Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Regards et caresses — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Regards et caresses
Chapitre 1
Ma boulangère était tout excitée.
‒ Alors, ça y est, à ce qu'il paraît ! Vous avez de nouveaux voisins !
Ça y était, oui.
‒ Alors, ça y est, à ce qu'il paraît ! Vous avez de nouveaux voisins !
Ça y était, oui.
Elle avait mené sa petite enquête.
‒ De Lille, ils arrivent. C'est pas la porte à côté, ça, hein ! Ils ont vingt-quatre ans. Tous les deux. Elle, Clotilde, elle s'appelle. Et lui, Armand. Il est dans l'armée. La marine. Autant dire qu'il sera pas là souvent. Même qu'il repart déjà demain matin. Quelque part dans le Pacifique. Et qu'il aura pas de permission avant trois mois. Ça va pas être drôle tous les jours pour sa pauvre petite femme, à son âge, toute seule dans cette grande maison. Mais enfin, si c'est ça qui leur convient à tous les deux, moi, j'y vois pas d'inconvénient, hein ! Je juge pas. Je critique pas. Jamais.
‒ De Lille, ils arrivent. C'est pas la porte à côté, ça, hein ! Ils ont vingt-quatre ans. Tous les deux. Elle, Clotilde, elle s'appelle. Et lui, Armand. Il est dans l'armée. La marine. Autant dire qu'il sera pas là souvent. Même qu'il repart déjà demain matin. Quelque part dans le Pacifique. Et qu'il aura pas de permission avant trois mois. Ça va pas être drôle tous les jours pour sa pauvre petite femme, à son âge, toute seule dans cette grande maison. Mais enfin, si c'est ça qui leur convient à tous les deux, moi, j'y vois pas d'inconvénient, hein ! Je juge pas. Je critique pas. Jamais.
J'ai fait la connaissance de Clotilde le surlendemain. Par-dessus le grillage. C'était une petite brune aux yeux clairs, les cheveux retenus par un bandeau. Elle était en train de désherber un parterre.
Elle a levé la tête dans ma direction.
‒ Bonjour ! Vous êtes mon voisin ?
‒ On dirait, oui.
Elle a levé la tête dans ma direction.
‒ Bonjour ! Vous êtes mon voisin ?
‒ On dirait, oui.
Elle s'est relevée. A longuement promené, mains sur les hanches, son regard sur le jardin tout autour d'elle.
‒ Pouh ! Il y a du boulot !
‒ Ah, ça, c'est sûr ! Depuis le départ des anciens locataires, il y a deux ans, tout est resté à l'abandon.
Elle a haussé les épaules.
‒ C'est pas grave. J'ai du temps. Et puis j'aime ça. Alors…
‒ Pouh ! Il y a du boulot !
‒ Ah, ça, c'est sûr ! Depuis le départ des anciens locataires, il y a deux ans, tout est resté à l'abandon.
Elle a haussé les épaules.
‒ C'est pas grave. J'ai du temps. Et puis j'aime ça. Alors…
Et effectivement ! Dès le matin, à la pointe du jour, elle était au jardin. Le soir, à la nuit tombante, elle y était généralement encore.
J'ai constaté.
‒ Heureusement que vous aimez le jardinage !
‒ Oui, oh ben, quand j'étais en pension, c'était mon seul plaisir, ça, d'aller m'occuper du potager. Dès qu'on réclamait des volontaires…
J'ai constaté.
‒ Heureusement que vous aimez le jardinage !
‒ Oui, oh ben, quand j'étais en pension, c'était mon seul plaisir, ça, d'aller m'occuper du potager. Dès qu'on réclamait des volontaires…
Ah, parce qu'elle avait été en pension ?
‒ De onze à dix-neuf ans, oui. Jusqu'au bac. Chez les bonnes sœurs. Et je peux vous dire que c'était pas la joie là-dedans ! Ah, pour baver, j'en ai bavé !
‒ De onze à dix-neuf ans, oui. Jusqu'au bac. Chez les bonnes sœurs. Et je peux vous dire que c'était pas la joie là-dedans ! Ah, pour baver, j'en ai bavé !
