Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les doutes légitimes — Chapitre 2 · Le doute
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les doutes légitimes
Chapitre 2 · Le doute
Les semaines qui suivent :
Non seulement les choses ne s'améliorent pas, mais elles deviennent quotidiennes. Je dois me rendre à l'évidence, mon corps débute une lente transformation. Le sang espéré ne réapparait pas non plus et c'est donc plus qu'anxieuse que je dois me résoudre à consulter le docteur de la famille. C'est lui qui m'a mise au monde et il me suit depuis toujours. Il me reçoit à son cabinet un petit matin de cette fin aout très ensoleillée.
— Tiens ! Comment tu vas Marie ? Et ton Daniel ? On ne vous voit guère dans mon antre ! Qu'est-ce qui t'arrive pour que tu oses franchir ma porte ?
— Ben… vous savez bien, moins on vous voit, docteur, mieux on se porte… Mais depuis quelque temps, je me sens mal fichue… et j'ai des levers difficiles.
— Ah bon ! Quelque chose que tu as mangé et qui ne te convient pas ? Bon, installe-toi là sur la table. Tu retires le haut que je t'ausculte.
— Tout ?
— Non ! Garde ton soutien-gorge ! Je vais prendre ta tension et contrôler ton pouls et tes poumons.
— Ben… vous savez bien, moins on vous voit, docteur, mieux on se porte… Mais depuis quelque temps, je me sens mal fichue… et j'ai des levers difficiles.
— Ah bon ! Quelque chose que tu as mangé et qui ne te convient pas ? Bon, installe-toi là sur la table. Tu retires le haut que je t'ausculte.
— Tout ?
— Non ! Garde ton soutien-gorge ! Je vais prendre ta tension et contrôler ton pouls et tes poumons.
Il est dans la partie bureau de son cabinet et je retire donc mon tee-shirt. Ensuite, assise sur la couche qui sert à ausculter ses patients, j'attends, pas très fière d'être là, à demi dévêtue. Mais, bon, lui m'a déjà regardée sous toutes les coutures depuis toutes ces années. Au bout de quelques secondes, il refait surface à mes côtés. Il est proche de la retraite et ma foi, ne se prive pas de faire des commentaires.
— Ça me fait toujours quelque chose de revoir les gamines que vous étiez, devenir des femmes. Tousse un peu ! Voilà ! Respire plus fort. Tout semble bien aller. Cette fois... retient ton souffle, là oui, c'est parfait. Raconte-moi tes symptômes exactement ?
— Quand je prends mon petit déjeuner, je vomis quasiment tout de suite… le café, je ne peux plus le voir en peinture.
— Tu as essayé une autre boisson ? Du thé, du chocolat ?
— Oui ! Mais c'est pareil.
— Ah ! Et ça dure depuis combien de temps ?
— Depuis début aout… ou peut-être fin juillet… je n'ai pas noté.
— Tu es bien réglée ?
— J'aurais dû les avoir vers le six ou sept aout. Un peu de retard, mais sans doute dû à ce problème de vomissements.
— Je vois… avec Daniel, pas de souci particulier…
— De quel ordre ? Non, tout va bien pour nous deux !
— D'accord. Et… tu as déjà envisagé le fait que de deux vous passiez à trois ?
— Mais non bien sûr ! Il me suffit, vous avez de drôles d'idées…
— Quand je prends mon petit déjeuner, je vomis quasiment tout de suite… le café, je ne peux plus le voir en peinture.
— Tu as essayé une autre boisson ? Du thé, du chocolat ?
— Oui ! Mais c'est pareil.
— Ah ! Et ça dure depuis combien de temps ?
— Depuis début aout… ou peut-être fin juillet… je n'ai pas noté.
— Tu es bien réglée ?
— J'aurais dû les avoir vers le six ou sept aout. Un peu de retard, mais sans doute dû à ce problème de vomissements.
— Je vois… avec Daniel, pas de souci particulier…
— De quel ordre ? Non, tout va bien pour nous deux !
— D'accord. Et… tu as déjà envisagé le fait que de deux vous passiez à trois ?
— Mais non bien sûr ! Il me suffit, vous avez de drôles d'idées…
Le vieux bonhomme esquisse un franc sourire.
