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Effeuillage à la lueur des chandelles

Chapitre unique

(Quelques vers)

Erotique

Ce texte était une dette que j’avais depuis quelques mois envers certains poètes du site. J’ai trouvé plus à propos de le publier ici, en espérant que vous pousserez sa lecture jusqu’où il vous semblera agréable. Mais ne forcez pas, les alexandrins n’ont pas vocation à faire le plaisir de tous. tes.



Est-il bien vrai, Ami, que si je suis venue

En vers dans cet écrit, c’est pour m’y montrer nue...?

Merci d’avoir saisi mon invitation,

Et de m’offrir tes yeux en cette narration.

Je te l’avais promise et la chose est ardue,

Mais elle fut promise... alors la chose est due.


Auparavant, pourtant, de t’écrire la chose,

Un pacte est nécessaire et je te le propose :

Tu vas me lire nue comme l’antique marbre

Qu’on dispose en nos parcs sous le secret d’un arbre,

Et si j’accepte, Ami, que ton regard me vole,

Pas touche, c’est compris ? Donne-moi ta parole...


J’en viens à cette scène, à présent, si tu veux.

Il se peut que j’y fasse un, trois ou quatre aveux

De ce qui touche au cœur de mon anatomie,

Et si je m’y engage en toute autonomie,

C’est parce que j’ai confiance en ta galanterie.

A présent, commençons notre cachotterie...


Une chambre, dans l’ombre... Il n’est que la lueur

Des bougies, la baignant de leur tiède pâleur ;

Il n’est que le reflet de leur clair dans la glace ;

Que le luth, dont le chant résonne dans la place,

Pour faire tant soit peu se donner à tes yeux

La scène qui s’apprête à s’ouvrir en ces lieux...


Dans un angle, tout près du théorbe et des flûtes,

Une athénienne, d’où s’élèvent les volutes

De la fumée d’encens que consume un charbon.

L’air, de rose et de myrrhe envahi, se fait bon...

A peine encor sens-tu l’odeur des boiseries

Qui couvrent tous les murs entre les draperies.


Près de toi, un fauteuil, tapissé de brocart...

Assois-toi... Et tout proche, à moins d’un pas d’écart,

Ce verre de cristal que tu vois déposé

Sur le bas guéridon, n’est pas plein de rosé,

Non... C’est un vin de pêche ; il vient de mon verger :

De sa douceur fruitée laisse-toi submerger...


Mais bois-le doucement, tout doucement, ce vin :

La nature te l’offre, et c’est un don divin...

Ta descente peut-être est assez endurcie ?

J’ai laissé à côté le flacon... Apprécie...

Ce pot qui l’accompagne est plein de quoi fumer...

Si tu aimes, sers-toi, et te laisse embrumer...


Devant toi (qui te sens, je l’espère, à ton aise),

Rideaux tirés, est un lit à la polonaise.

Ne fais pas, s’il te plaît, ce visage rieur :

Sérieux - Ou je reste, ici, à l’intérieur.

Là... Voilà... Laisse-moi de douceur t’enivrer...

C’est d’elle que je viens, Ami, pour me livrer.


Lentement, une main, puis un bras, s’aventurent

Entre les blancs rideaux qui ton regard capturent...

Un cercle du poignet, la paume vers les cieux...

(C’est ainsi qu’on salue chez les nymphes, Messieurs)

Puis, un cordon tirant, cette main gracieuse

Ouvre à tes yeux une vue bien délicieuse...


Alanguie de côté sur un lourd matelas,

Deux coussins sous le buste, en un mouvement las,

Je repose mon bras au-dessus de ma tête...

Et ton œil plonge enfin sur cette silhouette.

Adouci par le vin, il goûte des appâts

Que ta bouche, sans doute, aimerait pour repas.


La lanterne du dais, tombant dans sa clarté,

M’expose au jugement de ton goût ; la beauté,

Dit-on pas, est dans l’œil de celui qui regarde :

A toi de voir ou ne pas voir ce que j’en garde

D’adolescence, avec ce qui me fait adulte ;


Et de vouer ou non à la jeunesse un culte.



Si tu lis bien, peut-être y lis-tu cette terre

De ma naissance, inscrite en ma mine altière,

Sur ce visage, à la pâleur de porcelaine,

Sur la prompte pommette où s’empourpre ma veine,

Comme pour joindre entre eux les points de ma rousseur,

Reflétée dans le champ d’une blonde douceur...?


Avec elle, lis-tu ce bleu où tu te noies,

Ces océanes baies qui teintent ce minois ?

La langue de mon sang ne connaît qu’un seul mot

Pour dire les deux tons dont se pare le flot,

Or, comme lui, mes yeux, selon le temps et l’heur

Du bleu, du vert, ne font qu’une seule couleur...


Que dire de ma bouche ? Je ne sais, ou alors,

Qu’on m’a donné ici un mot ; et depuis lors,

L’amoureux, reprenant et le mot et l’image,

— Pensant déjà qu’un rouge à lèvres m’est dommage

Et m’aimant volontiers sortie sans être peinte -

Dit que j’ai une bouche à n’être pas enceinte...


Imagine-la donc, Ami, comme il te plaît,

Mais ne la pense pas coulante d’aucun lait,

Au risque de te prendre au jeu de ta pensée,

Et que ta chose soit, soudain, toute engoncée,

Gonflée comme ma lèvre ; moins molle, assurément...

