Est-ce bien nécessaire de vouloir donner un nom à tout ?

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hélène75
26 septembre 2022 à 18:04
Dans un article paru dans Le Parisien Dimanche et intitulé "Et vous, êtes-vous fluide ?" relatif à un essai de Mathilde Ramadier (Vivre fluide : quand les femmes s'émancipent de l'hétérosexualité), on nous donne la définition de bisexuel(le), pansexuel, omnisexuel, asexuel, demi-sexuel, graysexuel, trisexuel et sapiosexuel.
Est-ce vraiment nécessaire de vouloir ainsi catégoriser toutes les orientations sexuelles ?
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Steffy92
30 septembre 2022 à 18:42
Merci Duchesse :)

Je rajouterais seulement que ce que je dis n'engage que moi. Chaque transgenre a sa propre pensée, son propre avis sur la question, son propre positionnement sur l'échelle des genres (parfois fluant), son propre cheminement dans sa quête d'identité. C'est pourquoi il est impossible de donner une réponse simple et permanente aux cisgenres qui s'interrogent, chacun cherchant le bon mot pour se définir (aussi bien d'un point de vue identité que orientation), ça fait partie pour certains du processus de sa propre compréhension, d'où la multiplicité des "étiquettes" pour revenir au sujet de base.
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Pygmalion
30 septembre 2022 à 19:07
La plupart du temps, je me sens plus moi-même dans un rôle jugé "féminin", donc je préfère qu'on parle de moi en tant que "femme", c'est une marque d'acceptation de ma féminité.

Pour ça, aucun souci, si tu préfères qu'on te parle au féminin, je suis tout à fait à l'aise avec ça.

Ce qui me dérange vraiment c'est les cisgenres qui essayent d'expliquer[…]

Comme quoi t’es bien une femme. 😌

A un moment donné quand on est pas concerné, on se tait, on s’assoit, on écoute, on apprend et on répond « d’accord je comprends mieux ».

J'aime pas me taire, surtout quand on me le demande, c'est mon côté casse-pied =D
Mais quitte à l'ouvrir, je préfère que ça soit pour poser des questions et essayer de mieux comprendre.
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Mékouyanski
30 septembre 2022 à 19:09
Je ne vois pas l’intérêt de me définir par ma sexualité.
Que j’aime les hommes, les femmes, mon sac Gucci ou je ne sais quoi ne regarde que moi.
Je préfère que les gens se définissent par leur histoire, leur personnalité que par leur sexualité mais s’ils en ressentent le besoin, si ça leur permet d’être bien dans leur peau, qu’ils le fassent.
Pour autant, lorsqu’on aborde le sujet, je n’ai aucun blocage à dire ce que j’aime mais je ne veux pas qu’on me définisse en priorité par ma sexualité.
Je préfère nettement qu’on dise que je suis drôle, que j’ai un peu de culture, que j’ai un physique agréable voire même que je peux faire preuve d’intelligence. Mes préférences sexuelles ont évolué avec les années et peuvent encore évoluer donc si je me définissais d’une façon aujourd’hui ça pourrait ne plus être exact dans 6 mois car je peux rencontrer demain quelqu’un qui fera changer mes goûts.
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Znout
30 septembre 2022 à 22:02
Perso je ne comprends pas l'intérêt de mettre des étiquettes sur tout. Il n'y a pas besoin de se mettre une étiquette car une étiquette nous définit à un moment donné mais nous évoluons avec le temps et nos différentes épreuves dans notre vie
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Sunstone
30 septembre 2022 à 23:03
Perso je ne comprends pas l'intérêt de mettre des étiquettes sur tout. Il n'y a pas besoin de se mettre une étiquette car une étiquette nous définit à un moment donné mais nous évoluons avec le temps et nos différentes épreuves dans notre vie

Ne pas confondre "se mettre des étiquettes" et "nommer". Le premier sous-entend qu'on fait ça pour les yeux des autres, ça a un côté péjoratif. "Nommer", ça veut juste dire faire exister une forme d'identité par le langage, ça n'a rien de futile ou superficiel, c'est important pour les personnes concernées, pour qu'elles puissent se comprendre elles-mêmes, voire être comprises des autres.
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Utilisateur supprimé
30 septembre 2022 à 23:10
Perso je ne comprends pas l'intérêt de mettre des étiquettes sur tout. Il n'y a pas besoin de se mettre une étiquette car une étiquette nous définit à un moment donné mais nous évoluons avec le temps et nos différentes épreuves dans notre vie

Ne pas confondre "se mettre des étiquettes" et "nommer". Le premier sous-entend qu'on fait ça pour les yeux des autres, ça a un côté péjoratif. "Nommer", ça veut juste dire faire exister une forme d'identité par le langage, ça n'a rien de futile ou superficiel, c'est important pour les personnes concernées, pour qu'elles puissent se comprendre elles-mêmes, voire être comprises des autres.

