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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Xscape — Chapitre 7 · Le Blaireau

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Xscape

Chapitre 7 · Le Blaireau

Matthieu
L'eau brûlante qui coule sur mon crâne n'a pas l'effet que j'aurais souhaité. J'ai beau fermer les yeux et la laisser ruisseler comme une pluie battante nettoyant tout sur son passage, je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à cet abruti de Thomas qui s'est fait la malle en pleine partie de baise.
Bordel, mais pourquoi il a fait ça ? Pour gagner ?
Je sais qu'il est à fond dans le jeu pendant les Escape, mais là, il nous restait encore 6 longues minutes avant la fin du temps imparti juste pour ouvrir une porte. Autant dire qu'on était large.
Il avait joui. Ça pouvait être à cause de ça aussi, même si je n'y crois pas trop. Thomas n'est pas franchement du genre égoïste, je ne comprendrais pas bien pourquoi il se dépêcherait de finir le jeu une fois les couilles vidées. Surtout que je lui ai clairement demandé d'attendre un peu, histoire que Sarah et moi allions aussi au bout du truc...
Je sors de ma douche sans réussir à retrouver mon entrain du matin. Je me sèche et j'attrape mes vêtements revenus comme par miracle dans mon casier. Thomas vient faire la même chose à côté de moi, mais je me tourne dos à lui. J'ai une furieuse envie de lui demander des explications, mais je me connais, si je mets les pieds dans le plat maintenant, je vais y aller franco et les choses vont partir encore plus en sucette. Moi qui me suis senti plus proche de lui que jamais la nuit dernière, je ne préfère autant pas tout foutre en l'air. Autant que je reste dans mon coin.
Je me rhabille à la hâte et quitte les vestiaires en moins de temps qu'il en faut pour le dire. Dans le Hall d'accueil, je trouve Blaireau, le Game Master, adossé contre un mur.
— Ah, vous voilà ! me lance-t-il en me rejoignant. Bravo, bien joué ! Le taux de réussite n'est que de 45 %, vous avez assuré !
— Ouais... Merci.
— Vous avez l'habitude de faire des Escape ?
— Mouais, si on veut. C'est surtout le truc des deux autres. Perso, j'aime bien, mais je suis surtout là pour le sexe.
— Au moins ça a le mérite d'être clair...
J'ai envie de l'envoyer se faire foutre. Sa gueule ne me revenait déjà pas trop quand on est arrivé, alors après le coup de Thomas, j'ai clairement envie qu'il me lâche.
— Bah quoi, en bossant dans un Escape porno on doit voir passer un paquet de détraqués qui viennent pour le cul à longueur de journée, non ?
— Parce que t'es un détraqué, toi ?
Je lui jette un regard mauvais, mais ça n'a l'air de lui faire ni chaud ni froid. Il garde son air niais accroché au visage en attendant ma réponse.
Voyant que je n'ai pas l'intention de lui en donner une, il jette un coup d'œil à sa montre et se gratte la tête.
— Pour tout dire... ça dépend de ce que tu appelles ‘'détraqués''. Si par là tu veux dire ‘'des mecs et des nanas qui veulent vivre pleinement leur sexualité, varier les plaisirs et assouvir leurs appétits, même s'ils sont gargantuesques'', alors ouais, une petite moitié de nos clients sont des détraqués. Mais c'est un peu le but du concept, non ?
Je le regarde d'un œil amusé. Je le trouve tout d'un coup un peu moins casse-burnes, sans trop comprendre pourquoi. C'est comme si je venais de capter un message qu'il essayait de m'envoyer, ou un truc du genre.
Je cherche quoi lui répondre, mais je suis coupé dans mon élan par Thomas et Sarah qui nous rejoignent et je lâche l'affaire. J'ai dû me faire un film, de toute façon.
Blaireau les félicite à leur tour avec entrain. Moi, il me suffit de jeter un œil à leur tête pour voir que Sarah est dans une colère noire et que Thomas a très envie de se cacher dans un trou de souris pour ne plus en sortir.
Voyant que l'ambiance n'est pas franchement à la fête, l'employé finit par nous raccompagner vers la sortie à grand renfort de félicitations et de souhaits de nous revoir vite.
Le court trajet qui nous sépare de la voiture se fait dans un silence de plomb. Une fois à l'intérieur, les portières sont à peine refermées que Sarah explose comme un volcan qui retenait son éruption depuis trop longtemps.
— Bordel, Thomas, tu peux me dire ce que c'est, ton putain de problème ?
