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✦ horace23 L'origine de mes goûts XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'origine de mes goûts — Chapitre 3

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L'origine de mes goûts

Chapitre 3

L'origine de mes goûts (3)
Troisième partie : La suite de notre séjour en Tunisie, ma famille et moi.
L'histoire reprend au matin, après la nuit durant laquelle j'ai observé mes parents en pleine séance d'échangisme avec le couple de Bretons, René et Sabine...
xxx
Alors que les deux premières parties reflétaient une grande part de réalité, je me laisse aller à plus de fantasmes et fantaisies que ce qui s'est réellement passé... Désormais, on est plus sur du 60% réel, 40% romancé.
xxx
Alors que je me réveille étonnamment tôt, compte tenu de l'heure à laquelle je me suis couché, je me rends compte que mon frère n'est pas dans son lit. Je me souviens qu'ils avaient prévu, lui et la clique, de faire une nuit blanche. J'en profite pour faire disparaître les quelques feuilles de P. Q. que j'avais laissées sur le petit canapé du salon en vue de mes envies masturbatoires de la veille et que je n'avais finalement pas utilisées.
J'enfile un de mes shorts de bain et un t-shirt Waikiki, je chausse mes tongs et je pars vers le restaurant pour un petit-déjeuner qui me fera du bien. En passant devant le bungalow de mes parents, je vois qu'il est encore cabané. Pour ce qui est du bungalow des Bretons, c'est différent. Je vois s'approcher de leur entrée deux employés du village vacances. L'un porte une trousse à outils et l'autre pousse un chariot sur lequel un carton porte l'inscription « Toshiba ». Je me dis que ce sera fini pour le rideau en serviettes de bain, le climatiseur va être remplacé. La fenêtre par laquelle j'ai observé les ébats de mes parents est désormais ouverte. J'accélère pour éviter de les croiser.
J'ai l'impression d'être tout chose ce matin. Certainement une fébrilité liée à ce que j'ai vu la veille et qui me revient en tête, sans cesse. J'en frissonne dans la fraîcheur matinale. J'ai faim, c'est sûr, mais ce léger malaise vient certainement aussi du fait que j'appréhende de croiser mes parents ou le couple de Bretons, et de laisser transparaître quoi que ce soit. Mais d'un autre côté, j'ai envie de revoir Sabine dans son maillot. Je sais que même dissimulé par son paréo fluo, je n'aurai aucun mal à revoir son fessier blanc et majestueux. Je ne pourrai pas m'empêcher d'essayer de déceler quelque chose, un petit truc qui ferait percevoir ce côté extraverti et libertin que j'ai découvert chez eux, chez elle.
Je me demande aussi si mes parents ont profité d'une opportunité unique, poussés par le côté exotique du lieu, entraînés par ce moment estival et si éphémère des vacances, ou s'ils sont des libertins accomplis, depuis longtemps. Cette question me taraude. Comment des personnes si proches, que j'aime, auraient pu me cacher ça ?
Alors que je m'approche du restaurant, j'entends qu'on m'appelle. Mon frère s'approche aussi du resto, mais par un autre chemin. Raf (diminutif de Rafael), est accompagné de Cédric et Benoît, nos potes de vacances, mais je ne vois aucune des filles avec lesquelles ils ont dû passer la soirée.
— Alors c'est à cette heure que ça rentre ? leur dis-je en les rejoignant.
— Ouais, t'as raté une super soirée ! Par contre on est cramés, répond mon frère, tout sourire.
— On bouffe et on va se pieuter, ajoute Cédric, le plus gourmand du groupe malgré son corps de nageur taillé en V.
— Moi j'ai pas traîné hier. J'étais au pieu vers minuit, mentis-je.
— T'as dû te casser en key*, me dit Rafael, tout sourire.
— Non, mais vous m'avez pas vu parce que vous étiez occupés. Quand je me suis barré, vous commenciez à danser un slow avec les meufs.
— Ah le slow...
Le commentaire de Benoît, laissé en suspension, amena les jeunes mecs à se regarder en coin et à sourire.
— Ça m'avait l'air d'aller dans le groupe.
— Tu peux le dire, on a dansé jusqu'à près de deux heures du mat. Après on a été au bungalow de Julie et Sonia.
