Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Tropique porno — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Tropique porno
Chapitre 2
Après ma douche libératrice, mes parents font de même. Séparément, même si je le vois bien, ils aimeraient tellement pouvoir s'amuser sous les jets d'eau fraîche, se malaxer, se masser, se frotter, se savonner, se découvrir, se sentir, s'offrir l'un à l'autre, sans limites.
L'heure du repas arrive.
Nous dînons comme chaque soir au restaurant du camping, qui, il faut le dire, est vraiment de très haute qualité pour des prix imbattables. La raison à cela, vous le voyez venir : c'est la femme du gérant qui est aux fourneaux, avec l'aide de sa mère – on entend sans arrêt fuser des « Mama ! » –, c'est ce qui rend la cuisine si savoureuse et les plats si frais. Il n'y a pas grand monde ce soir, il faut dire que nous mangeons incroyablement tôt, mes parents m'ayant expliqué qu'ils voulaient se reposer ce soir, regarder un film puis dormir tôt. Tu parles, pensais-je, la bonne vieille excuse, tout ça pour se réveiller en pleine nuit et aller niquer sur la plage comme deux ados. Je suis au courant de votre petit plan salace, avais-je envie de leur dire, malicieusement. D'ordinaire, je n'y penserais même pas, mais Ambroise, l'inconnu de la plage – cette apparition diablement sexy – occupe toutes mes pensées, les pervertis.
Je vois tout au travers du prisme de la baise, et ne pense qu'à ça. Mon sexe est en constant état d'alerte, en demi-molle, prêt à jaillir à la moindre secousse...
Le repas est assez calme. Je reviens sur cette journée, m'excusant d'être parti de la plage quelques heures plus tôt, sans prévenir. Je leur offre un bisou sur la joue pour leur présenter sincèrement mes excuses de les avoir fait paniquer. Je vois leur amour dans leurs yeux, je sais qu'au fond d'eux, ils sont fiers d'avoir réussi à élever si bien leur progéniture.
Nous parlons de choses et d'autres. Antoine me demande si la serveuse me plaît. Pour rire, je lui dis que c'est plutôt la mère qui m'attire, sans parler de la grand-mère qui me met dans un état frôlant la syncope. Nous rions librement et de bon cœur. Mais ce n'est en fait qu'une fausse blague, car tous les matins, je passe devant le bungalow de la grand-mère, de la Mama, qui malgré ses 70 ans est encore vigoureuse. On voit bien que cette femme n'a jamais passé une minute à ne rien foutre, toujours active, toujours disponible, une vraie vivante, et résultat, c'est une bombe de santé. Elle ne paraît même pas avoir 55 ans, pourtant, elle est bien plus belle que sa fille, qui elle, doit avoir la cinquantaine.
Bref, la Mama nettoie chaque matin le devant de sa petite maison, dans son pyjama, une vieille nuisette de coton ni fraîche ni "à la mode", mais lorsqu'elle se penche pour faire glisser les poussières dans la pelle, je vois que sa poitrine a conservé une élasticité surprenante vu le poids de ses mamelles. La première fois, alors que je la voyais se baisser, j'avais eu peur du tableau. Je m'étais imaginé voir deux vieilles chaussettes tomber, mollement et lâchement retenues par un tissu de chair flasque. Rien de cela ! Ses seins restaient près du corps, solidement fixés à sa poitrine, formant deux grosses tomates. Des cœurs de bœuf, pour les connaisseurs. Et j'adore les tomates...
Chaque matin, je rêve de passer le petit portillon, me mettre derrière elle pour l'aider à se redresser, sentir son gros cul venir s'écraser sur ma braguette, la presser, la comprimer, tandis que mes mains sur son ventre remonteraient pour attraper ses grosses mamelles. Tout ça en lui enfonçant ma langue au fond de la bouche. Doux fantasme...
Douce Mama...
Avec sa remarque, Antoine était loin de se douter que je guettais l'horloge, attendant impatiemment minuit pour pouvoir retrouver mon amant pimenté, si formidablement musclé... J'avais déjà en tête le film de cette nuit : moi à genoux sur le sable froid et humide en train de faire des va-et-vient gluants, bruyants et serrés sur son sexe que j'imaginais long, épais, taillé aux couteaux, avec un gland fier légèrement recourbé vers le haut, un gland rose clair, gonflé à l'extrême, dont suinterait en continu du liquide préséminal épais, légèrement salé, qui me ferait baver de plus belle... Je l'imaginais me masser la tête, sans être directif, tant il aimerait ma façon de lui bouffer la bite, ses caresses témoignant simplement du plaisir que je lui apporte. Je voulais imaginer encore et encore, mais mon père m'interrompit :
— Jérôme ?