— Je ne te parle pas de sexualité là. Mais bien de ce que ton corps fabrique. Tu veux bien retirer ton pantalon ? Je dois… je sais ce n'est pas très agréable, mais c'est nécessaire… il me faut vérifier si tout est en ordre par là et je pourrai t'en dire un peu plus dans un instant.
— Vous voulez que je me dévête complètement ?
— Difficile de faire un toucher vaginal avec un vêtement… je te rappelle que c'est mon métier et que sans cet examen, je ne suis pas en mesure d'établir formellement un diagnostic convenable et sérieux. Retire aussi tes froufrous !
— Vous voulez que je me dévête complètement ?
— Difficile de faire un toucher vaginal avec un vêtement… je te rappelle que c'est mon métier et que sans cet examen, je ne suis pas en mesure d'établir formellement un diagnostic convenable et sérieux. Retire aussi tes froufrous !
Je me tais et déboutonne donc mon Pantalon. Puis fait glisser celui-ci ainsi que ma culotte le long de mes jambes et je me couche sur la table d'examen. Le toubib me demande de lever les talons et me les fait installer dans les étriers, cuisses largement ouvertes. J'ai la sensation d'être indécente dans cette position. Il ne dit plus un mot et je le vois passer des gants chirurgicaux. Sa main s'avance vers la fourche et ma foufoune en particulier.
Et… je me raidis alors qu'il colle sur mes grandes lèvres un gel lubrifiant. Je suis rouge de honte. Il ne cherche pas à « jouer ». Je sens son doigt qui entre profondément dans ma chatte. Il tripote un long moment l'intérieur. Quand je dis « long », c'est seulement qu'il me semble prendre tout son temps. Il ne fait que son travail en fait. Puis, il retire l'intrus qui vient de me pénétrer légalement. Il s'éloigne physiquement de moi et le bruit de ses gants qu'il retire remplit le silence de son cabinet.
— Ça va, tu peux te rhabiller. Tiens !
— …
— …
Il me tend du papier pour essuyer le trop-plein de gel qui macule mon bas-ventre. Et alors que je repasse mes vêtements, il se rassoit à son bureau. Une fois que je suis présentable, je le rejoins.
— Bon, ma petite… ton Daniel et toi, vous allez repeupler notre bon vieux village.
— … ?
— Je te confirme ce que sans doute tu savais déjà. Tu es belle et bien enceinte. Un peu tôt pour dire depuis quand, mais la prochaine visite chez un gynéco t'en apprendra plus. Tu en connais un ?
— Ben… non ! Je viens toujours chez vous.
— Oh ! Pour ce genre de « maladie », il est toujours préférable d'être suivie par un vrai professionnel. Je ne suis qu'un vieux généraliste. Voici l'adresse d'un confrère. D'une devrais-je dire ! Souvent les femmes préfèrent s'adresser à leurs congénères. La maternité est un truc de femme !
— Mais… il n'y a pas de doute possible ? C'est bien ça… vous êtes sûr ?
— Aussi vrai que tu es là devant moi, ma jolie. Ça n'a pas l'air de te réjouir ?
— Oh… si, si bien sûr que si !
— … ?
— Je te confirme ce que sans doute tu savais déjà. Tu es belle et bien enceinte. Un peu tôt pour dire depuis quand, mais la prochaine visite chez un gynéco t'en apprendra plus. Tu en connais un ?
— Ben… non ! Je viens toujours chez vous.
— Oh ! Pour ce genre de « maladie », il est toujours préférable d'être suivie par un vrai professionnel. Je ne suis qu'un vieux généraliste. Voici l'adresse d'un confrère. D'une devrais-je dire ! Souvent les femmes préfèrent s'adresser à leurs congénères. La maternité est un truc de femme !
— Mais… il n'y a pas de doute possible ? C'est bien ça… vous êtes sûr ?
— Aussi vrai que tu es là devant moi, ma jolie. Ça n'a pas l'air de te réjouir ?
— Oh… si, si bien sûr que si !
Je me sens d'un coup affreusement perturbée. De qui est-il ? Parce que, évidemment j'ai un vrai doute légitime. Mais ce n'est pas au médecin que je vais en parler parce que ça ne le concerne pas. À personne, je ne peux rien dévoiler à quiconque, et je vais me morfondre tous ces mois d'attente avec un Bon Dieu de gros nœud sur le cœur ? Mais je dois donner le change tout de suite.
— Et je vais dégobiller tout au long de ma grossesse comme c'est le cas en ce moment ?
