Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Oublier Clara. Le trouple et le fantôme — Chapitre 2 · Le goût du vide
Ce chapitre est une rediffusion d'un texte déjà publié par le passé
Auteur
Oublier Clara. Le trouple et le fantôme
Chapitre 2 · Le goût du vide
« Ce soir-là, seul dans ma chambre, je me suis juré que cette promesse serait ma bouée. La route avait été longue, semée de cendres et de regrets. Mais au fond de moi brûlait encore une flamme fragile : l’espoir que, un jour, Clara et moi pourrions enfin nous retrouver, entiers, et écrire la suite de notre histoire. Même si, pour y arriver, je devais d’abord tout brûler. »
J’étais rentré chez mes parents avec l’envie farouche de me reconstruire. Mais je sombrais. La rupture avec Clara m’avait laissé une blessure ouverte, la disparition de Samia un brasier qui me consumait. Je buvais trop, fumais trop, dormais trop peu. Patrice me soutenait à bout de bras. Les autres me disaient :
— Bouge-toi, trouve-toi quelqu’un.
Alors j’avais noyé mon chagrin dans des conquêtes courtes, intenses, souvent glauques. Aucune n’était Clara. C’était exactement ce que je cherchais : du vide.
Je rencontrai Linda un soir de novembre 1992 dans une soirée organisée dans un squat de la cité proche de là où j’avais grandi. Espagnole par sa mère, née à Argenteuil, garçon manqué jusqu’au bout des ongles. Cheveux noirs longs et emmêlés qui lui tombaient jusqu’aux reins, yeux marrons perçants, corps normal, ni trop maigre ni trop pulpeux, juste réel, avec des hanches un peu larges et des seins ronds qui bougeaient librement sous son débardeur noir.
Elle traînait avec les mauvais garçons, ceux qui vivent de mauvais coups dans les halls d’immeuble. Linda adorait ça : l’adrénaline, les mecs dangereux. Moi, avec mon air triste et mes tatouages faits maison, je rentrais parfaitement dans la catégorie.
Nous avions couché ensemble dès le premier soir. Pas dans un lit douillet. Dans la cave d’un bâtiment HLM pourri, sur un matelas taché posé à même le béton. L’air sentait l’humidité, la pisse de chat et le tabac froid. Une ampoule nue pendait au plafond, projetant une lumière jaune, glauque.
— Baise-moi fort, j’ai besoin d’oublier aussi.
Je l’ai déshabillée vite. Ses seins chauds, moites. J’ai mordu ses tétons, enfoncé trois doigts dans sa chatte fournie. Elle tirait sur mes cheveux en gémissant des insultes en espagnol. Puis elle s’est mise à genoux et m’a engouffré jusqu’à la gorge. Salive partout. Yeux marrons, lueur d’animal.
— Putain, oui… comme ça… cabrón…
Je l’ai retournée. Crachat. Enfoncé d’un coup. Sans capote. On n’y a même pas pensé. Hanches contre fesses, sec, sale. Elle criait. La cave résonnait. Je l’ai prise longtemps, trop longtemps, en tirant ses cheveux comme des rênes. Quand j’ai joui, je me suis retiré juste à temps et j’ai éjaculé sur son ventre, sur le petit dragon tatoué. Elle a ri, a essuyé avec le doigt et a léché.
La relation avait été chaotique. Trois semaines de sexe sale, de disputes, de réconciliations sur le capot d’une voiture. Linda disparaissait pendant deux jours avec d’autres mecs. Je la retrouvais dans des caves ou des squats, le regard vitreux.
Je savais que ça ne durerait pas. Un soir, après une énième scène où elle avait fait une crise parce que je refusais de l’accompagner dans ses délires, j’avais coupé court.
— C’est fini, Linda. T’es en train de me détruire autant que Clara l’a fait.
Elle avait haussé les épaules, allumé une clope et répondu :
— Comme tu veux, beau gosse.
Quand je suis sorti de cette cave pour la dernière fois, j’ai senti quelque chose se refermer en moi. Pas une porte. Une trappe. Le vide n’était plus seulement l’absence de Clara. Il avait pris un goût de sexe froid et de sperme sur un matelas taché. Je marchais dans la cité et je me disais que j’avais réussi à m’éloigner d’elle. En réalité, je n’avais fait que changer de poison.
