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Couverture de Chroniques immortelles, par Irina
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Chroniques immortelles — Chapitre 33 · Le secret d’Ares – 5e partie – Amazone

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Irina
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Chroniques immortelles

Chapitre 33 · Le secret d’Ares – 5e partie – Amazone

(NDLA : ce chapitre se révélant un peu long, j'ai choisi de le scinder en deux. De ce fait, il se trouve vierge de tout récit érotique ! Désolée. Je me rattraperai dans la deuxième section. Mais si vous aimez ce récit, je vous souhaite bonne lecture. Irina)
Oui maintenant j'en suis sure, il s'agit bien de la légendaire ceinture des amazones, celle-là même qui fit l'objet du neuvième travail d'Héraclès. Car Héraclès n'est pas un mythe m'ont appris les immortels. C'était un héros, qui cherchait à atteindre le premier cercle des immortels par ses exploits... ce qu'il ne parvint jamais à faire en réalité.
J'avais été intriguée en d'autres temps par ce neuvième travail, bien anodin si on le compare aux autres réalisés par le héros. Ou est la gloire de dérober un objet aussi ordinaire, même à une reine amazone, quand on a affronté une hydre, un lion géant, un sanglier monstrueux, j'en passe et des meilleures ?
Mais tout change à la lumière de ce que j'ai vu dans le temple. Cet objet amplifie l'énergie vitale de son porteur et lui permet d'atteindre un niveau de puissance qu'il ne possède normalement pas. Et de faire un héros de personnes ordinaires. C'est donc un objet précieux digne de toutes les convoitises.
Et cela explique pas mal de choses chez les Tamalzaïs. Elles sont toutes en parfaite santé, et arrêtent leur vieillissement une fois adultes ce qui est la minimum chez les héros. Il n'y a pas de femmes apparemment âgées, et ne décèdent que celles qui sont victimes d'une mort violente et subite. Et c'est ce qui fait qu'elles sont de redoutables guerrières. Elles peuvent se permettre de prendre des risques que ne prendrait pas un combattant normal. Alors que les hommes de l'ethnie vivent leur vie d'humains normaux et vivent proportionnellement bien moins longtemps.. et sont donc bien moins nombreux.
Mais ce qui me tarabuste, c'est que j'ai ignoré à quel point le mythe était réel. Jamais Kostia/Zeus ou aucun autre des immortels ne m'ont parlé de leur existence, je veux dire de la « réalité » de leur existence. Pourquoi ? Me l'ont-ils caché, ou ignorent-ils qu'elles sont encore bien réelles plusieurs siècles après leur légende ? Et puis d'abord, qu'est-ce qui me prouve qu'elles descendent vraiment des Amazones de l'antiquité et pas qu'elles en soient simplement les héritières culturelles ?
J'ai le cerveau en vrac. Un moment, j'ai hésité à contacter Kostia. J'y ai renoncé, du moins pour l'instant. Je veux en savoir plus avant de prendre une décision, ce qui m'évitera de faire une de ces gaffes dont je suis coutumière ! J'y pense encore ce matin là alors que nous allons commencer notre journée de recherches.
Nous sommes en équipe réduite. Kemal et Mikhail sont partis au petit matin avec L'Antonov pour la ville d'Oskemen afin de ramener du matériel. Il rentrent ce soir. Je suis donc avec Stefan, Vladimir et Youri, et sous la surveillance d'Altynaï et d'Ayala toujours fidèles au poste. Les hommes ouvrent avec précaution une nouvelle sépulture et déposent avec précaution la dalle qui en ferme l'ouverture. Et d'entrée, Stefan pousse un cri d'étonnement.
— Oh ? Eh bien voilà autre chose !
— C'est la tombe d'une reine ? dis-je en plaisantant.
— Non, ce serait plutôt le contraire. Jetez un coup d'œil…
— Ça alors...
Nous avons l'habitude de découvrir les corps dans des cryptes assez vastes, accompagnés de leurs armes, leurs vêtement, souvent des bijoux ou des objets usuels. Mais cette fois, rien de tel… Une tombe minuscule, pas de place pour deux. Un squelette, sans le moindre reste de vêtement, le crane reposant non loin de la hanche… et c'est tout. Ou presque. Juste la petite stèle dans un coin ou se trouve habituellement « l'état civil » du ou de là défunte. Stefan prend plusieurs photos, puis s'efface. Il a photographié entre autres la stèle couverte de caractères, et me tend l'appareil pour que je déchiffre les caractères inscrits.
