Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Source Chaude — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Source Chaude
Chapitre 4
Voilà maintenant quatre jours que je suis en Islande et en si peu de temps, il m'était déjà arrivé mon lot de choses étranges. Que je le veuille ou non, j'étais désormais une femme, mais une femme tout à fait unique, car je pouvais modifier mon apparence à volonté. C'était un talent problématique quand, en tant qu'étranger, je devais prouver mon identité, mais un don des plus intéressants quand vous êtes accompagné d'une très belle jeune femme, prête à tout pour vous faire découvrir les merveilles de votre nouveau corps. Nous nous entendions déjà bien quand j'étais un homme, mais devenu femme, j'étais également pour Gaelle un moyen inimaginable de satisfaire tous ses fantasmes en termes de diversité d'amantes.
La veille, nous avions ainsi consacré notre journée à une nouvelle ballade à Reykyavik, la petite, mais jolie capitale du pays. Alors que nous parcourions les rues, nous nous sommes arrêtées à quelques musées et dans divers magasins de vêtements où je me livrais à divers essayages pour que Gaëlle me fasse découvrir comment mettre en valeur mon corps. Entre-deux, nous nous arrêtions régulièrement nous mettre au chaud dans un « Té & Kaffi », les Starbucks locaux, ou nous profitions de leurs toilettes parfaitement propres pour aller satisfaire nos envies sexuelles avant de repartir affronter le froid. Pleines d'une énergie qui semblait infinie, nous sommes même restées en ville le soir pour découvrir les fameuses fêtes locales, particulièrement riches côté activité LGBT, où nous pouvions nous laisser aller pleinement, sans crainte du regard des autres.
Moi qui n'avais jamais aimé danser en tant qu'homme, j'avais alors découvert tout le plaisir des nouveaux mouvements sensuels que permettaient mes formes féminines, m'étonnant des regards envieux que je m'attirais. Si je voyais nombre de potentiel (le)s partenaires alléchants, je peinais à détacher mes yeux de Gaëlle, qui semblait plus que jamais dans son élément, fréquemment entourée de jeunes femmes qui ne parvenaient pas à détacher leurs regards d'elle...
Bien que nous ne formions pas réellement un couple, je fus tout de même soulagée de rentrer avec elle le soir, d'autant que je n'étais pas encore particulièrement à l'aise à assumer seule ma nouvelle identité de femme. Gaëlle avait ce don-là, elle rendait tout si facile...
Le lendemain matin, nous furent surprises par le réveil matinal de Manuel qui nous avait réservés à toutes deux une surprise : Térécita et lui nous avaient réservé une nouvelle expédition à quatre dans le sud de l'île ! Bien que très touchées par leur générosité, nous nous sommes effondrées dans un profond sommeil à la minute où nous furent installées dans le bus. Nous étions à mi-parcours de notre destination quand je m'éveillai la première dans l'ambiance somnolente du véhicule, où les explications de notre guide faisaient office de bruit de fond. Première réveillée de notre petit groupe, je passai une longue heure à écouter avec attention toutes ses histoires et anecdotes passionnantes sur le pays, pendant que je découvrais avec émerveillement le paysage d'immenses plages de sable noir à l'extérieur. Puis finalement, Térécita fut la seconde à se réveiller et nous discutâmes alors à voix basse pour ne pas gêner nos compagnons.
La jeune femme me raconta avec passion son excursion de la veille, puis avec un ton plus discret, sa soirée où Manuel avait apparemment essayé de lui sortir le grand jeu, mais sans le moindre succès auprès d'elle. A son grand soulagement, notre ami avait néanmoins été très correct, n'insistant pas plus que nécessaire et apparemment heureux de pouvoir désormais compter la jeune femme comme très bonne amie. Par la suite, je ne pus m'empêcher de sourire quand je l'entendis me confier qu'elle était quelque peu jalouse de ma relation avec Gaëlle, émerveillée par le bonheur et l'affection qui se dégageait de nous. Alors que je lui expliquais que nous n'étions pas vraiment un couple, elle alla jusqu'à avouer à demi-mot que cela lui faisait envie, bien qu'elle n'avait encore jamais encore envisagé une femme sous cet angle-là, avant de nous connaître.
Ne sachant que répondre à une telle confidence, je fus sauvée par notre arrivée à la première escale, ce qui réveilla enfin Gaëlle et Manuel de leur profond sommeil.
Alors que nous descendions du bus pour aller observer une majestueuse et énorme cascade, mon amante se rapprocha subtilement de moi et me glissa dans l'oreille que je devrais peut-être tester ma chance...
— Comment ça ? lui répondis-je.
