Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Source Chaude — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Source Chaude
Chapitre 5
Le lendemain matin, c'est avec le sourire que je me réveillais dans mon lit. Ma nuit avait été courte et pourtant, je me sentais en pleine forme et particulièrement excité. En effet, la fatigue des événements de la veille m'avait incité à suivre Térécita dans notre chambre, car je ne tenais qu'à peine debout. Pourtant, j'avais bien des projets que j'étais bien impatient de mener à bien, ce qui me poussa à me lever sans attendre, et aussi discrètement que possible, afin de ne pas réveiller mes amantes dont les lits étaient voisins des miens. Une fois hors de la chambre, je traversais le couloir encore désert à cette heure matinale, où le soleil de la fin d'automne n'était pas encore levé.
Sans même y réfléchir, je pénétrai dans la même salle de bain où j'avais subi ma transformation complète en femme et m'y enfermais. Cette fois-ci, je me sentais en pleine possession de mes moyens et même particulièrement curieuse quand je fis face à mon reflet dans le miroir de la pièce. Je conservais toujours mon apparence féminine devenue désormais habituelle et qui me plaisait à cet instant plus que jamais. Pourtant, je décidais qu'il était temps pour moi de vraiment tester mes dons.
Pour commencer, je me mis entièrement nue et reculais de deux pas pour admirer mon corps de la tête aux genoux. En me focalisant, je ramenai mes cheveux jusqu'à une coupe courte désordonnée, puis portai mon attention à ma gorge. Maintenant que j'avais compris le truc, je parvins sans mal à faire revenir ma pomme d'Adam, puis en descendant, je réduisis ma poitrine jusqu'à retrouver un torse d'homme, puis poursuivis jusqu'à muscler tout mon torse, le virilisant encore plus que mon apparence masculine originelle. Le sourire aux lèvres, je regardai mes cuisses et sentis un frisson, tandis qu'une chaleur intense parcourait mon bas-ventre. Une étrange sensation me fit me mordre la lèvre, mais c'est avec une expression presque hilare que je vis mon pénis subitement repoussé entre mes jambes, suivi par l'apparition d'une paire de testicules.
Avec une brève hésitation, je vins le caresser, comme pour attester sa présence, puis vins toucher mon entrejambe où je pus attester de la disparition de mon vagin.
Étrangement, je me sentis quelque peu attristé de l'absence de mon intimité féminine, et je décidai alors de tester la démarche inverse. Quelques secondes plus tard, j'éclatais d'un rire cristallin en retrouvant un corps féminin généreux et une humidité familière entre mes jambes. Comme je n'étais pas encore pleinement satisfait, je décidais de tester encore autre chose et levai mes mains devant moi. Je les regardai pendant quelques secondes en me concentrant, puis entrouvris la bouche de stupeur en voyant soudain des éclairs sombres strier ma peau claire, changeant peu à peu sa pigmentation jusqu'à ce que je me redécouvre avec une peau aussi noire que l'une de mes ex d'origine sénégalaise !
N'y tenant plus, je portai ma main entre mes jambes et commençai à me caresser le clitoris en gloussant d'un petit rire excité. En me regardant dans la glace, je continuais à me masturber tandis que mes lèvres devenaient plus charnues et que mes cheveux s'allongeaient tout en devenant crépus. Alors que le plaisir gonflait irrésistiblement en moi, je m'admirais avec stupéfaction en voyant mon corps devenir de plus en plus divin alors que je m'affranchissais de toutes les barrières habituelles pour devenir aussi belle que si j'avais été retouchée sur Photoshop. En quelques minutes, je me retrouvais donc dans le corps d'une jeune femme noire, avec un ventre plat et une poitrine généreuse, mais très ferme, des hanches larges, mais avec des fesses bien arrondies et des cuisses bien musclées. N'y tenant plus, je me pliai soudain en deux en sentant l'orgasme me submerger brutalement, dans cet instant au comble du narcissisme !
