Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Nouvelle — Chapitre 15 · De bronze et d'acier
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Nouvelle
Chapitre 15 · De bronze et d'acier
Sur une idée de Mr523
La carte de visite était douce au toucher et les caractères noirs imprimés faisaient un relief satiné:
« Marc BLANZAC – Architecte associé » suivi d'un numéro de portable. Elle s'empressa de lire le message écrit à la main: « Je crois que nous devons parler. Je serai de retour de Londres dans cinq jours. Prenez soin de vous, Marc ».
Ces quelques mots lui firent comme un baume apaisant à l'âme. Elle se sentait réconfortée et émue ne serait-ce que de connaître le prénom de cet homme aux cheveux blancs. Et surtout, elle savait que le lien n’était pas rompu entre elle et cet homme, Marc. La jeune femme se disait qu'elle devrait lui parler franchement et lui expliquer son comportement au restaurant. Tout lui dire sur M et son chantage. Elle espérait seulement parvenir à trouver les mots justes pour qu'il lui pardonne. Et si ça femme avait découvert sa culotte dans la poche de sa veste ? Et si elle avait deviné ce qui se passait sous la table ? Et si, à cause d'elle, il avait maintenant des ennuis ? Toutes ces questions-là tourmentèrent sur le chemin du retour.
Arrivée dans son studio, elle se doucha puis glissa sous sa couette mais ne trouva pas le sommeil. La culpabilité lui ôta maintenant toute envie de repenser aux belles mains de Marc.
« Marc BLANZAC – Architecte associé » suivi d'un numéro de portable. Elle s'empressa de lire le message écrit à la main: « Je crois que nous devons parler. Je serai de retour de Londres dans cinq jours. Prenez soin de vous, Marc ».
Ces quelques mots lui firent comme un baume apaisant à l'âme. Elle se sentait réconfortée et émue ne serait-ce que de connaître le prénom de cet homme aux cheveux blancs. Et surtout, elle savait que le lien n’était pas rompu entre elle et cet homme, Marc. La jeune femme se disait qu'elle devrait lui parler franchement et lui expliquer son comportement au restaurant. Tout lui dire sur M et son chantage. Elle espérait seulement parvenir à trouver les mots justes pour qu'il lui pardonne. Et si ça femme avait découvert sa culotte dans la poche de sa veste ? Et si elle avait deviné ce qui se passait sous la table ? Et si, à cause d'elle, il avait maintenant des ennuis ? Toutes ces questions-là tourmentèrent sur le chemin du retour.
Arrivée dans son studio, elle se doucha puis glissa sous sa couette mais ne trouva pas le sommeil. La culpabilité lui ôta maintenant toute envie de repenser aux belles mains de Marc.
Quelques jours étaient passés et juillet touchait à sa fin. Dans son courrier, au milieu d'inutiles publicités, la jeune nouvelle trouva une enveloppe en vélin rouge avec pour seule indication une phrase thermogravée: « Il en va de l'érotisme comme de la danse: l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre ». Elle ouvrit en hâte l'enveloppe et reconnut l'écriture soignée de l'homme aux yeux bleus-gris:
— Ma chère, voici l'adresse mail sécurisée que tu devras consulter chaque semaine. Tu y trouveras parfois de doux amusements nés de mon imagination. Une obligation t'y attend déjà. J'espère qu'elle te réjouira. Bien cordialement, M...
