Réel
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Artémis, une chasseresse et ses nymphes — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Artémis, une chasseresse et ses nymphes
Chapitre 5
5 Le goût de l'aventure
Elle l'a dit, elle a tenu parole, Artémis a repris sa liberté moins d'une semaine après leur retour du Mexique. Les restaurants, les week-ends, les petits cadeaux, les multiples attentions, la jeune femme s'en est lassée au bout de cinq semaines, une éternité à 19 ans ou presque. D'autres rencontres l'attendent. Castalie a regardé partir son égérie vers des horizons nouveaux, fataliste, reconnaissante que cette dernière lui ait offert un peu de sa fraîcheur, de sa jeunesse insolente. Essayer de la retenir à tout prix aurait été une bien mauvaise idée.
Le fichier du journal intime sur l'ordinateur portable prend de l'ampleur, étoffé au fil des jours ; Artémis adore s'y replonger lors des rares moments de solitude, son caractère se forge au feu des aventures, des expériences tendres ou amusantes. Par exemple, elle a suivi une nana dans les toilettes d'un bar, la situation l'excitait. La porte d'une cabine à peine refermée, l'autre a défait sa braguette comme un mec pour exhiber fièrement un gode ceinture harnaché à sa taille. L'étudiante à pris la fuite, la femelle qui se prenait pour un mâle s'est retrouvée seule, peut-être à palucher sa bite en plastique.
Ce soir, à cause d'une affiche placardée à la Sorbonne, Artémis découvre le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Une nouvelle discothèque ouvre ses portes, avec pas moins de trois dancefloors. L'ambiance musicale relève de l'anecdote ; en revanche, la gratuité pour les étudiantes attire du monde. Reste à espérer que les consos ne soient pas hors de prix, ou la fête tournera court, la belle devra se retrancher dans le Marais. Les habituées la prennent encore pour une novice, cette image réductrice de proie docile l'agace. Ce soir, elle sera la chasseresse.
Peu importe le style de musique, danser sert un objectif, ce n'est en rien une finalité en soi, Artémis se colle donc au comptoir, là où les amateurs de pop folk qui squattent le rez-de-chaussée viennent chercher leurs consommations, un lieu de passage obligé au moins une fois. Le barman se la joue Tom Cruise dans le film Cocktail devant un public indifférent, il est loin d'avoir un physique de star. Les prouesses acrobatiques lui ont fait gagner la place, point final, la clientèle féminine difficilement impressionnable cherche d'autres sensations ce soir.
En revanche, la jeune femme chargée de présenter une nouvelle boisson alcoolisée à base de vodka retient l'attention de l'étudiante ; un éclairage moins tamisé au comptoir limite les risques d'une éventuelle désillusion fréquente en discothèque. Artémis, sous le charme de l'apparition, boira russe d'après le nom en grosses lettres cyrilliques sur la bouteille, à moins qu'il ne s'agisse d'un coup commercial, comme ce sourire étincelant dans un visage poupon. D'après Castalie, la réussite des affaires est souvent une histoire d'image, on n'appâte pas des mouches avec du vinaigre.
– Vous voulez goûter ?
Quelle question !
Elle l'a dit, elle a tenu parole, Artémis a repris sa liberté moins d'une semaine après leur retour du Mexique. Les restaurants, les week-ends, les petits cadeaux, les multiples attentions, la jeune femme s'en est lassée au bout de cinq semaines, une éternité à 19 ans ou presque. D'autres rencontres l'attendent. Castalie a regardé partir son égérie vers des horizons nouveaux, fataliste, reconnaissante que cette dernière lui ait offert un peu de sa fraîcheur, de sa jeunesse insolente. Essayer de la retenir à tout prix aurait été une bien mauvaise idée.
Le fichier du journal intime sur l'ordinateur portable prend de l'ampleur, étoffé au fil des jours ; Artémis adore s'y replonger lors des rares moments de solitude, son caractère se forge au feu des aventures, des expériences tendres ou amusantes. Par exemple, elle a suivi une nana dans les toilettes d'un bar, la situation l'excitait. La porte d'une cabine à peine refermée, l'autre a défait sa braguette comme un mec pour exhiber fièrement un gode ceinture harnaché à sa taille. L'étudiante à pris la fuite, la femelle qui se prenait pour un mâle s'est retrouvée seule, peut-être à palucher sa bite en plastique.
