Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Qu'est-ce que tu fais là ? — Chapitre 3 · Les questions
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Qu'est-ce que tu fais là ?
Chapitre 3 · Les questions
III
Trois jours passent, et je ne réussis à parler à Carole. La vie se passe tranquillement, on rentre le soir, on discute, on mange, on rigole, on se couche, on fait l'amour, on dort puis une autre journée commence. Je m'enferme dans cette vie confortable pour repousser à plus tard mes aveux et mes inquiétudes. Car, si je ne suis pas retourné au bar de Lana, ce n'est pas l'envie qui me manque. Je dois déployer une force incroyable pour ne pas dévier vers cette rue où sont situés ces bars à entraîneuses. Je crois que je dois m'avouer que j'ai envie de retrouver Lana, ses gros seins, sa voix sucrée et cette ambiance où se mêlent chaleur, interdits et mystères. Je dois avouer en outre que mon esprit est maintenant en permanence distrait par des pensées inhabituelles.
Bien sûr, rien n'est mis en doute vis-à-vis de Carole. Je l'aime, c'est ma Chérie, je l'adore, elle me fait bander rien que d'y penser, nos étreintes sont toujours merveilleuses, souvent inattendues et différentes les unes des autres.
Pour toutes ces choses, j'ai peur de lui parler, j'ai peur de modifier l'image qu'elle a de moi, celle que je lui montre depuis notre rencontre. M'aimera-t-elle toujours si elle apprend que j'ai envie de rêver sur d'autres sexes, d'autres seins, différents, plus gros, plus petits, avec des talons et des bas résille ? M'aimera-t-elle toujours si j'ai envie de me faire sucer par une autre bouche que la sienne et peut-être dans un lieu inapproprié? M'aimera-t-elle toujours si elle s'imagine qu'aujourd'hui je fantasme sur Lana, mais demain... sur qui vais-je fantasmer ? A quoi peut-elle s'attendre ? Je n'en sais rien moi même.
Vais-je me contenter de Lana ou, si j'outrepasse ce tabou, vais-je être inexorablement attiré vers d'autres envies cachées jusqu'alors ? Je ne me sors pas de ces questions sans réponses. Des tas d'images se bousculent dans ma tête. J'ai l'impression de me provoquer moi même. Parfois, c'est le diable qui me tente et fait défiler derrière mes yeux clos tous les culs, tous les seins dont je peux avoir envie. A d'autres moments, c'est mon ange gardien qui essaye de me détourner de ces pensées dangereuses ne me montrant que les risques encourus.
La journée est enfin terminée. Je prends le tram, je rentre à la maison. Je me surprends à regarder les gens qui m'entourent. Cette femme, là, noire, très belle, et ce cul... J'aimerais connaître son odeur. Je me ressaisis, je détourne mon regard. Et cette excitation qui ne me quitte pas depuis ce matin, ma queue qui ne demande qu'à se redresser, mes seins, qui ne demandent qu'à être léchés. Ca me reprend, je cherche des seins, des culs à envisager. Je deviens fou.
Je descends du tram deux stations avant l'habituelle, je marche, je respire à grandes inspirations.
Je dois parler à Carole.
Je ne parle pas à Carole.
Je ne parle pas à Carole.
Les jours passent. Je ne parle pas à Carole, mais tout semble s'apaiser. J'arrive à moins penser à ces choses qui me perturbent depuis Lana. Je travaille normalement, je rentre normalement, tranquillement, la vie avec Carole est toujours aussi belle, nos baises toujours aussi torrides. Tout semble rentrer dans l'ordre si ce n'est quelques petites rechutes à la vue d'un cul que je rejette au plus vite de mon esprit.
Il est 18h, nous sommes jeudi, Jacques fait la fermeture, il fait chaud, je rentre dans le tram et en descends deux arrêts avant d'arriver, comme je le fais assez souvent pour marcher et profiter un peu de l'air, du temps, de la chaleur qui commence à tomber.
Je marche sans y penser. Je me retrouve devant le bar de Lana. Qu'est-ce que je fais ici ? Je tourne les talons, mais déjà Lana est sur moi, m'accrochant le bras. "Hello, te revoilà. Tu me payes un verre ?" Comme la première fois, je ne peux résister à cet aimant. Je suis Lana comme un automate décérébré. Je rentre dans le bar, les mêmes filles, le même uniforme, un barman remplace la barmaid, les paroles de Lana sont toujours aussi sucrées et douces à mes oreilles.
