord dans une tartine généreusement garnie de confiture, une minuscule goutte rose tombe sur sa poitrine, juste entre les seins. Elle baisse les yeux, esquisse un sourire, puis tend l'index, cueille lentement la perle sucrée et, sans le quitter des yeux, porte le doigt à ses lèvres. Sa langue effleure la pulpe avec une lenteur calculée. Elle le lèche doucement, les yeux plongés dans ceux de Kévin, un sourire aussi charmeur qu'espiègle aux lèvres.
— Tes rosiers sont superbes, dit-elle en beurrant une tartine. Je ne sais pas ce que tu leur as mis aux pieds, mais ils ont fleuri comme jamais. Le rose du rosier anglais est plus intense, presque charnu. Et celui en espalier sur le mur nord… il n'a jamais eu autant de boutons. C'est beau.
Vraiment. Tu sais, parfois, je me dis que les plantes sentent quand on s'occupe d'elles avec amour. Peut-être que ça change tout. Peut-être que c'est ça le secret.
Elle lève les yeux vers Kévin, un sourire doux sur les lèvres.
Elle lève les yeux vers Kévin, un sourire doux sur les lèvres.
— D'ailleurs, à propos de soins attentifs… j'ai réfléchi, dit-elle en jouant distraitement avec le bord de sa tartine.
— J'aimerais qu'on réessaie la sodomie. Avec toi.
— J'aimerais qu'on réessaie la sodomie. Avec toi.
CLAC !
Le bruit du café projeté sur la table est immédiat. Kévin, tousse, s'étrangle presque, ses yeux s'écarquillant comme s'il venait de recevoir une claque invisible. Sa tasse tremble entre ses doigts. Une traînée sombre coule lentement sur la table, formant une flaque tiède entre les miettes de croissant.
Le bruit du café projeté sur la table est immédiat. Kévin, tousse, s'étrangle presque, ses yeux s'écarquillant comme s'il venait de recevoir une claque invisible. Sa tasse tremble entre ses doigts. Une traînée sombre coule lentement sur la table, formant une flaque tiède entre les miettes de croissant.
— Pardon ?
Séverine éclate de rire.
— J'adore quand je te surprends comme ça. T'as une tête à décrocher un César. Mais il va falloir apprendre à mieux te tenir, mon grand. On est entre adultes ici, cracher son café sur la table à ton âge, ce n'est franchement pas très digne.
Elle prend un chiffon propre, lui tend avec un large sourire. Il s'essuie, l'air encore hagard.
— Tu veux dire… là, maintenant, alors qu'on était littéralement en train de parler du taux de floraison de tes rosiers ? Tu lâches ça comme une goutte de pluie en pleine sécheresse : "J'ai envie de me faire sodomiser" ? Tu te rends compte du grand écart mental que tu viens de m'imposer ?
Elle se penche, relève doucement son menton de l'index.
— Nathalie et moi, on a une règle : si quelqu'un reste la bouche grande ouverte sans parler, on lui balance direct : "Ferme-la, on ne sait jamais ce qui pourrait y entrer… je ne te fais pas un dessin !" Blague de filles, un peu idiotes, mais franchement, on ne s'en lasse pas.
Elle hausse les épaules, amusée, puis ajoute :
— Après une longue délibération du jury, nous sommes parvenues à la conclusion que toutes les conditions étaient réunies pour établir un accord officiel avec notre partenaire. Cet accord inclut le respect scrupuleux de certaines clauses fondamentales, sous peine de résiliation immédiate du contrat et de retour à la case départ. Bref, c'est signé, tamponné, validé.
Kévin cligne des yeux.
— Tu veux dire… tu y as réfléchi. Genre, sérieusement ?
Il la regarde, toujours abasourdi. Il ne comprend pas. L'autre jour encore, elle l'avait arrêté d'un simple geste de la main, presque comme un réflexe. Et puis il se souvenait très bien de ce qu'elle lui avait confié : cette expérience malheureuse, douloureuse, quand elle était plus jeune. C'était resté comme un point de non-retour dans son esprit, un territoire interdit. Et là, tout à coup, elle en parle comme si elle évoquait une sortie au marché ou la météo de la semaine. Kévin secoue doucement la tête, comme pour vérifier s'il est bien réveillé.
Elle hoche la tête, nettoie la table en souriant.
— Oui. Sérieusement. Et avec beaucoup d'imagination, dit-elle avec un sourire malicieux, comme si elle venait de lui annoncer qu'il allait pleuvoir des fraises. Il faut bien un peu de fantaisie dans la vie, non ?
Il pose lentement sa tasse.
— Ok. J'ai… plusieurs questions. Là, tout de suite.
— C'est normal. Je t'écoute.
— C'est normal. Je t'écoute.
Il lève un doigt.
— Premièrement : comment on passe d'une conversation poétique sur la beauté des rosiers à une déclaration crue du style "j'ai envie de me faire sodomiser" ? Tu m'as balancé ça avec la même légèreté que si tu m'avais parlé de la météo ! Il y a un moment, faut que tu m'expliques : ta cuisine, c'est un vortex spatio-émotionnel ou quoi ?
Elle rit.
— Tu n'écoutes jamais, voilà tout. Je n'ai pas dit que j'avais "envie de". J'ai dit que je voulais "essayer avec toi". Nuance. Ce n'est pas comme si j'avais claqué un "tiens, si je me faisais démonter" entre deux gorgées de thé. C'est réfléchi. Et en prime, tu as droit à la version douce, élégante, et négociée. Franchement, tu as de la chance.
— Tu joues sur les mots.
— Non, je parle de mon anus, pas de mon premier string. Ce n'est pas un accessoire de mode, c'est une zone diplomatique sensible. Nuance capitale.
— Tu joues sur les mots.
— Non, je parle de mon anus, pas de mon premier string. Ce n'est pas un accessoire de mode, c'est une zone diplomatique sensible. Nuance capitale.
Elle ponctue d'un sourire séducteur, sa tête légèrement penchée.
— Ensuite, dit-il, tu as parlé d'un jury. Attends… Tu veux dire que t'en as discuté avec Nathalie ? Genre, on est un sujet de débat entre copines pendant que je suis en train de tailler les rosiers au fond du jardin ?
— Non ! Pas du tout !
— Non ! Pas du tout !
Mais elle cherche ses mots. Il attend, un sourcil levé.
— Alors ? Y'avait qui dans ce fameux jury ?
Elle pose ses coudes sur la table, se penche vers lui avec une mine sérieuse et malicieuse.
— Alors… premièrement, moi. Logique. Je suis la principale intéressée, et il faut le rappeler : on parle ici de mon intimité la plus profonde, dit-elle en souriant avec une pointe de malice.
— Évidemment.
— Ensuite… Séverine. Elle est cool, ouverte, solaire. Elle est pour le progrès.
— Donc, toi. Et toi.
— Attends ! Y'avait aussi Madame Lemoine.
