Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le prof d'histoire — Chapitre 3 · Orléans
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le prof d'histoire
Chapitre 3 · Orléans
Le week-end fut long, et j'en fus le premier surpris de traîner ainsi mon ennui. Je fus tenté un temps d'aller à la plage, mais le cœur n'y était pas. Et puis je craignais de tomber sur Isabelle et sa famille. Nous aurions tous deux feint de ne pas nous connaître. Les filles aussi m'auraient ignoré. Cela aurait été gênant pour tout le monde.
De retour au lycée le lundi, enfin (ça remontait à quand la dernière fois où j'avais été heureux de retourner travailler ? Est-ce que ça m'était d'ailleurs déjà arrivé ?) je ne tardais pas à la croiser dans un couloir. Sans échanger un mot, nous empruntâmes un chemin qui ne menait ni vers la salle des profs, ni vers les bureaux de l'administration non plus que vers les salles de cours, si bien que nous nous trouvâmes très vite tous seuls, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. Du moins à première vue. Je l'attirai vers moi et l'embrassai à pleine bouche. C'était la première urgence. Je ne dirai pas qu'elle se laissa faire, car elle fut plutôt active.
— On va à la plage jeudi, déclarai-je.
C'était la deuxième urgence.
— Tu es sérieux ? Tu as regardé la météo ?
Non, je n'avais pas regardé la météo. Il est vrai que nous étions à la jointure entre l'été et l'automne et que nous ne pouvions plus considérer le beau temps et la chaleur comme acquis.
— C'est si mauvais que ça ? Demandai-je.
Elle hocha la tête.
— Pire.
Je grimaçai.
— Alors, viens chez moi. J'habite un quartier que ne fréquente aucun de nos collègues.
Elle me sourit, et j'avoue que je craquai sur ses sourires.
— D'accord, je viendrai vers 14H00.
Je lui donnais l'adresse et le code de la porte d'entrée, et commençai à compter les minutes jusqu'à jeudi après-midi.
* * *
J'ouvris la porte au premier coup de sonnette et la happai à l'intérieur en la serrant dans mes bras. Si ça avait été un employé des postes me livrant un colis ou présentant un recommandé, ou une vieille voisine venue quémander je ne sais quoi, il ou elle aurait subi le même sort. Peut-être me serai-je arrêté avant de coller ma bouche sur celle de mon visiteur, mais je n'en suis pas sûr.
Heureusement, c'était bien Isabelle. Elle était encore en tenue de travail. Tailleur noir, chemisier blanc que j'avais déjà entrepris de déboutonner. Elle avait réglé le sort de mon sweat-shirt qui gisait sur le parquet et s'attaquait désormais à la ceinture de mon pantalon. Je sais ce que vous allez dire : nous aurions été plus vite si chacun s'était occupé à se dévêtir. Certes, mais quid du plaisir de batailler avec l'élastique de sa culotte (car elle en portait bien une pour travailler) ?
Une fois nus et sur le lit, je fonçai sur son sexe, les lèvres en avant. J'aimais tant m'immiscer avec ma langue dans sa fente, une main caressant sa toison un peu rêche. Car, à la différence de sa fille, Isabelle ne se rasait pas intégralement. Elle se contorsionna pour amener son visage à hauteur de mon sexe qu'elle prit aussitôt en bouche. Nous restâmes un bon moment comme ça, à essayer de prodiguer un maximum de plaisir à l'autre. J'étais divinement bien.
Puis j'eus envie de la pénétrer.
— Attends, je vais mettre un préservatif.
— Inutile, je prends la pilule. Reste comme ça. Je veux mieux te sentir.
— Inutile, je prends la pilule. Reste comme ça. Je veux mieux te sentir.
Elle se tourna et je la pris en levrette. J'avais une vue imprenable sur ses hanches larges et sa croupe rebondie. Mes mains ne tardèrent pas à lui servir de soutien-gorge. J'étais conscient que je ne tiendrai pas longtemps, tellement j'étais excité. Je me concentrai alors sur ses propres sensations, recherchant l'angle d'attaque et le rythme qui lui procuraient le plus de plaisir. Lorsque j'entendis son souffle s'accélérer, je compris que j'étais sur la bonne voie.
— Oh, Bernard ! Je vais jouir !
— Vas-y, ma belle. Moi aussi, je n'en peux plus.
— Vas-y, ma belle. Moi aussi, je n'en peux plus.
Je sentis alors son vagin se contracter autour de mon sexe, et ce fut le déclencheur de mon propre orgasme. Elle s'effondra à plat ventre et je pus accompagner son mouvement, restant en elle. Le flot de mon sperme finit par se tarir. Nous étions désormais détendus, allongés dans les bras l'un de l'autre. Nos mains se promenaient sans discontinuer sur le corps de l'autre, resserrant notre étreinte si cela était possible, comme si nous essayions de toujours augmenter la surface de contact entre nos deux corps. Sa bouche trouva la mienne et nos deux langues ajoutèrent quelques centimètres carrés d'intime proximité.
