Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Aurélien : ma confiance retrouvée — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Aurélien : ma confiance retrouvée
Chapitre 1
Chapitre 1 : Le Belfast
C'était difficilement que je me remettais de cette rupture. De deux ans de plus que moi, elle m'avait annoncé, sans une larme, qu'elle ne souhaitait plus que nous continuions ensemble. Mon manque d'expérience la ralentissait disait-elle. Elle avait été ma première, celle pour qui j'étais prêt à renoncer à tout, sans que cela soit jamais suffisant. Et pourtant, pour mes amis, j'étais toujours le même du haut de mes vingt-deux ans. Joyeux, beau parleur, à la blague facile, presque imbu de moi-même, conservant ce soin apporté à mon physique qu'elle m'avait inculqué au cours de son bref passage dans ma vie.
Pour être honnête, je me plaisais plutôt, mais il me semblait que j'étais bien le seul de cet avis. Cela ne m'attristait pas pourtant. Je trouvais dans ce célibat un calme et un vide certes pesants mais réparateurs. Cela faisait deux mois que cela durait. Mais je voulais sortir.
Pour être honnête, je me plaisais plutôt, mais il me semblait que j'étais bien le seul de cet avis. Cela ne m'attristait pas pourtant. Je trouvais dans ce célibat un calme et un vide certes pesants mais réparateurs. Cela faisait deux mois que cela durait. Mais je voulais sortir.
Le mètre quatre-vingt deux de procrastination que j'étais en ce dimanche après-midi étendit le bras vers mon téléphone et chercha Ariane dans mes contacts. Ariane était mon amie depuis un an environ. Elle avait le même âge que moi. Je l'avais connue sur les bancs de la fac et elle avait rendu les cours moins ennuyeux. Depuis, on se parlait, on allait aux mêmes soirées, on prenait des verres dans le même groupe d'amis, mais ça n'allait pas plus loin. Elle savait changer les idées de n'importe qui avec son humour vif, son regard pétillant, son sourire narquois et sa capacité à vous faire reprendre des verres jusqu'à ce que les souvenirs se perdent dans un flot d'éthanol titubant. Exactement ce dont j'avais besoin.
— Hey! Ça te dit d'aller se poser quelque part boire un coup cette semaine ? J'ai envie de changer d'air.
— Ça tombe bien moi aussi, j'ai un raté d'entretien d'embauche à oublier.
— S'ils t'ont pas prise, alors c'est eux qui ont raté l'entretien. Où, quand, avec qui ?
— T'es bête. Juste tous les deux, où tu veux à moins de 10min de chez moi, demain soir non négociable.
— J'ai un endroit en tête. Mais.vu la fermeté de l'horaire, ce sera une surprise, tant pis pour toi. Je passe te récupérer à 20h.
— J'aime les surprises, ne me déçois pas.
Elle me rendait dingue. Elle avait le monde à ses pieds, elle le savait et en abusait. Cette sortie allait me faire du bien en partie parce que je savais qu'il ne se passerait rien. J'étais son ami point. Je l'avais déjà vue suffisamment entreprenante pour savoir que je ne lui plaisais tout simplement pas.
Le lendemain soir je sonnai donc à 20h10 à sa porte. Après 5 minutes, elle était devant moi.
— T'es à la bourre, me dit-elle avec une moue boudeuse.
— Je te laissais le temps de finir de te préparer. Allez viens, ce n'est pas très loin.
Ma réponse sembla la satisfaire. Son bras s'est enroulé autour du mien alors que nous nous dirigions vers le Belfast, un pub vivant mais peu bruyant où j'avais mes habitudes.
— C'est pour moi que tu t'es fait beau Aurélien ?
Je ne relevais pas le sarcasme évident. J'étais comme d'habitude. Aujourd'hui, c'était un chino beige et un polo bleu ciel qui soulignait une musculature honorable mais peu proéminente.
— Pas eu le temps de me changer votre altesse. Toi en revanche...
Elle avait opté pour une robe bleu marine, légère, qui lui descendait à mi-cuisses, accompagnée de baskets blanches, comme à son habitude. Elle avait laissé ses cheveux d'un blond presque blanc lui tomber librement sur les épaules, avait paré ses yeux gris d'un peu de mascara et déposé sur ses lèvres un rouge carmin d'une intensité folle, "pour mettre un peu de couleur" comme elle aimait le dire. Elle était magnifique.
Elle serra mon bras un peu plus fort contre elle en riant, heureuse de son effet.
Elle serra mon bras un peu plus fort contre elle en riant, heureuse de son effet.
— Ne soit pas avare de mots, tu sais combien j'aime être flattée.
— T'es magnifique Ariane. En restant simple. Simplement magnifique.
— Bien rattrapé. C'est encore loin ?
— Juste au coin.