Bien trop satisfaite de moi-même pour me sentir coupable de quoi que ce soit, je me dirigeai alors vers la douche afin de prendre soin de cette toute nouvelle apparence. Toutefois, si parfaite qu'elle était, cette nouvelle image ne parvenait pas à endiguer mes envies de changement. Alors que je me savonnais, je redonnai à mon corps une apparence masculine, étirant ma taille jusqu'aux deux mètres et me donnant du muscle jusqu'aux limites du ridicule, avant de reprendre une stature ordinaire. Alors que je riais de toutes ces possibilités offertes, je manquais de sursauter en portant la main vers mes jambes et heurtant involontairement mon sexe dressé. En effet, je ne m'étais même pas focalisé dessus, mais mon nouveau pénis était revenu en érection forte, bien plus forte qu'à mon habitude, car il devait mesurer plus de vingt-cinq centimètres pour un diamètre de cinq.
J'étais si surpris que c'est avec une certaine hésitation que je vins en serrer le gland, puis savourant la sensation alors que je commençais à le masser. Ça m'avait tellement manqué !
Bien que mon nouveau pénis était bien différent de l'ancien, je repris rapidement mes marques et commençai à me masturber avec vigueur. La différence de taille ne m'apportait pas plus de plaisir, mais elle suffit néanmoins à renforcer mon excitation galopante alors que ce plaisir familier montait en moi, bien que différent de celui d'il y a quelques minutes. Puis soudain, je réalisais que je voulais plus, que je mourrais d'envie de coucher avec quelqu'un là, maintenant, j'avais envie de pénétration ! Toutefois, alors que je considérais mes options, je réalisais que ça ne risquait pas de se produire, car Térécita comme Gaëlle ne voudraient pas de moi en homme et il y avait peu de chances que je trouve un partenaire en me pointant comme ça, directement à la Source Chaude. Si je tentais de séduire quelqu'un directement, je risquais de me faire virer après m'être fait taxer de harceleur sexuel...
C'est soudain qu'une idée me vint, si je ne pouvais pas avoir pénétration en tant qu'homme, je pourrais bien plus facilement coucher en tant que femme ! Il suffisait qu'il y ait un homme seul à la Source Chaude, et je pourrais tester enfin le sexe hétéro en tant que femme...
Cette simple idée suffit à tellement gonfler mon excitation que j'explosai soudain contre une paroi de la cabine de douche, mon épais membre crachant son sperme dans une sensation si violente qu'elle m'arracha un râle de jouissance.
Quelques minutes plus tard, je sortis de la douche après m'être soigneusement lavé après toutes ces émotions. Malgré mon orgasme, ma décision était prise et mon désir surexcité, bien qu'un peu de peur venait me tordre mes intestins. Une fois mon corps séché, je m'avançai pour faire à nouveau face à la grande glace de la pièce et commençai à me concentrer sur mon reflet, tout en me demandant quelle apparence prendre pour garantir la réussite de mon projet ?
Il me fallut pas loin d'une heure de tentatives diverses avant de finalement émerger hors de la salle de bain, vêtue de mon simple pyjama et passant entre les diverses personnes qui attendaient le tour dehors. Si certains me foudroyaient du regard, je ne pus m'empêcher de sourire en remarquant que les yeux de certains n'étaient pas vraiment braqués vers ma tête, mais plutôt d'autres parties de mon anatomie. Avec une démarche mêlée d'excitation et de stress, je me dirigeai vers la cage d'escalier que je m'efforçai de descendre sans me presser. D'un côté, j'étais si impatiente que je rêvais de dévaler les marches à toute vitesse, mais je demeurais retenue de l'autre, tant ce qui m'attendait me terrifiait. Arrivée au sous-sol, je trouvai les vestiaires vides, mais plus que jamais, j'avais envie de déguerpir tant j'étais anxieuse, subitement persuadée que mon plan ne pouvait que mal tourner.
