Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Minet de mon patron — Chapitre 1 · Un patron sympa
Auteur·e
Minet de mon patron
Chapitre 1 · Un patron sympa
Nous sommes en septembre 1992. J'ai atteint mes dix-huit ans en juillet dernier. Je suis à ma seconde et dernière année de collégial, en préparation pour mes études universitaires l'an prochain. Étant loin de chez moi, je partage un appartement modeste près du collège avec un ami d'enfance et sa copine. Mes parents m'aident pour ma part de l'appart et je travaille dans un restaurant le week-end durant la période scolaire et à plein temps l'été depuis quelques années.
Mon boulot consiste à débarrasser les tables et aider les serveuses et serveurs dans leurs tâches. À la fermeture je m'occupe du ménage de la salle à manger et prépare les tables pour le déjeuner du lendemain matin. Le travail est exigeant mais l'ambiance avec les collègues est très conviviale. Reconnu pour être plutôt réservé, j'aime malgré tout plaisanter avec les collègues. D'ailleurs, ils m'ont bien démontré leur appréciation en juillet, me faisant une surprise-party pour souligner mes dix-huit ans, marquant ainsi ma majorité. Cette grande marque d'attention m'avait beaucoup touché. Ce côté réservé de ma personne est dû à une timidité que je dirais presque maladive. Depuis ma jeunesse, j'étais conscient de ma différence. Je ne m'identifiais ni aux garçons, ni aux filles. À l'adolescence je me sentais autant gars que fille. Ma façon de m'habiller était tout aussi ambivalente. Si bien que, par protection, j'avais plutôt tendance à m'isoler, mon meilleur ami étant ce gars que je connais depuis ma plus tendre enfance, qui est aujourd'hui mon coloc, et que j'ai toujours aimé mais à qui je n'ai jamais avoué mon attirance, de peur de perdre sa précieuse amitié. Le temps m'a donné raison. Ce gars est le plus grand tombeur de filles que je connaisse. Au début, ça me crevait le cœur chaque fois que je le voyais avec une nouvelle conquête féminine. Un jour, il me posa la question : est-ce que je préférais les gars ou les filles ? Il ne fut pas du tout surpris de savoir que j'étais homosexuel. Mais je ne lui avouai jamais l'amour que j'avais pour lui. Aujourd'hui, lui et sa copine sont mes meilleurs potes. Ils m'ont aidé à accepter qui je suis. Ma nature efféminée et mon apparence physique ne sont plus mes ennemies. Mes 1,72 m et 57 kg, mon corps svelte et délicat sont devenus mes alliés, plus mes ennemis. Il ne me reste maintenant qu'à surmonter cette timidité, malheureusement devenue naturelle chez moi. Je n'ai pas encore connu l'amour mais je reste maintenant ouvert aux opportunités.
Je remarque que depuis que je ne cache plus mon corps en portant des vêtements amples, les hommes... surtout matures semblent bien apprécier la vue de mon petit cul dans un jean moulant. Je réalise que ma longue silhouette les inspire. Pour ma part, je découvre que ces hommes ne me laissent pas indifférent. Ce déclic est venu avec mon patron. Son style, son attitude me plaisent. Paul est un homme de mi-cinquantaine. Il est marié, père de famille. Une épouse gentille, un gars et une fille de vingt-cinq et vingt-huit ans. Il est investisseur dans le monde des affaires. Il vient souvent au resto les samedis soir pour s'occuper de la paperasse. C'est un homme sympathique, toujours un beau sourire, un bon mot pour motiver les troupes. Il semble être un homme chaleureux. Quand je suis à la station pour mettre des petits pains au réchaud, ou préparer une carafe de café pour rendre service aux serveuses, et qu'il passe derrière moi, il pose une main sur mon épaule ou dans le dos en me saluant. Si je suis seul, en prenant de mes nouvelles il passe un bras autour de ma taille, posant sa main ou un simple effleurement sur ma hanche, ce qui me donne des papillons dans le bas du ventre. Cette proximité me permet de sentir son parfum. Une odeur épicée, très mâle et viril. J'aurais juste envie de me tourner la tête, coller mon nez sur sa peau et humer son odeur en déposant un baiser dans son cou. Ce court moment s'éternise dans ma tête et quand il s'éloigne, mon regard ne peut quitter sa silhouette de dos. Ce corps n'est pas celui d'un athlète mais on voit que c'est un homme mature qui se tient en forme. Je sens alors un début d'érection dans mon pantalon. Vite, je dois chasser ces images de ma pensée.
Comme d'habitude, après avoir terminé de passer l'aspirateur, je m'apprête à quitter. Il est près de minuit. Tout le monde a déjà quitté. Paul est assis au bar, une bouteille de rouge ouverte sur le comptoir. Un verre de vin devant lui, il est plongé dans ses livres à faire les comptes.
— Paul, j'ai terminé ! Est-ce que tu peux venir barrer derrière moi ?
Absorbé dans ses livres, il met du temps à répondre.
— Euh, oui je viens ! Mais, euh... Dis-moi, as-tu le temps de prendre un verre de vin ?
Son invitation me surprend. Le cœur me palpite.
— Bien, euh... Oui, j'veux bien merci !
— Cool ! Viens t'asseoir, on va jaser un peu !
— Cool ! Viens t'asseoir, on va jaser un peu !
Je marche vers lui, dépose mon manteau sur le comptoir pour m'asseoir à côté de lui pendant qu'il étire le bras pour prendre un verre et le remplir. Il me tend le verre en souriant, me transperçant de ses beaux yeux bleus, et lève le sien.
— Cheers mon beau Joël !
— Merci Paul ! Cheers !
— Merci Paul ! Cheers !
Puis nous commençons à discuter de choses banales du quotidien en dégustant notre verre de vin, que je bois assez vite. Nous sommes à proximité. Encore une fois, l'odeur de son parfum me gagne. Assis sur mon banc, je ne cesse de le faire pivoter de gauche à droite, trahissant ma gêne. Paul remplit nos verres à nouveau en posant sa main sur ma cuisse.
— Tu es nerveux ! Est-ce moi qui te gêne ?
Il me donne mon verre et lève le sien.
— À ta santé ! Merci de m'accompagner !
— Merci à toi pour l'invitation, c'est gentil !
— Merci à toi pour l'invitation, c'est gentil !
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