L'intéressé essaye de garder un semblant de contenance en se frottant les mains. Vu comment Sarah est remontée, elle va lui faire passer un sale quart d'heure. Je décide de les laisser se démerder. Je démarre la voiture, règle le GPS pour qu'il m'indique l'auberge dans lequel on est censé passer la nuit, à moins de vingt minutes de route, et sors du parking en sifflotant.
— T'es devenu muet, d'un coup ? renchérit Sarah.
— Je vois pas pourquoi tu t'énerves comme ça, finit par se défendre Thomas, un peu moins sûr de lui que ce qu'il aurait voulu paraître. Le gars a libéré la clé, je l'ai prise, j'ai ouvert la porte et je suis sorti... C'est bien ce qu'on était censé faire, non ?
— Ce gars était en train de me pénétrer, Thomas...
— Ah donc c'est ça, le problème ? T'étais plus en train de jouer, tu voulais juste te faire baiser ?
Sarah se tait, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés. Les reproches viennent soudain de changer de camp, et elle encaisse le coup. Ses yeux s'embuent de larmes.
— Non, non, attends... se rattrape Thomas. Désolé, c'est pas ce que je voulais dire...
Il tend la main vers Sarah, mais cette dernière s'écarte et lui tourne ostensiblement le dos. Elle murmure un ‘'va te faire foutre'' et plus personne n'ouvre la bouche jusqu'à l'arrivée sur le parking de l'auberge.
— Bon... qui a les réservations de chambre sur sa montre ? Je tente en défaisant ma ceinture de sécurité.
— C'est moi, répond Thomas en fixant un point invisible droit devant lui. Mais personne ne sortira de cette voiture avant que j'ai pu dire ce que j'ai à dire.
Je le regarde en fronçant les sourcils, mais son visage reste fermé. Il a l'air on ne peut plus sérieux.
— On était dans un escape, commence-t-il machinalement, signe qu'il avait passé tout le reste du trajet à préparer son laïus. Le temps était presque écoulé. J'ai vu le gars libérer la clé, je me suis dépêché de l'utiliser pour savoir si on avait réussi ou pas.
— Ça tu l'as déjà dit... grogne Sarah.
— Est-ce que j'ai déconné ? Ouais... Sûrement, ouais. J'avais pas l'esprit clair. Tout le monde était à poil, se tripotait... J'ai pas l'habitude de toutes ces conneries et j'ai pas fait ce qu'il fallait.
Sarah l'écoute, mais ne montre pas le moindre signe d'apaisement. Je tente ma chance pour tenter de calmer le jeu et d'éviter que cette ambiance de merde vienne gâcher notre séjour trop longtemps :
— Tu sais, c'est pour ça qu'on a parlé ce matin de ce délire d'avatars... Bien séparer les nous de tous les jours et les nous dans les Escape, pour en profiter un maximum...
— Ouais, je sais tout ça. C'est juste... que j'ai pas réussi à l'appliquer aussi facilement, voilà, c'est tout. Désolé. Ça n'arrivera plus.
— En gros, t'es en train de dire que c'est moi qui suis censée être la coincée du groupe, mais que c'est toi qui n'as pas porté tes couilles... lâche Sarah.
— Ouais... Tu n'as qu'à penser ça si tu veux, ouais, répond Thomas, visiblement peiné.
— Cool. Alors c'est ce que je pense. On peut y aller maintenant ?
Thomas hoche la tête et sort de la voiture avant nous. Il nous précède jusqu'à la réception de l'auberge, récupère les badges de nos chambres respectives et nous les tend avant de s'éclipser dans la sienne sans un mot. Sarah n'ayant clairement pas l'air de vouloir parler non plus, j'emprunte l'escalier qui mène à ma propre chambre.
Une fois à l'intérieur, je me rends compte que le mot ‘'chambre'' est peut-être un peu exagéré. L'endroit ne fait pas plus de 5m2, dont une petite moitié est occupée par un lit qu'on a fait rentrer ici par je ne sais quel miracle. L'espace restant est occupé par un placard minuscule, un lavabo d'un autre temps et un mini-frigo avec une feuille ‘'HORS SERVICE'' scotchée dessus. Une porte vitrée en face mène sur un balcon sur lequel je dois avoir juste la place de me tenir.
— Bon... bah ce sera une journée de merde jusqu'au bout, hein...
Je lance mon sac sur le lit, retire mes chaussures et mets de la musique sur ma montre, clairement déprimé.
