Pur hazard
Chapitre 2
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✦ Obsidienne2 Pur hazard XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Pur hazard — Chapitre 2

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Pur hazard

Chapitre 2

Je me réveille les yeux cernés ; j’ai mal dormi. Je prends le petit déjeuner avec maman, puis retourne dans ma chambre et sors mon violon. Ça, ça me calmera ; c’est la seule chose qui m’emporte ailleurs.
Je ne trouve pas les notes, je m’embrouille dans mes morceaux. Mes doigts ne sont pas sûrs, c’est une cacophonie. Je pense que Valérie pourrait être là, que je pourrais percevoir son odeur, la toucher, lui apprendre à jouer, alors que là, je ne suis pas capable de tirer un seul son cohérent de l’instrument.
« Tu es amoureuse, tu l’as virée parce que tu as eu peur de tomber amoureuse de cette fille, voilà tout. Mais non ; c’est juste que j’ai été un peu brusque : je m’en veux un peu. Mais que ferais-je de cette gamine amoureuse ? »
Je ferme les yeux ; je vois ses yeux embués, ses lèvres humides. Je sens son parfum, son odeur de femme. Je pose le violon, rien ne vient. Je vais à la fenêtre ; elle est là, étendue dans le jardin, sur une serviette de bain. Une paire de lunettes noires sur les yeux, elle n’a pas dû dormir beaucoup, elle aussi. Vêtue d’un maillot deux pièces. J’ai envie d’aller la prendre dans mes bras, de lui demander pardon.
Je reprends mon violon, j’ai envie de jouer pour elle. Qu’elle sache que je l’aime ! Jamais je n’ai joué ce morceau comme cela. Je m’étonne moi-même : les notes sortent du violon comme un vers sort de la bouche d’un poète. Mieux, c’est sublime, ça me fait pleurer. J’ai les larmes aux yeux quand je regarde à nouveau par la fenêtre. Elle n’est plus là ; il ne reste juste que la serviette.
Je range le violon ; il faut que je me change les idées. Je retrouve maman au salon. Elle a les larmes aux yeux.
— Que se passe-t-il ?
— C’était beau. Tu jouais pour qui ?
— Pour un amour perdu.
— La petite d’à côté ne devait pas venir jouer ce matin ?
— Elle a dû oublier. De toute façon, je ne suis pas sa prof ; qu’elle se débrouille !
— Gisèle… Que se passe-t-il ? Je ne t’ai jamais vue dans cet état.
— Il n’y a rien. Je sors. Je vais faire un tour au village.
Juste devant la grille de la maison, quand je sors, il y a le CD dédicacé, brisé en mille morceaux. Une musique horrible, trop forte, sort de la pièce où était hier soir Valérie.
Je fais le tour du village ; je ne me souviens même plus où je dois aller pour revenir. J’ai l’esprit tellement ailleurs que je suis obligée de demander mon chemin.
— Gisèle Laurent ?
Hagarde, je regarde la personne devant moi, l’esprit totalement ailleurs. Un homme, dans les soixante ans.
— Pardon ?
— Gisèle Laurent ? C’est bien vous ?
— Oui. Vous voulez un autographe ?
— Non ; vous habitez par ici ?
— Non ; enfin, pas exactement. Maman habite ici.
— Je me présente : je suis le président d’une association qui s’occupe d’enfants malades. Je suis moi-même mélomane et vous admire ; j’ai tous vos CD.
— Merci, c’est gentil. Que puis-je pour vous, Monsieur ?
— Nous organisons une soirée de charité samedi prochain, au profit d’enfants démunis. Accepteriez-vous de venir jouer ? Je vous assure que pour nous, ce serait un véritable chamboulement. Je sais que vous avez déjà joué pour des œuvres de charité.
— Je… dois vous dire non. Je suis en vacances ; il faudrait répéter, une estrade et de la sonorisation : c’est impossible.
— Mais nous avons tout cela, je vous assure, Mademoiselle. Pour les répétitions, vous pourrez répéter autant que vous voulez. Tout est déjà en place. Cela se déroule au théâtre d’Aix-en-Provence. Je vous en prie : pour les enfants, dites oui !
— Cinq morceaux, pas plus !
— Comme vous voudrez. Oui, cinq, ce serait merveilleux.
— Venez me voir chez maman ; nous discuterons mieux de cela en fin d’après midi. Je jouerai cinq morceaux, mais il y a ici une de mes élèves du conservatoire. J’essaierai de la persuader de venir répéter avec moi ; si c’est le cas, elle jouera cinq morceaux également, et deux en duo avec moi. Cela fera un concert complet.
— Formidable ! Je viens vous voir en fin d’après-midi. Demain, je fais imprimer les affiches.
