Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cata...strophe ! — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cata...strophe !
Chapitre 1
Paris, la ville lumière, revêt une face beaucoup plus sombre, loin des ampoules des Grands boulevards. Plusieurs dizaines de mètres sous la surface animée de la ville, un véritable labyrinthe constitué de centaines de kilomètres de galeries tortueuses et angoissantes : les catacombes. Loin des vivants, portes de l'empire de la mort, ces anciennes carrières accueillent une micro société d'explorateurs urbains qui font vivre ce dédale à la recherche d'un monde où se mêlent la quiétude et la crainte. Cataphiles convaincus, Auguste et moi avons emmené notre débauche jusque dans les entrailles de Paris.
Jetant de brefs coups d'œil autour de lui, Auguste souleva la lourde plaque. Rapidement, je saisis les barreaux rouillés de l'échelle affleurant le bitume avant de disparaître sous la chaussée, posant une dernière fois les yeux sur le grand palace parisien qui se dressait devant moi. Je descendis rapidement les quelques barreaux humides avant de poser les pieds sur un sol ferme. Au-dessus de moi, Auguste s'engagea à son tour dans la cavité, refermant sur lui l'épais panneau de fonte. L'obscurité se fit soudainement totale. Allumant nos lampes de poche, la lumière blanche dévoila à nos yeux une longue galerie bétonnée, parcourue de divers câbles et relais téléphoniques abandonnés. Mettant nos sacs sur le dos, nous nous mîmes en route dans le long couloir rectiligne, silencieusement. Seul le bruit de nos pas était amplifié par les murs en béton nu.
Au fur et à mesure de notre progression, la recrudescence de graffitis sur les parois et de traces de pas blanchâtres sur le sol nous indiquaient que nous approchions de notre objectif. Puis Auguste s'arrêta au milieu de la galerie. Dégageant une petite planche presque invisible sur le mur, il mit à jour un étroit passage. De suite, nous nous engageâmes dans la chatière, poussant nos sacs devant nous, avant de replacer le discret panneau derrière nous.
Fini la froideur et l'austérité du béton, nous étions maintenant dans une belle et chaleureuse galerie maçonnée avec des pierres calcaires et au sol humide. Fini la fée électricité, sortant de nos sacs deux grosses lampes à acétylène, nous nous préparâmes à nous éclairer comme jadis les mineurs de fond. Ouvrant les cuves, nous y déposâmes quelques cristaux de carbure de calcium avant de refermer les lampes, les réservoirs remplis d'eau. Dévissant légèrement les pointeaux, nous laissâmes quelques gouttes couler sur le minerai pour que le miracle s'opère. Quelques instants plus tard, passant une allumette au bout des becs, le gaz acétylène tout juste créé s'enflamma en une petite flamme, d'abord timide puis de plus en plus intense. Cette lumière venue d'un autre âge était douce, chaleureuse, elle dansait sur les moellons des galeries, elle nous indiquait le chemin, là-bas, vers les ténèbres impénétrables.
Entourés par le doux halo, nous commençâmes notre longue progression sous les rues de la capitale. Quittant un boyau tortueux, nous tournâmes dans une galerie beaucoup plus droite dont le ciel s'abaissait soudainement, les pierres laissant la place à une épaisse dalle de béton. Des vibrations, un bruit électrique aiguë et le son des mâchoires se resserrant sur les disques : la rame venait de s'arrêter au-dessus de nous. Avec un peu d'imagination, nous pouvions presque entendre la voix enregistrée annoncer la station « Saint-Placide », les portes s'ouvrir et les passagers disparaître dans les couloirs du métropolitain. Mais seul le silence des catacombes nous entourait. Quelques instants plus tard, à nouveau ce sifflement, à nouveau ces vibrations : la rame venait de reprendre sa route. A notre tour, nous reprîmes notre progression. Devant nous, l'ancienne galerie se terminait en cul-de-sac. Mais sur le côté, un escalier s'élevait en tournant légèrement.