— Pas forcément, mais là encore chez certaines femmes c'est plus ou moins long. Rassure-toi, la nature est bien faite et je n'en connais aucune qui soit morte de faim ou de soif. Souvent ça dure les trois premiers mois et puis tout se remet en place ensuite. Mais… je ne peux pas te le garantir non plus. Reste un médicament anti-nausées possible… il vaut ce qu'il vaut. Je vais te le prescrire. À toi d'en faire un usage modéré.
— … Eh ben, ça promet ! Merci docteur.
— Je suis heureux de t'avoir revu, surtout qu'être enceinte n'a rien d'une maladie… prend bien soin de toi et… de lui ! Il ne demande qu'à vivre et à croitre sagement là, les semaines à venir.
— Merci docteur !
— Surtout si tu as un problème, n'hésite pas à revenir ou à m'appeler. Je serai toujours là pour toi.
— Pas forcément, mais là encore chez certaines femmes c'est plus ou moins long. Rassure-toi, la nature est bien faite et je n'en connais aucune qui soit morte de faim ou de soif. Souvent ça dure les trois premiers mois et puis tout se remet en place ensuite. Mais… je ne peux pas te le garantir non plus. Reste un médicament anti-nausées possible… il vaut ce qu'il vaut. Je vais te le prescrire. À toi d'en faire un usage modéré.
— … Eh ben, ça promet ! Merci docteur.
— Je suis heureux de t'avoir revu, surtout qu'être enceinte n'a rien d'une maladie… prend bien soin de toi et… de lui ! Il ne demande qu'à vivre et à croitre sagement là, les semaines à venir.
— Merci docteur !
— Surtout si tu as un problème, n'hésite pas à revenir ou à m'appeler. Je serai toujours là pour toi.
Depuis mon passage chez le père Vincent, c'est le nom de mon toubib, je ne sais plus trop quoi penser. Ce bébé qui prend vie dans mon ventre de qui est-il ? De Daniel et dans ce cas, tout est parfait ! Mais si c'est de cet Alain de malheur, comment le vivre bien ? Quelle gourde je fais ! Réussir l'exploit de tomber enceinte sans vraiment parvenir à connaitre le père de l'enfant avec exactitude. Dire que je n'ai trompé mon mari que l'espace d'un soir… quelle connerie !
Alors, je prends la décision de me taire. Daniel n'a pas besoin de savoir et ce n'est pas l'autre qui ira lui raconter. Je l'espère du moins. Il n'a aucune raison d'apprendre que je suis en cloque. Oui ! La boucler et on verra bien ce qui va se passer. Alors commencent dès cet instant des mois de folies. Parce qu'en plus de cette vie qui éclot dans mon ventre, je me retrouve avec des nausées, mais également, effets pervers s'il en est, des envies de sexe de plus en plus balaises. Daniel ne s'en plaint pas.
— xxxXXxxx —
Les mois qui suivent :
Je deviens carpe et donc obstinément muette. Nul n'a besoin de savoir ce faux pas qui finalement s'avère visible de plus en plus. Oui ! Comme un nez au milieu d'un visage, je prends un zeste de brioche. Puis ce ventre que j'offre presque chaque soir à la véhémente pine de mon mari s'arrondit dans des courbes que je juge disgracieuses. Daniel traverse une période faste au regard du sexe. Il me fait l'amour dès que nous en avons l'occasion. Et je suis très demandeuse. À tel point que je me fais peur parfois.
Il me suffit par exemple de suivre un type bien gaulé dans un supermarché, pour d'un coup que ma libido débordante se mette à me faire mouiller. Je salive devant une paire de fesses masculines un peu serrée dans un pantalon plutôt moulant. Inutile de dire que lorsqu'il rentre pour déjeuner de son travail, ces jours-là, mon mari ne mange pas toujours à sa faim. Il ne maigrit pas pour autant
Et je ne m'aigris pas non plus, ce qui nous met sur un pied d'égalité.
Et je ne m'aigris pas non plus, ce qui nous met sur un pied d'égalité.
La transformation de mon corps se joue là, et au fur et à mesure que les jours avancent, les nausées enfin s'éloignent. Le vieux Vincent, le médecin avait donc raison. Je me pose mille et une questions sur le moment qui fatalement va arriver, celui d'un accouchement certain. Lointain encore, mais obligatoire et j'ai la trouille. La période faste sexuellement que nous vivons, Daniel et moi, me fait sans doute oublier plus facilement les difficultés à venir. J'apprends un peu plus chaque jour sur ce qui m'arrive.
