La pétroleuse
Chapitre 2 · Pierre
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✦ Jane Does La pétroleuse XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La pétroleuse — Chapitre 2 · Pierre

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Jane Does
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La pétroleuse

Chapitre 2 · Pierre

La lessive est sèche, repassée et prête à réintégrer les étagères du dressing. La pile de culottes, celles des soutiens-gorge ont retrouvé leur place et enfin j'entrouvre le tiroir où je range bas et chaussettes. C'est en enfournant celles-là que mes doigts heurtent un objet camouflé là. Pas besoin de fouiller trop longuement dans ma mémoire pour que rejaillisse l'odyssée de cette soirée. Je ne suis pas ressortie depuis ce fameux vendredi soir, celui où un type prénommé Arny, m'a gentiment offert ce qui se tient là. Lové dans sa pochette de velours rouge sombre, je ramène à la lumière le bijou si gentiment laissé par cet inconnu.
Le souvenir de cette soirée mémorable me remonte en ondes de chaleur, juste au creux des reins. Ça fait combien de temps que je n'aie pas recherché un peu de compagnie ? Je comprends là, devant ce morceau de métal qui me chauffe la main et bien autre chose aussi que le moment de refaire une petite balade se profile à l'horizon. L'idée fait son petit bonhomme de chemin dans mon crâne, alors que je recolle hors de ma vue le rosebud inutilisé, non sans lui avoir fait une sorte de bisou sur sa pointe fraiche.
Ce qui est semé sous ma tignasse brune germe davantage alors que je me prélasse sous la douche. C'est décidé, après ma journée de boulot, je vais me mettre en quête d'un mâle. Un besoin qui prend forme au fond de mon ventre et qui risque bien de ne plus me lâcher, jusqu'à ce que je sois rassasiée. Bon ! Pour l'heure, il me faut aller au bureau. Mais j'avoue que des images plutôt coquines se bousculent dans mon esprit. C'est donc dans un état bizarre que se déroule mon premier entretien de la journée. Il me faut faire un véritable effort pour répondre à cette cliente qui comme beaucoup se lamente.
Le suivant m'emmène vers l'heure du déjeuner et l'après-midi n'est rempli que par de la paperasserie administrative. De celle que seule la France est capable de nous infliger. Bref, me voici enfin à dix-huit heures au volant de ma voiture, direction mon « chez-moi ». Je quitte mon tailleur bon chic bon genre, uniforme de l'employée modèle que je suis à longueur de journée. Mes fins de semaine sont parfois bien éloignées de cette image d'Épinal. Je retrouve avec un certain plaisir, l'endroit de ma maison qui me rassure le plus : la salle de bain.
Une douche prolongée, puis enroulée dans un drap en tissu éponge, je file vers ma chambre à coucher. C'est donc dans mon dressing que je plonge avec délice pour y dégoter de quoi me parer pour une envie de virée nocturne que la vue matinale du Rosebud a réveillé. Le temps est agréable, sans être étouffant. Le soleil est toujours présent, et cela pour deux bonnes heures encore. Sur mes cuisses glisse en montant un triangle de dentelle si ténu qu'il ne cache pas vraiment mon sexe. Quant à l'arrière, un simple cordon qui s'insère entre mes fesses me donne l'impression que je suis totalement nue.
J'hésite aussi entre couvrir ma poitrine et la laisser libre. J'opte pour la seconde solution et un chemisier en satin noir à fleurs rouges vient de couvrir le haut de mon corps. Pour les gambettes ? Bas dim-up ou porte-jarretelles ? Un dilemme vite résolu par la praticité des bas. Et pour parachever l'ensemble, une jupe juste assez longue pour qu'on ne devine pas le haut des élastiques qui maintiennent les « nylons » en place sur mes cuisses. L'attrape-mec est enfin prêt, grâce à une dernière touche faite d'un gloss qui rend mes lèvres aussi attirantes qu'une rose rouge. La parfaite panoplie de la petite salope en drague !
Reste à déterminer où me rendre pour dénicher celui qui ce soir va avoir l'insigne honneur de passer un peu de temps en ma compagnie. Je ne tiens pas à réitérer mon passage au bar trop select du quartier des affaires. Alors… c'est en voiture que je me rends aux abords de la voie piétonne de notre bonne vieille cité. Plus exactement sur ce que tous nomment « le remblai ». Là, sur le front d'océan, une large allée où baguenaudent des tas de couples, mais aussi des touristes en quête d'un petit restaurant.
La marée montante laisse entrevoir quelques surfeurs qui glissent sur des vagues pas très formées. Les types sont jeunes, tous en combinaison et si leurs muscles sous celles-ci apparaissent comme attrayants, ils ne font aucun cas de ma petite personne. Ceux-là sont juste amoureux d'une fiancée bougrement plus attirante que ma petite jupe. Je suis déjà en train de songer que c'est une mauvaise pioche que ce chemin entre plage et boutiques à mangeaille. Un cycliste me signale sa présence par un coup de sonnette qui se veut avertisseur. Je m'écarte donc du centre de l'allée pourtant interdite aux vélos.
De plus le guignol me lance quelques paroles peu aimables.
— Vous ne pouvez pas regarder où vous marchez ? Vous avez failli me coller le nez par terre.
—…
Il est là à trois mètres, énervé et discourtois. Alors, la moutarde me monte au nez et je prends une respiration pour lui répondre.