L'angoisse de la nouvelle épreuve contrainte montait déjà en elle. Cependant, son appétit pour les expériences inédites, son envie de rompre la monotonie de sa vie oisive lui firent ressentir une sorte d’impatience. Comme lorsqu'on se rend au théâtre et que le rideau va bientôt se lever: la lumière baisse doucement, les bavardages du public cessent et on entend dans le noir, les pas des comédiens qui se mettent en place derrière le velours rouge du rideau. À cet instant, tout espoir est permis et notre cœur est pressé de découvrir les premières émotions du spectacle. La jeune femme se précipita donc sur son
Macbook air et se connecta à l'adresse indiquée:
Macbook air et se connecta à l'adresse indiquée:
— Chère enfant, voici tes nouvelles attributions: le vernissage d'un sculpteur-forgeron sur métaux extrêmement talentueux. Rends-toi à la galerie et à la date indiquée sur l'invitation ci-jointe. Je suis sûr que l'artiste prendra le temps de bavarder avec toi. Je ne serais malheureusement pas présent moi-même mais le sculpteur est un très bon ami à moi et il me fera le récit de votre rencontre. Tu peux t'habiller comme il te plaira, la soirée est ouverte au public. Amuse-toi bien, M.
Les quelques jours d'attente passèrent et la voilà déjà qui sort du métro Odéon de son habituel pas rapide parisien. Cheveux au vent et ses Converses noires aux pieds, la jeune femme s'était habillée le plus simplement comme à son habitude: jean, t-shirt blanc et sweat à capuche. Son look « tomboy », elle l'avait certainement choisi inconsciemment pour ne pas attiser les éventuels désirs masculins de ce vernissage. Une exposition artistique paraît sans risque mais comme l'homme aux yeux azur avait organisé le rendez-vous, elle se méfiait et s'attendait vraiment à tout. Qu'allait-il se passer vraiment ? Quelle surprise l'attendait ? Autant de questions qui la tourmentaient et lui faisaient accélérer le pas.
La Galerie Kamel Mennour, dans le sixième, est un magnifique hôtel particulier du XVIIe aux murs blancs. Elle entra dans la cour pavée bordée de plantes vertes et contempla un instant les larges fenêtres tout autour d'elle. Une foule était déjà là et elle se plaça dans la file d'attente. Le public était bigarré:du couple chic à l'étudiant en art portant de magnifiques dreadlocks. Son cœur battait un peu plus vite puis elle passa enfin le pas de la porte et entra dans ce temple de l'art contemporain.
Elle regarda la foule sans reconnaître personne. Tout semblait normal. Un vernissage comme elle en avait déjà vu auparavant. Elle décida d'en profiter pour contempler les œuvres exposées: de splendides sculptures de métal et de bronze presque aussi puissantes que celle du musée Rodin qu'elle aime tant. Elles sont telluriques, tourmentées. Le métal tordu, le bronze façonné expriment une violence et une force presque romantique, désespérée. Certaines œuvres sont très clairement une ode à la virilité mais d'autres sont extrêmement féminines et délicates. Et une partie des sculptures sont d'un érotisme sans équivoque: hommes et femmes nus enlacés, accouplements symboliques de formes métalliques, phallus olympiens et déesses de la fertilité. La jeune femme reconnut, sans être experte, le talent évident de cet artiste. Elle se mit à chercher du regard, tout en déambulant dans la galerie, qui pourrait être ce créateur.
Elle aperçut assez vite au loin, un groupe et quelques journalistes critiques d'art amassés autour d'un homme. C'était certainement lui l'artiste. Elle s'approcha doucement par le côté et le dévisagea: Roland ! C'était lui, elle n'avait aucun doute. Inquiète, elle se dissimula derrière un pilier de la grande salle en faisant semblant de lire le catalogue de l'exposition. Mais ses yeux le scrutaient: sa carrure était aussi robuste que dans son souvenir. Une large chemise blanche pendait par-dessus son jean noir. Son col était ouvert et ses manches retroussées laissaient apparaître ses puissants avant-bras velus. Il portait une montre en acier à son poignet et ses mains râblées s'agitaient lorsqu'il répondait aux questions des journalistes. Son visage peu avenant était buriné et ses cheveux brun-gris ondulés plaqués sommairement en arrière. Seul son regard avait changé: il brillait de sagacité et de fierté. Mais il est vrai que la dernière fois qu'elle l'avait vu, il était nu et en proie à son désir pour elle.