— Allez, ne fais pas l'innocente, je t'ai entendue avec Térécita ! Ne va pas me dire que ça ne te tente pas !
— Je ne sais pas, tout est encore si nouveau, puis...
— Puis quoi ? Allez tu me connais, tu sais bien que je ne t'en voudrais pas, je suis heureuse de te voir te découvrir ! Si tu ne veux pas jouer avec elle, c'est moi qui irais peut-être m'amuser !
Alors que je la regardais avec étonnement, elle me tira la langue avec un air provocateur, puis me déposa vivement un baiser sur les lèvres avant de s'enfuir d'un pas joyeux devant moi. Je lui emboîtai le pas en me demandant si elle se moquait de moi ou non, puis finit par rapidement oublier le dilemme en me replongeant dans la contemplation de la cascade et du paysage alentour.
Maintenant que nous étions tous bien réveillés, le voyage jusqu'à notre étape suivante fut bien plus animé que précédemment. Nous avons passé les heures suivantes à discuter, réagir à ce que pouvait expliquer la guide et nous extasier sur le paysage alentour, si bien que je ne pensais plus vraiment à ma discussion avec Gaëlle. Ce n'est qu'à de rares moments, lorsque je croisais le regard de Térécita le temps d'un silence, que je me questionnais sur mes envies...
Quelques heures plus tard, nous étions enfin à notre destination : le lagon glacial de Jokulsarlon, un somptueux endroit au pied d'un glacier, qui nous arracha à tous des sons émerveillés. Dans des tons blancs et bleus, de somptueux icebergs flottaient sereinement dans les eaux d'un grand lac d'un calme absolu, au bord duquel nous sommes tous sortis pour profiter d'un quartier libre bien mérité. Après avoir exploré les berges tous les quatre, le temps d'immortaliser l'endroit et l'instant avec nos appareils photo, nous nous sommes installés pour prendre notre repas. Alors que Gaëlle et Manuel étaient en plein débat passionné, Térécita et moi prîmes le parti d'aller jeter les déchets du repas. Le grand parking réservé aux touristes étant à l'écart, il nous fallut quelques minutes de marche pour y arriver et je m'étonnai du silence soudain qui tomba entre nous.
Nous nous regardions parfois, nous adressions un sourire, mais je me sentais subitement incapable de lui parler d'un quelconque sujet, comme si cela allait subitement mener vers quelque chose sur lequel je n'aurais aucun pouvoir. Une fois débarrassées de nos fardeaux aux poubelles du petit restaurant avoisinant, nous sommes demeurées un instant immobiles au milieu de la myriade de touristes qui nous entouraient, comme si nous ne savions plus par où repartir. Puis soudain, Térécita fit un pas vers moi et avant que je n'aie pu réagir, elle m'enlaça dans ses bras avec force. Savourant l'étreinte à laquelle je la répondis, je la laissai néanmoins s'éloigner après coup sans mot dire, encore tétanisée par ce qui venait de se passer.
Sachant désormais à quoi m'en tenir la concernant, je répondis à son sourire, puis lui emboîta le pas lorsqu'elle prit finalement le chemin du retour. Alors que je commençais à m'en vouloir de ne pas avoir saisi l'occasion qu'elle venait de m'offrir, j'eus la surprise de voir nos deux amis venir à notre rencontre, à mi-chemin du parking. A la vue de Gaëlle et de son habituel sourire nonchalant, je sentis une soudaine impulsion qui me fit soudain avancer vers elle. J'attrapai sa main, puis l'invita à me suivre en lui déclarant vouloir lui montrer quelque chose. Subitement, je me moquais des deux autres et je n'écoutai qu'à peine les excuses que mon amante formula à l'égard de nos amies. Je la ramenai avec moi au restaurant et parvins à l'entraîner discrètement vers les toilettes de l'établissement. La jeune femme se laissa sans mal pousser jusqu'à une grande cabine libre, se doutant sans doute très bien de ce que je souhaitais.
Pour ma part, je commençais à en avoir plus qu'assez d'écœurantes toilettes comme nid d'amour, mais la propreté de l'entretien islandais et mon envie dévorante pour elle me poussait à oublier tous mes principes.
Sans attendre, je la serrai avec force contre moi, puis commençai à l'embrasser, savourant ses lèvres et le sourire que je sentais sur elles. Je m'amusai à faire glisser mes seins contre les siens, venant caresser la naissance de ses fesses avec envie à travers la couture de son jean. Avec délice, je sentis les mains de Gaëlle suivre les coutures de mon pull et venir se glisser directement sous la ceinture de mon pantalon, ses doigts glacés venant saisir mes fesses à pleines mains. Déterminée à cette fois-ci prendre les devants sur elle, je fis rapidement sauter le bouton de son jean puis descendis sa braguette pour plonger rapidement une main dans sa culotte. Elle tressaillit à cause du froid, mais je sentis rapidement à ses mouvements de bassin qu'elle n'était pas contre mon impatience. Avec ardeur, commença à me frayer un chemin dans ses lèvres déjà humides pour venir caresser son clitoris.
