Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ce mariage-là. — Chapitre 1 · Prologue
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ce mariage-là.
Chapitre 1 · Prologue
Il faisait un temps de chiotte. Alors après le dessert, tout le monde s'était rué à l'intérieur. Jamais on n'aurait pu imaginer pire météo pour un mariage. Et ce n'était pas faute d'avoir choisi ce coin perdu dans le sud, en plein mois d'août, pour justement espérer s'unir au soleil.
Guillaume avait rencontré Antonella au détour d'une soirée étudiante, sept ans auparavant, alors qu'ils faisaient tous deux leur Erasmus en Europe de l'est. L'attirance immédiate qu'ils avaient eue l'un pour l'autre avait semblé délicieusement improbable dans ce bar qui cochait toutes les cases de la médiocrité. La musique, aussi mauvaise que l'alcool qu'on leur servait, avait semblé décalé, malvenu, comme un invité surprise non-désiré dans cette jolie rencontre. Alors, quand le DJ lança la macarena à une heure et demie du matin, sur demande de Francesca, le tissu d'une délicate nostalgie enveloppa le cœur des deux jeunes mariés.
Francesca n'était pas juste la petite sœur d'Antonella. Elle était également un de ses deux témoins. Son homologue était un jeune garçon qu'elle connaissait bien puisqu'il était l'ami d'enfance de sa grande sœur. Germano et elle-même s'ennuyaient. Il faut dire que les Italiens étaient en terrible minorité ici et, tous deux ne parlant pas un mot de français, ils s'étaient vite isolés, contraints, mais satisfaits de ne pas devoir tenir le crachoir à des gens qu'ils ne reverraient de toute manière jamais. Dans un coin de la piste, ils prenaient un plaisir certain à observer et à moquer la singularité de chacun dans leur manière de danser.
— Regarde Alban ! murmura Germano.
Il venait de désigner le grand frère de Guillaume, dont la carrure et la blondeur n'indiquaient clairement pas qu'il pût être de sa famille.
— Sans déconner Fran, ajouta-t-il. « Comment est-ce qu'on peut aussi mal connaître la chorégraphie d'un truc que le monde entier danse depuis vingt-cinq ans ?
— Genre, la Macarena a vingt-cinq ans !
— J'te jure, j'viens de vérifier sur Wiki'.
— Arrête !
— Si.
— Moi qui pensais m'ennuyer plus que toi encore.
— Et du coup ?
— Quoi ?
— Comment t'expliques que certains se ridiculisent là, alors que...
— Pourquoi j'ai demandé au DJ de la mettre, à ton avis ? » le coupa Francesca, espiègle.
— Genre, la Macarena a vingt-cinq ans !
— J'te jure, j'viens de vérifier sur Wiki'.
— Arrête !
— Si.
— Moi qui pensais m'ennuyer plus que toi encore.
— Et du coup ?
— Quoi ?
— Comment t'expliques que certains se ridiculisent là, alors que...
— Pourquoi j'ai demandé au DJ de la mettre, à ton avis ? » le coupa Francesca, espiègle.
Germano plissa les yeux un instant, comme pour feindre de mieux réfléchir.
— T'es vraiment la connasse la plus tordue que je connaisse !
— Hé ! J'te permets pas !
— OK, je retire « tordue.
— Va te faire.
— Je blague.
— C'était pas drôle !
— Ça ne t'a pas fait rire, nuance. On peut plus rire avec toi, c'est...
— Non, non, j'te jure, c'était juste pas drôle.
— Hé ! J'te permets pas !
— OK, je retire « tordue.
— Va te faire.
— Je blague.
— C'était pas drôle !
— Ça ne t'a pas fait rire, nuance. On peut plus rire avec toi, c'est...
— Non, non, j'te jure, c'était juste pas drôle.
Une vexation feinte mêlée de complicité s'installa dans un long silence, amplifié par le vacarme de la salle.
... dale a tu cuerpo alegría Macarena, que tu cuerpo es pa' darle alegrí y cosa buena, dale a tu cuerpo alegría Macarena, Heeeey, Macarena.
— Il est pas mal, sinon, non ?
— Qui ça ?
— Alban. Les lèvres de Francesca dessinèrent une petite moue, prémices de la molle approbation qui allait suivre.
— Ça va.
— Bon, OK, tu manges pas de ce pain-là. Mais avoue quand même, il est beau !
— T'as dit pas mal, y a trois secondes.
— Ouais, mais c'est parce que je voulais pas t'influencer ! Avoue, il est super beau !