Nous l'empruntâmes sans nous poser de questions, certains de notre chemin. A peine arrivés en haut qu'un nouvel escalier coudé nous fit redescendre dans la suite de la galerie que nous venions de quitter. Derrière nous, nous perçûmes un grondement sourd qu'amplifiait la roche. Il se fit de plus en plus fort, de plus en plus puissant, avant de s'estomper et de disparaître dans le lointain. Après la ligne 4, nous venions de franchir la ligne 12 du métro parisien.
C'est dans le silence le plus total que nous reprîmes notre progression. La longue galerie qui nous entourait épousait la forme de nos corps, nous avions l'impression de marcher dans un cercueil, droit vers les ténèbres. La progression vers le sud sous la rue de l'Ouest fut longue. La maçonnerie évoluait, les galeries s'élargissaient un peu. Devant nous, au loin, nous percevions des éclats de voix, des notes de musique nous parvenaient. Puis une ouverture dans la galerie, une salle, un nom : Apéro. Un petit groupe s'y était confortablement installé. Salutations, bières, banalités et nous repartîmes, laissant la pierre et l'obscurité étouffer les sons de la fête derrière nous. Rapidement, nous traversâmes un ancien abri de la Seconde guerre mondiale, aujourd'hui oublié du monde de la surface, avant de suivre un court boyau. Une grille posée sur le mur, une ouverture, des piliers de roches et au bout un bassin recueillant les gouttes d'une source pure : nous étions dans notre repère.
La fontaine des Chartreux tient son nom du couvent qui se trouvait jadis au-dessus. Construite pour désaltérer les carrier, l'élixir des pères n'a malheureusement jamais coulé dans ce bassin. Mais quelle quiétude en ce lieu, quel calme. Afin de sublimer l'ouvrage, Auguste installa de nombreuses bougies tout autour de la fontaine. Voulant le surprendre, je profitais qu'il ait le dos tourné pour me déshabiller discrètement. Qui a dit qu'on ne peut pas faire d'exploration urbaine en lingerie fine ? Me voyant ainsi, il eut un large sourire. Venant s'asseoir à côté de moi, il m'enlaça tendrement. Nous restâmes ainsi un long moment, silencieusement blottis l'un contre l'autre, admirant notre salle.
Notre tranquillité fut cependant troublée par des bruits lointains. Nous ne parvenions pas bien à les identifier, mais ils se répétaient de manière irrégulière. Intrigués, nous tendîmes l'oreille. Il nous semblait maintenant percevoir des cris. Nous décidâmes d'aller voir discrètement. Laissant nos affaires dans la salle, nous retournâmes dans le boyau, tendant l'oreille. Les cris, déjà plus distincts, semblaient venir de l'Est. Nous progressâmes discrètement en les suivant, vers une salle que nous connaissions bien. Au fur et à mesure que nous approchions, il nous semblait de plus en plus clair que ces sons étaient émis par une voix féminine. Cheminant silencieusement toutes lumières éteintes dans une courte galerie, nous aperçûmes bientôt une faible lueur chancelante au bout du couloir. La plainte venait de là, elle était toute proche. Mais chose étrange, nous ne parvenions pas à savoir s'il s'agissait de gémissements de douleur ou de plaisir.
Tout doucement, nous passâmes chacun une tête dans l'encadrement de la porte, découvrant un étrange spectacle.
La salle Anschluss est connue des cataphiles pour son vaste espace circulaire entouré de larges bancs de pierre et au milieu duquel tombe une échelle venant d'un puits ouvert dans le ciel de la carrière. Espace hospitalier où l'on se retrouve souvent pour grignoter et refaire le monde autour d'une bouteille, le couple que nous découvrîmes dans la salle avait une définition très personnelle de la convivialité : une femme nue était solidement attachée à l'échelle au milieu de la salle, face à un homme torse nu, exposant son maigre squelette tout en la fouettant avec un martinet. À chaque coup, les membres de la jeune fille se raidissaient et les cordes s'enfonçaient un peu plus dans ses légères rondeurs tandis qu'un bâillon boule l'empêchait de faire plus que gémir. Même ainsi, je trouvais cette femme magnifique. Sa longue chevelure rousse ondulée contrastait avec la blancheur laiteuse de sa peau. Elle était aussi belle que son bourreau était laid.
