Un long soir de fiançailles
Chapitre 1 · Nuit de folie !
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✦ Jane Does Un long soir de fiançailles XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Un long soir de fiançailles — Chapitre 1 · Nuit de folie !

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Jane Does
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Un long soir de fiançailles

Chapitre 1 · Nuit de folie !

Sur le lit, la tache rouge de la culotte tranche avec la blancheur du drap. L'image que me renvoie la psyché, alors que sur ma taille je ferme les deux brins du soutien-gorge qui s'accorde parfaitement avec ce slip est plutôt sympathique. Une fois le fermoir clipsé, je fais tourner l'ensemble de manière à amener les bonnets sur mes seins. Il ne me reste plus qu'à passer les bras dans chacune des bretelles. Ma silhouette me plait, et c'est bien là l'essentiel. Buste penché vers ma couche, mon bras ramasse le triangle de dentelle et celui-ci remonte le long de mes jambes, pour venir masquer mes fesses et mon pubis. Un dernier geste pour placer correctement l'entrejambe et masser un peu mon derrière.
J'adore l'effet de ce rouge sombre sur mon corps. Je me sens du coup, terriblement plus femme. Pour un peu, j'oserais dire « femelle ». Le miroir me montre un ventre presque plat, une taille fine, et béatement je souris de satisfaction, devant cet ensemble que je juge harmonieux. Cinquante-huit petits kilos répartis dans un mètre soixante-quatorze, pas une once de graisse. Oui ! Il y a certainement plus jolie que cette brune qui se mire là, mais… je suis contente de ce que je vois. Reste donc à dégoter dans le dressing de quoi orner ces sous-vêtements d'une parure qui me plaise. Une hésitation encore ! Porte-jarretelle ou pas ?
Le tiroir de la commode qui glisse gentiment pour dévoiler mes trésors, bas, collants, chaussettes et mes doigts plongent dans les piles bien rangées. Sur le dessus, des « dim-up » affichent leur bande élastique. Trop foncés pour ma sortie, ils sont impitoyablement écartés. Un emballage avec une fenêtre, ceux-là sont exactement ce que je désire. Ouvert, le carton montre des bas avec une couture… je kiffe grave. Par contre, ce sont des vrais bas et donc très fragiles. Ils vont nécessiter ce fameux attribut si délicieusement féminin… et quelque part un zeste pervers. La bande étroite avec ses fixations pour maintenir la soierie bien en place. Il me faut un temps fou pour que tout soit exactement comme je le désire.
Nouveau regard vers la glace et mon reflet me donne le sourire. Bien, ma belle ! Tu es… quasiment prête. Une jupe « ras la touffe » comme aurait dit maman, un corsage avec les trois derniers boutons non clos, la vue d'ensemble devrait suffisamment attirer les regards. Ce soir… c'est décidé, je vais draguer. Je dois admettre que ça fait un long moment que je ne suis pas sortie. Avec un mec, je veux dire ! Il est temps de m'y recoller. J'ai cette petite pointe d'envie qui me serre déjà les tripes. Est-ce l'effet de ma tenue plutôt glamour ? Ou alors cette idée de m'envoyer en l'air ? Un peu des deux surement. Mais je dois refréner les images qui me montent dans le crâne.
Histoire surtout de ne pas trop mouiller tout de suite. Ne pas tacher le fond de ces froufrous que je viens de passer depuis une dizaine de minutes. Penser à autre chose, c'est vital. Ma petite Catherine, ne t'emballe pas trop vite. Je mets tous les atouts de mon côté, il ne me manque que l'audace souvent. Celle d'aller au-devant, mais surtout la confiance pour aller au bout de mes envies. Oui ! Il m'arrive de douter et de renoncer à la dernière minute. Peur des mecs, peur que celui avec qui j'aimerais passer un moment ne soit pas aussi « gentleman » que je le souhaiterais… et c'est cette idée qui me trotte sous ma tignasse brune qui stoppe la montée d'un désir… humide !
C'est fini pour la partie vestimentaire et je peux donc quitter ma chambre avec le sourire. Direction cette fois la salle de bain. Un tube de rouge, pas trop criard, juste ce qu'il faut pour faire ressortir mes lèvres. Elles brillent et ma langue vient lécher mes incisives empourprées par un excès de gloss. Petit coup de brosse pour remettre en place ces tifs qu'un souffle de laque garde parfaitement rangés. Me voici parée pour une soirée que mon cerveau imagine exaltante, que mon corps lui réclame… plus torride. Depuis combien de temps n'ai-je pas couché ? Je secoue le menton, comme pour échapper à une comptabilité embarrassante. Quelle importance ? De toute façon pour cela, il faut être deux, au minimum.
Je souris de nouveau à cette idiotie qui me fait rajouter « au minimum ». J'ai déjà tellement de difficultés à dénicher un seul partenaire… alors deux, ça tiendrait du miracle. L'espoir fait vivre ma petite Catherine ! La petite voix dans ma tête revient insuffler un peu d'espoir. Au clocher de l'église tout proche, vingt heures viennent de sonner. Il est temps de filer. Où ? Aucune idée pour l'instant. Je vais me laisser guider par mon instinct. Nouvelle risette à la pensée que je deviens là… une poule en chasse. Un tour pour m'assurer que tout va bien devant le miroir de ma chambre, attraper au passage une veste qui s'accorde à ma jupe… et je me sens… prête, pour l'aventure. Belle aussi !
— xXx —
Lieu incontournable pour débuter une soirée, la pizzéria de mon amie Clothilde. C'est le coup de feu dans son restaurant, mais elle prend une seconde pour venir me faire la bise.
— Salut Catherine… tu es de sortie, on dirait !
— Ouais… tu as du monde ce soir, dis donc !
— Ben… heureusement. Parce que c'est un peu le but du jeu. Et plus les clients sont nombreux, plus je gagne d'argent… mais tu veux peut-être diner ? Toujours toute seule ?