L’histoire avec Linda n’était pas tout à fait terminée dans ma tête. Deux semaines après la rupture, je suis retourné à la tour pour récupérer un sweat oublié chez elle.
Mercedes, la grande sœur de Linda, avait dix ans de plus. Trente-deux ans, même origine espagnole, mais version mature : un corps travaillé par des années de danse et de sport, des cheveux noirs plus courts et des yeux noirs intenses.
Elle m’avait coincé dans l’ascenseur qui montait au quinzième étage. À peine les portes fermées, elle avait appuyé sur le bouton d’arrêt d’urgence. L’ascenseur avait tremblé.
— T’as largué ma petite sœur, hein salaud ? murmura-t-elle d’une voix rauque.
Elle s’est mise à genoux sans autre préambule, a ouvert ma braguette et m’a sorti la queue. La fellation a été précise, profonde, presque professionnelle. Langue, gorge, main sur les couilles, l’autre sur le périnée. Pas un mot. Juste le bruit humide et ses yeux noirs levés vers moi. Quand j’ai joui, elle a tout avalé, s’est relevée, a essuyé ses lèvres et a relancé l’ascenseur.
— Ça reste entre nous. Et dis à ma sœur que t’es un con.
Aucune tendresse. Juste le goût de sa bouche et la sensation d’avoir été utilisé comme une arme. Dans l’ascenseur qui redescendait, les jambes tremblantes, pour la première fois, j’ai eu honte. Pas d’avoir baisé la sœur. D’avoir joui si vite, si facilement, comme si mon corps n’avait plus besoin de savoir qui se trouvait à genoux. Clara m’aurait regardé avec ce petit sourire triste qu’elle avait parfois. Je l’ai chassée. Je suis sorti dans la nuit de décembre en me disant que le prochain corps serait différent. Qu’il le fallait.
Après le chaos avec Linda et le souvenir brûlant de Mercedes, j’avais besoin d’un peu de douceur physique mêlée à une intensité contenue.
Je rencontrai Sandra dans une salle de sport municipale, un soir de février 1993. Brune aux cheveux mi-longs très sombres, peau mate, corps modelé par des années de gymnastique de haut niveau. Championne régionale, souple à l’extrême, muscles longs et dessinés, abdos visibles sous son crop-top. Fesses fermes et hautes, seins ronds et hauts perchés qui ne bougeaient presque pas.
Elle était timide au premier abord, presque réservée, rougissant quand je la complimentais sur sa prestation aux barres asymétriques. Mais dans l’intimité, une fois la porte de son petit studio refermée, elle se transformait en brasier lent.
Nos premiers rapports furent tendres : longues caresses, baisers profonds, exploration mutuelle. J’adorais la façon dont elle se cambrait quand je léchais sa chatte rasée de près, ma langue glissant lentement entre ses lèvres fines avant de tourner autour de son clitoris gonflé. Elle gémissait doucement, les doigts crispés dans mes cheveux, le corps tremblant d’un plaisir pudique mais violent.
Elle m’offrait des fellations lentes, presque religieuses : à genoux sur le tapis de gym qu’elle posait par terre. Elle me prenait en bouche avec une application touchante, les yeux levés vers moi, me prenant à chaque fois un peu plus profond, sa langue dansant autour du gland, une main caressant mes couilles pendant que l’autre maintenait la base. Elle avalait toujours, avec un petit sourire timide ensuite, comme si c’était un secret partagé.
Notre relation dura cinq semaines, entre tendresse et montée en puissance. Sandra était insatiable mais discrète. Elle aimait que je la prenne en missionnaire, les jambes enroulées autour de moi, ou en cuillères, son corps souple se pliant à toutes les envies.
Notre dernière fois fut intense. C’était un samedi soir de mars. L’air encore frais de l’hiver tardif s’infiltrait par les fenêtres hautes mal fermées du gymnase.
Sandra venait de décrocher l’or aux barres asymétriques et à la poutre. Son corps vibrait encore de l’adrénaline : muscles chauds, légèrement gonflés, la peau mate luisante malgré la douche express qu’elle avait prise dans les cabines collectives. Ses cheveux bruns, d’ordinaire tirés en chignon serré, étaient maintenant détachés, humides, collant en mèches sombres sur sa nuque et ses épaules. Une odeur subtile de shampoing bon marché à la camomille se mêlait à celle, plus animale, de la sueur propre et de la magnésie qui imprégnait encore ses paumes et ses avant-bras.