Maigre, presque squelettique avec des cheveux noirs hirsutes, toute trace de virilité semblait absente de ce corps. Il était très difficile de l'imaginer en maître alors qu'il aurait aisément pu tenir le rôle de soumis. Et pourtant c'est dans ses mains que se trouvait le martinet qui lacérait la peau douce de sa victime. Était-ce la difformité du mâle dominant ? Son regard dur ? Le rictus mauvais qui déformait ses lèvres à chaque cri de sa victime ? Moi qui n'ai habituellement aucun problème avec ce genre de spectacle, quelque chose me mettait mal à l'aise dans celui qui s'offrait à moi. J'étais incapable de savoir si la suppliciée trouvait quelques plaisirs dans le traitement qui lui était infligé ou si ces gémissements masquaient de réels cris de détresse. J'étais prête à intervenir quand Auguste me retint. À ce moment, l'assassin cessa de porter ses coups. Il détacha le bâillon de sa proie qui lui glissa simplement un « merci ». Je m'étais fourvoyé, mais ces paroles me soulagèrent.
La suite de l'échange fut beaucoup plus tendre. Écartant doucement les poils de la toison fauve de son esclave, l'homme glissa un long et fin doigt osseux vers son intimité. La femme poussa un soupir d'aise. La caresse semblait douce, agréable. Alors que le plaisir montait en elle, nous restions tapis dans l'ombre avec Auguste. Nous étions deux voyeurs, excités par la scène qui s'offrait à nous et par la peur d'être découvert. La bosse dans le pantalon d'Auguste trahissait son émoi. Pour ma part, je me sentais terriblement humide. Écartant les jambes et glissant une main dans ma culotte, j'entrepris de me caresser, sous l'œil bienveillant d'Auguste. La situation était terriblement exaltante. Auguste ne pouvait venir vers moi sans trahir notre existence. Je me faisais plaisir seule, lui offrant ce spectacle et me régalant des gémissements de bien-être que poussait la femme juste à côté de nous sans se douter de notre présence si proche. Quelles circonstances enivrantes !
Je me laissais aller, ne m'occupant plus de rester discrète. Je ne réprimais plus mes soupirs de plaisir !
Malgré leur jeu bruyant, le couple m'avait nécessairement entendu : tout resonne dans les catacombes ! Aussi l'homme finit-il par appeler sans se retourner : « Entrez donc assister au spectacle ». J'étais assez confuse. Interdite, je n'osais bouger. Se redressant, Auguste m'aida à me relever et me poussa devant lui dans l'encadrement de la salle. Me découvrant en petite tenue, encore toute excitée, l'homme eut l'air satisfait, s'entendant sans un mot avec Auguste. J'étais rouge de honte, la tête basse et les bras croisés devant moi comme pour essayer de me couvrir. Mais le doux sourire que me fit la pulpeuse rousse m'aida à me mettre à l'aise. L'homme nous invita à nous installer sur le large banc de pierre circulaire qui entourait la pièce. Auguste ne se fit pas prier, s'asseyant bien au fond, adossé contre la paroi. M'allongeant sur la roche, je vins poser ma tête sur ses cuisses. Nous avions ainsi tous deux une vue magnifique sur la femme tourmentée.
A peine étions-nous en place que son supplice recommença. Elle n'avait pas su être assez discrète, elle avait attiré du monde, elle devait donc être punie. L'homme utilisa simplement ses mains. Fermement, avec forces, il les abattit sur le corps nu de sa victime, s'acharnant sur sa poitrine généreuse, frappant son sexe gonflé. Entre deux gifles, il prenait la peine de caresser son bouton de rose, de lui pincer les tétons. La belle rousse ne retenait plus ses cris, semblant trouver du plaisir dans ce traitement.