— Pardon ? Attends une seconde… Elle c'était la présidente du jury, justement ?
— Une femme admirable. Élégante. Raffinée. Une bourgeoise dans le bon sens du terme, avec juste ce qu'il faut de snobisme pour organiser un apéro en robe de cocktail. Toujours parfaitement coiffée, un foulard Hermès noué comme dans un magazine, des souliers assortis à son vernis impeccable. Le genre à appeler son chat Gustave et à dire "dîner" même pour une salade. Un vrai modèle d'équilibre... et de juge redoutable.
— Tu te fous de moi.
— Évidemment.
— Ensuite… Séverine. Elle est cool, ouverte, solaire. Elle est pour le progrès.
— Donc, toi. Et toi.
— Attends ! Y'avait aussi Madame Lemoine.
— Pardon ? Attends une seconde… Elle c'était la présidente du jury, justement ?
— Une femme admirable. Élégante. Raffinée. Une bourgeoise dans le bon sens du terme, avec juste ce qu'il faut de snobisme pour organiser un apéro en robe de cocktail. Toujours parfaitement coiffée, un foulard Hermès noué comme dans un magazine, des souliers assortis à son vernis impeccable. Le genre à appeler son chat Gustave et à dire "dîner" même pour une salade. Un vrai modèle d'équilibre... et de juge redoutable.
— Tu te fous de moi.
Il secoue la tête, amusé, puis lève un doigt en l'air comme pour compter.
— Bon, faisons le point : toi, tu es la principale intéressée. Belle, sensuelle, curieuse… mais aussi un peu capricieuse et très mauvaise perdante.
Il lève un deuxième doigt.
— Ensuite, Séverine. Lumineuse, audacieuse, mais aussi un brin théâtral et beaucoup trop indulgent avec la première du jury…
Et enfin, il lève le troisième.
— Et Madame Lemoine… Oh, elle ! Snob, vieille France, maniérée comme une brochure d'internat suisse, mais aussi capable de balancer des conseils lubriques avec la grâce d'une marquise libertine. Je suis censé faire confiance à ce jury ?
— Pas du tout ! Elle a pris la parole très solennellement. Elle a dit : "Mesdames, oublions l'épaisseur du membre en question. C'est un détail logistique. Un peu de gel, un soupçon de patience, et ça glisse comme une lettre à la poste. Il faut penser à l'instant présent, à l'épanouissement charnel. Cette opportunité ne se représentera peut-être plus jamais ! Et si vraiment ça ne passe pas par la petite porte… eh bien, on repassera dignement par la grande. Avec un sourire, un clin d'œil, et un petit coussin pour le confort."
— Pas du tout ! Elle a pris la parole très solennellement. Elle a dit : "Mesdames, oublions l'épaisseur du membre en question. C'est un détail logistique. Un peu de gel, un soupçon de patience, et ça glisse comme une lettre à la poste. Il faut penser à l'instant présent, à l'épanouissement charnel. Cette opportunité ne se représentera peut-être plus jamais ! Et si vraiment ça ne passe pas par la petite porte… eh bien, on repassera dignement par la grande. Avec un sourire, un clin d'œil, et un petit coussin pour le confort."
Kévin éclate de rire.
— Bon sang… Donc je dois remercier Madame Lemoine ?
— Clairement. Sans elle, tu étais recalé. Et toc.
— Clairement. Sans elle, tu étais recalé. Et toc.
Elle joint ses mains, les remue en simulant un petit nuage imaginaire au-dessus de sa tête, puis fait mine de pleurer, le visage tordu dans une grimace caricaturale :
— Oh… adieu le petit fantasme de Kévin, soupire-t-elle d'une voix tremblotante.
Puis, dans un éclat de rire, elle lui envoie un baiser du bout des lèvres, théâtral et charmeur. Son regard pétille d'espièglerie.
— Et le vote était unanime ?
— Au départ non. Moi, j'étais contre. Franchement, vu l'épaisseur de ton engin, j'ai eu un moment de panique. On ne va pas se mentir : techniquement, c'est une mission impossible. Il faudrait un permis poids lourd pour manœuvrer un truc pareil ! Je n'ai pas envie que mon pauvre petit orifice finisse froissé comme un pare-chocs arrière après un créneau raté. Et encore moins d'avoir à remplir un constat à l'amiable en pleurant sur la banquette ! Non, merci. Je tiens à mon intégrité… et je ne veux pas que mon anus finisse éventré.?
— Au départ non. Moi, j'étais contre. Franchement, vu l'épaisseur de ton engin, j'ai eu un moment de panique. On ne va pas se mentir : techniquement, c'est une mission impossible. Il faudrait un permis poids lourd pour manœuvrer un truc pareil ! Je n'ai pas envie que mon pauvre petit orifice finisse froissé comme un pare-chocs arrière après un créneau raté. Et encore moins d'avoir à remplir un constat à l'amiable en pleurant sur la banquette ! Non, merci. Je tiens à mon intégrité… et je ne veux pas que mon anus finisse éventré.?
Elle mime une grimace théâtrale, exagérant le moindre pli de douleur, puis ajoute d'un ton plaintif :
— Franchement, si tu me plies en deux, faudra qu'on appelle l'assurance et qu'on fasse un constat à l'amiable, parce que là, c'est plus une manœuvre, c'est un carambolage en zone sensible.
Il éclate de rire, secoue la tête, les joues rosies par un mélange d'amusement et de trouble.
— Séverine, la deuxième, elle était plus modérée. Elle disait : "Faut pas rester traumatisée par une mauvaise expérience à 20 ans. Et puis, t'as bien aimé les jeux de langue l'autre jour, hein ?" Mais bon, je me méfie d'elle. Au début, elle était pour, tout emballée, à se pavaner en jurée bienveillante... sauf que ce n'est pas elle qui va payer la facture, hein ! On voit bien que ce n'est pas son petit cul qui risque de finir comme une boîte de coulis. Elle est curieuse, oui, mais prudente… à distance !
— Et Madame Lemoine ?
— Pleine de sagesse. Elle a insisté. "Un peu de gel, un bon massage, beaucoup de douceur, un bel amant respectueux… et surtout, une grande respiration. Tout est une question de préparation et d'écoute. On y va doucement, avec tendresse et méthode, comme on ouvre une vieille malle pleine de secrets. Et si ça ne marche pas, on fait demi-tour, dignement, sans drame ni reproche. Juste un clin d'œil, un baiser sur la fesse, et un retour à la case départ."
— Je vais lui écrire une lettre de remerciement. Parce que franchement… j'avais une image totalement différente de toi au début. Je te jure, le premier jour, je me suis dit : "cette femme-là, c'est une bourgeoise coincée du cul." Littéralement. Et maintenant tu me fais des débats parlementaires sur le lubrifiant à utiliser. Tu m'as retourné la cervelle.
— Et Madame Lemoine ?