— Vous deviez pas aller au ciné avec Najat ?
— Laisse béton Najat ! Ça l'a pas fait avec elle.
— Et puis elle est frigide la meuf, commenta immédiatement mon frère, piqué au vif.
— Ouais, par contre Julie et Sonia, c'est pas la même. Elles ont pas froid aux yeux ! ajouta Cédric.
Je prends le parti de ne pas trop creuser la question de Najat ni de demander des détails sur Julie et Sonia. J'apprends tout de même en m'asseyant dans le restaurant qu'elles sont cousines et comprends juste qu'elles doivent être majeures ou qu'elles ont eu la même chance que mon frère et moi de pouvoir récupérer un bungalow à part. En tout cas, je suis soulagé en me disant que tout le petit groupe aurait pu débarquer à l'improviste dans le nôtre.
Très vite, les trois autres engloutissent leur petit-déj. Ils sont pressés de rejoindre les bras de Morphée. Moi je prends un verre de jus d'orange frais, quelques dattes, un café au lait dans lequel je trempe deux tartines de pain beurré. Je mange plus lentement, souvent pris par des pensées vagabondes qui immanquablement me ramènent à mes parents, à Sabine et à René. Et je laisse Raf et nos potes aller se coucher.
A peine ai-je eu le temps de me resservir un café et un autre verre de jus d'orange que je vois arriver mes parents, accompagnés du couple de Bretons. Ils viennent naturellement vers moi.
— Salut mon chat, me dit ma mère en m'embrassant sur les joues.
— Bonjour maman.
— Déjà debout ? T'es tout seul ? enchaîne mon père.
Je décide de couvrir mon frère pour sa nuit blanche dans un bungalow qui n'est pas le nôtre. On a beau avoir une grande liberté, mon frère n'a pas encore dix-sept ans. En plus, je sais qu'étant l'aîné, ça me retomberait dessus.
— Vous avez manqué Raf de peu, il est retourné se coucher, il est claqué, il s'est couché très tard.
— Pas toi Santiago ? demanda René en me serrant la main.
— Non. Je n'ai pas « guinché » comme vous jusqu'à très tard, ajoutai-je avec malice. A minuit, j'étais déjà rentré.
Alors que je réponds, j'essaye d'observer leurs réactions sur l'horaire, sur le fait que je sais pertinemment qu'eux non plus n'ont pas dansé jusqu'à tard. J'essaye de déceler une petite crainte d'avoir été surpris, ou d'avoir été entendus. Mais je ne perçois rien de particulier. Après avoir salué aussi Sabine d'une bise peu appuyée, non sans humer son parfum, lié, je pense, à un gel douche ou un shampoing au monoï, j'observe les quatre se diriger vers les machines à café. Je regarde ces adultes complices et vois qu'ils se marrent bien ensemble.
Sabine a opté pour un short kaki qui moule son gros derrière et pour une chemisette à petits carreaux violets sur fond blanc assez serrée, marquant son embonpoint au niveau du ventre et des hanches, mais aussi la forme de ses tétons comprimés par le tissu. Elle porte en dessous un maillot rose pâle qui sort à l'arrière du col pour être noué autour de son cou.
Ma mère est déjà en tenue de piscine. Elle a changé son maillot noir une pièce en un maillot vert foncé un peu plus échancré au niveau du décolleté. Toutefois il couvre toujours son ventre, qui laisse apparaître une peau toute blanche, pas encore bronzée sur une partie du haut de ses seins qui tombent. Elle n'a pas oublié de mettre son paréo fluo habituel au niveau de la taille.
Ils s'installent tout proche de moi, mais à une autre table.
Écoutant leur conversation, je comprends qu'ils mettent au point leur sortie dans le désert, en 4x4, avec nuit sous tente et départ prévu le lendemain. Le réveil promet d'être compliqué, car le rendez-vous est à quatre heures trente du matin.
Ma mère me propose de venir, mais mon père lui rappelle aussitôt qu'il n'y a que des tentes quatre places et qu'ils ont déjà prévu d'être ensemble avec les bretons. René parle aussi d'être serré dans le 4x4 en trouvant que ce serait dommage d'être séparés. Immédiatement, je perçois un sens caché à ce rappel. Il est possible qu'ils aient un plan bien à eux pour ces nuits de camping !
