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✦ Jane Does Un ventre... juste un ventre XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un ventre... juste un ventre — Chapitre 1 · Une solution ?

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Jane Does
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Un ventre... juste un ventre

Chapitre 1 · Une solution ?

Dis, mon amour ! Combien de jours et combien de nuits avons-nous passés à en parler ? Ces milliers d'espoirs qui perdurent quelque temps avant de venir mourir dans un sang sombre plus noir que rouge, c'est notre lot à toi et moi, mon Michel ! Mais c'est surtout ma désolation de ne pas savoir t'offrir ce que depuis des années nous attendons chaque mois. Et avec ces moments d'anxiété, ces hauts et ces bas qui régissent depuis si longtemps notre quotidien de moins en moins assuré, mes pensées obscurcies par le flot menstruel cruel qui prédit un autre mois à patienter.
Et toi mon amour, rassurant et protecteur, qui d'une main douce cajole ma joue, caresse mes cheveux en attirant ma petite tête de fouine contre ta poitrine si solide. Est-ce juste une façade, pour masquer tes regrets de ne jamais voir ce ventre que tu fouilles avec tant d'aisance, ne jamais se gonfler d'une graine de toi ? Connais tu le nombre d'heures où dans l'obscurité de la chambre conjugale, je passe à compter dans mon cerveau le laps de temps qui nous sépare d'une bonne nouvelle ? Bien sûr que non ! Tu ne peux pas savoir, que si souvent après avoir fait l'amour, je demeure immobile à prier.
Oui ! Michel ! Prier. Un dieu qui ne m'exauce jamais, une ribambelle de saints qui se fichent comme de leur première tunique de mes suppliques que j'adresse au gré d'un silence dans cet espace clos ou le bonheur apaisé trouve seulement un écho dans ta respiration tranquille. Oh, mon amour, tu ne peux pas comprendre toi qui dort du sommeil du juste, devoir accompli que de mon côté, je voue aux gémonies, ces fichus organes génitaux qui sont incapables de faire le boulot pour lequel ils sont conçus.
Comment te dire que j'en ai assez de ces pontes de notre belle France, ceux d'ailleurs également, qui visitent, alors que dans une position que j'exècre de plus en plus, l'endroit où tout devrait commencer, mais également tout devrait s'achever en apothéose. C'est fini. Je ne veux plus me prêter à ces jeux de dupes chez des médecins des deux sexes qui tripotent le mien pour que rien de bon n'en découle jamais. Je viens de décider. Plus personne ne pourra me faire changer d'avis et pas même toi qui bien sûr, vas sûrement être le premier concerné par ma décision.
La nuit est calme ! Tu dors et je ressasse comme toujours cette malédiction qui me frappe. Bien entendu, tu t'es encore employé à me donner du plaisir. Nous avons fait l'amour, malgré le fait que j'ai plus de peine désormais à le trouver dans cet acte qui n'amènera sans doute une fois de plus, rien que le vide des regrets. Oh ! Je ne veux rien te montrer de mes désillusions, et j'apprécie énormément lorsque tes mains, ta bouche, tes caressent viennent faire frémir ma chair dans le secret de notre alcôve. Mais combien ils sont difficiles les après, mon chéri. Il reste un vague espoir qui va disparaître aux prémices des règles nouvelles, celles qui tuent dans l'œuf, toutes mes belles espérances.
J'écoute dans l'obscurité, ton souffle serein et, j'imagine, ta poitrine qui se soulève au rythme régulier de tes respirations. Je t'envie presque en ces instants de trouver l'apaisement dans un sommeil que tu estimes mérité. Je ne veux pas pleurer et pourtant, les spasmes qui me secouent en cet instant ne sont pas exactement ceux d'un plaisir charnel. Non ! Il s'agit plus des vannes de mon cœur qui débordent d'un chagrin que je ne sais plus mesurer. Oui ! Mon Michel, à partir de maintenant, nous ne ferons l'amour que pour le plaisir de nous rendre heureux.
Je songe à cela alors qu'au fond de moi, la semence que tu as déposée reste une dernière chance. Je m'accroche donc à cette perspective ténue d'un vrai miracle. Et dans le silence de la maison dont les parquets de bois craquent pour accompagner ma peine, une goutte de larme vacille entre mes cils serrés. La retenir à tout prix, ne pas me laisser submerger par l'émotion que la peur de l'échec engendre. Oui ! Mon amour, tu ronfles gentiment et je ferme les poings, serrent les mâchoires et cherche tout au fond de mes souvenirs, une image souriante pour dériver la coulée qui se fait plus pressante.
— xXx —
Les cloches de l'église, c'est pour nous qu'elles sonnent. Nous ! Michel est diablement beau dans son costume tout neuf. Et moi... je viens d'écouter religieusement Madame Boutet, notre maire qui lit les articles régissant la loi du mariage. Puis... ce « oui » qui sort de ta gorge, voilé par une émotion palpable ! C'est à mon tour de répondre à l'identique question qu'Adrienne prononce avec elle aussi des trémolos dans la voix. Oui ! Oui... mille fois oui. Une clameur joyeuse qui monte des personnes qui nous sont chères et qui nous assistent pour cette étape, laquelle marque un tournant dans nos vies. Les embrassades, félicitations en tout genre et puis, le court trajet dans la rue.