La Galerie Kamel Mennour, dans le sixième, est un magnifique hôtel particulier du XVIIe aux murs blancs. Elle entra dans la cour pavée bordée de plantes vertes et contempla un instant les larges fenêtres tout autour d'elle. Une foule était déjà là et elle se plaça dans la file d'attente. Le public était bigarré:du couple chic à l'étudiant en art portant de magnifiques dreadlocks. Son cœur battait un peu plus vite puis elle passa enfin le pas de la porte et entra dans ce temple de l'art contemporain.
Elle regarda la foule sans reconnaître personne. Tout semblait normal. Un vernissage comme elle en avait déjà vu auparavant. Elle décida d'en profiter pour contempler les œuvres exposées: de splendides sculptures de métal et de bronze presque aussi puissantes que celle du musée Rodin qu'elle aime tant. Elles sont telluriques, tourmentées. Le métal tordu, le bronze façonné expriment une violence et une force presque romantique, désespérée. Certaines œuvres sont très clairement une ode à la virilité mais d'autres sont extrêmement féminines et délicates. Et une partie des sculptures sont d'un érotisme sans équivoque: hommes et femmes nus enlacés, accouplements symboliques de formes métalliques, phallus olympiens et déesses de la fertilité. La jeune femme reconnut, sans être experte, le talent évident de cet artiste. Elle se mit à chercher du regard, tout en déambulant dans la galerie, qui pourrait être ce créateur.
Elle aperçut assez vite au loin, un groupe et quelques journalistes critiques d'art amassés autour d'un homme. C'était certainement lui l'artiste. Elle s'approcha doucement par le côté et le dévisagea: Roland ! C'était lui, elle n'avait aucun doute. Inquiète, elle se dissimula derrière un pilier de la grande salle en faisant semblant de lire le catalogue de l'exposition. Mais ses yeux le scrutaient: sa carrure était aussi robuste que dans son souvenir. Une large chemise blanche pendait par-dessus son jean noir. Son col était ouvert et ses manches retroussées laissaient apparaître ses puissants avant-bras velus. Il portait une montre en acier à son poignet et ses mains râblées s'agitaient lorsqu'il répondait aux questions des journalistes. Son visage peu avenant était buriné et ses cheveux brun-gris ondulés plaqués sommairement en arrière. Seul son regard avait changé: il brillait de sagacité et de fierté. Mais il est vrai que la dernière fois qu'elle l'avait vu, il était nu et en proie à son désir pour elle.
Une foule de souvenirs, de sensations et d'images affluaient dans l'esprit de la nouvelle. Elle se remémorait l'amour qu'elle avait fait avec lui sur la scène face au public et l'infini plaisir qu'elle avait éprouvé dans ses bras. Sans doute le meilleur amant de sa jeune vie de femme. Elle se mit à en éprouver de la gêne, une sorte de honte enfantine stupide mais bien réelle. Il l'avait vu nue, il l'avait pénétrée avidement et surtout, il avait vu son visage déformé par un orgasme si violent qu'elle avait perdu tout contrôle de son corps et de son âme. Curieusement, elle n'avait pas ressenti cet embarras face à son maître-chanteur ni avec l'homme aux cheveux blancs. Son cœur cognait fort dans sa poitrine et elle se dirigea vers le buffet pour reprendre ses esprits.
Elle prit un verre puis un deuxième pour se redonner du courage et chasser son anxiété. Alors qu'elle terminait de boire, elle entendit une voix derrière son épaule commander:
— Mettez-nous deux petites coupes s'il vous plaît ! Alors Mademoiselle, très heureux de te revoir. On peut se tutoyer ?
- ... Oui bien sûr. Je n'étais pas sûre que vous me reconnaitriez.
— Que TU me reconnaîtrais. Mais évidemment, j'ai la mémoire des visages... et des corps aussi. Ça va avec mon travail de sculpteur. Dit-il avec un petit sourire en coin et un regard complice.
— Ah oui évidemment. Bredouilla-t-elle mal à l'aise.