— Et vous ? À votre âge vous ne savez pas lire ? Les panneaux à l'entrée du remblai sont pourtant explicites. « Interdit aux bicyclettes ».
Vexé, le type qui doit avoir une bonne cinquantaine d'années me renvoie la balle du tac au tac.
— La mairie aurait sans doute dû ajouter : « Interdit aux putes ».
Je me prends en pleine figure sa réflexion. Je ne peux nier que ma tenue prête vraiment à confusion. Le type lui, à côté de son deux-roues est en short, bronzé, halé comme un « petit lu ». Aux pieds, des tongs qui ont déjà vécu quelques vies sans doute. Il m'a cloué le bec, mais ne cherche plus à envenimer la situation. Il reste là et nous sommes face à face. Il éclate soudain de rire et je ne sais pourquoi, mais je me sens incitée à faire de même. Il revient en parole à la charge.
— Veuillez m'excuser, je n'aurais pas dû m'emporter de la sorte ! C'est vous qui avez raison. Et toutes mes excuses pour mes paroles désobligeantes.
— Ça va ! On ne va pas en faire tout un fromage. Nous nous sommes énervés, ça arrive.
— Merci. Je suis à la recherche de mon chien. J'ai omis de refermer correctement le portail et Pipper en a profité pour se faire la belle.
— Pipper ? C'est son nom ?
— Oui vous n'avez pas croisé un berger australien blanc et noir, par hasard ? Il n'est pas habitué à se promener tout seul et j'ai bien peur qu'il ne fasse des bêtises. Encore toutes mes excuses pour mes mots peu sympas. Je vais continuer mon chemin, mais à côté de ma bécane pour ne pas risquer de renouveler la mésaventure.
—…
— Merci et bonne soirée. Dommage que nous nous soyons connus dans de telles circonstances.
Le type s'éloigne dans la direction d'où moi j'arrive et il se dirige donc vers les restaurants et les terrasses qui bordent le remblai. Je reprends ma balade vers la plage. Au bout de la langue carrelée, je suis devant un choix crucial. Continuer sur le sable fin sur la grève, et c'en sera fini de mes escarpins, voire de mes bas si je décide de marcher sans chaussures. Reste aussi que je peux continuer sur le bitume qui rejoint la fin du parcours du front de mer.
Bon ! Pas question de me frotter à la frange salée qui couvre le minuscule morceau de plage pas encore immergé. Je connais un chemin dans les dunes, praticable par les promeneurs, et c'est bien là que je veux aller. Résolument, je m'engage en direction de ce dernier. Je crois bien que ma sortie va se terminer en eau de boudin. À part quelques voyeurs ou joggeurs, je n'ai guère de chance de croiser un amant enflammé sur ce bout du monde. Mais puisque je suis là, autant en profiter. Je croise donc à nouveau des couples de touristes, visiblement étrangers si j'en juge par leurs bonsoirs aux forts accents d'ailleurs.
J'ai déjà pratiqué l'endroit et je sais comment rentrer par les quartiers qui délimitent la ville. Au tournant du chemin, un minuscule pont de bois enjambe une petite rivière. Et c'est au moment où je parviens à cet endroit que débouche devant moi, un cabot qui semble apeuré. Je ne sais pas trop de quelle race il est cet animal, mais immédiatement je fais le rapprochement avec mon cycliste bourru et le toutou. L'animal m'arrive droit dessus et stoppe net au milieu du pont. Il n'a rien de menaçant, bien que je préfère faire attention. Parfois ces bestiaux-là sont sournois.
Il faut dire que je n'ai pas d'affinités particulières avec la gent canine. Mais allez savoir pourquoi, quelque chose me dit que ce cabot est celui que le zigoto croisé précédemment recherche. Alors, sans que je sache pourquoi, je fouille dans ma mémoire. Comment a-t-il dit qu'il se prénommait déjà ? Ah oui ! Pipper !
— Pipper ? Viens, mon beau ! Allez, avance vers moi !
L'animal dresse les oreilles. A-t-il reconnu son prénom ? Sans doute puisqu'il avance craintivement dans ma direction. Oh, pas à grandes enjambées, non ! Il se contente de me regarder et s'arrête de nouveau à environ un mètre de moi.
— Eh ben, avance mon grand. Viens Pipper, viens.
Cette fois, il est là, tout proche. Mais ce n'est pas lui qui a fait les pas qui nous séparent. Je me suis portée à sa hauteur. Je suis en train de me demander ce que je vais bien pouvoir en faire de ce clebs. Puis je vois son collier. Une large lanière de cuir portant un anneau sur lequel pend une sorte de plaque. Là, figure le prénom de la bête et par chance aussi, un numéro de téléphone. Je flatte un peu l'encolure de ce Pipper et puis je le saisis donc par le collier. Comment ne pas le laisser filer de nouveau ? Il me vient une idée.
Ma ceinture, elle aussi en cuir ! Je la défais de ma jupe et attache le chien avec celle-là. Puis tranquillement je fouille dans mon sac pour y dégoter mon téléphone. Je compose ensuite les dix chiffres notés sur la plaque. Il faut attendre la cinquième et dernière sonnerie pour qu'enfin un type essoufflé me réponde.
— Allo !
— Allo Monsieur !
— Oui ? Qui êtes-vous ?
— Vous n'avez donc pas reconnu ma voix ? C'est la « pute » du remblai !
— La quoi ? Qui êtes-vous et que me voulez-vous ?