Je l’attendais dehors, dos au mur de brique froide, une cigarette éteinte roulée entre les lèvres. Je ne fumais presque plus, mais le geste me calmait.
Quand elle était apparue dans l’encadrement de la porte de service, juste éclairée par le néon jaunâtre du couloir, elle portait encore son justaucorps bleu marine à fines bretelles, tissu tendu sur ses formes sculptées par des années d’entraînement. Le sac de sport cognait contre sa hanche à chaque pas. Elle m’avait regardé avec un sourire fatigué mais incandescent, les pupilles dilatées par l’euphorie résiduelle.
— Viens… J’ai envie de fêter ça. Pas avec du champagne.
Elle m’avait saisi par le poignet, les doigts encore un peu poudreux, et m’avait tiré dans le couloir sombre. L’odeur changeait : chlore des douches, caoutchouc des tapis de sol, une pointe métallique de sueur ancienne imprégnée dans les murs. Nos pas résonnaient sur le linoléum usé. Elle avait poussé la porte des vestiaires des filles d’un coup d’épaule. À l’intérieur, silence presque total, seulement le bourdonnement discret des néons de secours qui diffusaient une lumière bleutée, froide, irréelle.
Les casiers gris alignés comme des sentinelles, un long banc en bois brut au centre, quelques serviettes blanches oubliées sur un crochet, gouttes d’eau qui tombaient lentement d’un robinet mal fermé, ploc… ploc… ploc…
Sandra avait lâché son sac avec un bruit sourd. Elle s’était retournée vers moi, la respiration encore un peu courte. Sans un mot, elle avait fait glisser les bretelles du justaucorps le long de ses bras musclés. Le tissu élastique avait crissé légèrement en descendant sur sa peau chaude, révélant d’abord la courbe supérieure de ses seins fermes, les tétons déjà durs et sombres sous l’air frais, puis son ventre plat aux abdos finement dessinés, soulignant une fine bande de poils bruns taillée net au-dessus de son sexe. Quand le justaucorps avait atteint ses chevilles, elle avait enjambé le tissu d’un mouvement souple de gymnaste, nue maintenant, pieds nus sur le carrelage glacial qui lui donnait la chair de poule.
Elle s’était approchée lentement, la peau encore chaude irradiant contre moi. Elle m’avait poussé jusqu’au banc. Le bois était dur, légèrement rugueux sous mes fesses. Sandra s’était agenouillée entre mes cuisses, genoux sur le sol froid. Ses mains, encore un peu tremblantes d’adrénaline, avaient défait ma ceinture avec un cliquetis métallique, puis baissé le jean et le boxer d’un geste décidé.
Ma queue avait jailli, dure, chaude, déjà luisante au gland. Sandra l’avait prise en main : paume douce mais calleuse aux endroits où la barre avait frotté, doigts fins qui l’enserraient avec une pression juste. Elle avait levé les yeux vers moi avec un regard brun intense, presque liquide, puis avait approché sa bouche.
L’odeur de son haleine : menthe du chewing-gum qu’elle mâchait après la compétition, mêlée à une pointe saline de salive. Sa langue, chaude et humide, avait d’abord effleuré le gland en cercles lents, goûtant la première perle qui suintait déjà. Puis elle l’avait pris en bouche, les lèvres serrées glissant sur la longueur, sa gorge qui s’ouvrait progressivement. Le son était humide, discret mais obscène : une succion lente et une petite déglutition quand elle allait plus profond, de la salive qui coulait en filet fin le long de ma hampe et gouttait sur mes couilles. Une main massait doucement la base de mes testicules, l’autre maintenait la queue droite pour mieux la guider. Je sentais les vibrations de ses gémissements étouffés autour de moi, un ronronnement bas qui remontait dans sa gorge.
Au bout de plusieurs minutes, elle s’était relevée, les lèvres gonflées et brillantes, et m’avait embrassé. Goût de mon sexe sur sa langue, salé, légèrement amer.
Puis elle s’était retournée, s’était penchée sur le banc : les avant-bras posés sur le bois usé et froid, le dos cambré en une arche parfaite, les fesses hautes et fermes offertes, ses cuisses légèrement écartées. Entre elles, sa chatte luisait déjà, lèvres gonflées et humides, odeur musquée de désir qui montait jusqu’à moi.
