Réel
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Artémis, une chasseresse et ses nymphes — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Artémis, une chasseresse et ses nymphes
Chapitre 2
2 nouveau départ
Six mois, le temps de prendre ses marques, de s'habituer à une présence quotidienne, de s'accoutumer au bonheur, de vivre ses premières vacances à deux, de la présenter à ses parents, d'envisager un avenir radieux, de penser que leur histoire durerait toujours. Pourtant, Cymothoé a craqué sans prévenir à la veille d'un week-end pluvieux d'octobre. Artémis, fière et entière, a commis l'erreur de vouloir rencontrer la famille de sa petite amie, quoi de plus logique. La nymphe ne se sentait pas prête à se déclarer ouvertement, à faire son coming out, à reconnaître son homosexualité. Elle a préféré mettre fin à la relation, tirer un trait sur leur belle histoire.
Les trois mois suivants, Artémis a souffert du retour à la case départ, de la traîtrise, de l'abandon, de la solitude retrouvée ou plutôt imposée en dépit du bon sens. Difficile de se reconstruire un semblant de normalité en dehors de la fac, d'aller au marché seule, de cuisiner pour soi, de faire du shoping sans y prendre aucun plaisir. Les fêtes de Noël ont ressemblé à un calvaire malgré les efforts de ses parents. De retour début janvier, la douleur vive a fait place au néant, un trou noir abyssal, pas vraiment une amélioration. La jeune femme est devenu un fantôme, un pâle clown triste englué dans la boue d'un monde qu'elle ne comprend plus. Les semaines lui laissent un goût amer, les week-ends la torturent.
Des éclats de rire lui parviennent par la fenêtre, c'est la fête au 3 W Kafé, rien de plus normal un samedi soir. L'avant-veille, Artémis y a bu quelques verres dans un coin, loin de la multitude, et a passé son temps à repousser les avances de certaines camionneuses au comportement de mec, des butchs dans le jargon populaire. Un trimestre d'ennui a permis d'approfondir ses connaissances du milieu lesbien, des attitudes aux traditions, des habitudes vestimentaires au vocabulaire, du danger de tomber amoureuse d'une hétéro aussi. Ça non, elle en a fait l'expérience sans l'aide de personne, à moins que ce ne soit tout bêtement tomber amoureuse qui représente un risque mortel.
Au comptoir, la nymphe des bois a ressenti la détresse de sa voisine plongée dans un verre d'alcool trop fort, un excipient sans aucune valeur curative, un pis-aller qui filera au mieux à la jeune femme une gueule de bois carabinée, sauf si Chloris la dryade ose intervenir. Après tout, la solitude peut se partager, comme un plat insipide à force d'être réchauffé. Et puis le malheur des autres rejaillit toujours un peu sur elle, le seul moyen de s'en défendre est de couper le mal à la racine.
– Je peux ?
Artémis tente de sourire, une navrante tentative de sociabilisation. La jolie black, dire le contraire serait un odieux mensonge, ne représente aucun danger immédiat.
– Je te préviens, c'est pas la joie.
– Ouais, j'ai vu. Disons que si on évite mutuellement de se noyer, ce sera toujours ça de pris. Je m'appelle Chloris.
– Et moi Artémis, l'abrutie qui pensait avoir trouvé l'amour parfait. Quelle connerie ! Ça m'apprendra à faire confiance aux hétéros. Mademoiselle a eu peur de se déclarer en famille, tu parles qu'elle m'aimait.
La nymphe ressent le besoin de parler après des semaines d'isolement, peut-être des mois ; sa voisine a trop ruminé l'histoire dans sa tête, inventorié les erreurs de chacune pour savoir ce qui a cloché. L'autre est certainement aussi malheureuse dans son coin, à se poser les mêmes questions. Mais, contrairement à son ex, elle n'a personne avec qui partager sa peine, ça l'obligerait à faire son coming out. Aucune ne sort indemne d'une rupture, surtout quand des évènements extérieurs parasitent les sentiments. C'est aussi ça être lesbienne, Artémis le découvrira.
Six mois, le temps de prendre ses marques, de s'habituer à une présence quotidienne, de s'accoutumer au bonheur, de vivre ses premières vacances à deux, de la présenter à ses parents, d'envisager un avenir radieux, de penser que leur histoire durerait toujours. Pourtant, Cymothoé a craqué sans prévenir à la veille d'un week-end pluvieux d'octobre. Artémis, fière et entière, a commis l'erreur de vouloir rencontrer la famille de sa petite amie, quoi de plus logique. La nymphe ne se sentait pas prête à se déclarer ouvertement, à faire son coming out, à reconnaître son homosexualité. Elle a préféré mettre fin à la relation, tirer un trait sur leur belle histoire.