— Nous nous sommes croisés sur le remblai, vous étiez à la recherche de votre toutou… Pipper, n'est-ce pas ?
— J'y suis encore. Ce sacré cabot me rend fou. Que me voulez-vous et où avez-vous eu mon téléphone ?
— Ben… j'ai récupéré votre bestiole. Le numéro est gravé sur sa plaque, donc pas très difficile à relever.
— Je vois… il va bien ?
— Il n'a pas l'air malheureux en tous cas ! Et nous sommes sur le petit pont sur le chemin des dunes, celui qui enjambe la rivière… vous nous situez ?
— Oui très bien. Je suis sur la jetée de mon côté. Vous rentrez sur le centre-ville ? Au moins jusqu'à la grande avenue, celle où débouche votre fameux chemin des dunes !
— D'accord, le premier arrivé attend l'autre ?
— Ça me va ! Et mille fois merci, vous me retirez une belle épine du pied. Je ne savais vraiment plus comment j'allais faire pour récupérer mon compagnon à quatre pattes.
— Bon, nous avons encore un peu de route à faire lui et moi pour atteindre le point de ralliement. Nous bavarderons de vive voix lorsque nous vous aurons rejoint.
— D'accord ! À tout de suite.
Et voilà ! J'accomplis donc ma BA de la semaine. Il nous faut une bonne dizaine de minutes pour atterrir au carrefour des deux voies. Nous n'avons pas croisé âme qui vive durant notre périple et je me contente de tenir la laisse improvisée. Pipper est très docile et suit sans broncher. Au lieu du rendez-vous, nous sommes les premiers. Et l'attente commence. Je comprends que son maitre est sur le point de nous rejoindre lorsque je sens le cabot qui s'agite. Il a sans doute flairé bien avant de le voir, son maitre. Et il tente de s'échapper. Je tire sur la longe pour le maintenir à mes pieds.
— Calme mon beau. Ton patron vient te récupérer. Sois sage encore quelques secondes, tu veux bien ?
Les yeux marrons de l'animal me scrutent. Saisit-il le sens de mes propos ? Peut-être puisqu'il se remet sur son derrière sans plus bouger. Et un petit point que je reconnais aussi grossit en avançant dans notre direction. Quelques mètres encore et la voix grave du type qui s'adresse à sa bête.
— Eh bien ? Méchant chien, pourquoi t'es-tu enfui ? Tu peux te vanter de m'avoir fait courir.
Le gars est agenouillé près de sa boule de poils. Il lui frictionne l'échine avec une sorte d'amour fraternel. Puis il s'avise que je suis toujours plantée là. Enfin il se redresse et s'adresse à moi.
— Merci. Nous devions donc nous rencontrer. C'est incroyable, qu'en dites-vous ? Je vous invite à partager un verre à la maison ?
— Chez vous ? Vous êtes d'ici ?
— Ben… je suis à vélo et dans une tenue plutôt légère, ça aurait dû vous donner quelques indications. Je vis là, dans la troisième maison de cette avenue.
— Ah ? Et vous vivez seul ? Votre femme ou vos enfants ne sont donc pas aussi avec vous ?
— Ma femme ? Oh ! Pardon, mais je suis veuf et nos enfants… ils se fichent pas mal de leur vieux père. Ils vivent en région parisienne.
— Ils ! Ça sous-entend donc que vous en avez plusieurs ?
— Le choix du roi… Élisabeth mon ainée, trente ans, professeure des écoles à Plaisir dans les Yvelines, ça ne s'invente pas, n'est-ce pas ? Et Emeric son cadet de deux ans qui lui est pompier professionnel à Paris, place Blanche ! Vous voyez, ces deux-là ont d'autres chats à fouetter que de s'inquiéter pour leur papa.
— Je vois… et pour quoi donc ici ? Pour ne pas vivre plus proche de vos enfants ?
— Je crois qu'il suffit de regarder autour de nous pour connaitre la réponse à votre question. Je n'ai nulle envie de m'enterrer dans une ville telle que la capitale. Imaginez, les voitures, les bouchons, la pollution !
— D'accord, c'est donc pour la qualité de vie que vous résidez si loin d'eux.
— Ils sont jeunes et peuvent faire l'effort de venir me visiter. Après tout je leur ai consacré une grande partie de ma vie, tout comme Christelle, leur maman.
— Il y a longtemps que vous êtes seul ?
— Quatre ans et je reconnais que ce n'est pas drôle tous les jours. Elle me manque vraiment. Mais vous ne voulez pas que nous ramenions Pipper chez lui ? Et puis pour une fois que je pourrais avoir un peu de compagnie, pourquoi ne pas prendre un apéro sur la terrasse ou sur le bord de la piscine ?
— C'est une proposition honnête ? Vous sembliez me porter peu d'estime, lors de nos premiers échanges.
— Seuls les idiots ou les imbéciles ne changent pas d'avis. Allez, ne vous faites pas prier.
— C'est bien pour cela que je vais vous faire plaisir. Mais pour seulement un verre, d'accord ?
— Bien sûr ! De toute façon, je suis en quelque sorte resté très fidèle à mon épouse. Par la force des choses aussi sans doute. Et puis je suis bien trop âgé pour intéresser une jeunette telle que vous.