La question de la paternité est comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête. J'ai croisé deux ou trois fois Armand lors de mes sorties pour mes emplettes. Il a sans doute remarqué ce bidon de baleine qui envahit tous les champs de vision des gens que je connais. Peut-il seulement imaginer un instant que ce ventre rond pourrait être l'œuvre de son rejeton ? Même moi, je suis dans l'incertitude complète et j'avoue que ça me mine parfois. Mon esprit, s'il me garde souriante, réfléchit en permanence à ce dilemme insurmontable.
Édith est de plus en plus présente durant cette période bizarre. Elle me trouve rêveuse et met mon évasion passagère sur le compte de cette grossesse envahissante. Elle fréquente son jeune blond et pose aussi des tas de questions sur les effets de ce moment si féminin dans la vie de notre couple. Il est vrai que ces millions de sensations différentes que seules les femmes peuvent connaitre sont indescriptibles. Elles se vivent différemment chez l'une ou l'autre. Et ma belle-sœur a dû mal de comprendre que je ne puisse ou ne veuille pas partager.
Tous les prétextes sont bons à Daniel pour me caresser. Il passe le plus clair de ses instants de liberté à me masser, surtout ce ventre qui se tend et qui l'intrigue bien sûr. Il est en érection au bout de cinq minutes et comme je suis réceptive au possible, eh bien, ça finit immanquablement en partie de jambes en l'air. Et comme l'embonpoint de plus en plus marqué qui déforme ma silhouette me rend moins… souple, les positions adoptées deviennent très… basiques. Une préférence tout de même pour celle où il est derrière moi alors que je suis couchée sur le côté.
Pourquoi est-ce que je me sens très nerveuse aussi, dès qu'il parle de ce qui pousse en moi en terme tel que : mon bébé, mon fils, ma fille ? Il me revient dans le crâne les images troubles de « ma faute » et je me sens coupable de je ne sais quel crime. Oui ! C'est presque le mot qui convient « crime ». Car à mes yeux, c'en est un que de ne pas lui avouer ce qui s'est passé. Mais si j'hésite, c'est que je crains aussi ses réactions. Et je mesure donc combien il compte pour moi. Je n'ai pas envie de lui faire subir ça !
Ainsi vont donc les jours qui finissent par devenir des semaines et à leur tour accumulées, elles nous rapprochent d'un terme aussi espéré que craint. Je ne me souviens plus de l'instant précis. Mais ce dont je suis certaine, c'est qu'il s'agit d'un soir. Et ce coup de poing ou de pied reçu, c'est bien de l'intérieur qu'il est arrivé. Premier signe tangible que ce que mon corps fabrique est bel et bien vivant. Je sais que ça me perturbe vraiment et fait grandir une peur latente. Daniel en rit, me traite de peureuse. En mène-t-il plus large que moi au fond ?
— xxxXXxxx —
Quelques jours avant le terme :
L'impression que je suis une éléphante jouant « pachyderme story ». Difficile de bouger avec ce poids qui me déforme de plus en plus. Mes reins sont douloureux. Enfin le bébé me fait mal au dos… quelques esprits chagrins sauraient encore dire que « mal aux reins » n'existe pas ! Daniel dort ses nuits comme un loir alors que chacun des mouvements que je fais me tire des gémissements de douleur. Ces mois de grossesse n'auront été pour moi, qu'une envie permanente. Comme si le fait d'être en pelote contribuait à me faire aimer plus encore le sexe.
Alors bien sûr que mon bonhomme est heureux et pas seulement de la naissance imminente, mais également pour cet excès d'envie. Il n'a jamais dit non, s'est tout le temps attaché à me donner ce que je réclamais le plus. Si certaines femmes ont des envies de fraises, de fruits ou de je ne sais quoi, ça n'a pas été mon cas. C'est uniquement de sa queue que j'ai besoin et quand je dis « besoin », le mot n'est pas assez fort. Comment expliquer cet immense désir permanent ? Une fontaine coulant perpétuellement. À tel point que j'ai vécu ces derniers mois, sans seulement mettre une culotte.
