Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les vacances de Marina — Chapitre 4 · De nouvelles émotions
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les vacances de Marina
Chapitre 4 · De nouvelles émotions
Un brouillard lourd enveloppe Marina alors qu'elle se réveille difficilement. Le soleil perce entre les volets de sa chambre comme des lames de lumière.
Des images crues du salon – sa mère humiliée, JJ en rut, Pépita orchestrant le chaos, et son propre orgasme dévastateur – déferlent dans sa tête (voir chapitre 3).
Elle se redresse instantanément sur son lit, le cœur battant, réalisant qu'elle porte son pyjama, haut et bas, bien en place.
D'un bond, elle saute du lit, ouvre les volets ; le soleil lui explose les yeux, la forçant à les cligner frénétiquement. Après quelques secondes d'adaptation, elle tire l'élastique de son pyjama pour inspecter : rien de suspect, pas de trace de mouille, juste sa peau tiède.
Par la fenêtre, elle aperçoit son père et JJ en train d'allumer le barbecue, comme si de rien n'était.
Un coup d'œil à son téléphone : 12h15 ! Plusieurs messages de sa mère s'affichent – d'abord pour savoir si elle daigne se lever, puis si elle fera l'honneur de sa présence au repas de midi, et enfin un dernier, agacé, disant qu'ils ne l'attendront pas.
Des images crues du salon – sa mère humiliée, JJ en rut, Pépita orchestrant le chaos, et son propre orgasme dévastateur – déferlent dans sa tête (voir chapitre 3).
Elle se redresse instantanément sur son lit, le cœur battant, réalisant qu'elle porte son pyjama, haut et bas, bien en place.
D'un bond, elle saute du lit, ouvre les volets ; le soleil lui explose les yeux, la forçant à les cligner frénétiquement. Après quelques secondes d'adaptation, elle tire l'élastique de son pyjama pour inspecter : rien de suspect, pas de trace de mouille, juste sa peau tiède.
Par la fenêtre, elle aperçoit son père et JJ en train d'allumer le barbecue, comme si de rien n'était.
Un coup d'œil à son téléphone : 12h15 ! Plusieurs messages de sa mère s'affichent – d'abord pour savoir si elle daigne se lever, puis si elle fera l'honneur de sa présence au repas de midi, et enfin un dernier, agacé, disant qu'ils ne l'attendront pas.
Son cerveau percute, un éclair de stupéfaction la traverse. « P'tain ! » s'exclame-t-elle à voix haute, seule dans la chambre.
Ce n'était qu'un rêve, un foutu rêve pervers. « Faut que je surveille ma libido », marmonne-t-elle, partagée entre soulagement, honte et une chaleur diffuse qui persiste dans son bas-ventre. Elle reste encore hantée par les images scandaleuses.
Marina se glisse sous la douche : un jet rapide pour chasser les vestiges de son rêve honteux. L'eau fraîche apaise à peine la chaleur qui persiste dans son intimité.
Comment des trucs aussi dégueux ont-ils pu m'exciter ?! s'interroge-t-elle.
Ce n'était qu'un rêve, un foutu rêve pervers. « Faut que je surveille ma libido », marmonne-t-elle, partagée entre soulagement, honte et une chaleur diffuse qui persiste dans son bas-ventre. Elle reste encore hantée par les images scandaleuses.
Marina se glisse sous la douche : un jet rapide pour chasser les vestiges de son rêve honteux. L'eau fraîche apaise à peine la chaleur qui persiste dans son intimité.
Comment des trucs aussi dégueux ont-ils pu m'exciter ?! s'interroge-t-elle.
Elle enfile un short léger et un débardeur par-dessus son maillot de bain, puis rejoint le barbecue où l'odeur de grillades emplit l'air ensoleillé. Elle fait la bise à tout le monde – son père, JJ, Pépita, sa mère.
– Désolée pour la grasse mat', vous savez, les ados… ah ah ! lance-t-elle avec un rictus crispé.
Mais ça sonne faux même à ses propres oreilles.
Sa mère, déjà à l'apéro avec Pépita, un verre de rosé à la main, semble calmée, son agacement matinal envolé. « Merci l'alcool », pense Marina. Une moue intérieure lui échappe alors qu'elle revoit, malgré elle, des images crues de son rêve.
– Désolée pour la grasse mat', vous savez, les ados… ah ah ! lance-t-elle avec un rictus crispé.
Mais ça sonne faux même à ses propres oreilles.
Sa mère, déjà à l'apéro avec Pépita, un verre de rosé à la main, semble calmée, son agacement matinal envolé. « Merci l'alcool », pense Marina. Une moue intérieure lui échappe alors qu'elle revoit, malgré elle, des images crues de son rêve.
Le repas, comme d'hab, est un régal : viandes juteuses, légumes grillés, discussions légères.
Maintenant qu'elle est « grande », on lui sert du rosé – deux verres, pas plus, mais assez pour faire rosir ses joues et brouiller ses pensées. Les flashes troublants de son imagination nocturne dansent encore et menacent de resurgir à chaque regard vers les adultes.
Son père, après le repas, propose d'aller aux Beaux Horizons, une plage familiale tranquille, loin des lieux agités.
Elle fronce les sourcils, surprise : les autres années, ses parents et Pépita préféraient la plage nudiste de l'Olivette, où elle refusait de les suivre, alternant entre la piscine, des plages « normales » et ses révisions scolaires, seule — son introversion la tenant à l'écart des amitiés adolescentes.
– Ben, vous n'allez pas à l'Olivette ? lâche-t-elle, la voix teintée de suspicion.
– Non, on commence par t'accompagner, ma grande. Et puis, peut-être que je peux t'aider à lutter contre ta timidité et rencontrer d'autres jeunes, répond Pépita, un sourire malicieux aux lèvres .
Elle avait ponctué sa phrase d'un clin d'œil qui avait fait tressaillir Marina à cause d'une image fugace de son rêve scandaleux – Pépita, dominante, orchestrant tout.
Maintenant qu'elle est « grande », on lui sert du rosé – deux verres, pas plus, mais assez pour faire rosir ses joues et brouiller ses pensées. Les flashes troublants de son imagination nocturne dansent encore et menacent de resurgir à chaque regard vers les adultes.
Son père, après le repas, propose d'aller aux Beaux Horizons, une plage familiale tranquille, loin des lieux agités.
Elle fronce les sourcils, surprise : les autres années, ses parents et Pépita préféraient la plage nudiste de l'Olivette, où elle refusait de les suivre, alternant entre la piscine, des plages « normales » et ses révisions scolaires, seule — son introversion la tenant à l'écart des amitiés adolescentes.
– Ben, vous n'allez pas à l'Olivette ? lâche-t-elle, la voix teintée de suspicion.
– Non, on commence par t'accompagner, ma grande. Et puis, peut-être que je peux t'aider à lutter contre ta timidité et rencontrer d'autres jeunes, répond Pépita, un sourire malicieux aux lèvres .
Elle avait ponctué sa phrase d'un clin d'œil qui avait fait tressaillir Marina à cause d'une image fugace de son rêve scandaleux – Pépita, dominante, orchestrant tout.
Sur la plage des Beaux Horizons, tous les cinq s'installent, profitant du sable chaud, des rires et du clapotis des vagues. Pépita, fidèle à sa promesse, donne des coups de coude à Marina, désignant de beaux gars bronzés en maillot, murmurant :
– Faut que t'aies l'air open, ma belle. Comme ça, c'est eux qui feront le premier pas. Lâche les basques de tes parents et oublie tes livres !
Marina, rouge sous son chapeau, sent son pouls s'accélérer. Son cerveau oscille entre sa peur des autres et l'envie de plaire ; le tout parasité par les images de la nuit.