Que répondre à cela ? Nous cheminons ensemble, moi toujours cramponnant la longe improvisée du chien et lui s'accommodant de sa bicyclette. Finalement nous ne sommes qu'à quelque deux cents mètres d'une demeure dont des tas de gens doivent rêver. Basse comme c'est la règle dans la région, pour tenir le vent. Blanchi de frais, l'extérieur démontre déjà une certaine aisance du propriétaire. Et alors qu'il me fait pénétrer dans le hall, je ressens la richesse de ce qui m'entoure. Oui, à n'en pas douter, ce type est friqué.
Il nous dirige vers un patio que nous traversons. Un ilot de verdure à ciel ouvert au centre de bâtiments érigés en carré ou en rectangle. Et nous voici dans l'enceinte d'une vraie piscine couverte. Ici il règne une atmosphère chaude et humide.
— Ça vous plait, madame ?
— Ben… il faudrait être difficile pour ne pas apprécier le cadre. Vous êtes un homme riche monsieur !
— Pierre… appelez-moi Pierre. Et vous ? Puis-je savoir votre prénom ?
— Oh ! Ah oui… Annie !
— Tenez ! Ceci vous appartient, il me semble !
Ma ceinture, laisse éphémère que ce Pierre me rend.
— Oui, merci ! Il me fallait trouver une astuce pour que Pipper ne s'évade pas de nouveau en attendant votre venue.
— C'est bien ! Vous désirez boire quoi ?
— Ça dépend de ce que vous avez à me proposer… c'est agréable comme endroit.
— Vous pouvez aussi vous baigner si le cœur vous en dit. Vous êtes mon invitée et à ce titre vous êtes ici chez vous. Ce n'est pas mon chien qui va vous dire le contraire. Il vous a déjà adopté à mon sens.
— Je n'ai pas de maillot pour faire trempette… donc ça coupe court à tout.
— Si ce n'est que cela, vous savez, je n'en porte jamais pour entrer dans l'eau… le Bon Dieu nous a fait naitre nu, c'est un fait acquis !
—…
Mince ! Il me propose donc d'aller dans la flotte de sa piscine à poils ? C'est plutôt rapide comme plan. Pourtant, il ne fait aucun geste déplacé, ne tente aucune approche, pas de drague malsaine. Non ! Juste des mots tombés comme ça, avec une sorte d'indifférence. Il revient du reste sur sa proposition de boire un verre.
— Pour ce qui est de l'alcool, le mieux est que vous regardiez vous-même. Le bar est là, juste à votre gauche.
—… ?
— Pour moi, c'est un whisky ! Sans glace.
C'est dit sans tremblement dans la voix. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'approche donc d'une sorte d'armoire et en ouvre une porte. Là toute sorte de bouteilles s'offrent au plaisir de mes yeux. Je saisis donc deux verres et sers à sa demande deux rasades d'un liquide ambré.
— Vous n'êtes pas obligée de prendre la même chose que moi. Il doit encore se trouver la boisson favorite de Christelle… du rhum arrangé. Vous devriez le gouter.
—… Vous croyez que je peux ? Mais j'ai déjà servi un second…
— Quelle importance ? Je suis capable de siffler les deux. Alors, faites-vous plaisir. Et ensuite, allez faire trempette, vous savez, elle aussi adorait se mettre à l'eau, nue. Vous ne risquez plus grand-chose de la part d'un vieux bonhomme tel que moi.
Il insiste ce Pierre, mais ça ne me parait guère être un voyeur. Je fais comme il me l'indique, et un arome de banane, mélangé à la cannelle et du rhum vient me chatouiller les narines. Nous trinquons et sans gêne, mais n'est-il pas chez lui après tout, il ôte ses vêtements. Il est de dos et nu lorsqu'il se dirige vers un pédiluve et une douche que je ne soupçonnais même pas. À quatre mètres de moi, il passe son corps sous l'eau claire d'un jet. Je reste scotchée par le spectacle. Et me voici remuée de l'intérieur, chaude en quelque sorte.
Pierre n'hésite pas une demie seconde. Il plonge dans son bassin dès qu'il s'est rapidement mouillé. Une gerbe d'eau qui vient éclabousser mon chemisier. Et lui qui rigole depuis le rebord de la piscine où il vient de s'accrocher.
— Vous ne voulez vraiment pas venir ? Elle est excellente, je vous le promets. Allons, je suis un vieil homme, vous ne craignez rien.
J'écoute la musique de sa voix et suis tentée par son offre. Et puis ne suis-je pas sortie ce soir pour dénicher un plan de ce genre ? Après tout ce type ou un autre, dans ce domaine, ils se valent tous. Mais il a l'air de dire qu'il n'assume plus. Réalité ou simple commentaire pour me pousser à oser ? Alors je dégrafe ce qui me couvre la poitrine, puis retire ma jupe. Reste encore à rouler mes bas en prenant soin de ne pas les filer. Et puis comme je suis de dos, il a peut-être l'impression, à la vue de mes fesses bien visibles que je ne porte pas de culotte. Je le détrompe immédiatement en descendant le chiffon sur mes chevilles.
D'un coup de pied qui se veut élégant, j'envoie valser le string. Et comme mon hôte, je me trempe les pinceaux dans le pédiluve et me douche. Une eau bien tiède qui me dégringole sur le corps. C'est le bon moment pour crever la surface d'un plongeon qui m'enfonce dans le grand bain. Et je fais quelques allées et retours en nageant lentement. La piscine fait quelque quinze mètres de long, suffisant pour se faire plaisir. Pierre est d'un coup à mes côtés. Il nage apparemment bien. Sa tête se situe assez proche de mes jambes qui battent pour que j'avance.