— Vladimir, à toi. Ton avis ?
Le légiste pénètre à son tour et examine sommairement les restes.
— C'était une femme, environ vingt cinq ans comme toutes les autres.On dirait que le corps a été jeté en vrac et non pas « disposé » comme les autres. Idem pour la tète… Elle a eu une mort violent, décapitation sans le moindre doute. Une des vertèbres cervicales a été tranchée net par un objet contondant, hache ou épée probablement. Si Ayala est d'accord, je vais faire un prélèvement pour les analyses ADN, comme d'habitude.
Stefan se tourne vers moi. J'ai traduit les inscriptions.
— Comment s'appelait-elle ? Me dit-il.
— Je ne sais pas, dis-je décontenancée. Il y a écrit : « traître »…
Vladimir sort de la tombe. Pendant un moment, interloqués, nous nous regardons tous les six. Traître... Nous ne pouvons que faire des suppositions. Cette femme a été exécutée. Qui était-elle et quel crime a t-elle commis pour mériter un tel châtiment ? Nous ne le saurons jamais. Mais manifestement, il ne fait pas bon violer les lois chez les Tamalzaïs...
Nous avons refermé la tombe et repris nos investigations sur d'autres sépultures. La journée passe vite, mais lorsque nous sortons en fin d'après-midi, une mauvaise surprise nous attend. Un blizzard s'est levé, une véritable tempête accompagnée de violentes rafales, qui balaye la vallée et les montagnes environnantes ne laissant que peu de visibilités.
— Putain ! C'était pas prévu çà ?
— Non, réponds Youri. Mais tu sais, le temps peut changer vite par ici et les prévisions météo sont parfois aléatoires.
— Kemal et Mikhail ne pourront pas rentrer ce soir, reprend Stefan. Retournons au chalet. On va ouvrir une bouteille à leur santé !
Le chemin du retour longe le petit aérodrome. Stefan roule prudemment, lorsque nous voyons soudain passer L'Antonov à peu de distance au-dessus de nous ! Avec un juron, Stefan accélère et se dirige vers les baraquements servant de tour de contrôle de l'aérodrome. Et çà ne se passe pas bien. Nous voyons le vieux biplan secoué par les rafales, rater son approche et remettre les gaz. Nous nous précipitons dans la salle ou se trouve la radio. Surpris, nous y découvrons trois femmes Tamalzaïs avec une mine inquiète.
— Qu'est-ce que cet avion fout là ? Dit Stefan, énervé. Quel est l'imbécile qui a donné l'autorisation de partir avec ce temps de merde ?
— La météo était clémente quand ils ont décollé, répond le contrôleur. Ça s'est brusquement dégradé alors qu'ils approchaient.
— Kemal et Mikhail sont à bord ?
— Oui. Ça se présente mal. Il y a des rafales à plus de soixante dix nœuds de vent latéral. Et ils ne peuvent pas faire demi-tour, la situation est encore pire sur tous les autres terrains.
Merde, merde, merde… L'Antonov a tenté une nouvelle approche, mais doit renoncer une nouvelle fois. Ça va mal se terminer… Pendant ce temps Ayala discute avec animation avec les trois autres femmes.
— Deux de nos sœurs et une petite sont également à bord, m'explique Ayala avec angoisse. La petite a été soignée à l'hôpital d'Oskemen pour une appendicite et elles ont profité du vol pour rentrer.
Je suis sortie, indifférente aux rafales de vent glacé. Je distingue au loin L'Antonov entamer un nouveau circuit. Ils n'y arriveront pas, ce n'est pas possible. Ils vont se casser la gueule… Je ne peux pas laisser faire çà, assister à çà sans tenter quelque chose. Oui, je vais le tenter, mais jamais je n'ai essayé de faire çà !