Les trois mois suivants, Artémis a souffert du retour à la case départ, de la traîtrise, de l'abandon, de la solitude retrouvée ou plutôt imposée en dépit du bon sens. Difficile de se reconstruire un semblant de normalité en dehors de la fac, d'aller au marché seule, de cuisiner pour soi, de faire du shoping sans y prendre aucun plaisir. Les fêtes de Noël ont ressemblé à un calvaire malgré les efforts de ses parents. De retour début janvier, la douleur vive a fait place au néant, un trou noir abyssal, pas vraiment une amélioration. La jeune femme est devenu un fantôme, un pâle clown triste englué dans la boue d'un monde qu'elle ne comprend plus. Les semaines lui laissent un goût amer, les week-ends la torturent.
Des éclats de rire lui parviennent par la fenêtre, c'est la fête au 3 W Kafé, rien de plus normal un samedi soir. L'avant-veille, Artémis y a bu quelques verres dans un coin, loin de la multitude, et a passé son temps à repousser les avances de certaines camionneuses au comportement de mec, des butchs dans le jargon populaire. Un trimestre d'ennui a permis d'approfondir ses connaissances du milieu lesbien, des attitudes aux traditions, des habitudes vestimentaires au vocabulaire, du danger de tomber amoureuse d'une hétéro aussi. Ça non, elle en a fait l'expérience sans l'aide de personne, à moins que ce ne soit tout bêtement tomber amoureuse qui représente un risque mortel.
Au comptoir, la nymphe des bois a ressenti la détresse de sa voisine plongée dans un verre d'alcool trop fort, un excipient sans aucune valeur curative, un pis-aller qui filera au mieux à la jeune femme une gueule de bois carabinée, sauf si Chloris la dryade ose intervenir. Après tout, la solitude peut se partager, comme un plat insipide à force d'être réchauffé. Et puis le malheur des autres rejaillit toujours un peu sur elle, le seul moyen de s'en défendre est de couper le mal à la racine.
– Je peux ?
Artémis tente de sourire, une navrante tentative de sociabilisation. La jolie black, dire le contraire serait un odieux mensonge, ne représente aucun danger immédiat.
– Je te préviens, c'est pas la joie.
– Ouais, j'ai vu. Disons que si on évite mutuellement de se noyer, ce sera toujours ça de pris. Je m'appelle Chloris.
– Et moi Artémis, l'abrutie qui pensait avoir trouvé l'amour parfait. Quelle connerie ! Ça m'apprendra à faire confiance aux hétéros. Mademoiselle a eu peur de se déclarer en famille, tu parles qu'elle m'aimait.
La nymphe ressent le besoin de parler après des semaines d'isolement, peut-être des mois ; sa voisine a trop ruminé l'histoire dans sa tête, inventorié les erreurs de chacune pour savoir ce qui a cloché. L'autre est certainement aussi malheureuse dans son coin, à se poser les mêmes questions. Mais, contrairement à son ex, elle n'a personne avec qui partager sa peine, ça l'obligerait à faire son coming out. Aucune ne sort indemne d'une rupture, surtout quand des évènements extérieurs parasitent les sentiments. C'est aussi ça être lesbienne, Artémis le découvrira.
♀♀
– Salut.
Le sourire semble un peu moins désabusé le surlendemain à l'heure de l'apéro servi avec des tapas gratuits qui attirent une clientèle à forte tendance masculine. La sélection se fera plus tard, quand les hétéros désabusés comprendront qu'ils ont choisi le mauvais terrain de chasse. La réalité économique commande de leur servir à boire, rien d'autre, le Women with Women reste avant tout un lieu de rencontre lesbien. Artémis apprécie de revoir la nymphe des bois ; d'ailleurs, la rencontre s'inscrit déjà dans son journal intime en termes flatteurs.
Le plaisir des retrouvailles est partagé, Chloris décide quand même de modérer sa première réaction. Pour l'avoir vécue, la dryade connaît l'importance des premiers pas vers la reconstruction, le retour à la normalité doit se faire par étapes, un processus plus ou moins long selon la sensibilité de chacune. Le baiser sur la joue a la saveur de la complicité, un excellent point de départ ; elle se donne la soirée pour rompre le maléfice du chagrin d'amour, ensuite, il sera trop tard.
– J'espérais bien te revoir avant mon départ.
– À bon.
L'information provoque à peine un rictus, Artémis décide de laisser la nymphe choisir le terrain de la discussion.