Cela dit, il y a une chose intéressante dans ce commentaire : l'idée qu'une orientation sexuelle n'est pas nécessairement figée mais qu'elle peut évoluer au cours de la vie. Comme le ressenti de genre d'ailleurs. Et puis ces étiquettes, si importantes soient-elles, sont forcément limitées : de fait, orientation, sexe, genre, ce sont bien davantage des spectres avec autant de nuances qu'il y a de gens sur Terre, que des choses figées et binaires.
Modifié 1 octobre 2022 à 00:18
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Sunstone
30 septembre 2022 à 23:32
Cela dit, il y a une chose intéressante dans ce commentaire : l'idée qu'une orientation sexuelle n'est pas nécessairement figée mais qu'elle peut évoluer au cours de la vie. Comme le ressenti de genre d'ailleurs. Et puis ces étiquettes, si importantes soient-elles, sont forcément limitées : de fait, orientation, sexe, genre, ce sont bien davantage des prismes avec autant de nuances qu'il y a de gens sur Terre, que des choses figées et binaires.

J'en conviens :) c'est bien pour ça que le terme "étiquette" me déplaît profondément dans cette situation. Je le trouve bien trop réducteur...
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Alice.H
30 septembre 2022 à 23:56
Sans vouloir faire ma vieille quadragénaire, je trouve qu'on s'embêtait moins avant et que ça ne faisait pas de débat, ce n'est que mon avis.

Le "on s'embêtait moins avant" c'est rarement un bon argument ^^ Oui on "s'embêtait moins avant" mais du coup on laissait plein de gens sur le carreau.

C'est sûr que quand on refusait de reconnaître l'existence et/ou la légitimité des LGBTQ+, c'était plus simple, il n'y avait pas besoin de s'embêter à les nommer, mais du coup la vie était plus dure pour elleux, puisqu'en ne les nommant pas, on ne les acceptait pas non plus dans la société, on ne leur faisait pas de place parmi nous.

Alors oui on s'embête un peu plus maintenant, il y a plus de mots à connaître, mais il faut se dire que c'est pour une bonne raison :)

(Je ne cherche pas à jouer les donneurs de leçon, ou à faire des reproches, même si ça y ressemble. Juste à expliquer ce que j'en pense ^^)

Je pense que je ne me suis mal exprimée. Je n'ai jamais eu le moindre problème avec tous types de relations. Bien évidemment j'accepte tout le monde, leurs pratiques également. C'est juste que personnellement je trouve qu'on s'y perd à nommer chaque types de relation mais ça ne veut pas dire que je ne les reconnaît pas. Je me suis arrêtée à LGBT+, ce qui s'y ajoutent derrière est complexe à retenir.
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Sunstone
1 octobre 2022 à 00:41
Je pense que je ne me suis mal exprimée. Je n'ai jamais eu le moindre problème avec tous types de relations. Bien évidemment j'accepte tout le monde, leurs pratiques également. C'est juste que personnellement je trouve qu'on s'y perd à nommer chaque types de relation mais ça ne veut pas dire que je ne les reconnaît pas. Je me suis arrêtée à LGBT+, ce qui s'y ajoutent derrière est complexe à retenir.

Je comprends tout à fait :) et je suis plus ou moins dans le même cas, je ne connais pas toutes les lettres, ni ne prétendrai comprendre pour de bon tout ce à quoi elles correspondent... Mais je comprends qu'elles peuvent avoir leur importance, et serai à l'écoute de quelqu'un qui aurait le besoin de m'en parler parce que ça le•la concerne, tout simplement.
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Pygmalion
1 octobre 2022 à 01:05
Un nom comme une étiquette ne sont que des synonymes dont la nuance est la façon dont nous les percevons. Objet avec des pieds, un dossier et sur lequel on s'assied est nommé ou labellisé chaise et cela forgera la façon dont nous comprenons le concept de chaise. Dans le cas qui nous occupe, ce sont les personnes elles-même qui se nomment ou se labellisent parce qu'elles en ressentent le besoin et que cela les rassure.

