Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Nouvelle — Chapitre 16 · Guerre froide
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Nouvelle
Chapitre 16 · Guerre froide
Elle décida, le soir même, d'envoyer un SMS soigneusement écrit à l'homme aux cheveux blancs: « Merci pour votre carte ; j’espère que votre voyage à Londres s'est bien passé ; Pouvons-nous nous voir dès que vous aurez un moment ? » Voilà, c'est fait se dit-elle en poussant un soupir de soulagement. La réponse ne se fit pas attendre: « Volontiers. Je suis disponible demain après-midi ». Elle expira un « yes ! » de contentement et pianota nerveusement sur son portable: « 15h bar Chez Camille 18e ? ». Elle guettait anxieuse la réponse ; la jeune femme se disait qu'elle aurait peut-être dû choisir un endroit plus chic mais bon, ce n'était pas très loin de chez elle et ce bar était tranquille l'après-midi ; et de toute manière, elle ne fréquente pas tellement les endroits huppés de la capitale. « Entendu. À demain. Bonne soirée ». Elle sourit soulagée: Marc n'avait pas l'air de lui en vouloir. Il lui semblait que sa soirée s'illuminait enfin.
Elle dormit mal cette nuit-là ; sans doute nerveuse et tournant dans sa tête la manière dont elle allait lui parler du chantage dont elle était victime. Devait-elle lui en parler d'ailleurs ? Et si cela le décevait ? Et comment allait-elle s'habiller pour y aller ? Et si ça femme l'apprenait ? Autant de questions sans réponse qui s'évaporèrent avec le sommeil.
Le lendemain, elle se mit en route, bien en avance, pour arriver au métro Abbesse. La jeune nouvelle avait choisi sa tenue avec soin, non sans de nombreuses hésitations et changements: elle avait dû essayer presque tous ses vêtements d'été en interrogeant son miroir. Elle voulait être elle-même, naturelle mais avec une touche de charme discret. Pas de maquillage mais sa longue chevelure brune bien brossée pour lui donner du brillant ; une jupe droite noire à mi-cuisse et une paire de tongs Havaianas ; son nouveau t-shirt un peu moulant couleur saumon clair et aucun bijou pour ne pas avoir l'air d'en avoir fait trop. La jeune femme s'était regardée une fois de plus devant sa glace et s'était trouvée trop girly et pas assez féminine. Pourtant sa jupe courte mettait bien en valeur ses jambes galbées par des années de danse. Alors elle décida de ne pas porter de soutien-gorge ; elle en avait l'habitude. Ça sera ma petite touche de féminisme-glamour et en été c'est tout de même plus agréable, s'était-elle dit. Mais là voilà déjà qui arrive « Chez Camille » rue Ravignan.
La devanture en bois jaune laisse voir à travers les grandes vitres le comptoir et ses grands tabourets. Elle y était déjà venue avec des amis un soir de concert. Tout l'intérieur du bar est décoré d'objets des années 50 et de nombreux portraits de musiciens américains de cette période ornent les murs un peu délavés. Elle salua le serveur et s'installa dans un coin discret un peu à l'écart ; une sorte d'alcôve à l'abri des regards des clients. Son thé glacé ne tarda pas à arriver et elle feuilletait nerveusement un magazine laissé pour les consommateurs. Elle était en avance et l'attente lui parut une éternité. Son portable était posé sur la table, prêt à être saisi au moindre SMS de Marc, l'homme aux cheveux blancs.
Il arriva enfin exactement à l'heure. Il avait vraiment belle allure en chemise blanche et pantalon gris ; sa veste posée sur son bras et ses clés de voiture à la main ; la cinquantaine élégante au charme discret. Elle ressentait toujours la même émotion tendre à chaque fois qu'elle le voyait: un mélange d'agitation et d'euphorie mais avec une bonne dose d'anxiété aujourd'hui. Il vint s'asseoir non pas en face, comme elle s'y attendait, mais à côté d'elle sur la banquette en skaï rouge usé.
— Bonjour ma chère amie. Vous êtes arrivée il y a longtemps ?
— Il y a juste cinq minutes. Mentit-elle pour ne pas trahir sa nervosité. Il commanda un expresso.
— Je suis très heureux de vous revoir si vite. Comment allez-vous aujourd'hui ?
— Il y a juste cinq minutes. Mentit-elle pour ne pas trahir sa nervosité. Il commanda un expresso.