– Fin des vacances, je retourne en Guadeloupe demain.
– C'est marrant, j'ai toujours pensé le contraire, que les gens bossaient ici et allaient se reposer sur une plage de sable blanc à des milliers de kilomètres. Tu fais quoi ?
Cette fois, Chloris distingue le sourire sincère, un atout charme dont la jeune femme devrait se servir, surtout avec une aussi jolie bouche.
– Je travaille à l'office du tourisme de Pointe-à-Pitre.
– Ouais, c'est sûr que l'Atlantique dans l'hémisphère nord en hiver, ça vaut pas la mer des Caraïbes.
Serait-ce une pointe d'humour ? La nymphe a envie d'y croire.
– Il y a des avantages et des inconvénients partout.
De retour sur son île, où la population se moque des lois contre la discrimination homophobe pondues en métropole, les mentalités d'un autre âge l'obligent à porter un masque ; en Guadeloupe, les agressions à l'encontre de la communauté gay vont parfois jusqu'au meurtre en 2010. Elle doit s'exiler le week-end aux Bahamas ou en Floride afin de laisser sa nature s'exprimer. Heureusement, un accord entre l'office du tourisme de Pointe-à-Pitre et Air Caraïbes lui permet de profiter d'une gratuité totale sur les vols de la compagnie, un sacré avantage en nature dans sa position.
– Bonsoir mesdemoiselles, vous me faites une place ?
La politesse n'y change rien, la tentative d'intrusion du type en costard n'est nullement désintéressée. Artémis, son verre dans une main, prend celle de la nymphe de l'autre, les doigts s'entrecroisent, laissant penser à une tendre complicité.
– Les deux si tu veux. Nous, on a mieux à faire.
L'inconnu pantois les regarde s'éloigner main dans la main, radieuses d'envisager un rapprochement intime d'où les hommes sont par nature exclus au 3 W Kafé ; les femmes viennent rencontrer dans ce lieu emblématique des femmes qui aiment les femmes. Les doigts à l'œuvre dans sa paume réveillent l'audace de la nymphe.
– T'as mangé ? Je connais un resto sympa.
♀♀
Le dîner face-à face se termine côte-à-côte sur la banquette, Artémis se fait une joie d'examiner les photos de la Guadeloupe, un catalogue touristique personnel élaboré par Chloris avec son portable dernier cri. L'Iphone 3G, acheté aux États-Unis avant même sa sortie officielle sur le marché, lui vient d'une amie reconnaissante après une aventure au délicieux parfum d'initiation saphique. La femme, soi-disant une épouse fidèle, a succombé au grand frisson avant de retrouver sa vie d'hétéro conservatrice, membre éminent de l'Église américaine réformée. Le paradis existe aussi sur Terre.
La patronne, la serveuse a foutu le camp depuis un moment, dépose deux bières sur la table, accompagnées d'un sourire généreux. Demain dimanche, la mamie aura tout le temps de se reposer. Pour l'instant, son petit restaurant sans prétention prend des allures de bistrot de quartier réservée à une clientèle majoritairement lesbienne, exclusivement féminine dans tous les cas. Les hommes qui oseraient ouvrir la porte se voient repoussés d'un « Désolée, messieurs, c'est une soirée privée » sans appel. Une nana au comptoir fait vibrer l'atmosphère feutrée aux notes d'une guitare sèche.
– Ça me manquera à Pointe-à-Pitre.
La pointe d'amertume dans la voix extirpe Artémis de la contemplation ; pourtant, le temps de lever le nez de l'Iphone, elle se sent aspirée par le regard brillant d'une intense joie de vivre. Le courant passe, la jeune femme ressent les prémices d'un désir refoulé depuis longtemps. Chloris prend l'avion demain, il n'y a aucun risque à se laisser aller, à partager un bon moment avec cette nana avant son départ. Le sexe pour le plaisir, sans sentiment ni prise de tête, voici peut-être le remède tant recherché depuis de longs mois. Et si ça n'a pas l'effet voulu, ça ne peut pas lui faire de mal.
Juste après la rupture, Artémis pensait retrouver dans la masturbation le souvenir de ses étreintes avec Cymothoé, l'essai se concluait invariablement par un flot de larmes. Il lui fallut du temps pour ressentir du bien-être, puis de maigres sensations, sans jamais atteindre l'extase. Cette rencontre représente peut-être l'occasion inespérée de mettre fin à la lente agonie.