Quelques dizaines de mètres avec la volée des cloches de l'église... dans laquelle j'entre au bras de papa... la dernière pour aller vers toi qui me cherche du regard. Les flashs... nombreux qui saluent mon passage dans l'allée principale que j'emprunte pour gagner le chœur du bâtiment où nous nous retrouvons de nouveau côte à côte. Le prêtre en chasuble d'apparat qui officie, pour un autre consentement qui nous lie une seconde fois. J'ai froid, je tremble, je suis heureuse et le père Wondercher qui nous exhorte à construire une maison... à avoir des enfants. Faire avec sa bénédiction ce que nous faisons déjà sans son consentement... Tout est si présent dans ma tête.
Il y a... bien des années déjà que ceci est derrière nous. La maison ! C'est un chalet, sur les bords d'une étendue d'eau où le ciel et la terre se confondent dans une couleur d'un bleu sublime. En toile de fond, des arbres qui restent eux, d'une immuable verdeur, aux aiguilles d'un vert sombre. Nous sommes heureux. Nos journées sont plus belles que leurs nuits et nos heures sombres plus jolies que leurs jours. Moments de tendresse, qui se répètent, se multiplient, s'intensifient également et... toujours sans porter une protection quelconque. Les cris se font attendre, appeler « Désirer » à la longue. Et nous renouvelons notre serment d'amour avec une fougue qui frise l'acharnement.
Rien n'y fait et les mois se suivent avec une régularité de métronome. L'impatience devient une amie trop fidèle. Et elle est cocufiée au fil des mois par ce flot trop abondant d'un sang que je hais de plus en plus. Vient le médecin de famille, rassurant, conciliant, souriant qui prêche pour une attente encore. Une visite encore et cette fois, il se méfie, semblant moins sûr de lui. Un autre professionnel de santé plus spécialisé celui-ci dans ces cas... complexes. Ensuite, c'est un long défilé dans des salles d'attente de plus en plus éloignées de notre nid. Mille fois les questions qui reviennent avec nos inlassables réponses.
Le moment des examens est notre lot depuis quelque temps. Les noms réputés des praticiens qui nous reçoivent ne font pourtant pas avancer les choses. Michel a droit à sa batterie de tests et ses bébêtes sont pourtant en pleine forme. Qui donc est à incriminer ? Il ne reste que moi et mon ventre et tout désormais se focalise sur lui. Prises de sang nombreuses, et tant de choses qui me semblent désormais si puériles, vaines au possible. Tout remonte dans un flot d'images, traumatisantes au-delà de ce que tout un chacun peut imaginer. Pour quel résultat ? Un beau matin, un de ces grands noms de la médecine ose et laisse tomber dans un climat glacial un verdict qui anéantit mes rêves.
C'était il y a déjà longtemps ! Ils sont pourtant gravés là, dans mon cerveau, au fer rouge ses mots assassins.
— Je suis désolé, madame... Mais votre corps ne peut, ne pourra jamais faire d'enfant.
Il nous explique avec de savants vocables ce que mon esprit ne peut assimiler. Et tes mains qui se crispent sur les miennes pour faire cesser un tremblement compulsif que je ne peux réprimer. Ta voix aussi dans mon oreille qui se veut rassurante et qui ne fait qu'enfoncer le clou plus profondément encore dans ma chair meurtrie.
— Oh ! Ma Claude, nous allons trouver une solution. L'adoption peut-être ! Nous allons trouver une solution !
—... !
Rien ne peut franchir le barrage de ma gorge nouée. Mes mâchoires sont bloquées à m'en briser les dents. Un retour à la maison où toi seul donnes le change mon pauvre Michel. Tes phrases cachent ton désespoir ? Tu marques le vide de l'horreur laissé par le diagnostic final dans une volubilité que je ne te connais pas. Je suis raide comme un piquet, assise à tes côtés, avec ce qui me tourne en boucle sous les tifs.
*Tu ne seras jamais maman Claude. Tu n'es même pas une femme, tu n'es rien !
C'est au tour de Marine et de Henry d'être sur la sellette. Qu'ont-ils omis de faire pour que je sois cette créature inutile qui ne sert à rien ? Incapable d'offrir à celui que j'aime le plus au monde ce qui devrait faire le sel de nos jours. Pourquoi ? Elle va et vient cette question sous ma chevelure brune de petite bourgeoise si lisse, si parfaite. La tare ultime n'est pas visible de l'extérieur. Une belle enveloppe, mais si vide de tout ce qui fait le charme d'une existence. Une voiture magnifique sans moteur... en somme. Que vais-je pouvoir donner à cet homme avec qui je ne partage que mes déboires depuis toutes ces années ?
— xXx —
Je veux y croire pourtant sous cette forme étrange d'un petit être perdu, et nous nous lançons corps et âme dans une aventure : celle de l'adoption ! Les écueils s'amoncellent sur notre parcours. Notre âge est un de ces premiers pavés sur notre chemin, puis l'armée de travailleurs sociaux à qui nous sommes confrontés, qui savent si bien nous mettre des bâtons dans les roues. Même ton statut d'avocat est sujet à caution dans ce dédale de lois idiotes et de non-sens. Il est donc dit que bien que tout fait, ce petit bout espéré nous sera refusé ? Et le temps s'allonge démesurément, éteignant les dernières lueurs d'une issue favorable. Avec la mort à petit feu de mes espérances, d'une commission administrative à une autre, tout se délite dans mon cerveau et je peine à garder une santé mentale fragile.