Ce spectacle m'émoustillait particulièrement. Machinalement, j'avais replongé ma main dans ma culotte, me masturbant sans aucune gêne. D'une main, Auguste caressait tendrement mon corps, ne perdant rien du spectacle que le couple nous offrait. L'homme enfonçait maintenant un large godemichet dans le vagin de sa soumise. Je sentais la raideur de mon homme dans son pantalon. N'y tenant plus, je libérai le pauvre membre emprisonné lui permettant de se redresser vers le ciel. Puis, m'agenouillant face à mon amant, je décalai légèrement ma culotte pour m'empaler sur lui sans autre forme de procès. Nous étions si excités l'un l'autre que la pénétration se fit tout seule. Chevauchant Auguste assis sur son banc de pierre, j'allais et venais vivement sur son pénis. Dans cette position, je ne pouvais plus voir le couple qui nous avait mis dans cet état, mais je les entendais. La femme soupirait de plaisir tandis que l'homme faisait aller et venir en elle le large jouet en silicone.
Ses cris étaient de plus en plus puissants, sa respiration de plus en plus forte. Je chevauchais mon Auguste à une cadence folle. Imposant le rythme, je me calais sur les gémissements de la victime attachée. Je sentais qu'elle allait venir, tout comme Auguste qui se tenait fermement à ma taille. Que ce mouvement en moi était bon, qu'il était puissant ! Jouir tous les trois ensemble fut un moment magique. Nos cris se mêlèrent ensemble dans une douce mélodie. Je me sentis traversée de bien-être tandis qu'Auguste se répandait en moi. Quelle douceur ! Quelle félicité !
Sans le quitter, je pris mon homme dans les bras, enfouissant ma tête dans son cou. Que je l'aimais cet homme ! D'un seul coup, je nous sentais seuls au monde, j'avais oublié la présence de ce couple qui venait de nous offrir cette jouissance.
Alors que je quittais tout doucement Auguste pour m'asseoir sur le banc de pierre, l'homme avait entrepris de détacher sa soumise. Je reprenais doucement mes esprits quand cette dernière se dirigea doucement vers moi, s'agenouillant à mes pieds et saisissant ma dentelle, me lançant un regard interrogateur. D'un sourire, je lui fis comprendre que je trouvais son idée excellente, la laissant m'ôter doucement ma culotte. Ainsi assise les jambes ouvertes, j'offris sans gêne mon intimité à cette belle inconnue. Quelle conversation intime et passionnée nous eûmes ! Tenir conciliabule fut un véritable plaisir. Ce que cette bouche soufflait dans le creux de mes lèvres me faisait frémir, me transportait dans un monde passionné, fait de tendresse et de douceur. Mon miel coulait doucement sur la langue de ma délicate amie qui venait le chercher avec toujours plus d'ardeur. Que c'était agréable !
Nous en avions complètement oublié nos hommes qui nous regardaient, admirant le spectacle que nous leur offrions. J'étais bien, profitant pleinement de cet échange. Me laissant aller, je sentis la volupté m'envahir. Un instant, mon amante sembla hésiter. D'une main ferme, je plaquai sa tête entre mes jambes, lui intimant ainsi l'ordre de ne pas s'arrêter. Une vague de plaisir me submergea. Je voulais crier, mais aucun son ne parvenait à sortir de ma bouche. Ainsi figée, en apnée, je sentis des spasmes parcourir mon corps sur lequel je n'avais plus aucun contrôle avant de finalement réussir à pousser un long gémissement. Le ciel aurait pu me tomber sur la tête, j'étais déjà ensevelie sous ma jouissance. Entrouvrant les yeux, je me noyais dans le regard pétillant de mon amante, toujours à genoux devant moi. Me redressant péniblement, je l'enlaçais tendrement, me blottissant dans ses bras, la tête posée sur ses épaules.
Interdits, aucun de nos hommes, que nous ignorions totalement, n'osa interrompre notre étreinte qui sembla durer pour l'éternité.
