Le club des amateurs de fessée
Chapitre 3
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✦ Monsieur Plume Le club des amateurs de fessée XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le club des amateurs de fessée — Chapitre 3

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Monsieur Plume
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Le club des amateurs de fessée

Chapitre 3

Andrew repose brutalement le verre vide qui, par miracle, ne se brise par sous le choc. La révélation inattendue lui a fait avaler de travers une gorgée d'alcool et il est pris d'une violente quinte de toux qui ne semble pas vouloir s'arrêter de sitôt.
Pauline, prévenante comme toujours, se lève d'un bond pour se rapprocher de son ami en faisant cliqueter les hauts talons de ses escarpins chics sur les lames du parquet de chêne. Elle lui tapote le dos dans un geste aussi inutile que maternellement réconfortant et Andrew finit par se calmer. Une main protectrice posée sur le bras de son ami qui la surplombe pourtant de toute sa taille, elle lance un regard courroucé en direction de James.
— Mais qu'est-ce qui vous prend de dire ce genre de chose dans un moment pareil ? Vous avez bien vu à quel point nous offrir ce témoignage si intime a été difficile pour lui, et vous, vous venez le provoquer juste pour le plaisir de faire une mauvaise plaisanterie à ses dépends ?
— Je vous prie tous les deux de bien vouloir accepter mes excuses si je vous ai surpris, mais je vous assure que ce n'est pas une plaisanterie : Gwendolyn est réellement ma petite-nièce et, même si nous n'avons jamais été proches, je l'ai côtoyée à l'occasion de diverses réunions familiales tout au long de sa jeunesse. A peu près à l'époque où vous l'avez rencontrée, il y a eu des rumeurs qui ont commencé à circuler sur ses mœurs dissolues, ses très nombreux amants, son penchant pour tout ce qui était considéré comme choquant et indigne de la part d'une fille de bonne famille. Son père a eu beau lui couper les vivres cela ne l'a pas fait changer d'attitude. Aux dernières nouvelles, elle vivrait quelque part en Australie et se serait finalement mariée, mais j'ignore totalement si elle s'est assagie et est devenue une épouse fidèle.
Pauline, rassurée de voir qu'Andrew respire à nouveau normalement, traverse la pièce d'une démarche altière et retourne s'installer dans son fauteuil en fusillant une dernière fois du regard le vieil homme qui semble plus amusé que gêné par cette œillade assassine.
— Bien. Puisque le petit malentendu que j'avais créé malgré moi est enfin dissipé, il me semble que je vous dois moi aussi une histoire, mes amis. Il y sera question de passion dévorante, d'amours contrariées et, bien évidemment, de fessée...
***
Ma famille, je ne m'en suis jamais caché, a toujours eu des liens étroits avec le Club, mon arrière-grand père étant l'un de ses membres fondateurs. Mais malgré cela, lorsque j'étais encore très jeune – trop, sans doute, pour comprendre certaines choses – il était extrêmement rare que le sujet soit évoqué à la maison. J'avais cependant remarqué que les soirs où mon père s'absentait pour s'y rendre, ma mère devenait d'humeur sombre et mélancolique. Il valait mieux pour moi alors me montrer discret et ne pas venir la déranger tandis qu'elle montait impatiemment la garde devant la fenêtre de sa chambre dans l'attente du retour de son époux à une heure tardive de la nuit. S'ensuivaient de violentes disputes dont les échos me tiraient brusquement du sommeil et me poussaient à me cacher sous les draps dans l'attente de l'accalmie qui finissait toujours par arriver tôt ou tard.
Je ne découvris ce qu'était véritablement le Club que le jour où j'atteignis ma majorité. Mon père eut une discussion « d'homme à homme » avec moi et m'expliqua que le temps était venu de connaître la plus ancienne de nos traditions familiales.
J'ignorais complètement ce qui m'attendait derrière la porte de ce bâtiment somme toute banal vers lequel il me menait, et surtout je ne pouvais pas deviner que ma vie allait bientôt prendre un tournant plus inattendu que je ne l'aurais espéré.