— Non, t'inquiète maman, j'avais pas prévu de venir. Une sortie à Tunis ou à Carthage, ça c'est cool, mais dormir dans le désert avec les ronflements de Papa, c'est pas le bon plan.
— Les ronflements, ça fera fuir les chacals, dit en riant René à l'attention de mon père.
— Je me demande qui fera le plus de bruit entre René et Ludo ? commente la Bretonne.
Me rappelant les cris de plaisir de Sabine et des râles de mon père, c'est une autre question qui me vient à l'esprit.
— En tout cas pas de bêtise pendant qu'on sera partis. On ne reviendra que mercredi dans la nuit, me précise ma mère.
— T'inquiète maman. On est en sécurité ici, le village est coupé du reste de la ville et entre la piscine, la plage, le baby-foot, les bornes de jeux et les animations, on n'aura pas le temps de s'ennuyer. Par contre, vous, pensez aux crèmes solaires indice cinquante. Ça crame dur dans le désert.
— La nuit par contre, il paraît qu'on se pèle, commenta Ludovic, mon père.
— On trouvera bien à se réchauffer, reprit René.
Ce commentaire me fait sourire, mais les « adultes » ne peuvent comprendre quelles images me passent à ce moment-là dans la tête alors que j'avale une gorgée sucrée de jus d'orange frais : je vois le long sexe de René, tendu vers le ciel, tenu par la main d'Amalia, ma mère. Elle dirige son gland vers la bouche de Sabine. Celle-ci l'engloutit avec appétit. Cette cavité buccale si délicieuse, si chaude, est vraiment ce dont le Breton a besoin. Ils se réchauffent tous les trois. Les deux femmes s'activent, enthousiastes, autour de la bite partagée d'un de leur mari. Elles lèchent ensemble la hampe fine et longue. Sabine vient titiller le méat du bout des lèvres alors qu'Amalia branle lentement le sexe dressé.
Elles jouent aussi entre elles, mêlent leurs langues, partagent de voraces et très humides baisers, laissent leur salive s'échapper entre leurs lèvres et couler sur le sexe de plus en plus tendu. La main de ma mère s'active encore et encore, profitant de la lubrification salivaire pour accélérer et appuyer son mouvement, serrer un peu plus la longue bite qu'elle masturbe. D'un mouvement, elle tire la peau au plus bas, congestionnant le plus possible le gland de René. D'un autre mouvement, elle remonte et essaye de recouvrir la tête violacée et suintante de liquide lubrifiant avec le prépuce, en vain. Sabine joue alors à lécher ce bout qui dépasse. Les deux femmes s'activent en rythme. René ahane. Il regarde sa femme dans les yeux, qui empoigne aussi son sexe. Une main au-dessus de l'autre sur la bite de René, elles n'arrivent pas à en couvrir la longueur complète.
On dirait qu'elles tiennent un long bâton surmonté d'une friandise, une petite pomme d'amour brillante, violacée, qu'elles acceptent de se partager.
Les deux amies branlent en rythme, leur mouvement s'accélère. René se tend, avance son bassin, serre ses fesses. Il essaye de prolonger le plaisir, de tenir quelques secondes de plus le plaisir qui monte. Il sent que ses bourses durcissent et se contractent. Les femmes ne s'arrêtent pas, et jusqu'au bout branlent en cadence cette fine lance dont le bout enfle encore. Leur mouvement va de haut en bas, accompagne le sexe dressé à la verticale. Les mains glissent toujours plus vite. Sabine sourit à son homme et d'un coup expert introduit son majeur dans l'anus de son mari. Habilement elle masse rapidement la prostate qui déjà semble pulser. Le point de non-retour est atteint. René ne tient plus. Il ferme les yeux et laisse le plaisir le submerger. Alors qu'il ne peut réfréner un long râle guttural, son sexe expulse cinq longs traits gluants qui montent haut et retombent sur la main de Sabine.