« Les morceaux, tu t’en fiches bien : c’est Valérie que tu veux revoir. Oui, mais elle, aura-t-elle envie de te revoir ? Comment vas-tu faire ? »
La musique adoucit les mœurs ; allons-y en musique. Je monte en courant dans ma chambre, sors mon violon. Je joue pour elle, pour qu’elle m’écoute, qu’elle sache que c’est pour elle que je joue. Je suis devant la fenêtre et regarde la sienne. Rien ne bouge dans sa chambre ; pourtant, je sais qu’elle est là, qu’elle écoute.
« Allons, viens, approche-toi de la fenêtre ; viens, ne fait pas l’enfant ! »
Un mouvement imperceptible derrière le rideau ; mais la fenêtre reste fermée.
Ça ne peut pas durer comme ça ; je vais devenir folle si je ne fais pas quelque chose. Je range le violon. Après tout, rien ne vaut une bonne explication. Le temps de faire le tour par la rue, je sonne. La tante de Valérie m’ouvre ; elle me fait entrer en me disant que Valérie est enfermée dans sa chambre, sans pouvoir la déloger.
— Vous permettez que j’aille lui parler ?
— Bien sûr ; c’est la porte à gauche en haut de l’escalier.
Je toque à la porte ; aucune réponse.
— Valérie, je sais que tu es là. Ouvre, je veux te parler. Je te demande pardon pour hier soir. Ouvre-moi.
J’entends la clef tourner dans la serrure mais la porte reste fermée. J’appuie sur la poignée et pousse le battant ; elle est assise sur son lit. J’entre, referme la porte en donnant un tour de clef. Je m’avance jusqu’au lit. Je lui prends les mains.
— Je te demande pardon : j’ai cru que ce serait mieux pour toi. Je ne voulais pas te faire souffrir. J’ai eu tort.
— Tu es méchante !
— Nous resterons amies ; nous pourrons nous revoir à Paris, promis ! Non, je ne suis pas méchante : j’ai voulu te protéger ; ma vie n’est pas simple… Entre les concerts, les enregistrements et mes autres occupations, je n’aurai que peu de temps à te consacrer.
— Même quelques secondes avec toi me suffisent ; je t’aime, Gisèle.
— Tu aimes l’artiste, chérie ; tu ne connais pas la femme. Peut-être m’aimeras-tu beaucoup moins quand tu me connaîtras mieux.
— Non, je suis sûre que tu es une gentille fille, avec un cœur gros comme ça : il suffit de t’entendre jouer. Tu jouais pour moi, tout à l’heure ?
— Oui.
— J’ai pleuré… Quand je t’ai entendue jouer, je savais que tu allais venir.
Je me penche sur elle pour prendre délicatement ses lèvres, qui s’ouvrent sous la pression de ma langue. Je la renverse sur le lit, ma main glissant sous son tee-shirt. Le sein est ferme, bien rond ; le téton se dresse sous la caresse de mon pouce.
Sa main remonte sous ma jupe, passe sur ma fesse ; j’ai un frisson et une envie folle de la faire jouir. Je relève le tee-shirt, lèche les tétons, les aspire, les mordille. Ma bouche descend sur son ventre ; elle soulève les fesses quand je retire sa culotte. Je lèche sa vulve, déniche le clitoris, le titille, ouvre des doigts son fruit juteux. Ma langue s’enfonce dans le vagin étroit, j’aspire ses lèvres. Le goût de sa cyprine est merveilleux. Je lèche son anus délicat, essaie d’y enfoncer ma langue. Elle gémit ; sa respiration devient de plus en plus rapide, elle est au bord de l’orgasme… Je lèche plus vite le clitoris, enfonce deux doigts dans son vagin ; ils sont contre l’hymen. Je force un peu dessus et donne un coup sec pour enfoncer mes doigts profondément en faisant craquer l’hymen.
Un petit cri de douleur, un soubresaut de son ventre, un léger mouvement de recul sous la douleur, la voilà femme. J’attends quelques secondes qu’elle se détende avant de la pénétrer en donnant des coups de poignet, poussant mes doigts profondément dans son vagin, ma langue toujours sur son clitoris.
Son vagin qui se resserre sur mes doigts annonce sa jouissance ; elle gémit, se tortille en râlant. Son ventre a des contractions ; la cyprine abondante se mélange au sang qui coule sur mes doigts.
Je la laisse reprendre son souffle ; je m’allonge contre elle, caressant délicatement ses seins. Elle veut me faire jouir ; sa main glisse entre mes cuisses. Je retire mon string et la laisse jouer avec moi. Ses doigts et sa langue me fouillent. Elle ne se prive pas d’en enfoncer deux dans mon anus, sa langue dans mon vagin. Je suis si excitée que j’explose presque immédiatement. Un orgasme rapide mais délicieux. Nous nous embrassons un long moment.