— Pleine de sagesse. Elle a insisté. "Un peu de gel, un bon massage, beaucoup de douceur, un bel amant respectueux… et surtout, une grande respiration. Tout est une question de préparation et d'écoute. On y va doucement, avec tendresse et méthode, comme on ouvre une vieille malle pleine de secrets. Et si ça ne marche pas, on fait demi-tour, dignement, sans drame ni reproche. Juste un clin d'œil, un baiser sur la fesse, et un retour à la case départ."
— Je vais lui écrire une lettre de remerciement. Parce que franchement… j'avais une image totalement différente de toi au début. Je te jure, le premier jour, je me suis dit : "cette femme-là, c'est une bourgeoise coincée du cul." Littéralement. Et maintenant tu me fais des débats parlementaires sur le lubrifiant à utiliser. Tu m'as retourné la cervelle.
Séverine tape sur la table.
— Attends… Le premier jour, tu pensais que j'étais une bourgeoise coincée ? Sérieusement ?
— Pas du tout ! J'étais impressionné. Tu dégageais un truc… classe, distante. Pas coincée. Élégante. Tu avais cette façon de marcher, de poser ton regard, de parler avec calme… Et puis tes fringues ! Toujours à la limite entre le raffinement absolu et ce petit rien qui fait frissonner. Ton chemisier, là, ce jour-là… avec ce bouton qui menaçait de céder, c'était presque une déclaration. J'ai cru que tu sortais d'un film, genre Audrey Hepburn version incendiaire.
— C'est ce que disent tous les mecs quand ils réalisent qu'ils se sont plantés.
— Pas du tout ! J'étais impressionné. Tu dégageais un truc… classe, distante. Pas coincée. Élégante. Tu avais cette façon de marcher, de poser ton regard, de parler avec calme… Et puis tes fringues ! Toujours à la limite entre le raffinement absolu et ce petit rien qui fait frissonner. Ton chemisier, là, ce jour-là… avec ce bouton qui menaçait de céder, c'était presque une déclaration. J'ai cru que tu sortais d'un film, genre Audrey Hepburn version incendiaire.
— C'est ce que disent tous les mecs quand ils réalisent qu'ils se sont plantés.
Ils éclatent de rire. Elle saisit sa main dans la sienne, ses yeux brillent d'une tendresse complice.
— Alors ?
— Alors si tu as envie d'essayer, je suis là, dit-il d'une voix douce, mais assurée. Parce que ce n'est pas juste une idée saugrenue du matin ou un fantasme en l'air. C'est toi, Séverine. Et si c'est ton envie, ton choix, alors je veux le partager avec toi. Te faire confiance, t'écouter, avancer ensemble. Et comme dirait ta chère Madame Lemoine…
— Alors si tu as envie d'essayer, je suis là, dit-il d'une voix douce, mais assurée. Parce que ce n'est pas juste une idée saugrenue du matin ou un fantasme en l'air. C'est toi, Séverine. Et si c'est ton envie, ton choix, alors je veux le partager avec toi. Te faire confiance, t'écouter, avancer ensemble. Et comme dirait ta chère Madame Lemoine…
Il se penche.
— Si ça ne passe pas, on passera par la grande porte.
Elle rit, l'attire à elle, et l'embrasse longuement, ses doigts glissant derrière sa nuque, ses lèvres s'attardant contre les siennes avec une tendresse brûlante. Un baiser lent, profond, dans lequel elle souffle un frisson, un frôlement d'envie, un accord silencieux. Une promesse scellée du bout des lèvres, plus éloquente que toutes les déclarations du monde.
Le tic-tac discret de l'horloge se mêle au cliquetis du clavier. Dans la lumière douce de son bureau, Séverine est penchée sur l'écran de son ordinateur, les lunettes posées sur le bout de son nez. Concentrée, elle annote un fichier, les lèvres pincées, ses doigts tapotant avec régularité.
Kévin s'arrête sur le seuil. Il ne dit rien. Il l'observe. Elle ne l'a pas entendu entrer.
Ses cheveux sont remontés à la va-vite dans un chignon flou, quelques mèches échappées frôlent sa nuque. Sa robe légère en coton beige laisse deviner la cambrure de ses reins chaque fois qu'elle se penche, et quand elle redresse le dos, le tissu épouse la courbe délicate de sa poitrine, soulignée par le jeu des lumières. Une paire de sandales ouvertes aux pieds, elle est confortablement installée, les jambes croisées, concentrées dans sa bulle. Il sourit, captivé par le mouvement de ses épaules, la douceur de son profil, la sensualité involontaire de chaque geste. Elle est belle. Il ne s'en lasse pas.
Ses cheveux sont remontés à la va-vite dans un chignon flou, quelques mèches échappées frôlent sa nuque. Sa robe légère en coton beige laisse deviner la cambrure de ses reins chaque fois qu'elle se penche, et quand elle redresse le dos, le tissu épouse la courbe délicate de sa poitrine, soulignée par le jeu des lumières. Une paire de sandales ouvertes aux pieds, elle est confortablement installée, les jambes croisées, concentrées dans sa bulle. Il sourit, captivé par le mouvement de ses épaules, la douceur de son profil, la sensualité involontaire de chaque geste. Elle est belle. Il ne s'en lasse pas.
Elle sursaute légèrement lorsqu'elle le remarque.
— Tu m'as fait peur, murmure-t-elle en relevant la tête, retirant ses lunettes d'un geste souple. Déjà ?
— Oui, je… Je voulais te prévenir. Je pars me changer chez moi avant de ressortir.
— Oui, je… Je voulais te prévenir. Je pars me changer chez moi avant de ressortir.
Elle le fixe, surprise, et une ombre passe sur son visage.
— Ah… Tu sors ce soir ?
Il hoche la tête, un brin amusé.
— Oui. Juste un petit dîner.
Elle se lève doucement, lisse sa robe, va vers la cuisine ouverte et sort deux verres.
— Tu as deux minutes pour boire un verre avec moi avant ? J'ai à peine eu le temps de te voir aujourd'hui…
Il la suit, un sourire aux lèvres. Il reconnaît ce ton faussement neutre qu'elle adopte quand elle tente de cacher une émotion. Il adore ce petit jeu.
— Avec plaisir.
Elle sert un peu de rosé bien frais. Les verres tintent. Elle le regarde, les sourcils légèrement froncés.
— Et donc, ce petit dîner… commence-t-elle d'un ton léger, en observant le mouvement de son verre. C'est dans un coin sympa ?
Kévin esquisse un sourire.
— Plutôt.
Elle incline légèrement la tête, l'air faussement distrait.
— Et… tu y vas seul ?
Il laisse planer un silence. Elle poursuit, doucereuse :
— Ou bien, tu as prévu une compagnie choisie ? Une de ces jeunes filles mystérieuses qui te tournent autour sans que je les voie passer ?
Elle boit une gorgée. L'air de rien. Mais son regard, lui, ne ment pas.
— Oh, rien d'exceptionnel. Un resto en ville. Sympa. Intime.