— Oui… et je trouve un peu le temps long… alors, j'ai décidé de sortir… dommage que tu ne sois pas libre.
— Adrien va passer me prendre pour aller fêter l'anniversaire de sa mère… je ne suis pas libre de toute façon.
— Ça marche toujours entre vous deux… si je comprends bien !
— Je n'ai pas à me plaindre. Il est gentil, prévenant et puis… tu veux que je te dise, c'est aussi un bon coup. Alors je ne vais pas le perdre ou le faire fuir.
— S'il pouvait avoir un frangin, ou un copain fait du même bois… je suis preneuse !
—… tu sais bien qu'il est fils unique et je ne connais pas ses amis… pas tous, du moins. Je reviens… j'ai encore deux tables à servir.
— D'accord !
— Tu manges ou pas ?
— Ben… une toute petite alors…
— Comme d'habitude ? Une Texane ?
— On ne change pas une équipe qui gagne… je les adore les tiennes, tu le sais bien !
— C'est parti… tu la manges ici, où tu t'assois en salle ?
— Non… là au comptoir, si ça ne te dérange pas, ma belle !
—… c'est bon !
Je suis des yeux un instant ce petit bout de femme qui se démène pour que vive son entreprise. Clothilde et moi, c'est une longue amitié. Depuis les bancs de l'école, nous sommes restées très proches. Bien sûr, nos chemins ont divergé, mais cette petite rouquine d'un an mon ainée a toujours gardé une pêche d'enfer. Elle se remue et extrait de son four à bois les deux tartes qui sont attendues par un duo de clients. Des mecs qui parlent doucement et jettent de fréquents coups d'œil vers la patronne. À moins que ce ne soit vers moi ? Une fois servis, ils n'ont surement plus de motifs de scruter dans notre direction.
Une mini pizza sur une assiette est d'un coup, poussée devant moi. Ma copine me sourit. Et elle d'un côté de son zinc, moi de l'autre, elle ne dit pas un mot. C'est donc à mon tour d'alimenter la discussion !
— Donc ma belle, si tu devais me conseiller un endroit pour… me détendre ce soir ? Toi, où irais-tu ?
— Ben… ça dépend du genre de détente que tu espères, tu piges Cathy ?
— Euh ! Tout à fait ! Mais soyons folles jusqu'au bout, veux-tu, disons une détente complète. Tu vois le style ?
— Ouais… pour danser et draguer, il y a bien « Le Téquila », nous y allons de temps en temps avec mon homme. En journée, mais là, il est trop tard… un nouveau salon de massage s'est ouvert dans la vieille ville. Il parait que c'est… super chic et les masseurs sont canon. Après… je ne sais pas s'ils assurent la finition !
— Nous sommes samedi et en soirée… Le « Téquila tu dis » ? C'est branché comme truc ?
— Adrien et moi nous sommes en couple, mais il y a pas mal de types seuls… sinon, mais c'est un peu plus éloigné… « La Croisette », tu dois t'en souvenir ! Nous y allions souvent.
— Toujours aussi bonne ta pizza… ma vieille… un régal ! La Croisette… pourquoi est-ce que je n'y ai pas pensé toute seule, hein ? Tu peux me le dire ?
— Peut-être parce qu'il faut un cerveau… non ?
J'avale ma bouchée de travers et elle rigole comme une baleine. Dans mon dos, une voix masculine vient me surprendre.
— Catherine… une revenante. Ça fait un bail qu'on ne t'a pas vue ici ?
— Adrien ! Salut ! Comment vas-tu ?
— Bien… mais c'est à toi qu'il faut demander cela, tu te fais rare…
— Peut-être que je n'ai pas envie de jouer la chandelle. Vous voir vous relécher toutes les deux minutes peut être agaçant…
Cette fois, c'est au tour de Clothilde de se prendre ma répartie en pleine poire. Mais elle en rigole de plus belle. Et nous bavardons quelques minutes. Je pose à Adrien la question qui me prend la tête depuis le début de soirée… et j'obtiens une réponse identique à celle que sa femme vient de me formuler. La Croisette recueille donc deux suffrages et mon Dieu… c'est à trente minutes de route, pas non plus le bout du monde. Alors… j'achève ma dinette solitaire encadrée par mes deux amis. Je veux régler ma note, mais Clothilde refuse catégoriquement et le restaurant se vide petit à petit. À mon tour de filer, pour retourner voir si l'endroit préconisé par les deux amoureux est toujours à la hauteur de sa réputation passée.
Perdu dans une vraie forêt de résineux, l'établissement est tel que ma mémoire le garde depuis toutes ces années. Oui ! Clothilde et moi avons dragué ici, mais bien de l'eau est passée sous les ponts depuis notre jeunesse. Quinze ans nous séparent surement de ma dernière visite en ce lieu. Pourtant, au premier regard, je reconnais les murs, comme si le temps avait ici suspendu son cours. Le parking est quasiment rempli, signe que les affaires ne marchent pas trop mal pour les propriétaires. J'arrive à dénicher une place vacante et j'y loge mon véhicule. Me voici replongée dans une foule de souvenirs. À trente-six ans, même les odeurs me semblent toujours identiques dans ma mémoire.
Je pousse la porte d'entrée, et la fille qui m'accueille est affublée d'un vêtement régional. Ce qui me fait penser immédiatement que les patrons sont certainement de cette Alsace dont la jeunette porte si bien le costume. Un parfum agréable vient aussi chatouiller mes narines et une musique feutrée me parvient de l'intérieur de la bâtisse. Scindée en deux, cette ancienne ferme renferme d'un côté, une salle de restaurant et pour la seconde partie, une salle de bal. C'est forcément de là que montent les notes que je perçois.
— Bonsoir, madame ! Vous dinez ou vous allez directement danser ?
— Bonsoir ! Ben… je suis désolée, j'ai déjà diné chez des amis… mais est-ce possible de prendre un verre avant d'aller de l'autre côté ?