Alors qu'elle essayait jusque-là de répondre à mes caresses pour m'apporter aussi du plaisir, je la sentis peu à peu se ramollir et de plus en plus se laisser faire. Profitant d'un instant de faiblesse alors que le plaisir montait de plus en plus en elle, je la fis soudain se retourner, puis se pencher légèrement en avant, la prenant comme elle m'avait fait l'amour lors de notre première fois. Ma poitrine plaquée contre son dos, je descendis ma main contre son bas-ventre jusqu'à venir retrouver son sexe que je masturbai avec ardeur. Alors que je la sentais sur le point d'exploser, je vins introduire en elle mon majeur et mon auriculaire à qui je fis faire d'onctueux aller-retour. Puis une fois qu'elle me parut prête, je repliai mes doigts contre l'arrière de son clitoris, puis me mis alors à la masturber avec force, lui arrachant de grands cris de jouissance qu'elle réprima à grand mal.
A mesure que le plaisir montant en elle, je sentais qu'elle avait de plus en plus de mal à se maîtriser, ses membres devenant tremblants et bougeant parfois dans des réflexes désordonnés. Pourtant, je ne me sentais pas encore satisfaite et je savais que ma compagne avait un point faible dont nous avions parlé, mais que je n'avais encore jamais exploré avec elle.
Avec douceur, je retournai mes doigts en elle et repris mes mouvements de va-et-vient. Dans le même temps, j'usais de mon pouce enfin libéré pour venir caresser l'entrée de son anus, ce qui fit redoubler ses mouvements du bassin, démontrant toute l'envie que lui inspirait mon geste. Lentement, je commençai à introduire mon plus gros doigt en elle avant de caresser l'intérieur tout en continuant ma masturbation de son sexe. Avec un certain amusement, je découvris que je pouvais sentir avec mon pouce mes autres doigts dans le vagin, ce qui redoubla mon excitation, la vitesse de mes doigts et les halètements de plaisir de mon amante. Soudain, je la sentis se cambrer et prendre une grande inspiration avant de venir mordre son avant-bras avec force pour étouffer la violence de l'orgasme qui la saisit.
Gaëlle ne m'avait pas menti, l'anal était son point faible, la preuve en était qu'elle était maintenant sur le point de s'effondrer tant ses jambes tremblaient et que mes doigts n'avaient encore jamais été aussi trempés !
— Je ne sais pas ce que Térécita t'a dit en mon absence, mais visiblement, ça t'a bien excitée ! s’exclama-t-elle le souffle court, on dirait que je t'ai bien appris !
— Elle ne m'a rien dit de spécial, j'avais juste envie de toi !
Sur ces mots, elle vint m'enlacer avec douceur, puis me chuchota :
— Ne t'attache pas trop à moi Benji, je ne suis pas faite pour ça. Profite de ce que tu as avec moi, mais ne t'arrêtes pas à moi, amuse-toi, explore ! Ce n'est pas que je ne t'apprécie pas ou que je me lasse de toi, mais... bref, tu vois ce que je veux dire. Tu as un don incroyable, sers-en, profites-en !
Lorsqu'elle s'éloigna de moi, je réalisai soudain que mes joues étaient humides de larmes et je me sentis ridicule de m'être à ce point attachée à elle. Mais bien sûr, elle avait raison, peu importait l'intensité de ces dernières 48 heures, elles n'étaient pas suffisantes pour que nous bâtissions quelque chose dessus, pire que tout, je me rendais alors compte qu'en aucun cas, il ne me fallait enchaîner un esprit aussi libre et beau que celui de Gaëlle. A ma propre surprise, cette pensée suffit à me fendre le cœur et je sentis des sanglots monter dans ma gorge.
— Tu as raison, soufflais-je, tu as entièrement raison... Je savais depuis le début que tu n'étais pas comme ça, je ne sais pas ce qui me prend de m'attacher comme ça !
— Tu penses comme ça parce que tu as peur, c'est normal vu ce qui t'arrive, mais je suis sûre que tu n'as pas à l'être, tu es exceptionnelle, il te faut juste t'assumer ! Ouvre les yeux, et tu réaliseras que tu les auras tous à tes pieds.
