Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une autre Vie — Chapitre 2 · Rencard
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une autre Vie
Chapitre 2 · Rencard
C'est l'instant d'après que ça se corse. Le silence qui retombe alors que la voix de l'inconnu s'est tue. Je reste seule face à l'immensité du vide que laisse ce mec dont je ne sais rien. Mes doigts sont poisseux de cette pluie dont mon corps s'est débarrassé pendant mes manœuvres. Ce gars me réconcilie avec mes sens et je lui en suis énormément reconnaissante. Mais… bien sûr qu'il y a un mais ! Cette folie, cette résurrection de ma libido, c'est également ma punition. L'autre revient me hanter. J'imagine ses caresses, enfin... ce sont surtout les tiennes, celles que tu lui prodigues qui me renvoient dans le gouffre insensé de ton abandon.
La ronde infernale reprend sa route et mon sommeil agité ne répare rien de ce qui me tourmente. Je sombre dans d'horribles cauchemars dont je sors à intervalles plus ou moins réguliers avec en tête les clichés de vos ébats. Imaginaires puisque forcément erronés, je ne sais pas seulement le visage de ta conquête. Au milieu de cette nuit d'apocalypse, je me surprends à me demander si je n'ai pas rêvé tout bêtement l'intermède « sexe téléphonique ». C'est donc fébrilement que je fouille dans mon portable.
Non ! Sous mes yeux, l'appel non masqué d'un illustre inconnu est bel et bien là, écrit noir sur fond de lumière. Je le classe d'un geste machinal dans mes « contacts » sous la rubrique « Viviane ». Ce prénom m'a donc traumatisé ? Pas spécialement, mais mon cerveau n'a pas trouvé mieux et je n'arrive plus à penser sainement. Alors… il est à peine cinq heures du matin et j'erre déjà comme une âme en peine dans cette baraque devenue trop grande pour moi seule. Un café ! Remise en forme matinale alors que six heures sonnent à l'église du village. Si le son m'arrive aussi nettement, c'est signe de pluie.
Le ciel se range de mon côté ? Triste à souhait, reflet de mon état d'esprit de la nouvelle journée qui démarre sous le sceau de la mélancolie. C'est encore et toujours ce fichu portable qui me ramène à la réalité. Adèle… et il est huit plombes bien tassées.
— Salut ma vieille ! Bien dormi ?
— Bonjour Adèle ! Et non pas vraiment. Je suis levée depuis un bout de temps.
— Tu sais ce que j'en pense Mélanie… oublie ton mâle et envoie-toi en l'air une bonne fois. Un bon ramonage de la cheminée et tu verras le monde sous un éclairage différent.
— Merci pour tes bons conseils ! Tu ne changeras donc jamais ? Tu ne penses qu'à ça ? Pire, tu ne vis que pour ça ?
— Arrête de dire des conneries. Et tu ferais mieux de suivre mes « conseils » qui bien qu'ils te paraissent stupides ou malvenus sont les seuls remèdes contre ce que tu as. Je te le redis… c'est un coup de bite qu'il te faut pour te remettre les idées en place.
— Tu as de la suite dans les idées ou c'est une obsession chez toi ? Je suppose que tu ne m'appelles pas pour me raconter ce genre de balivernes.
— Non… je me suis dit que nous pourrions aller au marché ! Voir du monde, ça peut également t'aider à surmonter tes peines de cœur.
— Le marché… c'est le dimanche matin !
— Et alors ? Nous sommes quel jour à ton avis ? Tu perds la boule, ma parole. Dommage que je n'ai pas entre les jambes ce que je te préconise comme recette miracle. Ça te détendrait sans doute.
— Tu deviens lourde là, pour ne pas dire pénible. Tu as raison pour mon cerveau qui se déconnecte de la réalité des choses. Bon ! C'est d'accord, passe me prendre pour aller faire un tour au village.
— À la bonne heure ! Madame est enfin raisonnable et écoute sa vieille copine. D'ici une petite demi-heure ?
— Oui… je prends ma douche en attendant ta venue.
— Bonjour Adèle ! Et non pas vraiment. Je suis levée depuis un bout de temps.
— Tu sais ce que j'en pense Mélanie… oublie ton mâle et envoie-toi en l'air une bonne fois. Un bon ramonage de la cheminée et tu verras le monde sous un éclairage différent.