Mais lâche cette image, et mate, sagement.


Sous cette bouille d’ouest, vois plutôt mon menton,

Qui t’indique la voie et te donne le ton

Descendant doucement de ma bouille à ma gorge,

Sans te contrarier d’un balcon qui regorge

D’une paire de joies que tu ne peux point voir...

Une gorge sur toi n’a-t-elle aucun pouvoir ?


Faut-il te la décrire ou ne pas t’allécher ?

Qu’importe, qu’à ta vue elle aime se cacher

Si l’esprit te la peint d’une telle façon

Que tu sentes mon sein, et mon sein le frisson...

Il est - son pair aussi - plus blanc que ma blancheur,

De ce teint tout de pluie, de secret, de fraîcheur,


Et son galbe, dans sa trop précoce nature,

A souligné chacun de fine vergeture,

Gracieuse, dit-on, assez belle et bien lisse,

Comme riante, espiègle, en souris de malice.

Sans peine, tu pourrais, d’un doigt par trop tenté,

Des vaisseaux affleurants suivre le fil bleuté,


Et guère plus d’effort ne te serait utile

Pour sentir de ce doigt la saillie trop subtile

Dont mes tétons sont faits qui n’ont une épaisseur

Qu’investis du plaisir ou du froid agresseur,

Pourvu qu’ils sentent bien la morsure d’Éole

Et qu’en rougisse assez ma pâlotte aréole...


Mais cela t’est caché. La pudeur te dispense

D’avoir à y glisser le membre auquel je pense.

Regarde plutôt, là, tandis que je me tourne

D’un quart, au matelas où mon ventre séjourne,

Regarde si ma taille aurait entre tes bras

De quoi tenir, sous cette robe, sur ces draps...?


Vois-tu, je l’eusse mieux aimée plus pleine et forte,

Être proportionnée de plus joyeuse sorte,

Mais c’est ainsi : au matin, Dieu, qui me croqua,

S’appliquait ; mais au soir, de croupe il m’escroqua,

Et ne me donnant point de fesse qui abonde,

Il n’eut que le seul soin de me la faire ronde.



Heureusement, la jambe qui la suit est assez nette,

Le trait en est plus plein, la courbe plus honnête ;

Mais tu la vois : elle dépasse avec ma cuisse...

Se pourrait-il qu’un peu je montre, et que je puisse,

Saisissant le bas-bord brodé de ce jupon,

L’exhiber à ton œil malicieux de fripon ?


As-tu le goût des pieds, qu’ainsi tu y descendes ?

Autant pour moi... Remonte, et... Que vois-je ?... Tu bandes ?

Inutile, oh ! Ami, de glisser ton envie

Par tes yeux, à l’endroit d’où provient toute vie,

Car la vue t’est celée de mon intimité...

Pardon ?... Dis-tu ?... Tu t’y sens pourtant invité...?


Fi de ton sentiment ! Il faudra t’en tenir

A l’ultime tableau que j’ai tort de venir

T’en faire, et apprécier de loin son apparence,

Sa douceur, sa moiteur, sa tiédeur... Je commence ?

Ainsi, pour commencer, imagine-la douce :

Le féminisme, qui me tient et qui m’y pousse,


Aurait tôt fait, quand l’Amour ne le baillonnât,

De dire à ma blondeur qu’elle s’y rayonnât !

Mais ce fût sans compter sur ma tête mutine,

Qui me dit : "Azilis, quand sa bouche butine

Ces lèvres, les trouvant pluvieusement émues,

Ne veux-tu lui offrir toutes lisses et nues ?


N’as-tu plus grande joie, lorsqu’il lèche ta fente,

De te sentir encor comme une adolescente ?"

A voir naître à ton corps quelque bosse convexe,

Me renvoies-tu encor au rang de faible sexe ?

La faiblesse, plutôt qu’en ma lascivité,

Je la trouve assez bien dans ta virilité,


Ami, et plus encor : qu’en est-il de ta fièvre,

Si j’écris combien molle est ma plus grande lèvre,

Combien s’y cache entier, hormis sa rose pointe,

Le tendre clitoris dont elle est la conjointe ?

Sauras-tu t’empêcher de retrousser ma robe,

Si je t’avoue, lorsque de bruine elle s’enrobe,


Que ma lèvre, s’ouvrant sur une plus petite

— A la seule pensée du désir qui t’habite -,

Cette lèvre est plus fine, et sa ligne inégale

Semble une jeune fleur dont elle est le pétale ?

Il faudra bien, pourtant, t’en empêcher... Sois sage,

Car l’Amour consacra mon corps sur son passage.


Or donc, rideau. Fin de la scène. Fin de l’acte.

Si tu permets, Ami, tenons-nous-en au pacte

Sur lequel s’est ouvert le tableau que tu lus,

Et n’allons plus avant. Ne me regarde plus.

Il faut bien un moment où s’impose le terme,

Un moment où mon lit lentement se referme,


Où la flamme s’étouffe sur chaque bougeoir,

Où la bouteille est vide, où se dire "bonsoir"...

Je quitte ta présence aussi discrètement

Que j’y vins. Mais je t’offre, aussi secrètement,

Pour n’avoir d’aucun geste entrepris de léser

Mon homme, sur ta joue, ce délicat baiser.

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