Nous avons fait l'amour partout tout le temps et encore ce matin, avant qu'il ne parte pour son travail, il a dû s'y atteler. Il ne dit rien, mais je sais, je sens qu'il est crevé et que ça ne l'amuse plus du tout. Mais tant qu'il bande, j'en réclame et sans arrêt, je lui tripote le sexe pour le garder en forme. Et c'est comme ça depuis… que mon corps s'est arrondi. Je comprends donc que la plupart du temps, nous bâclions les attouchements. C'est du dur, du costaud que je quémande et pas des préliminaires qui me rendent par trop impatiente.
À la rigueur une petite pipe. Elle reste le seul caprice admis par mon cerveau. Une entorse nécessaire pour que le « popol » de Daniel soit en mode « tendu et opérationnel ». Édith dort à la maison depuis quelques jours, pour que je ne sois pas seule lors du dénouement. Une idée de son frère, prise de manière collégiale. Et comme elle fricote toujours avec son danseur blond du treize juillet, il passe aussi du temps à la maison. Ils doivent percevoir les craquements de notre sommier lorsque… je ne vais pas faire de dessins. De toute façon, eux aussi couchent ensemble, dans la chambre d'ami.
Alors j'imagine que leurs nuits sont aussi agitées. Rien que de très normal après tout. On se fiche de la morale. Je suis bien mal placée pour en parler du reste. L'histoire « Alain » est toujours là, gravée dans un coin de mon cerveau, mais elle me perturbe moins que l'accouchement qui se profile à l'horizon. La seule chose que je crains, c'est que les traits de ce bébé à venir ressemblent à s'y méprendre au visage de « ma faute ». J'ai lu des tas de trucs là-dessus. Mais je n'ai rien trouvé de probant. C'est juste une peur latente, un pressentiment.
Je me débats donc avec ces petites choses du quotidien qui deviennent pénibles. Pas par ce qu'elles représentent, mais vraiment parce que cette avancée ventrale incongrue me dessert dans chacun de mes gestes habituels. Il y a aussi le fait que j'imagine ce qui vit en moi, comme une petite bête dévoreuse et que plus ça va, plus je suis hantée par les dégâts que la « chose » peut faire à mon corps. Mon dos me tiraille dans tous les sens et ma marche reste précaire. Il me faut souvent m'allonger pour relâcher la pression.
Édith fort positivement me prête la main. Si ça offre un avantage, celui d'être déchargée d'une grosse partie des tracas et soucis ménagers, elle n'en demeure pas moins une intruse chez moi. Daniel ne se rend pas tout à fait compte que je deviens irascible, à la limite de l'intolérance. Je prends sur moi de ne pas exploser pour des peccadilles. Les jours avancent donc d'une manière bien trop lente à mon goût.
Le comble, c'est que Jacquot, oui, le coco blond de ma belle-sœur est trop souvent là à mon gré, lui aussi. Ses horaires décalés ou élastiques, je n'ai pas vraiment cerné le problème, font qu'il est toujours dans mes pattes. Façon de parler puisque c'est plutôt dans celles d'Édith au sens figuré, mais souvent au propre également. Et les râles de la sœur de Daniel mettent ma sexualité à fleur de peau. Déjà que je suis hyper sexuelle depuis que je suis enceinte, les imaginer ou pire, les entendre se faire des mamours m'entraine dans des délires inouïs.
De mon canapé, devenu dans ces derniers moments mon unique refuge, j'ai une vue directe sur la cuisine où la brunette prépare désormais tous nos repas. J'en suis bien incapable, je dois l'avouer. Alors ce type un peu dévergondé qui la tripote dans tous les coins de notre maison, ne se prive pas de le faire aussi devant l'évier ou sur le plan de travail de la cuisine. Je feins souvent de ne rien voir, de ne pas savoir. Mais, je sais bien que ce petit « con » fait exprès de la caresser dans la ligne de mire de mon observatoire.
Il lui arrive même de plus en plus souvent de regarder vers moi alors qu'il remonte ses pattes le long de la robe, de la jupe ou du pantalon de sa belle, en fonction de son habillage du jour. Il fait tout pour m'aguicher sans que j'en sache la raison. Sans doute a-t-il bien compris que mes nerfs sont irritables et que ma libido exacerbée me donnent des coups de chaleur dont je ne gère plus rien. Il a peut-être aussi surpris quelques conversations entre moi et mon mari ? Je ne sais que penser de son attitude.
