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✦ Manekenpiss GAÏA HERMAPHRODIA XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

GAÏA HERMAPHRODIA — Chapitre 5

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Manekenpiss
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GAÏA HERMAPHRODIA

Chapitre 5

CH. V – RETOUR SUR EIWOOD – LA SECONDE MUTATION
L'alien prit l'affaire très au sérieux, les cas de désobéissance étaient rarissimes sur Eiwod car ils n’y avaient pas de loi que celle du bon sens et du respect de la vie et des autres. L’acte de Weinya n’en était que plus inconcevable ! Mais, l’accident ne semblait pas envisageable, pour Krânyo, c’était même totalement exclu. Weinya savait parfaitement se contrôler.
– La situation est très grave, Mike, pensa enfin Kânyo à Rosie. Weinya a enfreint à une règle de base.
– Je ne m’appelle plus Mike, répondit de la même manière Rosie, Nous avons tous changé d’identité Janneth, Precilia, Tom et moi. Nous n’avons pas eu le choix. Je ne comprends pas pourquoi tu sembles incriminer Weinya, elle n’a pas commis de faute intentionnelle. C’est un accident.
– Elle a interféré avec les douze ! Le protocole de votre mutation était très clair, elle devait vous mettre sur la voie de la découverte de ce votre nouveau corps, pas d’en profiter. Elle n’avait pas le droit de… de mêler son patrimoine au leur ! Quoi qu’il en soit, les douze jugeront. Je dois emporter cet enfant.
– Mais,… mais pourquoi ? Aline est mon bébé ! Je l’ai porté pendant neuf mois, vous n’avez pas le droit.
– Je n’ai pas le choix, ses jours seraient comptés ici, sa double nature ne te permettra pas de t’en occuper correctement et… il est indispensable que les douze voient cet enfant.
– Vous… vous n’allez pas lui faire de mal, n’est-ce pas ? Je… je ne vous laisserai pas faire !
– Non, nous ne lui ferons pas de mal, je te le promets, tout ira bien pour lui, sur Eiwod.
– Et à son père ? À Weinya, qu’allez vous lui faire ? Je ne veux pas non plus que vous la fassiez souffrir. Si mon enfant ne m’a plus moi, qu’il l’ait elle au moins ! Vous… vous ne pouvez pas !
Rosie était bouleversée, ses pensées, ses sentiments et sa souffrance étaient plus que perceptibles pour Krânyo. Leur transmission directe, par télépathie, leurs donnait un pouvoir exceptionnel et l’alien ne put supporter cet afflux de détresse.
– Écoute, Rosie, je… si tu veux, tu peux venir avec moi sur Eiwod, juste quelques jours, comme ça tu pourras remettre le bébé toi même à Weinya et tu verras comment fonctionne notre système de pouponnière. Tu pourras aussi assister au procès de Weinya et toucher le cœur des douze comme tu viens de toucher le mien.
– Si ça me permet de rester un peu plus avec elle…
Aux autres hermaphrodites qui étaient venu dans la chambre et avaient entendu sa proposition, Krânyo expliqua que Rosie serait de retours dans huit à dix heures, tout au plus.
Rosie partit, son enfant dans les bras en compagnie de Krânyo, non sans avoir longuement embrassé tous les membres de leur communauté y compris Lisa qui, elle n'avait rien compris. Depuis qu’elle avait accouché, elle ne pouvait plus communiquer par la pensée et rien ne s'était dit sur son niveau de subconscience. Jeannette, en larmes, lui expliqua ce qu'il s’était passé. Elle souffrait pour Rosie qui allait perdre son premier enfant et regrettait que l’extraterrestre ne lui ait pas proposé d’accompagner son mari dans cette épreuve.
Rosie monta à côté de Krânyo dans un véhicule qui avait, en apparence, tout d'une voiture. elles prirent la route et bifurquèrent rapidement sur une piste bien droite et déserte. Le véhicule prit de la vitesse et en quelques secondes, il atteignit l'espace et le vaisseau mère qui se tenait sur une orbite cachée.
– Je vois que vous avez progressé dans vos moyens d'enlèvement, dit Rosie avec un sourire moqueur.
– Ahaha ! On retrouve son sens de l'humour à ce que je vois. Non, nous n'avons pas progressé, mais aucun de vous ne nous aurait suivi de son plein gré.
– C'est sans doute vrai, mais pourquoi ces orages, c'est pas très discret.
– Non, mais l'orage de particules permet de faire d'ultimes vérifications sur ce que nous prélevons. Ensuite, l'objet est simplement désintégré et reconstitué à bord ou là où nous le souhaitons.
– Tu veux dire que Jeannette et moi, on a été désintégré deux fois ?!
– Oui, c'est ca. Comme tous les autres d’ailleurs.
En arrivant à bord, Rosie reçut une combinaison argent aux reflets nacrés et un pagne rouge. En se changeant, il découvrit, pour la première fois, la nudité de Krânyo, sa poitrine semblait lourde, mais ses tétons roses remontaient fièrement vers le haut. Son ventre était bien plat, ses hanches un peu larges et ses fesses rondes. Son regard se porta sur le pénis. Il était long et légèrement tordu et le gland, bien visible, était aussi rose que l'aréole de ses seins. Rosie le trouva beau, elle trouvait le rose et le gris très bien assortis. Krânyo lui demanda si elle acceptait de partager sa cabine et Rosie accepta sans hésiter.