— Je suis très heureux de vous revoir si vite. Comment allez-vous aujourd'hui ?
Les yeux de la jeune femme s'embuèrent d'émotion. Marc lui prit la main et ajouta:
— Pardon pour ma question abrupte, je manque de tact. Est-ce qu'on peut se tutoyer ?
— Oui je préfère moi aussi. Marc lui embrassa la main pour la consoler un peu et il la regarda longuement pour la laisser se remettre de ses émotions.
— Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ?
— Oui je préfère moi aussi. Marc lui embrassa la main pour la consoler un peu et il la regarda longuement pour la laisser se remettre de ses émotions.
— Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ?
— Oui, j'hésitais à te le dire ; j’espère que tu ne seras pas fâché... Ton ami Mr Martineau m'a piégée pendant notre première soirée dans sa maison. Il a fait une vidéo de moi sans que je le sache et maintenant, il faut que je fasse tout ce qu'il me demande. Il m'a dit qu'il l'enverrait à ma famille sinon.
Elle se mit à pleurer en essayant de masquer sa douleur en posant sa main sur sa bouche.
— Je comprends ton chagrin. C'est vraiment ignoble ; Mais M. n'est pas mon ami ; seulement un client que j'ai eu autrefois et qui me fait profiter de ses soirées libertines. C'est plus une relation d'intérêt commun que nous avons lui et moi. Intérêt pour l'érotisme. Je ne l'apprécie pas plus que ça.
— Je ne sais plus quoi faire maintenant. Je pensais que son petit jeu s'arrêterait vite mais non, il continue. Et je suis vraiment désolée pour ce que je t'ai fait au restaurant mais je n'avais pas le choix. Je m'en veux tellement.
— Ne pleure plus ma belle ; on va trouver une solution.
— Je ne sais plus quoi faire maintenant. Je pensais que son petit jeu s'arrêterait vite mais non, il continue. Et je suis vraiment désolée pour ce que je t'ai fait au restaurant mais je n'avais pas le choix. Je m'en veux tellement.
— Ne pleure plus ma belle ; on va trouver une solution.
Des larmes envahissaient les yeux de la nouvelle et roulaient sur ses joues. Marc la serra dans ses bras et passa sa main sur la nuque de la jeune femme pour l'inviter à s'épancher sur son épaule. Elle posa sa tête contre lui et cacha un peu son visage dans ses longs cheveux noirs. Dans une voix qui sanglote elle continua:
— Pardon pour le restaurant ; si tu as eu des ennuis avec ta femme je m'en voudrais toute ma vie. Je suis nulle de m'être laissée avoir comme ça ; y a vraiment qu'à moi que ces trucs arrivent !
— Tu n'es pas nulle mon ange. Tu es une femme généreuse et intelligente ; si j'avais une fille, je voudrais qu'elle soit comme toi. Forte et fragile, sensible et courageuse. Et pour ma femme, ne t'en fais pas. Elle n'a rien vu. Par contre, j'ai dû cacher rapidement le charmant petit cadeau que tu as glissé dans ma poche.
— Tu n'es pas nulle mon ange. Tu es une femme généreuse et intelligente ; si j'avais une fille, je voudrais qu'elle soit comme toi. Forte et fragile, sensible et courageuse. Et pour ma femme, ne t'en fais pas. Elle n'a rien vu. Par contre, j'ai dû cacher rapidement le charmant petit cadeau que tu as glissé dans ma poche.
Marc la tenait contre son torse ; la jeune femme avait passé ses bras autour de lui et pleurait doucement la joue posée contre le cou de son mentor. Elle éprouvait un confort rassurant contre lui ; une sécurité moelleuse presque ressurgie de son enfance. L'homme réfléchissait intensément tandis que la nouvelle reprenait peu à peu son calme. Il lui dit:
— Je crois que je devine une issue à tout ceci.
— Alors explique-moi parce que je me sens perdue là.
— J'ai appris dans ma vie qu'il faut faire de ses épreuves une chance ; que toute adversité délivre une part de connaissance sur soi.
— Je ne comprends rien.
— Tu m'arrêtes si je me trompe: tu as peur de ce qui pourrait t'arriver dans le futur avec cette vidéo sur toi, mais tu supportes le présent plutôt bien.
— Pas toujours, je suis quand même mal à l'aise avec M. Rien que l'autre soir au restaurant, j'étais mal.
— Mais pas encore au point de t'enfuir ou d'aller à la police.