J'ouvre mon esprit, laisse mon énergie s'exprimer. La force de l'ouragan me pénètre, je perçois chacune de ses rafales. Je me met en phase avec sa puissance. Je dois le contrôler, l'atténuer, je le veux… Mon énergie le pénètre, communique avec lui comme s'il devenait un prolongement de moi-même. Je sens sa violence, ses turbulences… Calme-toi mon ami, retiens ton souffle, apaise-toi, là… comme çà… calme…
A la tour, comme dans l'avion, on a senti la soudaine baisse de violence des rafales. Le vent est devenu modéré, stable, dans l'axe de la piste. Le pilote n'hésite pas. Sans doute pense t-il que l'accalmie sera de courte durée. Il plaque sèchement le vieux biplan sur la piste et roule rapidement jusqu'aux baraquements.
— Eh bien, je croyais bien qu'on était foutus ! s'exclame Kemal en sautant de l'avion. Un vrai coup de chance de s'être trouvé dans l'œil de la tempête juste à point ! Content de vous revoir.
On s'embrasse avec émotion. A la russe. Bizzz… Nous regagnons les baraquements quand soudain, on me tire sèchement par les cheveux, des mains saisissent mes bras et je sens un couteau posé contre ma gorge.
— Qu'est-ce que ???
— Ne bouge pas, olympienne, ou je te tranche la gorge ! S'exclame Ayala durement.
Je suis tellement stupéfaite qu'avant de pouvoir réagir, des menottes se referment sur mes poignets et je suis brutalement entraînée vers l'extérieur ou attend une voiture. Mes compagnons restent abasourdis quelques secondes, puis Stefan réagit le premier.
— Hé ! Qu'est-ce que vous faites, que voulez vous à Christine ???
— Cette femme a violé nos lois ! Restez ou vous êtes, ce que nous faisons est légal ! Quiconque commet un délit contre notre peuple sera jugé par notre peuple. C'est la loi !
On me pousse dans une voiture. Mon arrestation a littéralement figé tout le monde. Seule Altynaï réagit. Je l'entend dire à mes compagnons « laissez moi faire, je vais m'en occuper ». Elle échange quelques mots dans une langue inconnue avec Ayala, puis monte dans une autre voiture pendant que celle ou je suis détenue démarre vers le village.
Je leur demanderai volontiers ce qu'elles me veulent, mais je crois deviner. Ayala m'a appelée « olympienne ». Il n'y a qu'une seule explication. Quand j'ai pris le contrôle des vents, mon énergie est devenue perceptible pour une immortelle telle que Ayala. J'ai fait une erreur, mais je ne pouvais pas laisser un drame se produire. Et je suis interloquée par la violence de mon arrestation et de la haine subite qui émane d'Ayala. Pourquoi ?
Arrivées au village, je suis brutalement poussée dans la yourte de Nastya. Elle nous regarde pénétrer avec un visage figé par l'étonnement. D'autres femmes nous ont suivi, la mine interrogative, dont Gulasyl et sa fille Dilnaz. Altynaï pénètre à son tour sans mot dire. Je reçois un coup violent derrière les jambes me faisant tomber à genoux, aux pieds de la chamane.
— Nos soupçons se sont confirmés ! Lance Ayala. C'est une olympienne. Nous avions bien senti sa brusque poussée d'énergie l'autre jour lorsqu'elle a sauvé nos sœurs des flots. Mais cette fois, son énergie est restée présente un long moment lors de l'arrivée de l'avion. Il n'y a pas de doute.
Nastya s'approche alors de moi. Elle est partagée entre l'étonnement, la déception et l'incrédulité. Je comprends alors que, déjà l'autre jour lors du sauvetage, le seul fait d'utiliser mon « sonar » a suffi à mon énergie pour « émettre » une bref signal, trop bref pour que les immortelles présentes puissent identifier son origine… Ça va mal. Le visage de Nastya s'est durci.
— Réponds-moi franchement Christine, il y va de ta vie. Qui es-tu ?
Un bref instant, j'ai la tentation de répondre n'importe quoi. J'y renonce. Un mensonge appelle un autre mensonge jusqu'à ce qu'il explose. Alors je choisis la vérité.
— Je m'appelle Jacques Gautier, né il y aura bientôt soixante dix huit ans. Je suis devenu immortel au sein de la lignée de Zeus par hasard il y a deux ans et demi et j'ai choisi de vivre cette nouvelle existence sous mes traits actuels. En participant aux fouilles à l'invitation de Kemal A… je n'imaginai pas tomber sur une communauté d'immortelles. Seul le hasard m'a amené ici.