Ils visitèrent ensuite l'ensemble du vaisseau et Rosie fut présentée aux différents membres d'équipage et, en particulier, au commandant qu'il sembla s’intéresser beaucoup à elle. Cela fit sourire Krânyo
– Tu risques d'avoir quelques prétendant durant cette traversée et ton séjour sur Eiwod, il va falloir prendre quelques précautions pour que ton prochain enfant soit bien terrien.
– Je viens tout juste d’accoucher, je n’y connais sans doute pas grand chose, mais il me semble qu’une femme qui accouche ne peut pas se reproduire tout de suite.
– Combien de temps après leur accouchement tes amies ont elles eues leur retour de couches ?
– Leur retour de couches ? Qu’est-ce que c’est ?
– C’est quand le corps de la mère a fini de se remettre en place et que se déclenchent ses nouvelles règles.
– Euh… Elles ont toutes eu des saignements quelques heures après la première tétée. Abani a dit que c’était ses règles, mais Helen a dit que c’était impossible. Elle s’est mise ensuite à douter, quand elle a vu que c’était la même chose pour Navin, Angelo et Marta. Mais elle n’est pas certaine que ce soit bien des règles car en une journée c’est fini… Y a que Lisa qui n’a pas fait ce type de réaction.
–Parce que Lisa est humaine, alors que vous ne l’êtes plus. Vos règles sont plus courtes et vos cycles plus longs.
– Oui, c’est ce qu’ont dit Precy et Jeannette. Mais ? C’est vraiment le retour de couches ?
– Évidemment, et c’est un gros avantage que vous aurez sur l’humanité. D’ailleurs, je devrais te montrer où trouver des protections…
Effectivement, le corps de Rosie retrouvait déjà sa silhouette. Elle en ressentit une certaine douleur et les règles suivirent de quelques heures ces premiers symptômes. Krânyo la laissa seule avec Aline dans la cabine et attendit qu’elle se sente plus à l’aise pour reparaitre. Rosie allait pouvoir profiter du voyage.
La traversée de la Terre à Eiwod se fit par une succession de bonds au travers de portes d'espace temps. Les périodes, durant lesquels il était possible d'admirer les astres autours d'eux, étaient très brèves. Limitées aux trajets qu’effectuait le vaisseau pour aller d’une porte à une autre, elles ne duraient quelques heures à peine. C'est durant l'une de ces courtes périodes que Krânyo et Rosie firent l'amour pour la première fois. Les parois normalement blanches de leur cabine reproduisaient l'image de l'espace autour du vaisseau ce qui contribuait largement à l’érotisme de la situation.
Krânyo était un amant endurant et Rosie connu des orgasmes puissants. Elle se demandait si la forme de son pénis ne contribuait pas à l’extraordinaire intensité de son plaisir. Elle avait joui plusieurs fois lorsque son amant glissa sa verge entre ses seins qu'elle comprima. Krânyo s’activa dans sa poitrine et dans cette ultime masturbation se répandit sur elle. Rosie en avait partout, dans sa bouche, sur son menton, son cou et sa poitrine. L'éjaculation eiwodam était verte, très visqueuse et beaucoup plus abondante que celle des terriens. Le sperme de Krânyo était chaud, elle le ramassa entièrement et la porta à sa bouche. C’était un peu moins salé que le sperme qu’elle connaissait et assez doux. Elle en apprécia le goût ce qui fit rire son amant. Le voyage touchait à sa fin et le puissant vaisseau se posa sur la surface d’Eiwod.
À peine arrivées, Krânyo, Rosie et Aline étaient convoquées devant les douze. La salle où les douze tenaient conseil était pleine. Weinya était déjà devant eux. Rosie et Aline se placèrent à ses côtés. Les douze considérèrent l’enfant pendant de longues minutes. Personne ne savait si elles communiquaient entre elles. L’une des douze s’adressa à l’assemblée et fit savoir que la vie de l’enfant était liée à Eiwod.
– En cela elle est Eiwodam et doit être renommée selon cette identité. Nous proposons lui donner le nom de Leiwha. Les parentes sont-elles d’accord avec ce choix ?
– C’est le nom d’une des mères sacrées des Eiwodam, expliqua Weinya à Rosie. En l’appelant ainsi, les douze affirment leur volonté de voir toute la communauté veiller sur elle. C’est un grand honneur.
– Je comprends que sur Eiwod, notre enfant doit avoir un prénom eiwodam, je suppose que votre proposition est sage et je l’accepte.
– Je suis très honorée par votre choix, je vous remercie pour elle.
L’affaire était entendue et tout le monde loua la sagesse des douze dans ce choix qui faisait pleinement rentrer l’enfant de Rosie dans la communauté eiwodam. Rosie fut autorisée à se retirer dans l’assemblée avec Leiwha durant le « jugement » de Weinya.
Celle-ci reconnut qu’elle avait fauté et n’avait pas contrôlé son plaisir. Elle plaida un moment de faiblesse et nia avoir voulu mêler son patrimoine génétique à celui que les douze avaient placé dans Rosie. Cette dernière, sans y être invitée, intervint pour dire qu’elle avait souhaité sentir Weinya venir en elle et que cela avait sans doute favorisé sa « faiblesse ». Alors que l’assemblée considérait cette intervention comme le comble de l’impolitesse, les douze admirèrent Rosie pour son courage et sa solidarité envers Weinya. Cependant, elles jugèrent que l’Eiwodam devait être punie pour son acte et en supporter la honte.