— Vous êtes bien faites et sportive jeune dame. Comme je regrette le poids des ans en cet instant.
— Ah bon ?
— Oui, je vous aurais bien fait un brin de cour.
— Mais plus jeune vous aviez une dame vous aussi, à la maison ! Elle n'aurait pas vu d'un très bon œil le fait que vous draguiez une autre nana.
— Oh, je crois qu'elle se serait surtout fait un plaisir de vous ensorceler.
— Comment ça ? Je ne comprends pas
— Nous étions un couple, comment vous dire ? Tout ce qu'il y a de plus moderne.
— Tiens donc !
— Ben oui ? Vous pensez que ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui ont inventé le libertinage ? Allons, voyons, ils n'ont fait que copier leurs ainés, vous savez.
—… ! Eh bien, si je m'attendais à un truc pareil. Dommage donc que vous ne soyez plus en mesure de…
— Mais quand vous ai-je dit une chose pareille ? Je vous ai juste laissé entendre que j'avais de la bouteille. Parfois c'est aussi un pur bonheur d'être expérimenté, ne trouvez-vous pas ?
— Mmmh ! Je n'en sais rien.
— Mais dites-moi Annie, que faisiez-vous sur le remblai aussi curieusement vêtue ?
— À votre avis ? Vous m'avez bien pris pour une pute, non ? Et là dans votre esprit, vous vous dites que vous pouvez tenter votre chance ?
— Un peu ! Mais je ne suis pas certain de parvenir à vous séduire.
— C'est déjà un peu le cas, sinon, je ne serais pas nue comme un ver dans la piscine d'un type seul aussi à poils que moi.
— Vous m'invitez donc à aller de l'avant, si je saisis bien votre message ?
— Pourquoi pas ? Sachez juste que je ne suis pas du genre à vivre en couple. Vous percutez maintenant ?
— Je me contenterai donc d'une seule soirée, si vous n'y voyez aucune objection… Vous êtes désirable au possible et je crois que les gens de votre âge disent : bandante !
— Si vous le dites, ça reste à prouver, non ?
— Quand vous voulez, ma belle.
Lui ne nage plus, dos appuyé au bord du bassin, à un endroit où il a pied. Je termine donc mon passage et viens me reposer à cinquante centimètres de sa position.
— Eh bien, osons donc puisque tel est mon désir, Pierre.
Son mouvement du buste me laisse perplexe. Peur ou vrai refus ? Je ne sais que penser. Alors c'est moi qui dois de nouveau faire le premier pas ? Je me tourne vers cet homme qui bande vraiment puisque ma main vient d'effleurer son sexe que la surface de l'eau ne garde pas totalement invisible. Mais il ne semble pourtant pas si pressé de me montrer s'il en a envie.
— Je ne vous plais pas Pierre ?
— Ne pas me plaire, dites-vous ? Mon Dieu, c'est tout autrement que je vois les choses. J'ai juste besoin d'une sorte d'environnement propice à des galipettes. Être dans mon élément en fait.
— Et votre élément c'est quoi, au juste ? Parce que là, je donne ma langue au chat…
— Eh ! Pas si vite pour jeter le meilleur de vous. Elle peut encore servir et je n'ai pas de minet disponible pour votre langue, mais… si vous voulez, je peux vous faire voir, ce qui me branche le plus !
— Ah ? Parce que vous avez vraiment un environnement particulier pour cela ?
— Oui… un endroit qui comme ce que vous tenez si bien, n'a plus vraiment servi depuis le départ de ma malheureuse épouse, vous comprenez ?
—… bon ! Eh bien, montrez-moi ! Que je ne meure pas totalement idiote.
— Vous… vous êtes vraiment certaine de vouloir connaitre certains de mes secrets les plus inavouables
— Eh bien ! Ne me faites pas languir, après tout, vous l'avez si bien souligné, je suis sortie pour cela.
— Vous l'aurez voulu et je m'attends à vous voir fuir en courant.
—… ? Vous êtes bien sûr de vous ! C'est si affreux ce que vous cachez aux yeux du monde ? Un cadavre dans le placard ? Seriez-vous un « Barbe bleue » ignoré ?
— Que non ! Mais… suivez-moi puisque vous semblez douter de ce que je vous raconte.
Il nage de nouveau, vers les quatre marches qui permettent d'entrer ou sortir de son bassin. Machinalement je lui laisse une longueur d'avance et puis je fais de même. Pas besoin de nous sécher. Il ne songe pas seulement à me donner une serviette, pris par ses pensées. Et il se dirige vers le mur du fond de sa piscine. Bien malin qui trouverait une porte cachée là. Elle tourne silencieusement sur des gonds invisibles.
Derrière cette paroi mobile, une pièce assez spacieuse encore plongée dans une semi-obscurité. Pas de fenêtre, pas d'autres ouvertures que celle que nous empruntons. Et là, il allume sans que je sache comment des spots eux aussi dissimulés dans les murs et le plafond. Le spectacle me cloue sur place. D'abord je ne comprends pas tout à fait ce que je vois. Puis mon cerveau se remet à fonctionner lentement. Cette fois, je viens de saisir dans les détails. Ça ressemble peu ou prou à une salle de tortures. Oh ! Bien entendu les appareils qui composent l'équipement de cette pièce me sont totalement étrangers.