Sur ces mots, elle vint m'embrasser avec tendresse, me prouvant qu'elle ne fermait en aucun cas la porte sur nous deux. Pourtant, lorsqu'elle quitta la cabine, je sentis de nouvelles larmes rouler sur mes joues et un étau venir me serrer la poitrine.
Si l'allée m'avait paru longue, le retour sembla durer quant à lui une éternité. Mes pensées étaient en telle ébullition que je ne parvins pas à un seul instant à trouver le sommeil qui semblait avoir gagné les trois quarts du bus. Bien que Gaëlle restait proche de moi et n'avait pas diminué ses gestes affectueux à mon égard, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce que je devais faire maintenant, à ce qui m'attendait d'ici la fin des vacances si je ne trouvais pas rapidement une solution à ma situation et à ce changement de genre impossible. En bref, je me trouvai soudain assailli d'interrogations que j'avais jusque-là soigneusement repoussées dans un coin de mon esprit, préférant profiter des plaisirs que je découvrais avec mon amante. Heureusement, l'observation du paysage dans la nuit tombante me permettait de maîtriser un tant soit peu mon stress, sans quoi je me serais sans doute effondré en de nouveaux pleurs depuis plusieurs heures.
Contrairement à la plupart des occupants du bus, notre guide demeurait quant à elle parfaitement éveillée et nous contait de temps à autre des anecdotes avec une voix douce, pour ne pas réveiller les dormeurs. Sa motivation était telle qu'elle nous avait même préparé une petite surprise et fit soudain arrêter le bus au milieu de nulle part et invita les plus motivés à sortir dans le froid pour essayer d'observer des aurores boréales, pendant que notre chauffeur prenait une pause bien méritée. Tandis que mes compagnons semblaient déterminés à rester endormis, je pris la décision de braver le froid pour aller me dégourdir les jambes et qui sait, d'assister peut-être au fameux spectacle hivernal. Malheureusement, après une dizaine de minutes à subir le petit vent glacé, les lumières nordiques demeuraient invisibles et je commençai à regretter mon choix.
— Hello Enora !
Un sourire naquit sur mes lèvres quand je reconnus cette douce voix écorcher le prénom que je m'étais choisi. En me retournant, je découvris Térécita avancer vers moi, la tête à moitié enfoncée dans les épaules pour se protéger du froid. Tout en anglais, elle m'expliqua avoir décidé elle aussi d'aller se dégourdir les jambes, d'autant plus qu'observer les aurores boréales était son plus grand rêve. Toutefois, elle me confia aussi déjà regretter son choix, car son manteau était visiblement loin d'être assez épais pour supporter ce froid qui semblait lui mordre la peau. Moi-même sur le point de rentrer tant j'étais gelée, je décidai de me faire violence et de demeurer avec elle pour la soutenir, dans l'espoir qu'elle puisse exaucer son vœu.
Toutes deux adossées contre le bus, je sentis par nos épaules collées l'une à l'autre que les tremblements de son corps s'intensifiaient. Craignant qu'elle ne tombe malade, je l'invitai à venir se coller contre moi pour lui tenir chaud et elle vint alors s'adosser contre ma poitrine, me laissant refermer mes bras sur elle. Malgré ma perte de taille suite à ma transformation, je faisais encore une tête de plus qu'elle, si bien qu'elle pouvait reposer sa tête contre mon cou et humer par la même occasion ses longs cheveux blonds.
J'ignore encore si elle avait tout prévu, mais ce qui devait arriver finir par se produire. Elle finit par venir reposer sa tête contre mon épaule et leva ses beaux yeux bleus vers moi, puis lorsque nos regards se croisèrent, elle entrouvrit la bouche et je me penchai alors vers elle. Nos lèvres se rencontrèrent, puis nos langues et je sentis bientôt un désir puissant naître dans mon bas-ventre, tandis que je sentais son corps tremblant venir se coller contre le mien. Lorsque notre baiser se rompit, je me penchai vers son oreille et lui chuchota en anglais : « A l'arrivée, viens me retrouver à la source chaude au sous-sol de l'auberge, nous pourrons poursuivre tout ça ».
Sur ces mots, je repartis vers le bus, pour la moins satisfaite de mon effet et le bas-ventre en pleine ébullition. Pendant le reste du trajet, je songeai à ce que je comptais faire avec ma future nouvelle amante tout en essayant de paraître naturelle malgré l'humidité croissante entre mes jambes. Parfois, je portais mon regard vers elle, souriant quand je percevais les signes qu'elle faisait semblant de dormir, elle était si mignonne lorsqu'elle faisait l'innocente ! Pourtant, je remarquais bien ses mouvements de bassin inconfortable, son expression lorsque nous croisions nos regards, tant de signes qui me révélaient combien elle était également excitée. À côté de moi, Gaëlle avait sans aucun doute deviné ce qui se passait, mais elle se comporta le plus naturellement du monde. Elle se livra à une nouvelle sieste en se lovant contre moi, préservant l'image de petit couple qu'on nous avait collé.