Au fil du temps, on s'attardait de plus en plus longtemps à bavarder tous les deux. On s'échangeait des plants de légumes. On se dépannait mutuellement quand l'un ou l'autre manquait de pain, de lait ou d'œufs. Je l'invitais, quand elle avait travaillé longtemps et qu'elle avait chaud, à venir boire un jus d'orange sur ma terrasse.
‒ C'est pas de refus ! Là, au moins, c'est frais. On est à l'ombre.
‒ C'est pas de refus ! Là, au moins, c'est frais. On est à l'ombre.
Petit à petit, les jours passant, la confiance s'installant, elle en était venue à me parler d'elle. De ce pensionnat qui semblait, à ses yeux, avoir énormément compté.
‒ C'était l'enfer là-dedans. On vous retournait complètement le cerveau. Quand j'en suis sortie, je connaissais rien à rien. J'avais, sur la vie, des idées complètement de travers. Si vous saviez…
‒ C'était l'enfer là-dedans. On vous retournait complètement le cerveau. Quand j'en suis sortie, je connaissais rien à rien. J'avais, sur la vie, des idées complètement de travers. Si vous saviez…
De sa famille.
‒ Oh, il y a pas grand-chose à en dire. J'en ai pas. Ou quasiment pas. J'ai pas connu mon père. Ma mère est morte quand j'avais quatre ans. C'est sa sœur, ma tante, qui m'a élevée. Et quand je dis élevée… Elle s'est jamais vraiment occupée de moi. Elle m'a nourrie, logée et mise en pension. Point final. Au-delà de ça…
‒ Oh, il y a pas grand-chose à en dire. J'en ai pas. Ou quasiment pas. J'ai pas connu mon père. Ma mère est morte quand j'avais quatre ans. C'est sa sœur, ma tante, qui m'a élevée. Et quand je dis élevée… Elle s'est jamais vraiment occupée de moi. Elle m'a nourrie, logée et mise en pension. Point final. Au-delà de ça…
De son mari…
‒ Oui, oh, lui…
‒ Lui ?
‒ C'est pas forcément ce que j'ai fait de mieux de me marier avec.
‒ Ah, parce que ?
‒ Parce qu'on a pas grand-chose en commun, lui et moi. Pour pas dire rien du tout… Non, je suis contente qu'il ait le boulot qu'il a… De pas l'avoir par les pieds à longueur de soirée.
‒ Pourquoi vous l'avez épousé alors ?
‒ Si seulement je savais ! Non, comment il m'a manqué, mon père ! Il m'en aurait évité des conneries, je suis sûre. Seulement bon, pas la peine de revenir là-dessus…
‒ Oui, oh, lui…
‒ Lui ?
‒ C'est pas forcément ce que j'ai fait de mieux de me marier avec.
‒ Ah, parce que ?
‒ Parce qu'on a pas grand-chose en commun, lui et moi. Pour pas dire rien du tout… Non, je suis contente qu'il ait le boulot qu'il a… De pas l'avoir par les pieds à longueur de soirée.
‒ Pourquoi vous l'avez épousé alors ?
‒ Si seulement je savais ! Non, comment il m'a manqué, mon père ! Il m'en aurait évité des conneries, je suis sûre. Seulement bon, pas la peine de revenir là-dessus…
Elle en voulait énormément aux sœurs.
‒ Elles m'ont bousillé la vie, ces connes ! Sans elles, j'en serais certainement pas là.
‒ Elles m'ont bousillé la vie, ces connes ! Sans elles, j'en serais certainement pas là.
J'ai levé sur elle des yeux interrogateurs, froncé les sourcils.
‒ Oh, je vous expliquerai. Pas maintenant. J'ai pas envie maintenant. Et puis on a pas le temps. Mais je vous expliquerai, promis. Et peut-être même que vous pourrez m'aider. Sûrement même… Quelqu'un de votre âge, c'est souvent de très bon conseil…
‒ Oh, je vous expliquerai. Pas maintenant. J'ai pas envie maintenant. Et puis on a pas le temps. Mais je vous expliquerai, promis. Et peut-être même que vous pourrez m'aider. Sûrement même… Quelqu'un de votre âge, c'est souvent de très bon conseil…
De mon âge ! De mon âge ! Je n'avais quand même que quarante-cinq ans !