Le serveur du Belfast nous installa dans une petite alcôve. Le pub était plein mais l'ambiance était calme. J'adorais cet endroit, comme une taverne un peu mystérieuse dans laquelle le temps n'avait pas la même valeur, où tout pouvait arriver. Je commandai une Aviation tandis qu'elle se décidait pour une pinte de Kilkenny.
Savourant l'amertume du gin, qui se mélangeait sur ma langue au sucre de la violette et à l'acidité du citron, je l'écoutais raconter ce qui lui passait par la tête. Son entretien raté, son envie de se remettre au dessin, de partir en voyage, son dernier mec qui n'était qu'un abruti. Je répondais sans vraiment être là. Mes yeux se perdaient sur son visage aux traits fins, sur ses lèvres écarlates et pulpeuses ornées de quelques gouttes d'un brun noir laissées là par la stout, sur sa nuque délicate à la peau satinée, sur son épaule blanche de laquelle la bretelle de la robe avait nonchalamment chuté, sur sa main aux ongles vernis du même rouge que ses lèvres, sur la naissance de sa poitrine qu'on devinait sous la robe, ronde, ferme, parfaite.
Je repris mes esprits. Qu'étais-je en train de faire ? C'était indiscret et inadapté. Heureusement, elle ne s'en formalisa pas. Elle l'avait remarqué pourtant, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais par amusement, parce qu'elle en retirait de la fierté ou parce qu'elle ne voulait pas me gêner, elle ne dit rien.
Je me rendis alors compte que le silence s'était fait à notre table. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle venait de dire. M'armant d'une fausse assurance, je désignai le décor autour de nous.
Je repris mes esprits. Qu'étais-je en train de faire ? C'était indiscret et inadapté. Heureusement, elle ne s'en formalisa pas. Elle l'avait remarqué pourtant, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais par amusement, parce qu'elle en retirait de la fierté ou parce qu'elle ne voulait pas me gêner, elle ne dit rien.
Je me rendis alors compte que le silence s'était fait à notre table. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle venait de dire. M'armant d'une fausse assurance, je désignai le décor autour de nous.
— Et sinon, tu as dit que tu aimais les surprises, que penses-tu de celle-ci?
— Je ne suis donc pas le seul être doué de parole à cette table ! La surprise est belle mais la compagnie à revoir.
— Mes excuses, j'ai la tête ailleurs.
— Dans mon décolleté oui. Je ne te reconnais pas, je sais que les dates ne font pas partie de tes habitudes mais tu fais clairement preuve de moins de vivacité et d'attention que d'habitude mon cher.
— Ce n'est pas un date et je suis juste préoccupé.
— Voyons, un endroit calme, une tenue ni trop chic qui t'aurait fait passer pour un pingouin, ni trop décontractée preuve d'une latente envie de plaire, en tête à tête entre deux célibataires, ça fait beaucoup de cases de cochées.
Je détestais m'avouer qu'elle avait peut-être raison. Mais ce n'était pas possible. C'est sans doute à cause de cette contradiction intérieure que ma réponse fût un peu plus sèche que je ne le voulais.
— Arrête Ariane. J'ai beau avoir une latente envie de plaire comme tu dis, je sais qu'on n'est pas dans la même catégorie. Regarde toi, tu es une bombe. Tout le monde te regarde parce qu'on ne peut pas détacher les yeux de toi. Je suis qu'un mec normal comme les autres, et même si je serais loin d'y être réfractaire, je sais qu'il ne se passera rien entre nous et que je ne te plais pas, c'est comme ça.
Je relevais les yeux. Son regard était planté dans le mien, son menton posé sur ses mains jointes. Il avait changé. L'éclat pétillant avait laissé la place à une malice sombre et son sourire était encore plus narquois que d'habitude.
— Et si je te disais que tu trompes ?
— Je dirais que tu me fais marcher et que ça ne me fait pas rire.
Trois secondes de silence pendant lesquelles nous ne nous lâchons pas des yeux. Très lentement, elle se lève et s'approche de moi. "S'il t'en faut plus", murmure-t-elle. Elle pose deux doigts sous mon menton et me relève la tête vers elle en pressant ses lèvres sur les miennes. Sa langue se fraye un chemin jusqu'à la mienne et entame un ballet doux et sauvage à la fois. Je ne sais que dire ni que faire, essayant d'assimiler le cocktail explosif d'informations et de sensations dont elle m'abreuve à l'instant. Elle se détache de moi, me regarde pose sa main sur ma joue et s'approche de mon oreille. "Je ne te fais pas marcher... par contre je vais te faire courir pour être aussi lent à la détente."
Sans que j'ai toujours pu dire un mot, elle se relève et sort du bar sans se retourner.
Sans que j'ai toujours pu dire un mot, elle se relève et sort du bar sans se retourner.
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Commentaires ()
La plume est très subtile, j'adore.