Les femmes continuent leur mouvement alors que le sperme chaud lubrifie désormais leur fin de branlette. Le liquide visqueux passe sur et entre les doigts de Sabine et rejoint ceux d'Amalia. Le sexe de René reste hyper sensible. Les deux femmes s'amusent à comprimer la tige jusqu'au gland, pour extraire, comme sur un tube de dentifrice, les derniers filets blanchâtres qui coulent doucement du méat. Ma mère, sourire aux lèvres, porte alors ses doigts englués de sperme à la bouche de son amie. Sabine aspire alors le nectar lâché quelques secondes plus tôt par son mari. Elle entame une mini-fellation sur les doigts d'Amalia et s'applique à tout nettoyer, conservant en bouche la semence de moins en moins épaisse, parce que diluée par sa salive. Puis pour marquer leur tendre complicité, elle approche sa bouche de celle de ma mère.
— Youhou ? Ça va Santi ? Tu ne dis plus rien ?
Ma mère m'interpelle par mon diminutif et me sort de ma rêverie. Heureusement que je ne lui fais pas face, heureusement que je suis à ma propre table, je peux ainsi cacher la rougeur de mes joues en ne regardant pas directement vers eux. Je peux espérer laisser retomber la pression exercée par mon sexe tendu dans mon short de bain.
— Hum, c'est juste que je me demandais comment j'allais faire pour récupérer mon masque et mes palmes sans réveiller Raph.
— Te fais pas suer, il se rendormira, réplique mon père.
— Tu vas à la plage où à la piscine ? me demande étrangement Sabine.
— Je veux plutôt profiter de la mer. J'espère que je pourrai voir des poissons avec mon équipement. En plus il y a toujours un petit vent frais qui fait du bien et il y a moins de monde.
— Oui, mais c'est pas à côté de l'animation « apéro », dit René.
— Toi, l'apéro, tu ne penses qu'à ça, même à neuf heures du matin, lui répond sa femme.
— A ça et à d'autres choses, réplique-t-il d'un air malicieux.
— On te rejoindra peut-être, dit ma mère alors que Sabine acquiesce; ça nous changera de la piscine et de la foule. Mais pour l'heure, il faut qu'on aille payer l'excursion de demain et préparer nos sacs.
Après avoir récupéré palmes, masque, tuba, un magazine de jeux vidéo, mes lunettes de soleil à ma vue et une serviette de bain, je passe finalement la matinée à la plage. J'alterne moments en plongée et séchage au soleil.
J'en profite pour observer les gens autour de moi, caché derrière mes lunettes de soleil, faisant semblant de lire. Allongé sur le ventre, le magazine ouvert posé devant moi, je suis tourné vers la mer. Je sens l'agréable chaleur du soleil sur mon dos et l'arrière de mes cuisses. J'imagine les gens qui m'entourent dans leur intimité. Perdu dans un monde onirique où tous les adultes seraient libertins. Où chaque couple dans mon champ de vision cacherait des choses insoupçonnables. Je me plais à déshabiller en imagination les quelques touristes qui vaquent à leurs occupations autour de moi. Peu importe le physique, mon imagination n'ayant pas de limite sur ce point.
Je me focalise même sur une grand-mère qui observede loin son petit-fils alors qu'il remplit deux ou trois seaux de sable. Elle porte un maillot deux pièces blanc et assume parfaitement son corps marqué par l'âge. Elle est très bronzée et je me dis qu'elle doit être très souvent au soleil, car son corps en porte les marques. Sa peau acajou est flétrie alors qu'elle n'a pas l'air d'avoir de kilos en trop. Son ventre et ses bras sont flasques, mais elle semble pourtant avoir toujours été quelqu'un d'assez mince. Je l'imagine active à travailler dans les champs quand elle était plus jeune, à continuer de s'occuper de son jardin, au soleil, dès qu'elle en a la possibilité. J'observe ses « formes » cachées par les deux pièces de son maillot. Elle a des fesses assez plates, menues et pourtant tombantes. Ce cul ne remplit que difficilement sa culotte assez lâche.