Ce soir, à cause d'une affiche placardée à la Sorbonne, Artémis découvre le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Une nouvelle discothèque ouvre ses portes, avec pas moins de trois dancefloors. L'ambiance musicale relève de l'anecdote ; en revanche, la gratuité pour les étudiantes attire du monde. Reste à espérer que les consos ne soient pas hors de prix, ou la fête tournera court, la belle devra se retrancher dans le Marais. Les habituées la prennent encore pour une novice, cette image réductrice de proie docile l'agace. Ce soir, elle sera la chasseresse.
Peu importe le style de musique, danser sert un objectif, ce n'est en rien une finalité en soi, Artémis se colle donc au comptoir, là où les amateurs de pop folk qui squattent le rez-de-chaussée viennent chercher leurs consommations, un lieu de passage obligé au moins une fois. Le barman se la joue Tom Cruise dans le film Cocktail devant un public indifférent, il est loin d'avoir un physique de star. Les prouesses acrobatiques lui ont fait gagner la place, point final, la clientèle féminine difficilement impressionnable cherche d'autres sensations ce soir.
En revanche, la jeune femme chargée de présenter une nouvelle boisson alcoolisée à base de vodka retient l'attention de l'étudiante ; un éclairage moins tamisé au comptoir limite les risques d'une éventuelle désillusion fréquente en discothèque. Artémis, sous le charme de l'apparition, boira russe d'après le nom en grosses lettres cyrilliques sur la bouteille, à moins qu'il ne s'agisse d'un coup commercial, comme ce sourire étincelant dans un visage poupon. D'après Castalie, la réussite des affaires est souvent une histoire d'image, on n'appâte pas des mouches avec du vinaigre.
– Vous voulez goûter ?
Quelle question !
♀♀
Pendant le premier round d'observation, Artémis a laissé Éioné travailler au rythme imposé par une clientèle plus ou moins réceptive, les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure en matière de consommation d'alcool, la crise économique impose aux jeunes de s'enivrer à moindre coût. Au bout d'une interminable négociation, la nymphe des plages a atteint son objectif peu après 1 heure du matin, la commande ferme de la discothèque permet d'envisager un partenariat. L'étudiante, qui a su maintenir le contact, profite de l'occasion, il est temps de dégager.
Le So What les accueille une demi-heure plus tard, une soirée 100 % nanas ressemble moins à un guet-apens, et Artémis apprécie l'ambiance à deux rues de son appartement. La plupart des lesbiennes ont changé de crèmerie jusqu'à la semaine prochaine, la jeune femme sait pourquoi désormais. Rencontrer une hétéro, en tomber amoureuse, imaginer un avenir radieux, et ensuite la traitrise de l'abandon, la terrible souffrance, les larmes à n'en plus finir ? Cymothoé lui a déjà fait le coup, pas question de replonger. Une partie de sexe, puis chacune repart de son côté, c'est mieux ainsi.
Le mojito fort en menthe change agréablement de la vodka, l'ambianceuse apprécie l'alcool, une vicissitude du métier ; inutile de prendre des précautions, les déplacements se font en taxi. Éioné se sent bien loin des désagréments habituels des discothèques, des remarques graveleuses et des mains baladeuses, du machisme exacerbé. Les lesbiennes draguent-elles différemment ? Car le So What est leur repaire dans le Marais, tous les commerciaux en alcool le savent. Quoi qu'il en soit, l'ambiance festive lui donne envie de se lâcher, les femmes savent s'amuser.
– Une bague de fiançailles ?
Le diamant à l'annulaire gauche de la nymphe réfléchit la lumière changeante d'une boule à facettes au plafond. Éioné tend sa main.
– Si on veut, rien ne presse. Et toi ?
Mentir ne lui viendrait pas à l'esprit, Artémis savoure le contact des doigts fins tout en cherchant ses mots.
– Ben... le mariage pour nous, c'est niet. Et puis je me remets à peine d'une histoire compliquée, alors les plans à long terme, très peu pour moi.
– T'as raison. Quand je vois les jeunes s'éclater, je regrette parfois de m'être laissée prendre au piège.