Incapable de me décider à me déshabiller, je finis par me diriger à pas lents vers la zone des bassins en tendant l'oreille. Malheureusement, toutes mes précautions furent inutiles, car les lieux étaient désespérément vides...
Avec un soupir de frustration, je décidais de faire marche arrière, mais fus arrêtée subitement par une vision qui réveilla toutes mes envies. En effet, en me voyant dans le miroir, je ne pouvais qu'admettre que j'avais fait du bon travail, car je n'avais aucun mal à me surexciter moi-même, bien que j'avais essayé de trouver un équilibre entre beauté et ordinaire !
J'étais désormais de bien plus petite taille, aux environs du mètre soixante-seize et avec une peau aux tons miel voire dorée. J'avais adopté une taille très fine avec une épaisseur de cuisses et des fesses rebondies, tandis que deux beaux seins transparaissaient à travers mon teeshirt, comme une belle paire d'oranges fermes. Les traits de mon visage étaient fins et élégants, mettant en valeur mes yeux en amande d'un vert éclatant, le tout encadré par une coupe de cheveux courts formant un mignon carré châtain. Je n'étais peut-être pas aussi irréalistement sublime que lors de mes délires dans la salle de bain, mais j'étais tout de même irrésistible !
Maintenant que la peur reculait, je décidais que je ne pouvais pas partir ainsi, et que je devais au moins tenter ma chance et faire preuve de patience. Je me mis donc nue, puis passais sous la douche en prenant mon temps, savourant à nouveau le contact de l'eau sur moi. N'entendant toujours aucun bruit dans les bassins, je me dirigeai vers le sauna où je m'installai sur l'un des bancs de la pièce déserte afin de savourer la chaleur sur ma peau. Alors que j'étais sur le point de renoncer, je sursautai soudain en voyant une ombre passer devant la porte transparente et se diriger vers les bassins. De là où elle venait, le nouveau venu ne pouvait venir que du vestiaire des hommes !
Je retins un moment mon excitation et demeurai immobile dans ma cachette, tendant de l'oreille afin de savoir si mon potentiel amant était seul ou non. Lorsque je fus persuadé que personne ne le rejoindrait, je me préparais à sortir et entrouvris doucement la porte du sauna afin d'examiner le contenu de la pièce à l'éclairage tamisé. Malheureusement, ma déception fut de taille quand je me rendis compte que loin du beau jeune homme musclé que je m'étais imaginé, j'avais en fait affaire à un petit vieux à la chair pendante...
Je lâchai un soupir déçu, puis attrapais une serviette sur la chaise voisine pour m'en entourer la taille et je pris la direction des vestiaires, résignée et frustrée. Après un bref arrêt devant la glace pour reprendre mon « apparence d'Enora », j'ouvris mon casier et entrepris de remettre mon tee-shirt et mon leggins qui me faisaient office de pyjama. Je regagnai à pas, traînant les escaliers quand j'eus la surprise de croiser Manuel qui venait d'arriver au rez-de-chaussée, recouvert de toutes ses couches de vêtements.
— Salut Eno ! Me lança-t-il, tu t'es trouvé un coiffeur à cette heure ? Ça te va bien !
De stupeur, je portai ma main à mes cheveux et me rendis compte avec effroi que j'avais bêtement oublié de refaire ma coupe habituelle et que j'avais gardé la coupe à la garçonne que je m'étais faite plus tôt. Devant mon erreur stupide, je ne pus m'empêcher de rougir, ce que Manuel dut prendre tout autrement.
— Désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Ça va ? Tu n'as pas l'air très bien.
— Non non, ça va, répondis-je. Juste quelques soucis en tête, mais rien de grave.
— Tu as besoin de te changer les idées ? Gaëlle est partie tôt ce matin et Térécita a l'air de vouloir rester au calme aujourd'hui, mais si tu veux, on peut partir ensemble ?
— Qu'est-ce que tu as de prévu ?
— J'ai loué une voiture pour la journée, je pensais sortir un peu de la ville pour aller me baigner. J'ai mis la main sur une carte des sources chaudes sauvages où on peut se baigner ! Ça te dit ?