Il marque une pause. Se délecte du suspense. Elle arque un sourcil.
— Intime ? répète-t-elle, en insistant légèrement, comme si le mot l'avait piquée. C'est une façon élégante de ne pas dire avec qui, ça ? Elle le regarde, penche un peu la tête, et ajoute d'un ton plus ferme : Tu comptes vraiment quitter cette maison sans me dire qui t'accompagne ?
Il esquisse un sourire malicieux, penche la tête.
— Peut-être…
Elle fronce les sourcils, baisse les yeux vers son verre, qu'elle fait tourner entre ses doigts un peu trop nerveusement. Son pied bat doucement contre le carrelage, trahissant une agitation qu'elle tente de contenir. Elle boit une gorgée un peu trop vite, repose le verre avec un léger bruit sec. Un silence s'installe. Pesant. Chargé.
— Et donc… c'est un dîner entre amis ? Ou… plus que ça ? Elle le regarde du coin de l'œil, tente un sourire, mais ses doigts tapotent légèrement sur son verre. Un nouveau silence. Puis, n'y tenant plus : — C'est avec une fille, c'est ça ?
Il laisse planer le doute. Puis, après une gorgée :
— Madame Lemoine.
Séverine se fige. Le verre suspendu à ses lèvres.
— Pardon ? souffle-t-elle, les sourcils haussés. Elle le fixe un instant, comme si les mots avaient mis du temps à se frayer un chemin jusqu'à sa compréhension. Pourquoi ne pas tout simplement me le demander, au lieu de me faire tourner en bourrique ?
— Oui, dit-il en se tournant vers elle, un éclat de malice dans les yeux. Je l'invite à dîner pour la remercier. Il paraît qu'elle a discrètement orienté l'avis de certains membres du jury en ma faveur… et j'ai cru bon de souligner son élégance diplomatique autour d'un bon repas. J'ai eu deux-trois confidences…
— Oui, dit-il en se tournant vers elle, un éclat de malice dans les yeux. Je l'invite à dîner pour la remercier. Il paraît qu'elle a discrètement orienté l'avis de certains membres du jury en ma faveur… et j'ai cru bon de souligner son élégance diplomatique autour d'un bon repas. J'ai eu deux-trois confidences…
Elle éclate de rire, de soulagement.
— Tu es insupportable ! J'y ai cru à peine une demi-seconde, dit-elle en agitant la main avec une parfaite mauvaise foi. Franchement, il t'en faut peu pour me croire naïve.
— Ah bon ? Moi je t'ai vue plonger les deux pieds dedans, réplique-t-il, faussement innocent.
— C'est que tu ne me connais pas encore assez, lâche-t-elle avec un petit rire sec. Puis elle tousse, détourne brièvement le regard, comme pour repousser une émotion trop vive, trop à nu. Elle se concentre sur son verre, cherche à se ressaisir.
— C'est toi qui aurais voulu ce dîner, pas vrai ? souffle-t-il, un brin joueur, comme s'il venait de percer un secret mal gardé.
— Ah bon ? Moi je t'ai vue plonger les deux pieds dedans, réplique-t-il, faussement innocent.
— C'est que tu ne me connais pas encore assez, lâche-t-elle avec un petit rire sec. Puis elle tousse, détourne brièvement le regard, comme pour repousser une émotion trop vive, trop à nu. Elle se concentre sur son verre, cherche à se ressaisir.
— C'est toi qui aurais voulu ce dîner, pas vrai ? souffle-t-il, un brin joueur, comme s'il venait de percer un secret mal gardé.
Elle le fixe, les yeux légèrement plissés, comme si la question la prenait à revers. Elle hausse un sourcil, cherche à éluder, mais finit par lâcher, presque à contre-cœur :
— Peut-être. Peut-être que j'avais envie qu'on me le propose.
Elle le dit avec un mélange de franchise et de retenue, puis détourne les yeux, comme si elle regrettait aussitôt d'en avoir trop montré. Une toux légère la sauve, ou du moins lui sert de prétexte pour éviter de prolonger une conversation qui commence à la mettre trop à nu.
Il s'approche d'elle, tout doucement, comme s'il craignait de briser quelque chose de fragile. Son bras frôle le sien, et ce simple contact éveille une chaleur discrète. Leurs regards se croisent, s'ancrent, s'explorent. Il y a dans les yeux de Kévin une douceur tendre, un mélange de respect et de trouble. Dans ceux de Séverine, un éclat furtif, un aveu silencieux. Longuement, ils restent là, suspendus dans un moment qui ne dit pas son nom, mais qui palpite entre eux avec une intensité muette.
— Alors… tu veux toujours venir ? demande-t-il avec une lueur tendre dans les yeux. Je passe vite fait chez moi me changer, une petite douche, et si ça te va, tu me récupères à l'arrêt de bus, en bas de ma rue.
Il la regarde avec douceur, presque comme une invitation plus intime qu'il n'ose pas formuler à voix haute. Son ton est calme, sincère, presque attentionné. Comme s'il redoutait qu'elle dise non.
— Marché conclu, souffle-t-elle, un sourire tendre aux lèvres, comme une évidence qu'elle ne veut pas trop analyser. Mais ses yeux brillent un peu trop fort, et ses doigts jouent avec la tige de son verre, comme pour cacher le frisson qui vient de la traverser.
Dans sa chambre à l'étage, Séverine ouvre son dressing, les joues encore rosies par l'échange avec Kévin. Son regard fouille les cintres avec une lenteur feinte, comme si elle cherchait davantage une sensation qu'un vêtement. Elle sort une jolie robe noire fluide, puis ses doigts s'attardent sur un ensemble de lingerie en dentelle crème : un soutien-gorge délicatement ajouré, presque transparent, et un string satiné qui glisse entre ses doigts avec la légèreté d'un secret.
Elle les enfile lentement, savourant le contact de la dentelle sur sa peau. Ses mains effleurent ses hanches, ses cuisses, remontent sur sa poitrine qu'elle ajuste dans le tissu fragile. Devant le miroir, elle laisse échapper un petit souffle, comme un soupir de désir contenu. Puis elle passe la robe par-dessus, la fait onduler contre ses courbes, la lisse contre ses hanches.
Les escarpins viennent compléter la silhouette, mais quelque chose cloche. Trop sage. Trop prévisible. Elle se redresse, regarde son reflet, et un sourire plus trouble se dessine au coin de ses lèvres.
Elle se regarde dans le miroir.
— Trop classique…
Un sourire naît sur ses lèvres. Elle ôte la robe d'un geste lent, reste en lingerie, son reflet vibrant dans le miroir. Elle savoure un instant sa propre image, ses courbes sublimées par la dentelle, le satin, le contraste délicieux entre sa peau et les matières fines. Puis elle se tourne vers le dressing et reprend sa recherche, les doigts glissant avec malice sur les cintres.