Sourires complices, rires légers, les aléas de l'existence ne prêtent pas aux larmes ce soir, au contraire.
– Parce que tu te prends déjà pour une vieille !
– C'est pas ce que je voulais dire, mais être maquée à 25 ans, c'est quand même un peu glauque. Non ? On bosse, on fait des économies, on passe les vacances en famille, on se réveillera un matin à la retraite avec l'impression d'avoir loupé ce que la vie peut nous offrir de mieux.
♀♀
L'envie de flirter s'est imposée naturellement, une réaction en chaîne après quelques collés-serrés sur le dancefloor. Artémis a attiré Éioné par la main jusqu'à son nid, sans savoir si son vœu sera exaucé. La belle peut se raviser à tout instant, replonger dans son quotidien d'hétéro, elle en a le droit, ça fait partie du hasardeux jeu de la séduction. À l'étudiante de mener sa barque avec habileté, de se rendre indispensable comme Chloris et Castalie ont su le faire.
– Waouh ! j'adore.
La femme d'affaires, forte d'une longue expérience, a réorganisé l'appartement pour optimiser l'espace, une réussite.
– Ouais, c'est cool.
Éioné au milieu du salon attend la musique d'ambiance qui encouragera Artémis à la prendre dans ses bras, à la bercer d'illusions mensongères, puis à l'embrasser, avant de la pousser dans la chambre ou sur le canapé pour la déshabiller ; d'autres ont déjà tenté le coup, une constante chez les noctambules qui traînent leur solitude en discothèque le week-end. Quelle force d'attraction a pu l'attirer ici sachant ce qui l'attendait ?
La curiosité sans doute, l'originalité de la situation, l'occasion de sortir un peu des sentiers battus. L'étudiante n'a rien d'un mec convaincu de parvenir à ses fins, elle a su éveiller son intérêt tout au long de la soirée par petites touches subtiles, attiser son désir. Et maintenant que le plus difficile est fait, elle se comporte encore comme si rien n'était gagné. La nymphe attend, angoissée.
– Tu veux boire un verre ?
Oui, mais pas d'alcool, Éioné craint de dépasser le stade de l'euphorie pour sombrer dans celui de l'abrutissement. Se réveiller à côté de l'étudiante sans avoir de souvenirs à ressasser serait vraiment dommage, une aberration dont elle aurait du mal à se remettre. Quitte à tromper son mec, autant garder en tête les images de l'incroyable débordement qui les attend ; sa décision est prise.
– T'as de l'eau pétillante ?
Quelle question ! Peut-être, faut voir, Artémis coupe les jus de fruit trop sucré à l'eau du robinet d'habitude. Ah si ! Une vieille bouteille de Perrier. Ça ne se périme pas ? La jeune femme ne sait plus gérer le trop-plein d'émotions contradictoires, une constance à chaque rencontre, un délicieux tourment à mi-chemin entre angoisse et exaltation. C'est aussi ce qui la pousse à multiplier les aventures.
– Un verre ?
Inutile, la bouteille change de main, et le frôlement entre leurs doigts provoque une décharge électrique. Éioné boit longuement au goulot, plus pour se donner une certaine contenance que pour étancher une soif réelle.
– Hé ! tu m'en laisses ?
Retour à l'envoyeur, mais Artémis ne sait pas coller ses lèvres au goulot, le liquide coule à la commissure et se répand dans le cou presque autant que dans sa gorge. Sur son nuage, la nymphe ne perd rien du spectacle érotico-comique.
♀♀
Le baiser s'éternise, d'une envoûtante profondeur, langoureux à souhait. L'étudiante ne sait pas boire à la bouteille, qu'importe, elle embrasse merveilleusement bien. Éioné se sent grisée, inspirée, désormais pressée d'en venir à l'essentiel. Ses mains sous le pull trouvent les petits seins libres, les caressent à l'instinct, la peau brûle sous ses paumes, alors ses doigts redessinent les aréoles, triturent les tétons, les font bander.
Le vêtement passe par-dessus la tête, la nymphe observe l'objet de son désir dénudé jusqu'à la taille. Une goutte translucide perle entre les seins ronds, eau ou transpiration ? Peu importe, c'est troublant. Si elle attend d'avoir pris son pied, l'audace lui manquera certainement de remercier sa tendre amie comme il se doit, un cadeau à sens unique est inenvisageable, trop égoïste.