Pendant un instant, je me demandai même si elle ne s'efforçait pas de provoquer la jalousie de Térécita, à moins qu'elle ne s'amuse tout simplement à jouer une fois de plus avec moi.
Toujours est-il que lorsque notre bus se gara devant notre hôtel pour nous laisser descendre, j'eus le plus grand mal à demeurer impassible. Déjà, je réfléchissais à un bon moyen d'échapper à mes amis pour filer discrètement vers le sous-sol, me demandant soudain si l'opportunité allait se présenter à nous de descendre sans être vus. A ma grande surprise, ce fut finalement Manuel qui nous offrit l'opportunité en or, en proposant que nous y descendions tous les quatre pour clore la journée. Etant donné les cernes qui marquaient encore ses yeux, je ne douterais pas qu'il serait dans les premiers couché et que Gaëlle s'éclipserait avec lui, nous offrant le précieux moment de solitude que Térécita et moi souhaitions.
Tous les quatre étant trop fatigués pour monter chercher nos maillots, nous avons pris la décision de descendre tous directement et d'aller nous baigner avec les serviettes à disposition, un choix que Manuel accueillit avec une excitation difficilement dissimulée. Une fois aux vestiaires, nous nous déshabillâmes toutes trois dans une étrange atmosphère où chacune semblait se livrer à un examen détaillé des autres. En effet, Gaëlle était égale à elle-même, portant son regard curieux sur nous deux, tandis que Térécita jetait des coups d'œil hésitants, alors que je me permettais quant à moi de découvrir ce qui m'attendait pour le reste de la soirée. Ma future amante était encore plus frêle que je m'y attendais, elle était très peu musclée et avait un ventre tout à fait plat, mais n'avait pas vraiment de hanches et une poitrine étonnement discrète comparée à la mienne.
Par bien des aspects, elle était très différente de toutes les autres femmes que j'avais connues, pourtant, j'étais déjà impatiente à l'idée de découvrir plus en détail son corps.
Alors que nous passions toutes trois sous la douche, je résistai à grand mal à mon envie de me jeter sur l'une ou l'autre de mes amies, trop impatiente à l'idée d'enfin trouver satisfaction à mes désirs. Je pris rapidement une serviette et l'enroula autour de mon torse, subitement heureux de pouvoir cacher mon corps surexcité. Sans attendre les autres, j'entrai dans la pièce de la source chaude, non sans éprouver une certaine tension à l'idée de revenir en ce lieu qui m'avait si incroyablement marqué. Ce soir-là, il me semblait qu'il faisait encore plus sombre que la première fois, ce qui fait qu'il me fallut un moment avant de remarquer que Manuel était déjà dans le bassin d'eau chaude et qu'il me contemplait du regard. Alors que nous demeurions ainsi tous deux tétanisés, je contemplai avec attention ses pectoraux, son ventre musclé, et m'apercevais soudain que ses mains venaient toutes deux cacher son entrejambe et qu'il était totalement nu !
— Je suis désolé ! s’exclama-t-il en remarquant mon trouble, il n'y a plus de serviettes de mon côté !
— Tu aurais pu trouver mieux comme excuse, répliqua sèchement Gaëlle en arrivant derrière moi. On dirait un mauvais scénario de film de cul !
— Je suis désolé, répéta-t-il en faisant mine de se lever, je vais vous laisser.
— Mais non, allez prends la mienne !
Sous le regard ébahi de notre ami, Gaëlle détacha la serviette qui enserrait ses formes et l'envoya à la figure de Manuel, qui semblait désormais totalement figé par la liberté totale d'esprit de la jeune femme. L'expression de notre compagnon était si drôle que je ne pus m'empêcher d'éclater de rire et décidais d'ajouter à son trouble en retirant à mon tour ma serviette.
— Allez, si l'une est nue, autant qu'on le soit tout ! lançais-je avant d'enjamber le bassin pour venir m'asseoir à mon tour dans l'eau.