Il faut vous représenter ce qu'était le Club dans ces années-là, un endroit bien différent de ce qu'il est devenu aujourd'hui. L'influence de la révolution sexuelle, qui se répandait peu à peu à cette époque, avait réussi on ne sait trop comment à se faire sentir jusque dans ce refuge dont les membres restaient malgré tout très conservateurs dans bien des domaines. Il y régnait une ambiance de tension érotique permanente, exacerbée par le fait que la plupart des séances qui s'y déroulaient n'avaient pas lieu dans des alcôves discrètes, mais au vu et au su d'un public parfois nombreux et friand de performances spectaculaires. Ce n'était absolument pas une sorte de maison close, n'allez pas vous faire de fausses idées : le but premier restait, comme cela l'avait toujours été, la pratique de la fessée sous toutes ses formes et les actes sexuels quels qu'ils puissent être étaient prohibés entre ces murs. Ce qui revenait à promouvoir une forme d'hypocrisie, car plus d'un couple éphémère, voir illégitime, se formait lors de soirées au Club avant d'aller ailleurs essayer d'autres genres d'exercices physiques.
Fasciné par la découverte de ce monde nouveau et si attirant, je ne tardais pas, après cette première fois, à y passer de plus en plus de temps, sans toutefois oser participer plus directement aux activités qui s'offraient à mes yeux. J'évitais cependant de me trouver sur place les soirs où mon père était présent : je préférais ignorer totalement si ses penchants le poussaient plus à être fesseur ou fessé...
Et puis, il y eu ce soir particulier où je la vis pour la première fois : elle avait des cheveux frisés qui cascadaient jusqu'à ses épaules en boucles aussi noires que ses yeux, une bouche pulpeuse aux lèvres bien dessinées, des seins volumineux qui tressautaient au moindre de ses mouvements, libres de tout soutien-gorge sous une robe un peu trop légère pour la saison, des fesses somptueusement rebondies. Mais, plus que son corps voluptueux, ce furent avant tout ses mouvements emplis de perfection qui attirèrent mon regard.
Elle était au centre de l'attention dans un des grands salons du deuxième étage, occupée à administrer le martinet à un jeune homme nu de la taille aux pieds et allongé sur un banc. Elle tournait autour de son partenaire avec une grâce aérienne qui contrastait avec sa corpulence. Chaque déplacement, chaque mouvement de poignet, chaque coup cinglant des lanières de son instrument dessinait un ballet audacieux exécuté avec la précision que seule une longue pratique peut accorder. Je tombais sous le charme de cette inconnue dès le premier regard.
Lorsqu'elle mit fin au spectacle, l'assistance se dispersa, en quête d'autres sensations fortes ou d'un partenaire de jeu et je me retrouvai seul avec elle dans la salle maintenant déserte. Elle eut un petit sourire mutin en remarquant que je la scrutais sans pudeur. Elle s'avança alors vers moi d'une démarche assurée et se présenta, bien campée sur ses pieds nus, les poings sur les hanches et une lueur de défi dans ses beaux yeux sombres.
— Je m'appelle Francesca. Et toi ?
— James...
— Enchantée de faire ta connaissance, James ! Tu as l'air d'avoir apprécié ce que tu as vu tout à l'heure. Mais, dis-moi, aimes-tu aussi ce que tu vois maintenant ?
— Oui, beaucoup... Enfin, je veux dire que, oui, j'ai aimé vous voir... Ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas vous voir... de plus près... Je...
— Tu es vraiment adorable, toi, tu le sais, ça ? Écoute, si tu m'aides à remettre la main sur mes chaussures, je te laisserai me voir de beaucoup plus près. Tu comprends ce que je veux dire ?
J'acquiesçai, rougissant et incapable de prononcer le moindre mot, avant de me lancer à la recherche des pantoufles de verre de ma Cendrillon callipyge. Qui s'avérèrent être en fait une paire de banales bottines un peu usées.