— Ne sois pas gênée, je ne le suis pas moi. Tu t'es habillée en sportive je vois.
— Oui, je suis plus à l'aise comme ça. Et toi, Roland, ton expo se passe bien ?
— Oui, oui. Je charme la presse, je fais le brillant devant mes éventuels mécènes. Les mondanités obligatoires en fait. Ce soir, je fais la pute pour vendre mes petites sculptures. Dit-il en riant.
— Ah oui, les chorégraphes avec qui j'ai travaillé m'ont dit ça aussi.
— Désolé si je suis grossier mais j'ai déjà fait plusieurs visites à ce buffet et je ne bois pas de Vittel. Eh bien, trinquons à l'art et d'un seul trait !
- ... Oui bien sûr. Je n'étais pas sûre que vous me reconnaitriez.
— Que TU me reconnaîtrais. Mais évidemment, j'ai la mémoire des visages... et des corps aussi. Ça va avec mon travail de sculpteur. Dit-il avec un petit sourire en coin et un regard complice.
— Ah oui évidemment. Bredouilla-t-elle mal à l'aise.
— Ne sois pas gênée, je ne le suis pas moi. Tu t'es habillée en sportive je vois.
— Oui, je suis plus à l'aise comme ça. Et toi, Roland, ton expo se passe bien ?
— Oui, oui. Je charme la presse, je fais le brillant devant mes éventuels mécènes. Les mondanités obligatoires en fait. Ce soir, je fais la pute pour vendre mes petites sculptures. Dit-il en riant.
— Ah oui, les chorégraphes avec qui j'ai travaillé m'ont dit ça aussi.
— Désolé si je suis grossier mais j'ai déjà fait plusieurs visites à ce buffet et je ne bois pas de Vittel. Eh bien, trinquons à l'art et d'un seul trait !
Ils vidèrent leur verre et tandis que la jeune nouvelle reposait sa coupe sur la table, il la détailla du regard. Il examina les courbes de son jean et s'arrêta un instant sur sa poitrine. Puis il fixa le petit bout de ventre laissé apparent entre la ceinture et le bas du t-shirt. Elle se retourna et surprit son regard.
— Aah le grain de la peau d'une femme. C'est vraiment ce que j'essaye de reproduire avec du métal. Mais je n'y suis jamais parvenu sauf parfois avec du bronze peut-être mais ce métal coûte si cher.
Il posa sa main sur la hanche de la jeune femme et avec son pouce, il caressa son ventre.
— Tu vois ? Cette texture, ce velours, un vrai défi pour un sculpteur... Allez viens, je vais te montrer mon travail. Tu as eu le temps de découvrir quelques-unes de mes petites œuvres ?
— Oui j'ai fait un tour rapide. Bravo, j'adore tes créations. Je ne savais pas que tu étais artiste toi aussi. Je suis admirative de l'univers de ton expo. J'en ai honte, mais à notre dernière soirée, je t'avais pris pour une sorte de jardinier.
— Ahaha ! Je sais, on se trompe souvent sur moi: je ressemble plus à un camionneur qu'à Giacometti ! Mais reconnais que la dernière fois qu'on s'est vus, on n'a pas beaucoup parlé.
— Oui, c'est pas faux. Dit-elle en regardant ailleurs.
— Ooh, tu as l'air toute gênée encore. Il ne faut pas. Allons, je veux te montrer quelque chose.
— Oui j'ai fait un tour rapide. Bravo, j'adore tes créations. Je ne savais pas que tu étais artiste toi aussi. Je suis admirative de l'univers de ton expo. J'en ai honte, mais à notre dernière soirée, je t'avais pris pour une sorte de jardinier.
— Ahaha ! Je sais, on se trompe souvent sur moi: je ressemble plus à un camionneur qu'à Giacometti ! Mais reconnais que la dernière fois qu'on s'est vus, on n'a pas beaucoup parlé.