— Non non, ça va, répondis-je. Juste quelques soucis en tête, mais rien de grave.
— Tu as besoin de te changer les idées ? Gaëlle est partie tôt ce matin et Térécita a l'air de vouloir rester au calme aujourd'hui, mais si tu veux, on peut partir ensemble ?
— Qu'est-ce que tu as de prévu ?
— J'ai loué une voiture pour la journée, je pensais sortir un peu de la ville pour aller me baigner. J'ai mis la main sur une carte des sources chaudes sauvages où on peut se baigner ! Ça te dit ?
Après un moment d'hésitation, je finis par accepter en me disant qu'après tout, pourquoi pas ? Manuel avait tout du mec gentil et inoffensif, et je me dis que j'avais bien besoin de changer d'air, car je commençais à réaliser à quel point mon don me rendait prêt à faire n'importe quoi. Malgré les miracles que pouvait accomplir mon corps, je n'étais sans doute pas pour autant des maladies ou même d'une grossesse imprévue, il fallait vraiment que je me calme sur les prises de risques...
Quelques heures plus tard, j'étais revêtue de vêtements chauds et d'un sac à dos et montais à bord d'un 4x4 tout confort et pas trop volumineux, avec un Manuel aussi bavard qu'à son habitude. A mon étonnement, il n'aborda pas une seule fois la soirée d'hier, sans doute car il pensait deviner comment elle s'était terminée. Pourtant, à mesure que les sujets de conversation défilaient, je brûlais de lancer le sujet, ne serait-ce que pour savoir ce qu'il avait pensé de tout ça et quels fantasmes avaient pu lui passer par la tête. Alors que je l'écoutais me parler de sa maison près de Porto, je me remémorai brutalement son corps que j'avais pu observer sur toutes les coutures la veille, et ne pus m'empêcher de rougir en repensant à son sexe à moitié dur.
— Après tout, pourquoi pas...
Pensais-je, « ça serait un bon moyen de tester, non, c'est un ami maintenant, ça me ferait tellement bizarre ! »
— Enora, ça va ? Tu es toujours là ?
— Oui, excuse-moi, j'étais dans mes pensées ! On arrive ?
— Oui, bientôt !
— Oui, excuse-moi, j'étais dans mes pensées ! On arrive ?
— Oui, bientôt !
Quelques minutes plus tard, le 4x4 se garait sur le bord d'une route déserte, aux abords d'une petite montagne dont la roche volcanique lui donnait un air sinistre. De l'autre côté des broussailles qui bordaient le goudron, nous avions une vue imprenable sur une vallée d'où sortaient de nombreuses colonnes de fumée, signes de résurgences d'eau brûlante dans les environs. Nous primes tous deux nos sacs, puis je suivis Manuel sur un petit chemin à travers l'herbe brunie par le dégel des derniers jours. Alors que notre conversation allait bon train, nous arrivâmes en vue d'un cours d'eau, tout ce qu'il y avait de plus ordinaire et qui dévalait la vallée depuis l'une des colonnes de fumée qui nous surplombait.
— Voilà, annonça-t-il, c'est l'un des spots qu'on m'a indiqué ! Regarde, l'eau fume un peu, plus qu'à trouver un coin un peu profond où se poser.
— T'es sûr qu'on ne va pas se cramer ? La source en amont n'a pas l'air exactement à 30° !
— Mets la main dans l'eau, tu verras !
— T'es sûr qu'on ne va pas se cramer ? La source en amont n'a pas l'air exactement à 30° !
— Mets la main dans l'eau, tu verras !
Croyant d'abord à une blague, je constatais à son visage qu'il était tout ce qu'il y a de plus sérieux, ce qui m'incita à enlever mon gant et à me rapprocher du cours d'eau. Avec une main tremblante, j'avançai ma main et manquais de sursauter en sentant la chaleur douce de la petite rivière. Désormais rassurée, je le suivis alors qu'il entreprenait de longer l'eau, jusqu'à un minuscule étang d'eau claire qui fumait légèrement. Cette fois-ci sans une once de pudeur, Manuel se déshabilla sans attendre et fila dans l'eau dès qu'il fut en maillot de bain, trop heureux de pouvoir se réchauffer !