Le bras innocemment posé sur le dossier de la banquette, la nymphe laisse traîner un doigt dans la nuque, la peau est chaude sous les cheveux châtains. Quatre aventures en deux semaines, c'était déjà inespéré en arrivant, pourquoi ne pas finir son séjour à Paris en feu d'artifice ? Peu importe leur état, Artémis paraît dans d'excellentes dispositions, prête à reprendre le fil de sa vie là où le chagrin d'amour l'a brusquement cassé. Ce peut être la thérapie attendue pour l'une, la conclusion d'incroyables vacances pour l'autre, un fabuleux souvenir pour les deux.
– C'est pas un palace, mais il y a un mini bar bien fourni dans ma chambre d'hôtel. Et puis j'imagine la tête du veilleur de nuit quand il nous verra monter ensemble.
– C'est une invitation ?
– Oui.
Pourquoi pas, Artémis sera moins nerveuse que d'accueillir une autre nana dans le lit où Cymothoé s'est abandonnée si souvent.
♀♀
Effectivement, le veilleur de nuit doit encore se remettre de ses émotions à l'instant où les jeunes femmes entrent dans la chambre spacieuse. Un hôtel, on vient y dormir ou y baiser, et le sommeil ne semble pas être la priorité des deux acolytes, ni le mini bar qu'elles ont juré de vider. Les heures passées à se chercher ont servi de préliminaires, il y a urgence.
La porte à peine repoussée, un frôlement involontaire provoque un premier contact. La délicieuse décharge électrique attise le désir, les regards se cherchent, les bouches se trouvent. La fougue du baiser traduit les intentions charnelles, les complices dormiront peut-être, mais pas tout de suite, pas avant d'avoir épuisé leur énergie dans la quête d'un plaisir absolu.
Le blouson et la veste tombent, Chloris attire son amie jusqu'au lit. Cette dernière glisse une main impatiente sous le pull à même la peau et... oh ! les doigts fébriles se referment sur un sein lourd. Artémis a pourtant remarqué la bretelle d'un soutien-gorge sous le lainage au resto, la nymphe a dû s'en débarrasser aux toilettes avant l'arrivée du taxi, une remarquable attention.
Donner du plaisir, c'est aussi en prendre, la jeune femme s'empresse de déshabiller la jolie fleur des îles par le haut, l'abstinence a duré trop longtemps. Elle veut découvrir la peau couleur café, l'admirer, la toucher, la goûter, s'en régaler, en commençant par ces seins opulents qui l'obsèdent. Le pull s'envole par-dessus la tête, Artémis contemple la statue vivante, vibrante.
– Tu es belle.
Aux anges, Chloris savoure les caresses franches sur sa poitrine, incapable de savoir ce qui, de la bouche ou des mains, lui procure autant de frissons. Aucune importance, sa raison ne lui appartient plus. Elle parvient maladroitement à faire tomber son pantalon et sa culotte pour se prendre les pieds dans le tapis, ou plutôt dans le jean. Heureusement le lit amortit la chute.
Le rire surfait dure quelques secondes, ce qui laisse à Artémis le temps d'admirer la nudité exposée, puis elle reprend son manège, agaçant de la langue les tétons fièrement dressés dans les aréoles noires. Sentir la pointe d'un sein s'allonger dans sa bouche lui a manqué plus que de raison. La nymphe, ultrasensible, profite pleinement de l'instant, le plaisir à venir n'en sera que plus intense.
Deuxième pause, Artémis délace lentement les chaussures pour achever de dévêtir sa complice d'une nuit, le jean glisse bientôt sur les longues jambes, suivi de la culotte. Il n'y a plus aucun obstacle à sa convoitise, le regard brillant s'attarde sur la fente glabre. Alors qu'elle s'apprête à étancher sa soif à la source couleur d'ébène, Chloris la rejette au prix d'un violent effort.
– Déshabille-toi d'abord.
Les quatre mains découvrent rapidement la peau de blonde sous les cheveux châtain clair, puis la nymphe s'approprie les petits seins ronds estampillés d'un téton turgescent. Soudain, les bourgeons en pleine éclosion échappent à ses lèvres, et Artémis se précipite entre ses cuisses tendues par la nervosité. Le contraste entre la peau noire et les chairs roses la surprend.
N'y tenant plus, la jeune femme plonge la langue dans la grotte, la fouille de fond en comble. Elle la veut toute, livrée sans pudeur au délicieux tourment, sa bouche aspire la mouille tandis que la pointe de la langue s'insinue dans le conduit vaginal. Chloris rugit de se faire baiser ainsi, il lui faut un effort surhumain pour ne pas succomber à l'envie de toucher son clito.
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