Mes chers zamis, [NDLR : vous avez remarqué je n’emploie pas le langage dévoyé que voudraient nous imposer les wokes, car chez moi l’accord respecte la grammaire officielle : j’utilise le masculin pluriel même s’il n’y a qu’un seul porteur de couilles testicules égaré au milieu de dix mille détentrices d’ovaires en ordre de marche], mes chers zamis, disais-je donc, puisque nous sommes entre nous – gens de bon goût – et loin des zimportuns, je tiens à vous parler CULture. Cette idée m’est venue il y a quelques minutes alors qu’installé sur le trône en train de déféquer (ben quoi… je suis un homme, même si les apparences sont contraires) je relisais un article de l’illustre Cavanna – celui qui a grandement contribué à m’éclaircir les boyaux de la tête quand j’avais votre âge, jeunes gens – qui relate la célèbre émission où la télévision de l’époque (1978) l’avait réuni avec le non moins immense Bukowski sur le plateau d’Apostrophes sous le regard bienveillant de Bernard Pivot pour un débat sur l’art. Voici ce qu’en dit mon Rital préféré :
« Le poète génial archi-bourré devant la France assoiffée de culture, c’est – je n’ironise pas – grandiose. Les profs de lettres et les tout-un-chacun admettent avec grande largesse d’esprit que le poète se saoule la gueule. Se pique, se schnouffe, dégueule, se chie dessus, se coupe l’oreille, encule, se fasse enculer… Comprend, Monsieur Tout-un-Chacun, vachement. Encourage. Pas de poésie sans excès, c’est bien connu, pas d’art sans turpitude, la sublime beauté pousse sur le fumier, le génie c’est l’anormal, tout ça tout ça tout ça, bon, si on veut de l’art, et de la belle, faut que l’artiste se vautre dans la merde, faut ce qui faut, on mégote pas, Baudelaire se saoulait au gros rouge (l’opium le rendait malade, le vantard), Flaubert était épileptique, Maupassant érotomane et vérolé, Artaud grimpait aux murs, Verlaine suçait des queues de rimbaud trempées dans l’absinthe, moyennant quoi ces spécialistes sécrétaient de la culture pour lycées et collèges, la beauté leur jaillissait comme d’un tube de dentifrice, ça fait que nous les normaux les pas névrosés les pas vicelards les ceux qui savent goûter sans abuser on se déguste les sublimes beautés écloses sur la turpitude, le cul calé dans les coussins, le verre de Chartreuse au creux de la paume. Les pages de « La Pléiade » ne suintent pas le dégueulis d’ivrogne sur le rayon d’honneur de la bibliothèque, les poèmes sont essuyés avant reliure. Un poète alcoolo, ça poétise parce que alcoolo. Ça aurait peut-être pu sans, mais bon, il est comme ça, plus le moment de démêler les effets des causes, si tu lui coupes le tutu il poétise plus. Poétise, poète, ô, poétise ! Ravis-nous, transporte-nous, nous pauvres ordinaires aptes à jouir mais pas à créer, crée, ô toi, crée et, tiens, bourre-toi la gueule, tiens, enfile ma petite fille, puisque c’est comme ça que tu fonctionnes ! »
J’attends vos réflexions, articulées sous forme d’exposition, péroraison, conclusion.
Merci !
Concernant la séparation de l’œuvre et de l’artiste, il y a des comportements, des actes commis qui me dégoûtent totalement et qui m’empêchent ensuite de regarder, lire ou écouter quelque œuvre que ce soit de ces personnes. Pour autant, je considère que ce choix est personnel. Si d’autres veulent continuer à admirer l’artiste, je n’ai rien à y redire.
Je suis 100% d'accord avec ça, surtout sur le choix personnel et la non implication dans le choix des autres. Je trouve que parfois on laisse trop certaines voix s'élever et prendre de force toute la place pour nous juger et nous dire/imposer ce qu'il faut aimer, ne pas aimer et pourquoi. Chacun reste libre de donner son avis et il faut accepter que tout le monde ne pense pas la même chose (c'est cette dernière partie qui est problématique pour beaucoup).
Pour le texte de Cavanna j'avoue ne pas connaître le personnage et son oeuvre. Cela veut-il dire que pour qu'une oeuvre soit géniale et de grande qualité cela implique obligatoirement que l'artiste soit (au choix) saoul, sous stupéfiant(s), être atteint de folie ou avoir un comportement déviant? L'ordinaire ne peut-il pas créer l'extraordinaire ? On pourrait presque y voir un exemple de la loi de l'équilibre du bien et du mal / l'ombre et la lumière.
