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✦ Jojo33bdx L'inconnu de Montparnasse XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L'inconnu de Montparnasse — Chapitre 5 · Les rendez vous volés.

14 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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L'inconnu de Montparnasse

Chapitre 5 · Les rendez vous volés.

Paris en semaine, grisaille douce d’une fin d'hiver, annonciatrice d'un printemps précoce. Claire traverse la place du 18-Juin-1940 le cœur battant d'un pas rapide. À chaque fois, elle a peur d’être vue et pourtant à chaque fois, elle s’enivre de ce frisson.
Marc l’attend. Il a laissé la porte entrouverte, elle la pousse discrètement, referme derrière elle, et le retrouve dans cet appartement où le temps semble suspendu. Rideaux tirés, lumière chaude, disque de jazz en fond.
Il s’approche sans un mot, la prend doucement dans ses bras, l’embrasse longuement dans le creux du cou en remontant vers son oreille. Ses mains glissent lentement sur ses hanches. Claire frissonne, toujours ce même frisson, cette onde chaude qui monte, lorsqu’elle retrouve Marc.
Il ne parle pas. Il la déshabille lentement, comme on découvre un secret déjà connu. D’un geste précis, il ouvre son chemisier, fait glisser sa jupe, ses collants et l’allonge sur le tapis épais au pied du canapé. La lumière rasante d’une fin d’après-midi traverse les rideaux, découpant leurs ombres sur le mur.
Il se dévêt à son tour, la regarde un instant, silencieux, comme s’il voulait imprimer cet instant dans sa mémoire. Puis il se penche vers elle, dépose un baiser au creux de sa poitrine, un autre plus bas, et un autre encore plus bas, dégustant son intimité. Chaque geste est lent, doux, sensuel.
Claire ferme les yeux. Elle se laisse faire, se laisse prendre. Les doigts de Marc explorent sa peau comme s’il lisait un poème invisible. Il la connaît déjà bien, et pourtant il recommence chaque fois comme si c’était la première, ou la dernière.
Il entre en elle avec douceur, puis avec cette maîtrise troublante qu’elle lui connaît. Il ne parle pas, ne se hâte pas. Il la regarde. Leurs corps s’accordent lentement, comme deux instruments qui retrouvent leur harmonie.
Le tapis est doux sous son dos, mais c’est la chaleur de Marc au-dessus d’elle qui l’ancre. Elle se sent femme, entière, désirée jusqu’au bout des cils. Chaque va-et-vient réveille une zone d’elle-même qu’elle croyait oubliée.
Quand l’orgasme la saisit, c’est d’abord une onde discrète, puis une vague qui l’envahit entièrement, la submerge. Elle le serre fort contre elle, le visage enfoui dans son cou, le souffle court, bouleversée par la simplicité, la profondeur de ce moment.
Marc se retire lentement, l’embrasse sur le front, et s’allonge à côté d’elle. Il ne dit rien. Il sait que parfois, le silence est plus éloquent que n’importe quel mot.
Le disque tourne encore. Un saxophone lointain accompagne leur respiration.
Elle ne pense plus à son mari, à son quotidien, ni à l’heure. Elle est là, dans cette pièce, sur ce tapis, dans cette parenthèse de velours où elle redevient elle-même.
Puis Marc disparaît quelques instants et revient avec deux verres de vin blanc et un plateau de fromages affinés.
— Tu aimes Lucian Freud ? demande-t-il en lui montrant un livre d’art grand format.
Claire, allongée nue sur le canapé, sourit doucement, un peu gênée.
— Je connais mal.
Marc s’installe près d’elle, l’ouvre à une page montrant un nu féminin, brut, sans fard.
— Il peint la vérité des corps… pas la perfection non, la vérité.
Elle regarde sans détourner les yeux. Quelque chose en elle frémit. Une sorte de curiosité, presque une excitation nouvelle. C’est la première fois qu’un homme l’amène sur ce terrain, pas seulement celui du désir, mais celui du regard porté sur le désir.
Les semaines passent. Ils se voient presque chaque semaine, quelques heures volées entre deux obligations. Après leurs corps à corps, Marc lui offre toujours un morceau de son monde : un passage d’un roman, une visite impromptue d’une galerie discrète du Marais, une anecdote sur une photographe japonaise exilée à Paris.