— Merci pour tes bons conseils ! Tu ne changeras donc jamais ? Tu ne penses qu'à ça ? Pire, tu ne vis que pour ça ?
— Arrête de dire des conneries. Et tu ferais mieux de suivre mes « conseils » qui bien qu'ils te paraissent stupides ou malvenus sont les seuls remèdes contre ce que tu as. Je te le redis… c'est un coup de bite qu'il te faut pour te remettre les idées en place.
— Tu as de la suite dans les idées ou c'est une obsession chez toi ? Je suppose que tu ne m'appelles pas pour me raconter ce genre de balivernes.
— Non… je me suis dit que nous pourrions aller au marché ! Voir du monde, ça peut également t'aider à surmonter tes peines de cœur.
— Le marché… c'est le dimanche matin !
— Et alors ? Nous sommes quel jour à ton avis ? Tu perds la boule, ma parole. Dommage que je n'ai pas entre les jambes ce que je te préconise comme recette miracle. Ça te détendrait sans doute.
— Tu deviens lourde là, pour ne pas dire pénible. Tu as raison pour mon cerveau qui se déconnecte de la réalité des choses. Bon ! C'est d'accord, passe me prendre pour aller faire un tour au village.
— À la bonne heure ! Madame est enfin raisonnable et écoute sa vieille copine. D'ici une petite demi-heure ?
— Oui… je prends ma douche en attendant ta venue.
Mince ! Je m'emmêle les pinceaux ou me fais des nœuds au cerveau. Arriver à ne plus savoir quel jour nous sommes, un comble tout de même. Donc le type hier… agrémentait son samedi soir ? Pourquoi est-ce que je ramène sur le tapis ce loustic ? Surtout la boucler, ne rien dire à cette peste sympa d'Adèle qui en ferait encore des gorges chaudes. Pas question d'apporter de l'eau à son moulin. Bon… il est temps de passer aux choses sérieuses. Douche et dressing, pour un ravalement de façade obligatoire pour sortir. Dans mon miroir, c'est épouvantable la mine de déterrée qui s'y affiche.
C'est moi ce que je reluque là ? Le coup de peigne dans ma tignasse n'arrange pas vraiment une situation que je juge désespérée. Et puis zut ! Je me fiche bien du regard des autres. L'Adèle toute pimpante qui s'annonce dans l'encadrement de la porte d'entrée tranche avec ma gueule de papier maché. Elle fait une moue qui en dit long sur ce qu'elle pense, sans pour cela qu'elle ouvre la bouche. Je lui en sais gré ! Notre bisou est là pour me rappeler que nous sortons. C'est donc en marchant les six cents mètres qui nous séparent du cœur du bled que nous nous rendons sur la place marchande d'un dimanche « ordinaire ».
— xxXXxx —
En vingt années de vie dans ce village, il est évident que je ne peux que rencontrer des personnes au courant de ma situation. Je ne cherche pas à compter combien de fois j'ai parcouru ces étals, souris aux inébranlables vendeurs spécialisés dans les marchés. Les visages se ferment dès que nos regards se croisent. N'est-ce pas seulement une vue de mon esprit enfiévré par une situation peu confortable ? Celle de la larguer n'a rien d'enviable. Et Adèle qui me tient par le bras me pousse pour que j'avance.
— On mange ensemble à midi ?
—…
—…
Je n'ai pas entendu sa question. Je suis devant les rôtissoires où je me suis si souvent laissée tenter par les poulets dorés. Et sa question revient, en plus insistante.
— Mélanie… hou, hou ! Tu rêves encore ma parole ! On déjeune ensemble à midi ?
— Hein ? Ah oui… oui si tu veux.
— Bon ! Alors on se prend un poulet et des pommes de terre ? Regarde comme elles ont l'air… Humm ! Ça donne faim.
— Hein ? Ah oui… oui si tu veux.
— Bon ! Alors on se prend un poulet et des pommes de terre ? Regarde comme elles ont l'air… Humm ! Ça donne faim.
Je hausse les épaules et Adèle entre en conversation avec la jeunette qui vend ses produits. Un volatile au teint d'un tendre brunissement change de main. Pas moyen de me sortir de la caboche l'idée que tout le monde me rezieute avec de la pitié dans les quinquets. Merde ! Mon cerveau ne veut pas se remettre. Puis une voix aussi refait surface, celle d'un inconnu qui me fait dire des trucs impensables. L'impression que pendant quelques heures de la nuit, ses mots ont tenu éloignés de moi les fantômes qui me hantent. Les phrases d'Adèle aussi dansent une drôle de sarabande au fond de mon crâne.
