Réel
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Plus dure sera la chute — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Plus dure sera la chute
Chapitre 2
[ ce récit est inspiré de faits réels ]
[ flashback ]
— Suivez-nous, Mademoiselle ; simple vérification d’identité.
Ils sont trois ; leurs uniformes me rassurent. Je les suis à l’intérieur du fourgon et m’assois sur la banquette qu’ils m’indiquent. Un émetteur-récepteur radio chuinte, diffusant parfois des messages quasiment incompréhensibles. Le regard du policier le plus âgé passe et repasse alternativement de mon visage à mes papiers d’identité. Il est visiblement embarrassé.
— Alejandro… Mais c’est pas un prénom d’homme, ça ?
— Mais je suis un homme, Monsieur.
— Comment ça, un homme ? Ce ne sont pas vos papiers. Vous les avez volés. À qui ?
— Ce sont les miens.
— Mais je suis un homme, Monsieur.
— Comment ça, un homme ? Ce ne sont pas vos papiers. Vous les avez volés. À qui ?
— Ce sont les miens.
Sa voix devient menaçante.
— Tu vas nous dire à qui tu les as piqués, ces papiers !
— Ils sont à moi, je vous dis…
— Et moi je te dis que tu les as piqués à un client. Parce que tu fais la pute, hein ? Ça se voit à ta dégaine. Tu sais que c’est défendu de vendre son cul sur la voie publique ?
— Ils sont à moi, je vous dis…
— Et moi je te dis que tu les as piqués à un client. Parce que tu fais la pute, hein ? Ça se voit à ta dégaine. Tu sais que c’est défendu de vendre son cul sur la voie publique ?
Son regard se fait vicieux ; il lance un clin d’œil à ses deux collègues, qui comprennent instantanément les intentions de leur chef. Ils ne doivent pas en être à leur coup d’essai…Ils m’empoignent brutalement pour me forcer à m’agenouiller sur la banquette. Le zip de ma courte jupe est vivement abaissé ; je sens ma jupe glisser le long de mes cuisses gainées de bas résille.
— Oh, putain, quel cul ! On va bien s’amuser…
Une grosse main se plaque sur mes fesses ; un doigt inquisiteur passe sur mon anus, s’y arrête un instant puis reprend sa progression. Descendant un peu plus bas, il rencontre mon scrotum.
— Merde ! Elle a des couilles… C’est un travelo ! Attends, salope, tu vas voir, ce qu’on leur fait, à des garces comme toi… Robert, passe-moi ton bidule !
L’un de mes agresseurs prend la matraque qui pendait à sa ceinture, la déploie et la passe à son collègue. Écartant mon string, il cherche l’entrée de mon rectum. L’ayant trouvée, il la force en appuyant avec force sur son arme qui pénètre profondément en moi. Je sens mon anus se déchirer…
— Tu n’as pas de chatte, sale garce, mais tu as une bouche ; alors tu vas nous sucer. Et n’oublie surtout pas d’avaler !
À tour de rôle, ils se présentent devant moi ; bien que leurs verges ne soient pas très propres, je m’exécute du mieux que je peux pour les satisfaire. Ils doivent l’être car, après avoir récupéré leur matraque, ils me disent de me rhabiller et m’autorisent à partir.
— Et si tu veux porter plainte auprès de la police, n’oublie pas que la police, c’est nous.
Je me retrouve sur le trottoir. Par la porte latérale du fourgon, l’un des flics m’interpelle :
— Hé… Tiens, chochotte : tes papiers !
[ flashback ]
Depuis ce viol commis par les prétendues forces de l’ordre, j’ai la hantise des contrôles d’identité. Dès que j’aperçois une voiture-pie, je me dissimule dans les encoignures des portes cochères. Je ne peux plus vivre ainsi, à la merci de tous les prédateurs qui rôdent dans l’anonymat des grandes villes. Avec mon physique avantageux, je suis trop exposée à ces pervers. Je dois changer d’aspect…
[ flashback ]
J’arpente le trottoir aux abords de la gare du Nord. Mon regard se pose sur mes chaussures ; des chaussures d’homme… Pour échapper aux agressions, j’ai dû me résoudre à prendre un aspect masculin. Mes cheveux ont perdu de leur longueur et je porte des vêtements d’homme.
Mais, paradoxalement, c’est sous cette apparence masculine que j’ai l’impression d’être travesti…
Mes vêtements n’arrivent pas à donner le change bien longtemps, car tout en moi respire la femme : ma démarche légère et chaloupée, ma voix haut perchée dépourvue d’inflexions graves, les expressions que j’emploie (il m’est difficile d’utiliser les formes masculines, alors que je m’exprimais au féminin depuis bien des années). Mais la plus grosse difficulté à laquelle je suis confronté, c’est cette dichotomie entre mon aspect extérieur masculin et ce que je suis réellement, au plus profond de moi-même : une femme. Ainsi déguisé en homme, mes problèmes psychologiques sont encore plus importants que lorsque j’assumais ouvertement ma féminité.
Au fait, qu’est-ce que je fais à proximité de la gare du Nord, ce haut lieu de la prostitution masculine ? Des passes, évidemment ; c’est tout ce que je sais faire.
[ à suivre ]
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Je ne pouvais pas faire quelque chose de léger car ce récit retrace (dans les grandes lignes) une histoire vraie, un drame qu'a vécu "Luna". Peut-être en auras-tu entendu parler.
Elle n'était pas sans papiers, puisqu'elle avait sa carte d'identité espagnole (mais de sexe masculin) ; quant à la prostitution, c'était son seul moyen de survie.
Il ne s'agit là que d'un cas particulier ; bien entendu, je ne me risquerais pas à généraliser ces particularités à l'ensemble des travestis ou des transexuelles (j'en connais une ; elle est bien intégrée à la société).
Alors, Tilia, ne lis surtout pas la suite, car ça devient de plus en plus dramatique.
Venant de toi Lioubov, j'aurai espéré un texte pas forcement léger, mais plus gai.
Pour info les skinhead sont (à l'origine) des noirs ayant pris la violence pour répondre au racisme (mouvement black-panthere) et donc les skin sont par essence anti fasciste, anti-homophobe, et tout et tout.
Ce sont les bone head (tete d'os) qui sont raciste, homophobe et tout et tout.
Cessons l'amalgames entre ces deux groupes qui se foutent souvent sur la gueule.
Style particulier...
Personnellement, j'aime bien . Bon texte , pas de fautes ( =) ). J'aime bien les détails historiques, par contre je crains que les lecteurs plus jeunes qui ignorent la guerre d'Espagne et la période franco qui a suivi ne soient rebutés par cela.
Ce sujet est très peu enseigné et sans doute que le déclenchement de la 2ème guerre mondiale a occulté cette période de l'histoire...
Personnellement, je me suis documenté sur cette époque après avoir lu "Pour qui sonne le glas"
Cordialement
PM