Alors que je regardais Gaëlle entrer à son tour dans le bassin, j'aperçus derrière elle Térécita qui demeurait figée à l'entrée, la serviette plaquée contre son torse. Décidée à pousser ma chance jusqu'au bout, je lui fis un petit signe du doigt, mais elle demeura immobile dans la pénombre, sans doute rouge jusqu'aux oreilles. Puis, à gestes lents, elle fit glisser sa serviette contre une chaise, puis se rapprocha de nous un bras couvrant sa poitrine, tout en jetant des regards anxieux vers Manuel qui semblait tout faire pour éviter de regarder vers nous. Dans un cas comme dans l'autre, je finis par me dire qu'ils en faisaient toute une affaire, car une fois assis dans l'eau, il nous était impossible de voir quoi que ce soit de l'intimité de l'autre.
Une fois tous réunis, Gaëlle employa son éternelle bonne humeur à détendre l'atmosphère, ce qui permit de lancer une conversation qui dura une bonne heure, chacun finissant par ignorer totalement la nudité des autres. Ce n'est que lorsque finalement Manuel décida d'aller se coucher, que je me décidai à me rincer ouvertement l'œil, découvrant alors une bite bien plus belle et excitante que je ne l'aurais cru. Etrangement, ce premier sexe d'homme que je voyais depuis ma transformation parvint à m'exciter bien plus que je ne l'aurais cru. Bien sûr, je m'étais déjà posé la question de savoir ce que ça me ferait de sentir un pénis dans mon tout nouveau vagin, mais jamais encore je ne l'avais désiré à ce point !
Pourtant, je décidai de résister à mon envie de suivre Manuel dans les vestiaires pour hommes et demeurai plus longtemps dans le bain. Je devais être tout entière à ma rêverie, car il me fallut une bonne minute pour remarquer que Gaëlle s'était subtilement rapprochée de Térécita et qu'elles s'embrassaient désormais toutes deux à belle bouche. J'étais si surprise que je restais un instant pantois, jusqu'à ce qu'elles rompent leur étreinte et que Gaëlle ne se tourne vers moi.
— Désolée Eno, me dit-elle, tu avais l'air si intéressée par ce qu'offrait Manu que je pensais que tu avais d'autres plans pour ce soir !
— Non, répondis-je, piqué au vif, aucun autre plan.
Sur ces mots, je me rapprochai à mon tour et invitai la jeune femme à se tourner lentement vers moi et l'embrassais alors à pleine bouche. Tandis que ma langue dansait avec celle de Térécita, je lançai un regard de défi à Gaëlle qui me répondit par un clin d'œil, avant de se lever avec sensualité.
— Parfait, je vous laisse alors. Amusez-vous bien !
Au moment de quitter le bassin, elle en profita pour se pencher sur moi et vint m'embrasser sur la joue, avant de venir chuchoter à mon oreille, « emmène-la aux vestiaires d'ici une dizaine de minutes, je vais vous y laisser un petit cadeau ! »
Tandis que je la regardais s'éloigner en me demandant ce qu'elle avait pu vouloir dire, je pus constater que Térécita semblait déjà prête à oublier la jeune femme, car ses lèvres venaient parcourir mon cou de baisers. Je me mordis doucement la langue et savourant les frissons d'excitation que cela provoquait chez moi, puis je l'attirais contre moi, ma main droite venant caresser sa petite et ferme poitrine, dont les tétons me surprirent par leur dureté. Alors que je me focalisais sur son sein, la jeune femme se pencha sur les miens, venant les couvrir de baisers avant d'en prendre un en bouche qu'elle mordilla et suça sans retenue. De toute évidence, mon amante était surexcitée à l'idée de faire sa première fois avec une femme, si bien que je décidais de ne pas faire attendre davantage son plaisir et je posai ma main sur sa cuisse, de façon à venir lentement en caresser l'intérieur.
Je pris le temps de savourer la douceur infinie de sa peau, puis lentement, je me rapprochai des replis de son entrejambe, ce qui la parcourut de frissons d'envie. Je remontai lentement de son mont de Vénus, caressant les quelques poils blonds entortillés, puis descendis afin de passer immédiatement sur son clitoris, que je vins soudainement pincer, lui arrachant un hoquet de surprise et de plaisir. Sans même lui laisser le temps de se remettre, je commençai alors à le caresser tout en douceur, par de petits cercles du bout du majeur, reproduisant la série de gestes que Gaëlle m'avait appris et qui savaient toujours me rendre folle. Je n'avais sans doute pas son expertise, mais en tout cas, la façon dont je prenais soin de son clitoris plaisait à ma compagne qui se cambrait déjà de plaisir en se mordant les lèvres pour retenir ses gémissements.
Je devinais que je devais sans doute un tel succès davantage à l'excitation de mon amante qu'à mes techniques, mais je m'efforçais néanmoins de faire au mieux avec mes doigts, tandis qu'avec ma bouche je venais mordre délicatement son épaule.