— Hé… ça ne va pas Mélanie ? Tu es toute blanche !
— Hein ? Quoi… ? Si, si ça va, j'ai seulement mal dormi… mais tu en sais bien les raisons.
— Celles que tu te fabriques pour ne pas sortir de ton petit univers de bourgeoise. Ouvre donc les yeux ! Tu vois que la terre ne s'est pas arrêtée de tourner parce que ton petit mari chéri a changé de maison. Tu le voyais comme un Dieu, mais il t'a toujours plus ou moins trompé.
—… ? Pourquoi dis-tu cela ? N'importe quoi !
— Eh bien, défends-le ! Mais il a même essayé avec moi. Moi ! Ta meilleure amie, c'est te dire…
—… ? Qu'est-ce que tu racontes Adèle ?
— Juste la vérité. Il aurait suffi que je dise oui et je passais à la casserole, chez toi en plus. Je te laisse imaginer combien n'ont pas eu le cran ou le courage de lui dire non ! Un coureur de jupons, je te dis !
—… ?
— Hein ? Quoi… ? Si, si ça va, j'ai seulement mal dormi… mais tu en sais bien les raisons.
— Celles que tu te fabriques pour ne pas sortir de ton petit univers de bourgeoise. Ouvre donc les yeux ! Tu vois que la terre ne s'est pas arrêtée de tourner parce que ton petit mari chéri a changé de maison. Tu le voyais comme un Dieu, mais il t'a toujours plus ou moins trompé.
—… ? Pourquoi dis-tu cela ? N'importe quoi !
— Eh bien, défends-le ! Mais il a même essayé avec moi. Moi ! Ta meilleure amie, c'est te dire…
—… ? Qu'est-ce que tu racontes Adèle ?
— Juste la vérité. Il aurait suffi que je dise oui et je passais à la casserole, chez toi en plus. Je te laisse imaginer combien n'ont pas eu le cran ou le courage de lui dire non ! Un coureur de jupons, je te dis !
—… ?
Voilà qui m'abasourdit et qui m'assomme un peu plus encore. Comme si j'avais besoin de ce genre de propos en ce moment ! C'est qu'en plus elle a l'air tellement convaincue, convaincante aussi ! Si elle pense me dégouter de mon mari, eh bien… c'est réussi. Mais aussi bizarre que ça puisse paraitre, ce n'est pas à lui que je songe en cet instant. Non ! C'est bien plus à ce gaillard qui m'a poussé dans mes derniers retranchements hier dans la soirée. Mon amie ne peut pas savoir, pas comprendre donc. Et prise dans une spirale idiote de pensées étranges, sur le chemin du retour je confesse à une Adèle incrédule, mes péripéties nocturnes en compagnie d'un illustre inconnu.
Elle écoute, puis à ses yeux qui s'arrondissent, je sens bien qu'elle ne croit qu'à demi à mon histoire. J'ai tout déballé, omettant cependant le plus croustillant de l'affaire. Nos masturbations réciproques qui n'appartiennent qu'à lui et moi. À son tour d'avoir le bec cloué. Sans voix, elle n'arrive pas à enregistrer ou quoi ? Pas un mot ne sort de sa gorge alors que nous avançons vers ma maison. Nous devisons gentiment en engloutissant les patates frites et l'oiseau rôti. Un régal arrosé d'un « Côte de Provence » merveilleusement frais. Les verres un à un dissipent mes peurs et mes doutes. Éphémère soulagement qui s'éteindra dès que l'alcool sera digéré, mais néanmoins il est agréable de voir tout en rose.
Je dessers la table en compagnie de cette Adèle aussi joyeuse que moi. Puis, je file aux toilettes. Curieux cette malédiction d'avoir toujours envie de faire pipi dès que je bois un verre ou deux. Je prends mon temps, passe ensuite à la salle de bain. Machinalement, la porte étant restée entrouverte, j'ai en ligne de mire par la glace au-dessus du lavabo, la place où est assise Adèle. Elle trifouille dans son téléphone portable. Une autre manie de trop de monde de nos jours. Cette cochonnerie de téléphone, soit dans les pattes, soit vissé à l'oreille. Le comportement de mon invitée m'intrigue pourtant.