Je me faisais une joie pas possible à l'idée de ce road-trip porno entre potes. J'étais convaincu que ce serait un été de folie. Qu'on passerait de super moments à trois et que je prendrais un pied phénoménal dans ces rooms dédiées au cul. Seulement voilà, on est à peine parti depuis trois jours et tout le monde tire déjà une gueule de six pieds de long. Quant aux rooms, tout ce que j'y ai fait pour l'instant, c'est me branler et sucer une fausse queue synthétique. Paye ta frustration...
J'ai envie de fumer une clope. Je savais que j'aurais dû en prévoir d'avance.
Pas grave, je vais aller en chercher. Ça me fera une excuse parfaite pour me tirer de ce trou à rats. Je fouille juste mes poches pour être sûr que j'aurai un briquet à portée de main quand je voudrais m'en griller une.
Je ne trouve pas de briquet, mais mes doigts accrochent un petit morceau de carton, que je sors.
C'est une carte de visite de l'Xscape Game'z dans lequel on est allés aujourd'hui. Qu'est-ce qu'elle fout là ?
Je la retourne. Quelque chose est inscrit à la main au-dessus des horaires d'ouverture.
— 011.45.63.19.27 – Tu peux m'appeler Blaireau.
Merde ! Je n’en reviens pas ! Je ne sais pas trop à quel moment il a mis ça dans ma poche, mais Blaireau m'a laissé son numéro ! Est-ce que j'avais vu juste quand j'ai cru qu'il m'envoyait des signaux, tout à l'heure ?
Sans réfléchir, je déploie le clavier holographique de ma montre et rentre son numéro. Je m'apprête à lui envoyer un message, mais je marque un temps d'arrêt.
— Attends attends attends, calme ta joie, me dis-je à moi-même. Il t'a suffi de voir la tronche de ce mec pour qu'il te tape sur le système. T'es sûr que tu veux le contacter ? Et puis tu sais même pas ce qu'il cherche...
Je reste de longues secondes immobile, le doigt suspendu au-dessus du clavier sans trop savoir quoi faire. Et finalement, je me décide.
Sarah et Thomas tirent la gueule, la journée a été à chier... ça fera pas de mal de discuter. Et s'il est aussi lourdingue que ce que j'ai pensé au premier abord, j'aurai juste à le bloquer pour qu'il me foute la paix.
— T'as vraiment cru que j'avais besoin de ton accord pour continuer à t'appeler Blaireau ?
Je n'ai pas besoin d'attendre plus d'une minute pour recevoir une réponse.
— Pas franchement, non. Mais il fallait bien que tu saches à qui était le numéro.
— Je t'ai même pas vu mettre ce truc dans ma poche.
— Je l'ai glissé quand je vous ai raccompagné. J'ai des doigts de fée quand je veux.
OK. Alors soit c'est un autre de ces signaux qui invitent franchement à aller plus loin, soit ce gars a une façon de parler très bizarre. Je veux en avoir le cœur net.
— Et je peux savoir pourquoi tu m'as laissé ton numéro ?
— Ne te sens pas trop important, je le laisse à pas mal de détraqués.
— Je te mets dans la même catégorie, alors.
— Tu peux oui. Je colle assez bien à la définition que j'en ai faite tout à l'heure.
Cette fois c'est certain, il ne veut pas que faire des heures supp' en tant que Game Master. L'idée de me taper ce gars me traverse tout à coup l'esprit, et je ne sais pas trop quoi en penser.
Je n'ai pas particulièrement fait gaffe à son physique. J'étais trop occupé à me foutre de son air niais. Je m'imagine le croiser en soirée, et je sais très bien que je n'y prêterais pas la moindre intention. Seulement voilà, on n'est pas en soirée... et j'ai accumulé pas mal de frustration ces derniers jours. Ça rebat les cartes.
— Et quand je t'ai vu dans la room à travers les caméras, j'ai su à qui j'avais affaire. Ce pauvre gode ne s'en est pas encore remis.
D'accord. Il veut du sexe, message bien reçu. Alors pourquoi pas ?
— T'es jaloux, c'est ça ?
— Franchement non. Je suis encore bien plus doué que toi.
— Ça, je demande à voir.
— Ça se mérite...
Je reste un peu comme deux ronds de flan devant ses messages. Ce gars ne paye vraiment pas de mine, mais rien qu'à travers ses mots je devine à quel point il est chaud bouillant. Le contraste entre ce qu'il montre de lui et ce qu'il est vraiment est assez dingue... ça me rappelle mon propre cas.