— Tu sais que nous sommes immortelles… comme toi ?
— Oui. Je l'ai senti dés que j'ai vu Ayala le premier soir.
— Pourquoi ne pas t'être fait connaître ?
— Parce que j'ai appris par expérience que tous les immortels ne sont pas animés des meilleures intentions. Je voulais en savoir plus avant de décider de me faire connaître ou pas.
Nastya me regarde, le visage figé. J'ai entendu des murmures de stupeur lorsque j'ai dit être de la lignée de Zeus. Pourquoi ?
— Elle a avoué, déclare Ayala sèchement. C'est une olympienne, une ennemie de notre peuple. Elle doit être mise à mort sur le champ !
— Je ne suis l'ennemie de personne ! Dis-je indignée. Je ne connaissais même pas votre existence !
— Silence !
— Silence, si je veux !
Je me retrouve avec une lame sous la gorge. Nastya arrête le geste d'Ayala. Entre nous, je n'en mène pas large. Si cette lame s'enfonce, je risque de perdre conscience instantanément… sans pouvoir penser pour me guérir. Et adieu Christine…
— On ne peut la tuer, lance alors la voix juvénile de Dilnaz.
— Tais-toi, c'est la loi, réponds Ayala surprise.
— Elle m'a sauvé la vie et sans doute aussi celle de ma mère, poursuit la jeune fille en s'agenouillant à son tour à coté de moi. Nous lui sommes redevables. Nous avons une dette envers elle. Je sens au fond de moi… qu'elle est sincère, qu'elle est bonne. Je lui dois la vie, elle lui appartient. Si on l'exécute, alors je devrai me donner la mort moi aussi.
Un murmure parcourt l'assemblée. Je devine les femmes sensibles à l'argumentation de la jeune fille. Gulasyl a son tour vient à coté de sa fille, s'agenouille à son tour, et demande également la clémence. Nastya est en proie a des sentiment contradictoires. La chamane prend alors une profonde inspiration.
— Christine, te tuer ou te laisser vivre viole dans tous les cas une de nos lois. Tu ne peux ni vivre ni mourir. Alors, je m'en remets à Begtse. Tu vas combattre pour ta vie contre l'une des nôtres, un combat à mort. Notre dieu fondateur décidera de ton destin.
— Majesté, je revendique l'honneur de lutter pour notre peuple, déclare Ayala.
— Qu'il en soit ainsi. Préparez-vous.
Je n'ai pas le temps de protester. Je suis médusée. Avant d'être revenue de ma surprise, on me verrouille un lourd collier de métal autour du cou pendant que l'on fait de même pour Ayala. Puis on me libère de mes menottes. C'est quoi ce truc ?
— Ce collier neutralise l'énergie des immortels, me dit Nastya. Vous combattrez comme de simples mortelles.
Pendant qu'on m'entraîne vers la sortie de la yourte, je me teste discrètement. Ce collier ne neutralise rien du tout ! A moins que… il ne puisse rien contre mon niveau de puissance ? Je me rappelle alors une parole de Kostia : «A partir du troisième cercle, rien ni personne ne peut enlever tes pouvoirs ». Oui. Mais Ayala ? Et pourquoi a t-elle appelé Nastya « Majesté » ? C'est la deuxième fois que je l'entends appeler ainsi. La première fois, c'était dans le temple. On me conduit sous bonne escorte dans la yourte de Gulasyl. Pour… me préparer ?
— Déshabille-toi mon amie, me dit-elle amicalement. Je vais te donner des armes. Ce sont les miennes. Je sais que tu en feras bon usage.
— Me déshabiller ? Euh… jusqu'où ?
— Nue. Tu pourrais combattre avec tes propres vêtements, mais j'aimerai que tu le fasses dans la tenue que je vais te donner.
Je suis à poil. Gulasyl me tend une culotte et une tunique courte ressemblant étrangement à celles que portaient les Grecques de l'antiquité. Une paire de spartiate complète cette tenue de base. Puis elle sort cérémonieusement des armes d'un coffre en bois.