La situation était ubuesque. J'étais quinze mètres sous le quartier de l'Observatoire, presque intégralement nue dans les bras d'une parfaite inconnue, elle complètement nue, qui venait de m'offrir un long plaisir charnel sous le regard passif, mais ravi de nos hommes. Cependant, le sien semblait s'impatienter. Passant ses longs doigts fins dans la belle chevelure rousse de mon amante, il la saisit fermement, la forçant à me lâcher avant de la ramener vers l'échelle. Sentant sa douce chaleur s'éloigner, la fraîcheur du sous-sol, qui ne m'avait jusqu'alors absolument pas dérangée, me saisit soudainement alors que je regardais cette forme squelettique attacher ma bonne amie sur l'échelle. Je pensais devoir à nouveau supporter la vision de son supplice, mais le monstre s'approcha d'Auguste, lui tendant une poignée de cordes en me regardant d'un œil avide. A ma grande surprise, je vis mon coquin sourire d'un air entendu.
Qu'avaient-ils décidé pendant que je me laissais aller sous la langue de mon amante ? La créature avait-elle réveillé la bête qui sommeille au plus profond de mon homme ? Toujours est-il que ce dernier s'empara de moi et, faisant tomber mon soutien-gorge, m'entraîna complètement nue vers l'échelle où il entreprit de m'attacher face à ma dulcinée.
Bien que la situation m'excitât terriblement, je restais partagée sur la suite. En effet, mon sexe s'était déjà gonflé de plaisir et je craignais pour ce soir de ne plus rien pouvoir ressentir à part une gêne. De plus, le monstre me dégoûtait et il était hors de question qu'il me touche, voire même qu'il m'effleure. Mais le regard doux d'Auguste fit s'envoler toutes mes craintes : je savais que je pouvais avoir confiance en lui, que la bête qu'il ranimait en lui n'irait jamais au-delà de ma propre chimère.
Le contact du métal humide et froid de l'échelle, mêlé à celui, doux et chaud, du corps de mon amante, créa en moi un nouveau bouillonnement. Nous étions attachées chacune d'un côté des degrés, l'une en face de l'autre, sans possibilité de nous dégager. Nos corps fusionnaient entre chaque barreau, nos ventres se réchauffaient, nos poitrines se pressaient, nos doigts s'entrelaçaient et nous sentions chacune sur notre visage le souffle torride de l'autre. Nous ne formions plus qu'une seule chair offerte aux caprices de nos mâles. Ensemble, nous reçûmes notre première fessée ; ensemble, nous poussâmes un petit cri de plaisir. Il en fut de même pour la deuxième fessée, puis la troisième, et ainsi de suite. Nos hommes agissaient en miroir. Du coin de l'œil, je voyais la main du monstre se dresser avant de sentir la main de la bête s'abattre sur mes fesses.
Aussi, quand je vis cet être malingre retirer sa ceinture et l'armer sur son bras, je n'eus aucun doute sur ce qu'Auguste préparait dans mon dos. Dans un chuchotement, je tentais de prévenir ma complice, le regard paniqué : « ceinture ». Mais cette dernière me répondit avec un large sourire gourmand. Quand le cuir vint mordre ma peau pour la première fois, je me raidis en poussant un hurlement, prête à arracher l'échelle de son socle. Ma belle rousse semblait avoir bien plus apprécié que moi cette attaque. Elle semblait proche de l'extase. Alors que j'appréhendais le second coup, elle plaqua sa bouche sur la mienne, m'embrassant avec fougue. Ce baiser passionné m'aida à me relâcher pour mieux recevoir la lanière assassine. Il fut long, tendre, apaisant, durant aussi longtemps que la correction. Était-ce ma punition pour avoir déjà eu tant de jouissance ce soir ?
A chaque fois que ses lèvres semblaient quitter les miennes, je la suppliai de revenir, de ne pas m'abandonner, de conserver avec moi cette liaison salutaire.