— Oui oui. Mais son manque de tact le rend moins beau.
— Comment ça ?
— Rien, t'inquiète.
— Bah si, dis. Elle détourna légèrement la tête et prit une profonde inspiration.
— Tout à l'heure, il m'a demandé dans un anglais hyper-approximatif si on comptait faire une mini-marche des fiertés tous les deux sous le chapiteau. Histoire de représenter la cause !
— Il est drôle ! Francesca le toisa à une vitesse et avec une sincérité tel qu'il ne put s'empêcher de baisser le regard un instant. Mais Germano ne se laissa pas démonter pour autant, et renchérit.
— Bah, en vrai, c'est lourd, mais c'est vrai qu'on est tous les deux la caution LGBT de ce mariage, non ?
— Ça me soûle de l'admettre, mais oui. À moins que...
— À moins que ?
— À moins qu'Alban soit lui aussi pédé.
— FRANCESCA, j'aime pas ce mot-là !
— On peut plus rire avec toi ! le singea-t-elle dans une parfaite imitation.
— Gnia, gnia, pédé, c'est pas la même chose que connasse tordue, désolé !
— T'as vraiment l'indignation à géométrie variable. Bon, le mec a trente-deux ans, il a jamais eu de copine, il déteste le foot, il bosse dans l'art. Qu'est-ce qu'il te faut de plus, Germano ?
— Mon Dieu, mais...
— Ah oui, et il est allé voir Lady Gaga en concert l'année dernière.
— Stop, trop de clichés là, viens, on va danser !
— Vas-y, toi, moi j'ai trop mal aux pieds. Foutus talons aiguilles.
— Bah alors, qu'est-ce que vous foutez ? Vous plombez l'ambiance là ! C'était Antonella. La Macarena venait de s'achever dans une salve d'applaudissements satisfaits alors que la chanson suivante enchaînait.
— Qui ça ?
— Alban. Les lèvres de Francesca dessinèrent une petite moue, prémices de la molle approbation qui allait suivre.
— Ça va.
— Bon, OK, tu manges pas de ce pain-là. Mais avoue quand même, il est beau !
— T'as dit pas mal, y a trois secondes.
— Ouais, mais c'est parce que je voulais pas t'influencer ! Avoue, il est super beau !
— Oui oui. Mais son manque de tact le rend moins beau.
— Comment ça ?
— Rien, t'inquiète.
— Bah si, dis. Elle détourna légèrement la tête et prit une profonde inspiration.
— Tout à l'heure, il m'a demandé dans un anglais hyper-approximatif si on comptait faire une mini-marche des fiertés tous les deux sous le chapiteau. Histoire de représenter la cause !
— Il est drôle ! Francesca le toisa à une vitesse et avec une sincérité tel qu'il ne put s'empêcher de baisser le regard un instant. Mais Germano ne se laissa pas démonter pour autant, et renchérit.
— Bah, en vrai, c'est lourd, mais c'est vrai qu'on est tous les deux la caution LGBT de ce mariage, non ?
— Ça me soûle de l'admettre, mais oui. À moins que...
— À moins que ?
— À moins qu'Alban soit lui aussi pédé.
— FRANCESCA, j'aime pas ce mot-là !
— On peut plus rire avec toi ! le singea-t-elle dans une parfaite imitation.
— Gnia, gnia, pédé, c'est pas la même chose que connasse tordue, désolé !
— T'as vraiment l'indignation à géométrie variable. Bon, le mec a trente-deux ans, il a jamais eu de copine, il déteste le foot, il bosse dans l'art. Qu'est-ce qu'il te faut de plus, Germano ?
— Mon Dieu, mais...
— Ah oui, et il est allé voir Lady Gaga en concert l'année dernière.
— Stop, trop de clichés là, viens, on va danser !
— Vas-y, toi, moi j'ai trop mal aux pieds. Foutus talons aiguilles.
— Bah alors, qu'est-ce que vous foutez ? Vous plombez l'ambiance là ! C'était Antonella. La Macarena venait de s'achever dans une salve d'applaudissements satisfaits alors que la chanson suivante enchaînait.
« - Germano, y a Guillaume qui veut te parler d'un truc ! Rapport à une conversation que vous avez eue récemment, j'ai pas bien compris !
— J'y vais ! répondit Germano, vraisemblablement tout fait au courant de ce dont il s'agissait.
— J'y vais ! répondit Germano, vraisemblablement tout fait au courant de ce dont il s'agissait.
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