Les vagues scintillent sous le soleil brûlant.
– Allez, les vieux, on va se baigner ! lance soudain Pépita, avec une œillade discrète à l'intention de Marina.
Elle entraîne les parents de Marina et JJ vers l'eau, laissant la jeune femme anxieuse seule sur sa serviette.
Marina ajuste nerveusement son chapeau, sentant les attentes de Pépita peser sur elle, comme si tout était calculé.
À peine le groupe s'éloigne-t-il qu'un des beaux gosses repérés plus tôt, un grand brun aux épaules musclées et au maillot bleu, s'approche avec un sourire désarmant.
– Salut, j't'ai vue avec ta bande de jeunes – ahah ! lance-t-il.
Il éclate d'un rire franc qui fait tressaillir Marina ; son humour la touche malgré sa timidité.
– Moi, c'est Théo. T'es d'ici ou en vacances ?
– Vacances… euh, de Paris, bafouille-t-elle, son visage en feu derrière ses lunettes de soleil.
Théo s'assoit à côté, pas trop près, et pointe du doigt un groupe de potes plus loin sur la plage.
– Là-bas, c'est ma bande. Des locaux. D'hab, on a nos spots secrets, mais là, on fait une étude sociologique de la touriste lambda, ahah !
Son enthousiasme contagieux fait naître un sourire timide sur les lèvres de Marina, surprise d'apprécier la conversation. Elle change de position légèrement, jouant avec le sable du bout des doigts. Son esprit reste tiraillé entre la gêne d'être draguée et le frisson inattendu de plaire.
– Tu viens souvent dans la région ?
– Euh… non, juste l'été, avec la famille, bredouille-t-elle.
Théo hoche la tête, amusé.
– Ok, et t'as des coins sympas où tu traînes sans ta bande ? demande-t-il en lui adressant un clin d'œil.
Marina hésite, triturant le sable.
– Pas vraiment… je reste souvent à la maison, ou à la piscine.
Il rit doucement.
– Sérieux ? T'es du genre à rester planquée avec tes bouquins ?
– Un peu, ouais… dit-elle en rougissant derrière ses verres fumés.
– Ce soir, on va boire un coup au BoudhaSeum, y a du bon son. Ça te dit ?
Elle sent ses battements dans les tempes.
– Euh… peut-être, ouais, murmure-t-elle.
Théo sort son téléphone.
– Ok, donne-moi ton numéro, je t'envoie l'adresse. Promis, tu regretteras pas !
Non sans une certaine appréhension, elle concède son numéro, la gorge serrée. Théo tape, puis lève les yeux avec un rire espiègle.
– Attends, je le mets à quel nom ? T'as pas encore dit ton prénom, toi ! La belle inconnue de la plage ?
Leurs rires éclatent en chœur. Marina, ravie, murmure :
– Marina… juste Marina.
Un frémissement d'excitation la traverse, mais sa raison balance toujours entre la peur de s'aventurer hors de sa bulle et l'envie brûlante de découvrir de nouvelles choses.
– Faut que t'aies l'air open, ma belle. Comme ça, c'est eux qui feront le premier pas. Lâche les basques de tes parents et oublie tes livres !
Marina, rouge sous son chapeau, sent son pouls s'accélérer. Son cerveau oscille entre sa peur des autres et l'envie de plaire ; le tout parasité par les images de la nuit.
Les vagues scintillent sous le soleil brûlant.
– Allez, les vieux, on va se baigner ! lance soudain Pépita, avec une œillade discrète à l'intention de Marina.
Elle entraîne les parents de Marina et JJ vers l'eau, laissant la jeune femme anxieuse seule sur sa serviette.
Marina ajuste nerveusement son chapeau, sentant les attentes de Pépita peser sur elle, comme si tout était calculé.
À peine le groupe s'éloigne-t-il qu'un des beaux gosses repérés plus tôt, un grand brun aux épaules musclées et au maillot bleu, s'approche avec un sourire désarmant.
– Salut, j't'ai vue avec ta bande de jeunes – ahah ! lance-t-il.
Il éclate d'un rire franc qui fait tressaillir Marina ; son humour la touche malgré sa timidité.
– Moi, c'est Théo. T'es d'ici ou en vacances ?
– Vacances… euh, de Paris, bafouille-t-elle, son visage en feu derrière ses lunettes de soleil.
Théo s'assoit à côté, pas trop près, et pointe du doigt un groupe de potes plus loin sur la plage.
– Là-bas, c'est ma bande. Des locaux. D'hab, on a nos spots secrets, mais là, on fait une étude sociologique de la touriste lambda, ahah !
Son enthousiasme contagieux fait naître un sourire timide sur les lèvres de Marina, surprise d'apprécier la conversation. Elle change de position légèrement, jouant avec le sable du bout des doigts. Son esprit reste tiraillé entre la gêne d'être draguée et le frisson inattendu de plaire.
– Tu viens souvent dans la région ?
– Euh… non, juste l'été, avec la famille, bredouille-t-elle.
Théo hoche la tête, amusé.
– Ok, et t'as des coins sympas où tu traînes sans ta bande ? demande-t-il en lui adressant un clin d'œil.
Marina hésite, triturant le sable.
– Pas vraiment… je reste souvent à la maison, ou à la piscine.
Il rit doucement.
– Sérieux ? T'es du genre à rester planquée avec tes bouquins ?
– Un peu, ouais… dit-elle en rougissant derrière ses verres fumés.
– Ce soir, on va boire un coup au BoudhaSeum, y a du bon son. Ça te dit ?
Elle sent ses battements dans les tempes.
– Euh… peut-être, ouais, murmure-t-elle.
Théo sort son téléphone.
– Ok, donne-moi ton numéro, je t'envoie l'adresse. Promis, tu regretteras pas !
Non sans une certaine appréhension, elle concède son numéro, la gorge serrée. Théo tape, puis lève les yeux avec un rire espiègle.
– Attends, je le mets à quel nom ? T'as pas encore dit ton prénom, toi ! La belle inconnue de la plage ?
Leurs rires éclatent en chœur. Marina, ravie, murmure :
– Marina… juste Marina.
Un frémissement d'excitation la traverse, mais sa raison balance toujours entre la peur de s'aventurer hors de sa bulle et l'envie brûlante de découvrir de nouvelles choses.
Les rires de Pépita, qui résonnent au bord de l'eau en se rapprochant, attirent leur attention.
Atteignant les serviettes, l'espagnole croise le regard de Marina, un sourire complice flotte sur ses lèvres, mais elle ne souffle pas un mot sur le grand brun qui vient de s'éloigner.
Trop de méduses pour moi aujourd'hui. Désolée …
Atteignant les serviettes, l'espagnole croise le regard de Marina, un sourire complice flotte sur ses lèvres, mais elle ne souffle pas un mot sur le grand brun qui vient de s'éloigner.
Trop de méduses pour moi aujourd'hui. Désolée …
Le soir venu, l'odeur de viande grillée envahit de nouveau l'air quand les vieux sortent de la piscine, dégoulinants et hilares.
Marina, elle, ne peut s'empêcher de lorgner discrètement les maillots mouillés de JJ et de son père : le tissu collé dessine tout, et les images de son rêve – ces mêmes corps, mais dans une tout autre configuration – lui reviennent en flashs brûlants.
Elle détourne vite les yeux, les joues en feu, et se concentre sur les brochettes.
Apéro-repas traditionnel : les cinq autour de la table en bois ; rosé, rires et anecdotes de plage.
Son téléphone vibre dans sa poche, et revibre, puis s'agite encore. Impossible d'attendre : elle jette un œil sous la table.
– Marina, on mange… dit sa mère en fronçant les sourcils.