XXX
Ça a été la semaine suivante. On était en train de siroter un jus d'orange sur la terrasse quand un orage d'une extrême violence a soudainement éclaté. On s'est réfugiés à l'intérieur. On a regardé la pluie tomber et les rafales tordre les arbres, côte à côte, à la fenêtre.
‒ Un jour, à Sainte-Marie, on a eu la même chose, une nuit. En pire. Ma copine Hélène et moi, on s'était réfugiées dans son lit toutes les deux. Juste pour se rassurer, comme ça… Ce scandale que ça avait fait. Elles étaient complètement obsédées, les sœurs. Elles voyaient du sexe partout. Et elles arrêtaient pas de nous mettre en garde. Contre tout. Les hommes surtout. C'était le diable, les hommes. Ils mettaient les filles enceintes à tour de bras et ils s'enfuyaient aussitôt après sans demander leur reste. Si bien que, quand je me suis extirpée de là-dedans, à ma majorité, j'étais terrorisée. Bien sûr qu'ils m'attiraient, les garçons de mon âge. Bien sûr ! Seulement, si c'était pour que tous les malheurs du monde s'abattent sur ma tête, merci bien…
‒ Un jour, à Sainte-Marie, on a eu la même chose, une nuit. En pire. Ma copine Hélène et moi, on s'était réfugiées dans son lit toutes les deux. Juste pour se rassurer, comme ça… Ce scandale que ça avait fait. Elles étaient complètement obsédées, les sœurs. Elles voyaient du sexe partout. Et elles arrêtaient pas de nous mettre en garde. Contre tout. Les hommes surtout. C'était le diable, les hommes. Ils mettaient les filles enceintes à tour de bras et ils s'enfuyaient aussitôt après sans demander leur reste. Si bien que, quand je me suis extirpée de là-dedans, à ma majorité, j'étais terrorisée. Bien sûr qu'ils m'attiraient, les garçons de mon âge. Bien sûr ! Seulement, si c'était pour que tous les malheurs du monde s'abattent sur ma tête, merci bien…
C'était tout de même extrêmement tentant. D'autant plus tentant que c'était un univers qui lui était inconnu et dont il lui semblait, à ce qu'elle pouvait en lire, qu'il était tout particulièrement délectable. Aussi s'était-elle peu à peu laissé approcher, embrasser caresser, quitte, quand le type commençait à se faire trop entreprenant, qu'il voulait aller plus loin, à le repousser et à prendre la fuite. Mais c'était frustrant. Très. Parce que qu'est-ce qu'elle aimait ça, ses caresses !
La contraception ? Elle ne l'envisageait même pas. C'était complètement hors des schémas de pensée qu'on lui avait inculqués à Sainte-Marie.
–Et, de toute façon, rien qu'à l'idée de devoir parler de tout ça à un médecin ou à un pharmacien, je serais morte de honte…
–Et, de toute façon, rien qu'à l'idée de devoir parler de tout ça à un médecin ou à un pharmacien, je serais morte de honte…
Elle était restée en contact avec Marie-Dominique, qui avait été sa condisciple chez les sœurs, qui était encore vierge, elle aussi, et qui disait avoir trouvé une solution: « Tu le vides, le garçon. Tu lui fais tout sortir de son truc. » Elle lui avait expliqué comment faire. « Ils aiment ça. Alors ils te laissent faire. Et ça les calme. Ils ont plus envie après ça. Ou du moins pas tout de suite. » Elle lui avait montré comment procéder à l'aide de dessins qu'elles avaient aussitôt après soigneusement détruits.
Il y avait un certain Guillaume qui lui tournait autour, qui lui plaisait bien, et avec lequel elle s'était isolée, à plusieurs reprises, dans la salle d'attente d'une gare désaffectée. C'était sur lui qu'elle s'était fait les dents. Avec beaucoup d'appréhension. Quand il s'était montré pressant, au lieu de couper court, comme les fois précédentes, elle s'était emparée de lui, le cœur battant, avait refermé ses doigts dessus et avait entrepris de le mener à terme.