— Alors, elle est comment ? demandais-je alors que j'enlevais seulement mon manteau.
— Terrible ! C'est encore mieux qu'à l'auberge !
— Terrible ! C'est encore mieux qu'à l'auberge !
Désormais impatiente, je retirais mes vêtements avec plus d'ardeur, frissonnant lorsque ma peau nue rencontra l'air glacé de l'automne islandais. Ce n'est que lorsque je retirais enfin mon pantalon que je remarquai que Manuel me détaillait avec attention, suivant mes mouvements avec une sorte de fascination, bien qu'il m'ait vue la veille dans mon plus simple appareil. Je croisai son regard alors que je m'avançais vers l'eau en bikini, et ressentis une sorte d'amusement en le voyant détourner le regard.
Je savourai avec délice les sensations de l'eau étonnamment chaude contre ma peau glacée, tandis que je pénétrais à mon tour dans le creux formé par la rivière. Au centre de celui-ci, l'eau ne nous montait qu'aux hanches, mais cela nous permettait tout de même de nous allonger dedans, de façon à ce que nos corps soient complètement immergés et protégés du froid extérieur. Je m'installai à quelques centimètres de mon ami, presque à la perpendiculaire de son corps, puis poussai un profond soupir d'appréciation.
— Quel bonheur, soufflais-je, c'est tellement parfait !
— Oui. Dommage qu'il n'y ait plus de neige, j'avais lu quelque chose comme quoi il fallait se rouler dans la neige après ce genre de bain !
— Quoi ? Mais qui irait faire ça, c'est de la folie !
— C'est des traditions, je crois, je n'ai pas de quoi essayer pour te dire ce que ça apporte...
— Pff, je suis sûre que dans tous les cas, tu ne l'aurais pas fait !
— C'est un défi ?
— Oui. Dommage qu'il n'y ait plus de neige, j'avais lu quelque chose comme quoi il fallait se rouler dans la neige après ce genre de bain !
— Quoi ? Mais qui irait faire ça, c'est de la folie !
— C'est des traditions, je crois, je n'ai pas de quoi essayer pour te dire ce que ça apporte...
— Pff, je suis sûre que dans tous les cas, tu ne l'aurais pas fait !
— C'est un défi ?
Sur ces mots, il se dressa soudain sur ses jambes, me surplombant de toute sa hauteur, puis bondit vivement hors de l'eau, s'allongea sur le sol et commença à se rouler sur les épaisses couches d'herbes brunes, trempées d'eau glacée. Je hurlai de rire devant la scène, l'écoutant jurer tandis que son corps tout entier devait paraître instantanément gelé. Puis alors que je l'incitais à revenir entre deux hoquets de rire, il fit subitement demi-tour et bondit se réfugier tant bien que mal dans l'eau brûlante, ce qui lui arracha de nouveaux cris qui renouvelèrent mon éclat de rire. La scène m'avait tellement amusée que je ne remarquai pas immédiatement qu'il était désormais juste à côté de moi et que son corps venait occasionnellement se coller contre le mien, au gré des mouvements de l'eau.
Comprenant immédiatement que c'était là une manœuvre de sa part, je sentis peu à peu le rire mourir en moi, un stress venant prendre sa place en me demandant ce qu'il s'apprêtait à faire. Comme il devait remarquer que j'avais retrouvé mon sérieux, il s'arrêta peu à peu de gesticuler, puis commença à me fixer du regard, se tétanisant à son tour. Subitement, un grand blanc parut envahir ma tête, me privant de toute pensée, si bien que je demeurais impassible lorsqu'il se redressa pour s'avancer vers moi. Incapable de prendre une décision, je le vis venir se coller contre moi et tendit mes lèvres à la rencontre des siennes, m'abandonnant au baiser qu'il venait d'initier. Instinctivement, je me laissais porter par l'embrassade, ouvrant la bouche quand je sentis sa mâchoire se décrisper, pour accueillir sa langue.