– Oh, lâche-lui les baskets à la petite, elle a dix-huit ans ! la coupe aussitôt Pépita d'un air faussement sévère.
Tout le monde rigole, et Marina se replonge dans l'écran.
Des snaps de Théo qui tombent en rafale :
une photo de groupe avec légende : « Pour pas que t'aies peur en débarquant ce soir »
un black aux dreads interminables, dents éclatantes : « Stan YoMan se la joue rasta-cool 24/7 »
un métalleux tatoué aux cheveux longs, qui fait un signe de cornes : « Steeve, le mec le plus faussement méchant du monde, promis »
un rondouillard et rougeaud, qui lève son verre : « John Fat Boy Clim, il assume son pseudo »
et enfin une brune aux yeux malicieux, qui tire la langue : « Lily, dite Cunni… je te laisse deviner pourquoi mdr »
Chaque snap est une porte ouverte sur un monde qu'elle n'a jamais osé explorer: des jeunes de son âge, qui rient, qui l'attendent, qui veulent peut-être devenir ses amis.
Marina sent une expression niaise se former sur ses lèvres, impossible à réprimer. Son père le remarque.
– Eh ben, on dirait que quelqu'un est content tout à coup ! C'est le rosé ou y a autre chose ?
Elle hausse les épaules, les yeux brillants.
– Ou les deux, peut-être…
Pépita lève son verre avec un petit clin d'œil complice, et Marina, pour la première fois de l'été, se sent légère, prête presque à sauter dans le vide.
À peine le dessert avalé, Marina se glisse dans un coin de la terrasse et ouvre Snap. Elle envoie à Théo un message simple, un peu provocateur pour se donner du courage.
– Et toi, pas de photo, pas de pseudo ? T'as peur que je te trouve trop beau ?
Trois secondes plus tard, une notif. Théo lui envoie une photo prise en contre-plongée, torse nu, serviette autour des hanches, cheveux encore mouillés, regard direct et un sourire un peu trop confiant.
Rien de vulgaire, mais clairement plus suggestif que les snaps de groupe. Elle zoome, dézoome, examine plusieurs fois avant que la photo ne disparaisse. Son ventre se serre agréablement.
Elle monte se préparer. Douche, crème, choix de tenue. Elle enfile d'abord un string noir tout neuf (celui acheté en ville - voir chapitre 1), puis un short en jean un peu trop court (qu'elle a amputé au début de l'été), un soutien-gorge noir, un top de la même couleur qui laisse voir un bout de ventre, et des Converses blanches.
Elle se maquille plus que d'habitude, se demande dix fois si c'est trop, si ce n'est pas assez, si ces gens vont la trouver chiante, si elle va rester collée au mur toute la soirée.
« Qu'est-ce que tu fous, Marina ? T'as jamais mis les pieds dans un bar sans tes parents… » Elle se parle toute seule devant le miroir, le cœur qui bat trop fort.
Quand elle redescend, sa mère lève un sourcil.
– Tu sors comme ça ? C'est un peu… court, non ?
Pépita, déjà un verre à la main, intervient immédiatement :
– Laisse-la, Véro. Elle est superbe. Vas-y ma grande, amuse-toi. Et envoie un message si tu rentres tard, hein.
Elle lui fait un clin d'œil complice qui fait rougir Marina une fois de plus.
Marina, elle, ne peut s'empêcher de lorgner discrètement les maillots mouillés de JJ et de son père : le tissu collé dessine tout, et les images de son rêve – ces mêmes corps, mais dans une tout autre configuration – lui reviennent en flashs brûlants.
Elle détourne vite les yeux, les joues en feu, et se concentre sur les brochettes.
Apéro-repas traditionnel : les cinq autour de la table en bois ; rosé, rires et anecdotes de plage.
Son téléphone vibre dans sa poche, et revibre, puis s'agite encore. Impossible d'attendre : elle jette un œil sous la table.
– Marina, on mange… dit sa mère en fronçant les sourcils.
– Oh, lâche-lui les baskets à la petite, elle a dix-huit ans ! la coupe aussitôt Pépita d'un air faussement sévère.
Tout le monde rigole, et Marina se replonge dans l'écran.
Des snaps de Théo qui tombent en rafale :
une photo de groupe avec légende : « Pour pas que t'aies peur en débarquant ce soir »
un black aux dreads interminables, dents éclatantes : « Stan YoMan se la joue rasta-cool 24/7 »
un métalleux tatoué aux cheveux longs, qui fait un signe de cornes : « Steeve, le mec le plus faussement méchant du monde, promis »
un rondouillard et rougeaud, qui lève son verre : « John Fat Boy Clim, il assume son pseudo »
et enfin une brune aux yeux malicieux, qui tire la langue : « Lily, dite Cunni… je te laisse deviner pourquoi mdr »
Chaque snap est une porte ouverte sur un monde qu'elle n'a jamais osé explorer: des jeunes de son âge, qui rient, qui l'attendent, qui veulent peut-être devenir ses amis.
Marina sent une expression niaise se former sur ses lèvres, impossible à réprimer. Son père le remarque.
– Eh ben, on dirait que quelqu'un est content tout à coup ! C'est le rosé ou y a autre chose ?
Elle hausse les épaules, les yeux brillants.
– Ou les deux, peut-être…
Pépita lève son verre avec un petit clin d'œil complice, et Marina, pour la première fois de l'été, se sent légère, prête presque à sauter dans le vide.
À peine le dessert avalé, Marina se glisse dans un coin de la terrasse et ouvre Snap. Elle envoie à Théo un message simple, un peu provocateur pour se donner du courage.
– Et toi, pas de photo, pas de pseudo ? T'as peur que je te trouve trop beau ?
Trois secondes plus tard, une notif. Théo lui envoie une photo prise en contre-plongée, torse nu, serviette autour des hanches, cheveux encore mouillés, regard direct et un sourire un peu trop confiant.
Rien de vulgaire, mais clairement plus suggestif que les snaps de groupe. Elle zoome, dézoome, examine plusieurs fois avant que la photo ne disparaisse. Son ventre se serre agréablement.
Elle monte se préparer. Douche, crème, choix de tenue. Elle enfile d'abord un string noir tout neuf (celui acheté en ville - voir chapitre 1), puis un short en jean un peu trop court (qu'elle a amputé au début de l'été), un soutien-gorge noir, un top de la même couleur qui laisse voir un bout de ventre, et des Converses blanches.
Elle se maquille plus que d'habitude, se demande dix fois si c'est trop, si ce n'est pas assez, si ces gens vont la trouver chiante, si elle va rester collée au mur toute la soirée.
« Qu'est-ce que tu fous, Marina ? T'as jamais mis les pieds dans un bar sans tes parents… » Elle se parle toute seule devant le miroir, le cœur qui bat trop fort.
Quand elle redescend, sa mère lève un sourcil.
– Tu sors comme ça ? C'est un peu… court, non ?
Pépita, déjà un verre à la main, intervient immédiatement :
– Laisse-la, Véro. Elle est superbe. Vas-y ma grande, amuse-toi. Et envoie un message si tu rentres tard, hein.
Elle lui fait un clin d'œil complice qui fait rougir Marina une fois de plus.
Marina pousse la porte du BoudhaSeum. L'air est chaud, chargé d'alcool et de sueur légère. La musique est forte sans excès.
Du fond de la salle, Théo l'aperçoit tout de suite et lui fait signe. Elle s'approche lentement, la tachycardie aussi.
– Hey… t'es venue, dit-il en souriant.
Il lui tend une canette déjà ouverte.
– T'as le droit de dire non, hein. Mais c'est juste de la bière. Je viens de l'ouvrir.
Elle prend la canette, boit une gorgée pour se donner une contenance. Autour de la table, la bande est déjà installée.