Elle s'arrête sur une jupe midi plissée beige, qu'elle enfile lentement, les mouvements de ses hanches faisant frissonner le tissu. Elle choisit ensuite un chemisier en soie ivoire, boutonnée jusqu'en haut, la caresse douce contre ses seins encore tendus d'anticipation. Un blazer marine vient structurer sa silhouette. Parfait. Elle ajoute un foulard délicatement noué autour de son cou, un petit sac à main rigide, et une paire d'escarpins bordeaux à bout carré qui claque doucement sur le parquet quand elle fait quelques pas pour admirer l'effet.
Une bourgeoise, oui. Mais avec des dessous de feu.
Elle éclate de rire.
Elle éclate de rire.
— Il veut dîner avec Madame Lemoine ? Très bien. Il va découvrir ce que ça donne une bourgeoise bien élevée… mais pas du tout coincée. Une vraie leçon de style et de vice, souffle-t-elle avec un sourire en coin, tout en ajustant sa chemise d'un geste lentement suggestif.
Elle descend les marches avec grâce, un frisson encore suspendu entre ses cuisses. Avant d'atteindre la porte, elle glisse dans son sac une petite fiole de parfum, vaporise une touche au creux de son cou, juste là où elle aime être embrassée. Elle ajuste lentement ses boucles d'oreilles, se regarde un instant dans le miroir du vestibule, et sourit à son reflet. Un sourire de femme qui sait exactement ce qu'elle s'apprête à offrir… ou à reprendre. Puis elle sort, le cœur battant sous sa chemise boutonnée trop sagement.
Kévin l'attend à l'arrêt de bus. Il porte un jean foncé, une chemise blanche repassée à la hâte, des baskets propres. Il se redresse en la voyant arriver, un sourire en coin déjà prêt. Il repense à son petit jeu de tout à l'heure, au moment où elle a perdu pied. Il l'a bien eue. Elle s'est tendue, déstabilisée, prise à son propre piège. Finalement, se dit-il en l'observant s'approcher dans sa tenue bourgeoise, il est facile de la surprendre. Et encore plus délicieux de la voir se reprendre avec autant de fierté. Il adore ça.
— Madame Lemoine ? plaisante-t-il.
— Présente, dit-elle en s'installant au volant avec une dignité étudiée, mais un éclat moqueur dans les yeux. Tu montes, jeune homme ?
— Présente, dit-elle en s'installant au volant avec une dignité étudiée, mais un éclat moqueur dans les yeux. Tu montes, jeune homme ?
Elle referme la portière d'un geste fluide, croise les jambes, effleure distraitement le volant. Kévin, déjà installé, jette un regard en coin, amusé.
Elle l'a surpris avec sa tenue, c'est certain, mais lui aussi n'a pas dit son dernier mot. Elle sent encore son regard glisser sur ses cuisses, sur sa chemise boutonnée jusqu'en haut. Elle l'a vu sourire, et elle sait pourquoi.
Elle l'a surpris avec sa tenue, c'est certain, mais lui aussi n'a pas dit son dernier mot. Elle sent encore son regard glisser sur ses cuisses, sur sa chemise boutonnée jusqu'en haut. Elle l'a vu sourire, et elle sait pourquoi.
Il repense à plus tôt, au moment où il lui a parlé du dîner. Elle avait vacillé. Juste un peu. Il avait vu le trouble, l'agacement, cette pointe de jalousie qu'elle avait tenté de masquer. Il se répète, satisfait : facile à surprendre. Et pourtant, elle revient toujours avec panache. Il aime ça. Ce jeu. Ce feu.
Sur le trajet, il ne peut s'empêcher de la dévorer des yeux. Sa posture, ses gestes précis, le parfum discret qu'elle porte, tout en elle est raffinement et mystère.
— Tu… Tu es vraiment entrée dans le rôle, souffle-t-il, admiratif.
— Quand je m'engage dans un rôle, mon cher, je le fais avec la rigueur et l'élégance que l'on attend d'une femme de mon rang, dit-elle en articulant chaque mot avec cette lenteur exagérée, cette façon très polie… très bourgeoise, de vous faire sentir légèrement en dessous. Elle tourne la tête vers lui, un sourire en coin. C'est une question de standing, voyons.
— Quand je m'engage dans un rôle, mon cher, je le fais avec la rigueur et l'élégance que l'on attend d'une femme de mon rang, dit-elle en articulant chaque mot avec cette lenteur exagérée, cette façon très polie… très bourgeoise, de vous faire sentir légèrement en dessous. Elle tourne la tête vers lui, un sourire en coin. C'est une question de standing, voyons.
Le restaurant est calme, raffiné. La lumière douce glisse sur les nappes blanches et les verres impeccablement dressés. Séverine s'installe avec grâce, croise lentement les jambes sous la table, laisse sa jupe glisser sur ses genoux, puis ajuste sa serviette d'un geste mesuré, presque théâtral.
Elle redresse le menton, prend un air faussement distant et, dans un souffle empreint d'une condescendance délicate, elle lance :
— J'ai longuement hésité avant d'accepter cette invitation, monsieur Kévin. Il faut dire que mes soirées sont généralement réservées à des cercles triés sur le volet... Mais j'ai jugé que votre reconnaissance, bien que tardive, méritait au moins d'être entendue et savourée, ajoute-t-elle en ponctuant sa phrase d'un regard appuyé, entre ironie et provocation.
Il joue le jeu.
— J'espère être à la hauteur de votre exigence, Madame Lemoine, dit-il en tentant de garder son sérieux.
Mais dès qu'il voit l'éclat théâtral de son regard, l'angle exagérément noble de son port de tête, il comprend : il est tombé dans un guet-apens. Elle joue la bourgeoise à fond. Et elle est brillante. Trop brillante.
Il tente de surenchérir, de trouver une réponse un peu plus relevée, mais tout lui semble fade comparé à la précision venimeuse de son ton, à la grâce étudiée de ses gestes. Ce dîner va être plus compliqué que prévu, pense-t-il en serrant les dents derrière un sourire poli.
Elle sourit. Leurs regards s'accrochent.
— Certains membres du jury, très respectables bien entendu, se sont d'ailleurs permis une interrogation d'ordre… technique, glisse-t-elle, le menton haut, les yeux brillants de malice. Votre matériel, monsieur Kévin, disons… cette pièce d'artillerie dont la réputation semble précéder votre talent a suscité quelques débats lors de la délibération.
Elle ne lui laisse pas le temps de réagir, enchaîne d'une voix posée, comme si elle lisait un procès-verbal : « Trop massif, difficilement logeable, peut provoquer gêne ou débordement dans des contextes restreints ». Je cite. Elle prend une gorgée de vin, le regarde par-dessus le bord du verre. Vous comprenez que nous devions… examiner cela de plus près.
Il tousse, surpris.
— Mon… matériel ?
— Votre pièce d'artillerie, disons, reprend-elle avec un aplomb exquis. Une certaine… ampleur a été soulevée. Il paraît qu'elle occupe un volume... disons, peu compatible avec les contenants standards. Un membre du jury, assez graphique, a même évoqué la notion de débordement structurel. C'est charmant, n'est-ce pas ?