— C'est la tenue de guerre traditionnelle des Tamalzaïs, me dit-elle solennellement. Prends ce bouclier. Il a connu bien des batailles et m'a protégé durant bien des années. Voici mon épée. Elle a été rougie du sang de nombreux ennemis au cours de l'histoire. Et mon casque, hérité de ma mère et de ma grand-mère à une époque ou elles vivaient au bord de la mer Noire.
Je reconnais ces armes. Ce sont les mêmes que celles avec lesquelles Maître Wong m'a entraînée. Le casque est en tout point semblable à celui que portaient les hoplites dans la Grèce antique.
Peu après, armée de pied en cap, on m'entraîne dans le bâtiment ou se trouve l'arène, là ou se sont déroulés les compétition de lutte. J'ai le temps de me voir dans un miroir. Je suis l'image vivante des amazones telles qu'elles sont représentées sur les vases anciens. Un remous se fait dans l'assistance en me voyant vêtue de la tenue traditionnelle des femmes guerrières.
Dans l'arène, Ayala attend, pareillement équipée. Les femmes font cercle autour de nous, Nastya au premier rang. Putain ! Je suis en train de vivre le cauchemar que j'ai fait au tout début de l'histoire ! Gulasyl et Dilnaz restent les dernières à mes cotés, me donnent les derniers conseils.
— Ayala est une redoutable guerrière, une des meilleures d'entre nous, me glisse Gulasyl. Elle est très agile, très rapide. Mais je pense que tu es plus puissante qu'elle. Prend garde à ses contres !
— J'ai confiance en toi Christine, rajoute Dilnaz. Je veux que tu gagnes !
— Et moi je n'ai pas envie que qui ce soit meure, dis-je. On n'est pas dans la merde !
Mes deux amies s'écartent et me laissent face à mon adversaire… Ayala avance lentement vers moi. Je suis sur la défensive. Quelque part j'ai peur de la façon dont va se terminer ce combat, comme dans mon cauchemar. Sauf que cette fois, je suis parfaitement entraînée au maniement de ces armes. Elles me semblent être un simple prolongement naturel de moi-même.
Ayala attaque ! Je pare son premier coup d'épée avec mon bouclier. Elle a frappé fort, elle me teste… Nouvel assaut que je pare au bouclier mais aussi à l'épée, avant de frapper à mon tour, un coup qui s'écrase sur son bouclier, mais la fait reculer d'un pas.
Je vois une lueur d'étonnement dans ses yeux. Elle ne pensait pas que je sache me battre. Elle voulait s'amuser, m'humilier. Mais cette fois c'est fini. Son nouvel assaut est plein de détermination : elle frappe fort, enchaîne les coups avec rapidité. Je pare tout…
Et puis j'en ai marre ! Cette fois c'est moi qui frappe la première. Je combat instinctivement , utilisant sans m'en rendre compte l'enseignement de maître Wong. Je la fais reculer. C'est avec mon bouclier que j'obtiens le premier coup gagnant, que je lui fait sauter son casque avec la bordure et que sa tète bascule en arrière sous la force de l'impact. Elle baisse sa garde une fraction de seconde. Au dernier moment, je tourne mon épée et la frappe en plein visage avec le pommeau de l'arme. Sur le retour, son épée lui échappe des mains. Je frappe son bouclier avec une telle violence qu'elle trébuche, tombe en arrière, je bondis sur elle, la plaque au sol avec une jambe et pose la pointe de mon épée sur sa gorge.
Une immense clameur s'est élevée du groupe des femmes, suivie d'un silence de mort… Ayala a le nez en sang, mon épée posée sur sa gorge. Elle me regarde, hébétée, encore sous le choc…
— Begtse a jugé, me dit-elle péniblement. Je vais rejoindre mes ancêtres. Finis ton travail, olympienne !
— Merde ! Tu fais chier Ayala !
Je me redresse d'un geste rageur, laisse tomber mon bouclier. J'enlève mon casque, prend mon épée par la lame et marche droit sur Nastya. Parvenue devant elle, je met un genou en terre, baisse la tète et lui présente mon épée à deux mains.
— Je refuse de la tuer ! Dis-je rageusement. Je ne suis pas une meurtrière. Je m'en remet a votre jugement. Vous pouvez me tuer si vous le voulez, je ne crains pas la mort. Je sais que les Champs Élysées m'attendent. Mais si vous choisissez d'épargner ma vie, alors moi Christine Gautier, j'offre ma vie à la nation Amazone. Je jure de défendre et de protéger son peuple, à respecter ses lois, à perpétuer ses traditions, à garder et préserver les secrets des filles d'Harmonia. Je le jure devant Begtse !