— Bien sûr ! Mais un bar est également à votre disposition dans la salle de danse.
— Ah ? Je crois que je vais tout de même en prendre un ici… au calme.
— Mais, c'est sans problème. C'est vrai que ce soir, nous avons beaucoup de danseurs… que puis-je vous servir ?
— Une vodka orange, s'il vous plait.
— Tout de suite…
Elle s'affaire dans ses bouteilles et un verre coloré est posé devant moi. Assise sur un haut tabouret, je suçote la paille qui orne la boisson. La porte de communication entre les deux parties de la boite s'entrouvre pour livrer passage à un couple. Les deux-là s'isolent quelques minutes, main dans la main. Mari et femme ou plus surement deux amants qui sont venus pour se dandiner sur le parquet ? Impossible à dire ! Le type, brun, plutôt baraqué, me jette un coup d'œil très peu discret. Ce qui fait immédiatement réagir la blonde qui l'accompagne. Elle fait la moue, puis se serre contre son mâle. Ça va ! J'ai saisi. Chasse gardée son mec, qu'elle se rassure, je ne vais surement pas lui voler son étalon. Ils se collent au bout du zinc où je picole doucettement mon drink.
Les ronrons de la nénette sont de nature à exciter son partenaire et ils ne se gênent pas vraiment. Une première pelle me fait détourner la tête, je n'ai nulle envie de les épier. Ils fricotent sous les yeux de la serveuse et moi, sans se soucier le moins du monde de notre présence. Après tout, ce sont toujours les plus gênés qui s'en vont. Et fidèle à cet adage, je fais le chemin inverse à celui suivi par les amoureux. Je pousse la porte et la musique me happe de suite. Elle s'accroche à mes oreilles, dégoulinante de ses notes douces. Sur la piste, nombreux sont les couples enlacés. Tous se trémoussent sur les accords de slows langoureux. Je cherche des yeux et dans la salle peu éclairée, la forme longue du bar qui tapisse le mur du fond, exactement comme dans mes souvenirs, laisse entrapercevoir un groupe d'hommes seuls.
Rien n'a changé ici ! Je louvoie entre les duos qui se serrent même hors du parquet et je parviens à me frayer un chemin jusqu'au comptoir. J'y découvre une place libre et le préposé à la bibine se penche vers moi, dans l'intention évidente de me demander ce que je veux. Je pointe du doigt une bouteille de liquide incolore et il pige de suite. Il me marmonne quelques mots que je ne comprends pas vraiment dans le brouhaha ambiant. C'est un homme sans doute un peu plus âgé que moi qui se tourne pour me répéter ce que le serveur vient de raconter.
— Bonsoir… il vous demande si vous la désirez avec de l'orange…
— Ah ! Merci… oui ! Oui…
Je secoue le menton et l'autre cramponne déjà une bouteille de jus de fruit. Il en colle une bonne rasade dans le godet qu'il me destine. Je lui tends un billet, mais le type qui vient de me répercuter les paroles de l'employé, lui fait un signe. Alors, le garçon de nouveau me lance une phrase. Je hausse les épaules et garde le bras tendu avec mon bifton entre les doigts.
— Rangez ça, c'est pour moi…
— Ah ! Mais en quel honneur ? Je ne suis pas là pour…
— Chut… pour une fois que je paie un verre à une jolie femme, vous n'allez pas me le reprocher ? Je m'appelle Grégoire…
— Eh bien, merci donc, Grégoire… moi c'est Catherine.
— Enchanté Catherine ! Heureux surtout de faire votre connaissance.
Je suis à moins d'un mètre du loustic. Un rapide celui-ci ! Sans doute une quarantaine affirmée, des cheveux bien coupés, fringué plutôt sport, le gars me bouffe des yeux. Alors que je bois mon glass, lui penche de nouveau sa caboche vers la mienne.
— Vous êtes seule ?
— … ? Pardon ?
— Vous êtes seule ou vous avez un cavalier… pour danser ?
— Ah ! Je suis seule.
— Je peux vous inviter alors, sans risque de déplaire à qui que ce soit ?
Je hausse les épaules en songeant que lui en vaut bien un autre. Après tout, je suis ici pour m'amuser, voire peut-être un peu plus si… En guise d'assentiment, je secoue ma tête de bas en haut, n'ayant aucune envie de m'époumoner dans ce vacarme ambiant. Il attend patiemment que mon verre soit vide. Et nous voici embringués dans un slow lascif. Il me guide d'une manière très lente. Sa patte dans mon dos diffuse une chaleur agréable, et la seconde qui serre la mienne est suffisamment douce. J'ai immédiatement des sensations diverses qui me trottent sous les tifs. Il y a d'abord son parfum. Subtil et épicé sans que j'en définisse véritablement la fragrance. Légère, sans agressivité excessive, signe que cette odeur convient à sa peau ou à mon odorat.
Quand cale-t-il sa joue contre mon visage ? C'est seulement pour me murmurer quelques mots, rien de bien osé ou de cru. S'il me drague, c'est gentiment fait, sans forcer le trait.
— Comment une si jolie femme peut-elle être seule, un samedi soir ?
— …
Ça n'appelle aucune réponse et je me contente de glousser. Nous sommes noyés dans la masse de danseurs qui nous frôlent, et je me sens parfaitement à l'aise. Il est plus grand en taille que je ne le suis et nos pas s'accordent très simplement dans ce qui n'est pas non plus une danse très compliquée. La série de slows dure un petit moment encore avant que l'orchestre n'enchaine sur quelques valses. Là, une partie plus jeune de couples s'écarte et nous avons plus de place pour donner libre cours à un déroulé de ballet tarabiscoté. C'est un excellent cavalier et j'apprécie donc ce duo que nous formons. C'est ainsi qu'après toute une palanquée de danses, nous retournons nous abreuver. Sur la piste… un Madison réunit d'autres personnes.