Weinya fut condamnée à une année eiwodam de chasteté « virile » et à veiller sur Leiwha. Krânyo eut tout juste le temps de prévenir Rosie que chez les Eiwodam le pénis, s’il était coupé, repoussait quand celui de Weinya fut sectionné. Elle ne dit rien, resta parfaitement stoïque et après avoir appliqué une compresse se retrouva, cicatrisée, avec un corps uniquement féminin. Rosie fut invitée à confier Leiwha à Weinya. Les douze lui promirent qu’il aurait régulièrement de ses nouvelles et lui demandèrent si elle souhaitait une quelconque faveur.
– Si je vous demande une faveur, elle n’est pas pour moi. Notre communauté sur terre a bien du mal à se regrouper, trois couples sont encore isolés et peut-être en danger. Malgré nos efforts, nous n’avons pas pu rentrer en contact avec deux d’entre eux. La situation est vraiment préoccupante. Pourrait-on bénéficier d’une aide active de la part des observateurs eiwodams qui sont sur place pour réunir tout le monde en Australie.
– Il en sera ainsi, Krânyo à qui nous donnons le titre de superviseur des opérations d’observation terriennes aura, en plus, pour mission vous aider à récupérer vos amis et de vous aider dans les cas d’extrême nécessité.
Rosie s'installa quelques jours chez Weinya, mais elle n'avait pas de sentiment très forts à son égard et les quelques fois où ils firent l'amour ne firent que la plonger dans la honte et la détresse de sa faute. Par contre son sentiment maternel envers leur enfant grandissait de jour en jours ; Rosie se sentait, à l’inverse, chaque jour un peu plus dépossédée d’Aline. Paradoxalement ce sentiment qui la bouleversait la rassurait aussi, car elle voyait que son enfant ne manquerait pas d’affection. Rosie finit par ne plus supporter de rester chez Weinya et termina son séjour auprès de Krânyo. Il en fut ravi même si cela ne devait durer guère plus d'une semaine terrestre ou trois jours eiwodams.
Le premier jour, ils ne quittèrent pas l'appartement de Krânyo, ne s'habillèrent pas et firent l'amour à chaque fois qu'une verge se tendait. Le deuxième jours, Krânyo lui fit visiter la tour et ses différents quartiers. La plupart des gens portaient les combinaisons classiques, mais d'autres sortaient uniquement habillés de leur pagne. Rosie s'en montra intriguée.
– Pourquoi certains se promènent en pagne, je croyais que c’était plutôt une tenue d’intérieur.
– Non, le port du pagne peut avoir plusieurs significations, chez soi, le port du pagne est associé à la détente alors qu’en public, il a un sens de disponibilité. Celles qui se rendent ainsi dans les espaces de détente de la tour expriment clairement qu’elles sont disponibles au plaisir et qu’elles autorisent quiconque le désire, à leur faire l'amour.
– Voilà une coutume intéressante, remarqua Rosie amusée. Je me demande ce qui se passerait si je me promenais ainsi… Tout le monde me trouverait sans doute très laide.
– Je ne crois pas, non, répondit son guide, tu sais très bien que tu es très belle et, en plus, pour nous tu représentes une sorte d’idéal exotique. Si tu te promenais en pagne, nous aurions du mal à avancer dans ce quartier et tu finirais sans doute dans un sale état.
Rosie sourit et restait songeuse, l'idée l'excitait. Était-ce dû au parfum d'érotisme particulier de cette planète, elle n’aurait pas su le dire, mais elle avait envie d’essayer. Elle voulait s’offrir à tout ceux qui le souhaiteraient, sentir de multiples mains parcourir son corps. Elle se voyait écartelée, possédée, prise par des sexes aux teintes argentées et cuivrées qui s’inviteraient dans tous ses orifices. Aucun espace de l’esprit de Rosie n’échappait à Krânyo, alors qu’elle était incapable d’accéder à l’intégralité de ses niveaux de conscience.
– L’expérience te tente, n’est-ce pas ?
– Pourquoi poses-tu la question ? Mes pensées n’ont aucun secret pour toi. Oui, ça me fait envie… mais toi ? Tu ne serais pas jaloux ?
– C’est un sentiment qui est totalement étranger sur Eiwod, nous ne connaissons pas le couple tel qu’il existe dans la société humaine. Si tu veux faire l’expérience de sortir en pagne en public, tu peux tenter l’expérience ce soir, si tu veux. Nous sommes invité à une grande réception, ce sera mieux que dans un couloir de la ville.
– Une grande réception ? Y aura beaucoup de monde ?
– Des centaines de personnes, tout le gratin eiwodam pour être précis. La population de la tour vient de renouveler sa confiance au bureau de coordination universel. C’est l’équivalent de notre gouvernement. Nous n’avons pas vraiment d’élection, tant qu’un membre du bureau a la confiance de tous, il peut rester à son poste. S’il la perd, alors il le quitte et des discussions publiques s’ouvrent pour le remplacer. L’Eiwodam qui lui succède est désigné par consensus.
– Mais du coup, vous avez des partis politiques, des courants ou des tendances ?