Elle me ramena chez elle, et nous profitâmes du trajet pour faire plus ample connaissance. Pour être honnête, ce fut d'ailleurs surtout elle qui parla. J'appris ainsi qu'elle avait presque le double de mon âge, des origines italiennes, qu'elle avait beaucoup voyagé, beaucoup lu et beaucoup rêvé. Elle avait vécu une vie de bohème ici et là avant de finalement poser ses maigres bagages à Londres dans le but de rester près d'un homme qu'elle avait énormément aimé avant de comprendre qu'il ne quitterai jamais son épouse pour elle.
Arrivés à son modeste logement, situé au dernier étage d'une maison passablement décrépie qui avait été découpée en petits appartements, Francesca me guida jusqu'à sa chambre et se débarrassa sans plus attendre de sa robe, sous laquelle elle ne portait aucun sous-vêtement. Je restais les yeux écarquillés, en admiration devant sa nudité sans artifices et l'épaisse toison brune qui masquait son intimité. Elle rit de ma réaction et vint m'embrasser à pleine bouche, sa langue jouant avec la mienne pendant qu'elle commençait à me déshabiller avec empressement.
Nu et plus excité que je ne l'avais jamais été, je découvris son corps du bout des doigts, m'attardant surtout sur ses seins qui me fascinaient et que je caressai maladroitement. Elle ne me laissa pas le temps de prolonger mon exploration plus avant (l'envie pourtant ne me manquait pas à cet instant de glisser une main entre ses cuisses) et elle me poussa en direction du lit sur lequel je m'étalai de tout mon long. Elle se jeta littéralement sur moi, visiblement en proie à une excitation aussi forte que celle que je ressentais. Allongée sur moi, sa bouche à nouveau collée à la mienne et la poitrine pressée contre mon torse, elle agrippa d'une main ma queue pour me branler doucement.
Profitant du moment où nos lèvres se séparèrent (il était temps, ses baisers allaient me faire bientôt manquer d'air), j'enlaçai fermement Francesca et la fit rouler avec moi sur le lit pour me positionner au-dessus d'elle. Mon idée était de me retrouver au plus vite avec le sexe enserré par tout autre chose que sa seule main. Mais, farouche jusqu'au bout, elle ne se laissa pas faire et nous fit basculer en sens inverse. L'étreinte érotique devint alors une lutte amoureuse pour la tendre domination de l'autre et rapidement je compris que je ne l'emporterais pas à ce jeu-là. Au milieu des draps dévastés par notre doux affrontement, je capitulai et la laissai enfin me chevaucher, mes poignets pris dans l'étau de ses mains, ses seins tentateurs juste hors de portée de ma langue, et mon érection perdue au fin fond de la moiteur clapotante de sa vulve.
Ce fut sauvage et délicieux, mais l'issue inévitable se produisit bien plus vite que je ne l'aurais souhaité : trahi par l'excitation des premières fois et l'inexpérience de ma jeunesse, je me vidai en elle, orgasme sublime mais tellement bref. Elle continua un court instant à bouger sur mon membre dépérissant puis me relâcha et vint s'allonger à mes côtés. Je restai longtemps sans parler, mais n'y tenant plus je finis par poser la question qui m'obsédait depuis que j'avais posé les yeux sur elle :
— Francesca, tu voudras bien m'apprendre ?
— T'apprendre quoi ? A me faire l'amour correctement ?
— Non. Enfin, oui, ça aussi, mais je voulais dire est-ce que tu pourras m'apprendre à... danser comme tu le faisais ce soir au Club ?
— « Danser », c'est une manière élégante de le dire ! J'aime bien ta façon de mettre des jolis mots sur des actes qui ne le sont pas toujours... Je vais t'apprendre, c'est d'accord, mais avant ça il y a deux ou trois choses que je dois absolument t'enseigner.
Elle s'employa alors à me faire retrouver la vigueur nécessaire à la leçon qu'elle souhaitait me prodiguer, à l'aide de sa bouche et de ses mains...