— Vous dansez divinement, Catherine… j'adore.
— Je peux vous retourner le compliment… il faut être deux pour que ce soit réussi.
— Oui… quelle chaleur ! Je vais aller prendre l'air ! Vous m'accompagnez ?
— Pourquoi pas ? C'est vrai que toutes nos pirouettes m'ont donné chaud.
Nous voici sur le parking ! L'air de la nuit nous fait un bien fou. Nous discutons comme deux vieux amis, alors qu'en fait nous sommes toujours deux parfaits étrangers.
— Vous vivez donc seule ?
— Oui ! Et vous ? Une femme quelque part ? Une amie qui vous attend à la maison ?
— Non ! Je suis divorcé depuis quelques années et aucune autre femme n'a su me redonner envie de retenter l'aventure du couple. Vous savez chat échaudé craint…
— Oui ! Ma mère aussi me racontait ça… De mon côté, je n'ai pas vraiment de gout à la vie commune et puis j'aime ma liberté.
— Je vous avoue que parfois le besoin de contact humain me fait sortir de mon bois.
— Tel un loup alors ?
— Un loup ?
— Oui ! Le loup qui sort du bois, c'est pour croquer le petit chaperon rouge ? Ou la mère-grand ?
— Soyons honnêtes, c'est souvent juste pour comme ce soir, danser. Mais il est rare de trouver une si jolie cavalière, alors je suis ravi. Vous êtes une merveilleuse rencontre, Catherine. Celle dont tous les hommes rêvent forcément un jour de faire.
— Oula ! Attention ! Vous allez me faire enfler des chevilles et je suis plutôt insignifiante. Mais je vous accorde que sortir de temps en temps est aussi salutaire pour moi.
— Vous faites quoi dans la vie ?
— Oh… je travaille à mon compte. Pour schématiser, je décore des intérieurs de dames riches, pour ne pas dire très riches. Et vous ?
— Je vois ! Moi ? Je suis dans l'informatique.
— Un domaine qui m'est totalement étranger donc !
— Mais Catherine, vous n'avez pas froid, au moins !
— Non, je vous assure, ça va bien.
— Vous voulez que nous fassions quelques pas ? Ma voiture doit se trouver dans ce coin.
Il se dirige entre les rangs de véhicules et je suis un pas derrière lui. Pourquoi diable a-t-il envie de gagner son automobile ? Je m'attends à une grosse berline, mais la masse vers laquelle nous nous dirigeons ressemble plus à un utilitaire. Je suis surprise à l'approche de l'engin. Ce Grégoire se tourne vers moi.
— Je suis aussi un peu voyageur et ceci me permet une liberté quasi parfaite. Vous voulez visiter ? On peut aussi prendre un verre dans ma « roulotte » !
— Ah ! Un camping-car ! C'est original comme moyen de transport.
— Oui… ça vous dit de voir l'intérieur ?
— Euh…
— Rassurez-vous, il ne vous arrivera rien. Je suis un homme civilisé, malgré tout. Et je possède un vrai « chez moi » comme tout un chacun. C'est juste que les week-ends, j'adore aller faire des virées sans passer par la case hôtel. Ceci est de ce fait un moyen très simple de voir des coins perdus sans chercher où me loger, vous comprenez ?
— Je crois que oui… mais je n'ai jamais songé à cela et n'ai surement pas les finances pour entretenir un tel engin.
— Ce n'est guère plus onéreux qu'une voiture, vous savez !
— …
— Alors ? Vous voulez voir à quoi ressemble mon gite à roulettes ?
— Bon !
La porte s'ouvre et il m'invite à pénétrer dans ce qui finalement s'avère bien plus spacieux que je ne le supposais. Un vrai lit, une kitchenette, et derrière le poste de pilotage, une mini table. Il lui suffit de tourner le siège conducteur pour avoir un fauteuil confortable. Un second se trouvant déjà en place face à cette table. D'un placard, il sort deux verres.
— J'ai de la vodka et sans doute du jus d'orange. Ça vous convient ?
— Ben… oui ! Mais juste un doigt. Je ne veux pas reprendre le volant avec un taux d'alcool trop élevé.
— Sage décision…
— Et vous habitez où, habituellement ?
— En Alsace. Vous connaissez cette région ?
— Oui… mais pourquoi et comment vous êtes-vous perdu dans cette forêt ? Il faut une sacrée chance pour dégoter cet endroit. Même en voyageant…
— Oui ! Je dois vous avouer que les patrons de cet établissement sont des amis de longue date. Aucun mérite à venir ici, puisque j'y fais des séjours réguliers.
— Ceci explique donc cela…
— Vous n'avez pas de votre côté envie de voyager un peu ? Demain, je vais visiter les environs… intéressée par une balade dans ma roulotte ?
— Ben, je ne sais pas vraiment si…
— En tout bien tout honneur, pas question de voir autre chose dans ma proposition, Catherine.
— C'est tentant. Et vous iriez voir quel coin ?
— Vous avez une idée de ce qui peut être visité dans les environs… ma culture de la région se limite au restaurant de Martial et Mylène.
— Il y a bien un lac… et quelques jolis paysages, mais vous recherchez quels types d'émotions ?
— Oh… rien n'est interdit, la liste n'est pas exhaustive. Jolis endroits, beaux lieux, monuments ou musées, lacs et paysages, tout me va. Plus encore en charmante compagnie.
— … oui ? Alors, pourquoi pas ?
— Merveilleux donc ! On se retrouve où ? Je suppose que vous ne résidez pas très loin !
— Une demi-heure de trajet… mais, il y a de la place pour garer votre… camping-car près de chez moi. Ça éviterait que ma voiture ne reste garée je ne sais où !
— Parfait… je suis heureux de voir que vous pensez à tout…
— Nous retournons danser un peu ? Je suis venue aussi pour faire la fête.
— Oui… en tout cas, merci de votre amabilité.