Mais leurs formes, leurs dispositions et surtout l'attirail qui remplit certaines étagères ou clous aux murs sont de nature tellement suggestive. Il me dévisage avec sérieux. Je reste bouche bée devant ces trucs, ces machins et ne pipe mot.
— Qu'en pensez-vous Annie ?
— Ben…
— Savez-vous comment s'appelle cet appareil ?
— Non, mais j'imagine aisément à quoi il peut servir. Vous et votre femme étiez des adeptes de ces jeux… terriblement spéciaux ?
— Oh oui ! La plupart de ce que vous voyez là, je l'ai réalisé de mes mains sous la direction de mon épouse… elle en raffolait. Et ce que femme veut devient vite un ordre. Mais j'avoue que j'ai beaucoup joui en usant, pour ne pas dire abusant de ce que vous entrevoyez ici. C'est là mon plus grand regret, que Christelle ne soit plus ici pour en jouer.
—…
— Vous voyez, j'ai désormais besoin de ce genre de « stimulant » pour parvenir à un plaisir total. Sombre bien sûr, mais terriblement bon ! Vous n'avez pas envie de vous sauver en courant en voyant ce que pompeusement je nomme : donjon !
— Vous savez, il n'y a pas si longtemps, lors d'une autre soirée, un homme m'a dit que j'étais faite pour le sexe. Et ma foi, je ne suis pas du genre à m'effaroucher pour quelques meubles…
— Ah ? Vous plairait-il d'en essayer quelques-uns ? Celui-ci par exemple ?
—… ! Ce truc-là, c'est pour mettre quoi ?
— Les poignets et là, le cou. L'autre partie se referme et un cadenas empêche l'occupante de s'enfuir. Après… celle qui est dans ce carcan a le choix entre tous ces instruments barbares que vous entrevoyez, accrochés là à ces pitons.
— Donc fouet, cravache et ça, comment ça se nomme ?
— Un paddle ma chère Annie… c'est une petite raquette de cuir. Ça résonne fort dans le silence, mais ça ne laisse aucune trace sur la peau. Juste quelques rougeurs qui disparaissent bien vite. Pour ma part, j'adore officier avec une cravache. Ça cingle un peu plus, mais la douleur reste modérée et ça me donne plus envie. En parlant d'envie… il vous plairait d'en essayer une, de mes « inventions » ?
— Vous frappez fort ?
— Tout se discute ma chère. Et c'est toujours celle qui se soumet qui dicte ses conditions, entente préalable à toute action de celui qui tient le manche.
— En clair, si je vous demande par exemple d'arrêter ou de cogner moins fort, vous obéissez ?
— C'est exactement le but du jeu. Pas question de démolir la dame qui se laisse tenter par l'expérience. Et puis le tout est bel et bien de parvenir à un certain degré de jouissance sans pour cela massacrer la peau ni faire vraiment mal. Vous suivez ?
— Très bien. Et cette croix-là ?
— Même principe que pour le carcan. Mais là, tous les membres sont empêchés. Et tout le corps et à la merci du guide.
— Vous ne dites pas « maitre » ?
— Non, parce que ça ne s'adresse qu'aux initiés et vous n'en faites aucunement partie… pas encore du moins.
— Pourquoi pas, après tout, cette forme de sexualité mérite qu'on s'y attarde. Vous me garantissez que je ne vais pas devenir un punching-ball ?
— Allons ! J'aurais eu mille fois l'occasion de vous amener ici de force. Je ne veux que votre plaisir et je sais que le mien passera obligatoirement par le vôtre. Mais je ne tiens aucunement à un plan cul comme vous les jeunes vous dites de nos jours. Je préfère l'abstinence plutôt que renoncer à ma passion. Tout à l'heure, il me suffisait d'un mot et nous aurions fait l'amour sagement sur un divan, mais ce n'est pas mon attente.
— Je vois ! Merci de votre honnêteté. Alors si je devais vous obéir, juste une seule soirée et attention, ce n'est pas un accord, mais une simple supposition, pour une néophyte telle que moi, que me conseilleriez-vous ? Comme machine infernale, je veux dire.
— Toutes se valent, mais la peur aussi fait partie intégrante du jeu. Alors je préconiserais le carcan avec un bâillon boule et un bandeau, puis au choix, cravache ou paddle.
— Pas le fouet ?
— Pas de fouet, non. Il est muni de petites billes qui sont déjà plus… menaçantes pour votre peau trop bourgeoise. À vous de décider. C'est non et nous retournons sagement nager et prendre une coupe de champagne dans la piscine. C'est oui et je vous ouvre les portes de mon royaume, un peu désert, je vous le confirme depuis… quelques années. Quatre en vérité !
— Je propose un compromis !
— Dites toujours, que j'avise ! C'est votre droit de parler, le mien est d'écouter et de juger si ça vaut la peine d'être vécu.
— La coupe de champagne d'abord au calme me laisserait le temps de réfléchir à la situation. Et puis si je me sens de bonne humeur nous pourrions revenir dans quelques instants, qu'en dites-vous, Pierre ?
— Que c'est honnête ! Venez ! Le champagne est au frais.
Nous regagnons donc le bord du bassin et il va droit vers un réfrigérateur pour y querir une bouteille. Il revient avec deux coupes. Un « pop » sonore puis un peu de mousse déborde du goulot. Le bruit pétillant du vin qui remplit les verres est à lui seul un poème. Un choc pour une montée vers nos bouches de ce qui contient ce nectar des Dieux. J'adore les bulles qui éclatent dans mon palais. Pierre reste bien silencieux. Anxieux de ma réponse ? Dans mon esprit, je suis tiraillée entre la peur de ressentir de la douleur et l'envie de savoir.