"Il n'y a point de génie sans un grain de folie" (Aristote)
Lioubov
29 décembre 2022 à 16:33
Pour le texte de Cavanna j'avoue ne pas connaître le personnage et son œuvre. Cela veut-il dire que pour qu'une œuvre soit géniale et de grande qualité cela implique obligatoirement que l'artiste soit (au choix) saoul, sous stupéfiant(s), être atteint de folie ou avoir un comportement déviant? L'ordinaire ne peut-il pas créer l'extraordinaire ?
Je te renvoie à Bukowski et ses Contes de la folie ordinaire.
yukka
29 décembre 2022 à 22:03
Pour le texte de Cavanna j'avoue ne pas connaître le personnage et son œuvre. Cela veut-il dire que pour qu'une œuvre soit géniale et de grande qualité cela implique obligatoirement que l'artiste soit (au choix) saoul, sous stupéfiant(s), être atteint de folie ou avoir un comportement déviant? L'ordinaire ne peut-il pas créer l'extraordinaire ?
Je te renvoie à Bukowski et ses Contes de la folie ordinaire.
Ou aux textes de Gainsbourg ou ceux des poètes maudits.
Modifié
29 décembre 2022 à 22:08
SetS_5
1 janvier 2023 à 22:56
Si on parle poète maudit et CULture, on peut difficilement passer à côté d’Appolinaire et ses 11000 verges ou de Beaudelaire et sa « charogne ».
DannyWilde
15 janvier 2023 à 20:36
oui oui oui .... Quand on voit comment ca s'embrouille ici, sur un simple petit forum- entre gens supposés intelligents- on comprend mieux pourquoi le monde va mal.... :P
Modifié
15 janvier 2023 à 23:21
Discussion fermée
(l'auteur de ce topic est suspendu)
couillestesticules égaré au milieu de dix mille détentrices d’ovaires en ordre de marche], mes chers zamis, disais-je donc, puisque nous sommes entre nous – gens de bon goût – et loin des zimportuns, je tiens à vous parler CULture. Cette idée m’est venue il y a quelques minutes alors qu’installé sur le trône en train de déféquer (ben quoi… je suis un homme, même si les apparences sont contraires) je relisais un article de l’illustre Cavanna – celui qui a grandement contribué à m’éclaircir les boyaux de la tête quand j’avais votre âge, jeunes gens – qui relate la célèbre émission où la télévision de l’époque (1978) l’avait réuni avec le non moins immense Bukowski sur le plateau d’Apostrophes sous le regard bienveillant de Bernard Pivot pour un débat sur l’art. Voici ce qu’en dit mon Rital préféré :« Le poète génial archi-bourré devant la France assoiffée de culture, c’est – je n’ironise pas – grandiose. Les profs de lettres et les tout-un-chacun admettent avec grande largesse d’esprit que le poète se saoule la gueule. Se pique, se schnouffe, dégueule, se chie dessus, se coupe l’oreille, encule, se fasse enculer… Comprend, Monsieur Tout-un-Chacun, vachement. Encourage. Pas de poésie sans excès, c’est bien connu, pas d’art sans turpitude, la sublime beauté pousse sur le fumier, le génie c’est l’anormal, tout ça tout ça tout ça, bon, si on veut de l’art, et de la belle, faut que l’artiste se vautre dans la merde, faut ce qui faut, on mégote pas, Baudelaire se saoulait au gros rouge (l’opium le rendait malade, le vantard), Flaubert était épileptique, Maupassant érotomane et vérolé, Artaud grimpait aux murs, Verlaine suçait des queues de rimbaud trempées dans l’absinthe, moyennant quoi ces spécialistes sécrétaient de la culture pour lycées et collèges, la beauté leur jaillissait comme d’un tube de dentifrice, ça fait que nous les normaux les pas névrosés les pas vicelards les ceux qui savent goûter sans abuser on se déguste les sublimes beautés écloses sur la turpitude, le cul calé dans les coussins, le verre de Chartreuse au creux de la paume. Les pages de « La Pléiade » ne suintent pas le dégueulis d’ivrogne sur le rayon d’honneur de la bibliothèque, les poèmes sont essuyés avant reliure. Un poète alcoolo, ça poétise parce que alcoolo. Ça aurait peut-être pu sans, mais bon, il est comme ça, plus le moment de démêler les effets des causes, si tu lui coupes le tutu il poétise plus. Poétise, poète, ô, poétise ! Ravis-nous, transporte-nous, nous pauvres ordinaires aptes à jouir mais pas à créer, crée, ô toi, crée et, tiens, bourre-toi la gueule, tiens, enfile ma petite fille, puisque c’est comme ça que tu fonctionnes ! »
J’attends vos réflexions, articulées sous forme d’exposition, péroraison, conclusion.
Merci !