L'être humain a fondamentalement peur de ce qu'il ne connaît pas et si on ne se connaît pas nous-mêmes, on ne peut pas avancer. Nommer ce que l'on ne comprend pas, c'est lui donner une dimension concrète que l'on peut désigner et que l'on peut appréhender intellectuellement et c'est aussi établir un label dans lequel on rangera tout ce qui possèdent des caractéristiques communes. Nommer et étiqueter sont les deux faces d'une même pièce parce que ça nous libère autant que ça nous enferme.

Pour ce qui est de l'évolution, tout le monde évolue, qu'on en soit conscient ou non mais chaque rencontre, chaque joie, chaque souffrance, tout ce que l'on vit nous pousse à nous interroger et à nous poser des questions. Ces choses, on peut les décider ou les découvrir et en fin de compte, tous les aspects de notre vie sont amenés à évoluer au cours d'une existence, c'est un truc qu'on a compris depuis l'antiquité, la sexualité en fait évidemment partie mais ça ne reste qu'une facette de nos vie comme l'identité sociale, politique, etc. Un être humain est plus qu'une simple identité sexuelle.

Enfin, jusqu'où on peut aller dans la dénomination ?Ardsy, tu dis qu'il y a autant de nuances que de gens sur terre mais nous sommes de milliards sur la planète. Chacune de ces personnes possèdent une histoire qui lui est propre, une identité complexe liée au lieu dans lequel elle vit, à son environnement familial et social, à un milieu culturel/religieux, ces identités peuvent même s'entrecroiser si son environnement familial est marqué par la mixité sous n'importe quelle forme. Si on voulait, on pourrait aller encore plus loin mais si on le faisait et que l'on devait nommer chaque nuance, qu'est-ce qu'on ferait de tout ça ? Et comme tu l'as rappelé, le concept d'identité est toujours en perpétuelle évolution, aussi, est-ce qu'il y a des limites aux noms que l'on peut donner malgré tout ? (c'est toujours une vraie question).
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Sunstone
1 octobre 2022 à 01:38
Un nom comme une étiquette ne sont que des synonymes dont la nuance est la façon dont nous les percevons. Objet avec des pieds, un dossier et sur lequel on s'assied est nommé ou labellisé chaise et cela forgera la façon dont nous comprenons le concept de chaise.
[...]
Un être humain est plus qu'une simple identité sexuelle.

C'est exactement là que je pose la nuance entre nommer et étiqueter. Oui on peut étiqueter "chaise" une chaise, c'est un objet, une chaise n'est rien d'autre qu'une chaise. Un être humain n'est pas un objet et ne s'étiquette pas, et ce n'est absolument pas ce que cherchent à faire les personnes LGBTQ+, je pense. Une personne non-binaire ne cherche pas à dire "je suis non-binaire et c'est tout, voilà tout ce qui me définit". Non, c'est juste un mot pour nommer une partie de ce qu'elle est.

La différence fondamentale entre nommer et étiqueter, je pense qu'elle est là (et que tu m'as aidé toi-même à la relever, merci ^^). À mon sens, "mettre une étiquette" est infiniment réducteur et on ne peut pas utiliser ce terme pour ça. "Nommer", c'est utiliser le langage pour exprimer une réalité, ou au moins une part de réalité, tout simplement. C'est beaucoup moins restrictif et surtout bien moins péjoratif, comme sens. À mon sens.
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Pygmalion
1 octobre 2022 à 02:18
Une chaise est :
- Un objet (une chose inanimée)
- Un meuble (objet spécifique ornant une pièce dans un logement)
- Un siège (objet spécifique conçu pour s'asseoir
- Etc.
Même les objets ont plusieurs "identités".

Je ne conteste pas ta définition Sun, il y a une différence de sens entre "nommer" et "étiqueter" mais l'un ne va pas sans l'autre. Nommer quelque chose c'est à la fois lui donner une "réalité" intelligible mais aussi restreindre cette "réalité" aux concepts auxquels elle appartient, pour reprendre mon exemple, les concepts d'objet, de meuble ou de siège pour la chaise.
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Tilia TV
1 octobre 2022 à 09:04
Une chaise est :
- Un objet (une chose inanimée)
- Un meuble (objet spécifique ornant une pièce dans un logement)
- Un siège (objet spécifique conçu pour s'asseoir
- Etc.
Même les objets ont plusieurs "identités".