Stan (YoMan) lève son verre dans un éclat d'enthousiasme. Steeve, les cheveux longs retenus en queue de cheval, hoche la tête. John, rougeaud et gentil, lui fait de la place sur la banquette. Quant à Lily, elle la fixe directement, sans détour.
– Salut la touriste, dit-elle d'une voix traînante.
– …Salut.
– T'as l'air plus petite de près. Enfin… plus fine. C'est mignon.
Marina s'empourpre derrière sa canette. Lily s'approche un peu plus, pose son coude sur le dossier derrière elle.
– Théo t'a dit qu'on était cool, hein ? On mord pas. Enfin… pas tout de suite.
Un rire général. La musique monte d'un cran. Stan se penche :
– T'as déjà mis les pieds ici ?
– Non… première fois.
– On va t'apprendre alors. Boire, danser, et surtout pas trop réfléchir.
Lily lui frôle le bras en tendant la main vers son verre.
– Tu bois quoi d'habitude, toi ?
– …Du rosé, en famille.
– Ah ! On va t'éduquer, alors, lui annonce-t-elle sur un ton provocateur.
Elle lui glisse une canette plus forte, les doigts restant une seconde trop longtemps contre les siens. Marina sent la chaleur descendre dans sa gorge.
– Mais c'est ma canette, se plaint faiblement John.
– T'inquiète, on te revaudra ça, lui répond Lily avec un petit clin d'œil.
Marina boit, trop vite. L'alcool tape déjà un peu. Autour d'elle, les conversations fusent, les regards se croisent, la musique vibre dans le sol.
Lily continue de l'observer de côté, un sourire ambigu, comme si elle savait déjà quelque chose que Marina elle-même n'avait pas encore compris.
Marina se redresse un peu, joue avec l'étiquette de sa canette, le cœur toujours affolé pour quelqu'un qui est juste en train de boire une bière.
La musique bascule soudain vers quelque chose de plus violent, de plus lourd. Steeve se lève d'un bond, les cheveux déjà en mouvement, et file sur la piste où d'autres headbangers l'accueillent à grands coups de tête. Stan et Théo, eux, restent penchés l'un vers l'autre, parlant fort pour couvrir le bruit :
– Si on monte vraiment le truc de planches locales, on peut toucher les touristes dès cet été…
– Ouais, mais faut un local pour stocker. Et un mec qui sache parler anglais.
John, un peu en retrait, sourit poliment à Marina de temps en temps, mais ses yeux glissent surtout vers les filles en jupe ou short ultra-courts qui dansent près des enceintes. Il a l'air gentil, presque timide, comme s'il n'osait pas vraiment entrer dans le jeu.
Lily, elle, ne quitte plus Marina des yeux. Elle se rapproche, la voix un peu plus basse :
– Et toi, en dehors des vacances… t'es où ? Lycée ? Fac ?
– École d'ingénieur… à la rentrée.
– Sérieux ? T'as l'air trop… sage pour ça.
– …Je sais.
– T'es déjà sorti avec quelqu'un ? Ou t'es du genre à mater sans toucher ?
Marina boit une gorgée pour gagner du temps. Avant qu'elle puisse répondre, la musique change de nouveau. Un slow chaud, lourd, presque collant, s'installe dans le local. Lily lui tend la main sans prévenir.
– Viens.
Marina hésite une seconde, puis se laisse tirer.
Sur la piste, Lily ne lui laisse presque pas d'espace. Elle colle son corps contre le sien, une main dans le dos de Marina, l'autre glissant lentement le long de sa hanche. Leurs ventres se touchent.
Lily penche la tête, sa bouche tout près de l'oreille de Marina :
– T'es raide comme un piquet… détends-toi.
– Je… je sais pas danser.
– Tu n'as pas besoin de savoir. Laisse-moi faire. Laisse-toi aller.
Lily fait basculer légèrement ses hanches, frottant son bassin contre celui de Marina au rythme de la musique. Ses doigts descendent un peu plus bas, dans le creux du dos, appuyant doucement pour la coller davantage contre elle.
Marina sent la chaleur du corps de Lily à travers le tissu fin de son top. Elle devrait reculer. Elle devrait dire quelque chose. Mais elle reste là, le souffle court, les joues brûlantes.
Lily sourit contre son oreille.
– T'aimes bien qu'on te mate, hein…
– Non…
– Menteuse, la taquine-t-elle.
La main de Lily glisse une fois de plus, plus assurée, caressant à peine le bas du short de Marina près des fesses. Le contact est bref, presque innocent, mais assez clair pour que Marina sente un frisson lui remonter le long de la colonne. Elle n'ose toujours pas bouger.
Et puis, lentement, elle réalise que ce n'est pas seulement de la gêne qui l'envahit. Il y a autre chose. Une chaleur familière, basse, dangereuse. Elle aime qu'on la désire. Elle aime que Lily la touche comme ça, même si elle n'aurait jamais cru pouvoir l'admettre.
Lily le sent. Son sourire s'élargit. Elle presse un peu plus fort son corps contre celui de Marina, et continue de danser, lente, collante, presque érotique, sans que personne autour ne semble y prêter attention.
La musique ralentit. Lily colle son front contre celui de Marina, leur souffle se mélange. Puis, sans aucune résistance, elle l'embrasse. Un baiser lent, un peu humide, les lèvres à peine ouvertes. Marina reste figée une seconde, les yeux grands ouverts, avant de les fermer. Elle ne recule pas. Elle répond même, timidement, juste assez pour que Lily sourie contre sa bouche.
Quand le morceau s'arrête, Lily la relâche doucement et la ramène à la table par la main. Théo et Stan ne cessent leur discussion sur les planches de surf. John scrute ailleurs. Lily s'installe tout près de Marina, une cuisse contre la sienne.
– T'as vu le monde, ce soir ?
– …Ouais.
– Y a encore trop de mecs qui croient qu'ils ont le droit de tout. Le combat féministe, c'est pas fini, hein. Faut pas baisser la garde. Surtout nous, notre génération.
Elle pose son coude sur le dossier derrière Marina, sa voix un peu plus basse, presque intime.
– T'as déjà entendu parler du mouvement no-bra ?
– Un peu…
– Ben voilà. Moi j'en porte plus depuis deux ans. Je me sens libérée d'un carcan phallocratique. Et toi… j'ai senti que t'en avais un, tout à l'heure. Avec ta poitrine, c'est presque un crime. T'as des seins magnifiques, t'aurais pas besoin de les enfermer.
Marina rougit, joue avec sa canette. Lily continue, légèrement narquoise :
– Je suis sûre que t'as même pas remarqué que j'en portais pas. T'étais trop concentrée à ne rien lâcher…
Marina se tait, admettant indirectement son introversion.
– Et puis, pendant la danse, j'ai bien vu. T'as répondu au baiser. T'as pas reculé. T'es prête, même si tu le sais pas encore.
Sans demander son consentement, elle attrape la main de Marina et la plaque fermement contre son sein, à travers le tee-shirt fin. Marina sent immédiatement la chaleur de la peau, le poids souple, et le téton déjà tendu qui appuie contre sa paume.
Elle devrait retirer sa main. Elle le sait. Mais elle reste là, une seconde de trop, puis deux, puis trois. Ses doigts bougent à peine, juste assez pour sentir le relief du téton sous le tissu.
Lily la regarde droit dans les yeux, sans bouger.
– Tu vois…
Marina avale sa salive, le bras pétrifié.
Marina retire enfin sa main, troublée. Elle se raidit un peu, la voix trop basse :
– Je… je suis pas lesbienne.
Lily sourit, sans se moquer. Elle se penche plus près, assez bas pour que Marina soit la seule à l'entendre.