Ladite culotte laisse quelques fois apparaître le haut de son sillon inter-fessier, bronzé lui aussi. Je me dis alors que peut-être elle doit aussi souvent bronzer sans contrainte de vêtement. Ses seins sont petits et comprimés dans un haut de maillot brassière très serré. Et l'espace d'un instant à la faveur d'un reflet de soleil qui passa entre ses cuisses alors qu'elle se lève, je crois remarquer quelques poils qui dépassent au niveau de son entrejambe. Impossible d'en percevoir la couleur. Je les imagine donc blancs, pareils à ses cheveux. Je pense alors à sa toison, comme une herbe folle laissée libre, tranchant avec le teint foncé de sa peau si bronzée même au niveau de son sexe. Je l'imagine avoir de grandes lèvres fripées entrouvertes sur des petites lèvres, de fines ailes de papillons plus roses, brillantes et humides. Et à cet instant, cette vieille dame me donne envie. Elle m'excite. Mon sexe écrasé sur le sable grossit, prend du volume.
— Alors tu bouquines ?
La voix de Sabine ! Je me redresse un peu et je vois que la grande et grosse Bretonne se tient à côté de moi. Je regarde autour, pensant voir s'approcher mes parents, son mari, ou du moins ma mère. Mais non, elle est seule, un grand sac de plage à la main. Elle n'a plus son chemisier, mais a conservé son short kaki par-dessus son maillot rose pâle. Je suis troublé. Autant par sa présence, que par la peur qu'elle puisse remarquer qu'elle me plaît.
— Euh oui, un magazine de jeux vidéo. Mais je vais retourner me baigner encore une fois avant le repas.
— L'eau est bonne ?
— C'est bien plus frais qu'à la piscine, mais ça fait vraiment du bien avec cette chaleur.
— Moi je n'en pouvais plus à la piscine. On étouffe, et comme le jeu apéro commence dans dix minutes, c'est bondé.
— Eh bien tu vois, ici c'est calme et ça reste surveillé.
Je montre du doigt un maître-nageur moustachu, petit et trapu, qui surveille la plage depuis le bord.
— Je peux m'installer à côté de toi ?
— Ben oui. Pourquoi tu pourrais pas ?
— Je sais pas, tu attends peut-être quelqu'un, une petite jeune, une amie. A ton âge on est rarement seul en vacances.
— Non non. Tu sais, je suis pas ce genre de jeune. Les filles ne me tournent pas vraiment autour. Je suis pas ce qu'on peut qualifier de beau mec !
— Tutu-tut, dit-elle. Y a vraiment pas de quoi complexer quand on a une gueule d'ange comme toi.
— Oui, mais à nos âges, les filles cherchent plus le muscle. Y a qu'à voir comment elles tournent toutes autour de notre pote Cédric.
— Les filles, ce qu'elles cherchent vraiment c'est quelqu'un qui les fasse rire, qui ne les fasse pas se sentir délaissées ou connes, quelqu'un qui les respecte. D'autant plus qu'ici c'est un lieu à part. On peut être vraiment soi-même. On ne connaît pas les gens autour. Ce n'est pas le monde du travail, de la ville, ou pour toi, le monde du lycée.
— La fac ! Je suis majeur et diplômé, dis-je en plaisantant à moitié.
— Oui la fac. Pardon. Tu ne devrais pas te renfermer. D'autant plus qu'il n'y a aucune raison. Si tu ne vis pas à cet âge là, tu ne vivras jamais vraiment.
Cette dernière réplique m'insuffle un courage réel, ouvre aussitôt en moi une porte vers un champ du possible que je n'osais imaginer. Là, sur cette plage, cette femme mature, que je sais libertine, que j'ai vue dans sa plus réelle intimité, pour qui j'ai une vraie attirance, me partage un peu de son courage, de son assurance et me valorise. J'en suis touché, tellement, que par un geste non calculé, je me relève et lui prends la main.
Instantanément je me sens con. Je relâche ma prise. Mais comme pour me montrer qu'elle a compris que ça m'avait aidé, elle me reprend la main. Elle laisse tomber son sac à côté de ma serviette et commence à m'entraîner vers l'eau. Je la suis, à la fois intimidé et fier. J'assume. Elle rit. Je ris.
Alors qu'on commence à rentrer dans l'eau, tout à coup elle s'arrête et me relâche.
— Mince, j'ai oublié mon short, esclaffe-t-elle. Oublier de l'enlever !