Je fus un élève modèle durant les semaines qui suivirent et je passais toutes mes soirées soit au Club pour admirer les prestations remarquées de Francesca, soit dans son lit à perfectionner mes aptitudes d'amant novice. Je ne me lassais jamais de son corps, dont je connaissais pourtant maintenant chaque détail par cœur, à tel point que c'en était devenu une véritable obsession. J'aimais son odeur, avant et après l'amour. J'attendais avec impatience les longues conversations que nous avions entre deux jouissances éreintantes. Bref, j'étais amoureux et quand elle m'assurait que ce sentiment était réciproque, je la croyais. Comment aurait-il pu en être autrement ?
La belle Italienne m'apprit bien plus que la simple plénitude de la sexualité. Comme promis, elle me fit profiter de son expérience de la fessée qui, comme beaucoup d'autres domaines chez elle, confinait presque à une forme d'art.
Lors de notre première séance elle m'indiqua qu'avant de commencer à maîtriser toutes les subtilités du donneur de fessée, il fallait que je comprenne ce que ressentait celui qui la recevait. Ce fut évidemment d'assez mauvaise grâce que je finis par me ranger à ses arguments et je me retrouvai donc les fesses à l'air, allongé sur le ventre au beau milieu de son lit désormais si familier. Elle prit tout son temps pour varier l'intensité et l'angle d'attaque des claques sur mon cul exposé, ménageant des pauses plus ou moins longues afin de parler technique et ressenti de la fessée.
Lorsqu'elle estima que la leçon avait assez duré, Francesca s'allongea à mes côtés, une main légère posée sur mon postérieur rougi et rendu très sensible. Après avoir déposé un petit baiser plein de tendresse dans mon cou, elle me murmura à l'oreille :
— Alors, mon chéri, tu as aimé ça ?
— Non, absolument pas...
— Petit menteur !
Sa main se faufila jusqu'à mon sexe durci qui lui donnait malgré moi entièrement raison et qu'elle empoigna pour me prodiguer une douce masturbation. J'explosai rapidement entre ses doigts experts en grognant de plaisir...
La fois suivante fut, de mon point de vue en tout cas, beaucoup plus satisfaisante. Francesca offrit enfin quelques jours plus tard à mes mains avides son cul rebondi, merveille des merveilles. Entre deux claques sonores, deux gémissements d'excitation, elle me prodigua de nombreux conseils pour palier à ma méconnaissance du sujet et à ma trop grande précipitation. Son postérieur rougissant peu à peu, ses frémissements d'anticipation, de douleur et de plaisir mélangés, sa voix rendue rauque par l'émotion du moment, tout concourrait à la faire apparaître terriblement désirable à mes yeux.
Cette première fois fut bien évidemment assez malhabile, mais ma partenaire sembla tout de même apprécier grandement ma façon de procéder. Nous étions essoufflés et en nage, mais aucun de nous n'aurait voulu s'arrêter en si bon chemin : j'avais une envie irrépressible de lui faire l'amour et elle était plus que disposée à me laisser faire.
Lentement, Francesca s'installa à quatre pattes sur le lit et, sans plus attendre je vins me positionner derrière elle. Je pénétrai sa fente ruisselante qui n'offrit aucune résistance et commençai à la prendre en levrette. Après de longues minutes de vas et viens empressés elle atteignit un orgasme dont, vu le volume sonore, tous ses voisins durent profiter. Je ne fut pas long après cela à jouir à mon tour, en partie en elle, avant de me retirer pour éclabousser son cul d'un dernier jet de ma semence.
Les mois qui suivirent passèrent comme un rêve éveillé. Je partageais tout mon temps libre entre le Club, où pour notre plaisir mutuel je fessais régulièrement Francesca à la main ou à l'aide d'instruments qu'elle m'avait appris peu à peu à manier avec efficacité, et le petit appartement dans l'intimité duquel son magnifique postérieur subissait d'autres outrages tout aussi délectables.
Et puis elle disparut soudainement.
Je passai toute une soirée à l'attendre en vain au Club avant de me rendre chez elle, inquiet de cette absence. Je frappai longuement à sa porte sans obtenir de réponse jusqu'à ce que ce tapage fasse sortir sur le palier le voisin d'en face, ensommeillé et mécontent. Il prétendit qu'elle était partie dans la matinée en emportant toutes ses affaires, déménageant vers une destination inconnue. J'essayai de retrouver sa trace dans les jours qui suivirent, mais personne ne put me dire ce qu'elle était devenue, ni pourquoi elle s'était évaporée ainsi.