Sans que je ne le réalise immédiatement, ce baiser me semblait bien différent de ceux que j'avais pu échanger avec d'autres hommes, et rapidement, je sentis une chaleur m'envahir qui n'avait rien à voir avec celle de l'eau qui nous entourait.
Peu à peu, je le sentis s'appuyer de plus en plus contre moi et je finis par ouvrir mes bras pour l'accueillir davantage, et il commença à venir sur moi. Je savourai le contact de ses mains fortes sur ma peau douce, et frissonnait en sentant son désir pour moi dans chaque parcelle de son corps. Après un bref moment d'hésitation, il vint caresser mon sein gauche dans sa paume et de nouveau, je fus surprise de la sensation agréable que cela faisait naître en moi. Puis soudain, je le sentis contre ma cuisse, son membre dur et pulsant, gorgé d'envie qui venait se frotter instinctivement contre moi, ce qui fit brutalement exploser le désir qui naissait dans mon bas-ventre.
— Stop !
Ces mots étaient subitement sortis de ma bouche, prononcés instinctivement tandis que je poussais sur sa poitrine pour le repousser de moi en douceur. Subitement, c'était devenu trop, je ne me sentais pas prête à ce qui allait suivre, de nouveau, c'était devenu trop effrayant. A la vue de son expression, je compris qu'il était à la fois déçu et surpris, ce qui ne fit que renforcer ma résolution, et je me dégageai complètement jusqu'à m'éloigner de lui. M'avait-il pris pour une « fille facile » ? J'avais toujours détesté cette expression, mais je me doutais que mon comportement avec les autres filles de notre dortoir lui avait donné cette impression, tout comme les coups d'œil que j'avais lancés à son anatomie...
— Ai-je fait quelque chose de mal ? demanda-t-il avec un air de chien battu.
— Non non, c'est juste que... Non, j'ai juste changé d'avis.
— Non non, c'est juste que... Non, j'ai juste changé d'avis.
Sur ces mots, je sortis subitement de l'eau pour fouiller dans mon sac à dos et en extirper ma grande serviette, dans laquelle je me repliai en enrageant de mes pensées contradictoires. Dans un silence de mort, chacun entreprit de se sécher et de se rhabiller tant bien que mal dans le froid ambiant, Manuel et moi nous jetant occasionnellement des regards en coin. Même si je ne lui devais rien, je m'en voulais de lui envoyer ces signaux contradictoires, d'autant qu'une partie de moi brûlait d'expérimenter la chose avec lui. Le silence se poursuivit pendant la marche du retour vers la voiture, notre relation étant désormais empreinte de gêne, aucun de nous ne sachant comment briser ce malaise.
Ce n'est qu'une fois arrivé au 4x4 et que je vis Manuel se décharger de son sac à dos dans le large coffre du véhicule que je pris finalement ma décision. Je savais très bien que cette fois-ci, je ne pourrais arrêter les choses en cours de route, mais je décidai néanmoins de me débarrasser de mon sac à dos sur le sol. D'un pas peu assuré, je me rapprochai de lui et vins l'enlacer par-derrière, venant appuyer ma poitrine contre son dos. Tout d'abord, il se tétanisa, puis lentement, il se tourna pour venir me faire face et je me mis sur la pointe des pieds pour venir embrasser ses lèvres étonnamment douces.