Je ne conteste pas ta définition Sun, il y a une différence de sens entre "nommer" et "étiqueter" mais l'un ne va pas sans l'autre. Nommer quelque chose c'est à la fois lui donner une "réalité" intelligible mais aussi restreindre cette "réalité" aux concepts auxquels elle appartient, pour reprendre mon exemple, les concepts d'objet, de meuble ou de siège pour la chaise.

Et parmi les chaise tu trouve les tabourets, les transats, les rocking-chair, les caquetoires, ...autant d'identité différente qui découle de la première avec une petite variation. Mais variation toutefois importante, tu est bien d'accord que poser ses fesses sur un strapontin ou sur un trône, c'est pas la même !
Donc je dirai qu'il n'y a pas de limite, tant qu'un groupe d'individus ressente le besoin de souligner cette variation, il faut le respecter.
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Lioubov
1 octobre 2022 à 09:17
Nommer quelque chose c'est à la fois lui donner une "réalité" intelligible [...]

Nommer, c'est créer. A rapprocher du prologue de l'Évangile selon Jean :
Au commencement était le Verbe,
Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement en Dieu.
Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.
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Duchesse
1 octobre 2022 à 09:19
Nommer, c'est créer. A rapprocher du prologue de l'Évangile selon Jean :
Au commencement était le Verbe,
Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement en Dieu.
Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.

Faut vraiment que tu sois à bout d’argument pour nous poser des bondieuseries 😱
Modifié 1 octobre 2022 à 09:21
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Lioubov
1 octobre 2022 à 09:36
Faut vraiment que tu sois à bout d’argument pour nous poser des bondieuseries 😱

Bah, on fait avec ce qu'on a. :/
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Pokaline
1 octobre 2022 à 09:41
Ça me rappelle une intervention de Jehanne qui avait traité de PD un gars qui se disait hétéro et avait envie d'essayer avec les mecs.

Je me retrouvais aussi dans son post, j'aime profondément les femmes, j'aime les prendre dans mes bras, bien sûr avoir des relations sexuelles, c'est sur elles que je me retourne dans la rue, avec elles que j'aime me promener main dans la main...
Mais j'adore jouer avec les hommes.

Je serais bi sexuellement et hétéro affectivement ??
Sans étiquette me va très bien.

Mais je comprends qu'on puisse avoir besoin de se sentir appartenir à un groupe. Ne pas être unique, incompris et surtout ne pas en souffrir.
Modifié 1 octobre 2022 à 09:41
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Duchesse
1 octobre 2022 à 10:05
Mais je comprends qu'on puisse avoir besoin de se sentir appartenir à un groupe. Ne pas être unique, incompris et surtout ne pas en souffrir.

En même temps, c’est fou de devoir s’en justifier. Le sentiment d’appartenance n’est pas la pathologie que les conservateurs laissent à penser.

C’est un besoin primaire étudié depuis longtemps et ça dès la petite enfance.

Les enfants ont besoin que l’on réponde à leur besoin physiologique, de sécurité, d’amour et d’appartenance.

C’est le cas de tous les êtres humains. Je vois pas bien pourquoi ils devraient, eux, s’en justifier.

Moi je pense plutôt que consciemment ou pas, tout le monde sait que les choses n’existent qu’une fois nommées et que les gens sont globalement conservateurs et flipettes de tout.
Modifié 1 octobre 2022 à 10:06
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Sunstone
1 octobre 2022 à 10:38
Une chaise est :
- Un objet (une chose inanimée)
- Un meuble (objet spécifique ornant une pièce dans un logement)
- Un siège (objet spécifique conçu pour s'asseoir
- Etc.
Même les objets ont plusieurs "identités".

Je ne conteste pas ta définition Sun, il y a une différence de sens entre "nommer" et "étiqueter" mais l'un ne va pas sans l'autre. Nommer quelque chose c'est à la fois lui donner une "réalité" intelligible mais aussi restreindre cette "réalité" aux concepts auxquels elle appartient, pour reprendre mon exemple, les concepts d'objet, de meuble ou de siège pour la chaise.