Je jurerais qu'elle guette mon retour. Pourquoi ? Un grand mystère. Puis comme je rapplique, sa main se fait plus discrète et s'approche de mon sac qui est posé sur une chaise au bout de la table. Qu'est-ce qu'elle fabrique ? Je crois que je viens de saisir, ce n'est pas dans son appareil qu'elle fouine, mais bien dans le mien. Je ne veux pas croire ce que mon cerveau me dicte. Quelles seraient ses motivations ? Je ne pige pas du tout, et perplexe je ne veux pas faire d'esclandre. Le mieux serait de lui demander… je n'ose pourtant pas.
— Tu veux un café Adèle ? Après ce repas sympa, ce ne serait pas du luxe, qu'en dis-tu ?
— Ben ouais… tu me parles de ton étranger nocturne ?
— Je t'ai déjà tout raconté. Je ne sais pas qui il est ni d'où il tient mon numéro. J'ai pensé un long moment que tu étais là-dessous. Ce serait bien ton genre de me coller une de tes connaissances dans les pattes.
— N'importe quoi ! Si c'était le cas, je te le présenterais sans passer par un coup de téléphone débile. Mais tu as gardé son numéro ?
— Non ! Pourquoi aurais-je dû le faire ?
— Ben… on ne sait jamais, un soir de trop de spleen… et comme je te l'ai déjà dit… baiser devrait te remettre les idées en place. Alors si celui qui t'a branché cette nuit te plait… tu devrais peut-être y songer.
— Songer à quoi ? Si ça se trouve, il a quatre-vingts balais, pèse deux cents kilos, ou est moche comme tout.
— Tu ne peux pas savoir sans le voir. Je serais toi… je crois que je tenterais le coup. Et puis, s'il n'est pas à ton gout… tu peux toujours l'envoyer balader.
— C'est facile à dire. Une fois devant ce mec s'il est aussi pervers que je le pense, j'ai une chance sur deux de tomber sur un saligaud.
— Tu peux lui filer un rencard dans un endroit rempli de monde ! Les risques sont limités de la sorte. Ou je peux aussi t'accompagner à ton rendez-vous.
— C'est ça ! Si dans le cas contraire, ça marche, tu tiens la chandelle ? De toute façon, le problème est vite résolu. Je n'ai pas gardé son zéro six.
— Je trouve que c'est con.
— C'est comme ça ma vieille… on dirait que c'est toi qu'il intéresse mon zigoto, je me trompe ?
— Ben ouais… tu me parles de ton étranger nocturne ?
— Je t'ai déjà tout raconté. Je ne sais pas qui il est ni d'où il tient mon numéro. J'ai pensé un long moment que tu étais là-dessous. Ce serait bien ton genre de me coller une de tes connaissances dans les pattes.
— N'importe quoi ! Si c'était le cas, je te le présenterais sans passer par un coup de téléphone débile. Mais tu as gardé son numéro ?
— Non ! Pourquoi aurais-je dû le faire ?
— Ben… on ne sait jamais, un soir de trop de spleen… et comme je te l'ai déjà dit… baiser devrait te remettre les idées en place. Alors si celui qui t'a branché cette nuit te plait… tu devrais peut-être y songer.
— Songer à quoi ? Si ça se trouve, il a quatre-vingts balais, pèse deux cents kilos, ou est moche comme tout.
— Tu ne peux pas savoir sans le voir. Je serais toi… je crois que je tenterais le coup. Et puis, s'il n'est pas à ton gout… tu peux toujours l'envoyer balader.
— C'est facile à dire. Une fois devant ce mec s'il est aussi pervers que je le pense, j'ai une chance sur deux de tomber sur un saligaud.
— Tu peux lui filer un rencard dans un endroit rempli de monde ! Les risques sont limités de la sorte. Ou je peux aussi t'accompagner à ton rendez-vous.
— C'est ça ! Si dans le cas contraire, ça marche, tu tiens la chandelle ? De toute façon, le problème est vite résolu. Je n'ai pas gardé son zéro six.
— Je trouve que c'est con.
— C'est comme ça ma vieille… on dirait que c'est toi qu'il intéresse mon zigoto, je me trompe ?