Je prie de nouveau un ciel qui ne me rend rien de positif. Personne ne sait où se trouve la solution et tes bras sont mes uniques escales, mon ile où je retrouve un zeste de sérénité. Le train-train quotidien ne parvient plus à refouler mes crises quasi hystériques contre le monde entier. La folie me guette, malgré toutes tes attentions. Je sombre lentement dans un abyme d'où je ne sors plus que pour de rares moments de bonheur, vite noyés dans la masse des soucis qui engloutissent mon esprit. Alors, oui ! Après une énième question sans réponse à ces « pourquoi » qui me font tellement souffrir, je viens de décider.
Oui ! Mon Michel, à partir de maintenant, nous ne ferons l'amour que pour le plaisir de nous rendre heureux. Et je ne veux plus penser à ce que serait notre vie si... puisque ce si ne nous permet plus de rêver et qu'en dépit de tout, il me détruit. Alors... l'âme en peine, je viens me coller contre ton corps qui est au repos. Mes lèvres se posent sur ton dos et remontent vers ton cou offert à un bisou, dans l'obscurité de notre espace intime. Dans ton inconscience, ta main vient prendre la mienne. Est-ce que tu dors toujours ? Mes mouvements pour me caler contre toi t'ont sûrement réveillé.
Dans cette nuit qui nous entoure, je frissonne et d'une voix mal assurée, je murmure dans ce que je crois être ton sommeil... quelques mots spontanés.
— Je t'aime Michel... Pourquoi est-ce que ça nous arrive à nous ?
Bien sûr, je n'attends aucune réponse puisque tu dors. Ce à quoi je me trompe et ce qui me revient de ta bouche est comme un délicieux chatouillis dans mon oreille.
— Moi aussi, Claude, je t'aime et puis... tu sais, tant qu'il y a de la vie, il faut garder un minimum d'espoir.
—... ?
Je n'ai rien à rétorquer à cela. Je me serre davantage contre ton corps chaud et doux. Nous avons pourtant fait l'amour avant que tu ne piques du nez, mais me sentir ainsi dans ta chaleur, rend à une partie de toi une vigueur nécessaire à un second round. Au préalable de celui-ci, de nouvelles caresses, dans les traces des précédentes, surtout dans les sécrétions de notre dernier ébat. Je m'en fiche, je suis bien, moins triste et puis... n'est-ce pas dans la droite ligne de ce que mon cerveau vient de décréter ? Faire l'amour sans l'arrière-pensée de procréer, une idée supportable ? Non seulement je laisse aller tes pattes qui fouillent partout, mais j'encourage tacitement les miennes également à oser.
Et pour les engager dans un duel charnel, elles ont un éperon tendu auquel s'accrocher. Je ferme les yeux et les sensations d'une montée graduelle de ma température me rattrapent aussitôt. Corps à corps ô combien précieux qui me fait décoller, dans une bataille d'une tendresse machiavélique ! Tu sais comment me prendre, pour que je n'aie plus aucune réserve et nos lèvres qui butinent ce qui nous différencie en anatomie enflamment nos sens exacerbés par nos désirs respectifs. Sous, puis sur toi, en levrette, en amazone, ou à la missionnaire, tu me fais revisiter tant de postures simples et compliquées, avant de dériver par amour pour moi sur les confins d'un orgasme démentiel.
Tu te dilues en moi en milliers de flagelles inutiles qui ne verront aucun d'entre eux gagner cette guerre que nous venons de mener. Celle de la vie ! Mon ventre stérile n'oublie pas de prendre part à ce festin. Il se contracte en spasmes égoïstes qui me font chavirer sur le côté, les yeux révulsés et tous les muscles en mouvements. Rien d'ordonné, rien de défini ! Tout bouge, hors de mon contrôle dans une épure toute neuve, vaine comme des milliers d'autres avant elle. Cette fois, je suis la première à couler dans un sommeil réparateur, loin de mes idées noires. Je ne veux plus douter, croire et pleurer.
Alors que je m'endors, je te sens qui enroules ton bras autour de ma taille. Pour me garder loin de mes mauvaises humeurs ? Dans un sursaut, est-ce que je le dis ou pas ? Je ne sais plus trop si je le murmure dans ma caboche ou si mes lèvres te le rappellent...
— Oh ! Michel, je t'aime tellement !
— xXx —
Fine mouche, tu ne me ramènes plus sur le tapis cette blessure béante que je tais à toutes et tous. Tu sais et ça me suffit. Tu étudies toutes les possibilités, même les plus farfelues et nous passons des heures à en débattre. Pour me laisser certainement un coin de ciel bleu, pour que les braises de l'espoir sur lesquelles tu souffles de temps en temps continuent à me tenir debout. Nous avons compris qu'il ne faut pas attendre de retours concrets de nos institutions tordues. Alors, nous envisageons des tas de scénarios. Quand je dis : nous, c'est probablement moi qui pousse à la roue.