– Des courants de pensée, oui, mais, par contre, nous n’avons pas de parti. Notre société est parfaitement égalitaire. N’importe qui peut dire ce qu’il pense dans les débats et s’il fait l’unanimité, il peut recueillir la confiance des autres et se voir proposer un poste d’administrateur.
– C’est curieux, je ne sais pas si on arriverait à mettre un tel système en place sur Terre…
– Les humains en sont incapables, c’est sur et certain, mais vous autres, vous êtes libre de créer le monde que vous voulez et de ne pas y introduire les notions d’argent et de pouvoir.
– C’est vrai, mais on est encore tellement embryonnaire, j’ai du mal à croire que nous pourrons donner naissance à un autre chose pour l’instant. Nous n’avons pas le choix que de fonctionner avec le monde humain, ne serait-ce que pour acheter ce dont nous avons besoin et que nous ne pouvons pas produire.
– En grandissant, vous arriverez à subvenir à vos propres besoins et vous gagnerez en autonomie et en influence sur votre environnement.
Ce séjour sur Eiwod allait avoir une importance capitale pour Rosie. Elle était fascinée par leur fonctionnement. Ils étaient égalitaires, pacifistes et tout leur système économique et politique reposait sur la confiance et le partage. C’était tellement nouveau, tellement révolutionnaire et elle se disait que cela pourrait être le vrai model à suivre et à reproduire sur Terre. Elle se posait des tas de questions et Krânyo ne fut pas avare dans ses réponses. Son guide lui fit visiter quelques structures scolaires et universitaires et lui expliqua que l’éducation de leurs jeunes était autogérée et impliquait l’ensemble de la communauté.
Il était temps pour elle de renter pour se préparer. De retour chez Krânyo, après une toilette soignée, cette dernière enfila pour l'occasion une sorte de body noir métal au reflets de manganèse et chaussa de longues bottes de la même matière qui moulaient ses jambes jusqu'à mi cuisse. À la différence des combinaisons classiques, cette tenue moulait tous les détails de son corps ; elle opérait comme une seconde peau et donnait un sentiment de nudité absolue. Puis elle prêta à Rosie un pagne de nacre translucide irisée d’orange dont le contact était aussi doux que la soie ainsi qu'une paire de longs gants assortis. À la différence des pagnes qu’elle connaissait, celui-ci était composé de deux pans de tissus différents, très longs et ne passaient donc dans l’entre-jambes. La nudité de Rosie était à peine voilée et son accessibilité totale. Krânyo lui tendit ensuite une coupe d’une boisson contraceptive violette au parfum de fleur d’oranger.
– Maintenant, tu est prête, pensa Krânyo, allons-y.
– Avec joie, je te suis « beau prince », répondit Rosie.
– Beau prince ?
– Oui, ta tenue est superbe et elle met si bien en avant ta… « masculinité ». Je me demande où tu m’emmènes…
Elles embarquèrent dans le véhicule de Krânyo qui les monta vers les niveaux de réception. Ceux-là se trouvaient près du sommet de la tour, et se distinguaient des étages sous-jacents par la présence d’un immense jardin terrasse. En s’approchant la quantité de véhicule se faisait plus importante et ils s’organisaient en une fille continue qui progressait lentement. Le véhicule les déposa devant une grande allée blanche qu’empruntaient toutes les personnes invitées, puis il retourna se garer sur son aire chez Krânyo.
L’allée, bordée d’arbres oranges et pourpres, menait à une sorte de palais aux parois transparentes, surmonté d’un toit terrasse arboré. En entrant en ce lieu, Rosie, impressionnée, se tenait, comme une jeune mariée, au bras de son amie. Elle sentait d’innombrables regards se poser sur elle et croisait des regards chargés de désir. Rosie était émerveillée par la variété des tenues des Eiwodams. C’était un véritable festival de couleurs, certaines étaient assez minimalistes, comme celle de Krânyo et d’autres, au contraire, très travaillées et pleines d’artifices. Elle remarqua assez vite que le port du pagne n’était pas courant même si elle n’était pas la seule à afficher sa disponibilité.
– J’espère que je ne suis pas ridicule dans cette tenue, pensa Rosie à l’attention de Krânyo.
– Non, absolument pas, ce pagne est très chic, répondit Krânyo pour la rassurer. Et en porter un dans une assemblée si nombreuse et un acte de partage et de courage apprécié.
– Ce qui est ridicule, c’est d’imaginer que tu puisses l’être. Pensa quelqu’un auprès d’elle, je dirais, moi, que tu es ravissante… Je suis certaine que tu passeras une soirée extraordinaire.
– Bonsoir, Vahïnya, dit Krânyo, tu n’as pas encore eu le plaisir de croiser notre terrienne, je crois. Rosie, je te présente Vahïnya, responsable des observatoires de l’évolution du vivant sur la planète Geeh Zehl.
– Oh, enchantée, tu es une collègue de Krânyo, alors… Vous faites un peu le même travail, non ?
– Oui, si on veut, sauf qu’elle est une spécialiste de l’espèce humaine de la Terre, alors que moi je suis une généraliste. Je m’intéresse à toutes les espèces vivantes de Geeh Zehl et à l’étude de ses environnements. Il n’y a pas encore de forme de vie très évoluée sur cette planète, mais ça pourrait venir…
– Certains Eiwodams en suggèrent la colonisation, précisa Krânyo, mais cela ne fait pas encore consensus…
– Ah… je comprends, Conclut la terrienne.