— Oui, c'est pas faux. Dit-elle en regardant ailleurs.
— Ooh, tu as l'air toute gênée encore. Il ne faut pas. Allons, je veux te montrer quelque chose.
Il l'emmena devant une de ses œuvres: « La tentation de la Méduse », une statue de bronze d'un mètre, représentant une femme nue assise en seiza, les mains au-dessus de la tête comme si elle prenait le soleil, la tête penchée et une multitude de serpents en guise de chevelure. Il se mit derrière la jeune nouvelle, posa ses grandes mains sur ses épaules pour l'approcher encore un peu de la statue et lui parla à l'oreille.
— Regarde-la, ne dirait-on pas qu'elle est vivante ? Presque vibrante, avec sa chevelure qui bouge ? N'est-elle pas magnifique ?
— Oui, vraiment belle. Saisissante même et dangereuse.
— Exactement les mots que j'aurai choisis. Toute la volupté de la femme entourée d'un poison mortel.
— Elle est beaucoup plus belle que « Les Gorgones » de Klimt.
— Ouiii, je connais ce magnifique tableau, « les forces du mal et les trois Gorgones ». Mais Klimt a fait de la Méduse un symbole des forces ennemies, alors que moi, je l'ai créé comme l'essence de la féminité: captivante, hypnotique et tentatrice. La beauté du diable en quelque sorte. Éros et Thanatos unis dans un même corps voluptueux. Ce désir si violent qu'un homme se dirait: la posséder ou mourir.
— Tu lui as fait des seins magnifiques et un corps de rêve. Comment tu l'as imaginée ?
— J'y ai mis mon désir, ma passion et j'avais un magnifique modèle pour les séances de poses.
— Ça doit être passionnant de te voir sculpter le bronze.
— En fait, je sculpte la cire. Puis je recouvre la statue d'argile ou de plâtre et quand l'argile est sèche, je la chauffe. La cire fond et coule par un petit trou et c'est comme ça que j'obtiens mon moule. Après je n'ai plus qu'à faire fondre le bronze que je verse dedans et te voilà médusée.
— Oui, vraiment belle. Saisissante même et dangereuse.
— Exactement les mots que j'aurai choisis. Toute la volupté de la femme entourée d'un poison mortel.
— Elle est beaucoup plus belle que « Les Gorgones » de Klimt.
— Ouiii, je connais ce magnifique tableau, « les forces du mal et les trois Gorgones ». Mais Klimt a fait de la Méduse un symbole des forces ennemies, alors que moi, je l'ai créé comme l'essence de la féminité: captivante, hypnotique et tentatrice. La beauté du diable en quelque sorte. Éros et Thanatos unis dans un même corps voluptueux. Ce désir si violent qu'un homme se dirait: la posséder ou mourir.
— Tu lui as fait des seins magnifiques et un corps de rêve. Comment tu l'as imaginée ?
— J'y ai mis mon désir, ma passion et j'avais un magnifique modèle pour les séances de poses.
— Ça doit être passionnant de te voir sculpter le bronze.
— En fait, je sculpte la cire. Puis je recouvre la statue d'argile ou de plâtre et quand l'argile est sèche, je la chauffe. La cire fond et coule par un petit trou et c'est comme ça que j'obtiens mon moule. Après je n'ai plus qu'à faire fondre le bronze que je verse dedans et te voilà médusée.
La jeune nouvelle sourit à ces mots tout en regardant, fascinée, cette statue. Elle ne s'aperçut pas que Roland avait enlevé les mains de ses épaules et qu'il avait fait un pas en arrière. Il observait à présent le dos de la jeune femme. Ses yeux détaillaient la chevelure noire qui tombait sur la capuche de son sweat. Puis son regard descendit vers ses hanches, ses fesses et enfin glissa le long des jambes. Il se remémorait le corps nu de la nouvelle. Sa silhouette, sa nuque, la courbure du bas de son dos et le parfum de sa peau. Il se souvenait du souffle de la jeune femme et de son long cri d'extase quand il était en elle. Sa respiration s'accéléra un peu et au moment où il allait parler, elle se retourna et lui dit:
— Magnifique vraiment. Je suis bouleversée. Je crois que j'ai senti ce que tu as à l'esprit.