Souvent ballottée entre sourire et larme, je survis plus que je ne vis et sans ton amour inconditionnel, j'aurais lâché la rampe depuis longtemps. C'est aussi dans ce genre de situation qu'on apprend combien on est prêt à toutes les compromissions. Nous effleurons une solution, totalement hors la loi dans notre pays. Et je passe des instants magiques à rêver que ce dénouement serait l'idéal. Tu me ramènes dans le monde des vivants et des gens « normaux » en soulignant que si c'est passible de prison et d'amende, ce que j'entrevois peut aussi te priver de ton travail pour des raisons d'éthiques.
Raisons que je ne mesure qu'à l'aune de mes envies, de ma folie. Je suis gaga et te rebats les oreilles de cette fausse bonne idée. Elle disparaît très vite lorsqu'enfin, je me range du côté de la loi. Mais il en reste toujours un petit quelque chose qui danse dans ma cervelle. Ça bout là-dedans, ça bouillonne à m'en donner de la fièvre. Et je me fais expliquer le pourquoi de ces interdits sur notre sol. C'est ton job, Michel de me détailler par le menu et avec une précision millimétrée les impossibilités émises par la bienséance, derrière lesquelles la Cour de cassation se retranche.
Adoption déguisée, transaction financière que cela implique et qui concerne au premier chef un être humain. Je ne peux que saisir les finalités de cette décision qui protège tout naturellement un principe inviolable de l'existence. Tout ce que tu me racontes fait son petit bonhomme de chemin et je finis, telle une épave à la surface d'un océan immense, qui n'a ni début ni fin. Tout ceci bien évidemment se discute âprement sur une longue période. Celle-ci est aussi entrecoupée par des moments où nous nous aimons physiquement, pauses charnelles censées me rendre un équilibre des plus précaire.
De mon cerveau tout de même atteint, un soir j'avance une hypothèse qui te laisse pantois. Toi qui me serres si souvent dans tes bras me lâches soudain. Tu ne me rejettes pas vraiment, mais tu me gardes à bonne distance pour voir si je plaisante ou si mes dires sont l'effet d'une inspiration bizarre.
— Attends ! Qu'est-ce que tu me racontes là, Claude ? Tu divagues ou quoi ?
— Pourquoi ? Qu'est-ce que mes paroles ont de si ubuesque ?
— Tu te rends compte de ce que tu dis ? Je crois que nous sommes au fond du trou, là ! C'est inimaginable, impossible, tu ne peux pas évoquer un truc pareil.
— Mais... ne serait-ce pas faisable ? Nous ne contournerions nullement la loi. Imaginons que demain une femme se présente ici, avec un enfant en disant qu'il est de toi... quelle serait ta réaction ?
— Tu sais bien que ce serait faux ! Je ne t'ai jamais et ne te tromperai jamais ! Donc ton idée ne tient pas...
— C'est une simple vue de mon esprit... tu ferais quoi, Michel, si... et je dis bien si...
— Bon Claude ! La discussion est close. Ne me demande plus jamais quelque chose comme ça.
— Mais... Michel bon sang... ce n'est qu'un dialogue entre nous deux... dans l'intimité de notre couple, non ? Pourquoi ne veux-tu pas aborder ce sujet ?
— Parce que c'est irréaliste et que de ce fait, il n'y a rien à débattre.
— Je crois moi que tu as tort. C'est peut-être notre unique chance d'avoir un enfant... à nous.
— Je ne vois pas de quelle manière il serait à nous deux, si tu ne peux pas le porter.
— Mais... un enfant c'est avant tout, une mère... et un père, non ?
— Lapalisse... tu énonces des lapalissades là, ma chérie. Et parler plus longuement de choses que nous ne pourrons jamais réaliser est donc inutile. C'est seulement à toi que tu fais du mal mon amour en rêvant encore de...
— Bon sang ! Je vais te le dire moi, ce que tu ferais si une nana venait sonner à la porte avec un enfant de toi... tu foncerais à la mairie pour reconnaitre le bébé... c'est une évidence.
— Voilà que tu penses pour moi maintenant ? Tu vois où nous en sommes arrivés ? On touche le fond vraiment, mon cœur.
— Ben, prouve-moi que je n'ai pas raison ! Tu ne ferais pas tout pour devenir le père légitime de ce petit bout ?
— Arrête veux-tu. Le débat est clos ! Claude ! Nous ne reparlerons plus jamais de ce... de ce qui te germe dans la cervelle... c'est clair ?
—... oh, je suis certaine du contraire. Nous avons fait tout ce chemin ensemble et je te sais plus intuitif que tu ne veux le montrer. Je sais déjà que ça va bourgeonner dans ta cafetière, et tu sauras saisir ce que je veux te faire passer comme message... J'en suis sûre, Michel !
Je respecte ta fin de non-recevoir ou plus simplement de refus de dialogue sur le sujet. Et les avances plus ou moins directes qui consistent en caresses et autres attouchements ne sont qu'un épisode d'excitation de plus qui se concrétise dans mes gémissements, plaintes et autres soupirs d'un cœur qui déborde. Quand j'écris « cœur » à l'évidence il s'agit d'un tout autre endroit qui reçoit une attention si particulière que j'en oublie l'avortement de notre conciliabule préalable. Il est mal aisé aussi parfois de parler la bouche pleine, et ce, quel que soit le lieu où celle-ci se situe. J'en retire un plaisir ineffable qui regonfle mes batteries.