— Votre pièce d'artillerie, disons, reprend-elle avec un aplomb exquis. Une certaine… ampleur a été soulevée. Il paraît qu'elle occupe un volume... disons, peu compatible avec les contenants standards. Un membre du jury, assez graphique, a même évoqué la notion de débordement structurel. C'est charmant, n'est-ce pas ?
Il étouffe un rire. Elle poursuit, imperturbable.
— À mon époque, les choses étaient plus simples. Mais aujourd'hui… Grand Dieu, on en fait tout un plat.
Elle penche la tête avec une lenteur étudiée, puis ses doigts fins viennent caresser distraitement le pied de son verre, comme s'ils traçaient une pensée lubrique sur le cristal. Un geste lent, un peu trop précis pour être innocent, et dans son regard, l'éclat d'un amusement calculé, presque indécent.
— On se demande même… comment cela peut tenir dans des formats si restreints. D'ailleurs, il m'a été rapporté — je tairai bien sûr le nom de la candidate, la décence m'y oblige — qu'une d'entre elles, visiblement pleine de courage, mais sans réelle préparation, a tenté l'introduction du… matériel… dans un orifice absolument non prévu à cet effet. Elle avait, semble-t-il, les yeux plus gros que le ventre. Résultat : abandon immédiat, renoncement complet, et une marche un peu raide pendant deux jours, si l'on en croit les bruits de couloir.
Elle éclate de rire, fière de sa rhétorique dévastatrice, ses épaules frémissant d'un plaisir évident à chaque sous-entendu placé avec une précision chirurgicale ?
Il est rouge pivoine. Mais ses yeux brillent. Il comprend qu'elle s'amuse. Qu'elle le provoque. Et qu'elle lui en veuille, juste un peu, de l'avoir fait douter.
— Mais dites-moi, jeune homme, dans la vie courante… un tel instrument ne pose-t-il pas problème ? demande-t-elle soudain, les coudes élégamment posés sur la table. N'est-ce pas… encombrant ? Voire dangereux ? Vous devez provoquer de nombreux accidents…
Il bafouille un peu, pris de court, cherche une contenance.
— Euh… non, enfin… je fais attention, disons. Ce n'est pas… ce n'est pas comme si j'avais des incidents tous les jours, répond-il, mal à l'aise, les joues rouges, mais incapable de détacher ses yeux de la femme brillante et provocante qui se joue de lui avec tant d'aisance.
Il admire son jeu. Elle est trop forte.
Ils sortent du restaurant. Un coup de tonnerre gronde. Puis la pluie s'abat brutalement sur la ville.
Ils sortent du restaurant. Un coup de tonnerre gronde. Puis la pluie s'abat brutalement sur la ville.
— Vite ! crie-t-il. Là, sous le porche !
Ils s'abritent, essoufflés, riant comme deux enfants. La pluie tambourine autour d'eux, les éclabousse encore par vagues. Kévin commence à être trempé, sa chemise colle à son torse, dessinant les lignes de ses muscles sous le tissu. Séverine frissonne légèrement, son regard glissant furtivement sur lui. L'orage, dehors, n'est plus qu'un murmure comparé à la tension qui s'épaissit entre eux.
— Cette foutue pluie…
Un petit local de service, à peine éclairé, semble ouvert juste à côté. Ils entrent, referment la porte derrière eux. La lumière est tamisée, les gouttes tambourinent au-dehors.
Elle s'approche de lui, droite comme une présidente de conseil, les bras croisés, l'air outré.
Elle s'approche de lui, droite comme une présidente de conseil, les bras croisés, l'air outré.
— Non, mais… enfin, voyons, jeune homme, que faisons-nous dans ce lieu sordide ? Ce local humide, sombre, exigu… absolument pas adapté à mon rang ! s'exclame-t-elle avec toute la solennité d'une grande bourgeoise surprise hors de son domaine. Je vais devoir appeler mon chauffeur immédiatement.
Elle regarde autour d'elle avec un mépris parfaitement étudié, puis se tourne à nouveau vers lui, les yeux plissés d'un soupçon accusateur.
— Ou peut-être est-ce votre plan depuis le début… m'isoler, me compromettre… Abuser de ma dignité ?
Elle le fixe, le dévore du regard, s'approche encore.
— Après tout, un petit polisson comme vous doit bien être distrayant dans ce genre d'endroit. Non ?
— Tu sais, commence-t-elle, d'un ton doucereusement pincé, il paraîtrait que Madame Lemoine… a pour habitude d'offrir un petit amuse-bouche aux élèves les plus prometteurs. Une attention toute personnelle, bien entendu, et toujours très… discrète.
— Tu sais, commence-t-elle, d'un ton doucereusement pincé, il paraîtrait que Madame Lemoine… a pour habitude d'offrir un petit amuse-bouche aux élèves les plus prometteurs. Une attention toute personnelle, bien entendu, et toujours très… discrète.
Elle accentue chaque mot comme s'il s'agissait d'un article de salon très onéreux. Son menton se relève, ses yeux le toisent à mi-hauteur.
— Après tout, il est essentiel de récompenser la performance, n'est-ce pas ? Cela fait partie de mes fonctions. De la bienséance, même. Il serait si malvenu de laisser un élève aussi… remarquablement équipé… repartir sans reconnaissance adaptée. Ce serait contraire à toute forme de justice académique.
Elle marque une pause, le fixe d'un air faussement impérieux, et poursuit dans un souffle chargé d'arrogance théâtrale :
— Ne vous méprenez pas, jeune homme. Ce n'est pas par caprice. C'est une nécessité. Une exigence de rang. Et puis, entre nous… un petit polisson aussi prometteur mérite bien une petite distraction, non ?
Il la regarde, médusé. Elle glisse un doigt le long de son torse, le fait descendre lentement jusqu'à sa ceinture.
— Vous êtes bien silencieux, mon cher. Serait-ce cette pluie indécente ou bien l'envie qui vous a ravi la parole ? Ou peut-être suis-je simplement trop impressionnante pour votre jeune imagination ?
Elle penche la tête, un sourire presque cruel au coin des lèvres, sa main droite venant se poser avec raffinement sur sa hanche.
— Madame Lemoine aime jouer, vous savez. Et vous me semblez… tout à fait apte à rendre la partie divertissante. Ne me décevez pas, jeune homme.
Elle marque une pause, caresse distraitement la ligne de sa mâchoire du bout de l'index, puis ajoute dans un murmure faussement détaché :
— D'ailleurs… je n'ai pas pris de dessert au restaurant. Il me faut bien un petit amuse-bouche à me mettre sous la dent. Et vous…
Elle incline légèrement la tête, les lèvres en une moue ironique. — Mais voyons, ce n'est qu'un jeu, n'est-ce pas ? Madame Lemoine aime jouer. Et vous avez l'air… d'un partenaire tout à fait prometteur.