— Non, pas à ce point-là.
— Je crois que je comprends: tu es curieuse, tu aimes l'aventure et l'inconnu même s'il t'effraie parfois. Et par-dessus tout, tu cherches des réponses sur toi. Ce chemin, tu l'as commencé par ton art, la danse: tu explores tes sensations, ton univers imaginaire. Tu aimes sonder ton âme même dans ses recoins les plus sombres. Mais, la danse te fait davantage découvrir l'intimité du chorégraphe que le tien.
— Alors explique-moi parce que je me sens perdue là.
— J'ai appris dans ma vie qu'il faut faire de ses épreuves une chance ; que toute adversité délivre une part de connaissance sur soi.
— Je ne comprends rien.
— Tu m'arrêtes si je me trompe: tu as peur de ce qui pourrait t'arriver dans le futur avec cette vidéo sur toi, mais tu supportes le présent plutôt bien.
— Pas toujours, je suis quand même mal à l'aise avec M. Rien que l'autre soir au restaurant, j'étais mal.
— Mais pas encore au point de t'enfuir ou d'aller à la police.
— Non, pas à ce point-là.
— Je crois que je comprends: tu es curieuse, tu aimes l'aventure et l'inconnu même s'il t'effraie parfois. Et par-dessus tout, tu cherches des réponses sur toi. Ce chemin, tu l'as commencé par ton art, la danse: tu explores tes sensations, ton univers imaginaire. Tu aimes sonder ton âme même dans ses recoins les plus sombres. Mais, la danse te fait davantage découvrir l'intimité du chorégraphe que le tien.
La jeune femme fut ébahie par autant de clairvoyance. Comment cet homme presque inconnu pouvait-il avoir deviné tout cela en si peu de temps ? Elle le regardait maintenant comme s'il était son créateur divin. Elle sentait tellement de bonté en lui qu'elle aurait voulu se jeter à ses pieds.
— Oui je crois que tu as raison. Je ne sais pas comment tu fais mais oui, tu es dans le vrai.
— Alors voilà ce que je te propose: laisse-le te guider même sous la contrainte. Profite de cette situation pour explorer, expérimenter plein de choses. Tu es à l'aise avec ton corps grâce à la danse ; tu commences à avoir de l'expérience par rapport à ta sexualité et ton plaisir: et tu as envie de continuer à grandir en tant que femme.
Elle rougit un peu à l'évocation de ce qu'elle croyait secret. Certes, Marc l'avait déjà vue nue et bien plus encore ; mais elle ne pensait pas qu'il avait aussi lu si profondément dans son âme.
— Oui, mais j'ai peur que ça aille trop loin. Que je me retrouve blessée ou violée. Je ne contrôle rien avec M ; il est fou et complètement pervers.
— La peur fait partie du jeu ; elle n'est qu'une émotion qui décuple les autres, y compris le plaisir. Il te tient par le chantage, alors accepte cette situation. Mais c'est bien toi qui choisis de le suivre ou pas. Et pour pouvoir refuser, il te faut un antidote à son poison, un sauf-conduit que tu gardes dans ta manche au cas où. Une chose qui te permet de reprendre le contrôle de ta vie.
— Oui, ça serait super, mais quoi ?
— Ça c'est possible ; je peux m'en occuper: il te tient uniquement avec cette vidéo de toi ; alors, nous allons nous aussi faire des photos dans une de ses orgies avec toi. C'est simple, tu me diras où et quand il t’attend ; et moi, je me charge de te fabriquer un dossier complet plein de preuves accablantes contre lui. Un brillant avocat parisien photographié en pleine débauche: voilà qui mettra fin à sa carrière et à sa crédibilité. Sans compter le scandale médiatique à la Weinstein. Et voilà, tu l'as ton sauf-conduit.
— La peur fait partie du jeu ; elle n'est qu'une émotion qui décuple les autres, y compris le plaisir. Il te tient par le chantage, alors accepte cette situation. Mais c'est bien toi qui choisis de le suivre ou pas. Et pour pouvoir refuser, il te faut un antidote à son poison, un sauf-conduit que tu gardes dans ta manche au cas où. Une chose qui te permet de reprendre le contrôle de ta vie.
— Oui, ça serait super, mais quoi ?