Un après-midi, Claire est encore allongée sur le tapis, son corps détendu, ses pensées flottant entre deux eaux. Marc, assis près d’elle, feuillette lentement un livre d’art. Il s’interrompt devant une photographie. Elle représente une femme nue, de dos, devant une fenêtre. La lumière est crue, presque tranchante.
il lui montre un cliché en noir et blanc.
— C’est un ami à moi qui l’a prise. Il vit à Arles. Il a un œil fou. Il photographie les femmes avec respect et audace.
Claire observe la photo. Une femme nue, de dos, debout devant une fenêtre, lumière crue sur sa colonne vertébrale. Elle est fascinée.
— Tu l’as connue ? demande-t-elle.
— Un peu. C’était son amante pendant un temps. Mais surtout sa muse. Il révèle ce que les femmes ne voient pas d’elles-mêmes.
Marc la regarde longuement.
— Il aimerait beaucoup te rencontrer, tu sais !!!
Claire baisse les yeux. Son cœur tambourine. Elle sent confusément que quelque chose s’ouvre, une brèche. Et elle ne sait pas encore si elle est prête à la franchir.
— C’est lui ? demande Claire, la voix un peu rauque avisant une autre photo, un portrait d'homme.
Marc hoche la tête.
— Oui. Thomas. Il vit à Arles. Il travaille exclusivement en argentique. Aucun artifice.
Claire se redresse, s’enroule dans une chemise à lui. Elle observe le cliché en silence, puis le regarde, un pli soucieux au coin des lèvres.
— Tu dis qu’il voudrait me rencontrer… mais pourquoi ? Il ne me connaît pas. Il ne m’a jamais vue.
Marc sourit, doucement.
— C’est vrai. Mais je lui ai parlé de toi.
Claire hausse les sourcils.
— Tu lui as parlé de… moi ? Mais pourquoi ? En quels termes ?
Il ferme le livre, prend le temps de choisir ses mots.
— Je lui ai dit que tu étais rare. Que tu avais une beauté qu’on ne remarque pas tout de suite mais qu’on n’oublie pas. Que tu avais cette douceur dans le regard, et cette force à l’intérieur. Il m’a demandé si tu accepterais de poser. J’ai dit que je n’en savais rien.
Elle détourne les yeux vers la photographie.
— Poser… nue ?
— Peut-être. Mais rien ne serait imposé. Il a toujours travaillé dans le respect. Il capte ce que la femme offre. Pas ce qu’il exige.
Claire le regarde à nouveau.
— Et toi ? Qu’est-ce que tu veux, en me proposant ça ? Me pousser à sortir de moi-même ? Me tester ?
Marc la rejoint, pose la main sur sa nuque.
— Je veux te voir t’épanouir, que tu te regardes autrement. C’est un monde qui pourrait te parler, je le sens. Mais je ne veux rien forcer. Si tu refuses, il n’y aura ni insistance, ni regret.
Elle reste silencieuse. Il n’y a pas de piège dans sa voix. Juste une invitation. Claire sent son ventre se nouer, pas de peur mais d’une étrange excitation. Elle n’a jamais envisagé son corps autrement que par le prisme du désir d’un homme, ou du miroir trop sévère de son quotidien.
Être regardée autrement. Être révélée par une lumière. Être exposée, non pas pour plaire, mais pour être. L’idée la trouble, la fascine, la dérange… et l’attire.
— Tu crois vraiment que je pourrais… être photographiée ainsi ?
— Je crois que tu pourrais être magnifique. Et bouleversante.
Quelques semaines ont passé. Claire est de retour à Bordeaux pour retrouver sa mère qui vient de nouveau d'être opérée.
Claire attend dans le petit salon d’accueil de la clinique Bel Air, un bouquet de fleurs posé sur ses genoux. L’opération s’est bien passée, comme prévu. Sa mère, alitée mais vive d’esprit, la reçoit avec un sourire entendu.
— Tu es venue seule ? demande-t-elle, malicieuse.
Claire hésite une seconde. Puis sourit à son tour.
— Marc est à l’hôtel. Il m’a laissée le temps d’être avec toi.
Sa mère hoche la tête, comme si c’était la réponse qu’elle attendait. Elle la regarde avec cette tendresse amusée qu’ont les mères quand elles savent plus de choses qu’on ne croit.
— Tu devrais partir avec lui, tu sais.
Claire lève les yeux, surprise.
— Pardon ?