Parcourue de tremblements, je sentis ses bras musclés se refermer sur moi et je me pressai alors davantage contre lui, des mouvements incontrôlés du bassin me collant toujours plus à ses jambes. Puis soudain, je sursautais en sentant sa main droite venir se plaquer contre mes fesses, puis me soulever du sol, ce qui me poussa à écarter les jambes pour venir les croiser dans son dos. Mon sexe était ainsi plaqué contre le sien et mon attention tout entière sur le baiser que nous échangions, je me laissai porter jusqu'au coffre, dans lequel il m'allongea avant de venir sur moi. Alors que sa langue pénétrait ma bouche, il souleva mon tee-shirt et vint me caresser les seins à travers le soutien-gorge, tout en pressant la bosse qui déformait son pantalon contre mon entrejambe qui semblait en feu. De sa main gauche, il vint caresser mon flanc, puis je le sentis s'éloigner légèrement de moi pour la descendre afin de venir défaire mon bouton de pantalon, avant d'engouffrer sa main dedans.
A travers ma culotte, je le sentis venir caresser ma fente, ses doigts appuyant avec force dans une caresse puissante à la recherche de mon clitoris. Une fois celui-ci trouvé, il entama un mouvement rapide qui s'il n'était pas aussi agréable que les caresses de Gaëlle, suffit néanmoins à me faire tremper ma culotte en quelques secondes.
Impatiente de sentir à nouveau une bite entre mes mains, je me lançai à mon tour à l'assaut de sa braguette, puis je plongeai ma main directement dans son caleçon, afin de venir saisir son sexe gonflé et palpitant. Alors que j'entamais mes mouvements de va-et-vient, je le sentis baisser mon pantalon et ma culotte, afin de pouvoir cette fois-ci venir caresser directement mon clitoris, ce qui me rendit cette fois-ci totalement folle et désordonnant mes mouvements. Au bout de quelques minutes de masturbation mutuelle, je réalisai que cette fois, je n'y tenais plus, et je retirai ma main afin d'attraper les côtés de son pantalon que je baissai complètement.
Comprenant le signal que je lui envoyais, Manuel s'écarta de moi et se débarrassa de son pantalon et de son haut, comme totalement insensible au froid désormais, puis il acheva de me retirer également mon bas. Par réflexe, j'avais ramené mes jambes repliées l'une contre l'autre, et il me fallut un effort de volonté pour lentement les rouvrir. En le voyant ainsi dressé devant moi, je sentis une boule d'effroi dans mon ventre en voyant son pénis qui me paraissait désormais trois fois plus gros qu'auparavant. Tout effrayée que j'étais, je ne pus néanmoins m'empêcher d'ouvrir complètement mes jambes, puis de tendre les bras vers lui, comme ultime signe d'invitation.
Sans attendre, il vint sur moi et recommença à m'embrasser avec tendresse. Je pouvais sentir son ventre appuyé contre le mien, et ses hanches venir écarter davantage mes jambes, tandis que ce qui ressemblait à un tisonnier ardent butait contre mon sexe. Sans pouvoir me contrôler, je me trémoussais contre lui, essayant tant bien que mal de frotter mon clitoris à sa peau. Plusieurs fois, ma respiration s'arrêta alors que je sentais son sexe appuyé contre moi, mais sans jamais me pénétrer. Puis soudain, je le vis descendre sa main pour venir guider sa bite, et je m'immobilisai alors subitement, tétanisée d'effroi. Tout d'abord, je ressentis une simple pression contre moi, puis une sensation d'intense chaleur qui se rependit progressivement en moi alors qu'il s'enfonçait peu à peu. Je m'attendais à ressentir de la douleur, mais le dépucelage effectué par Gaëlle limita considérablement cette sensation qui ne fut que très brève.
Au contraire, j'eus l'étrange impression de vivre une étrange caresse en moi, bien différente des doigts qui avaient déjà visité mon intimité. Son sexe parût me remplir, écarter mes chairs pour se faire une place où il pouvait venir caresser l'endroit le plus sensible et doux qui soit.