— xXx —
Sept tours de notre terre plus tard, et encore après un moment que je qualifie de torride, tu reviens soudain sur l'idée qu'une semaine plus tôt tu as si violemment rejetée. D'abord, je ne pige pas que sans que je pose une question tu m'adresses une réponse. Puis au bout de quelques secondes, je suis intérieurement ravie.
— J'irais avec l'accord de la mère le déclarer à la mairie, mon cœur !
— Quoi ? De quoi parles-tu Michel ?
— Ouais... ça te va bien de faire celle qui ne comprend pas... tu sais parfaitement que tu as gagné et que j'ai réfléchis à ton raisonnement. Ça ne veut en aucun cas dire que j'adhère à cela. Mais si une femme venait à sonner à la porte avec un enfant prétendument de moi, ça voudrait forcément dire qu'elle et moi aurions...
— C'est une supposition, j'en suis consciente. Mais est-ce que la déclaration en mairie ferait de toi le père légitime ?
— Si la mère et moi sommes d'accord, bien entendu que ça légitimerait l'acte.
— Donc si, et toujours dans l'hypothèse où la dame en question serait partante, tu pourrais donc légalement demander le droit de garde du bébé ?
— Je ne vois pas ce qui s'y opposerait de droit. Mais où veux-tu en venir avec toute cette histoire ?
— Ben... si nous trouvions une femme qui porte ton enfant... que vous régularisiez la situation, avant, ou après la naissance, qu'elle te donne le droit de garde... cet enfant pourrait donc vivre légalement dans notre foyer... tu me suis... ?
— Oula ! C'est tiré par les cheveux, à mon avis. Et puis ça fait beaucoup de « si » pour parvenir à être parents... ne crois-tu pas ?
— Ce n'est pas pire que tout ce que j'ai déjà subi... me semble-t-il ! Tu ne peux imaginer l'impression désagréable que peuvent laisser tous les examens gynécologiques que j'ai subis. Et puis la frustration de voir les portes se refermer une à une dans notre foutu dossier d'adoption. La joie qui s'évanouit un peu plus à chaque rebuffade. Ce sentiment que cette société ne fait rien pour aider les gens qui sont déjà dans le désarroi. Des lois non seulement obsolètes, mais surtout des fonctionnaires trop zélés qui s'acharnent à nous couper l'herbe sous le pied.
— C'est un système pourtant qui a fait ses preuves. Et il évite que de pauvres gosses soient recueillis par des personnes qui n'ont pas les capacités suffisantes pour les amener, les porter vers un futur meilleur, ma chérie.
— Parce que tu me juges si peu digne de mener à bien une tache de mère ? Eh ben... j'attendais un peu plus de soutien de ta part Michel. Ça alors... tu juges vraiment que je ne ferais pas une bonne maman ?
— Je ne parle pas de toi en particulier, bon sang, Claude. Mais le système se doit d'être global et les critères sont les mêmes pour tous, pour une parité totale...
— Et en quoi l'âge peut-il faire d'une femme une mauvaise ou bonne maman ? A bientôt quarante ans, je suis moins armée qu'une jeune femme entre vingt et trente ans ? Allons ! C'est de la foutaise.
— Non... si on y réfléchit mieux, le fait d'avoir un enfant alors que l'on est âgé ne lui offre pas la chance d'un épanouissement maximal... pour des tas de raisons... le sport, les jeux, enfin... j'en oublie certainement, mais de toute manière, à quoi bon ressasser ce qui ne peut plus être changé ? Tu vas encore te retrouver en vrac et je vais devoir recoller les morceaux.
— Mais... si nous trouvions une femme qui veuille bien porter ton enfant...
— Ah oui ? D'une part où vas-tu trouver cette poule à l'œuf d'or et puis... le donneur de sperme doit être anonyme, et tu le sais parfaitement, mon amour...
— Il y a don et don, non ?
— Hein ? Attends ! Tu n'es pas en train de suggérer ce que j'imagine là ? C'est pas vrai ! Tu te fais un vrai film Claude. Un roman complet même, parce que si j'en juge par les accents de ta voix, tu y crois vraiment à cette affaire ? Tu te rends compte ? Je ne suis pas en mesure de te faire plaisir, surtout pas au prix que tu demandes. Coucher avec une autre que toi... c'est largement au-dessus de mes forces. Et puis... non, je ne pense pas qu'un truc pareil puisse aboutir à quelque chose... non ! Pas croyable que tu sois en mesure d'échafauder un tel plan ! Pas toi mon amour, pas toi !
— Michel... tout ce que nous avons vécu jusque-là, ne vaut-il pas le sacrifice d'une nuit, voire de quelques-unes pour être sûrs que l'élue soit vraiment enceinte de toi ?
— Mais... tu parles, tu parles... l'élue comme tu dis... encore faut-il en dénicher une qui accepte de devenir notre pondeuse, et qui en supplément soit d'accord pour coucher... oui, je sais, tu vas encore me sortir que je suis beau, que je plais aux femmes. Mais toi, tu me vois avec les yeux de ton cœur remplis d'amour ! Les autres c'est sans aucun doute différent. Et puis... si toutes ses étapes nous arrivions à les franchir, encore faudrait-il qu'elle accepte de nous donner ce petit bout d'elle qui se développerait en son sein... après l'accouchement. C'est tout un parcours aussi, aller voir le juge, pour qu'une femme abandonne ses droits sur un gamin... ça ne se fait pas aussi simplement qu'un claquement de doigts.