Une table est déjà occupée par une des filles avec un homme. Ils sont proches, très proches. Lana arbore la tenue de circonstance, jupe noire moulante très courte, chemisier transparent, seins arrogants, talons interminables, bas résille. Elle me fait asseoir sur la banquette et se colle à moi, sa main sans attendre sur ma cuisse.
— Tu bois quoi mon chou ?
— Un whisky.
— Une coupe pour moi.
— Un whisky.
— Une coupe pour moi.
Comme la première fois, je suis happé par l'ambiance. La chaleur s'est immédiatement fait ressentir dans mon ventre. Je ne me demande pas cette fois-ci ce que je fais là. Lana me parle, me caresse la cuisse. Le barman apporte les verres. Je me surprends à le regarder, il est grand, habillé d'un tee-shirt qui moule ses muscles, son jean laisse dessiner son sexe qui doit être assez gros. Il est beau. Il pose les consommations et repart. Son cul est moulé dans son jean.
J'ai peur. Je me fais peur. Lana me dit à l'oreille: "Il est beau ce mec, tu ne trouves pas ?" Je ne réponds pas. Elle enchaîne en me disant que moi aussi je suis beau. Je ne l'écoute pas, enfin juste ce qu'il faut pour suivre le fil et répondre quand c'est nécessaire.
L'autre table est active. J'essaye de voir ce qui s'y passe, j'ai envie de voir ce qui s'y passe. Ils discutent, ils rient, les mains sont baladeuses, mais malheureusement, je ne vois presque rien. Lana s'est tournée vers moi et me parle à l'oreille tout en frottant ses seins sur mon bras. Mes yeux se portent sur son décolleté. Je bande et je n'ai pas honte. J'ai peur, mais je suis bien ici, les odeurs, les gens et les gestes que l'on devine, les baisers, la chaleur, les murmures, les rires.
La main de Lana est active sur ma cuisse, et elle a passé son autre bras sur mes épaules pour pouvoir être plus proche. Elle me dit dans un murmure: "Tu sais mon chou, si tu me fais un cadeau, je peux être très gentille avec toi". Comme par hasard, au moment même, sa main frôle mon sexe. Je tressaille, autant par le geste que par les mots. Je bande et elle le sait. Je la regarde, elle m'embrasse, un baiser tout doux sur les lèvres. Elle sent bon. J'ai peur. Je me lève, elle essaye de me retenir:
— Je dois partir.
— Reste encore un peu, tu viens d'arriver.
— Non merci Lana, je pars.
— Dommage.
— Reste encore un peu, tu viens d'arriver.
— Non merci Lana, je pars.
— Dommage.
Je m'approche du bar, le barman me donne ma note en me souriant, ce mec est beau, je paye et je sors.
Je respire, je me calme, je rentre.
— Tu sais ma Poule, il m'arrive des choses bizarres en ce moment et qui me font peur.
A peine entré dans l'appartement, je parle, comme une pulsion qui m'aurait entraîné vers un point de non-retour.
— Qu'est-ce qui t'arrive ?
—
—
Je lui raconte donc, depuis le début, ma première visite chez Lana, ses seins, sa main, ma peur, mes pensées, cet homme que j'ai trouvé beau, la deuxième visite pulsionnelle est plaisante, mon excitation, ma peur de lui déplaire et qu'elle ne m'aime plus, tout, je déballe tout.
J'attends sa réaction. Durant toute ma tirade, elle n'a rien dit, elle n'a rien laissé voir.
Elle se lève, elle s'approche de moi, elle se penche vers moi, doucement, s'approche encore, nos lèvres s'effleurent, elle m'embrasse, un baiser d'amoureuse, violent et doux à la fois, intense. Mon cœur explose, je l'enlace, je pleure.
Elle se lève, elle s'approche de moi, elle se penche vers moi, doucement, s'approche encore, nos lèvres s'effleurent, elle m'embrasse, un baiser d'amoureuse, violent et doux à la fois, intense. Mon cœur explose, je l'enlace, je pleure.
Ce soir là on a fait l'amour, doucement, lentement avec des baisers tendres. Je suis heureux.
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