Il se lève donc à ma suite. Comme l'espace n'est pas non plus immense, nous nous frôlons et je me sens d'un coup, toute chose. La porte n'est qu'à une enjambée, mais toujours close. Comment Grégoire se retrouve-t-il contre moi ? Hasard ou connivence ? Je ne peux ni avancer ni reculer et il arrive ce qui entre un homme et une femme advient parfois. Je me sens attirée par le bonhomme, sans trop en saisir les raisons. Il me plaque contre sa poitrine et je dois reconnaitre que c'est agréable. De là à ce que nos bouches se réunissent, il n'y a que quelques centimètres, vite comblés.
L'effet de ce premier baiser est inimaginable. Incompréhensible même, tant cette pelle me chamboule. Me voici totalement chaude sans rien y comprendre. Grégoire ne force rien, il se contente de laisser errer sa langue dans mon palais, mais j'avoue que ça m'enivre pour de bon. À tel point que mon unique souhait sur l'instant, c'est qu'il persévère et ose aller plus loin. Apparemment, ce n'est pas son intention. Un nouvel échange labial, après que nous ayons repris notre souffle, et il recule son corps. Je l'entends qui me murmure quelque chose.
— Pardon… je n'aurais peut-être pas dû !
— …
Est-ce que j'ai bien ouï ? Vient-il véritablement de s'excuser de m'avoir rendue dolente au point d'en perdre toute notion de bienséance ? Je suis scotchée, n'ayant aucune répartie. Alors, il se détache de moi, ouvre la porte de son véhicule et nous sommes ensemble sur un parking plongé dans l'obscurité, avec la rumeur de la musique qui nous rattrape.
— Venez Catherine, j'ai envie de faire quelques pas sur le parquet…
— Euh… !
Qu'est-ce qui se passe dans mon cerveau ? J'ai été si nulle que cela dans ces baisers que j'ai pourtant divinement appréciés ? Bêtement, je marche vers la porte et nous regagnons la salle où des tas de couples se trémoussent toujours. Anonymes parmi les anonymes, nous tournons sur les accords doux que les musiciens continuent de faire glisser dans l'aire du bal. Lui me tient par la taille et je sens sa patte qui se love au-dessus de mes fesses. C'est comme une brulure dont je ne peux pas me départir. Dans ma poitrine, mon palpitant joue de la grosse caisse et c'est du délire dans mes pensées. Pourquoi suis-je aussi émoustillée par cet homme ?
J'ai une furieuse envie de faire l'amour. Un bon point pour lui, mais il ne parait pas du tout s'en rendre compte. Sa joue vient se coller à la mienne et son souffle régulier ne trahit rien de spécial chez lui. Je reste sur ces deux embrassades qui m'ont affolée et certainement que de son côté, il n'a pas trouvé le répondant nécessaire à une avancée plus significative. Je m'en veux de ce fiasco sans pour cela en mesurer le degré. En tout cas, je dois bien dire qu'il ne me laisse pas indifférente. Et je m'emmêle un peu les pieds à force de trop repenser à son brusque décrochement. Dire que… j'étais prête à me laisser faire, à coucher là, au milieu des autres voitures endormies.
Comme dans un rêve, il me semble entendre sa voix. Il me parle donc ? Je redresse la caboche, et cette fois, je perçois ses mots.
— Ça va, Catherine ? Vous avez l'air absente.
— Je… hein ? Ah… euh, pardon. Je vous ai marché sur les pieds, c'est ça ?
— Mais non ! Vous voulez que nous en restions là ? Il se fait tard.
— Je vais rentrer, vous avez raison. Mais pour demain ? Ça tient toujours ?
— Évidemment ! Je ne change pas d'avis aussi facilement.
— Alors… peut-être devriez-vous me suivre ! Il y a de la place dans la cour de ma maison pour votre camping-car… nous pourrions partir de là, demain.
— Je n'osais pas vous le proposer. J'ai bien peur d'avoir fait un impair tout à l'heure. Mais, franchement, vous êtes si… désirable.
— Allons-y alors ! J'ai besoin de prendre l'air.
— Je vous suis Catherine…
Pas plus d'une demi-heure s'est écoulée entre les baisers et notre départ de la boite. Je conduis au radar, sans oser jeter un regard dans mon rétro. Mais de temps en temps, ses phares viennent éclairer mon habitacle et je sais qu'il me colle au train. Je n'y pige plus rien ! D'un côté, il me trouve à son gout visiblement et d'un autre, il a reculé tout à l'heure. Cette situation me perturbe à un point que j'en oublie de mettre mon indicateur de changement de direction. Et mon suiveur doit quasiment rebrousser chemin pour venir se garer dans ma cour. Il descend et marche vers moi.
— Pardon ! J'ai failli aller trop loin.
— C'est surement ma faute. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai oublié le clignotant. Ça peut s'avérer dangereux.
— … je vous dis bonne nuit.
— Ah ? Vous ne rentrez pas prendre un verre ? Je n'ai plus à conduire et vous non plus. Alors… j'ai absolument besoin d'un verre.
— Vous… vous êtes sûre, Catherine ?
— Ben… oui, sinon je ne vous le proposerais pas, voyons.
— C'est bien pour vous faire plaisir, alors !
Je dois avoir l'air bien empotée devant ma porte, avec la main qui tremble au moment de loger la clé dans la serrure. Ouf ! C'est fait et nous voici dans le hall d'entrée. Ma main se tend vers l'interrupteur sans pouvoir l'atteindre. Celle plus rapide de Grégoire happe au passage mon poignet et dans le noir, sa bouche est à la recherche de mes lippes. Je n'ai pas un seul geste de refus. Pire ! Je me raccroche au cou du bonhomme et c'est bel et bien moi qui joue de la langue. Les mains masculines sont dans mon dos et elles glissent vers mes reins. Il me plaque contre la porte que je ne l'ai pas seulement vu refermer. Et son ventre se cale contre le mien. Je sens, je sais… il bande ! Nous sommes bien loin du verre promis.