– Moi non plus… J'aime pas les cases. C'est un truc qu'on a hérité de nos parents, cette manie de tout ranger dans des tiroirs. Moi j'aime les baisers, les caresses, les cunis… qu'ils soient donnés par un mec, une meuf, un trans, ou n'importe qui. Tant que c'est bon.
Elle pose ses doigts sur la cuisse de Marina, juste au-dessus du genou, et la laisse là.
– Et toi… t'aimes ça ?
Marina reste muette. Sa tête palpite. Elle fixe sa canette ; aucune réponse ne vient. Lily ne la presse pas. Elle baisse davantage la voix, presque un murmure contre son oreille :
– Tu sais… quand une langue glisse lentement, qu'elle appuie juste au bon endroit, que ça devient tout chaud et que les cuisses commencent à trembler… c'est pas une question de genre. C'est juste une sensation. Une très bonne sensation. Et t'as le droit d'avoir envie de l'essayer, même si t'as jamais voulu te l'avouer.
Marina avale sa salive. Elle n'ose pas relever les yeux. Mais elle n'a pas retiré la main de Lily de sa cuisse non plus.
Lily se lève sans un mot et lui tend la main.
– Viens. Je connais un endroit tranquille.
Marina pèse la proposition deux secondes, l'estomac noué. Puis elle se laisse tirer hors de la banquette.
Lily se tourne vers les autres, et dit simplement d'un ton presque nonchalant :
– On revient vite.
Personne ne pose de question. Théo lève juste un sourcil amusé. Stan continue de parler de planches, tandis que John semble éternellement perdu ailleurs. Marina ne se risque pas à croiser d'autres regards. Elle baisse les yeux, ne dit rien, et suit.
Dehors, l'air de la nuit est plus frais. Lily ne lâche pas sa main. Elles marchent le long de la plage en silence, s'éloignant des lumières du BoudhaSeum. Le sable crisse sous leurs chaussures.
Du fond de la salle, Théo l'aperçoit tout de suite et lui fait signe. Elle s'approche lentement, la tachycardie aussi.
– Hey… t'es venue, dit-il en souriant.
Il lui tend une canette déjà ouverte.
– T'as le droit de dire non, hein. Mais c'est juste de la bière. Je viens de l'ouvrir.
Elle prend la canette, boit une gorgée pour se donner une contenance. Autour de la table, la bande est déjà installée.
Stan (YoMan) lève son verre dans un éclat d'enthousiasme. Steeve, les cheveux longs retenus en queue de cheval, hoche la tête. John, rougeaud et gentil, lui fait de la place sur la banquette. Quant à Lily, elle la fixe directement, sans détour.
– Salut la touriste, dit-elle d'une voix traînante.
– …Salut.
– T'as l'air plus petite de près. Enfin… plus fine. C'est mignon.
Marina s'empourpre derrière sa canette. Lily s'approche un peu plus, pose son coude sur le dossier derrière elle.
– Théo t'a dit qu'on était cool, hein ? On mord pas. Enfin… pas tout de suite.
Un rire général. La musique monte d'un cran. Stan se penche :
– T'as déjà mis les pieds ici ?
– Non… première fois.
– On va t'apprendre alors. Boire, danser, et surtout pas trop réfléchir.
Lily lui frôle le bras en tendant la main vers son verre.
– Tu bois quoi d'habitude, toi ?
– …Du rosé, en famille.
– Ah ! On va t'éduquer, alors, lui annonce-t-elle sur un ton provocateur.
Elle lui glisse une canette plus forte, les doigts restant une seconde trop longtemps contre les siens. Marina sent la chaleur descendre dans sa gorge.
– Mais c'est ma canette, se plaint faiblement John.
– T'inquiète, on te revaudra ça, lui répond Lily avec un petit clin d'œil.
Marina boit, trop vite. L'alcool tape déjà un peu. Autour d'elle, les conversations fusent, les regards se croisent, la musique vibre dans le sol.
Lily continue de l'observer de côté, un sourire ambigu, comme si elle savait déjà quelque chose que Marina elle-même n'avait pas encore compris.
Marina se redresse un peu, joue avec l'étiquette de sa canette, le cœur toujours affolé pour quelqu'un qui est juste en train de boire une bière.
La musique bascule soudain vers quelque chose de plus violent, de plus lourd. Steeve se lève d'un bond, les cheveux déjà en mouvement, et file sur la piste où d'autres headbangers l'accueillent à grands coups de tête. Stan et Théo, eux, restent penchés l'un vers l'autre, parlant fort pour couvrir le bruit :
– Si on monte vraiment le truc de planches locales, on peut toucher les touristes dès cet été…
– Ouais, mais faut un local pour stocker. Et un mec qui sache parler anglais.
John, un peu en retrait, sourit poliment à Marina de temps en temps, mais ses yeux glissent surtout vers les filles en jupe ou short ultra-courts qui dansent près des enceintes. Il a l'air gentil, presque timide, comme s'il n'osait pas vraiment entrer dans le jeu.
Lily, elle, ne quitte plus Marina des yeux. Elle se rapproche, la voix un peu plus basse :
– Et toi, en dehors des vacances… t'es où ? Lycée ? Fac ?
– École d'ingénieur… à la rentrée.
– Sérieux ? T'as l'air trop… sage pour ça.
– …Je sais.
– T'es déjà sorti avec quelqu'un ? Ou t'es du genre à mater sans toucher ?
Marina boit une gorgée pour gagner du temps. Avant qu'elle puisse répondre, la musique change de nouveau. Un slow chaud, lourd, presque collant, s'installe dans le local. Lily lui tend la main sans prévenir.
– Viens.
Marina hésite une seconde, puis se laisse tirer.
Sur la piste, Lily ne lui laisse presque pas d'espace. Elle colle son corps contre le sien, une main dans le dos de Marina, l'autre glissant lentement le long de sa hanche. Leurs ventres se touchent.
Lily penche la tête, sa bouche tout près de l'oreille de Marina :
– T'es raide comme un piquet… détends-toi.
– Je… je sais pas danser.
– Tu n'as pas besoin de savoir. Laisse-moi faire. Laisse-toi aller.
Lily fait basculer légèrement ses hanches, frottant son bassin contre celui de Marina au rythme de la musique. Ses doigts descendent un peu plus bas, dans le creux du dos, appuyant doucement pour la coller davantage contre elle.
Marina sent la chaleur du corps de Lily à travers le tissu fin de son top. Elle devrait reculer. Elle devrait dire quelque chose. Mais elle reste là, le souffle court, les joues brûlantes.
Lily sourit contre son oreille.
– T'aimes bien qu'on te mate, hein…
– Non…
– Menteuse, la taquine-t-elle.
La main de Lily glisse une fois de plus, plus assurée, caressant à peine le bas du short de Marina près des fesses. Le contact est bref, presque innocent, mais assez clair pour que Marina sente un frisson lui remonter le long de la colonne. Elle n'ose toujours pas bouger.
Et puis, lentement, elle réalise que ce n'est pas seulement de la gêne qui l'envahit. Il y a autre chose. Une chaleur familière, basse, dangereuse. Elle aime qu'on la désire. Elle aime que Lily la touche comme ça, même si elle n'aurait jamais cru pouvoir l'admettre.
Lily le sent. Son sourire s'élargit. Elle presse un peu plus fort son corps contre celui de Marina, et continue de danser, lente, collante, presque érotique, sans que personne autour ne semble y prêter attention.
La musique ralentit. Lily colle son front contre celui de Marina, leur souffle se mélange. Puis, sans aucune résistance, elle l'embrasse. Un baiser lent, un peu humide, les lèvres à peine ouvertes. Marina reste figée une seconde, les yeux grands ouverts, avant de les fermer. Elle ne recule pas. Elle répond même, timidement, juste assez pour que Lily sourie contre sa bouche.