Nous finissons toutes les deux sous la douche, sa chambre étant équipée d’un cabinet de toilette avec un bac à douche.
Je lui parle du concert ; elle saute de joie mais, fort justement, me parle de l’absence de son violon : un aller-retour sur Paris s’impose. Je dois de toute façon y prendre des partitions, je ne connais pas tous les morceaux que je veux jouer par cœur.
Un aller-retour dans la journée sur Paris ; elle a récupéré son violon, et moi mes partitions. Je veux voir où elle en est ; nous sommes dans ma chambre, je lui demande de jouer. Elle joue très bien. Je corrige deux ou trois petits défauts, mais c’est presque parfait. Maintenant, je me souviens très bien de cette gamine : je l’avais déjà remarquée au conservatoire. Ce sera une bonne soliste, c’est sûr ; j’espère pouvoir l’aider.
Nous allons répéter toute la semaine ; elle est merveilleuse et joue de mieux en mieux. Je suis amoureuse, je ne peux détacher mes yeux d’elle quand elle joue, mais pas seulement : j’aime la toucher, l’embrasser, lui faire l’amour. Nous ne nous quittons pas une seconde.
Le samedi après-midi, c’est la dernière répétition. Le théâtre sera comble ; les places se sont vendues en peu de temps, nous jouerons à guichet fermé.
Quelques minutes avant le concert, elle est morte de trac ; elle stresse et je ne sais comment l’aider. J’ai moi-même le trac en la voyant se tordre les doigts d’inquiétude.
— Ça va aller, mon amour. Ferme les yeux et joue, ne regarde pas la salle ; joue comme si tu étais seule.
— Tu as dit « mon amour » ? Tu m’aimes ?
— Oui : je t’aime comme je n’ai jamais aimé personne.
— Je jouerai pour toi ; je t’aime !
— Je jouerai pour toi également. Il faut y aller.
Le concert est un triomphe ; elle a joué sublimement, j’en suis bouleversée. Les gens font un rappel, nous jouons ensemble un dernier morceau. Maman est dans la salle, comme les parents de Valérie et sa tante. Ils sont là, au premier rang ; je vois maman et la mère de Valérie s’essuyer les yeux, sa tante est en pleurs. Les gens applaudissent à tout casser ; nous saluons une dernière fois avant de reculer derrière le rideau qui vient de se fermer.
Juste passé le rideau, elle me saute dans les bras et plaque sa bouche sur la mienne dans un baiser fougueux. Malheureusement, comme les gens ne cessent d’applaudir, le rideau se rouvre. Nous sommes bouche contre bouche ; les applaudissements redoublent. Nous nous regardons toutes les deux et nous éclatons de rire. Après tout, tous mes admirateurs savent que je suis lesbienne, je n’en ai jamais fait un secret. Nous nous tenons par la taille ; je la regarde dans les yeux en lui murmurant « je t’aime » ; elle me répond « moi aussi ». Elle me montre son violon et les spectateurs : je fais oui de la tête. Les applaudissements se calment quand les gens nous voient ajuster les violons. « Le printemps », des « Quatre saisons » de Vivaldi, déclenche la folie des spectateurs. Quand nous arrêtons de jouer, cette fois après un dernier salut, nous sortons ; il faut bien en terminer.
Les parents de Valérie et maman nous attendent dans la loge ; il a fallu que le service d’ordre joue des coudes pour nous laisser arriver. Je vois tout de suite aux regards de maman et ceux de ses parents que quelque chose ne va pas. Je me doute de la raison : le baiser en public n’est pas passé. Les parents de Valérie ne connaissaient pas ses préférences sexuelles ; ils viennent de l’apprendre, et maman se rend compte que je ne changerai jamais les miennes. C’est le père de Valérie qui attaque d’emblée :
— Que vous fassiez état de votre sexualité, c’est une chose ; mais que vous entraîniez ma fille dans vos mœurs dissolues, je ne peux l’accepter.
— Ce n’est ni l’endroit ni le moment de parler de cela. Je vous prie de sortir de cette loge, il faut que nous nous changions. Quant à ma sexualité, elle vaut tout autant que la vôtre, ne vous déplaise, et n’est pas plus dissolue. Dehors, ou j’appelle le service d’ordre !
— Valérie, viens avec nous ; ne reste pas avec cette, cette… dévergondée.
— Tu n’as pas à me dire ce que je dois faire : sortez d’ici, ou c’est moi qui appelle le service d’ordre. Je suis majeure et lesbienne ; j’aime Gisèle et Gisèle m’aime. Je rentre à Paris avec elle, je veux être sa femme.
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