— Le meilleur moment de l'amour, c'est après. Quand on a joui et qu'on rentre peu à peu dans notre propre corps, m'avait dit un jour une femme que j'avais intimement fréquentée pendant presque un an. J'étais assez d'accord avec ça. Nous étions dans ce moment de grâce.
Isabelle bavardait et je lui donnais la réplique, tout en lui caressant les fesses.
— Je peux te poser une question indiscrète ? Lui demandai-je.
D'expérience, personne ne répond « non » à une telle demande, même si du coup, il se méfie de ce qui va lui être demandé. Je poursuivis donc :
— Comment ça se fait que tu aies récupéré la copine de ta fille (je ne savais plus si je savais qu'elle s'appelait Amandine, alors j'évitais de la nommer.) Je veux dire, pourquoi elle n'est pas avec ses parents ?
Le silence s'éternisa. Isabelle avait l'air mal à l'aise avec ma question.
— Excuse-moi, je suis indiscret. Oublie ma question.
— Mais non, tu es bête. Je vais te répondre. Je réfléchis à quand je vais faire remonter mon récit.
— C'est si compliqué que ça ?
— Non, ce n'est pas très compliqué, mais c'est un moment important de mon histoire, et je ne veux ni omettre des éléments essentiels ni te noyer dans les détails.
— Mais non, tu es bête. Je vais te répondre. Je réfléchis à quand je vais faire remonter mon récit.
— C'est si compliqué que ça ?
— Non, ce n'est pas très compliqué, mais c'est un moment important de mon histoire, et je ne veux ni omettre des éléments essentiels ni te noyer dans les détails.
Je resserrai mon étreinte sur son corps et l'embrassai sur la bouche.
— Mais laisse-moi parler ! Protesta-t-elle, un peu de mauvaise foi.
* * *
— Avant de venir ici, j'étais en poste à Orléans. Depuis un moment. Chloé (c'est ma fille) et Amandine étaient copines depuis le collège. Plus que copines, inséparables. Les fillettes ont grandi et elles ont commencé à s'intéresser aux garçons. Rien de plus normal, me diras-tu. Mais pas à ceux de leur âge. En plus, comme elles avaient redoublé leur seconde, elles avaient un an de plus que la plupart de leurs camarades. Elles ont porté leur attention sur des employés du lycée, des pions. L'année dernière, alors qu'elles étaient en première, elles se sont intéressées à un tout jeune professeur dont c'était la première affectation. Ce n'était pas un cas de rivalité amoureuse : les deux avaient joint leurs efforts pour le séduire. Moi, je n'ai rien vu. Elles ont fini par arriver à leurs fins, elles ont couché avec lui. Et lui, sans personne à qui parler, sans personne pour l'aider, a commencé à perdre les pédales. Il a fini par trouver normale cette relation à trois. Il recherchait leur contact de plus en plus ouvertement. Chloé et Amandine finirent par prendre peur et voulurent le fuir. Il devint alors de plus en plus pressant. Le scandale a fini par éclater. Il fut accusé de harcèlement, puis d'agression sur mineure, car Chloé n'était pas encore majeure à l'époque. Elle l'est maintenant.
Elle fit une pause. Je ne m'attendais vraiment pas à cela. Je comprenais qu'elle ait décidé de changer de région. Elle reprit son récit.
— Il a craqué, il s'est suicidé. Alors, l'opinion publique s'est retournée contre les filles. De victimes, elles devinrent allumeuses (ce qui n'était pas faux, je le reconnais,) puis débauchées, et même meurtrières. La police les interrogea de façon de plus en plus musclée. En réalité, ce n'étaient que des gamines. Elles finirent par craquer et avouer que c'était elles qui avaient entrepris de le séduire. Au moment des faits, Amandine venait d'avoir ses 18 ans, alors que Chloé était encore mineure. D'un commun accord, elles ont fait porter le chapeau à la plus jeune qui a priori ne risquait rien. Ou moins que la majeure. Ça a marché. La police n'a pas entamé de poursuites, mais Chloé s'est trouvée jetée en pâture. Tout le monde s'y mettait : les voisins, la presse locale, les copains et copines du lycée, les professeurs. J'ai eu moi aussi droit à ma dose. J'étais la mauvaise mère qui n'avait pas su élever sa fille, ou, pire, qui en avait fait le prédateur qu'elle était devenue. Je te laisse deviner l'aide que j'ai reçue de la part de l'invertébré qui ne me sert même plus de mari...
Une larme coula sur sa joue. Je l'essuyai du bout des lèvres et lui murmurai :
— Tu n'es pas obligée de me raconter tout ça si c'est trop dur.