Je poussai un profond soupir de jouissance, avant d'inspirer brutalement en le sentant se retirer pour se renfoncer en moi. C'était bon, c'était fort, pas nécessairement meilleur que ce que j'avais connu avec Gaëlle, mais incontestablement différent et délicieux dans le même temps. Tout d'abord doux dans ses mouvements, Manuel accéléra rapidement le rythme, ses va-et-vient venant me secouer toute entière. Si tout d'abord je voulus protester et lui demander de ralentir, mais mon objection mourut rapidement dans ma bouche tandis que je mordais les lèvres de plaisir. Il allait et venait avec force, avec une telle puissance que mon vagin me semblait être en feu. A chaque allée et venue, ça me rappelait la sensation que je vivais en éjaculant en tant qu'homme, sauf que la sensation semblait étirée sur tout l'intérieur de mon bas-ventre ! Tout comme avec Gaëlle, je sentis rapidement tout contrôle sur moi m'échapper, chaque respiration devant un soupir ou même un cri de jouissance !
— Tu veux changer de position ?
Sa proposition n'avait été qu'un souffle dans mon oreille, si bien qu'il me fallut un moment pour comprendre ce qu'il demandait. Je le vis se redresser et me contempler en baissant les yeux sur moi tandis qu'il continuait à me faire l'amour. En le voyant ainsi, je ne pus résister et je me mordis la lèvre avant de hocher la tête et de lui souffler « Comme tu veux ».
Je lâchai un soupir de frustration quand je le sentis s'extirper de mon sexe, puis l'excitation revint rapidement lorsqu'il me manipula de ses mains pour me mettre sur le ventre, puis me redresser à quatre pattes. Alors que je réalisais seulement ce qu'il comptait faire, je le sentis me pénétrer à nouveau, enfonçant son sexe jusqu'aux testicules qui vinrent frapper mes cuisses. C'était si bon ! Pensais-je alors que je me laissais besogner avec force, c'était si bon de pour une fois me laisser totalement faire, de ne pas être celui qui menait la danse comme je l'avais toujours été avant de venir en Islande. Moi qui avais toujours aimé mon rôle d'actif, je confirmais aujourd'hui à quel point il était bon parfois de se laisser faire, tout comme Gaëlle me l'avait fait découvrir. Tout entière à mon plaisir, je me penchai jusqu'à ce que ma poitrine touche le sol du coffre et levais mes fesses afin de savourer encore plus mon plaisir.
Tandis que j'entendais ses hanches claquer contre mes fesses, je me mordis la lèvre alors qu'un large sourire se dessinait sur mon visage.
Jusqu'à ce jour-là, ma seule expérience de la levrette avait été une tentative quand j'étais « seulement » un homme, mais mon manque de préparation à l'époque avait rapidement interrompu l'essai. Cette fois-ci, je poussais mes fesses en arrière pour mieux sentir mon amant en moi, alors que son sexe semblait rendre fous tous les points les plus sensibles de mon anatomie. Progressivement, je le sentis changer de rythme et s'enfoncer moins profondément pour faire des mouvements plus courts et plus rapides. Je ne savais pas si c'était moi qui étais devenue plus serrée avec l'excitation ou si son pénis avait encore gonflé, mais chaque caresse au sein de mon vagin me semblait plus intense que la précédente.
Comme je savais ce qui allait se produire et que mon orgasme n'était pas encore là, je voulus le stopper pour l'inviter à changer de position, mais je me sentais à cet instant si faible et si molle que je ne pus que griffer le revêtement du coffre alors qu'un plaisir indicible gonflait en moi.
Trop heureuse et épanouie pour protester d'une quelconque façon, je le sentis soudain palpiter alors qu'il jouissait en moi dans un profond râle. Alors que ses mouvements ralentissaient et qu'il venait complètement s'enfoncer en moi, je me surpris malgré tout à adorer la sensation offerte par son éjaculation dans mon corps. Bien que je n'aie pas eu d'orgasme, je me sentais vraiment bien et pas frustrée, juste heureuse d'avoir connu un tel plaisir.
Me sentant plus molle que jamais, je me laissai rouler sur le côté, le souffle court, puis je savourai l'agréable étreinte de mon amant alors qu'il venait s'installer à côté de moi pour me prendre dans ses bras.
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