Son absence laissa un grand vide en moi et je restais des jours durant prostré dans ma chambre et refusant de voir qui que ce soit. Mon père, estimant sans doute qu'il m'avait laissé suffisamment de temps pour faire le deuil de cette relation, vint me voir pour m'administrer une de ces leçons de morale dont il était coutumier.
— James, il est temps pour toi de te reprendre un peu. S'apitoyer sur ton sort comme tu le fais est un signe de faiblesse que je ne tolérerais pas plus longtemps. Tu t'es bien diverti, c'est de ton âge, mais cette femme n'est pas faite pour toi. Quels projets d'avenir pourrais-tu avoir avec une telle catin ?
— Je te défends de l'appeler ainsi ! Tu ne sais rien d'elle...
— J'en sais bien assez : elle avait un prix, pas si élevé que cela d'ailleurs, et elle n'a pas hésité longtemps avant d'accepter mon argent en échange de son départ. Comment nommes-tu une femme aussi vénale ?
— Tu mens ! Jamais elle n'aurait...
— Cela suffit maintenant, cesse de te comporter en enfant et agis en homme. Tu vas sans doute m'en vouloir un temps pour ce que j'ai fait, mais tôt ou tard tu prendra conscience que je ne pensais qu'à ton bien, à ton honneur, à ton avenir. Cette discussion est terminée, James, inutile d'y revenir.
Et, oui, je l'ai profondément détesté, même si je n'ai jamais su quelle part de vérité il y avait dans ses paroles. Ma vie a ensuite repris son cours – avais-je un autre choix ? – mais je ne lui ai pas pardonné. Jamais.
J'ai évité le Club pendant un moment, puis mes penchants ont repris le dessus et j'y suis retourné. Mais je n'y ai pas retrouvé ce que je venais y chercher. Il me manquait quelque chose : elle me manquait.
Le temps passa, presque trois années, sans que j'arrive à oublier ma sensuelle initiatrice. Je poursuivis mes études, fis semblant d'envisager l'avenir, forgeai des amitiés indéfectibles, me laissais paresseusement séduire par quelques filles que je baisai sans conviction. Car aucune d'elles n'était Francesca.
Ma mère, inquiète pour moi comme seule une mère peut l'être, tenta à plusieurs reprises de jouer les entremetteuses en me présentant les filles de certaines de ses amies. Je repoussai toujours poliment leurs œillades puériles et ces subterfuges de séduction qu'elles imaginaient subtils. Elles n'étaient pas de taille à lutter contre le fantôme de mon amour passé.
D'autres années s'écoulèrent, rendant flous dans mon esprit certains détails de ce que j'avais vécu et ne laissant peu à peu subsister en moi qu'une impression d'échec et de nostalgie. Lorsqu'on me présenta Virginia, lors d'une soirée mondaine à laquelle j'avais été traîné sans enthousiasme, mes défenses étaient déjà bien affaiblies.
Elle avait du charme, un joli visage encadré par des cheveux châtains, un sourire désarmant. Mais il lui manquait cette touche de volupté, cette aura de sensualité que je recherchais. Chaque détail chez elle (sa taille fine, sa poitrine menue, sa démarche un peu gauche, la pointe de timidité dans son regard) me faisait la comparer à Francesca et ce n'était bien sûr pas en sa faveur.
Il était évident que je l'intéressais, que je lui plaisais et, appelez cela comme vous voudrez – lâcheté, dépit, résignation – je finis par céder à la pression de mon entourage et acceptais de la fréquenter. Vinrent les fiançailles, puis une demande en mariage respectant toutes les conventions du genre. Finalement, je rentrais dans le rang.
La cérémonie fut belle mais la nuit de noces des plus décevantes : il lui manquait l'expérience, il me manquait l'envie. Ce fut un acte purement mécanique et dépassionné : légères caresses en guise d'ersatz de préliminaires, pénétration trop rapide, jouissance sans réel plaisir.