Elle baisse lentement les yeux, pointe un index élégant en direction de son entrejambe, comme s'il s'agissait d'une pièce exposée derrière une vitrine.
— Mais dites-moi, cette réputation flatteuse que vous trimbalez… est-ce fondé ou n'est-ce qu'une légende urbaine montée en graine ? Il est toujours préférable, vous savez, de tâter la marchandise avant de s'en faire tout un plat.
Elle sourit, presque affectueusement, mais son regard brûle d'ironie aristocratique. Elle penche la tête, comme une curieuse venue évaluer la qualité d'un objet rare.?
Elle déboutonne son pantalon avec un mélange d'application et de maladresse feinte, comme une bourgeoise un peu coincée qui s'essaie à un geste scandaleusement osé. Son regard papillonne un instant, comme si elle hésitait à poursuivre, puis, dans un petit rire nerveux, elle laisse glisser le pantalon.
En découvrant qu'il ne porte pas de boxer, elle écarquille les yeux avec une surprise à peine exagérée, une main portant aussitôt un doigt à ses lèvres en une expression outrée, ravie, presque choquée.
— Oh… Mon Dieu… souffle-t-elle entre deux gloussements, en portant une main choquée à sa poitrine comme une héroïne de salon prise de court.
Ces jeunes… ils n'ont décidément plus aucune pudeur !
Elle laisse échapper un petit rire étouffé, entre la surprise feinte et la jubilation sincère, son regard oscillant entre la comédie d'une bourgeoise outrée et l'excitation d'une femme en train de se dévergonder joyeusement.
— Oh… Mon Dieu… Les rumeurs étaient donc fondées. Quelle… audace. C'est… appétissant.
Elle tend la main vers son sexe comme une bourgeoise effarouchée découvrirait un objet d'art rare derrière une vitrine interdite. Ses doigts, d'abord hésitants, effleurent la peau avec une précaution exagérée, comme si elle touchait un cristal ancien ou une relique scandaleuse.
Mais très vite, l'émoi la gagne. Ses joues rosissent, un petit rire glisse entre ses lèvres. — Mon Dieu… Ce n'est tout de même pas le genre d'objet qu'on croise dans les salons de thé, murmure-t-elle, aussi émoustillée que moqueuse. Et dire que je m'ennuyais tant ces derniers temps…
Elle s'accroupit lentement, dans un mouvement presque cérémoniel, comme si elle exécutait une révérence dans un bal d'ambassade. Sa main s'avance, avec cette retenue charmante qu'ont certaines bourgeoises à l'heure de toucher une soie rare ou un bijou inestimable. Elle effleure son membre dressé du bout des doigts, comme pour s'assurer que l'objet est bien réel, puis le caresse avec une lenteur étudiée, savourant chaque frémissement, chaque réaction.
— Mmm… soupire-t-elle, un sourire ravi aux lèvres. Voilà qui change des services à thé et des petits fours glacés.
— Une pièce d'artillerie, effectivement, souffle-t-elle, la voix mielleuse. J'en connais, dans mon cercle, qui auraient eu bien du mal à le manipuler sans trembler…
— Une pièce d'artillerie, effectivement, souffle-t-elle, la voix mielleuse. J'en connais, dans mon cercle, qui auraient eu bien du mal à le manipuler sans trembler…
Elle incline la tête avec une gravité presque compassée, puis éclate d'un petit rire étouffé, mi-perplexe, mi-jubilatoire.
— Enfin… il faut reconnaître que cela change agréablement des entretiens feutrés sur la porcelaine de Sèvres et la température du Darjeeling.
Quelle audace… et quelle distraction délicieuse.
Sa langue glisse contre la peau, lente, chaude, presque précieuse, comme si elle savourait un dessert raffiné interdit aux gens du monde. Puis, avec une componction délicieuse, elle le prend en bouche, lentement, profondément, comme une bourgeoise curieuse qui goûte pour la première fois à un mets exotique dont on lui a tant vanté les vertus.
Sa langue glisse contre la peau, lente, chaude, presque précieuse, comme si elle savourait un dessert raffiné interdit aux gens du monde. Puis, avec une componction délicieuse, elle le prend en bouche, lentement, profondément, comme une bourgeoise curieuse qui goûte pour la première fois à un mets exotique dont on lui a tant vanté les vertus.
Ses gestes conservent une élégance précieuse, presque cérémonieuse, mais ses yeux, eux, trahissent une gourmandise vive, émoustillée par la transgression. Elle le déguste autant qu'elle le découvre, comme on explore un caprice sensuel caché derrière les conventions.
Elle joue, elle s'amuse. Mais ce soir, c'est une bourgeoise sans filtre qui s'abandonne. Sa langue tournoie, s'enroule avec délice autour de ce sexe chaud et épais, et dans sa bouche, elle en découvre les contours avec une fascination trouble, presque avide. Elle n'a jamais goûté pareille sensation, et son plaisir monte en elle comme une ivresse qu'elle n'avait jamais osé s'offrir. Elle alterne lenteur gourmande et pulsions plus audacieuses, se grisant de l'étrangeté délicieuse de l'acte, du poids, de la chaleur, du goût.
Ses lèvres se referment, s'ouvrent, sa respiration s'accorde à la sienne. Elle n'est plus madame de quelque chose, elle est cette femme, libre, agenouillée, tremblante d'un plaisir qu'elle ne comprend pas tout à fait, mais qu'elle accueille avec un abandon raffiné. Il gémit, se cambre légèrement, les mains contre le mur humide. La pluie couvre tout. Elle continue, captivée, dévorée d'une joie nouvelle et interdite.
— Vous me dites quand c'est le moment, chuchote-t-elle entre deux mouvements, le souffle un peu plus court. Ce serait dommage de gaspiller un élixir aussi prometteur… Madame Lemoine ne gâche jamais un millésime.
Elle se redresse légèrement sans quitter sa position, posée à genoux sur le sol froid, les cuisses serrées, les mains posées avec une élégance étudiée sur ses genoux, comme une dame bien née qui aurait glissé dans une scène qu'elle n'aurait jamais osé imaginer. Son dos droit, son menton légèrement levé malgré l'acte, elle conserve une dignité presque irréelle dans sa position de soumission feinte.
— C'est bien la première fois que je me retrouve dans cette posture… le tube à la bouche, ajoute-t-elle avec un sourire moqueur dans la voix. Mais c'est… étonnamment grisant, souffle-t-elle avant de reprendre avec plus d'ardeur, ses yeux brillants de désir et d'amusement.
Il se raidit. Elle l'aspire plus fort, plus profondément, avec une ardeur nouvelle, comme si toutes les règles de bienséance s'étaient effondrées dans ce local humide. La bourgeoise raffinée s'abandonne, grisée par le goût, la texture, l'épaisseur chaude qui emplit sa bouche. Elle gémit presque, happée par l'intensité de la sensation.