— Parce que c'est à moi que tu veux démontrer les rigidités de notre justice ? Tu veux te souvenir que j'ai eu mon lot de désagréments dans ma vie et combien de fois le rouge de la honte est-il venu teinter mes joues, mon front ? En as-tu une vague idée, dis, Michel, le sais-tu ?
Bien sûr que tu es conscient de ce que j'ai eu à subir ! C'est exactement pour cela que tu restes coi, muet devant cet accès de fureur qui me fait rebondir. Il n'y a d'autres arguments que tes bras pour me tirer à toi. Enfouir ma caboche contre ton torse, unique lieu capable pour l'heure de calmer ces frémissements généralisés qui secouent tout mon être. Je m'abandonne volontiers sur ce rempart masculin qui depuis si longtemps demeure mon seul refuge. Presque naturellement, quelques effleurements, caresses déguisées rouvrent une perspective nouvelle. Dérapage qui remet les choses en place, dans mon cerveau et dans ce corps qui ne demande qu'à être cajolé.
Quand le sexe devient médication, il s'impose à notre couple telle une thérapie librement consentie. Tu sais parfaitement gérer ces moments de stress, et je sais d'expérience qu'en ces instants-là, ta force devient ta faiblesse. Je te sais malléable à souhait, mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Suis-je capable de mesurer l'impact de nos parties de sexe sur ton caractère ? Sur ton humeur ? Mon esprit n'est plus en phase avec tout ceci et il est obnubilé par la seule vision d'un minuscule être au fond d'un berceau. Alors oui ! Le jeu en vaut la chandelle. Et puis... ce bébé, ce serait pour partie toi ! Seul compte là, cette analyse... qu'en d'autres temps je jugerais... du plus pur égoïsme.
L'acte hors préliminaire ne dure en fait jamais longtemps vraiment. Les hommes, les femmes ne se retiennent en moyenne qu'une poignée de minutes qu'ils s'acharnent à sacraliser. Et j'admets que c'est notre cas également. Mais la douceur de l'après-coït est quelque chose qui m'est tout aussi nécessaire que l'évènement lui-même. J'ai besoin dans un premier temps que tu demeures en place, sans chercher à arracher de moi ce morceau qui vient de nous lier. La sensation dingue de sentir ta verge qui lentement se remet au repos, qui glisse sur le tapis de nos sécrétions, pour venir mourir toute seule hors de mon vagin... c'est mon instant plaisir suprême.
Je sais que ça te fait toujours rire. Mais je suppose que de ton côté ce rituel qui nous unit est tolérable, puisque tu le pratiques depuis... nos premières fois qui remontent à bien avant notre mariage. Et je te connais suffisamment pour savoir que durant cette pose que je réclame, d'une voix de chatte, tu es vulnérable. J'avoue sans honte que j'ai souvent utilisé ce subterfuge terriblement féminin pour infléchir certaines de tes décisions. Pas de scrupule plus que cela, pour tâter le terrain d'une voix feutrée, câline qui fait son petit effet.
— Michel... si je trouve la femme, tu me promets que tu essaieras ?
— Mmm !
— Non, non ! C'est une vraie réponse que je te réclame, des propos sensés pour qu'il n'y ait aucun quiproquo, plus tard. Si j'arrive à te présenter une femme qui serait d'accord pour porter ton enfant... feras-tu de moi une vraie maman ?
— Hein ? Profiteuse. Tu triches là !
— Oh ! Mon amour... je t'aime au point de courir le risque de te voir avec une autre pour... enfin pour que tu lui fasses ce bébé. Peut-on appeler ça aussi un don de sperme, si... tu le déposes volontairement dans le calice de la dame qui y consent ?
— Ça s'appelle surtout un adultère... je ne suis pas sûr de savoir-faire ce genre de truc.
— Mais... si dans cette histoire tout le monde est d'accord, où est le mal ? Où est le drame ? Tu saisis ?
— Ce que tu me demandes, c'est tout bonnement de renier les serments que j'ai faits, à la mairie et à l'église. Bafouer ma parole, tu t'imagines ?
— Par amour ! Pour mon amour... n'est-ce pas suffisant pour une entorse dans le contrat ? Tu ne m'aimes donc pas, ou plus assez pour me faire le plus beau des cadeaux ?
— Un bébé, Claude ! Un bébé, ce n'est pas un bidule quelconque que l'on fourre dans un étui pour l'offrir à celui ou celle que l'on aime... et puis pourquoi retournes-tu toujours le couteau dans la plaie ? Bon sang ! Ne peut-on pas avoir une vie de couple sans enfant puisque c'est impossible ?
— Ça me tue à petit feu, ça me mine de l'intérieur et la folie me guette, Michel. C'est une folle que tu tiens à garder dans ta vie ?
— N'exagère pas non plus, Claude...
— C'est une simple suggestion, une question mineure. Si je trouve la femme, voudras-tu t'occuper du reste ? Pourquoi tournes-tu autour du pot ? Je ne désire qu'un oui ou non... trop difficile pour toi ?
— Pff ! Bon... comment vas-tu t'y prendre pour dénicher une nana qui serait d'accord pour tout un ensemble d'évènements ?
— Chacun son problème... d'abord une réponse à ma question et pour ce qui suivra... ce sera à moi de jouer...