J'étais si tout entière à son plaisir, que je sursautai à mon tour quand je sentis ses doigts venir caresser mon sexe entre mes jambes à peine ouvertes, caressant brièvement mon clitoris avant de venir plonger en moi. J'ouvris mes dents pour lâcher un gémissement de plaisir, puis décidais de lui faire partager sa méthode, en m'attaquant à mon tour à son vagin, dans lequel deux de mes doigts plongèrent sans la moindre difficulté. Alors que je commençais à la masturber avec force, lui arrachant de francs soupirs de jouissance, je la mordis soudain quand elle enfonça trois doigts en moi, ce qui me fit faire un mouvement de recul du fait de la douleur. Malgré le traitement que m'avait réservé Gaëlle ces derniers jours, mon sexe semblait de nature étroit, si bien que ce genre de volume finissait toujours par me faire mal. Avec une expression désolée, mon amante s'immobilisa subitement, visiblement honteuse de ce qu'elle venait de me faire.
— Ce n'est rien, lui chuchotais-je en anglais. Retournons dans les vestiaires, on y sera mieux pour continuer tout ça.
Sur ces mots, je la pris par la main, puis l'invita à sortir de l'eau à ma suite, avant de l'enlacer et d'échanger un nouveau baiser passionné. J'en profitais pour lui caresser un peu les fesses, mais en me rapprochant de l'entre-deux, je la sentis se raidir et compris qu'elle ne partageait sans doute pas les mêmes points faibles que Gaëlle. Alors que sa main venait de nouveau caresser mon entrejambe, je réalisai à quel point je n'en pouvais plus et la traînai dans les vestiaires pour femmes. Au centre de la pièce, se trouvait une longue et large banquette pour s'asseoir et mettre ses chaussures, mais pour ce soir, je décidais d'en faire notre lit et la poussa dessus, avant de venir la chevaucher. Alors que je me penchais sur elle pour l'embrasser, je commençais instinctivement à venir me frotter contre son bras ventre, savourant le contact délicieux de mon intimité contre sa peau douce.
Tout en me déhanchant sur elle, je commençai à masser sa poitrine en lâchant de petits gémissements de plaisir afin d'accroître son excitation.
Maintenant que je la sentais devenir folle d'envie, je suivis les enseignements de Gaëlle et levai une jambe afin de venir placer mon genou entre les siennes. Tandis que je le remontais vers son sexe, je la fis doucement se lever et basculer sur moi, de façon à ce que nos intimités viennent se rencontrer en position de ciseaux. Alors que je frottais mon clitoris contre son sexe, je redécouvris cette sensation d'ardente caresse qui m'avait tant surprise quand Gaëlle me l'avait fait pour la première fois la veille. Bien sûr, ce n'était pas aussi fort qu'un cunni ou d'autres techniques, mais je trouvais ce mouvement délicieux et terriblement excitant. Au vu de l'expression de Térécita et de ses mouvements incontrôlés du bassin, je devinais que ses sensations étaient similaires et que son envie de jouir devenait de plus en plus forte.
Tandis que je réfléchissais à comment je pourrais venir exaucer son vœu, j'aperçus soudain un petit paquet posé sur un banc voisin et me souvins de ce qu'avait dit Gaëlle avant de partir. Avec un sourire, je l'attrapai du bout des doigts et déballai devant le regard ébahi de mon amante un joli petit godemiché violet. Loin de vouloir s'enfuir, Térécita se redressa pour venir s'appuyer ses coudes et écarta largement les jambes devant moi.
— Vas-y, souffla-t-elle en anglais, sauf si tu préfères jouer avec avant !
Pendant un instant, je demeurais hésitante. Je ne manquais pas d'envie de sentir le sex-toy en moi et j'avais maintenant vraiment envie de jouir, mais d'un autre côté, je n'avais encore jamais eu autre chose que des doigts dans mon vagin, et je n'étais pas encore sûre d'être prête pour autre chose. Peut-être que j'avais peur, mais toujours est-il qu'à ce moment-là, j'avais encore plus envie de la pénétrer elle et de la voir se tordre de plaisir. Je finis donc par hocher négativement la tête et passai le godemiché dans ma bouche avant de le rapprocher de son entrejambe. Avec délicatesse, je vins l'appuyer contre son sexe et regardais avec délectation le violet de l'objet disparaître lentement en mon amante, tandis que celle-ci gémissait de plaisir. Je commençai par de petits mouvements de va-et-vient, puis peu à peu, je le fis tourner en elle, variant les caresses pour accompagner ses mouvements incontrôlés du bassin.
Je sentais une certaine émotion à pénétrer de nouveau une femme, à faire ce genre de mouvements bien différents de tout ce que j'avais pu faire avec mes doigts ces derniers jours.