Cette situation engendre quelques malentendus et finit par me faire sauter littéralement sur Daniel lorsqu'il rentre de son boulot. Mais nous restons décents et c'est dans l'intimité de notre salon, ou de la chambre à coucher que nous nous livrons à l'exercice délicat du plaisir. Bon ! Il doit bien subsister quelques gémissements mal contenus, un cri ou deux qui m'échappent, mais… au moins ne sommes-nous pas comme ces deux tourtereaux, sans pudeur. J'ai bien tenté de sensibiliser mon époux sur la question de la pudeur… pas certaine qu'il ait saisi mon intervention.
Février, mois le plus court de l'année ne m'a jamais paru aussi longuet. Les dernières journées deviennent calvaire. Je suis de plus en plus en mode « phoque ou otarie ». Allongée, le ventre rebondi à tenter de trouver une position la plus confortable possible, le sablier prend une lenteur inquiétante. Au moindre de mes mouvements, ma panse entraine des douleurs lombaires que je ne souhaite à personne. Et j'apprécie le calme de la solitude. C'est là que l'après-midi du sept mars, Édith vient s'assoir près de moi !
— Alors ma vieille ! Je suis sûre que tu dois être impatiente que ça se termine.
— … oui, j'avoue que ces derniers moments sont… peu sympathiques. Et puis, bon sang, que j'ai mal au dos…
— Je peux te poser une question ?
— Ben… pourquoi pas ? Tu as un problème ? Je t'écoute, tu sais.
— Je crois que… enfin j'ai du retard…
— Du retard ? Ça veut dire quoi du retard ?
— J'aurais dû avoir mes règles, mais la date est passée depuis… quelques semaines.
— Ah ! Et tu penses que tu pourrais être enceinte aussi ?
— Comment tu as su toi que… tu étais prise ?
— Pas compliqué ! Pour moi les nausées sont arrivées presque tout de suite.
— Ben… je ne vomis pas, mais me sens toute bizarre.
— Le mieux est donc de consulter… je ne sais pas quoi te dire. Tu en as parlé avec ton Jacquot ?
— Il ne veut même pas entendre parler d'un enfant… alors tu penses si j'appréhende de lui dire…
— Il va pourtant bien falloir que tu le mettes au courant non ? Il est bien le père de… enfin si bébé il y a évidemment.
— Mais… toi, tu t'es bien tue, non ?
— Comment ça ? Je me suis tue ? Pourquoi ?
— Ben… dans la ruelle le soir du bal… je t'ai reconnue, tu sais… Avec Alain… vous vous embrassiez et connaissant l'oiseau, je suppose qu'il n'en est pas resté là !
— … ? Mais tu es folle ma parole !
— … oui, j'avoue que ces derniers moments sont… peu sympathiques. Et puis, bon sang, que j'ai mal au dos…
— Je peux te poser une question ?
— Ben… pourquoi pas ? Tu as un problème ? Je t'écoute, tu sais.
— Je crois que… enfin j'ai du retard…
— Du retard ? Ça veut dire quoi du retard ?
— J'aurais dû avoir mes règles, mais la date est passée depuis… quelques semaines.
— Ah ! Et tu penses que tu pourrais être enceinte aussi ?
— Comment tu as su toi que… tu étais prise ?
— Pas compliqué ! Pour moi les nausées sont arrivées presque tout de suite.
— Ben… je ne vomis pas, mais me sens toute bizarre.
— Le mieux est donc de consulter… je ne sais pas quoi te dire. Tu en as parlé avec ton Jacquot ?
— Il ne veut même pas entendre parler d'un enfant… alors tu penses si j'appréhende de lui dire…
— Il va pourtant bien falloir que tu le mettes au courant non ? Il est bien le père de… enfin si bébé il y a évidemment.
— Mais… toi, tu t'es bien tue, non ?
— Comment ça ? Je me suis tue ? Pourquoi ?
— Ben… dans la ruelle le soir du bal… je t'ai reconnue, tu sais… Avec Alain… vous vous embrassiez et connaissant l'oiseau, je suppose qu'il n'en est pas resté là !
— … ? Mais tu es folle ma parole !
Le ciel vient de me tomber sur la tête. Je nie et Édith doute ! Au fond d'elle, elle cherche l'erreur.
— De toute façon, c'est ton problème. Ça ne me regarde en aucune façon ! Je sais bien que Daniel n'est pas rigolo tous les matins. Puis il ne veut jamais sortir. Je te fais confiance, si tu dis que le bébé est de lui, c'est qu'il doit l'être.