Puis, dans un mouvement fluide, elle relâche lentement sa prise, descend un peu, laisse sa langue caresser la base, puis s'aventure plus bas encore. Ses lèvres, précises, viennent aspirer une à une ses boules tendues, les lécher avec un soin gourmand, le regard levé, planté dans le sien.
— Il faut savoir… murmure-t-elle dans un souffle, la voix plus rauque, presque chavirée, si la bourgeoise peut, elle aussi… donner et recevoir du plaisir. Et croyez-moi… je donne très bien.
Puis, avec une lenteur presque cérémonieuse, elle retire le membre de sa bouche, les lèvres encore humides, les joues délicatement rosées. Elle le tient un instant dans sa main, le contemple comme on admire un objet de collection rare.
Avec une malice d'aristocrate dévergondée, elle le caresse du bout des doigts, puis tapote doucement le gland contre sa joue, sa tempe, son menton, dans un rituel presque irrévérencieux.
— J'ai des amies, glisse-t-elle avec un sourire faussement innocent, au club de lecture et au salon de thé, qui jurent que cette pratique… a des vertus insoupçonnées. Il paraît que ça efface les rides. Et comme tu peux le voir, je suis très soucieuse d'entretien du teint.
Elle rit doucement, les yeux brillants de fierté et d'un plaisir presque juvénile d'avoir franchi les limites de son propre monde.
— Séverine… Je…
Elle ne s'arrête pas. Au contraire, elle redouble de ferveur, aspirant plus fort, plus profond, comme une bourgeoise déchue qui goûte enfin à l'interdit avec une joie fébrile. Grisée, elle retire sa bouche dans un souffle chaud, saisit le membre entre ses doigts fins, et vient doucement le caresser contre sa joue. Puis elle le tapote avec une lenteur presque espiègle, comme une coquette sûre d'elle.
— Tu sais, souffle-t-elle avec un regard brillant de malice, certaines de mes amies du salon de thé prétendent que cette pratique a des vertus étonnantes. Il paraît que ça efface les rides.
Elle rit, puis reprend sa caresse buccale, le regard rivé au sien, plus profond encore, plus avide. Elle veut le voir perdre le contrôle, céder entre ses lèvres comme un hommage à son audace. Et l'instant d'après, il jouit. Longuement. Dans sa bouche.
Elle accueille le premier jet avec une précision gourmande, puis recule légèrement, bouche grande ouverte, les yeux brillants d'audace. Elle tient sa langue comme un écrin, bien en vue, pour lui montrer : la bourgeoise n'est décidément pas coincée. Mais d'autres salves viennent par saccades, inattendues, et la surprennent sur la joue, le menton, même la poitrine.
Elle éclate de rire, chaviré entre fierté et abandon, puis, dans un geste théâtral, elle ferme lentement la bouche, avale avec délice, puis s'essuie les lèvres du bout des doigts, toujours aussi digne dans sa posture agenouillée.
— Il fallait bien que je vérifie si la réputation était méritée… souffle-t-elle, le regard encore trouble, en redressant légèrement le buste, comme une reine après un triomphe sensuel.
Puis, elle cligne des yeux en constatant les dégâts. Elle lève la main, constate une goutte sur sa joue, une autre sur sa tempe. Le menton aussi. Même sa poitrine n'a pas été épargnée.
— Non, mais regardez-moi ça ! Vous en avez mis partout ! s'exclame-t-elle, faussement outrée, comme une bourgeoise découvrant du champagne sur un rideau en soie.
Elle s'essuie le visage du bout des doigts, puis passe les mains dans ses cheveux, l'air indigné. Enfin, elle regarde sa jupe.
— Oh non… pas ma robe. Celle-là m'a coûté une petite fortune. J'espère que votre… produit n'est pas tachant. Je ne me vois pas expliquer l'origine exacte de cette trace au pressing demain matin. Je vais devoir envoyer une de mes servantes. Pff...
Elle le fixe, croise les bras, joue l'indignation avec panache.
— Franchement… vous manquez cruellement de tenue. Et vous maîtrisez très mal votre arme, jeune homme.
— Voilà, dit-elle avec un sourire satisfait, tout en reprenant un semblant de tenue. Madame Lemoine vous félicite pour vos performances. Vous avez… largement dépassé les attentes.
— Voilà, dit-elle avec un sourire satisfait, tout en reprenant un semblant de tenue. Madame Lemoine vous félicite pour vos performances. Vous avez… largement dépassé les attentes.
Elle redresse légèrement le menton, mais ses yeux brillent d'un éclat narquois.
— Quant à cette personne dont je ne peux toujours donner le nom — discrétion oblige — une dame très connue en ville, je commence à croire qu'elle avait peut-être raison. Vous m'avez littéralement écarté la mâchoire avec votre… engin. Vous devriez envisager un régime, jeune homme.
Elle lève un sourcil, pince les lèvres, puis regarde autour d'elle, l'air à la fois hautain et légèrement désabusé.
— Et cette petite aventure… Mon Dieu, dans ce local digne d'un film d'horreur… Où sont les tapisseries ? Les moulures ? Le parquet en chêne ciré ? Elle soupire. Cela dit, malgré ce cadre parfaitement inadapté à mon rang, je dois admettre que ce petit plaisir m'a procuré… quelques émotions inattendues.
Elle croise les jambes avec une élégance retrouvée, puis ajoute dans un souffle :
— Mais cela doit absolument rester entre nous. Je ne tiens pas à ce que mon club de lecture apprenne que je me suis agenouillée ailleurs que devant un buffet Louis XVI.
Dehors, l'orage s'éloigne. Le silence retombe.
Leurs pas résonnent sur le trottoir encore humide, accompagnés du claquement régulier des talons de Séverine. Un silence léger flotte entre eux, jusqu'à ce qu'elle feigne soudain la surprise, l'air pincé d'une bourgeoise indignée.
— Oh, Kévin ! Tu es sorti du restaurant ? Alors, cette soirée avec Madame Lemoine, la bourgeoise coincée du cul, c'était comment ?
Il éclate de rire, mais garde son sérieux juste assez longtemps pour répondre d'un ton faussement grave :
— Je ne peux rien dire. C'est confidentiel. Ça doit rester entre elle… et moi.
Séverine s'arrête net, se tourne vers lui, les bras croisés, l'air outré :
— Quoi ? Tu ne comptes pas me dire ce qu'il s'est passé ? J'ai droit à des explications. Tu t'imagines que je vais avaler ça sans réagir ?
Kévin la regarde, les yeux pétillants de malice.
— Tu sais quoi ? J'ai encore très envie de sortir avec Madame Lemoine.
Ils se regardent une seconde, et éclatent de rire ensemble, leurs corps se rapprochent, et sans réfléchir, ils s'embrassent, le sourire encore accroché aux lèvres, comme deux complices d'une pièce improvisée dont ils ne veulent plus sortir.
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Sauf erreur de ma part, on a jamais eu d'information sur son âge dans les différents épisodes...