— Tu veux quoi ?
— T'es sûr que tu es assez détraqué pour que je te le dise ?
— A ton avis ?
Sa réponse se fait attendre et je me tripote machinalement l'entrejambe à travers mon jean. Je sais d'avance que son prochain message va beaucoup me plaire.
— Je veux que tu me baises comme la petite pute que je suis. Que tu te serves de tous mes trous pour te vider les couilles.
Ma queue se redresse en une fraction de seconde et je dois me raisonner pour arrêter de la caresser. Blaireau cherche clairement un mâle dominant pour lui mettre la misère. Et si, en temps normal, j'ai plutôt tendance à jouer le passif, je dois avouer que c'est très tentant de tenir ce rôle.
Je m'imagine en dominateur, macho et bourrin. Je me vois me servir de ce gars qui ne m'intéresse pas comme d'un vide-couille à mon service pour évacuer la frustration accumulée à grands coups de bite.
C'est clair que c'est tentant. Très tentant.
— T'es pas une petite pute, t'es un blaireau.
J'attends quelques secondes avant de rajouter, pour ménager mon effet :
— Tu vas prendre encore plus cher.
Pour toute réponse, il m'envoie sa géolocalisation.
Sans en attendre plus, je referme le clavier de ma montre, ouvre mon sac et pars à la recherche de fringues propres.
***
Je n'ai pas vraiment de scrupules à m'éclipser sans prévenir les autres. Non seulement je sais qu'ils sont trop obnubilés par leur petite guéguerre pour prêter attention à ce que je fais, mais je suis en plus beaucoup trop excité pour avoir envie de perdre mon temps. Je rejoins le parking en courant presque, je saute dans la voiture et rejoins l'adresse que m'a donnée Blaireau, pas très loin dans le centre-ville.
Je sens l'excitation monter d'elle-même à mesure que j'approche de ma destination. Je ne me pose plus la moindre question. Je ne réfléchis même plus, à vrai dire. Il n'y a plus qu'une seule chose qui occupe mon esprit : baiser. Oublier toutes ces merdes des derniers jours, montrer mon vrai visage et baiser comme jamais.
L'adresse m'amène dans un petit immeuble avec un fast-food au rez-de-chaussée. J'écrase sur l'interphone le bouton de l'appartement numéro 2 et la porte se déverrouille presque aussitôt. Une volée de marches m'amène jusqu'à la porte qui m'intéresse. Je m'apprête à toquer, mais je remarque qu'elle est entrouverte. Je la pousse dans un grincement, entre à l'intérieur et la referme. Je suis dans un petit couloir plongé dans l'obscurité. Une lumière diffuse brille dans une pièce, au bout.
— Hé, Blaireau ?
Pas de réponse. L'idée un peu farfelue d'être tombé dans un traquenard me traverse fugacement. J'entends gigoter dans la pièce d'où provient la lumière. Toujours aussi excité, mais un peu méfiant tout de même, j'avance dans cette direction.
C'est un salon. La première chose que j'y vois est une télévision, allumée et diffusant un porno où trois gars s'acharnent avec leur bite énorme sur un quatrième qui ne sait plus où donner de la tête.
J'avance encore un peu. À côté de la télévision, une table basse qu'on a poussée dans un coin pour faire de la place. Au centre de la pièce, un canapé-lit déplié. Blaireau m'attend dessus.
Il est à quatre pattes, le dos cambré, et m'offre une vue imprenable sur son cul, recouvert d'un boxer blanc. Il tourne la tête vers moi. Je ne lui trouve plus l'air niais du tout. Au contraire, il a l'air comme dans un état second, déterminé et clairement en attente de sa dose.
— Qu'est-ce que t'attends ? lâche-t-il en me fixant dans les yeux.
Sans lâcher son regard, je me débarrasse de ma veste et de mes chaussures. Je sens que moi aussi, je suis en train de basculer dans un état second. Je bande déjà tellement...
Je fais le tour du canapé et viens me placer debout devant lui. Il approche aussitôt son visage de mon entrejambe.
— Et toi, t'attends quoi ? Je rétorque.
Sans se faire prier, il déboutonne mon jean et le descend sur mes genoux. Puis il passe une main sur mon boxer déformé par mon érection de folie.
— Et t'as intérêt de faire ça bien, j'ajoute. Si je me suis déplacé, c'est pas pour un petit coup vite fait.