‒ Et je peux vous dire que ça n'a pas perdu de temps. En deux temps trois mouvements, il avait craché.
‒ Et je peux vous dire que ça n'a pas perdu de temps. En deux temps trois mouvements, il avait craché.
Elle était devenue experte en la matière. Elle savait très exactement jusqu'où le laisser aller trop loin, son Guillaume. À quel moment il devenait impératif de lui faire expulser sa jute. Quitte à devoir renouveler, s'il le fallait, un peu plus tard l'expérience, quand il avait repris de la vigueur.
‒ Jusqu'à trois fois ça arrivait que je le fasse gicler.
‒ Jusqu'à trois fois ça arrivait que je le fasse gicler.
Elle s'en trouvait fort bien.
‒ Ben oui ! Parce que ces longs moments de caresses que j'y gagnais en procédant comme ça !
‒ Et il ne se faisait jamais plus exigeant ?
‒ Si ! Bien sûr que si ! Mais j'arrivais à gérer, J'arrivais toujours à gérer. Et de mieux en mieux au fil du temps. Avec les autres aussi…
‒ Ben oui ! Parce que ces longs moments de caresses que j'y gagnais en procédant comme ça !
‒ Et il ne se faisait jamais plus exigeant ?
‒ Si ! Bien sûr que si ! Mais j'arrivais à gérer, J'arrivais toujours à gérer. Et de mieux en mieux au fil du temps. Avec les autres aussi…
Ah, parce que…
‒ Parce que j'avais fini par ne pas me contenter de Guillaume, oui. Le problème…
Le problème, c'était que, quand elle avait enfin consenti à passer à autre chose, qu'elle s'était laissé pénétrer, ce qui s'était fait avec un certain Laurent, elle n'y avait pas trouvé son compte. C'était que ça ? C'était fade. Sans vraiment d'intérêt. C'était loin de valoir ce qu'elle avait connu avant, quand il la caressait encore et encore, le type, et qu'elle le soulageait pour qu'il puisse continuer.
‒ Parce que j'avais fini par ne pas me contenter de Guillaume, oui. Le problème…
Le problème, c'était que, quand elle avait enfin consenti à passer à autre chose, qu'elle s'était laissé pénétrer, ce qui s'était fait avec un certain Laurent, elle n'y avait pas trouvé son compte. C'était que ça ? C'était fade. Sans vraiment d'intérêt. C'était loin de valoir ce qu'elle avait connu avant, quand il la caressait encore et encore, le type, et qu'elle le soulageait pour qu'il puisse continuer.
Elle avait renouvelé l'expérience. Sans plus de succès. Si bien qu'elle était revenue à sa « façon de faire » d'avant. Qu'ils le veuillent ou non. Et si ça leur convenait pas, aux types, eh bien, bon vent ! Elle ne les retenait pas.
‒ Et il y en a beaucoup plus qu'on ne croit qui acceptent.
‒ Et il y en a beaucoup plus qu'on ne croit qui acceptent.
Et puis Armand, son mari, avait surgi dans sa vie. Elle avait vingt-deux ans. Il l'avait étourdie de grands mots, de grands sentiments, de grands projets. Il la disait la femme de sa vie. Elle s'était laissé étourdir. Épouser.
‒ Sur le plan sexuel, une véritable catastrophe. Pire que tout. Il te grimpe. Il fait sa petite affaire et il s'endort. Il a même pas idée que ça pourrait se passer autrement.
‒ Sur le plan sexuel, une véritable catastrophe. Pire que tout. Il te grimpe. Il fait sa petite affaire et il s'endort. Il a même pas idée que ça pourrait se passer autrement.
Ils n'étaient satisfaits ni l'un ni l'autre.
‒ Si bien qu'il a fini par aller voir de son côté, à sa façon. Et moi, du mien. À la mienne.
‒ Si bien qu'il a fini par aller voir de son côté, à sa façon. Et moi, du mien. À la mienne.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
J’aime le naturel de la fille, elle parle de son expérience sans détour
J’adore imaginer la suite et son apprentissage à venir