— Non, au contraire, ça me fait du bien d'en parler à quelqu'un. Et j'ai confiance en toi.
— Non, au contraire, ça me fait du bien d'en parler à quelqu'un. Et j'ai confiance en toi.
Euh, oui... Si elle savait ce qui s'était passé sur la plage...
— J'ai demandé ma mutation à laquelle personne ne s'est opposé. Je m'attendais à atterrir à Charleville-Mézières ou à Rodez, mais j'ai eu la chance de me voir proposer un poste ici et j'ai sauté dessus. Je pensais que j'allais venir seule avec Chloé, mais à ma grande surprise, mon cher mari m'a suivie. J'aurais dû lui dire qu'il n'était plus le bienvenu, mais je n'avais pas la force d'ouvrir un second front.
— Il ne travaille pas ?
— Si, mais il est consultant indépendant en informatique. A la limite, son lieu d'habitation importe peu. Il travaille beaucoup via Internet et se déplace fréquemment. Ne t'inquiète pas, je vais m'en débarrasser.
— Je ne m'inquiète pas. Moi aussi, j'ai confiance en toi. Tu le feras quand tu jugeras que c'est le bon moment.
— Il ne travaille pas ?
— Si, mais il est consultant indépendant en informatique. A la limite, son lieu d'habitation importe peu. Il travaille beaucoup via Internet et se déplace fréquemment. Ne t'inquiète pas, je vais m'en débarrasser.
— Je ne m'inquiète pas. Moi aussi, j'ai confiance en toi. Tu le feras quand tu jugeras que c'est le bon moment.
Elle hocha la tête et reprit son récit :
— Je protégeai Chloé, mais ses parents n'en ont pas fait de même vis-à-vis d'Amandine. Comme elle était majeure, ils l'ont carrément mise dehors. Son avenir était tout tracé : la rue, puis la prostitution ou devenir SDF. J'avoue que j'aurai préféré les séparer. Ce ne sont pas de mauvaises filles, mais chacune a une influence pernicieuse sur l'autre. Mais je ne pouvais pas la laisser s'enfoncer en détournant la tête. Alors, je l'ai prise dans nos bagages et l'ai aidée à s'inscrire dans le même lycée que Chloé. Comme elle est majeure, personne n'a rien à en dire.
— Et tu n'as pas peur que... de cette mauvaise influence réciproque ?
— Si un peu, mais que puis-je y faire ? Je ne veux pas rejeter Amandine. Ce ne serait pas humain. Et Chloé le prendrait très mal. Je parle beaucoup avec elles. Je ne peux ni ne veux contrôler leur vie, mais j'essaye de me tenir au courant. C'est une situation un peu fragile. Chloé a eu ses dix-huit ans il y a trois mois. Comment contrôler la vie de deux jeunes femmes désormais majeures ? Si j'entrais en conflit avec elles, elles seraient capables de partir toutes les deux. Je t'avoue que j'attends avec impatience qu'elles se trouvent chacune un petit ami. Même un gros con, même si je n'en voudrais pas comme gendre, même sur une île déserte. Et puis, tu sais, ces six derniers mois à Orléans ont été très difficiles pour elles. J'ai souffert, mais elles encore plus. Je pense que ça les a calmées.
— Et tu n'as pas peur que... de cette mauvaise influence réciproque ?
— Si un peu, mais que puis-je y faire ? Je ne veux pas rejeter Amandine. Ce ne serait pas humain. Et Chloé le prendrait très mal. Je parle beaucoup avec elles. Je ne peux ni ne veux contrôler leur vie, mais j'essaye de me tenir au courant. C'est une situation un peu fragile. Chloé a eu ses dix-huit ans il y a trois mois. Comment contrôler la vie de deux jeunes femmes désormais majeures ? Si j'entrais en conflit avec elles, elles seraient capables de partir toutes les deux. Je t'avoue que j'attends avec impatience qu'elles se trouvent chacune un petit ami. Même un gros con, même si je n'en voudrais pas comme gendre, même sur une île déserte. Et puis, tu sais, ces six derniers mois à Orléans ont été très difficiles pour elles. J'ai souffert, mais elles encore plus. Je pense que ça les a calmées.
Au vu de la façon dont elles m'avaient attiré dans leurs filets sur la plage, je n’en étais pas aussi sûr. Mais je ne pouvais bien sûr pas lui dire.
— Tu es une femme merveilleuse. Non seulement tu es très belle, mais en plus tu es très forte et très généreuse.
Elle rougit un peu.
— C'est tout ? Tu n'as rien de plus à ajouter ? Je te dois combien pour cette palanquée de compliments ?
— C'est tout ? Tu n'as rien de plus à ajouter ? Je te dois combien pour cette palanquée de compliments ?
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Commentaires ()
Un très beau récit qui allie moments torrides et une vraie histoire.
Il y a encore tellement de questions en suspens et de possibilités....
J'adore.