— Je veux dire… je te vois heureuse, plus légère. Il y a longtemps que je ne t’avais pas vue ainsi. Tu restes ce soir à l’hôtel, non ?
Claire acquiesce.
— Eh bien, demain, tu n’as rien d’autre à faire ici. Moi, je suis entre de bonnes mains. Si tu veux filer avec ton Marc, ne t’en prive pas.
Claire est touchée. Émue.
— Tu ne me juges pas ?
Sa mère lui prend la main, doucement.
— Ma chérie… Ce que je vois, c’est une femme qui revit. Le reste, ce n’est pas mon affaire. Et tu n’as pas à porter de honte. Il y a des hommes qui font semblant d’aimer toute leur vie, et des femmes qui se taisent en se fanant. Si tu as trouvé quelqu’un qui te voit, vraiment, alors va.
Claire baisse les yeux. Elle se sent à la fois fille, femme, amante, et pleinement vivante. Le soir-même, elle retrouve Marc dans leur chambre du Grand Hôtel. Même lieu, même lit, mais une intensité différente. Plus intime, plus décidée.
Marc a commandé un dîner léger servi en chambre. La lumière tamisée des appliques se reflète sur les boiseries anciennes. Claire retire ses boucles d’oreilles devant le miroir, et Marc l’observe comme on regarde une scène de théâtre lentement montée en tension.
Elle se retourne. Il est debout près du lit, les mains dans les poches, chemise légèrement froissée. Son regard est profond, calme. Il ne bouge pas. C’est elle, cette fois, qui s’approche. Elle déboutonne lentement sa propre chemise, sans hâte, sous ses yeux. Elle ne joue pas. Elle offre.
Marc avance enfin. Il effleure ses hanches du bout des doigts, la dévisage comme s’il découvrait un mystère ancien qu’il n’avait pas encore percé. Il l’embrasse au coin des lèvres, puis plus bas, dans le creux du cou, là où elle frissonne toujours.
Il la déshabille avec une lenteur délibérée, la couche sur les draps blancs, s’allonge sur elle sans brusquerie. Leurs corps se reconnaissent. Mais ce soir, c’est différent. Il n’y a pas d’urgence. Il y a un accord, une confiance nue. Claire s’abandonne entièrement.
Il la pénètre sans un mot, le souffle chaud contre sa joue. Chaque mouvement est précis, tendre, enveloppant. Claire le serre, l’enlace, le respire. Elle se sent à la fois vulnérable et invincible. Elle sent l’amour, le vrai, celui qui ne demande rien mais donne tout.
Quand ils jouissent ensemble, c’est dans un murmure. Pas de cris, pas de gestes brusques. Juste cette vague lente, irrésistible, qui les submerge doucement.
Après, Marc la garde contre lui. Il la couvre d’un drap léger. Elle s’endort, le front contre sa poitrine, apaisée. Dans la pénombre, il l’observe dormir, et sourit. Il sait qu’elle est en train de changer. Et qu’elle ne reviendra plus jamais tout à fait en arrière.
Le lendemain matin, au petit déjeuner servi en chambre, elle lui dit :
— Emmène-moi à Arles.
Marc la regarde longuement, avec ce demi-sourire énigmatique qu’elle commence à bien connaître.
— Tu es sûre ?
Elle hoche la tête.
— Oui. J’ai envie de voir ce que tu veux me montrer. Et peut-être… de voir autrement qui je suis.
Ils sont arrivés à Arles en fin d’après-midi, après quelques heures de route bercées de musique et de silences complices. Claire a dormi un peu, la tête appuyée contre la vitre, tandis que Marc conduisait avec cette tranquillité qu’il dégage toujours. Il ne parle jamais trop. Il laisse les lieux parler pour lui.
La lumière du sud les accueille, dorée, presque poudreuse. Arles s’ouvre à eux comme un théâtre ancien : ruelles pavées, pierres blondes, volets colorés, odeur de figuiers et de poussière chaude. En traversant la ville, Claire sent déjà l’atmosphère différente, plus sensuelle, plus artistique. Comme si l’air lui-même vibrait d’une énergie particulière.
Marc gare la voiture près d’un hôtel discret, mais somptueux, niché dans une bâtisse du XVIIe siècle restaurée avec goût. La façade est couverte de vigne vierge. À l’intérieur, c’est un mélange subtil d’élégance ancienne et de modernité minimaliste. Tout est feutré, choisi, parfait.