Enfin, les ceintures retombèrent définitivement et je sentis les mains d'Auguste caresser doucement mon corps. Qu'elles étaient tendres, douces sur mes fesses meurtries. Quel délicieux contraste. Je me laissais doucement griser, tout comme ma partenaire qui soupirait d'aise en face de moi. Subtilement, la main se rapprochait de mon jardin secret : les doigts venaient chercher leur dû. Mon seuil ne retint pas longtemps les envahisseurs qui, franchissant mon mont, annexèrent doucement mon con. Mais cette visite était librement consentie, attendue et espérée même. Après tout, les membres d'Auguste étaient une partie de moi ; ils étaient ma chair tout comme mon corps était sien. Je ne sais combien de temps ce doux massage dura, mais je pus l'apprécier pleinement, en ayant grand soin de profiter des lèvres de ma compagne d'un soir, elle aussi au paradis. Hélas, toute femme a ses limites. Doucement, je demandai à Auguste de me détacher avant de me blottir dans ses bras.
Il était mon seul, mon unique. J'avais maintenant besoin de tendresse, il était temps d'enfouir la bête et la chimère au plus profond de nos âmes.
Alors que nous nous apprêtions à prendre congé de nos compagnons de jeu, la jolie rousse me prit le bras et y écrit au stylo une suite de chiffres. « Appelle-moi, là-haut », me chuchota-t-elle avant de déposer sur mes lèvres un dernier baiser. Puis, quittant l'Anschluss, nous retournâmes rapidement vers notre fontaine bien aimée où nous purent enfin nous poser, seuls. Étendue sur une couverture, ma tête reposait délicatement sur le torse de mon homme. J'étais toujours intégralement nue. C'est ici, près du bassin dans lequel se reflétait la lueur des bougies, entourés du léger bruit de l'eau, que nous fîmes tendrement l'amour. Allongée, je laissai Auguste butiner tout doucement ma rose ouverte pour lui. Tendresse, douceur et volupté. Ce précieux moment, cette union sacrée, ne valaient-ils pas toutes les étreintes du monde ?
Je fus certaine de ma réponse lorsque, écrasée sous l'amour de mon homme s'apaisant, il murmura à mon oreille, dans les dernières lueurs des flammes vacillantes, un sincère : « je t'aime ».
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Bravo, chère inconnue, tu as un véritable don, merci de le partager.
En plus, il est bin écrit. Bravo
Toujours rêvé d'y descendre, mais jamais trouvé de compagnons de route de Confiance (pas assez fou pour m'aventurer dans ce territoire inconnu avec les quelques hurluberlus qui me l'ont parfois proposé du temps de ma jeunesse).
Bravo pour cette superbe description qui ne donne effectivement qu'une envie : t'y suivre et assister à ce genre de scène...
Ne sois pas désolée, la faible proportion de fiction ne rend ton récit que plus excitant ;)
J'ai vécu pas mal de temps à Paris et j'ai eu l'occasion de faire des visites "sauvages" des catacombes. Par contre, nous étions un groupe et n'avons pas eu la chance de vivre ton scénario ;)
Sinon, pour la place... Mmmm... J'avoue que la tienne aurait été assez tentante ;)
!!! !!! !!! Amis cataphiles : si vous lisez cette histoire et reconnaissez les lieux, n'oubliez pas de vous signaler !!! !!!
:D :D :D
Tu l'as publié en tant qu'histoire vraie. Mais qu'elle est la part de témoignage et la part romancée ?
Tu arrives à rendre ton expérience excitante, et à nous donner envie de la partager... d'être à ta place.
J'ai passé un bon moment de lecture.
Merci.
WDC
Désolée de te décevoir mais la part de roman est faible dans mon récit. Elle me sert surtout à embellir et rendre l'histoire encore plus mystérieuse.
Nous avions déjà croisé ce fameux couple dans les ktas mais nous n'avions même pas retenu leurs pseudos... chose faite depuis ! ^^
la prochaine fois que tu vas à Paris, tu peux toujours essayer de soulever une plaque, mais ne te trompe pas : les égouts n'ont pas le même charme !
Et envie d'être à ma place où celle de mon homme ? ;)