Du coup je percute. Mon portable, c'était pour dégoter le numéro du mec ? Mon Dieu ! Je n'en reviens pas. Elle a tous les mâles qu'elle désire à ses pieds et il lui faut également celui-là précisément ? Je dois faire erreur. J'ai du mal voir. Ce n'est pas possible, pas Adèle ! Une large rasade de cognac pour chasser notre café bien fort. Je ne veux plus imaginer, extrapoler sur quoi que ce soit. Mais il est encore et encore au fond de ma caboche ce veuf noctambule. C'est bien ce détail qui me fait craindre son âge. Mais… c'est idiot les gens peuvent aussi perdre un être aimé jeune.
— Dis-moi… Mél… on sort ?
— Non ! Avec ce que l'on a picolé, nous ne devons pas conduire et il flotte de nouveau depuis quelques minutes.
— Pff ! Alors qu'est-ce qu'on fait ? C'est dans ces instants-là que je regrette de n'être qu'une femme !
—… ? Ça veut dire quoi ?
— Que si j'étais un mec… il y a une nana que je me taperais avec un appétit féroce !
— J'ai donc un sacré pot ! Je ne suis pas obligée de te refuser des avances que tu ne feras pas ! Je l'ai échappé belle
— Dommage ! C'est diablement tentant.
— Oublie, tu veux ! Je ne suis pas, mais alors pas du tout « broute-minou »…
— L'essayer c'est peut-être l'adopter ! Après tout Mélanie, avant de dire « j'aime pas » tu devrais gouter.
— N'insiste pas veux-tu ! Non c'est non !
— Non ! Avec ce que l'on a picolé, nous ne devons pas conduire et il flotte de nouveau depuis quelques minutes.
— Pff ! Alors qu'est-ce qu'on fait ? C'est dans ces instants-là que je regrette de n'être qu'une femme !
—… ? Ça veut dire quoi ?
— Que si j'étais un mec… il y a une nana que je me taperais avec un appétit féroce !
— J'ai donc un sacré pot ! Je ne suis pas obligée de te refuser des avances que tu ne feras pas ! Je l'ai échappé belle
— Dommage ! C'est diablement tentant.
— Oublie, tu veux ! Je ne suis pas, mais alors pas du tout « broute-minou »…
— L'essayer c'est peut-être l'adopter ! Après tout Mélanie, avant de dire « j'aime pas » tu devrais gouter.
— N'insiste pas veux-tu ! Non c'est non !
— xxXXxx —
Refaire le monde en compagnie d'une Adèle qui parait déçue, c'est tout ce que nous faisons de cet après-midi pluvieux. Une fois cuvés nos verres du déjeuner, elle décide vers vingt heures qu'il est temps pour elle d'aller voir ailleurs. Et me revoici donc plongée dans une solitude qui me mine. Je récupère mon téléphone et je n'y découvre rien d'anormal, j'ai surement imaginé que mon invitée l'avait dans les pattes. Et je passe en revue mes contacts. Plutôt ceux que toi et moi avions. Beaucoup se sont détournés de cette maison. Ces « amis » communs qui au premier envol de l'oiseau hors du nid ne se sont plus manifestés. Fatalement… je retombe sur « Viviane ».
Combien de fois mon index indécis frôle-t-il ce numéro ? J'y renonce avec peine, je dois avouer que ça me démange de lui faire le même coup. Finalement la table du salon reçoit le lien ténu entre le monde extérieur et chez moi. Quant au canapé, c'est nue sur un drap de bain que je m'y étends. Et je plonge dans une sorte de folie sexuelle manuelle. Ça débute par l'étirement de mes tétons, pour descendre par paliers jusqu'à cette touffe propre qui masque la caverne. Mon majeur s'y vautre avec délectation pour des sensations, qui si elles me sont agréables, n'en demeurent pas moins incomplètes.
Pour un peu je regretterais d'avoir dit non à Adèle. Une langue sur ces lèvres qui me collent des frissons, oui… une langue masculine ou féminine serait la bienvenue. Mais c'est bien de quelque chose de plus consistant que j'ai un urgent besoin. Oui ! Un truc bien dur apparenté à une barre solide pour combler les manques qui se cristallisent tous en ce point si précis. Mon souffle se fait plus court, ma poitrine se soulève alors que je geins doucettement. Et bien longtemps après que j'ai cessé de me caresser, je ressens encore les effets de ces attouchements qui vont devenir mon quotidien en matière de sexualité, je le crains.
