Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
De là ça tire affable — Chapitre 2 · Le Loup déforesté
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
De là ça tire affable
Chapitre 2 · Le Loup déforesté
L'on raconte à qui veut qu'en un bois inégal,
Un vieux loup solitaire avait fait son empire.
Il régnait sans partage, et sans crainte d'y dire
Pour la pubère chair un sien goût illégal.
L'ombre de la forêt lui était une cour
Et le fieffé lupus y avait son service :
De petits mâles verts, naïfs et pleins de vice,
Auxquels il enseignait sa façon de l'amour.
Il clamait volontiers qu'au plus fort de son âge
Ses coups de queue dans la faonnette étaient prescrits,
Ignorant qu'en ses sœurs ils demeuraient inscrits,
Et que poindrait leur jour d'en rendre témoignage.
Ce jour vint. Dans le temps où le taillis brûla,
L'ombre désépaissit, la forêt recula,
Et le vaste couvert dénudé de la plaine
Des lionnes unies bientôt fut le domaine.
Il régnait sans partage, et sans crainte d'y dire
Pour la pubère chair un sien goût illégal.
L'ombre de la forêt lui était une cour
Et le fieffé lupus y avait son service :
De petits mâles verts, naïfs et pleins de vice,
Auxquels il enseignait sa façon de l'amour.
Il clamait volontiers qu'au plus fort de son âge
Ses coups de queue dans la faonnette étaient prescrits,
Ignorant qu'en ses sœurs ils demeuraient inscrits,
Et que poindrait leur jour d'en rendre témoignage.
Ce jour vint. Dans le temps où le taillis brûla,
L'ombre désépaissit, la forêt recula,
Et le vaste couvert dénudé de la plaine
Des lionnes unies bientôt fut le domaine.
Jaloux du fait, le ridé loup ne se tint plus.
Lors, sortant de la grotte où il s'était reclus,
Il résolut céans d'aller se compromettre,
Et de toute sa verve il s'en vint parader
Sous les crocs féminins, et de leur demander :
- Ne voyez-vous en moi, femelles, un bon maître,
Qui vous tolère ici ? Je vous concède un doigt
(Considérant pourtant qu'un mâle ne le doit),
Et vous me mordillez encor toute une main !
- Une main aujourd'hui, mais c'est moins que demain.
Pour avertissement, l'on vous chique une pogne,
Mais gare à vous : c'est toute une horde qui grogne.
La lionne, Monsieur, en rien ne vous ressemble :
Avec ses sœurs, elle dîne toujours ensemble.
Or, pardonnez du peu, ce nous sont bien des sœurs,
Nous partageant des droits qui sont aussi les leurs.
Vous aimez vous jouer de la fraternité
Avec vos gentils chiens pour leur servir vos restes ;
Nos manières à nous sont comme nous, plus lestes,
Et ce que vous donnez par fausse charité,
Nos compagnes ne l'ont que par sororité,
Quand nous vous le prenons pour notre égalité.
Aussi, la main d'un Loup ne ferait notre affaire,
Et vous aurez tôt fait d'apprendre nos leçons :
La preuve, dites-vous, de cela reste à faire ?
Vous l'aurez tout à l'heure au plus tard : les garçons
Chez nous n'ont pas de crocs, et c'est nous qui chassons
Le prédateur surtout que notre appétit flaire.
Il semble qu'avant peu s'ouvre donc un festin
De plus d'un doigt de loup, mais de l'entière meute :
Attention que de doigt il ne vous en reste un ;
Le temps pour nous n'est plus à fuir, mais à l'émeute
Qui mande tout canis par-devant son destin.
Lors, sortant de la grotte où il s'était reclus,
Il résolut céans d'aller se compromettre,
Et de toute sa verve il s'en vint parader
Sous les crocs féminins, et de leur demander :
- Ne voyez-vous en moi, femelles, un bon maître,
Qui vous tolère ici ? Je vous concède un doigt
(Considérant pourtant qu'un mâle ne le doit),
Et vous me mordillez encor toute une main !
- Une main aujourd'hui, mais c'est moins que demain.
Pour avertissement, l'on vous chique une pogne,
Mais gare à vous : c'est toute une horde qui grogne.
La lionne, Monsieur, en rien ne vous ressemble :
Avec ses sœurs, elle dîne toujours ensemble.
Or, pardonnez du peu, ce nous sont bien des sœurs,
Nous partageant des droits qui sont aussi les leurs.
Vous aimez vous jouer de la fraternité
Avec vos gentils chiens pour leur servir vos restes ;
Nos manières à nous sont comme nous, plus lestes,
Et ce que vous donnez par fausse charité,
Nos compagnes ne l'ont que par sororité,
Quand nous vous le prenons pour notre égalité.
Aussi, la main d'un Loup ne ferait notre affaire,
Et vous aurez tôt fait d'apprendre nos leçons :
La preuve, dites-vous, de cela reste à faire ?
Vous l'aurez tout à l'heure au plus tard : les garçons
Chez nous n'ont pas de crocs, et c'est nous qui chassons
Le prédateur surtout que notre appétit flaire.
Il semble qu'avant peu s'ouvre donc un festin
De plus d'un doigt de loup, mais de l'entière meute :
Attention que de doigt il ne vous en reste un ;
Le temps pour nous n'est plus à fuir, mais à l'émeute
Qui mande tout canis par-devant son destin.
L'on dit que Sire Loup s'enferma chez les Carmes,
Laissant ce qu'il gardait de boisé patrimoine,
Et que depuis ce jour, plus chaste qu'un bon moine,
Il soupe du remords qu'il trempe dans ses larmes.
L'on dit aussi, depuis, aux faonnes des lieux
Qu'elles n'ont plus à craindre après leur innocence ;
Et l'on adresse enfin au mâle auquel on pense
Le bon vent d'un pays qui s'en trouve bien mieux.
Laissant ce qu'il gardait de boisé patrimoine,
Et que depuis ce jour, plus chaste qu'un bon moine,
Il soupe du remords qu'il trempe dans ses larmes.
L'on dit aussi, depuis, aux faonnes des lieux
Qu'elles n'ont plus à craindre après leur innocence ;
Et l'on adresse enfin au mâle auquel on pense
Le bon vent d'un pays qui s'en trouve bien mieux.
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Commentaires ()
Avec plaisir, merci à vous.
Avec l’assistance de sa petite horde
Afin que des lionnes l’appétit ne déborde
Car à l’évidence leur ambition est notoire
Mais ce vieux loup perclus défend son territoire,
Ayant son assistance en sa petite horde,
Des lionnes sentant l’appétit qui déborde,
L'ambition semblant d'évidence notoire.
Quel style !