C'est ainsi qu'à côté de moi, elle défait son bouton, descend sa fermeture éclair et avec quelques difficultés liées à la largesse de ses hanches et de ses fesses, fait descendre le vêtement presque jusqu'au niveau de l'eau, juste sous ses genoux. De là, pour éviter de le mouiller, elle s'appuie sur mon épaule et se contorsionne pour récupérer le short d'une main. Elle veut éviter de le laisser tomber dans l'eau. Mais pour ça, elle doit lever sa jambe assez haut tout en tenant le short du bout des doigts, elle doit résister au léger courant et à l'enfoncement de son autre pied dans le sable mouillé. La difficulté est telle, qu'au lieu d'y parvenir, elle perd tout à coup l'équilibre. Elle s'empêtre alors dans le short encore accroché, son seul pied d'appui glisse, se tord quelque peu et elle me tombe dessus du haut de son mètre quatre-vingts et de ses probables cent kilos.
Je veux résister un peu, je sens un de ses seins qui se presse contre moi, j'attrape ses hanches, mais je ne suis pas assez vif, pas assez fort ou dégourdi, et je tombe en arrière, avec Sabine dans les bras.
Après un gros PLAF, nous voilà étendus dans cinquante centimètres d'eau. Moi allongé, elle à moitié à plat ventre sur moi. Le short encore accroché autour d'un de ses genoux. Je sens son poids sur moi. C'est agréable. J'ai ses cheveux au niveau du visage, elle sent bon le monoï. Je l'observe. Nos regards se croisent. Et immédiatement, elle se met à rire.
— Ça va ?
— Je ne sais pas trop, répond-elle. J'ai senti ma cheville se tordre, mais avec la fraîcheur de l'eau, je ne ressens rien.
— Ne bouge pas trop vite alors, je vais t'aider à te lever.
Je me redresse et me relève précipitamment. Je vois que le maître-nageur est déjà en train d'arriver pour nous porter secours. J'ai honte. Mais ce n'est rien comparé à la seconde suivante : je m'aperçois alors que dans notre chute, mon short de bain s'est retrouvé coincé par une main de Sabine et qu'en me redressant un peu trop prestement, ce dernier est resté à moitié baissé. Je suis donc là, avec le short de bain descendu à mi-cuisse, le sexe à l'air devant tout le monde.
Sabine s'en aperçoit en même temps que moi et cherche à m'aider. Elle tend sa main vers mon short de bain, mais dans la précipitation, alors que j'amorce un mouvement contraire, je viens écraser ma verge dans sa paume ouverte. Et même si elle retire la main aussitôt alors que je me fige, ce contact est pour moi à la fois une caresse indescriptible qui m'envoie un frisson dans tout le dos et aussi la source d'une honte décuplée. Je rougis en remontant gauchement mon short de bain. J'essaye de faire abstraction des gens autour. D'oublier que Sabine vient d'avoir l'espace d'une seconde mon sexe dans sa main.
Quelques secondes plus tard, le maître-nageur nous rejoint. Avec son aide, je relève Sabine et doucement on atteint ma serviette. Le maître-nageur, très attentionné, nous demande si on va bien.
Honteux et ne voulant pas attirer plus encore les regards autour de nous, on lui dit que ça va. Qu'après un peu de repos tout sera rentré dans l'ordre. Mais je m'inquiète un peu.
— Alors Sabine ? Tu vas bien ?
— Je ne sais pas vraiment, mais j'ai tout de même l'impression que ma cheville s'est bien tordue.
A ces mots, on jette tous les deux un œil en direction de ses pieds : la cheville gauche a pris un peu de volume.
— Ce n'est peut-être rien, un peu de repos et ça passera, me dit-elle, autant pour me rassurer que pour se rassurer elle.
— Tu veux que j'aille chercher René ?
— Non, il va me trouver cruche. Et en plus, si ça compromet la sortie en 4x4, il va m'en vouloir un peu.
— OK, mais je pense qu'il faut mettre de la glace.
— Tu peux aller m'en chercher ?
— No problemo, ne bouge pas.
J'ai le choix entre courir jusqu'au bar de la piscine, au risque de devoir croiser mes parents et René, ou aller jusqu'à un petit restaurant installé plus loin sur la plage. Je choisis la plage. Sur le trajet, je demande à la vieille dame que j'observais si elle pouvait surveiller Sabine pendant que j'allais chercher de la glace. Pas besoin de m'expliquer plus, elle avait été témoin de toute la scène. Elle acquiesce et me tend l'un des sceaux de son petit fils, en me disant que j'aurais peut-être besoin de ça.