Oui mais le principe d'étiqueter ta chaise, c'est de pouvoir décrire en un seul mot son état et sa fonction. Une chaise est forcément un objet, un meuble, un siège, ces dénominations supplémentaires ne s'ajoutent pas à celle de "chaise", elles en découlent. Étiquette un objet en tant que "chaise" et tu sais tout de suite assez précisément ce que tu vas trouver.

Tu peux pas étiqueter un•e humain•e avec une identité de genre, tu l'as dit toi-même, parce que tu ne peux pas entièrement le•la définir par ça. Même si tu te limites seulement au spectre de toutes les dénominations d'identité de genre, tu ne peux pas dire "cette personne est ça" et c'est tout. Ok, la personne est Bisexuelle, mais ça ne suffit pas à dire "d'accord, cette personne est bi, ok je sais à peu près qui je vais rencontrer, quelle est l'identité de cette personne". Alors que si ça se trouve, elle est aussi Transgenre, mais c'est pareil, tu ne peux pas la réduire à ça. Tu ne peux même pas dire "elle est transgenre et bisexuelle, c'est bon, je connais cette personne". Parce qu'elle est mille autre choses.

C'est pour ça qu'à mon sens, dire qu'on met une étiquette sur une personne c'est insultant en fait. Déjà au sens premier de la chose: on ne colle des étiquettes (des vraies, en papier et tout) que sur les objets, en vrai. Et au sens des mots, c'est les réduire à un seul mot, presque à une "fonction" comme on le ferait d'un objet.

"Nommer", au contraire, n'est pas restrictif, c'est juste dire, et tu peux le faire à l'infini. Tu vas pas coller mille étiquettes différentes sur une chaise, comme tu ne colles mille étiquettes sur rien, le principe c'est de n'en mettre qu'une et résumer le mieux possible ce qu'elle désigne. Tu ne peux pas faire ça avec un être humain, parce qu'un être humain c'est mille choses. Les dénominations LGBTTQIAAP+ ne sont qu'un aspect supplémentaire de l'identité de cette personne, pas l'identité elle-même.
Modifié 1 octobre 2022 à 10:38
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Pygmalion
1 octobre 2022 à 11:43
Et parmi les chaise tu trouve les tabourets, les transats, les rocking-chair, les caquetoires, ...autant d'identité différente qui découle de la première avec une petite variation. Mais variation toutefois importante, tu est bien d'accord que poser ses fesses sur un strapontin ou sur un trône, c'est pas la même !
Donc je dirai qu'il n'y a pas de limite, tant qu'un groupe d'individus ressente le besoin de souligner cette variation, il faut le respecter.

Alors, petite correction d'abord, un tabouret n'est pas une chaise parce qu'il n'a pas de dossier mais il est aussi de la famille des sièges. Ensuite, oui, il y a des variations plus précises de l'objet générique portant le nom de chaise et de la même manière il y a plusieurs types d'identités.

Trouver son identité, c'est une quête personnelle qui n'engage que la personne qui l'entreprend. C'est par nature une recherche intime et constante. Comme tu me dis qu'il n'y a pas de limites, je me pose cette question, comment maintenir la cohésion dans une démarche aux possibilités aussi exponentiellement nombreuses ? (vous connaissez le truc, vraie question, toussa...)

Et pour finir une question bonus que j'attendais de poser depuis un moment. Doit-on adhérer pour respecter ? Faut-il absolument reconnaître la "fluidité" (pour traduire grossièrement) des genres pour considérer que l'on respecte les points de vues de chacun ?

Edit pour Sun (dsl j'avais zappé ton message) : C'est précisément pour ça que je ne me fie à aucune étiquette et que je m'en tiens uniquement aux faits. A chaque étiquette correspond un système de pensée et de valeurs qu'on lui attribue, consciemment ou non. Quand tu dis qu'une personne est "de gauche", tu vas automatiquement lui prêter des traits et des caractéristiques propres à ce que tu classes dans le groupe "personne de gauche". Or, c'est trompeur parce que ce qui fait une personne, c'est un ensemble d'identités qui ont formé sa psyché à un moment donné et qui peut encore évoluer. Ce que je dis, c'est que lorsque je rencontre une personne, j'essaie de m'attacher à qui elle est plutôt que ce qu'elle est, parce que l'un est le produit unique de toutes ses composantes et l'autre uniquement le système qui permet de classer cette personne dans des groupes sociaux/culturels/religieux etc.
Modifié 1 octobre 2022 à 11:55
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Gras
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