Quand le morceau s'arrête, Lily la relâche doucement et la ramène à la table par la main. Théo et Stan ne cessent leur discussion sur les planches de surf. John scrute ailleurs. Lily s'installe tout près de Marina, une cuisse contre la sienne.
– T'as vu le monde, ce soir ?
– …Ouais.
– Y a encore trop de mecs qui croient qu'ils ont le droit de tout. Le combat féministe, c'est pas fini, hein. Faut pas baisser la garde. Surtout nous, notre génération.
Elle pose son coude sur le dossier derrière Marina, sa voix un peu plus basse, presque intime.
– T'as déjà entendu parler du mouvement no-bra ?
– Un peu…
– Ben voilà. Moi j'en porte plus depuis deux ans. Je me sens libérée d'un carcan phallocratique. Et toi… j'ai senti que t'en avais un, tout à l'heure. Avec ta poitrine, c'est presque un crime. T'as des seins magnifiques, t'aurais pas besoin de les enfermer.
Marina rougit, joue avec sa canette. Lily continue, légèrement narquoise :
– Je suis sûre que t'as même pas remarqué que j'en portais pas. T'étais trop concentrée à ne rien lâcher…
Marina se tait, admettant indirectement son introversion.
– Et puis, pendant la danse, j'ai bien vu. T'as répondu au baiser. T'as pas reculé. T'es prête, même si tu le sais pas encore.
Sans demander son consentement, elle attrape la main de Marina et la plaque fermement contre son sein, à travers le tee-shirt fin. Marina sent immédiatement la chaleur de la peau, le poids souple, et le téton déjà tendu qui appuie contre sa paume.
Elle devrait retirer sa main. Elle le sait. Mais elle reste là, une seconde de trop, puis deux, puis trois. Ses doigts bougent à peine, juste assez pour sentir le relief du téton sous le tissu.
Lily la regarde droit dans les yeux, sans bouger.
– Tu vois…
Marina avale sa salive, le bras pétrifié.
Marina retire enfin sa main, troublée. Elle se raidit un peu, la voix trop basse :
– Je… je suis pas lesbienne.
Lily sourit, sans se moquer. Elle se penche plus près, assez bas pour que Marina soit la seule à l'entendre.
– Moi non plus… J'aime pas les cases. C'est un truc qu'on a hérité de nos parents, cette manie de tout ranger dans des tiroirs. Moi j'aime les baisers, les caresses, les cunis… qu'ils soient donnés par un mec, une meuf, un trans, ou n'importe qui. Tant que c'est bon.
Elle pose ses doigts sur la cuisse de Marina, juste au-dessus du genou, et la laisse là.
– Et toi… t'aimes ça ?
Marina reste muette. Sa tête palpite. Elle fixe sa canette ; aucune réponse ne vient. Lily ne la presse pas. Elle baisse davantage la voix, presque un murmure contre son oreille :
– Tu sais… quand une langue glisse lentement, qu'elle appuie juste au bon endroit, que ça devient tout chaud et que les cuisses commencent à trembler… c'est pas une question de genre. C'est juste une sensation. Une très bonne sensation. Et t'as le droit d'avoir envie de l'essayer, même si t'as jamais voulu te l'avouer.
Marina avale sa salive. Elle n'ose pas relever les yeux. Mais elle n'a pas retiré la main de Lily de sa cuisse non plus.
Lily se lève sans un mot et lui tend la main.
– Viens. Je connais un endroit tranquille.
Marina pèse la proposition deux secondes, l'estomac noué. Puis elle se laisse tirer hors de la banquette.
Lily se tourne vers les autres, et dit simplement d'un ton presque nonchalant :
– On revient vite.
Personne ne pose de question. Théo lève juste un sourcil amusé. Stan continue de parler de planches, tandis que John semble éternellement perdu ailleurs. Marina ne se risque pas à croiser d'autres regards. Elle baisse les yeux, ne dit rien, et suit.
Dehors, l'air de la nuit est plus frais. Lily ne lâche pas sa main. Elles marchent le long de la plage en silence, s'éloignant des lumières du BoudhaSeum. Le sable crisse sous leurs chaussures.
Au bout de quelques minutes, Lily s'arrête devant une petite cabane de plage, un peu à l'écart. Elle soulève un pot de fleurs mortes, récupère une clé rouillée, et ouvre la porte.
– C'est le cabanon de mon oncle. Y a personne.
À l'intérieur, l'odeur de bois salé et de crème solaire rance. Des affaires de plage sont empilées dans un coin : parasols, bouées, sacs de plage. Plus loin, du matériel de barbecue et des cannes à pêche. Au centre, un vieux transat large avec une mousse encore confortable. Lily ferme la porte derrière elles et allume une petite lampe torche posée sur une étagère. La lumière est faible, jaunâtre.
Elle s'assoit sur le transat et tire doucement Marina vers elle.
– T'inquiète, j'ai compris. T'es novice.
– C'est le cabanon de mon oncle. Y a personne.
À l'intérieur, l'odeur de bois salé et de crème solaire rance. Des affaires de plage sont empilées dans un coin : parasols, bouées, sacs de plage. Plus loin, du matériel de barbecue et des cannes à pêche. Au centre, un vieux transat large avec une mousse encore confortable. Lily ferme la porte derrière elles et allume une petite lampe torche posée sur une étagère. La lumière est faible, jaunâtre.
Elle s'assoit sur le transat et tire doucement Marina vers elle.
– T'inquiète, j'ai compris. T'es novice.
Du bout des doigts, elle lui caresse doucement le dos de la main.
– Je vais te guider. Laisse-toi faire. Je suis douce.
Marina reste debout un instant, les jambes un peu molles, le souffle court. Elle n'ose toujours pas parler. Mais elle ne recule pas non plus.
Doucement, Lily tire de nouveau Marina sur le transat. Elles se retrouvent face à face, les genoux qui se touchent.
Lily pose une main sur sa joue et l'embrasse enfin vraiment. Ce n'est plus le baiser timide de la piste de danse. Cette fois c'est profond et lent.
Progressivement, elle lui suce les lèvres, les mordille doucement, puis les lèche une par une avant de plonger sa langue dans sa bouche.
Marina gémit malgré elle. Elle réagit, maladroite au début, puis de plus en plus avide. Elles se dévorent langoureusement langues et lèvres.
– Je vais te guider. Laisse-toi faire. Je suis douce.
Marina reste debout un instant, les jambes un peu molles, le souffle court. Elle n'ose toujours pas parler. Mais elle ne recule pas non plus.
Doucement, Lily tire de nouveau Marina sur le transat. Elles se retrouvent face à face, les genoux qui se touchent.
Lily pose une main sur sa joue et l'embrasse enfin vraiment. Ce n'est plus le baiser timide de la piste de danse. Cette fois c'est profond et lent.
Progressivement, elle lui suce les lèvres, les mordille doucement, puis les lèche une par une avant de plonger sa langue dans sa bouche.
Marina gémit malgré elle. Elle réagit, maladroite au début, puis de plus en plus avide. Elles se dévorent langoureusement langues et lèvres.
Lily glisse ses mains sous le top de Marina et le remonte. Elle ne force pas, elle attend que Marina lève les bras. Le tissu tombe par terre. Puis elle ouvre le soutien-gorge d'un seul geste et le fait glisser. Ses seins se libèrent, lourds, les tétons déjà durs. Lily les admire, longuement, les yeux brillants.
– Putain… t'es magnifique.
– Putain… t'es magnifique.
Elle pose ses doigts sur les seins de Marina, les soulève, les pétrissant doucement. Puis elle penche la tête et prend un téton entre ses lèvres. Elle le suce, le tire, le lèche en tournant la langue.