— J’ai envie… Là, avait-elle murmuré, voix rauque, presque suppliante. Doucement… Mais jusqu’au bout.
Je m’étais agenouillé derrière elle, avais écarté ses globes fermes, peau douce, chaude, légèrement moite. J’avais commencé par poser ma langue sur son anus : un goût neutre, propre, avec une pointe saline de la douche récente. Je léchais en cercles lents, humidifiant, sentant l’anneau se détendre sous ma langue. Sandra avait gémi, un son grave qui vibrait dans sa poitrine, ses doigts crispés sur le bord du banc faisant craquer le bois.
J’avais sorti le petit flacon de lubrifiant du sac. Le bouchon avait fait un petit « pop » discret. Puis je l’avais versé, froid au contact, sur mes doigts et autour de l’entrée serrée. Le gel glissait, brillant sous la lumière bleue. Un doigt d’abord : lent, progressif, sentant la résistance puis la chaleur veloutée qui l’engloutissait. Sandra avait inspiré brusquement, un petit « ah… » aigu, le corps tendu une seconde avant de se relâcher. Deux doigts ensuite, en mouvements circulaires doux, le lubrifiant faisait de petits bruits humides. Elle haletait maintenant, ses hanches ondulaient imperceptiblement en arrière, cherchant plus.
Quand je m’étais redressé, j’avais pressé mon gland contre l’entrée. Le lubrifiant facilitait le passage, mais la sensation restait intense : étroitesse brûlante de l’anneau qui cédait millimètre par millimètre. Sandra avait poussé un cri étouffé provoqué par la douleur fugace, suivi d’un long gémissement bas quand je fus entièrement en elle. La chaleur était étouffante, les parois internes palpitaient autour de moi.
J’avais commencé à bouger : va-et-vient lents, amples, sentant chaque contraction, chaque frémissement. Une main sur sa hanche osseuse, l’autre glissée sous elle pour caresser son clitoris gonflé, cette chair humide, glissante, qui roulait sous mes doigts. Les sons se multipliaient : le banc qui grinçait rythmiquement, le claquement discret de peau contre peau, les halètements de Sandra qui montaient en crescendo, rauques, presque animaux. L’odeur maintenant : sueur fraîche, lubrifiant synthétique à la vanille fade, musc de nos sexes, magnésie qui persistait sur ses mains.
Elle s’était cambrée encore plus, souple à l’extrême, accentuant l’angle pour me sentir plus profond. Ses muscles internes se contractaient par vagues autour de moi. Elle avait joui violemment : le corps secoué de spasmes incontrôlables, l’anus qui se resserrait en pulsations puissantes, étouffant un cri qu’elle avait mordu dans son propre avant-bras, laissant une marque rouge.
La sensation m’avait emporté. Je m’étais retiré brusquement, l’avais fait pivoter à genoux. Sandra avait ouvert la bouche, langue sortie, yeux brillants levés vers moi. J’avais joui en longs jets chauds : sur son front, ses joues, ses lèvres entrouvertes, puis directement dans sa bouche. Le sperme coulait lentement, épais, blanc, salé, sur son menton, gouttait sur ses seins fermes, traçait des lignes luisantes sur sa peau mate encore rougie par l’effort.
Nous étions restés là, enlacés sur le banc froid, respirations saccadées qui se calmaient peu à peu. L’odeur de sexe flottait lourdement dans l’air confiné. Sandra avait ri doucement, un rire essoufflé, presque enfantin, en essuyant son visage du revers de la main.
— Je crois que c’est la médaille la plus brûlante que j’ai gagnée ce soir…
Je l’avais embrassée sur le front, goût de sel et de sueur sur ses lèvres. Nous nous étions rhabillés en silence, complices, les corps encore tremblants, sachant que cette nuit marquerait la fin douce-amère de notre histoire. Mais quel incendie pour l’achever.
En rentrant chez mes parents ce soir-là, j’ai ouvert la fenêtre de ma chambre et j’ai fumé en silence. Le corps de Sandra était encore sur ma peau, sa chaleur, son odeur de shampoing bon marché et de magnésie. Et pourtant, au fond de la gorge, il y avait déjà ce goût de cendre. Je savais que je ne la rappellerais pas. Que je chercherais autre chose. Quelque chose de plus loin, de plus neutre. Quelque chose qui ne me ressemblerait à rien de ce que j’avais déjà perdu.