C'est moi donc qui romps d'un coup ce silence oppressant.
— Si je vous donne le feu vert comment ça va se passer ?
— Nous allons en discuter quelques minutes, si vous le désirez, Annie.
— Je suis toutes ouïes !
— Tout d'abord, je vous mets en place. Un bâillon pour étouffer vos cris, mais je suis persuadé que vous saurez les retenir. Un bandeau aussi, de manière à ce que vous ne sachiez pas d'où ça arrive. Nous décidons du nombre à vous infliger.
— Infliger ? Vous avez donc une notion de punition ? Mais je n'ai rien fait qui en mérite une.
— Bien entendu, c'est histoire de parler. Et puis lors des soirées, c'est toujours une punition, alors j'utilise les termes comme dans une vraie séance. Pardon…
— Vous punissiez donc votre épouse.
— Oui ! Mais elle faisait des erreurs souvent dans le but même de l'être, comment vous expliquer sans vous choquer.
— Oh, vous pouvez y aller… il en faut déjà pour dépasser la mesure. Même vos termes employés sur le remblai ne m'ont pas vraiment fâchés.
— Je vois ! Mais alors combien de coups et par quel instrument seriez-vous prête à assumer, le cas échéant ?
— Je ne sais pas, moi ! C'est vous le spécialiste de ces jeux entre adultes.
— Bien sûr, mais vous avez et aurez toujours le dernier mot, quinze peut-être ? Voire vingt, mais il vous suffit de me désigner un mot simple là maintenant qui sera un code pour me faire savoir que c'est assez.
— Un mot ?
— Oui, le plus simple possible
— D'accord alors… « papa » !
— Je ne suis pas votre père !
— Je sais, mais c'est mon mot pour vous.
— Ah d'accord ! Pardon, je n'ai pas percuté. Ça veut dire que vous êtes partante ? Pour le carcan ou la croix ?
— Voyons ce que peuvent donner votre paddle et le carcan. Et nous sommes bien d'accord, au moindre « papa » tout s'arrêtera ?
— Vous avez ma parole. C'est donc à votre bon plaisir. Je vous sens prête, allons-y de ce pas.
Je finis tout de même cul sec mon verre. Pour me donner un certain courage ? Peut-être. Lui me regarde avec une certaine fierté dans les yeux. Et il me prend par le bras, me pousse gentiment vers cette issue restée béante lors de notre sortie de la pièce secrète. Mon cœur bat la chamade, mais je ne bronche pas lorsqu'il installe dans ma bouche une sorte de cochonnet de pétanque en caoutchouc. La bille est maintenue en place par deux lanières de cuir nouées sur ma nuque. Puis j'ai droit à un bandeau. Un peu du style de celui qu'il m'arrive d'utiliser pour dormir dans le noir.
Enfin, je le sens qui me tire en avant. Il colle mes deux poignets et mon cou dans les encoches d'une planche sur laquelle est tendue une mousse recouverte de velours. C'est assez doux. Et je suis donc en position verticale, avec les bras et la tête, prisonnière dans ce qu'il nomme carcan. J'avoue que ça me fait très bizarre comme sensation. Et comme je suis toujours entièrement à poils, il passe sa patte sur ma croupe. Je ne dis absolument rien. Comment le pourrais-je du reste ? Seul un grognement peut à peine sortir de ma gorge.
Je songe, mais un peu tard que pour crier « papa », ça risque bien de m'être impossible. Et il prend surement son temps. Je suis harnachée depuis combien de temps ? Pas moyen de le savoir. De temps en temps sa main caresse mes fesses. Longe la raie qui les fend en deux. Et il appuie un doigt, que j'imagine être un index sur mon anus. Merde ! Qu'ont-ils donc tous, ces bons Dieux de bonshommes, avec le trou du cul des nanas ? Ca les excite tant que ça ? Mais lui n'insiste pas non plus. Il vient d'approcher de mon visage le sien, j'en jurerais. Sa voix qui me parvient toute proche de mon oreille me le confirme.
— Vous avez déjà pratiqué par-là ?
— Humm !
— Ah, c'est vrai, le bâillon ! Finalement pour la première fois, peut-être allons-nous nous en passer. Les cris, les gémissements aussi sont de puissants aphrodisiaques pour ceux qui pratiquent ces jeux.
Et la boule m'est retirée. J'arrive à respirer mieux. Un filet de bave me coule sur les seins. Et je sens que Pierre essuie cette sécrétion que je n'ai pas su retenir.
— Vous êtes très belle. Je peux faire quelques photos ? Je vous donne ma parole que vous aurez le support après et que pas une seule image de vous ne sortira d'ici.
—… oui… allez-y.
La sensation est très étrange. Entendre sans voir est aussi un peu flippant. Le bruit qu'il fait dans un coin ou un autre, celui du déclic de son appareil, et sa patte qui revient cette fois un peu plus bas que mon trou de balle. Une question, identique à celle déjà lancée.
— Vous avez déjà pratiqué par-là ?
— Euh… non, enfin juste avec un « rosebud » !
— Ah ! C'est super ça. Vous êtes donc une adepte de l'élargissement de l'anus par ce genre d'artifice ?