Dans ce semi-coma qui suit mon câlin personnel, je tente de reprendre sur la table basse le téléphone. Malchance ou fait du hasard, ai-je appuyé sur une touche sans m'en apercevoir ? Voilà t'y pas que le truc se met à sonner. Et le nom qui apparait sur l'écran : « Viviane » ! Non ? Zut, je décroche ou pas ? Tergiversations de courte durée, mon choix s'impose tout seul.
— Allo ?
— Ah Viviane…
— Encore vous ? Vous faites exprès ma parole !
— Hein ? Non ? J'ai encore fait un mauvais numéro ? Vous êtes la gentille fille d'hier soir ?
— Vous poussez le bouchon un peu loin, ne trouvez-vous pas ?
— Oh ! Ne vous fâchez pas. Je ne sais pas comment c'est possible. Vous pouvez aussi vous vanter de m'avoir donné sacrément envie. J'ai rêvé de vous toute la fin de nuit. À en avoir mal aux mains de me toucher, avec seulement votre voix dans les oreilles.
— C'est fini oui ! Vous allez me prendre pour une imbécile encore longtemps ? Qui êtes-vous et pourquoi me harcelez-vous ?
— Mais non ! Ne prenez pas les choses de cette manière ! C'est juste vraiment une fausse manipulation une fois de plus.
— Vous êtes où ?
— Ben… chez moi ! Dans ma chambre.
— Et elle se trouve où votre chambre, bon sang ?
— Ah… je réside quai Port fidèle…
— Mais c'est chez moi, ça ! Dans ma ville !
— C'est le hasard… comme quoi il fait parfois bien les choses. Vous… vous aimeriez que l'on se rencontre ?
—… ! Vous vivez seul ?
— Je vous l'ai dit ! Je suis réellement veuf et… oui, je n'ai personne pour partager un moment d'envie… mais ça vous tenterait de passer une heure ou deux en ma compagnie ?
— Le numéro ?
— Zéro six quatorze…
— Non celui de votre maison ou appartement…
— C'est vrai ? Vous êtes d'accord ?
— Vite avant que je change d'avis… Si je viens, pas de brutalité, pas de mots crus et simplement de la tendresse ?
— Vos désirs sont déjà des ordres… vous en avez envie ?
— Ne posez pas de questions… le numéro… je vous prie !
— Alors c'est le…
— Ah Viviane…
— Encore vous ? Vous faites exprès ma parole !
— Hein ? Non ? J'ai encore fait un mauvais numéro ? Vous êtes la gentille fille d'hier soir ?
— Vous poussez le bouchon un peu loin, ne trouvez-vous pas ?
— Oh ! Ne vous fâchez pas. Je ne sais pas comment c'est possible. Vous pouvez aussi vous vanter de m'avoir donné sacrément envie. J'ai rêvé de vous toute la fin de nuit. À en avoir mal aux mains de me toucher, avec seulement votre voix dans les oreilles.
— C'est fini oui ! Vous allez me prendre pour une imbécile encore longtemps ? Qui êtes-vous et pourquoi me harcelez-vous ?
— Mais non ! Ne prenez pas les choses de cette manière ! C'est juste vraiment une fausse manipulation une fois de plus.
— Vous êtes où ?
— Ben… chez moi ! Dans ma chambre.
— Et elle se trouve où votre chambre, bon sang ?
— Ah… je réside quai Port fidèle…
— Mais c'est chez moi, ça ! Dans ma ville !
— C'est le hasard… comme quoi il fait parfois bien les choses. Vous… vous aimeriez que l'on se rencontre ?
—… ! Vous vivez seul ?
— Je vous l'ai dit ! Je suis réellement veuf et… oui, je n'ai personne pour partager un moment d'envie… mais ça vous tenterait de passer une heure ou deux en ma compagnie ?
— Le numéro ?
— Zéro six quatorze…
— Non celui de votre maison ou appartement…
— C'est vrai ? Vous êtes d'accord ?
— Vite avant que je change d'avis… Si je viens, pas de brutalité, pas de mots crus et simplement de la tendresse ?
— Vos désirs sont déjà des ordres… vous en avez envie ?
— Ne posez pas de questions… le numéro… je vous prie !