— xXx —
Aucune explication quant à mon comportement. Mes sens prennent le dessus sur la normalité des évènements. Je suis, à la seule pensée que Grégoire est en érection, immédiatement mouillée. Est-ce que je réagis sainement ? Là encore, c'est terriblement confus dans mon esprit. Mon besoin de sexe est là, telle une évidence qui se retranscrit par ces pelles que je réclame muettement. Je sais que c'est toujours la même histoire chez moi. Je m'emballe dès le début pour me casser lamentablement la figure. Combien en ai-je déjà connu de ces amants qui m'ont chauffé autant le cœur que les tripes, avant de découvrir que je me faisais berner ? Celui-là est-il si différent de tous les autres ? Il a l'air sympa, mais que sais-je de lui ?
Trop tardivement, un flot de questions me remue les méninges. Bien entendu que je peux toujours dire stop, que je peux lui faire cesser immédiatement ses manœuvres d'approche. Cependant pour mon corps, c'est un vrai remue-ménage. Il est pris dans une tourmente charnelle indescriptible. Et malgré toutes les idées bizarres qui fusent dans mon cerveau, il se refuse à retrouver son calme en me lançant des signaux de plus en plus débridés. Les mains masculines, elles retroussent ma courte jupe, et si un mouvement de surprise s'inscrit sur le visage de Grégoire, dans le noir il m'est impossible de le savoir.
J'imagine, ce qui ne fait qu'empirer mon état, j'imagine sa stupeur en découvrant mon porte-jarretelle. Les paumes chaudes malaxent mes fesses sans s'embarrasser de préjugés. Il doit penser que c'est du tout cuit, alors que c'est pourtant bougrement orageux sous ma tignasse brune. Foutu cerveau qui m'inonde de cette trouille qui chez les gens « normaux » les fait agir avant de passer à l'action. Comment et surtout pourquoi, chez moi, c'est toujours l'inverse qui se passe ? Ma caboche dit non et mon corps se tord de cette envie savamment distillée par ce gars, finalement parfaitement inconnu qui vraiment n'a pas d'état d'âme. Une de ses pattes vient de soulever le voile léger de cette culotte qui couvre mon intimité. Cette fois… il ne peut ignorer l'effet de ses caresses.
Ce qui me traverse de nouveau le ciboulot, c'est très chaotique. D'abord, je me dis que je ne veux pas baiser dans l'entrée, pas plus que je ne tiens à faire ça debout. Étrange raisonnement pour une nana dont les sens se bagarrent avec la raison. Suis-je folle au point de ne plus savoir réfléchir ? Qui peut sortir grand gagnant de ce duel interne qui se joue entre moi et… moi ? Bien sûr, que c'est ma pauvre menotte qui rattrape le poignet de Grégoire, celui de sa pogne certainement imprégnée de mes secrétions vaginales importantes.
— Attends ! Pas comme ça ! Pas ici ! Tu veux bien Grégoire.
— …
Tu parles qu'il veut bien que nous changions d'endroit ! Mon Dieu… est-ce bien la Catherine sage et réservée habituelle qui entraine celui qui ne demande que cela vers sa chambre à coucher ? La petite voix qui se fait entendre dans mon crâne, celle qui me hurle que si je me suis apprêtée de la sorte, que je me suis pomponnée et mise sur mon trente-et-un, c'est vraiment pour parvenir à ce résultat. Celui de prendre dans ses filets un sexe plus qu'un mâle. Je sais si bien le parcours dans ma maison que tout se déroule sans une once de lumière. Je tiens le gaillard par le col de sa chemise entrouverte. Je le pousse gentiment dans ses derniers retranchements. Quitte à être prise pour une salope, autant que ce soit globalement vérifiable.
Il n'a plus les moyens de reculer, ses jambes collées au lit. D'une paume ferme, je finis par le faire choir sur la couche et je viens me vautrer sur lui. Oui ! Littéralement, je le chevauche alors que nous sommes tous les deux encore vêtus. Je frotte outrageusement mon bas-ventre contre le sien, gardant les bras tendus, paumes à plat sur sa poitrine. Il souffle, je ne le vois pas vraiment, mais je peux entendre ses longs soupirs. Aise ou mal-être ? Je m'en fiche ! Je n'ai plus qu'un seul but, celui de voir cette nuit s'achever en apothéose. Une furie, une chienne en rut, c'est exactement ce qui se grave dans mon esprit. Mais il ne peut nier sa propre envie, puisque sous mon entrejambe, il lui est impossible de masquer sa trique.
Mes pattes n'ont pas un grand chemin à faire pour dégrafer les boutons de sa liquette. Du reste, il ne tente rien pour me l'interdire. Je fais fi de toutes mes pensées sages, je dois aller au bout de ce jeu. Drôle aussi comme ça m'excite davantage. Je réalise aussi que nous sommes silencieux, enfin que nous n'avons aucun échange verbal. C'est seulement et purement physique. La chemise est ouverte, je me redresse davantage. Mon bassin se soulève un peu et mes fesses reculent pour se repositionner de manière à pouvoir parachever le désapage entrepris. La ceinture de Grégoire ne résiste que le temps de décrocher l'aiguillon de son logement. Le zip n'est guère plus long à laisser entendre un crissement qui résonne dans l'obscurité de ma chambre.
Cette fois… mes doigts ont accès à ce qui se trouve à l'étroit depuis un bon moment dans le pantalon du monsieur. Il a une sorte de soupir de satisfaction lorsque je serre délicatement la verge hyper tendue. Elle est douce au toucher, chaude à souhait. Du poignet, j'imprime un léger va-et-vient, histoire de réveiller les sensations de celui qui subit mes assauts. Jamais vaincu ne s'est surement senti aussi chouchouté. S'il est dur, je n'en suis pas moins inondée par l'envie et ce véritable lâcher-prise me fait faire des choses que d'ordinaire je n'oserais pas seulement imaginer. C'est mon visage tout entier qui plonge vers l'épine brulante que mes doigts masturbent. La position est inconfortable. Je dois en changer, et c'est pour m'agenouiller sur le flanc de Grégoire, toujours couché sur le dos.