La facilité avec laquelle j'endosse mon rôle de ‘'dominant'' me surprend. Il faut dire que je me suis retrouvé quelques fois de l'autre côté, et que je me souviens parfaitement de ce qui m'avait excité dans leur comportement.
Blaireau remonte mon boxer au niveau d'une de mes jambes et passe une main à l'intérieur pour en sortir mes testicules.
— Humm... ça c'est une bonne grosse paire de couilles...
Il est du genre à parler. Cool, j'aime bien ça, moi aussi.
Il ouvre la bouche et pose mes boules sur sa langue. Puis il fait jouer celle-ci avant d'en gober une puis l'autre dans un bruit de succion.
Je laisse échapper un soupir. Pas de complications, pas de galère... rien que du sexe. Tout est parfait.
J'attrape son crâne et lui plaque sans ménagement le visage contre mon boxer.
— Si t'aimes mes couilles, attends de goûter à ma queue.
Pour toute réponse, il prend entre ses lèvres le relief de mon chibre. Je le laisse faire quelques secondes avant de reculer sa tête en l'attrapant par les cheveux.
— Je crois que t'as pas bien compris...
Je libère ma bite en abaissant mon boxer de ma main libre et lui enfonce sans ménagement dans la bouche.
— Bouffe-la !
Il en engloutit les trois quarts d'une seule traite et je sens mon gland buter contre le fond de sa gorge.
— Oui, comme ça... Vas-y fais-moi plaisir, suce-la bien, là...
Il s'exécute sans la moindre retenue, avec tant d'ardeur que j'ai l'impression qu'il n'a jamais vécu que pour s'occuper de ma queue. Ça me met dans un état presque inédit, que je ne suis pas sûr de connaître. Et c'est un peu déstabilisant, pour moi qui avais l'impression de ne plus rien avoir à découvrir.
L'envie furieuse d'évacuer tout le négatif en moi me fait vite oublier ces petits doutes. Je me vautre allégrement dans cette libinerie crasse, vulgaire. Je me débarrasse de mon jean et mon boxer et, une fois entièrement à poil, grimpe debout sur le canapé-lit. J'enfourne ma queue dans l'orifice offert, la ressors et crache dans la bouche de Blaireau.
Il reçoit ma salive comme une offrande, s'en délecte en plantant son regard dans le mien.
— Baise-moi la bouche avec ton putain de chibre...
Je fléchis légèrement les genoux, me cambre en avant et entreprends de violents coups de reins qui extirpent des gémissements étouffés à l'autre. Lorsque je laisse mon membre logé bien au fond de sa gorge en le retenant par la tête, il déploie tous les efforts du monde pour le garder en place le plus longtemps possible, avant de me faire me retirer d'un geste de la main.
— J'aime les détraqués... toussote-t-il en branlant ma queue enduite de salive.
— Ferme ta gueule, bordel. Contente-toi de sucer et ferme ta grande gueule.
Une bouffée de haine m'a envahi en sortant cette phrase, et je n'arrive pas bien à comprendre d'où elle sort. Mon trouble revient au galop, et j'ai l'impression de me mettre à trembler. Je ne sais pas si j'ai envie de hurler ou de pleurer. Qu'est-ce qui m'arrive, putain...
Plutôt que de chercher une hypothétique réponse, je tâche de me reconcentrer sur l'action. Je suis venu ici pour évacuer, et c'est exactement ce que je vais faire. Si mon cerveau continue à jouer des siennes après ça, j'aurai tout le temps de m'y pencher une fois les couilles vidées.
Je fléchis encore un peu les genoux pour laisser à Blaireau tout le loisir de s'occuper de ma teub tout en me permettant d'envoyer ma main vers son cul tendu en l'air. Après deux ou trois fessées bien senties, je baisse le tissu de son boxer et note un petit relief entre ses fesses.
— Mais t'es vraiment une petite salope, toi...
Je saisis le genre de petit bouton et tire dessus pour extirper un petit plug de son anus. Blaireau laisse échapper un cri de plaisir, m'encourageant à le remettre, puis à le retirer à nouveau.
— J'ai jamais vu quelqu'un avec une faim de bite pareille... Je lance en laissant tomber le jouet pour enfoncer mon majeur dans l'orifice qui l'encaisse sans le moindre problème.
— Et t'aimes pas ça ? me répond l'autre.
— Oh si putain, j'adore ça. Je vais te donner ce que tu veux, je vais t'éclater la rondelle...
— Ca, ca risque pas, pour l'instant.
Une sorte de frisson remonte le long de mon dos. Son ton était sec, presque cassant. L'ambiance vient clairement de changer en un claquement de doigts.