— Remarque aussi que ça devait t'arriver. Vous faites ça partout, ton gaillard et toi… même sous mes yeux dans la cuisine de temps en temps… depuis ce canapé, combien de fois ai-je deviné… vos manigances.
— Je crois que Jacquot t'aime bien.
— Comment ça ? Il m'aime bien ? Je ne lui ai jamais rien fait ou dit qui prête à confusion.
— Non ! Mais il est certain que tu aimes le sexe… autant que moi et il fait tout pour que tu sois… chaude !
— Vous êtes un peu tarés vous deux ! Vous vous rendez-compte ? Je croyais que tu avais un peu de plombs dans la caboche. Mais ce type est pire que toi, presque toxique finalement ! Vous faites exprès de baiser comme des animaux pour que je mate ?
— C'est son idée pas la mienne. À la longue je me suis prise au jeu.
— Tu appelles cela un jeu ? C'est pervers comme truc. Franchement, c'est dégueulasse à vrai dire. Tu imagines comment Daniel va réagir lorsqu'il va savoir ?
— Ben… c'est donnant donnant !
— Quoi ?
— Tu te tais pour nos petites frasques et je la boucle pour le coup de couteau dans votre contrat de mariage.
— Tu t'entends parler là, Édith ? Du chantage, tu me fais du chantage.
— Pense ce que tu veux… et puis… juste une fois… une seule tu ne voudrais pas… jouer avec nous ?
— Sors de mon salon ! Sors ! File, je ne veux plus te voir. Tu peux oublier. Daniel dès ce soir sera, mis au courant de tes… de vos saloperies. C'est encore un coup tordu de ton Jacquot, je présume !
— Eh ! Ne t'énerve pas, ma chère Marie ! C'est pour rire.
— Je veux que vous disparaissiez de chez moi !
— Je suis chez mon frère, ne l'oublie pas !
— Je paie aussi pour cette maison alors ce sera vous ou moi et là, ce n'est plus négociable.
— Ne te fâche pas Marie…
— Fiche-moi le camp… ah ! Ah… ah !
— Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu t'es fait mal quelque part ? Voilà ce qu'il en coute de s'énerver comme ça !
— Merde… j'ai… ah ! J'ai des contractions…
— Qu'est-ce que je dois faire ? Tu veux un verre d'eau, un café ? Tu as besoin de quoi ?
— De l'air ! Que tu me lâches… sors de mon salon ! Avant passe-moi mon sac…
— D'accord, d'accord ! On en parle plus, hein ? C'était pour rire. Je… tiens Marie ! Ça va aller n'est-ce pas ?
— Remarque aussi que ça devait t'arriver. Vous faites ça partout, ton gaillard et toi… même sous mes yeux dans la cuisine de temps en temps… depuis ce canapé, combien de fois ai-je deviné… vos manigances.
— Je crois que Jacquot t'aime bien.
— Comment ça ? Il m'aime bien ? Je ne lui ai jamais rien fait ou dit qui prête à confusion.
— Non ! Mais il est certain que tu aimes le sexe… autant que moi et il fait tout pour que tu sois… chaude !
— Vous êtes un peu tarés vous deux ! Vous vous rendez-compte ? Je croyais que tu avais un peu de plombs dans la caboche. Mais ce type est pire que toi, presque toxique finalement ! Vous faites exprès de baiser comme des animaux pour que je mate ?
— C'est son idée pas la mienne. À la longue je me suis prise au jeu.
— Tu appelles cela un jeu ? C'est pervers comme truc. Franchement, c'est dégueulasse à vrai dire. Tu imagines comment Daniel va réagir lorsqu'il va savoir ?
— Ben… c'est donnant donnant !
— Quoi ?
— Tu te tais pour nos petites frasques et je la boucle pour le coup de couteau dans votre contrat de mariage.
— Tu t'entends parler là, Édith ? Du chantage, tu me fais du chantage.
— Pense ce que tu veux… et puis… juste une fois… une seule tu ne voudrais pas… jouer avec nous ?
— Sors de mon salon ! Sors ! File, je ne veux plus te voir. Tu peux oublier. Daniel dès ce soir sera, mis au courant de tes… de vos saloperies. C'est encore un coup tordu de ton Jacquot, je présume !