Tout le monde se rassemblait en masse dans l’immense salle et beaucoup d’Eiwodams se pressaient contre elle. Rosie se demandait si elle n’allait pas étouffer et appréhendait le moment où des mains inconnues viendraient la toucher. À une tribune officielle, les administrateurs d’Eiwod se succédaient et remerciaient l’assistance nombreuse et l’ensemble des Eiwodams pour la confiance qu’elles leur avaient accordée et renouvelée. À la fin du dernier discours muet, la soirée fut officiellement déclarée ouverte et le dernier orateur invita toute l’assemblée à profiter pleinement de cette soirée et de tous les plaisirs honnêtes. Rosie ne savait pas qu’il existait des plaisirs malhonnêtes et imaginait mal ses hôtes se vautrer dans des activités criminelles, tant elles semblaient toutes raisonnables. C’est à ce moment qu’une première main vint lui caresser un sein tandis qu’une langue prenait l'autre et qu’une bouche s'emparait de la sienne. Elles étaient bientôt une dizaine à l'entourer, l'embrasser et la lécher. Une bouche avide gobait son pénis pendant qu'une de ses partenaires glissait le sien, bien raide, dans sa chatte inondée.
Rosie fut rapidement transportée sur l’estrade et donnée en spectacle érotique à l'assemblée. Le nombre de participantes ne changeait pas, mais dès que l'une descendait elle était aussitôt remplacée. Certaines prenaient ses seins, d'autres prenaient sa bouche, des pénis de toutes les couleurs se faufilaient dans chacun de ses orifices et le sien ne servit que deux fois. Elle léchait des chattes, branlait des verges, était aspergée ou remplie de toutes part et en redemandait. Les heures passaient et elle servait toujours. Sa chatte et son cul avaient tellement servi qu’ils ne se fermaient plus et qu’ils lessaient s’écouler le sperme douçâtre des Eiwodams. La soirée touchait à sa fin, l'assemblée finit par se vider, les gens, fatigués rentraient chez eux petit à petit, mais l'estrade fut le dernier endroit à être déserté. Quand le dernier de ses amants d’un soir s’en alla, Krânyo vint la trouver.
– Mmm, tu es sublime ! Tellement sale, sourit Krânyo en la voyant. Je n’ai jamais vu une personne autant couverte de sperme que toi ce soir.
– T’as raison, je suis poisseuse… y a-t-il un endroit où je puisse me doucher ?
– Non, c’est un peu tard, tout le monde s’en va, nous allons être les derniers. Ça ne se fait pas et en plus je te trouve très belle ainsi…
Rosie jeta un coup d’œil à son amie, son body impeccable qui épousait si bien son corps ne cachait rien de son érection et elle se dit qu'elle allait encore vider des couilles eiwodams avant de s'endormir. De retour chez elle, Krânyo se dévêtit et Rosie se jeta sur son sexe dur et courbé. Elle le goba, le lécha et se mit à quatre pattes pour laisser à son amie le choix de l’orifice. Elle n’eut pas à attendre, la grosse pine commença par s’introduire dans son vagin poisseux. Krânyo lui baisa la chatte pendant un long moment avant de changer de trou. Elle lui écarta les fesses et y planta son dard, lui ramona le fion et dans un cri d’extase y déversa sa semence. Rosie n’en pouvait plus, l’extraterrestre la mena au lit.
Le lendemain était son dernier jour sur Eiwod et elle alla profiter de son enfant une bonne partie de la matinée. Elle savait qu’elle ne le verrait peut-être plus. Elle l’embrassa et comme le cœur n’y était pas, elle décida de se promener un peu. Elle passa par un parc où elle s’allongea sur une herbe rouge, odorante et moelleuse. Elle se concentra et vida son esprit avec des exercices de méditation qui finirent par la détendre. En retournant vers le logement de Krânyo, elle réalisa que les personnes qu’elle croisait la regardaient bizarrement. Elle pensa que s’était à cause de sa conduite durant la soirée et se demanda pourquoi on lui reprochait, aujourd’hui d’avoir fait ça alors qu’elle n’avait eu que compliment la veille. Elle pressa le pas, il fallait qu’elle pose la question à son amie. Quand elle arrive chez elle, Krânyo la regarda de la même manière. Elle était visiblement inquiète et l'emmena sans attendre voir des médecins. Sa physionomie était en train de changer, elle reperdait ses cheveux et sa peau prenait une légère teinte grise argentée anormale chez les humains et leur descendance hermaphrodite. Rosie pouvait se voir dans un miroir, elle n’en croyait pas ses yeux. Le temps du trajet et des premières observations des médecins, ses cheveux étaient tous tombés et le blanc de ses yeux était devenu légèrement bleuté, du même bleu que son iris. Elle subit différents tests et il s'avéra qu'elle développait de nouvelles mutations dues à un virus local bénin, bien connu des habitant de cette planète et qui se propageait lors de rapports sexuels. Ce virus avait un côté plutôt bénéfique pour la population puisque son principal effet était de contribuer, à sa manière, au brassage du patrimoine génétique des Eiwodams en remplaçant sur un hôte des sections de gènes par des sections équivalentes prises sur un hôte précédant ou en recombinant le code de ces sections en hybridant les deux sources. À partir de l’âge adulte, toute la population d’Eiwod vivait avec et personne ne s'était vraiment intéressé à son mode de transmission. En effet, ce genre d’étude semblait, jusqu’à présent parfaitement inutile puisque ce virus ne perturbait en rien les organismes hôtes.