— Et pourquoi, au juste ?
— Tu bandes même plus, mec...
Je me redresse et baisse les yeux vers mon chibre. Mou. Flasque. Sans la moindre ardeur. Je ne m'en étais même pas rendu compte.
— Je... attends, je...
Je n'ai pas le souvenir de m'être déjà senti aussi con dans ma vie. Jamais aussi perdu, non plus. Il y a carrément quelque chose qui déraille.
— Laisse-moi trois secondes, s'te plaît.
Blaireau se redresse à genoux et croise les bras. J'entreprends de me branler pour réveiller mon chibre, qui n'a pas l'air d'être très réactif. Mon regard croise celui face à moi. Je le trouve ultra-condescendant. Il a clairement l'air de me juger.
J'ai de nouveau envie de hurler. De pleurer. De donner un grand coup de pied dans la télé à côté de nous qui nous montre toutes ces queues raides comme la justice.
— A quoi tu joues, là, au juste ? me relance Blaireau, l'air toujours aussi blasé.
Je retiens de justesse un chapelet d'injures et de jurons. Je me connais, si je réplique, l'escalade va être instantanée. Je vais exploser, et je n'en ai pas envie. Pas si je ne comprends pas ce qu'il se passe.
A la place, j'attrape mon boxer qui gît sur le sol et l'enfile d'un geste.
— Tu sais quoi, je me tire. T'en vaux pas le coup.
— T'es sérieux, là ?
Je sais bien, sur le moment, que c'est nul, ce que je suis en train de faire. Que c'est de la fierté mal placée. Mais je ne vois pas comment réagir autrement pour sauver les meubles. Tant pis pour l'image que je renvoie, j'ai juste envie de laisser tout ça très loin derrière moi, et vite.
Il me faut moins de trois minutes pour être rhabillé de la tête au pied, devant un Blaireau carrément médusé. J'évite de croiser son regard, autant pour ne pas en rajouter que pour ne pas me l'infliger de nouveau.
Je cours presque vers la sortie.
— Oublie-moi, mec, je lance juste avant de claquer la porte et de dévaler les escaliers quatre à quatre.
Lorsque je m'assieds sur le siège conducteur de la voiture, je ne mets pas le contact tout de suite. Je fixe le vide pendant ce qui me paraît d'interminables minutes, avec l'impression étouffante d'être engoncé dans un épais brouillard. Et quand j'arrête enfin le véhicule sur le parking de l'auberge, c'est comme si un pilote automatique avait fait le trajet à ma place.
Je m'apprête à regagner le placard pourri qui me sert de chambre quand j'entends des voix familières me héler, quelque part sur ma droite, au loin.
Le temps que mes yeux s'habituent à l'obscurité, je distingue Thomas et Sarah s'avancer vers moi, bras dessus bras dessous, la démarche incertaine de ceux qui ont un peu trop forcé sur l'alcool.
— Mat', on se demandait où t'étais passé ! lance Thomas une fois arrivé à ma hauteur, le regard vitreux.
— Hé ouais mon p’tit pote, on a fait la paix ! ajoute Sarah. Ça t'en bouche un coin, hein !
Je comprends encore un peu moins bien ce qui est en train de se passer. Le contraste entre l'enguelade de tout à l'heure, mon plan cul qui a viré au cauchemar et cette image d'amis bourrés est trop improbable pour que j'arrive à suivre. Cette journée n'aura décidément aucun foutu sens...
— Viens fêter ça avec nous ! s’exclame Thomas en me prenant par les épaules. Le petit bar là-bas fait une de ses bières... Le petit Jésus en culotte de velours !
— Ouais, il faut absolument que tu goûtes ça, dit Sarah. Tu vas en avoir une demi-molle, promis !
Je souris à moitié en notant l'ironie de cette phrase, et passe moi aussi le bras sur les épaules de mon pote. Rentrer dans mon taudis et tourner en rond la moitié de la nuit en essayant de comprendre ce qu'il se passe, ou oublier toute cette merde à grands coups de pintes de bière ? La question est vite répondue.
Les deux autres se mettent à chantonner la chanson de Green Day que nous avons entendue dans l'escape de l'après-midi, et je les accompagne en direction du bar, dont la lumière luit dans la nuit comme un phare au milieu de l'océan.
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Henelio
19 juin 2024 à 23:36
Je ne pensais pas voir ce jour arriver, mais avoir la suite après autant de temps est un plaisir !
Soyez respectueux
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