Après Sandra, je rencontrai Aline à la fac, en cours de littérature. Père suédois, mère française, 1 m 70, fine comme une liane, petits seins discrets sous ses pulls larges, yeux bleus magnifiques, visage angélique d’intello. Lunettes fines, cheveux châtain clair en queue de cheval, toujours un livre à la main. Elle était vierge. À vingt ans. Elle me l’avait avoué dès notre troisième rendez-vous, rougissante.
J’avais ressenti un respect et une tendresse immenses. Je savais que notre histoire ne durerait pas. Alors je ne lui avais pas pris sa virginité.
Nous nous étions contentés de pelotages passionnés dans sa chambre d’étudiante. Je la déshabillais lentement, embrassais chaque centimètre de sa peau pâle, léchais ses petits seins aux aréoles roses jusqu’à ce qu’elle gémisse. Des cunnilingus doux, patients. Elle découvrait le plaisir avec un garçon pour la première fois.
Elle m’avait offert sa première fellation « officielle ». En suivant mes conseils. À genoux sur la moquette, timide au début, puis de plus en plus confiante. Sa bouche chaude autour de moi, sa langue hésitante qui apprenait, les yeux bleus levés vers moi avec une innocence touchante. Elle avait tout avalé quand j’avais joui, fière d’elle.
La relation avait duré un mois. J’y avais mis fin un soir de pluie, dans un café près de la fac.
— Je ne peux pas te donner ce que tu mérites, Aline. Tu es trop bien pour moi en ce moment.
Elle avait pleuré en silence.
— Tu as été un gentleman… merci.
En la regardant pleurer sans un bruit, j’ai eu l’impression d’être encore capable de quelque chose de propre. C’était une illusion, bien sûr. Mais ce soir-là, sous la pluie, j’y ai cru un peu.
Des années plus tard, je l’avais croisée par hasard au Stade de France. Elle était avec son nouveau petit ami, un footballeur amateur qui disputait un match amical. Pendant la mi-temps, elle m’avait entraîné dans les toilettes publiques du stade.
— Je voulais te remercier… Vraiment. Pour avoir été un gentleman.
Dans le WC exigu, elle s’était mise à genoux sur le carrelage sale, avait baissé mon pantalon et m’avait fait une fellation rapide, experte maintenant. Gorge profonde, langue tourbillonnante, avec sa main qui pompait en rythme. J’avais joui dans sa bouche en moins de deux minutes, étouffant un grognement pendant que les supporters criaient au-dessus de nous.
Mais pendant qu’elle avalait, quelque chose s’est tordu en moi. Pas le plaisir. L’inverse. Une espèce de nausée froide. Je l’ai regardée se relever, s’essuyer le coin des lèvres, me sourire comme si elle venait de me rendre un service. Et j’ai eu honte. Honte d’avoir accepté. Honte d’avoir joui si vite. Honte d’avoir transformé le seul geste propre que j’avais eu avec elle en une vulgaire dette remboursée dans des chiottes de stade. Elle m’avait embrassé sur la joue et était repartie rejoindre son copain. Moi, je suis resté une minute de plus, les mains sur le lavabo, à me demander ce que j’étais devenu.
La suivante fut Fabienne, dix-neuf ans. Française pure souche, née à Aubervilliers. Petite (1 m 60), cheveux teintés en rose et yeux bleus perçants, corps tonique de sportive, tatouages discrets sur les côtes. Insaisissable, toujours en mouvement, riant fort, buvant sec. Je l’avais rencontrée en boîte de nuit. Elle dansait comme une diablesse, se frottait contre moi sans gêne.
Avec elle, j’avais tout fait sexuellement… sauf l’anal. Elle refusait catégoriquement :
— Pas par-là, jamais.
Mais le reste ? Tout. Sexe oral, vaginal, positions acrobatiques, jouets, plein air. Nous baisions partout : dans ma voiture, dans les toilettes de bars, chez elle, chez moi. Fabienne était insatiable. Elle adorait sucer, avaler, se faire lécher pendant des heures.
L’anecdote la plus folle est restée celle du dimanche chez ses parents, à Drancy. Toute la famille en bas dans le jardin, barbecue qui grésillait. Fabienne m’a tiré dans sa chambre, fenêtre grande ouverte. Elle s’est penchée sur le rebord, jupe relevée, culotte déjà baissée.