Il s'avéra donc que Rosie avait été contaminée et que son code génétique était maintenant beaucoup plus mélangé. On supposa que ses prouesses sexuelles de la veille n'y étaient pas étrangères et que les voies de transmission du virus étaient vénériennes. Le problème était que personne ne savait dire si ce virus anodin était également sans conséquences pour Rosie. Elle fut donc obligée de rester Eiwod, le temps de vérifier que sa santé n’était pas en danger et pour essayer de déterminer quel pourcentage de patrimoine génétique eiwodam elle avait intégré et quel pourcentage de patrimoine humain elle avait, éventuellement, disséminé. Elle fut gardée dans un espace stérile et se sentit très seule car Krânyo était retourné sur Terre pour un nouveau cycle d’observation. Tous les jours, médecins, spécialistes et chercheurs d’Eiwod défilaient dans sa chambre, effectuaient diverses observations physiques, puis elle était conviée à effectuer différents de tests psychiques, psychologique et métaphysiques. Les résultats étaient troublants. En quelques jours, toutes les transformations et acquisitions étaient effectuées, mais Rosie n’avait pas subi, à leurs yeux, une trop grosse transformation. Bien sûr sa peau avait des reflets argentés et ses yeux étaient entièrement bleus avec de fines irisations vertes et oranges, mais cela ne les choquait pas. Les Eiwodams continuaient à lui trouver des traits humains. Son organisation interne n’était, à première vue, pas modifiée et restait conforme à celle de tous les hermaphrodites terriens. Pourtant, ils durent temporiser leur enthousiasme ; un organe avait quand même été affecté. Son cerveau avait acquis une structure identique au cerveau eiwodam. Le cortex quadrilobé masquait maintenant un cinquième lobe cérébral que les Eiwodam qualifient de « lobe interne » ou « lobe sous-jacent », une partie du cerveau développée à partir d’une évolution du cervelet Du point de vue des capacités psychiques et métaphysiques, cette mutation n’était pas sans effet. Rosie avait, potentiellement, les mêmes aptitudes qu'un Eiwodam.
– Nous devons à tout prix identifier la séquence responsable de cette particularité. Exprima l’une des scientifiques. Ce sera une véritable avancée pour la science.
– J’en conviens, répondit une autre, et comme cela, nous pourrons peut-être lui retirer… Vous imaginez, des terriens à notre niveau méta-psy, C’est impensable !
– Ne vous inquiétez pas, chère consœur, intervint une autre, rien ne nous dit qu’elle soit à notre niveau. La seule chose que nous savons, c’est qu’elle présente, désormais, une organisation cérébrale semblable à la nôtre. C’est tout ! Et vous, qu’en pensez-vous ?
– Moi ? Je n’en pense rien, fit la dernière. Tout cela me laisse perplexe et je me demandais seulement si nous ne pourrions pas tenter un nouvel hybridisme en la faisant se reproduire de nouveau avec Weinya. Si jamais nous la perdions en extrayant ce que nous croyons être en trop, nous aurions un être dépositaire de la moitié de son patrimoine que nous pourrions étudier par la suite. Cela permettrait peut-être de vérifier certaines hypothèses.
– Non mais, ça n’va pas la tête ! S’écria Rosie en rage, je ne suis pas un animal de laboratoire, j’en réfère au conseil des mères !
– Que… Tu… tu nous comprends ? Fit la dernière qui venait de s’exprimer.
– Bien sûr que je vous ai comprises, votre niveau de conscience ne m’est plus inaccessible ! Pas plus que votre langage, d’ailleurs, et sachez, toutes autant que vous êtes, que vous ne me retirerez rien, que vous ne m’imposerez pas de me reproduire à nouveau avec Weinya et que vous n’utiliserez aucune personne de ma descendance à des fins scientifiques douteuses !
– Mais… il s’agit uniquement d’une expérience, répondit une des Eiwodams, rien de plus.
– Sauf que c’est criminel et que moi, je ne veux pas ! Sans compter que Weinya n’est pas non plus un cobaye et qu’elle n’a sans doute pas envie de vivre une telle horreur !
– Mais elle n’a pas le choix, elle est en disgrâce ! Si elle veut pouvoir retrouver un statut, elle fera ce qu’on lui demande.
– Mais vous êtes complètement tarées, s’exclama Rosie à haute voix, j’en réfère au conseil des mères !
– Tu… Comment oses-tu ? Personne ne peut…
– Si ! Vous le savez très bien et pour la troisième fois, j’en réfère au conseil des mères !