Instinctivement, alors que ma bouche happe son manche, il grogne. Ma posture lui offre désormais la possibilité de pouvoir plus facilement me caresser. Et comme je suis forcément penchée en avant pour sucer sa queue, lui me masse gentiment le cuir chevelu. Le sucre d'orge est secoué de nombreux soubresauts, signe que ma langue, mon palais sont suffisamment accueillants pour le faire et de sa gorge sortent des borborygmes qui ne font qu'accentuer mon désir charnel. Je joins donc mes paumes pour frictionner pour l'une, la base du sexe et pour la seconde les bourses également très velues. Une boulimie de câlins, un déchainement de sensualité s'emparent de tout mon être à la découverte de cette chevelure pubienne dense. Pourquoi ? Je n'en sais rien et ce n'est pour sûr, pas l'heure pour analyser tout ceci.
Je perds rapidement toutes notions de bienséance et je suis plus pute que fille sage. L'homme dans ma chambre se laisse faire, mais il donne des signes qui m'avertissent sur l'avancement de mes travaux pratiques. Un frissonnement singulier de la hampe que mes lèvres astiquent avec patience, je sais, je sens qu'il va éjaculer. Il serait temps de me retirer en douceur, mais… je suis bien trop préoccupée par ma pipe que je n'éprouve aucun remords à la pousser à s'épancher dans mon gosier. Pire, je crois que ça entraine chez moi une sorte d'orgasme intérieur, au niveau de mon cerveau qui se gave de ce bonheur de sentir que cet homme succombe à mes caresses buccales, qu'il est incapable de se retenir plus longuement. C'est comme si je devenais la maitresse d'un jeu de dupe.
Il cherche de l'air, remue de plus en plus et finit par lâcher une rasade de son précieux sérum. Un murmure dont je ne perçois pas vraiment la teneur, et ça déborde de mes lippes serrées sur son jonc. Ça coule le long de la verge dont une bonne moitié reste dans mon palais. Instinctivement, il creuse son ventre, puis ses mains sur le sommet de mon crâne, comme pour me garder le visage bien en place, il se met à onduler du bassin. Un véritable coït buccal qui pour lui s'achève en feu d'artifice, puisqu'il ne cherche plus à éviter de vider son trop-plein dans ma bouche. Je me sens toute trempée par mon audace. Rares sont les amants avec qui j'ai osé une telle fellation. Alors, pourquoi ce Grégoire, pourquoi lui ? Mystère !
Nous restons ensuite un grand moment, moi recouchée dans ses bras. Il me serre fort et je suis bien. Puis sa voix vient enfin trouer le mur du silence que la nuit qui nous entoure rend presque pesant.
— J'ai adoré Catherine. Tu ne peux pas savoir à quel point… c'était extraordinaire…
— … mmm !
— Mais toi ? Tu n'as pas joui. Tu n'as pas envie de faire l'amour ? Parce que je veux bien te donner autant de plaisir que je viens d'en recevoir. Tu es une très belle femme et tu sais ce que tu veux. Tu viens de faire de moi un homme heureux. Tu me réconcilies là, avec les femmes. Je sais grâce à toi que vous êtes toutes différentes.
— Ah ? Il y a longtemps que tu n'avais pas…
— Oui ! La dernière fois est si lointaine que j'ai de la peine à m'en souvenir et sans vouloir te mentir, ces amours-là n'avaient rien de communes avec ce que tu viens de m'offrir…
— Ah bon ? Je… dois te dire que je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris, je me suis sentie, comme envoutée. J'avais besoin de faire ce genre de truc, pour me dire que je suis encore capable de vivre une sexualité folle. Tu dois me prendre pour une salope ou quelque chose de ce genre, mais je t'assure que ça n'est jamais arrivé, au grand jamais, que ça se passe comme ça.
— Ne va pas t'imaginer que je pense du mal de toi. J'ai de mon côté aussi, surement outrepassé certaines limites. Notamment lorsque je t'ai embrassée sur le parking du restaurant. J'ai pensé que ce geste fou m'avait décrédibilisé à tes yeux.
— Et moi qui ai cru que tu n'avais pas envie de moi… je me suis bien fourré le doigt dans l'œil donc !
— Et tu sais quoi… ma belle Catherine ?
— Non…
— Si… c'est dingue, n'est-ce pas ?
Grégoire vient de me prendre la main et il la pose sur l'endroit que mes lèvres ont abandonné quelques minutes plus tôt. Force m'est de constater que la bête reprend des dimensions plus importantes. Preuve s'il en est besoin que ce type est de nouveau prêt pour un second round dont je ne veux rien perdre. Et pendant que je flatte la verge belliqueuse, lui se met en devoir de me retirer tout ce qui peut gêner ses câlins très… précis. Ce n'est que lorsque sa bouche vient s'appesantir sur ma chatte que je sais que notre nuit va être encore plus torride. Je n'ai aucune raison de repousser les avances de ce type que j'ai mis en condition. Et le moins que je puisse dire, c'est qu'il sait parfaitement doser ses coups de langue.
— xXx —
Un rayon de lumière joue avec mon front, c'est bien celui-là qui me réveille. À mes côtés, Grégoire dort du sommeil du juste. Il est découvert, et il arbore une moquette impressionnante. Un vrai nounours. L'idée d'y planter mes doigts me prend, je m'abstiens avec peine, ne voulant pas le perturber dans sa récupération obligatoire et surtout… méritée. Ses traits, je peux tout à loisir les détailler dans ce milieu de matinée. Le soleil inonde la chambre et je trouve ce type, désirable au possible. Mince alors ! C'est fou et comment m'expliquer cet engouement soudain pour ce mec ? Un homme dont j'ignorais hier à la même heure jusqu'à l'existence ! Et ce plaisir sourd qui me coule dans les veines depuis nos échanges nocturnes, est-ce que je les rêve également ?