— Maintenant. Ils sont juste en bas.
Je l’ai prise debout, par derrière. Vite. Fort. Chaque coup de reins faisait trembler la fenêtre. En bas, on entendait les rires et l’odeur de chair grillée. Elle mordait son bras pour ne pas crier. Quand j’ai joui en elle, elle a contracté ses muscles et a joui en silence, en tremblant. Cinq minutes plus tard on redescendait, l’air de rien, pendant que son père retournait les saucisses. Elle m’a fait un clin d’œil. Rien d’autre.
La relation avait duré presque deux mois. Puis le vide était revenu. Clara hantait toujours mes nuits. J’avais rompu lâchement sur le quai de la gare. Fabienne m’avait répondu par un simple « OK » en me faisant un doigt d’honneur. Je ne l’ai jamais revue.
Sur le quai, après qu’elle m’a fait un doigt d’honneur, je suis resté longtemps à regarder le train partir. Le vide était revenu plus vite que d’habitude. Plus sec. Comme si chaque femme emportait avec elle un peu plus de la substance qui me tenait encore debout. Clara n’était même plus un souvenir précis. Juste une brûlure sans visage.
Quelques mois plus tard, je croisai la route de Catherine, quarante-cinq ans, cavalière confirmée, fille de bourgeois installés dans un vaste domaine à Chantilly. Mariée à un jockey renommé mais, selon ses propres mots, « doté d’une toute petite bite qui ne sert à rien ».
Catherine était grande, mince, cheveux châtains relevés en chignon impeccable, tailleurs sur mesure, bottes de cheval lustrées, regard hautain et voix légèrement traînante d’éducation aristocrate. Elle puait le mépris de classe et l’ennui conjugal.
Je l’avais rencontrée un soir d’orage sur une départementale. Sa décapotable Mercedes avait crevé, elle était plantée là, sous la pluie. J’avais changé la roue en dix minutes sous son regard scrutateur. Quand les gendarmes étaient arrivés pour « porter assistance à Madame », elle avait joué de son nom de famille et de sa notoriété pour les faire déguerpir sans poser plus de questions sur ma voiture, suspecte à leurs yeux.
Pour me remercier, elle m’avait invité à boire un verre dans le pavillon de chasse du domaine. Puis à rester la nuit, prétextant vouloir m’éviter les contrôles de la gendarmerie. Son mari dormait à l’étage, assommé par le champagne et les somnifères.
Vers deux heures du matin, elle était entrée dans la chambre d’amis en nuisette de soie noire. Sans un mot, elle s’était glissée sous les draps, avait descendu la tête sous la couverture et avait pris ma queue en bouche. Fellation longue, experte, classe même dans la saleté : gorge profonde contrôlée, langue précise, une main qui massait mes couilles avec une élégance presque insultante.
Je l’avais retournée, prise en levrette sur le lit, puis en missionnaire, les jambes sur ses épaules, la baisant fort pendant qu’elle mordait l’oreiller pour ne pas crier. Je l’avais fait jouir trois fois avant de me retirer et de jouir dans sa bouche ouverte. Elle avait avalé tout, le sperme coulant aux coins de ses lèvres impeccablement maquillées malgré l’heure tardive.
Notre relation dura un mois. Adultère assumé, presque exhibitionniste de la part de Catherine. Nous baisions dans la bibliothèque du domaine pendant que le mari donnait des ordres aux palefreniers dehors, dans la sellerie sur une couverture de cheval, dans la piscine couverte à l’aube. Une fois, elle m’avait sucé sous la table du dîner alors que son mari et des invités parlaient saillie et pedigrees. Une autre fois, elle s’était fait prendre par derrière contre la fenêtre de la chambre conjugale, rideaux ouverts, pendant que le jockey cocu rentrait des écuries.
Le point de rupture arriva un après-midi dans les écuries. Le mari faisait saillir une jument dans le box voisin, concentré sur l’étalon et la groom. Catherine m’avait entraîné dans le box d’à côté, porte entrouverte. Elle s’était penchée sur une botte de paille, jupe relevée, culotte baissée.
— Prends-moi par là. Fort. Maintenant.