Une Eiwodam entra précipitamment dans la chambre. De toute évidence, il était contrarié. Le conseil des mères était réuni et attendait Rosie. Les scientifiques pâlirent, comment avait-elle su obtenir l’arbitrage des douze, il fallait employer cette formule trois fois et comment avait-elle pu être entendue ! Rosie arriva devant les douze, une foule importante avait déjà envahi l’assemblée. Les mères lui demandèrent d’expliquer ce qui avait motivé son appel. Un peu impressionnée, elle commença timidement son histoire et comme les mères l’encourageaient, elle eut le loisir d’expliquer, en public, toute la situation. Comme, à chaque instant, elle prenait, elle même, de plus en plus conscience de la transformation qu’elle subissait, elle la décrivit afin que toute l’assistance comprenne bien. Elle exprima ensuite ce que les scientifiques prévoyaient de lui faire et ce qu’elles avaient imaginé imposer à Weinya et elle. Une vague de désapprobation et d’indignation parcourut l’assemblée. Il y avait des siècles, sinon plus, que des Eiwodams n’avaient pas conçu d’idées criminelles. On fit venir les quatre scientifiques responsables, elles n’en menaient pas large. Elle n’essayèrent pas de démentirent, mais avancèrent des justifications maladroites qui ne firent qu’accroitre le l’indignation de la foule et l’évidence de leur culpabilité. Les douze entourèrent les quatre Eiwodams et quand elles s’écartèrent de nouveaux, elles étaient étendues sans vie au sol.
– Vous… vous les avez… Commença Rosie.
– Non, nous ne les avons pas tuées, nous avons effacé toute leur mémoire et réduit leurs capacités à presque rien. Telles qu’elles sont maintenant, elles ne peuvent plus rien faire toutes seules ; nous allons nous occuper d’elles et les reconditionner.
– Vous voulez dire que ce sont des… des « légumes » ?
– Ahah ! Vous les terriennes, vous employez de bien étranges comparaisons ; elles ont, pour l’heure, moins de conscience qu’un légume comme vous dites, mais rassurer vous, elles ne resterons pas comme ça, dans quelques années, elles auront réappris à vivre en société et à respecter toute forme de vie.
– Quelques années… c’est une longue pénitence, fit Rosie
– Tu es sage Rosie et pleine de compassion même envers les pires esprits. Sur Eiwod, il n’y a que très rarement des problèmes de cette gravité et nous avons découvert, mes sœurs et moi qu’elles nourrissaient de plus sombres desseins encore. Ces quatre personnes étaient très actives dans le projet de colonisation de la planète Geeh Zehl et il semblerait qu’elles aient imaginé la gouverner sur un système très différent de celui d’Eiwod. Pour être précise, ajouta-t-elle à destinations des eiwodams présentes, ces quatre que vous étiez nombreuses à vouloir suivre dans ce projet projetaient de vous asservir. Rosie était précieuse pour elles car elle leur permettait d’identifier, précisément, quels gènes permettaient de maîtriser plusieurs niveaux de conscience et elles se seraient employées à trouver un moyen de les altérer. Leur but était de réduire les capacités de celles qui les suivraient afin de pouvoir les dominer. Elles prévoyaient de Reigner par la peur !
Une nouvelle vague d’indignation parcourut l’assistance, mêlée, chez certaines, d’un sentiment de honte pour avoir été dupées par ces quatre scientifiques.
– Le projet de colonisation de Geeh Zehl nous déplait, continua celle des douze qui s’exprimait. Cette planète qui nait à la vie doit être laissée libre dans son évolution. Qui sait quelle forme de vie consciente elle fera naître, rien ne dit qu’elle soit compatible avec nous… Qu’importe, il en va ainsi de la diversité de l’univers. Aujourd’hui, mes sœurs et moi avons essaimé notre patrimoine génétique au sein de douze populations différentes sur douze planètes différentes. Il n’y aura pas de treizième planète ! Surtout depuis que nous avons amélioré les capacités d’un groupe de terriens qui pour le moment, nous donne entière satisfaction.
Plusieurs questions se formulaient dans l’esprit du public. Elles tournaient toutes autour de Rosie et de son devenir.
– J’entend de multiples interrogations s’élever parmi vous, mes filles, intervint une autre des douze. Et je tiens à vous rassurer sur le fait que Rosie pourra tout à fait retourner auprès des siennes sur Terre. Sa mutation récente n’ayant pas affecté sa physiologie de base.
– J’ajouterai que, grâce à la désobéissance de Weinya, Rosie a ainsi pu évoluer encore d’une manière positive. Continua une autre. C’est une chance pour elle et pour sa communauté ; c’est un mal pour un bien. De plus, elle est porteuse du virus et celui-ci permettra peut-être d’introduire ces mêmes mutations chez ses sœurs.
– Rosie est aujourd’hui, du point de vue génétique, plus eiwodam que sa fille Leiwha et j’entends votre appel pour qu’elle reçoive un nom ici, reprit une autre des douze, mais il convient de lui demander si elle est d’accord.
– J’en serais très honorée, répondit Rosie, le sort a voulu que je devienne un pont entre nos deux populations, je tacherais d’en être digne et m’en remets à votre sagesse.
– Rosie, Akili Éryé Gahya Aamaa Dailo Sam Sya, Esprit de Paix, Mère de la Terre, Pont entre les Mondes, tel est ton nom complet. Soit la bienvenue parmi nous Akémisya, puisse ta vie être longue et fructueuse.
– Je vous remercie pour ce nom qui m’honore.
– Akémisya ! Cria l’assistance en silence.
Les douze se retirèrent et Rosie-Akémisya fut libre de circuler où bon lui semblait dans la tour. Elle put rendre visite à Weinya et Leiwha et se réinstalla chez Krânyo en attendant son retour. Un vaisseau spatial avait été dépêché aux environs de la terre pour la prévenir. Ainsi, Krânyo arriva trois jours plus tard avec pour mission de ramener Akémisya sur Terre. Elle le retrouva chez elle, Rosie l’attendait simplement vêtue d’un pagne brun-roux irisé de violet. Quand elle la découvrit l’eiwodam fut surprise de la transformation de son amie. Elle qui avait l’habitude des terriens comprit en la voyant qu’elle avait maintenant beaucoup plus d’eiwodam en elle que d’humain. Elle fut également étonnée par les capacités de son amie qui même pour une eiwodam était particulièrement douée.