Marina se cambre, un cri étouffé lui échappe.
Lily passe à l'autre sein, tout aussi précautionneusement.
Les tétons de Marina sont hypersensibles. Chaque succion envoie une décharge directe entre ses jambes.
Marina se cambre, un cri étouffé lui échappe.
Lily passe à l'autre sein, tout aussi précautionneusement.
Les tétons de Marina sont hypersensibles. Chaque succion envoie une décharge directe entre ses jambes.
Lily fait glisser le short et le string de Marina le long de ses jambes. Elle la fait s'allonger à plat ventre sur le transat. Ses mains remontent progressivement le long des cuisses nues, jusqu'aux fesses. Elle les écarte un peu, les pressent, les cajolent, puis les embrassent passionnément.
Après un changement de côté, elle repart de sa poitrine pour descendre lentement, posant des petits baisers sur le ventre, sur le bas-ventre, sur l'intérieur des cuisses.
Marina tremble.
Après un changement de côté, elle repart de sa poitrine pour descendre lentement, posant des petits baisers sur le ventre, sur le bas-ventre, sur l'intérieur des cuisses.
Marina tremble.
Quand les doigts de Lily arrivent enfin sur son sexe, Marina est déjà trempée. Lily écarte doucement les grandes lèvres, les caresse, les pince un peu. Puis elle trouve le clito, encore caché, et le masse du bout du doigt, en cercles très lents.
Marina ouvre la bouche sans son. Les hanches bougent d'elles-mêmes; ses jambes s'ouvrent, les genoux se relèvent. Sans vraiment s'en rendre compte, elle s'est ouverte, disposée pour son amante.
– T'es tellement mouillée…j'adore, chuchote Lily.
Marina ouvre la bouche sans son. Les hanches bougent d'elles-mêmes; ses jambes s'ouvrent, les genoux se relèvent. Sans vraiment s'en rendre compte, elle s'est ouverte, disposée pour son amante.
– T'es tellement mouillée…j'adore, chuchote Lily.
Elle continue, plus ferme, puis glisse un doigt plus bas, jusqu'à l'anus. Elle n'entre pas tout de suite. Elle tourne juste autour, appuie légèrement, masse.
Marina sursaute, surprise, mais ne ferme pas les cuisses.
Lily en profite pour ajouter un peu de salive et de mouille, puis enfonce le bout de son doigt. Marina gémit plus fort, la tête renversée.
Marina sursaute, surprise, mais ne ferme pas les cuisses.
Lily en profite pour ajouter un peu de salive et de mouille, puis enfonce le bout de son doigt. Marina gémit plus fort, la tête renversée.
Lily s'allonge entre ses jambes. Elle commence par lécher les grandes lèvres, lentement, de bas en haut. Puis elle se concentre sur le clito, le suce, le fait rouler sous sa langue.
Marina a les mains dans les cheveux de Lily, incapable de rester immobile.
Lily descend plus et lèche jusqu'à l'anus, le tourne avec la pointe de la langue, l'ouvre un peu, y plonge brièvement.
Le contraste entre la langue chaude sur le clito et la langue qui s'occupe de son cul rend Marina folle. Elle mouille tellement que ça coule sur le transat.
Lily revient au clito, suce plus fort, deux doigts maintenant glissés dans sa chatte, pendant qu'un autre reste à peine enfoncé dans son anus.
Marina n'entend plus la mer, plus rien. Son corps se tend, les cuisses tremblent violemment.
Un long cri rauque lui échappe quand l'orgasme la frappe. Ça la secoue par vagues, des giclées chaudes qui arrosent la bouche et le menton de Lily.
Elle continue de jouir, les hanches soulevées, pendant plusieurs secondes, avant de retomber, tremblante, le souffle cassé, les yeux pleins d'eau et de sel.
Lily remonte le long de son corps et l'embrasse, lui faisant goûter sa propre mouille.
Marina a les mains dans les cheveux de Lily, incapable de rester immobile.
Lily descend plus et lèche jusqu'à l'anus, le tourne avec la pointe de la langue, l'ouvre un peu, y plonge brièvement.
Le contraste entre la langue chaude sur le clito et la langue qui s'occupe de son cul rend Marina folle. Elle mouille tellement que ça coule sur le transat.
Lily revient au clito, suce plus fort, deux doigts maintenant glissés dans sa chatte, pendant qu'un autre reste à peine enfoncé dans son anus.
Marina n'entend plus la mer, plus rien. Son corps se tend, les cuisses tremblent violemment.
Un long cri rauque lui échappe quand l'orgasme la frappe. Ça la secoue par vagues, des giclées chaudes qui arrosent la bouche et le menton de Lily.
Elle continue de jouir, les hanches soulevées, pendant plusieurs secondes, avant de retomber, tremblante, le souffle cassé, les yeux pleins d'eau et de sel.
Lily remonte le long de son corps et l'embrasse, lui faisant goûter sa propre mouille.
Marina met un long moment à retrouver son souffle. Elle reste allongée, les yeux mi-clos, le corps encore parcouru de petits spasmes.
Lily s'allonge à côté d'elle, une main posée sur son ventre, et lui caresse délicatement la peau.
– Tu vois… c'est bien aussi quand c'est une femme.
Lily s'allonge à côté d'elle, une main posée sur son ventre, et lui caresse délicatement la peau.
– Tu vois… c'est bien aussi quand c'est une femme.
Marina tourne la tête vers elle, la voix un peu cassée.
– Je ne peux pas comparer…
– Je ne peux pas comparer…
– Ça viendra, t'inquiète.
Un silence. Marina passe une main dans ses cheveux en bataille.
– Et toi… ton plaisir ?
– Et toi… ton plaisir ?
– Pas de souci.
– Tu veux que j'essaye… ?
Lily sourit, un peu plus narquoise.
– Non. C'est pas nécessairement symétrique. Je suis excitée, trempée même… Touche si tu veux. Mais là j'ai plus envie d'une bonne grosse bite.
– Non. C'est pas nécessairement symétrique. Je suis excitée, trempée même… Touche si tu veux. Mais là j'ai plus envie d'une bonne grosse bite.
Elle ouvre son short et tire son tanga sur le côté. Sans un mot, elle prend la main de Marina et la guide entre ses cuisses.
Marina sent instantanément la chaleur et l'humidité.
Lily est vraiment trempée.
Elle glisse un doigt, puis un deuxième, juste pour explorer ce nouvel univers.
Lily pousse un petit « hmm » de plaisir, mais referme bientôt les cuisses.
– Une autre fois… Allez, on va les rejoindre.
Marina sent instantanément la chaleur et l'humidité.
Lily est vraiment trempée.
Elle glisse un doigt, puis un deuxième, juste pour explorer ce nouvel univers.
Lily pousse un petit « hmm » de plaisir, mais referme bientôt les cuisses.
– Une autre fois… Allez, on va les rejoindre.
Elles se rhabillent en silence. Marina a encore les jambes molles.
Sur le chemin du retour, le sable sous ses pieds lui semble irréel. Elle marche un peu derrière Lily, la tête dans les nuages, le corps léger et lourd à la fois.
Elles cheminent un moment en silence sur le sable. Planant toujours, Marina laisse son esprit divaguer, plein d'interrogations sur elle, mais aussi sur Lily.
Juste avant d'apercevoir les lumières du BoudhaSeum, elle ose finalement ouvrir la bouche, la voix un peu embarrassée :
– Et… tu vas la trouver où cette…
Sur le chemin du retour, le sable sous ses pieds lui semble irréel. Elle marche un peu derrière Lily, la tête dans les nuages, le corps léger et lourd à la fois.