La vie de couple dans tout ce qu'elle avait de nouveau pour moi n'était pas désagréable, mais sans vraiment m'en rendre compte je me comportais avec froideur envers Virginia, maintenant une certaine distance entre nous. Dès que je le pouvais, je quittais notre domicile pour me réfugier au Club, reproduisant inconsciemment les schémas familiaux de mon enfance. Je compris cela un soir en l'apercevant alors qu'elle scrutait intensément la rue depuis la fenêtre de notre chambre dans l'attente de mon retour.
Nous eûmes cette nuit-là une très longue conversation à cœur ouvert, chacun faisant preuve envers l'autre d'une honnêteté dont j'avais perdu l'habitude. Je ne lui cachai rien de ma relation si particulière d'autrefois avec Francesca et tentai de lui expliquer les émotions fortes que me procurait la pratique de la fessée ; elle me confia ses doutes quant à ses capacités à être l'épouse et l'amante que je désirais. Malgré notre état d'épuisement, une fois dans notre lit je lui fis tendrement l'amour et elle s'endormit dans mes bras après avoir, sans doute pour la première fois depuis que nous vivions ensemble, ressenti du plaisir au cours de l'une de nos étreintes conjugales.
Au petit matin, Virginia ne se trouvait plus à mes côtés dans le lit et, après un moment de confusion, je la découvris assise dans un fauteuil placé au coin de la chambre. Voyant que j'étais réveillé, elle se leva en laissant tomber à terre la couverture dans laquelle elle s'était drapée, révélant en rougissant sa nudité touchante. Elle fit deux pas dans ma direction, me tourna le dos, et avant que je ne comprenne ce qu'elle essayait de faire elle se mit à quatre pattes.
— Donnes-moi une fessée, s'il te plaît.
— Mais... Tu es sûre ? Rien ne t'oblige à faire cela.
— Je sais, mais je veux comprendre et... t'offrir ce qui te manque.
Je m'approchai d'elle en proie à une vive excitation, m'agenouillai à ses côtés et déposai un baiser fugace sur ses fesses. Elle jeta par-dessus son épaule un regard intense au moment où je me relevai, puis détourna la tête en fermant les yeux dans l'attente de ce qui allait se passer.
Alors, je me mis à « danser » autour d'elle comme on me l'avait appris bien des années auparavant...
Cette fois-là fut la première d'une longue, très longue série. Virginia n'accepta jamais de m'accompagner au Club, même si j'ai toujours estimé qu'elle y aurait eu sa place pleine et entière. Au fil du temps nous avons fini par nous apprivoiser et, à défaut de folle passion, j'ose croire qu'il y eut de l'amour sincère entre nous.
***
L'émotion que provoquent ces vieux souvenirs fait dérailler brusquement la voix de James. Il n'en dit pas plus et avale précipitamment une gorgée d'eau pour tenter de masquer son trouble.
— C'est stupéfiant James : finalement nous découvrons que vous avez un cœur sous votre carapace de cynisme. Un instant j'ai même cru que vous alliez verser une larme...
— Cessez donc, ma chère, de vouloir profiter de ce moment passager de faiblesse. Oh ! Et ne vous avisez pas de révéler à qui que ce soit que je peux parfois faire preuve d'un peu d'humanité, cela nuirait grandement à ma mauvaise réputation.
Les deux amis échangent un sourire complice avant que le vieil homme ne se lève en pestant contre ses articulations douloureuses.
— J'aimerais vous soumettre une petite idée pour terminer en beauté cette soirée riche en révélations : que diriez-vous si nous la poursuivions à l'étage ? Je pourrais avoir l'immense privilège de fesser Pauline pendant qu'Andrew nous regarde. Je ne pense pas trop m'avancer en disant que chacun d'entre nous y trouverait son bonheur...
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Monsieur Plume
1 mai 2023 à 14:06
Merci à toi Wedreca pour ces mots qui me font vraiment plaisir.
Ce dernier chapitre est sans doute mon préféré et en tout cas celui que j'ai le plus aimé rédiger. Savoir qu'il a pu te tirer une larme (même une toute petite ;) ) est un beau compliment que tu me fait.
Soyez respectueux
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Wedreca
1 mai 2023 à 13:04
Eh oui, Plume... je n'ai pas pu résister...