Stupéfaite, Nastya a reculé d'un pas pendant qu'un murmure monte parmi les femmes. Je vois des visages interloqués. Dilnaz me sourit franchement, elle jubile, pendant que sa mère sourit, discrètement ravie. C'est quitte ou double. J'ai utilisé volontairement les termes même du serment que prononcent les jeunes Tamalzaïs avant de devenir des Amazones. Et je suis sincère… Mais si çà rate, alors j'imagine que mon corps décapité se retrouvera dans une niche anonyme au milieu des autres sépultures !
Nastya a pris lentement l'épée de mes mains. Je sens son indécision. Elle est dans une situation inextricable.  J'ai remporté le duel, gagné mon droit à la vie, mais ce que je viens de faire, elle ne s'y attendait pas. Jamais elle ne s'est retrouvée devant un tel dilemme.
Et soudain, dans un coin de la salle, s'élève une voix masculine.
— Cela suffit ! Dit fermement l'homme.
Stupéfaite de même que les femmes, je vois s'avancer un homme, la trentaine, cheveux mi-longs, brun, portant barbe et moustache. Le regard est ferme, presque autoritaire. Il s'avance vers Nastya, s'arrête à coté de moi. C'est un immortel, d'une grande puissance et je reconnais son énergie.
— Maître Wong ??? Mais… que faites vous ici ?
— Tu as le don de te mettre dans des situations impossibles Christine, dit-il avec une sorte d'exaspération dans la voix. Qu'est-ce que je fais là ? Ne t'ai je pas dit que j'étais là pour assurer ta protection ?
— Ma protection… Altynaï ? Vous étiez Altynaï ? Depuis le début ???
Wong ! Ici ! Et je n'ai rien vu venir… C'est donc çà, voilà comment il a passé tous les contrôles, comment il a pu accéder partout. Il lui a suffi de pénétrer l'esprit des personnes en face de lui pour rester en permanence auprès de moi, prêt à intervenir au cas ou… Mais sur l'instant, il m'ignore et regarde fermement Nastya.
— Eh bien, reine Pasyphaë, dit-il, voilà bien longtemps que nous ne nous étions pas vus, n'est-ce pas ?
— Seigneur Ares, murmure t-elle. A genoux, lance t-elle à l'adresse des femmes, inclinez vous devant notre dieu tutélaire, le père des Amazones ! A genoux, toutes !
Les femmes s'inclinent. J'en crois pas mes yeux. J'ai du mal à comprendre cette scène surréaliste. Et pourtant, c'est bien çà : Ares dieu de la guerre fait face à… Pasyphaë, reine des Amazones, celle-là même qui a signé le document que Kemal avait emporté avec lui dans mon chalet !
— Alors majesté, que faisons nous de cette femme ? Reprend Ares narquois. A mon avis, tu devrais la faire exécuter. Elle est indiscrète, impulsive, irréfléchie, insolente, rebelle, sans cervelle, entêtée et irrespectueuse, et j'en oublie. Oui vraiment, je trouve que la hache serait une bonne solution.
J'ouvre la bouche saisie par un mélange de stupéfaction et d'indignation. Je vois un léger sourire au coin des lèvres de la reine. Je suis à deux doigts de répliquer, mais il reprend.
— Mais j'ai appris à la connaître. Elle est aussi, courageuse voire téméraire, prête à risquer sa vie et sa liberté pour une juste cause, prête à se sacrifier si nécessaire. Elle a même osé défier Tengri, notre père à tous pour sauver des innocents. Et elle est juste, droite, fidèle, sincère et loyale. Et c'est une amie… Elle s'offre aux Amazones ? Du plus profond de toi, tu peux la croire.
— Mais… c'est une olympienne, fait péniblement Ayala derrière moi. C'est une ennemie ?
— Je suis aussi un olympien ! Répond sèchement Ares. Et pourtant vous m'êtes fidèles et me vénérez malgré tout !
Ayala a baisé la tète.
— Reine Pasyphaë, la décision t'appartient, conclut-il.