— De quoi parles-tu ? Balbutia Roland.
— De la Méduse ! Je trouve que tu as capté avec une intuition, une technique tellement parfaite les sentiments du cœur humain et que nous pouvons tous nous y reconnaître. Merci pour l'émotion Roland.
— Mais je t'en prie. Je suis heureux de partager ça avec toi.
— De quoi parles-tu ? Balbutia Roland.
— De la Méduse ! Je trouve que tu as capté avec une intuition, une technique tellement parfaite les sentiments du cœur humain et que nous pouvons tous nous y reconnaître. Merci pour l'émotion Roland.
— Mais je t'en prie. Je suis heureux de partager ça avec toi.
Il s'approcha d'elle et lui dit tout bas:
— Je voudrais que ça soit toi.
— La Méduse ?
— Non, je voudrais tellement que tu acceptes de travailler avec moi sur mes prochaines créations.
— Je suis danseuse, pas sculptrice. Je n'y connais rien à tout ça.
— Je sais bien, mais je voudrais que tu viennes poser pour moi. Tu feras un magnifique modèle.
— Pas sûr, tu sais: j'ai du mal à rester immobile: c'est pour ça que je danse moi.
— Allez, fais un essai. Tu pourras arrêter si c'est trop dur et je chercherai un autre modèle.
— Non, je ne pense vraiment pas que ça soit une bonne idée.
— La Méduse ?
— Non, je voudrais tellement que tu acceptes de travailler avec moi sur mes prochaines créations.
— Je suis danseuse, pas sculptrice. Je n'y connais rien à tout ça.
— Je sais bien, mais je voudrais que tu viennes poser pour moi. Tu feras un magnifique modèle.
— Pas sûr, tu sais: j'ai du mal à rester immobile: c'est pour ça que je danse moi.
— Allez, fais un essai. Tu pourras arrêter si c'est trop dur et je chercherai un autre modèle.
— Non, je ne pense vraiment pas que ça soit une bonne idée.
Roland se décomposa et son visage trahissait son immense déception. Il ajouta:
— Je suis étonné de ta réponse. Mr Martineau m'avait pourtant assuré que cette idée te plairait. Viens au moins voir mon atelier, tu te feras une idée sur place. Je travaillerai le métal. Tu pourras voir la naissance d'une œuvre forgée.
Le nom de son maître-chanteur la fit redescendre brutalement du nuage artistique sur lequel elle était. Un véritable ascenseur émotionnel. Elle en avait presque oublié ce pour quoi elle était venue et voilà la réalité qui la frappait de plein fouet. Une lueur de tristesse passa dans les yeux de la nouvelle et, consciente de la contrainte qui la tenait, elle déposa les armes.
— Tu as raison, je vais essayer. Je te laisse mon numéro alors appelle-moi et je viendrai.
— Magnifique ! Je suis sûr que tu vas adorer. Il faut que je te laisse maintenant, si je néglige mes mécènes, mon galeriste va me faire des reproches. À très vite et bonne visite.
— Magnifique ! Je suis sûr que tu vas adorer. Il faut que je te laisse maintenant, si je néglige mes mécènes, mon galeriste va me faire des reproches. À très vite et bonne visite.
La jeune femme quitta la galerie sans terminer sa visite. L'esprit un peu engourdi par l'alcool, elle marchait vers Odéon. Elle ruminait, maussade, le cours de sa soirée. Elle se dit alors qu'il était temps d'appeler au secours l'homme aux cheveux blancs. Il revenait normalement aujourd’hui même de Londres. Elle lui expliquerait tout et il pourrait peut-être l'aider. Appeler Marc: elle en avait tellement envie de toute manière.
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