—... ! Soit ! Je ne te donne qu'un accord de principe.
— À la bonne heure... je t'aime Michel et je sais que je peux compter sur toi en toutes circonstances.
Seul un bisou sonore de ta part vient clore cette discussion, mais je peux dormir sur mes deux oreilles. Mon message est passé, je peux désormais rêver en paix d'une issue favorable à cette gymnastique vocale, à cette partie de ping-pong à laquelle nous venons de nous livrer. Je n'ai plus d'atouts dans ma manche, et de moi seule dépend maintenant la suite de ce long dialogue, ou peut-être, qui sait ce poker menteur qui me rend euphorique. Tu me connais mieux que personne et sûrement persuadé que je ne vais pas aller au bout de mon entreprise ? C'est bien mal apprécier ma ténacité. Je vais m'accrocher bec et ongles à cette perspective d'une vie avec un bébé... de toi.
— xXx —
Des heures et des jours de tractations, sur des sites de rencontres, une vraie gageure. Des tas de déboires, et de désillusions dans ce genre d'échange avec des inconnues. Souvent aussi des hommes qui se font passer pour des femmes qui viennent polluer les trocs, tant certains sont malins et arrivent à donner le change. Au bout de quatre semaines, seuls deux profils restent plausibles. Une jeune femme de trente-deux ans et une mère de famille, veuve depuis quelques mois sont mes interlocutrices fiables. Pour pouvoir le dire, nous avons échangé nos numéros de téléphone, je ne peux douter qu'il s'agit bien de femmes.
Pour la première, Hélène de son prénom, trentaine tout juste dépassée, c'est dans un bistrot que nous avons notre entrevue. Je sais au premier coup d'œil que cette femme va te plaire. Ça ne se discute pas ce genre de pressentiment ! C'est seulement un trait qui me traverse l'esprit. Et celui-là me refroidit en songeant que c'est un peu jouer avec le feu que de te la présenter. Mes hésitations sont palpables et je tergiverse plusieurs jours avant de me décider à te la faire rencontrer. Et comme il est hors de question que je fasse des mystères, tu es le premier averti. Tu as ton mot à dire sur le sujet.
— Michel... j'ai contacté une femme pour ce que tu sais !
—... hein ? Eh ben, on peut dire que tu as de la suite dans les idées, Claude.
— Je ne lâche pas si facilement. Tu m'accompagnes pour la rencontrer ? J'aimerais bien parce que c'est toi qui vas avoir le plus grand rôle.
— Pas chaud sur ce coup-là, mon cœur et tu connais mon sentiment à ce sujet.
— Oui... mais une promesse est une promesse et puis... peut-être qu'elle sera à ton goût.
— Tu dis n'importe quoi ! Je t'ai toi Claude et mon bonheur est complet. Je n'ai pas besoin d'aller coucher à droite ou à gauche pour être bien dans ma vie.
— Je vois ce que tu veux dire, mais moi... je ne suis qu'à demi satisfaite. Pour que mon existence soit comblée tout à fait, il me faut un enfant... je ne veux rien te cacher. Elle se prénomme Hélène et elle a trente-deux ans. Apparemment lors de notre premier rendez-vous je l'ai trouvé très sympa. C'est pour le moment tout ce que je peux t'en dire. Nous devons avoir une autre discussion aujourd'hui. J'attendais ton avis pour lui confirmer l'heure et le lieu... Tu m'accompagnes, n'est-ce pas ?
— Mon Dieu ! Faut-il que je sois fou pour te dire oui... tu te rends compte de ce que nous sommes sur le point de faire ? C'est... dingue. Et moi qui comme un toutou vais forcément te suivre sur ce chemin totalement idiot... qu'est-ce que tu me fais faire, ma chérie ?
— Il y a sûrement pire comme punition. Tu en connais beaucoup des femmes qui t'offriraient la possibilité de faire l'amour avec une autre ?
— C'est retors, malsain à mon sens ! Bien que d'un certain point de vue, je puisse admettre le tien. Mais bon sang, combien rien n'est simple dans ma tête !
— Parce que tu penses que dans la mienne, tout est clair, net, lisse ? Je fais fi de toutes mes peurs, mes craintes pour que notre amour soit le plus beau possible, Michel...
—... pff !
— Je lui confirme donc que nous la retrouverons bien ce soir ?
— Invite là au restaurant, comme ça elle n'aura pas tout perdu !
— Quoi ?
— Ben, je ne sais pas d'où elle débarque, mais cette Hélène aura gagné un bon repas si d'aventure ton affaire capotait...
— Une bonne idée ça. Mais je suis certaine qu'elle va te plaire et être à la hauteur de nos attentes.
— Tu l'as donc déjà vue ?
— Nous nous sommes retrouvées dans un bar il y a quelques jours et oui, j'ai vu son visage. Elle est tout ce qu'il y a de plus mignonne... mais tu peux aussi rester près de moi pendant que je l'appelle pour confirmer le rendez-vous de la soirée...
—...
Par-dessus mon épaule, tu peux tout à loisir voir les traits de la mignonne jeunette avec qui je palabre gentiment. Elle te salue en baissant un peu les yeux, sachant sans ambiguïté de quoi il s'agit. Puis muet comme une carpe, tu assistes à la mise au point d'un rendez-vous qui va peut-être devenir déterminant pour nos vies à tous les trois. Notre entretien dure une petite demi-heure et cette fois, tu commences à comprendre que ma démarche est tout ce qu'il y a de plus sérieux. L'idée d'une réussite possible te traverse l'esprit enfin ?