Un tressaillement de ses paupières, puis sa main qui vient tâtonner la place que j'occupe, rencontrant forcément ma poitrine. Ça y est ! Il émerge avec une sorte de rictus aimable sur les lèvres.
— Bonjour Catherine… je suis heureux de voir que tu n'es pas un rêve…
— J'ai aimé te regarder dormir, tu es beau !
— Eh ben… si je m'attendais à ce qui s'est passé en venant chez mes amis… oui ! J'ai tout de même la nette impression que je suis dans un songe qui s'éternise… pourtant tu as l'air si réelle…
— Je n'ai pas de mot pour décrire ce que j'ai ressenti cette nuit et encore moins pour ce que j'éprouve encore ce matin.
— Ah ? À propos de matin, quelle heure est-il ? N'avions-nous pas pour projet d'aller visiter ta région ?
— Je crois que c'est partie remise, non ? Nous ne sommes pas bien ici ? Je n'ai pas vraiment envie de briser le charme. J'ai l'impression qu'une fois que nous nous serons levés pour de bon, tu vas t'évanouir tel un mirage dans le désert. Je n'ai surtout pas envie de m'apercevoir que je suis dans un songe, un conte des mille et une nuits. J'ai aimé, faire et recevoir toutes ces folles étreintes. Tu es… un amant merveilleux.
— Pour ce genre de plaisir, il faut aussi que la maitresse soit à la hauteur et j'avoue que je suis… ébloui.
— Ouais… mais tu sais quoi ? J'ai une faim de louve. Alors ? Petit déjeuner corsé, ça te dit ?
— Un joli programme ma foi ! Mais… je crois que le café peut attendre, qu'en penses-tu ?
— Ah… je vois ! Monsieur est insatiable ! Tu as raison, on ne va pas passer avec une donne pareille… tu as tous les atouts en main.
— Euh… je crois plutôt que c'est dans la tienne que se tient l'as de cœur, non ?
— Oh ! Pardon ! Tu préfères donc que je l'abandonne dans cet état ?
— Pas du tout… c'est juste que… Humm ! Gourmande avec ça !
Il se tait et je fais de même par la force des choses. En femme bien élevée, je ne parle pas la bouche pleine. Et nos soupirs s'entremêlent dans une joyeuse fête des sens. Les miens sont en ébullition et Grégoire n'est pas capable de cacher ce qui s'émeut chez lui sous la caresse de mes lippes. Je ne pige pas vraiment pourquoi j'éprouve un tel bonheur à suçoter ce bâton de berger. Mais le fait est que j'y mets bien du cœur à l'ouvrage et que le loulou parait apprécier ma fellation. Il n'est pas inerte et ses pattes se livrent à des manœuvres aussi très délicates. Mon sexe se liquéfie sous l'entrée de ces visiteurs qui trouvent un chemin bien huilé. Nous roulons dans des corps à corps qui ne semblent jamais vouloir finir.
Nos cris, soupirs, gémissements de toutes sortes sont-ils la preuve que tout est parfait ? Je veux le croire. En tout cas, ce type est un bel amant et il sait ce qu'une femme attend de ce genre de récréation. Est-ce que cette osmose charnelle va durer plus loin que ce dimanche ? Je n'en ai absolument aucune idée. Et puis à vrai dire, en cet instant, cela m'importe si peu. Nous remettons notre ouvrage sur le métier, vivant le présent sans nous soucier de demain. Je ferme les paupières, juste après que mes quinquets embrumés se sont attardés sur le sol de ma chambre. Là, pêle-mêle, enchevêtrés les uns dans les autres, nos vêtements font tache dans le décor. Et la dentelle de ma culotte attire sur mes lèvres un immense sourire. À moins que ce ne soit les coups de reins vigoureux dont me gratifie Grégoire qui soient la cause de cette risette ?
Pour la suite… eh bien, elle reste à écrire ! Mais pour l'heure, j'ai mieux à faire… et le sperme sur les pages blanches d'un livre ouvert n'offre guère de plaisir aux yeux… patience donc… et l'écho de nos plaintes nous ragaillardit… Je n'y suis plus pour personne, sauf bien entendu pour… mon bel amant !
Prolongation de notre longue nuit de fiançailles oblige !
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kudu
23 août 2024 à 16:17
Bonjour.
J'espère que la longue attente de votre nouveau texte n'est pas due à des difficultés que vous avez du surmonter. Merci pour cette merveilleuse histoire si bien écrite.
Votre orthographe irréprochable est ma première source de plaisir. Pour quelqu'un de mon âge, 72 ans, qui ai fini l'enseignement fondamental auprès d'un instituteur de 60 ans grand admirateur de Maurice Grévisse qu'il a personnellement connu, pour quelqu'un qui, comme moi, ai terminé en 1970 l'enseignement secondaire en gréco-latines, lire un tel texte est un vrai plaisir. Tout baigne, tout roule, tout coule.
En ce qui concerne plus particulièrement les trois derniers verbes que j'ai utilisés au paragraphe précédent, vos textes ressemblent à une relation sexuelle ardemment souhaitée, les mêmes verbes pouvant être utilisés pour sa description.
Encore une fois, félicitations et merci beaucoup, j'attends votre prochain texte avec impatience.
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Utilisateur supprimé
19 août 2024 à 15:06
J'ai adoré cette histoire formidablement racontée et très excitante, merci .
Soyez respectueux
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
19 août 2024 à 10:37
Enfin de retour parmi nous !
Et quelle histoire, toujours si bien narrée !
J’ai visualisé cette adorables Catherine et aurais aimé être à la place de Grégoire (comme beaucoup d’entre nous)
Merci pour ce joli fantasme.
Soyez respectueux
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