— Eh ! Ne t'énerve pas, ma chère Marie ! C'est pour rire.
— Je veux que vous disparaissiez de chez moi !
— Je suis chez mon frère, ne l'oublie pas !
— Je paie aussi pour cette maison alors ce sera vous ou moi et là, ce n'est plus négociable.
— Ne te fâche pas Marie…
— Fiche-moi le camp… ah ! Ah… ah !
— Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu t'es fait mal quelque part ? Voilà ce qu'il en coute de s'énerver comme ça !
— Merde… j'ai… ah ! J'ai des contractions…
— Qu'est-ce que je dois faire ? Tu veux un verre d'eau, un café ? Tu as besoin de quoi ?
— De l'air ! Que tu me lâches… sors de mon salon ! Avant passe-moi mon sac…
— D'accord, d'accord ! On en parle plus, hein ? C'était pour rire. Je… tiens Marie ! Ça va aller n'est-ce pas ?
Je fouille dans mon sac avec des maux de ventre qui reviennent avec une force inconnue. Mon portable, pour appeler Daniel. C'est compliqué et l'autre qui reste plantée là comme un piquet de parc.
— File ! Bon sang ! Laisse-moi tranquille.
— Ne me dis pas que c'est ma faute, non ! Je n'y suis pour rien. Si tu racontes ça à mon frère, je lui dis pour l'histoire « Alain » ! Tu as compris ?
— Tu vas sortir oui ou non… ?
— Ne me dis pas que c'est ma faute, non ! Je n'y suis pour rien. Si tu racontes ça à mon frère, je lui dis pour l'histoire « Alain » ! Tu as compris ?
— Tu vas sortir oui ou non… ?
Je me mets à hurler si violemment qu'elle prend peur. Édith quitte enfin la maison. Qu'elle aille au diable. Ça m'est bien égal ce qu'elle peut raconter désormais. Ma délivrance est toute proche. Daniel que je réussis à avoir au téléphone rapplique le plus rapidement possible. L'effort que je fais pour me redresser du sofa me fait inonder soudain le parquet du salon. Une marée qui s'écoule d'entre mes cuisses… de toute façon, je ne porte plus de culotte depuis belle lurette. Et les sensations que je peux ressentir sont toutes submergées par la douleur qui me scie en deux.
Avec cette impression que quelque chose se déchire, se sépare de moi. Et le camion des pompiers qui m'emporte quelques minutes plus tard vers la maternité ne change rien à l'affaire. Cette fois, j'y suis et plus rien ne peut stopper cette descente d'un bout de moi, d'un bout de nous… qui franchement me pèse sur l'estomac depuis trop de temps. Mais ça va encore durer longtemps, ces contractions qui annoncent une nouvelle vie. Alors Édith, son gigolo et Alain, tout cela devient sans importance.
— xxxXXxxx —
« Oh ! Marie… c'est le portrait tout craché de son père. » Comment cette petite phrase bien anodine peut-elle me renvoyer à la figure mon moment de faiblesse ? Maman s'extasie devant notre œuvre. Une minuscule fillette ! La surprise puisque ni Daniel ni moi n'avons voulu savoir le sexe avant son arrivée. Elle est là, dans un couffin transparent, paisible, endormie. Je regarde le bébé, cherchant dans son visage une quelconque ressemblance avec… l'autre ! Comment savoir ?
Les yeux pleins d'étoiles du « papa » qui vit le plus intense des instants de notre couple. Ils coulent sur l'enfant, reviennent sur moi avec toute la fierté du monde. S'il savait mon doute, aurait-il encore un pareil sourire ? Je me sens sale, pourrie de l'intérieur de lui faire endosser une paternité pas totalement prouvée. Impossible d'entrevoir ne serait-ce qu'une seconde une manière élégante de lui dire, sans casser son rêve merveilleux. Oui ! Condamnée à me taire, c'est bien ce qui m'attend.
Il ne me reste plus qu'à assumer et vivre avec ça !
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Commentaires ()
Beaucoup de mecs devraient lire ce chapitre, histoire d'avoir une vague idée de que peut vivre une femme, parce que c'est vraiment bien raconté : même si ça fait plaisir, être enceinte n'est pas une sinécure, c'est de la couse de fond.
Alors, si en plus il y a un doute légitime, ça devient encore plus dur...
Encore bravo, c'est vraiment magistralement écrit !