— Alors, mon cœur ?
— Alors quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je ne peux que filer doux de toute façon. Quand tu as une idée dans la caboche, toi, pour te faire changer d'avis...
— Et puis si ça ne fonctionne pas avec cette belle femme, j'en ai une autre en réserve.
— Hein ? Tu ne vas pas me faire baiser toutes les nanas de la ville. Une seule et si ça ne fonctionne pas, je refuse de revivre ça. C'est tout ce que je peux t'assurer.
— D'accord ! Mais ton avis sur cette femme ?
— Je n'ai aucun avis. Elle semble jolie pour le peu que j'en ai vu, mais je ne la connais pas et ne sais rien d'elle. Le repas est là pour que nous fassions tous un pas les uns vers les autres.
— Oui... oh ! Michel... je t'aime tellement !
— Ouais... tellement que tu me colles dans les pattes d'une inconnue. Et moi, crétin de service, je ne rechigne que pour la forme. Elle est complètement folle ta vision de l'amour et du couple...
Inutile d'envenimer notre débat. J'ai une parade pour calmer tout ceci. Ma patte vient effleurer ta joue et je me blottis dans tes bras. Mon Dieu ! Je suis à quelques mois d'un bonheur incommensurable. Si tout va comme je l'espère, un bébé pourrait devenir l'hôte à vie de notre demeure. Et ça... ça n'a de prix que celui d'un coup de canif dans le contrat de mariage. Là, dans notre cuisine, une danse bien rodée accélère les pulsations de nos deux cœurs enflammés. Je ne te refuse rien, me donnant avec une force et un engouement qui sont à la hauteur du sacrifice que je te demande. En tout cas, nous faisons l'amour avec un amour infini et c'est... plutôt bon signe.
Notre déjeuner se passe dans une nudité intégrale. Je n'ai et toi non plus, pas eu le courage de me rhabiller. En guise de pousse-café, évidemment, un nouvel élan d'une tendresse empreinte de sexe nous réunit une fois de plus. Il y a en toile de fond de mes pensées, cette fille aux cheveux auburn qui flotte quelque part. Nul doute qu'elle nage aussi dans ta tête alors que les traits de ton visage se crispent dans un assaut charnel qui me fait gémir. C'est si bon de s'aimer de la sorte. Tu sais si bien me rendre coup pour coup... et j'admire ta maestria en matière de sexualité.
Les heures qui nous séparent de notre rencart sont exclusivement dédiées à me faire belle. La salle de bain est mise à contribution pour me pomponner. Je parachève ma présentation dans notre chambre à coucher alors que tu me remplaces sous la douche. Je veux paraitre à mon avantage, mais que toi aussi Michel, tu sois le plus accrocheur possible. Je prépare donc en les déposant sur notre lit, chaussettes, caleçon, chemise et pantalon qui vont te rendre irrésistible ! Drôle comme je n'ai aucun doute sur une issue « normale » à ton rapprochement avec cette Hélène. Et cette idée me donne un pincement dans la poitrine.
Lentement, la graine d'un poison inconnu s'insinue dans mon esprit. Et si... je faisais la plus grosse connerie de ma vie ? Si ça marchait au-delà de mes espérances entre toi et elle ? Je veux rejeter ces idées ou pensées négatives pour me reconcentrer sur mon objectif... ce bébé tant voulu ! Celui-là passe forcément par un ventre autre que celui qui chez moi est d'une aridité absolue. Le penser c'est merveilleux, mais réagir en fonction de cette unique réalité est si complexe que mon cerveau qui échafaude mille projets est en panne et se met à dériver vers une jalousie inexplicable. Enfin si... est-ce que le désir d'un enfant peut mettre en péril ce couple si solide que nous formons toi et moi ?
— xXx —
À suivre...
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megalosex
17 octobre 2023 à 12:41
Jolie histoire : traiter de ce sujet délicat avec tact et justesse, il fallait le faire.
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Coquinerie21
17 octobre 2023 à 08:03
Bravo, écrire sur un tél sujet est osé.
C’est fait avec tact, bien écris, les sentiments sont bien exprimé pour les deux protagonistes.
Hâte de lire la suite
Encore bravo
Modifié 17 octobre 2023 à 08:05
Soyez respectueux
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Aiguebrun
16 octobre 2023 à 22:44
Merveilleux texte sur un sujet sensible écrit avec un tact et une aisance remarquables.
Bravo Jane..., encore une fois !
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
16 octobre 2023 à 21:08
Ce thème du désir inaccessible d’avoir un enfant est fort et émouvant. Il est traité avec beaucoup de justesse et j’avoue avoir été ému par Claude, prête à risquer tout ce qu’elle a dans l’espoir d’obtenir ce qui lui manque pour se sentir accomplie.
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Photo de profil de Ced67220
Ced67220
16 octobre 2023 à 20:46
Super excitant bravo
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Utilisateur supprimé
16 octobre 2023 à 17:56
J'espère pour Claude que son mari Michel ne partira pas avec Hélène si elle tombe enceinte mais d'après l'histoire il aime très fort sa femme, on va attendre la suite
Soyez respectueux
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