Elles cheminent un moment en silence sur le sable. Planant toujours, Marina laisse son esprit divaguer, plein d'interrogations sur elle, mais aussi sur Lily.
Juste avant d'apercevoir les lumières du BoudhaSeum, elle ose finalement ouvrir la bouche, la voix un peu embarrassée :
– Et… tu vas la trouver où cette…
Lily s'arrête, se tourne vers elle avec un sourire provocateur.
– BITE. Ose le mot, vas-y.
– BITE. Ose le mot, vas-y.
Marina, intimidée même dans le noir, s'exécute, presque en chuchotant :
– Et tu vas la trouver où, cette bonne bite ?
– Et tu vas la trouver où, cette bonne bite ?
– Allez, essaie de découvrir.
Marina fronce les sourcils, cherche.
– Théo ?
– Non.
De manière inexpliquée, Marina ressent alors un petit soulagement.
– Théo ?
– Non.
De manière inexpliquée, Marina ressent alors un petit soulagement.
– Stan ?
– Non.
– Steeve ?
– Non.
– Non.
– Steeve ?
– Non.
Elle hésite, presque gênée d'y penser.
– Quand même pas…
– Quand même pas…
Lily éclate d'un petit rire.
– Eh bien si. John. C'est son prénom, tu l'as déjà oublié ? C'est le plus discret, pour certaines le moins sexy de la bande… Pourtant il a une bonne grosse queue. Et il sait s'en servir…
Marina reste bouche bée une seconde. L'image de John, le rondouillard gentil et un peu timide, avec une grosse bite, la déstabilise complètement.
Lily lui donne un petit coup d'épaule, amusée, et reprend la marche vers le bar.
– Eh bien si. John. C'est son prénom, tu l'as déjà oublié ? C'est le plus discret, pour certaines le moins sexy de la bande… Pourtant il a une bonne grosse queue. Et il sait s'en servir…
Marina reste bouche bée une seconde. L'image de John, le rondouillard gentil et un peu timide, avec une grosse bite, la déstabilise complètement.
Lily lui donne un petit coup d'épaule, amusée, et reprend la marche vers le bar.
Rien n'a vraiment changé dans le BoudhaSeum. La musique tourne indéfiniment, les mêmes rires fusent, les mêmes conversations se chevauchent.
Seul l'état d'esprit de Marina a évolué ; elle se sent plus ouverte, moins coincée, comme si quelque chose s'était déverrouillé.
Seul l'état d'esprit de Marina a évolué ; elle se sent plus ouverte, moins coincée, comme si quelque chose s'était déverrouillé.
Lily revient du bar avec trois pintes. Elle en tend une à Marina, puis s'installe à côté de John sur la banquette, autour de la table basse. Ils se penchent l'un vers l'autre et discutent à voix basse, presque à l'abri des autres.
À l'autre bout, Théo, Stan et Steeve continuent à parler et à rire trop fort.
À l'autre bout, Théo, Stan et Steeve continuent à parler et à rire trop fort.
Steeve n'a d'yeux que pour une fille au bar : une métaleuse parisienne, cheveux noirs, piercing, tee-shirt de groupe déchiré. Il ne cesse de la regarder et de la complimenter à distance. Théo et Stan le poussent gentiment.
– Vas-y, mec, elle t'attend.
– Ouais, arrête de baver, bouge.
– Ouais, arrête de baver, bouge.
Ils se tournent vers Marina, cherchant une sorte de validation. Elle hausse les épaules et ajoute un sourire bienveillant :
– Vas-y… pourquoi pas, tu risques rien. En tout cas c'est ton style.
Steeve n'attend pas plus longtemps. Il se lève et rejoint la fille au bar. La place dégagée, Théo passe à côté de Marina et la félicite pour son encouragement à Steeve.
L'alcool agit doucement sur tout le monde. Les visages s'empourprent, les voix se détendent.
Lily et John finissent leurs verres assez vite. Ils se lèvent et, avant de partir, font le tour du groupe pour leur check habituel : une suite de mouvements de mains, de doigts et de poignets, qui se termine par une bise sur la joue. Ils le font avec Théo, avec Stan, et aussi avec Marina, qui se laisse faire, un peu surprise d'être incluse dans le rite.
Puis Lily et John disparaissent dans la foule sans faire de vagues.
Lily et John finissent leurs verres assez vite. Ils se lèvent et, avant de partir, font le tour du groupe pour leur check habituel : une suite de mouvements de mains, de doigts et de poignets, qui se termine par une bise sur la joue. Ils le font avec Théo, avec Stan, et aussi avec Marina, qui se laisse faire, un peu surprise d'être incluse dans le rite.
Puis Lily et John disparaissent dans la foule sans faire de vagues.
Il ne reste plus que Marina, Théo et Stan sur la banquette. Même si des places se sont libérées, les deux garçons restent collés contre elle, un de chaque côté.
En temps normal, Marina aurait été stressée par le lieu, la musique trop forte, la foule, et surtout par le fait d'être coincée entre deux garçons. Mais là, elle se sent bien, naturellement bien, comme si elle avait toujours fait partie de la bande.
Elle ne sait pas si c'est l'alcool, l'ocytocine, la fatigue, ou le cocktail des trois, mais elle est heureuse en groupe comme elle ne l'a jamais été.
En temps normal, Marina aurait été stressée par le lieu, la musique trop forte, la foule, et surtout par le fait d'être coincée entre deux garçons. Mais là, elle se sent bien, naturellement bien, comme si elle avait toujours fait partie de la bande.
Elle ne sait pas si c'est l'alcool, l'ocytocine, la fatigue, ou le cocktail des trois, mais elle est heureuse en groupe comme elle ne l'a jamais été.
Théo et Stan débattent à voix haute du surf et de la piètre qualité des films sur le sujet. Marina, au milieu, se laisse porter. Elle n'intervient pas. Elle écoute, sourit parfois, et savoure simplement le moment.
Sans préméditation, les deux garçons deviennent de plus en plus tactiles.
D'abord une main sur sa cuisse, puis un bras autour de ses épaules.
Théo se penche et l'embrasse. Un baiser lent, un peu maladroit.
À peine a-t-il reculé que Stan prend le relais, plus appuyé, plus sûr.
Marina reste entre eux, dans son petit nuage. Elle ne pense plus à rien. Juste à la chaleur de leurs bouches, à leurs mains qui glissent, à l'excitation qui monte doucement dans son bas-ventre.
D'abord une main sur sa cuisse, puis un bras autour de ses épaules.
Théo se penche et l'embrasse. Un baiser lent, un peu maladroit.
À peine a-t-il reculé que Stan prend le relais, plus appuyé, plus sûr.
Marina reste entre eux, dans son petit nuage. Elle ne pense plus à rien. Juste à la chaleur de leurs bouches, à leurs mains qui glissent, à l'excitation qui monte doucement dans son bas-ventre.
À sa grande surprise, les deux garçons s'embrassent ensuite devant elle. Langues, souffles, un vrai baiser. Puis ils reviennent sur elle, encore plus avides.
Marina gémit à peine, les yeux mi-clos, complètement abandonnée au moment.
Marina gémit à peine, les yeux mi-clos, complètement abandonnée au moment.
Des vibrations insistantes dans sa poche la ramènent brutalement à la réalité. Elle sort son téléphone. 1h30.
– P'tain… ma mère va me tuer.
Un message de Pépita s'affiche juste en dessous :
« Ta mère s'inquiète, envoie-lui au moins un message. »
« Ta mère s'inquiète, envoie-lui au moins un message. »
Marina se lève d'un coup. Elle embrasse Théo sur la bouche, puis Stan, rapidement mais sans hésitation, et part en courant vers la sortie tout en rédigeant un texto pour sa mère et un autre pour Pépita.
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