Alors, faisant fi de ses préjugés d'hétéro, Éioné glisse une main dans le pantalon à la découverte de son alter ego, un corps de femme qui n'est pas le sien. Étrange sensation de dépasser un interdit majeur, de voler l'inimité de cette nana rencontrée par hasard, un doigt téméraire s'insinue en éclaireur entre la culotte et le pubis, bientôt suivi des autres, les poils sont doux au toucher.
– Enlève ton fute.
C'est une prière, la nymphe veut la voir nue, et se voir lui donner du plaisir, Artémis connaît ce désir singulier pour le ressentir à chaque fois, une perception indispensable à l'étrange communion des sens qui se prépare. Elle dégrafe son pantalon, le fait glisser à mi-cuisses avec la culotte, et s'offre impudique. Le regard de braise la fait fondre, c'est physique, le sang irradie sa vulve d'une chaleur intense, elle mouille.
La magicienne maîtresse de ses actes masse l'arrondi du mont de Vénus de la paume. La masturbation prend moins de place dans sa vie sexuelle depuis l'arrivée de Marc, mais les bonnes vieilles habitudes demeurent. Les doigts fouineurs dénichent la fente, les parois suintantes d'une humidité révélatrice s'ouvrent pour encourager l'audacieuse à approfondir son exploration.
– Tu aimes ?
Quelle question ! Artémis s'oublie sur les doigts de la nymphe, ce premier plaisir en appellera d'autres, il lui faut d'abord évacuer le trop-plein de pression accumulé comme dans un autocuiseur. Multi orgasmique, elle se sait capable de jouir plusieurs fois de suite, ce serait dommage de s'en priver.
– Touche mon clito.
La nervosité dans la voix incite Éioné à la diligence, elle débusque l'excroissance de son autre main. L'organe est si sensible que sa copine chavire. Déjà ? Tant pis, c'est son choix. Le mouvement circulaire provoque une délicieuse onde de choc, Artémis prise de convulsions ouvre la bouche sous les narines pincées.
♀♀
« Putain, ce qu'elle est belle ! », le regard de l'étudiante trahit sa pensée. La grimace impatiente de la nymphe ne parvient pas à l'enlaidir. Les seins lourds moirés de salive, les tétons arrogants dans les aréoles sombres, le ventre tendu par la nervosité, les cuisses tremblantes largement ouvertes en guise d'invitation, son sort ne lui appartient plus. Le désir en devient insoutenable, presque douloureux, et pas moyen d'échapper aux grands yeux hypnotiques.
Voici l'instant crucial, le moment de vérité, Artémis lèche la fente de bas en haut tout doucement ; surtout ne pas effrayer la belle Éioné, l'amadouer, faire tomber ses ultimes réticences. La grotte s'ouvre à la caresse veloutée, et la langue se fraie un passage entre les petites lèvres asymétriques. La vulve chaude accepte l'intrusion, humide à souhait, délicieusement salée.
– Ouhhh...
Quand Marc la touche comme ça, c'est pour la préparer, l'exciter, pour l'amener à le supplier sachant qu'il y trouvera son compte. Mais là, la nymphe se sent loin d'un banal préliminaire, cette langue lui offre des sensations inconnues, uniques, exceptionnelles à plus d'un titre. Un cunni, jamais elle n'aurait cru s'en satisfaire, éprouver tant de plaisir à être léchée, dévorée, aspirée.
Entre ses cuisses, du vestibule au vagin, Artémis savoure le festin de reine de l'entrée au dessert, servi avec une mouille abondante en guise de divin nectar. Les doigts dans sa tignasse la supplient d'abréger la délicieuse torture, mais pourquoi précipiter les agapes, le chemin à parcourir vaut la destination. Le résultat n'en sera que meilleur, plus parfait, la belle Éioné la remerciera.
Enfin, après une éternité de suppliques larmoyantes, la jeune femme se sent partir, le voyage arrive à son terme. La jouissance est profonde, l'orgasme libérateur et l'abandon sincère. Aucun hurlement obscène ni gesticulation ridicule, juste une crispation de tous les muscles tétanisés par le plaisir, le sifflement de l'air vicié échappé de ses poumons. La redescente est longue, longue, longue...
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