La chambre est au dernier étage, avec vue sur les toits et, au loin, les arènes. Le lit est vaste, les draps blancs comme dans un songe, une bouteille de vin local les attend dans un seau d’argent.
Claire s’approche de la fenêtre, fascinée par les toits roses et les antennes tordues. Elle ne parle pas. Elle respire, simplement. Et elle comprend ce que Marc a voulu lui offrir : un dépaysement du cœur, plus encore que du corps.
Il s’approche d’elle, l’entoure de ses bras.
— Bienvenue ailleurs , murmure-t-il.
Elle ferme les yeux un instant.
— C’est exactement ça. Ailleurs.
Elle ne sait pas encore ce que ce séjour va éveiller en elle, mais elle sent déjà qu’il y aura un avant et un après. Et dans ce moment suspendu, elle se laisse doucement glisser dans cette parenthèse. Sans peur. Sans défense. Juste l’envie de sentir.
Le silence dans la chambre est presque total, juste habité par les bruissements lointains d’Arles qui s’endort. Claire, debout près de la fenêtre ouverte, regarde les toits rougis par les derniers feux du soleil. Le vent du sud glisse sur sa nuque dénudée. Elle a retiré ses chaussures, déboutonné sa chemise. Elle se sent légère, étrangère à elle-même, comme si elle habitait un autre corps, une autre vie.
Marc s’approche doucement. Elle le devine plus qu’elle ne l’entend. Il est derrière elle, si proche que son souffle effleure déjà sa peau. Ses mains viennent se poser sur sa taille, chaudes, sûres. Il ne dit rien. Il l’enlace, simplement. Puis ses lèvres se posent sur son épaule, lentement, puis glissent vers le creux de son cou.
Claire ferme les yeux. L’air tiède entre par la fenêtre. Elle sent le parfum des figuiers, le cuir de sa valise encore ouverte derrière elle. Elle sent surtout la présence de Marc, dense, brûlante.
Il défait les boutons restants de sa chemise, la fait glisser doucement le long de ses bras. Elle reste là, offerte, bras nus, seins tendus, le regard perdu dans les toits orangés. Il descend son pantalon, embrasse le bas de son dos, puis la fait se pencher un peu, les mains posées contre le rebord de pierre de la fenêtre.
Il la prend ainsi, debout, doucement d’abord, puis plus profondément. Le contraste entre le grand calme du soir et l’intensité de leurs corps qui se cherchent la bouleverse. Elle gémit, très doucement, comme pour ne pas troubler le silence de la ville. Ses cheveux lui collent à la nuque, son cœur bat à l’unisson du sien.
Il la retient contre lui après l’orgasme, ne la lâche pas. Le soleil a disparu, mais le monde semble encore lumineux, là, dans cette chambre ancienne de cette ville inconnue qu’elle découvre.
Ils ne dînent que plus tard, tardivement, dans le patio éclairé à la bougie. Elle porte une robe légère, il l’écoute plus qu’il ne parle. Et dans ses yeux à elle, il voit déjà poindre quelque chose de neuf, une audace timide, un trouble délicieux.
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Photo de profil de Julie.j
Julie.j
9 mai 2026 à 18:45
C'est une jolie histoire d'amour comme je les aime. J'espère qu'il y aura une suite
Soyez respectueux
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Photo de profil de fab-io72
fab-io72
9 septembre 2025 à 16:21
Toujours aussi délicat. Difficile de décrocher de cette histoire. On est dans du romanesque saupoudré d'un érotisme léger et tellement doux. J'aime ce récit et ses personnages.
Merci a vous et vivement la suite.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Conteurreveur
Conteurreveur
9 septembre 2025 à 11:38
Toujours très plaisant....
De plus, Montparnasse étant un peu ma deuxième maison, je ne regarderai différemment les belles quadra désormais...
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de imaxparis
imaxparis
8 septembre 2025 à 18:27
Je maintiens les commentaires que j'avais faits lors du premier chapitre :

Wouah ! Quel beau texte ! Il y avait longtemps que je n'avais lu un tel récit. C'est bien écrit, c'est sensuel, ce n'est pas vulgaire. C'est tout ce que j'aime ! ;)
J'espère que la suite sera de la même veine.

Et bien OUI, la suite l'est et c'est magnifique. Je ne m'en lasse pas.

Continuez ainsi c'est trop beau.
Imax
Soyez respectueux
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