Sur place, je tombe sur Najat, la fille qui avait traîné un temps avec mon frère et nos potes. Je pense qu'elle me reconnaît. Elle m'explique que le restaurant n'ouvre que le soir, mais en voyant mon désarroi, elle accepte de m'aider à trouver de la glace. Elle me dit que les bungalows où habitent les employés ne sont pas loin. Je la suis directement dans le sien. Sur place un jeune homme prépare un repas dans la cuisine, elle lui dit quelques mots en arabe et se dirige vers le frigo recouvert d'autocollants. Elle vide complètement un bac à glaçons dans le sceau que je lui tends et elle me donne aussi un torchon propre.
— Ce sera mieux si tu protèges la peau avec ce linge.
— Merci du conseil Najat. Et merci pour ta gentillesse.
Sur ces mots, je pars retrouver Sabine, en courant. Trop prompt à partir, je ne vois pas que mes derniers mots, très naturels, ont touché la jeune Tunisienne.
De retour auprès de Sabine, j'ai du mal à respirer. J'ai couru, dans le sable, sous le soleil, loin d'être un athlète. Je vois qu'elle s'est allongée sur ma serviette. Elle porte désormais des lunettes de soleil à effet réfléchissant, très à la mode dans les années 90. Je remplis le torchon de cubes de glaces et je lui pose sur la cheville gonflée. L'effet de soulagement est immédiat même si la cheville ne désenfle pas. Sabine est moitié allongée, elle se tient sur ses coudes et me regarde m'occuper de faire tenir le torchon au bon endroit.
— Merci. C'est parfait.
— Quelle connerie cette chute, on aurait pu se blesser, dis-je pour commenter.
— Comme quoi, ne jamais enlever son short dans la mer si on ne veut pas le mouiller.
Sur cette phrase, Sabine éclate de rire. Et son rire, haut perché, très communicatif m'emporte aussi. Je sens la transpiration coller à moi, dégouliner. Je reprends mon souffle et veux m'essuyer. Mais je n'ai plus de serviette pour ça. Sabine semble lire dans mon esprit.
— Tu peux prendre ma serviette si tu veux, elle est au fond de mon sac.
Je plonge mes mains dans le sac de Sabine et je retire sans finesse un long drap de bain coloré qui sent aussi le monoï. Je le reconnais, il a servi de rideau à la fenêtre de son bungalow la veille. C'est en le soulevant que j'avais assisté aux ébats de mes parents avec elle et René.
En extirpant ce dernier, j'emporte tout un tas d'objets qui devaient être au fond. Un trousseau de clés, un flacon de protection solaire et un sachet de préservatifs qui tombe sur ma propre serviette juste à côté de Sabine. Rapidement, je ramasse les objets pour les ranger, mais arrivé au préservatif, c'est Sabine qui me le tend. Je n'arrive pas à voir son regard derrière les lunettes réfléchissantes. Je fais comme si ça ne m'affecte pas et m'excuse d'avoir foutu le souk.
— Le souk, en Tunisie, me répond-elle, c'est normal non ?
— Oui c'est vrai.
— Il faut que je te demande quelque chose.
— Dis-moi.
— Tu voudrais bien me passer de la crème solaire dans le dos et sur l'arrière de mes jambes ? J'ai une peau très blanche et très sensible. Et comme ma cheville me lance maintenant, je vais rester un peu ici, avec toi. Et j'ai peur de devenir une vraie tomate. Voire de faire une insolation.
Mon esprit s'embrume en un instant. Le poids de son corps sur moi quand on est tombé, sa main sur mon sexe, tout cela me revient en mémoire alors que je me penche vers le flacon de crème solaire. Je lui souris timidement.
— Oui, je peux faire ça, dis-je d'une manière que j'aimerais plus assurée.
(À suivre)
*en key : expression bordelaise, qui signifie dans ce cas « en douce » ou « en te cachant »
(« faire key » signifie par contre « faire attention », toujours dans la région bordelaise)
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