Sans hésitation, j’avais craché dans ma main, lubrifié sommairement son anus, puis l’avais sodomisée à la hussarde, d’un coup sec et profond. Catherine avait poussé un cri rauque, mélange de douleur et de plaisir. Je l’avais prise violemment, une main sur sa bouche pour étouffer ses gémissements, l’autre agrippant sa hanche. Son cul était étroit, brûlant, elle se contractait autour de moi à chaque coup de reins.
Les bruits de la saillie d’à côté, l’étalon qui hennissait, le claquement des sabots, couvraient à peine nos halètements. Catherine jouissait malgré la douleur, le corps secoué de spasmes, murmurant :
— Oui… Plus fort… entre deux sanglots étouffés.
Je m’étais retiré au dernier moment, l’avais fait se retourner à genoux dans la paille et j’avais éjaculé abondamment sur son visage et ses cheveux impeccables. De gros jets blancs qui coulaient sur ses joues, son menton, gouttaient sur son chemisier de soie. Elle haletait, les yeux brillants, un sourire de défi sur les lèvres souillées.
C’est à cet instant que le mari était entré, attiré par un bruit suspect. Il avait découvert sa femme à genoux, visage et cheveux dégoulinants de sperme, moi la bite encore à l’air. Silence glacial de trois secondes. Catherine s’était relevée lentement, avait essuyé son menton d’un revers de main et avait lancé d’une voix calme :
— Chéri… tu tombes mal.
Le mari n’avait pas hurlé. Il avait simplement dit, d’une voix blanche, neutre :
— C’est fini. Rentre à la maison.
Il avait tourné les talons. Catherine m’avait regardé avec un petit sourire triste.
— Il va falloir que j’arrête de jouer avec les voyous.
Je suis parti sans un mot. Sans regret. Le vide était toujours là, Clara toujours dans un coin de ma tête. Mais au moins, j’avais cessé de compter les conquêtes.
En quittant les écuries, j’ai compris que je n’avais plus besoin de les compter. Le compteur était cassé. Il n’y avait plus de score, plus de trophées, plus de preuves. Seulement ce goût permanent au fond de la bouche. Et quelque part, très loin, l’idée absurde que Clara, elle, saurait encore me reconnaître.
Mais le vide avait aussi d’autres racines. Plus anciennes. Plus silencieuses. Des envies qui dataient d’avant Clara, d’avant les caves et les squats. Des envies que je traînais depuis l’enfance sans jamais oser les nommer complètement.
J’étais secrètement amoureux de Madame Sandrine D., la mère de ma meilleure amie Célia.
À vingt-deux ans, je n’avais toujours pas renoncé. Pendant des années, je l’avais courtisée discrètement : compliments appuyés, frôlements calculés, regards brûlants. Sandrine, quarante-deux ans, comptable mariée à un ouvrier taciturne et peu affectueux, refusait gentiment mes avances tout en rougissant. De son aveu, seule, le soir, elle se caressait parfois sous la douche en pensant à moi, partagée entre culpabilité et excitation, avant de m’ouvrir quand même sa porte le lendemain.
Un soir, après un baiser volé qui l’avait terrifiée, la tension devint insupportable lors d’un barbecue familial. Une fois son mari parti au travail de nuit et Célia sortie, je suis revenu. Ce soir-là, Sandrine céda.
Ce qui s’est passé ensuite a duré six mois. Une liaison d’une intensité folle, clandestine, presque douloureuse. Sandrine découvrait enfin ce que c’était que d’être désirée. Elle jouissait jusqu’aux larmes, demandait, redemandait, avait peur et revenait quand même. Nous avons tout fait, partout dans la maison, avec la terreur permanente d’être surpris.
Puis les soupçons de son mari ont grandi. Regards trop appuyés, retards, traces de parfum. Un soir, après une étreinte particulièrement brutale sur la table de la cuisine, Sandrine, encore nue, les larmes aux yeux, a dit :
— Paolo… on doit arrêter. J’ai trop peur. Je ne peux pas tout détruire.
Elle m’a embrassé une dernière fois avec une tendresse douloureuse, puis m’a regardé partir. Depuis, nous jouons la comédie devant la bande de copains et la famille. Mais au fond d’elle, cette brûlure interdite ne s’est jamais vraiment éteinte.
(Note : je vous raconterai mon histoire avec Sandrine dans le détail prochainement.)
À suivre...
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