— Alors c'est le…
Je note sur un papier, le chiffre, le nom et l'étage et le silence qui remplit de nouveau ma baraque me donne la monstrueuse impression que je vais faire une énorme connerie. Mais je peux toujours ne pas y aller. Et c'est l'inverse que je fais. Je repasse à la hâte mes fringues après une douche éclair. Je ne tiens pas à sentir le cul devant ce type. Je marche les yeux et la caboche dans le vague. Le long de la petite rivière sur une sorte de sentier interdit aux voitures. Un petit pont et je longe les quais. Encore quelques cent mètres et je déniche la porte métallique, avant dernière barrière entre folies et retour en arrière.
Une ultime hésitation avant que mon index n'écrase la sonnette d'un digicode. La voix… c'est bien celle du téléphone qui fait place de suite à un grésillement annonciateur de l'ouverture de l'huis. Deux étages dont je ne compte pas les marches. Un autre panneau de bois entrouvert et je suis là à ne plus trop savoir si j'y vais ou je me replie. Le visage qui d'un coup, illuminé d'un large sourire, celui du type qui élargit le passage et cette fois, je suis dans la place. Bon ! À première vue, petite soixantaine, bien conservé, apparemment musclé et jovial, le mec est plus grand que moi. Il s'efface et j'entre dans ce qui s'apparente à un vestibule.
Il ne parle pas ! Je me tais également. Deux silences bien lourds qui nous tombent sur les épaules. Je me fais l'effet d'une salope qui vient pour se faire mettre. Mais le gaillard a l'air tout autant intimidé que moi. Il fait un effort…
— Entrez… vous voulez boire quelque chose ?
— Je… Vous…
— Oui ! C'est compliqué n'est-ce pas ? Tant que nous étions anonymes, sans nous voir ça semblait si simple. Mais là… je dois dire que vous êtes si belle.
—…
— Comment voulez-vous que nous procédions ?
— Je… je n'en sais rien moi ! Je comptais surement un peu sur vous pour me montrer le chemin. C'est la première fois… je veux dire que je n'ai jamais fait cela.
— Je dois vous confesser que moi non plus je ne suis pas un pro de ces pratiques… Peut-être pourrions-nous passer au salon ? Ce sera toujours mieux que dans l'entrée.
— Je… Vous…
— Oui ! C'est compliqué n'est-ce pas ? Tant que nous étions anonymes, sans nous voir ça semblait si simple. Mais là… je dois dire que vous êtes si belle.
—…
— Comment voulez-vous que nous procédions ?
— Je… je n'en sais rien moi ! Je comptais surement un peu sur vous pour me montrer le chemin. C'est la première fois… je veux dire que je n'ai jamais fait cela.
— Je dois vous confesser que moi non plus je ne suis pas un pro de ces pratiques… Peut-être pourrions-nous passer au salon ? Ce sera toujours mieux que dans l'entrée.
Il me guide vers un salon où les rideaux sont tirés. Deux fauteuils, un canapé et il m'invite à m'assoir sur l'un deux. Je pose donc mes fesses sur le moelleux du coussin. Lui se plante face à moi, sur le sofa. Un bon mètre nous sépare. Plus un mot ! Nous nous contentons de nous jauger. J'entends le tic tac d'une horloge ? Puis je réalise soudain que ce vacarme ce ne sont que les battements de mon propre cœur qui sonnent tel une horloge comtoise.
— Vous… je vous offre un verre ?
Il me faut prendre une large respiration afin de déglutir. J'ai la gorge sèche et je hoche la tête en signe d'acquiescement. Il se redresse et ouvre un bahut pour en extraire d'une sorte de mini bar une bouteille et deux verres. C'était donc déjà prêt ? De retour debout face à moi, je le sens qui m'observe et je n'ai pas le courage de faire de même. Non ! Je baisse la tête, fixant le tablier de la table. Pense-t-il que je suis une pute qu'il va baiser ? Pourquoi n'es-tu pas là, toi qui un jour as juré sur l'autel d'une église de me protéger ? C'est à cause de toi que j'en suis arrivée là !
Glouglou… le boucan que fait le liquide qui remplit les deux godets, mon Dieu ! Il me vrille les tympans. Puis sa main qui tend son glass passe dans mon champ de vision.
— À notre rencontre donc… madame dont je ne sais pas le prénom…
— Viviane non ?
— Viviane non ?