– Je ne pourrais plus te cacher grand-chose, dit-elle à la terrienne.
– Ça, c’est une certitude, je m’en apercevrais tout de suite. Et en plus de ça, je sais faire plein de choses maintenant, tu vas voir.
Rosie fit venir à elles un petit plateau sur lequel étaient posées deux coupes de nectar de liounou, une fleur locale aux vertus tonifiantes et euphorisantes. Krânyo en prit une, Rosie prit l’autre et renvoya le plateau vers la table où il était posé avant.
– Bravo, c’est pas mal pour une « humaine » ! pensa Krânio amusée.
– Évidemment, pour toi c’est à la portée d’un enfant de trois ans, mais je n’suis pas née eiwodam, moi !
– Oh, de trois ans peut-être pas, mais tu vas pouvoir apprendre à piloter, ça te dirais ?
– Tu parles ! Parce que c’est comme ça que vous vous déplacez ?! Vos véhicules n’ont pas de moteurs ?
– Non, les andhas sont légers et confortables, c’est tout. Il y a quand même un système de sécurité intégré capable de ralentir ou d’arrêter le véhicule pour éviter les accidents, mais il est parfaitement inutile.
– On commence quand ? Demanda Rosie impatiente. J’ai hâte de diriger ton andha !
– Doucement, ma chérie, t’as pas un peu abusé du liounou ?
– Tu te moques de moi, vilaine !
Krânyo prend les commandes au départ, elle conduit l’andha sur une voie de circulation hors de la ville et en confia les commandes à son amie. Au début, Rosie dût faire preuve d’une grande concentration, mais, après quelques minutes, elle se sentit plus à l’aise pour maintenir l’andha à la même altitude et la même vitesse. Krânyo l’observait et évaluait son amie. Quand elle sentit que celle-ci s’était détendue, elle lui suggéra d’accélérer. Rosie réussit à le propulser à une vitesse vertigineuse et se rendit compte qu’à l’instar de Krânyo, elle était capable de faire autre chose en même temps. Elle sonda l’esprit de son amie pour savoir où les menait leur trajectoire, mais tout ce qu’elle pouvait voir, c’était « surprise ».
– Tu ne peux pas me mentir, mais tu peux quand même me cacher des choses… Tu ne me dévoileras pas où on va.
– Heureusement qu’on peut quand même se faire des surprises, la vie serait trop triste autrement, mais toi aussi t’en es capable. D’ailleurs, tu l’as déjà fait il me semble quand tu as caché à Jeannette et tes amies la véritable nature de ton bébé.
– Oui, c’est vrai, je sais le faire… Mais j’ai comme l’impression que ta surprise sera plus agréable que la mienne.
Elles circulaient à très grande vitesse sur une voie au milieu de l’épaisse forêt eiwodam Le soleil était haut et le ciel était d’un rose éclatant. Elles débouchèrent en sommet d’une colline et, aussitôt, Rosie fut émerveillée par la paysage qui s’étendait sous ses yeux, la forêt cédait la place à une immense prairie dominée, au loin par une tour semblable à celle qu’elle connaissait et juste après était un océan à la teinte violette.
– C’est… c’est la mer, dit elle, et une autre ville.
– Oui, c’est notre grand océan septentrional. Je voulais que tu le vois avant de partir, c’est superbe.
En arrivant vers la tour, Rosie s’aperçut qu’elle était nettement plus petite que celle qu’elles avaient quittée et qu’elle s’appuyait sur de grandes structures horizontales qui s’étendaient de part et d’autre jusque dans la mer où elle formaient les digues d‘un port. Elles abandonnèrent l’andha sur une aire de stationnement et entrèrent à pied dans la ville. Krânyo avait réservé un appartement en haut de la digue ouest. C’était une simple chambre entièrement ouverte sur une terrasse orientée face au soleil couchant et équipée d’un lit et d’un bassin dont l’eau était sans cesse renouvelée. En arrivant dans la pièce, Rosie ne dit rien, elle ressentait le désir de Krânyo, elle retira sa combinaison et s’étendit sur le lit. Leur étreinte dura longtemps et elles se donnèrent mutuellement du plaisir. Après avoir fait l’amour, elles se plongèrent dans l’eau douce du bassin, où de petits poissons vinrent les nettoyer. Une jeune eiwodam apparut dans la pièce, Rosie sentit sa présence sans même tourner la tête dans sa direction. Sans même ouvrir les yeux, elle était capable de la voir dans son esprit. La jeune eiwodam était vêtue d’un pagne élégant blanc nacré irisé de bleu, sa poitrine était cachée par une bande de tissu identique. Le blanc des vêtements contrastait avec sa peau foncée, couleur de bronze. À peine sortie de l’adolescence, elle était grande et très fine. Elle leur portait des boissons. Rosie se retourna pour prendre la coupe qu’elle lui tendait, elle ne s’était pas trompée.
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ploufmaster
31 janvier 2015 à 22:18
bonjours
toujours une réelle plaisir de lire les histoires je me lasse pas
Soyez respectueux
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