— Juste un cadeau d'un de mes derniers amants. Rien de plus et je ne l'ai porté qu'une soirée.
— Avez-vous été prise alors qu'il était encore en place ?
—… oui !
— Vous êtes honnête et j'aime ça ! Dites-moi, quel effet ça vous a fait de sentir les aller et retour d'un sexe et le frottement de celui-là contre l'objet ? La paroi à cet endroit est très mince. Vous avez aimé cela ?
— Je dois le reconnaitre, oui ! Ça m'a fait jouir.
— Parfait. Votre « ami » vous traitait-il comme la bonne salope que vous êtes ? Pardon pour les mots crus, mais ça fait partie du folklore de nos jeux.
— Non ! Il ne m'a pas… insultée.
— Salope, vous parait être une insulte ? Vous n'aimez donc pas les insultes… pendant l'acte bien sûr.
— Je n'en sais rien, ça ne m'est jamais arrivé.
— Et là ? Si je vous traite avec tout le respect dû à une vraie salope, ça vous dérange ?
— Je suis sortie pour un plan cul, alors mots crus ou non, ça ne peut pas changer grand-chose.
— Nous allons bien sûr nous y coller, d'accord ?
— Entendu… mais soyez… doux.
Puis plus rien. Il se déplace en silence. Je ne sais plus trop où il se situe. Sa voix me donnait des indications, maintenant je suis déboussolée. Je sens comme un vent qui frôle ma fesse gauche et je me raidis vraiment. Mais non ! Il ne se passe rien. Il a sans doute donné un coup léger dans le vide, très près de mon derrière. C'est au moment où je me fais cette réflexion que le premier coup s'abat avec un claquement sonore sinistre. Bon ! La morsure n'est pas appuyée et si je sursaute, c'est plus par la surprise et la peur que par la douleur. Le second atterrissage est déjà plus musclé.
Il revient à la charge verbalement.
— Ça, c'était juste un aperçu. À partir de maintenant vous allez devoir compter… chaque frappe sur votre joli cul, d'accord ?
—… oui… oui.
Après cela, c'est méthodique, et j'énonce chaque fois un chiffre. Si je ne le dis pas assez fort, ou si Pierre trouve que c'est trop long entre la réception du coup de paddle et son numérotage, la claque n'est pas comptabilisée. Ce qui fait que j'en reçois de plus en plus et qu'elles sont de plus en plus appuyées. Mais si je prends cher, ça s'accompagne d'une forme d'excitation que je ne peux pas vraiment nier. Il le sait bien le bougre, puisque de temps en temps, il vient vérifier l'avancée de ses travaux. Tout bêtement en passant sa main sur ma chatte. Je suis prête à crier le mot magique lorsqu'il m'annonce que c'est fini.
— Vous êtes une bonne fille. Et vous êtes prête pour une saillie. Je vais donc vous baiser. Mais auparavant souhaitez-vous un massage, pour effacer les traces rouges sur votre joli cul ?
— Un massage ?
— Oui… huiles essentielles et mes mains qui glissent sur votre corps, un vrai massage quoi ! Ça vous plairait ?
— Volontiers…
C'est donc ainsi que sur un autel recouvert d'un drap immaculé je suis tripotée dans tous les recoins de mon corps par ce vieux vicieux qui s'en donne à cœur joie. Quand son sexe est-il assez proche de ma bouche pour que je le gobe ? Il y a bien longtemps que j'ai perdu la notion du temps dans son donjon. Mais quel plaisir d'avoir sous la langue un gland décalotté qui suinte déjà ! Lui aussi est excité, on dirait. Il ne fait aucun mouvement pour se dérober alors que je débute ma sucette. Et c'est donc d'une manière plutôt traditionnelle que nous parachevons cette soirée cul qui ne m'affole pas plus que cela.
Après quelques bons coups de reins, mon seigneur et pas maitre, mais bien « guide » s'oublie dans son manteau de latex. Et je reprends ma liberté, avec le sentiment d'avoir cette fois encore vécu un moment différent. Pas pour la partie baise qui ne me laisse pas un souvenir impérissable. Mais plus pour cette pseudo séance de soumission et par la gentillesse d'un homme trop seul. C'est exactement ce à quoi je songe en reprenant le chemin de ma maison. Je sais déjà que je ne suis pas rassasiée. Mon corps a faim et me le fait savoir. Mais pas ce soir… là ? Je rêve d'un bon lit et d'une nuit d'un sommeil bien lourd.
Il sera temps d'agir le prochain week-end !
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Photo de profil de Ced6782
Ced6782
24 juillet 2022 à 18:15
Jolie Bravo Bravo
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
21 juillet 2022 à 18:23
Pas sûr qu’Annie renouvelle cette expérience qui la laisse insatisfaite mais cela restera un souvenir redondant qui pourrait l’amener à approfondir cette pratique.
Seule Jane en décidera selon son bon plaisir (et le nôtre)
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Utilisateur supprimé
21 juillet 2022 à 15:00
Vivement le week-end prochain alors
Soyez respectueux
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Photo de profil de jipe06
jipe06
20 juillet 2022 à 21:50
L'appétit sexuel n'est pas rassasié mais le souvenir de ces nouveautés est présent, la jouissance pas tout à fait satisfaite sera donc un plaisir + + + lors de la prochaine quête d'un amant en devenir...merci Jane pour ces plaisirs partagés.
Soyez respectueux
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