Par cette journée pluvieuse, j'ai été attirée inéluctablement vers ce troisième chapitre qui me tentait trop. Et je n'ai pas été déçue... ;)

Pour cette fin, tu nous gratifies d'une belle histoire, si forte, si pure... avec Francesca d'abord... puis avec Virginia.

Ce serait mentir de dire que je n'ai pas lâché une petite larme à la fin (mais petite, hein), du fait de la beauté de cet amour à reconstruire et de l'ouverture dont Virginia fait preuve pour que cela aboutisse.

Alors merci, Plume...
Merci de m'avoir fait découvrir et un peu mieux comprendre la fessée.
Merci pour l'émotion...
Merci pour tout ça.

Wedreca <3
Soyez respectueux
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Monsieur Plume
8 février 2023 à 20:39
Une fois de plus merci Exorium, lecteur fidèle, pour ce plus que sympathique commentaire ! Ce chapitre est sans doute celui des trois que je préfère, même s’il a moins convaincu les lecteurs…
Une suite, pourquoi pas ? Je suis beaucoup plus à l’aise dans les récits courts, qui se déroulent sur un unique chapitre, mais si jamais je trouve une idée originale (ou si un véritable amateur de fessée m’en soumet une), qui sait si je ne prolongerai pas cette histoire ?
Soyez respectueux
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Exorium
8 février 2023 à 16:37
Un texte excellent. À tous points de vue. Une double initiation bien menée. Sans doutes ces trois épisodes se suffisent -ils à eux-mêmes. Mais... Mais ce texte est déjà ancien. Pourquoi pas un autre? Dans le même registre. Sur le même sujet. Je crois que nous serions nombreux à apprécier.
Soyez respectueux
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Monsieur Plume
1 mars 2022 à 20:38
Merci Kiki : mieux vaut tard que jamais ! ;)
Et il n'y a bien sûr rien à pardonner, surtout après un aussi beau commentaire. Je suis content de savoir que cette série a pu te plaire jusqu'au bout.
Soyez respectueux
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KikiLeHamster
1 mars 2022 à 16:22
J'ai finalement terminé la trilogie, et pardonne moi Maître Corbeau de ne pas m'être prononcé sous le second chapitre.
Ces quelques lignes serviront de lettre d'excuses.

C'est excellent, bien ficelé.
La fin nous offre une délicieuse porte à l'imaginaire, définit un lien entre les trois chapitre par une future action d'un commun accord.

Sensuel, c'est le mot qui me vient à l'esprit plus encore que sexuel. Trois histoires bien différentes réunies sous un même thème, loin des clichés que l'on peut y retrouver, nous emportent et nous fessent à chaque ligne qui claque et apparaît à nos yeux.

Merci pour ces trois chapitres. C'était un régal qui, sans mauvais jeu de mot, m'a bien marqué.
Soyez respectueux
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Monsieur Plume
27 décembre 2021 à 19:41
Osyan, encore une fois merci pour vos commentaires constructifs et élogieux. Je suis vraiment heureux que cette histoire ait retenu votre attention !
Pour les coquilles, oui je sais hélas, on me l'a déjà signalé...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Duchesse
Duchesse
27 décembre 2021 à 18:33
Mais comment se fesse-t-il qu'il n'y a pas mon commentaire sous ce texte !?
Bravo Plume. J'ai adoré cette trilogie comme tu le sais déjà. Tes personnages sont tous plus attachants les uns que les autres et ton écriture est sophistiquée.
La qualité jusqu'à la dernière ligne ...j'aime les fins ouvertes <3
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
27 décembre 2021 à 13:19
Trilogie terminée :)

Cette fois encore j'ai été happé par le récit du personnage. Cette fois encore c'est original et bien amené. Trois personnages et trois récits parfaitement maîtrisés. C'est d'autant plus intéressant pour moi que je ne suis pas vraiment un adepte de cette pratique.

Il y a de plus de très belles formules ou tournures de phrases dans les trois chapitres.

C'est une belle découverte et quel plaisir de vous lire. Monsieur (belle) Plume.

(quelques petites coquilles/fautilles, de conjugaison notamment, rien de très grave)
Soyez respectueux
Répondre
coqbrig
18 octobre 2021 à 19:30
bravo monsieur Plume
Soyez respectueux
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