— Hein ? Quoi ?
— Tu veux un dessert ?
— Oh... Oui, absolument.
— Eh bien, dis à la Mama ce que tu veux.
— Hein ? Quoi ?
— Tu veux un dessert ?
— Oh... Oui, absolument.
— Eh bien, dis à la Mama ce que tu veux.
Derrière mon épaule avait surgi notre bien aimable septuagénaire. Là, dans son tablier, elle n'avait rien de sexy, mais son air était si paisible, si adorable, que je l'aurais tout de même serrée dans mes bras avec un plaisir immense. J'arrêtais le cours de mes pensées pour lui indiquer sur la carte ce que je souhaitais commander. Elle me rendit mon sourire et repartit. Sa croupe était large... C'était elle que j'espérais trouver dans mon assiette...
— Et toi mon chaton, tu as des projets pour ce soir.
— Oh, pas vraiment. Je dois appeler Cris, pour qu'on organise notre déménagement à Grenoble, j'en profiterai pour aller faire une promenade en ville.
— Oh, pas vraiment. Je dois appeler Cris, pour qu'on organise notre déménagement à Grenoble, j'en profiterai pour aller faire une promenade en ville.
Je ne pouvais pas le voir, mais je devinais que la main d'Antoine posée sur la chaise de Matthieu lui caressait le dos en signe de victoire. Si je traînais en ville, c'est qu'il avait la plage pour eux seuls, aucune chance que je les surprenne. Cependant, un problème émergeait. Je n'y avais pas encore pensé, l'excitation m'interdisant toute pensée rationnelle. Nous 4 avions rendez-vous sur la même plage... J'espère que mes papas ne se pointeront pas à minuit.
Le dessert arrive. Je l'expédie rapidement, le fais passer avec un café fort, et nous nous séparons. Comme prévu, je pars me promener en ville, et mes parents s'en retournent à l'appartement.
En ville, je traîne. Je m'ennuie. Il fait encore chaud, tout est moite. J'ai l'impression d'évoluer dans un univers de confiture, tout est ralenti, tout est difficile. Mon ami ne daigne pas répondre. Je traîne ma carcasse tendue et impatiente au milieu de ce qui ressemble à une fête foraine. Je joue sans joie, sans appétit pour le gain, et pourtant je rafle une peluche de taille conséquente. Lorsque j'essaye de dire au type que je n'en veux pas, il ne veut rien entendre. Lassé par cette discussion, je rentre penaud au camping. Je ne sais pas pourquoi, je me sens totalement abattu. L'attente est trop longue. Il fait lourd, l'humidité m'écrase. Je me sens comme une noisette dans un casse-noix. Il est à peine 22h. Je baisse les bras.
J'arrive au camping, la peluche de lapin sous le bras. Décidément, tout le monde semble être dans un état léthargique ce soir, tous les emplacements sont plongés dans le noir. Aucune vie, aucun mouvement. Sauf la Mama qui est assise devant son bungalow et bouquine. Je passe au ralenti, manque de tomber en trébuchant sur une dalle. La chaleur étouffante me fait vaciller, mais je me rattrape à une branche invisible. Mama lève la tête, me sourit. Je ne sais pas pourquoi, je passe le petit portillon, la chaleur a dû griller mes circuits. Je m'approche, tombe à genoux devant elle et lui offre la peluche, en disant seulement « Moi pour Mama », le répétant tel un mantra, avec un air de chien battu. Elle semble comprendre, me caresse la joue en attrapant le lapin, puis attrape une bouteille d'eau anormalement fraîche au pied de sa chaise. Je bois comme un diable, l'eau s'échappe de ma bouche et ruisselle sur mon menton et mon t-shirt.
Renaissance.
Je recouvre mes esprits. Qu'est-ce que je fous là, aux pieds de la Mama, qui me sourit avec tant de bienveillance ? Elle doit voir ma confusion, ma panique, et me caresse la joue de plus belle. Son regard est si beau, si tendre, que je me jette sur elle pour lui donner un baiser. Mes lèvres sur les siennes. Quelques secondes, le temps s'arrête. Elle ne bouge pas, et quand je me retire, elle sourit. J'articule maladroitement un « merci » dans sa langue, et quitte cet endroit nappé d'une aura étrange.
J'arrive à la maison. Les lumières sont éteintes dans le bungalow. Je rentre doucement, m'allonge sur mon lit avec un soulagement inexprimable... et stop.
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