La reine se détend, un sourire se dessine sur son visage. Elle a compris le message et je la sens soulagée de ne pas avoir à prendre elle même une terrible décision. Elle fait un signe à Gulasyl. Cette dernière ramasse le bouclier que j'ai laissé tomber.
— Pour l'heure, reprends ce bouclier et ce casque, me dit-elle. Voici l'épée avec laquelle tu as combattu. Prend cet arc et ces flèches. Tu es digne de porter ces armes. On va te donner tes propres armes. Je ne peux te donner rien d'autre que tu ne possèdes déjà, rajoute t-elle en me prenant par les épaules, mais dorénavant, Christine Gautier, tu es une Amazone…
Je suis sonnée, étourdie. J'ai du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Nastya – ou Pasyphaë, je sais plus – m'a donné l'accolade et les femmes se succèdent pour me féliciter. Je suis une amazone ? Manquait plus que çà ! Et puis mon regard tombe sur Ayala.
Elle est toujours prostrée sur le sol, tète baissée, avec le collier qui neutralise ses pouvoirs autour du cou. Elle saigne du nez. Il est fracturé. Je l'ai pas ratée… Je ressens sa tristesse, son amertume, son désespoir, son humiliation. Je m'arrache aux femmes, m'agenouille à coté d'elle.
— Ma vie t'appartient, dit elle entre deux sanglots.
— Ne dis pas de bêtise. Tu ne me dois rien. Laisse moi te soigner.
D'une pensée, je répare sa fracture. L'hémorragie cesse. Elle redresse la tète, étonnée.
— Tu peux faire çà ? Malgré ton collier ? Je sens ton énergie. Par Begtse, quelle puissance ! Au moins aussi puissante que la sienne ! Es-tu toi aussi une déesse ?
— Non ! Enfin si... il paraît. Mais je m'en tape, je n'ai jamais cherché en devenir une. Tout ce qui m'arrive depuis que je suis une immortelle me dépasse.
— Alors… c'est toi qui a apaisé les vents n'est-ce pas ? Oui, je m'en rend compte maintenant, c'est grâce à toi que nos sœurs sont vivantes?
— Euh… oui, çà d'accord, je l'ai fait. Putain, j'ai eu du pot, je n'avais jamais essayé…
— Oh Christine ! Je te demande pardon. J'ai été aveuglée par la haine.
— Laisse tomber Ayala. Je veux redevenir ton amie, si tu le veux bien. Et puis il paraît que je suis une amazone maintenant. Le minimum, c'est que je te vienne en aide.
Ayala sanglote. Je la prend dans mes bras. Je la cajole, retire son collier. Je l'aide à se relever.
— Mais il faudra que tu m'expliques cette haine vis-à-vis des Olympiens. Que s'est-il passé dans l'histoire des Amazones qui le justifie ?
— Tu auras tes réponses Christine, intervient Ares. Pour l'heure, te sens-tu suffisamment en forme pour me venir en aide en redevenant Cyrille ?
— Redevenir une homme ? Maintenant ? Mais pourquoi ?
— Eh bien… parce que je suis là, reprend Ares embarrassé, et que les Amazones ici présentes veulent absolument avoir un enfant de moi… ou d'un autre dieu. Et elles sont nombreuses….
Oh putain…
Épisode à suivre….
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paxan
26 février 2018 à 12:18
Très belle partie pleine de révélations hate de vraiment découvrir toute l’étendue de pouvoirs de Christine.

h
Soyez respectueux
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Photo de profil de paxan
paxan
26 février 2018 à 12:18
Très belle partie pleine de révélations hate de vraiment découvrir toute l’étendue de pouvoirs de Christine.

h
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Irina
24 février 2018 à 09:07
J'ai beaucoup aimé ce chapitre comme tout les autres. Par contre je trouve que Christine n'a pas pleinement conscience de ses pouvoir et cela l'empècje de les utiliser à leur pleines capacités. ........

Ps: J'adore tes histoire súr le monde des immortel es ce que tu compte en écrire une sur Alex et ses débuts en temps qu'immortel?

