Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lettre à Azilis — Chapitre 1 · Réponse à "A"
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Lettre à Azilis
Chapitre 1 · Réponse à "A"
A
Sous la pierre à la forme de cœur,
Pierrevaux
Sous la pierre à la forme de cœur,
Pierrevaux
Lille, ce 9 septembre
Petite,
Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Ainsi, tu as trouvé une certaine adresse couchée sur un certain papier, que ta robe aura accroché par mégarde dans un de ses replis, ce certain soir qui était probablement un matin. Dans ta hardiesse, tu supposes qu’il s’agit de la mienne, et souhaites, moderne et bretonne Kate Warne, t’assurer de l’identité de son auteur. Dis-moi, crains-tu la réponse ?
Ton prénom, je m’en rappelle. Que ne l’assumes-tu pas, cette identité qui t’imprègne et te définit ? Fort bien. Puisque tel est ton souhait, je te nommerai par le plus succinct diminutif : tu seras désormais pour moi A, la Petite, dans cette missive et dans un hypothétique avenir.
Laisse-moi me remémorer cette journée. Beau cadre, ce Pierrevaux. A grandes familles, grand mariage : il leur fallait un écrin à l’avenant. Celui-là était certes bien trouvé. Tu t’ennuyais, dis-tu. Comme tu l’imagines, je ne me suis pas retrouvé près de la mare poussé par l’enthousiasme de participer à la noce. As-tu remarqué que la mariée, toi et moi-même pouvions conjuguer ce verbe : je m’ennuie, tu t’ennuies, elle s’ennuie, nous nous ennuyons. C’est bien par paresse que je n’ai pas cherché d’autres sujets. Ne doutons pas qu’ils existent.
Cela m’avait alors inspiré cette réflexion : la mariée n’est-elle pas sensée exulter lors du plus beau jour de sa vie ? A moins qu’il ne se soit achevé prématurément sous l’effet d’un hypothétique décalage horaire affectif ? C’est à ce moment que j’avais décidé de prendre la tangente. Les libations étaient ouvertes, il était temps pour moi de les esquiver. Tu trouveras peut-être ces paroles cyniques, Petite A, pourtant il n’en est rien. Au contraire, c’est portés par la conviction profonde que l’avenir proche ne pouvait aller qu’en s’améliorant qu’une certaine bouteille millésimée, deux coupes et moi-même nous retrouvâmes en tête à tête sur un banc. Deux coupes. Si tu y penses, ce n’est pas incongru. Emporter deux coupes, c’est signifier au hasard qu’il est le bienvenu.
Parfois, je le sais, Dame la Chance approuve une telle intention. J’étais absorbé par une pensée de cet ordre lorsque vous apparûtes, Petite, ta robe et toi. Tu sais bien, la certaine robe dérobeuse d’adresses. Celle qui te déshabillait et t’habillait tout à la fois. Qui, blanche, affirmait à tout le monde ta pureté. Qui, ouverte sur tes épaules graciles et la courbure de ton dos, susurrait ta nudité si accessible.
Te voyant apparaître, Petite, oui je t’ai hélée presque familièrement. Maintenant que tu as compris la nature de mon pacte avec la Providence, tu sais que je t’avais acceptée avant même que tu n’apparaisses. Aussi c’est tout naturellement que je t’accueillais près de moi, partageant une place sur un banc, une coupe, un silence.
Le croiras-tu ? J’eus l’intuition de la véritable profondeur de ta nature au bout de quelques instants seulement. Après quelques circonvolutions oratoires, quelques volutes exotiques, quelques bulles, l’intuition se mua en certitude ; les paroles et les réponses devinrent sans détour. Un feu qui couvait en moi devint incendie, je me retenais de ne pas te brûler sous mon contact. Pas encore ! J’avoue y avoir échoué partiellement.
Je me rappelle toutefois ton regard sans détour, tes pupilles dilatées au moment où, presque entièrement consumé par mon incendie intérieur, je me penchais pour te goûter les lèvres. Et ce n’est que l’éclat d’un anneau à ton doigt qui me fit dévier ma course pour m’arrêter sur ton cou.
Ta lettre, Petite, vient de raviver cette flamme dont je viens de parler. Tu sais ce dont nous avons parlé. Et pourtant tu m’as écrit. Nous savons ce que cela signifie.
J'attends ta réponse. Dépêche-toi.
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Commentaires ()
Bravo à vous deux Je Vais aller à présent lire sa réponse.