— Ça c'est possible ; je peux m'en occuper: il te tient uniquement avec cette vidéo de toi ; alors, nous allons nous aussi faire des photos dans une de ses orgies avec toi. C'est simple, tu me diras où et quand il t’attend ; et moi, je me charge de te fabriquer un dossier complet plein de preuves accablantes contre lui. Un brillant avocat parisien photographié en pleine débauche: voilà qui mettra fin à sa carrière et à sa crédibilité. Sans compter le scandale médiatique à la Weinstein. Et voilà, tu l'as ton sauf-conduit.
— Incroyable ! Tu me sauves la vie Marc. Tout à l'air si simple avec toi. Mais oui, tu as raison: on va retourner son arme contre lui en fait.
— Oui voilà ; L'équilibre de la terreur en somme. S'il ne dit rien à ta famille, tu ne diras rien à l'Ordre des avocats de Paris. Comme ça, tu peux t'amuser ma grande et tout stopper quand tu veux.
— Oui voilà ; L'équilibre de la terreur en somme. S'il ne dit rien à ta famille, tu ne diras rien à l'Ordre des avocats de Paris. Comme ça, tu peux t'amuser ma grande et tout stopper quand tu veux.
Elle adorait quand il l'appelait « ma grande ». Elle se jeta dans ses bras et le serra fort pour le remercier. Il fut heureux de la voir ainsi soulagée. Il aimait sentir le parfum de ses longs cheveux. Marc goûtait avec délice maintenant, la chaleur de ce corps contre lui et en avait un peu honte. Il se surprit à embrasser le front de la jeune nouvelle et à passer les mains le long de son dos. Il regarda alentour si quelqu'un les voyait mais l'alcôve dans laquelle ils étaient assis était bien discrète. Cette culpabilité qu'il éprouvait était nouvelle ; il ne la comprenait pas bien. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de savourer les bras de la jeune femme autour de lui. Il aurait voulu que cet instant dure encore et encore. Elle dit:
— Je me sens mieux quand tu es là. J'ai moins d'angoisse et je suis plus calme. Je ne pourrais jamais te remercier de tout ce que tu fais pour moi.
— Ce n'est rien mon ange ; quel ami, quel homme serais-je si je te laissais seule avec ta détresse.
— Reste avec moi cet après-midi, s'il te plaît ; je n'ai pas envie d'être seule.
— D'accord ma belle, tu veux aller marcher vers le Sacré-Cœur ? Nous sommes tout prêts.
— Viens chez moi ; je te ferai du super thé bio. Et comme ça, je te monterai le courrier que M. m'a envoyé ; tu sais qu'il connaît mon adresse ? Depuis, j'ai toujours peur quand je rentre seule à mon appart.
— Ce n'est rien mon ange ; quel ami, quel homme serais-je si je te laissais seule avec ta détresse.
— Reste avec moi cet après-midi, s'il te plaît ; je n'ai pas envie d'être seule.
— D'accord ma belle, tu veux aller marcher vers le Sacré-Cœur ? Nous sommes tout prêts.
— Viens chez moi ; je te ferai du super thé bio. Et comme ça, je te monterai le courrier que M. m'a envoyé ; tu sais qu'il connaît mon adresse ? Depuis, j'ai toujours peur quand je rentre seule à mon appart.
Marc hésita:
— Je ne sais pas ; il ne faut pas que je rentre trop tard, on m'attend. C'est loin chez toi ?
— Pas trop non ; j’habite porte de Saint-Ouen. Juste à quelques stations de métro.
— Allons-y en voiture alors, je me suis garé dans la rue. Mais j'y pense, ma grande artiste, tu ne m'as jamais dit ton âge.
— 21 ans.
— Pas trop non ; j’habite porte de Saint-Ouen. Juste à quelques stations de métro.
— Allons-y en voiture alors, je me suis garé dans la rue. Mais j'y pense, ma grande artiste, tu ne m'as jamais dit ton âge.
— 21 ans.
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Commentaires ()
J'aime beaucoup ce petit piquant de manipulation psychologique...
Bravo Sabrina !
Pad: Merci pour votre com'.
OlivX: Merci beaucoup. Je suis bien d'accord avec toi; c'est comme ça que je l'imagine moi-aussi.
J'aime beaucoup votre style. j'ai été surpris par la délicatesse de votre récit, et votre vocabulaire plus recherche que celui qu'on peut trouver habituellement dans les récits sur ce site... Bravo. PAD
Après pour le reste écris comme tu le sens, je pense que c'est compliqué d'écrire sans s'inspirer de la réalité un minimum ;).