Il sourit à ma boutade et ne cherche nullement à approfondir. Discrètement, comme si c'était possible, il pousse nonchalamment la table qui nous sépare. Cette fois, il ne se rassoit pas. Il se contente de fléchir sur ses jambes et se met à genoux devant moi, mais sans me toucher le moins du monde. J'ai donc son visage à hauteur de l'assise de mon fauteuil. Il est figé sans un mot. Une gorgée de son alcool pour me donner une contenance. Qu'est-ce que je fiche là ? Bon sang ! Pourquoi suis-je venue me fourrer dans la gueule du loup ? Son regard, il me brule. Oui ! Il est posé sur les deux cuisses que je ne songe pas vraiment à serrer l'une contre l'autre.
Il n'y a pas loin à ce qu'il aperçoive ma culotte. Et au lieu de me tétaniser de trouille, cette pensée me redonne un coup de fouet. Mince, je suis en train de mouiller pour ce type ? Il a surement plus d'expérience que ce qu'il a bien voulu m'en dire. Sa patte, celle qui vient de reposer son verre, elle semble en suspens, un peu comme si elle avançait vers moi. Et c'est bien là qu'elle vient. Sur mon genou droit. Bouillante ! Coller mes gambettes, pour interdire l'accès ! C'est ce que je pense, mais c'est surtout ce que je ne fais pas.
— Si vous saviez depuis cette nuit combien j'en ai rêvé de faire ce geste… si vous me le permettez ?
—… euh !
— C'est trop tôt ? Vous n'en avez pas envie ? Je comprendrais, vous savez. Vous êtes la première femme à franchir ma porte depuis… que mon épouse…
—… euh !
— C'est trop tôt ? Vous n'en avez pas envie ? Je comprendrais, vous savez. Vous êtes la première femme à franchir ma porte depuis… que mon épouse…
Sa voix, douce, pleine d'une mélancolie qui me subjugue, et au lieu de repousser sa main, c'est la mienne qui vient la recouvrir. Accord tacite ? En tout cas, il le prend comme tel. Et il ose. C'est très étrange cette sensation de chaleur qui m'incendie littéralement le bas du ventre. Sa seconde paluche se plaque sur ma poitrine, juste sous mes seins. Il me repousse le haut du corps simplement contre le dossier du siège sur lequel je suis installée. Et pendant que j'obtempère gentiment, il en profite pour gravir un échelon supplémentaire. Cette fois les doigts folâtrent à la lisière de la jambière de ma culotte. Mes paupières se ferment.
Je tressaille à l'arrivée de ces intrus qui visiblement veulent se frayer un chemin sous mes froufrous. Puis c'est au tour de l'ourlet de ma jupe de se voir retrousser vers mon bassin. Je ne sais plus si je veux ou non, mais je ne dis mot. Et sans que je veuille le voir, je sens son souffle qui s'approche du corridor qu'il vient de s'entrouvrir. Un bisou sur le tissu, juste sous le renflement de mon buisson. Il sait y faire, il n'y a rien à redire. Et d'un coup, c'est moi qui cède une fois encore. Plus de défenses, seulement une immense montée d'un désir qui me rend vulnérable. Comprend-il qu'il vient de gagner la bataille ?
Sa bouche mouille le triangle de coton avant que d'un doigt malicieux il le repousse sur la gauche. Ça y est ! Il pose sa langue baveuse sur ma vulve et ce dont j'ai rêvé chez moi sur mon canapé se réalise ici, sur un fauteuil de mon inconnu. Tout s'enchaine sans à coup. Il me lèche longuement attirant des spasmes qui me font grincer des dents ou couiner comme une chatte en chaleur. Mais n'est-ce pas en cet instant ce que je suis ? Et je me laisse faire avec une sorte de bonheur non feint. La chair est faible, et je suis parfaitement lucide en saisissant que c'est moi qui réponds désormais à tous ces stimuli sexuels.
Je sais, j'ai bien entendu la caboche en état de fonctionner. Je me fais une joie de le sentir en moi. Alors, pourquoi ne pas lui rendre la monnaie de sa pièce ? Et c'est bien sur le tapis qui au départ était sous la table que nous nous livrons à des caresses dignes des meilleurs films pornos. À cette différence près, c'est que je ne feins pas du tout. Que mes cris ne sont pas retenus, pas plus que ses soupirs alors que dans un corps à corps épique… nous nous envoyons en l'air joyeusement. Une fois, deux, dix, quelle importance. Lorsque l'on aime, on ne compte vraiment plus. Et là… je n'aime pas, j'adore !
Et c'est encore meilleur qu'au téléphone… assurément.
— xxXXxx —
À suivre…
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Adorable