Alors que je sentais sa jouissance gonfler de plus en plus, je sentais des papillonnements familiers dans mon bas-ventre, signe que mon propre plaisir n'était pas en reste. Tout en continuant les va-et-vient avec le sex-toy, je portai ma main libre vers mon sexe et commençais à me masturber en me focalisant sur mon clitoris. Avec une certaine surprise, je réalisai qu'il n'avait jamais été encore aussi gonflé, comme s'il réagissait directement à l'excitation que je ressentais. Puis soudain, je dois me rendre à l'évidence : un tout autre phénomène était en train de se produire, car mon clitoris pouvait désormais tenir dans le creux de ma main !
Sentant soudain un élan de panique, je saisis la jambe de mon amante et la fis se retourner, afin d'être sûre qu'elle ne me voit pas, même dans la pénombre de la pièce. Trop excitée pour questionner, Térécita se mit à quatre pâtes, prête à accueillir le petit godemiché en levrette. Quant à moi, j'étais soudainement tétanisée en regardant mon pénis dans le creux de ma main, miraculeusement réapparu à la place de mon clitoris ! En tâtant en dessous, je réalisai que mes testicules n'étaient quant à elle toujours pas réapparus et que mon vagin était quant à lui toujours bien là. Bien trop excitée pour réfléchir à ce qui se passait et provoqué par les mouvements de bassin d'impatience que mon amante faisait contre mon ventre, je suivis ce que ma libido me dictait et porta ma bite réapparue vers son vagin.
Tout en priant pour qu'elle croie que j'avais trouvé le moyen de fixer le sex-toy à mon entrejambe, je m'enfonçai lentement en elle, lâchant un soupir de plaisir en sentant ses chairs étroites venir serrer mon pénis. Térécita poussa un gémissement de plaisir mêlé de surprise, mais comme elle ne se dérobait pas, je commençai immédiatement mes mouvements de va-et-vient, afin de ne pas la laisser réfléchir davantage. En me mordant doucement la lèvre, je savourai ces délicieuses sensations de pénétration, trop heureux de les retrouver à nouveau. Pourtant, elles ne me paraissaient pas pleinement identiques à ce que je ressentais avant, ça me semblait plus fort, plus puissant, comme si j'avais conservé toute ma sensibilité de corps féminin. Alors que j'accélérais mes mouvements et que j'entendais les cris de mon amante devenir plus forts, je réalisais que ma théorie était sans doute juste.
En effet mes propres gémissements demeuraient féminins, tout comme mon corps qui lui ne changeait pas, comme en témoignaient mes seins qui se balançaient en rythme avec mes mouvements du bassin. Plus étonnant encore, le plaisir que je sentais gonfler dans mon pénis semblait se répercuter jusqu'aux tréfonds de mon bas-ventre, provoquant une montée de jouissance qui n'avait rien à voir avec celle du plaisir masculin traditionnel, mais se rapprochait bien plus de l'orgasme prostatique que j'avais ressenti une ou deux fois.
Alors que je me sentais sur le point de jouir, je me retirai tout de même par précaution et remplaça ma bite par mes doigts, qui vinrent chercher ses points les plus sensibles à l'intérieur. Alors qu'elle se trémoussait irrésistiblement et que son orgasme devenait inéluctable, je commençai à masturber mon sexe qui semblait devenu hypersensible. Soudain, la jouissance frappa de toute sa force mon amante, qui s'effondra en avant, pleine de tremblements. Profitant qu'elle se remet de ses émotions, je redoublai d'intensité dans mes mouvements et explosai à mon tour. Il n'y eut aucune éjaculation, mais je sentis ma bite être subitement parcourue de spasmes, tout comme mon vagin, projetant des vagues de plaisir qui me traversèrent comme des électrochocs, me figeant sur place, me crispant jusqu'à ce que subitement je m'effondre à mon tour.
Tandis que je reprenais tant bien que mal ma respiration, je vis mon pénis peu à peu se réduire, non pas en se ramollissant, mais qui se miniaturisait véritablement, jusqu'à redevenir le clitoris qu'il était quelques minutes plus tôt. Reportant les questions à plus tard, je laissai venir Térécita qui vint se lover dans mes bras, la respiration encore sifflante et sous le choc du plaisir qu'elle venait de connaître. Le sourire aux lèvres, je savourai cette douce étreinte, tout en me disant que désormais, c'était véritablement bien des plaisirs qui allaient s'offrir à moi.
Car cette fois, j'en étais sûr, j'avais tout compris à mon don, et je ne doutais pas que désormais, mes capacités de transformation n'avaient plus de limites !
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