Dans mon idée, Christine est un peu effrayée et dépassée par ce qu'elle est capable de faire, ce qui la bride dans ses actions. D'autre part, je le veux loyale, capable de tenir une parole et impulsive sans jamais se dérober devant une défi. Dans cette histoire, je voulais qu'elle gagne le respect et la confiance des Amazones. Mettre sa vie en jeu était le meilleur moyen je pense :)

pour Alex, je ne sais pas, j'ai des tonnes de scénarios qui se bousculent dans le tète. Je ne sais pas auquel donner la priorité. Je vasi sans doute faire une petite pause avec une paire de récits sur un seul chaptre qui eux sont faits dans ma tète : A bientot
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Kirsan
24 février 2018 à 08:17
J'ai beaucoup aimé ce chapitre comme tout les autres. Par contre je trouve que Christine n'a pas pleinement conscience de ses pouvoir et cela l'empècje de les utiliser à leur pleines capacités. Par exemple lorsqu'elle était agenouillé devant Nastua avec Ayala qui lui tenait un couteau sous la gorge, elle se décrit comme n'en menant pas large alors qu'elle aurait très bien pu juste se transformer en T-Rex et tous les tuer pour l'avoir traité de la sorte même si ce n'ai pas dans ça nature. Elle aurait sinon juste pu se transformer en mouche et s'enfuir ce qui n'est pas contre sa nature.

Ps: J'adore tes histoire súr le monde des immortel es ce que tu compte en écrire une sur Alex et ses débuts en temps qu'immortel?
Soyez respectueux
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Irina
23 février 2018 à 19:00
........
et peu tu nous donner une date aproxi de la prochaine parution de ton chapitre

le 2 mars

Merci a tous de vos bons mots. Je dis que j'écris d'abord pour moi... mais au fond je suis trés sensible à vos ecrits :)
Soyez respectueux
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ploufmaster
23 février 2018 à 14:46
que dire d'autre que les autre non pas dit bas rien
franchement tu a vraiment un esprit formidable pour inventer des histoire pareille franchement chapeau tu a toute mon admiration pour cela que tu est vraiment mon auteur préférer sur XSTORY
tu devrais te lancer dans l'écriture professionnelle en étant auteur a par entière

et peu tu nous donner une date aproxi de la prochaine parution de ton chapitre
Modifié 23 février 2018 à 14:47
Soyez respectueux
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styx007
23 février 2018 à 12:46
Merci pour ce chapitre Irina. Christine est toujours aussi intéressante. Ares en altynai super idée. Concernant le sexe c'est plus intéressant quand il sert l'histoire plutôt que d'être la seule idée d'une histoire sans rien d'autre. Vivement la suite.
Soyez respectueux
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julien66000
23 février 2018 à 12:19
@Irina: oui Christine à un gros cœur est tellement il est gros elle serais prête a laisser sa vie pour tout ce qu'elle aime ou apprécie voir même prêtais allégeance comme elle viens de le faire encore une fois avec les amazones alors qu'elle voulais l'exécuter parce qu'elle est une olympienne.
Soyez respectueux
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Coquinerie21
23 février 2018 à 12:12
La suite vite
Le sexe ne deviens pas forcément nécessaire
On se lasse pas de lire les aventures de christine
Le seul truc c est long d attendre la suite
Bise
Et encore merci
Soyez respectueux
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Irina
23 février 2018 à 11:19
..........
Heureusement, son rêve n'était pas prémonitoire et elle a réussi relativement facilement à gagner son duel sans blesser gravement son adversaire

christine n'est pas une meurtrière, elle le dit fermement à Nastya. J 'ai voulu son personnage comme çà, car par la violence on ne se fait que des ennemis... ce qui ne l'empèche pas d'exprimer son caractère !
Quand j'ai imaginé Ares plaider sa cause, j'ai trouvé amusant qu'il expose ses qualités et ses défauts. Et en relisant les chapitres précédents, je me suis dit, mon dieu ! Cette fille est complètement à la masse, mais avec un gros coeur. Le dialogue est venu naturellement.
Quant à Ares, je cherche à le décrire comme quelqu'un capable de cerner sans erreur la personalité de chacun. Au début de l'épisode, je me suis dit que connaissant bien Christine, il était plus que probable qu'elle fasse une gaffe à un moment donné. Et Ares connait trés bien les Amazones, comme vous le verrez dans le prochain chapitre.
Soyez respectueux
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