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✦ Wildpillow Prude salope XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Prude salope — Chapitre 2 · Qui sommes-nous ?

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Wildpillow
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Prude salope

Chapitre 2 · Qui sommes-nous ?

Chapitre III
Encore une fois ; je ne parviens pas à m'endormir. Il est trois heures du matin, je suis devant mon ordinateur, la queue entre les mains (enfin... la main, sinon ça fait un peu prétentieux) à m'astiquer tout en naviguant sur différents sites pornos à chercher de quoi satisfaire mes envies. Sans nourrir trop d'espoir, j'espère que ça m'aidera à trouver le sommeil.
D'habitude, je me contente de quelques vidéos entre filles ; quitte à apprécier le corps féminin, autant en avoir deux à trois fois plus ! Par ailleurs, jusqu'à peu, regarder des scènes hétéros me ramenait invariablement à ma triste condition de puceau incapable d'avoir une vie sentimentale et érotique, ce qui n'était pas le mieux pour susciter l'excitation. Désormais... et bien, je ne les apprécie guère plus car cela m'amène inévitablement à penser à Juliette.
J'avais imaginé ma première fois comme un moment unique, exceptionnel, qui me marquerait à vie. Nul doute : ce fut le cas. J'avais imaginé cette première fois comme le début d'une jolie aventure avec une chic fille : c'est déjà moins évident.
C'est la première fois que je me trouve torturé par une foultitude de sentiments et d'idées contradictoires : Juliette est vraiment une chic fille que je souhaite mieux connaître et avec laquelle j'aimerais vivre cette jolie aventure. Pourtant, elle est en couple et je ne veux pas être celui qui le brisera : on peut espérer mieux pour le début de sa vie amoureuse ! A chaque fois que je pense à elle, mon cœur se met à battre la chamade, cependant je sais que la sagesse voudrait que je cesse cette relation. Enfin, je ne souhaite pas que ce maudit exposé ait lieu car il signifierait la fin de notre partenariat, et par extension, vraisemblablement de notre relation... Pourtant ce serait le meilleur scénario, scénario auquel je ne peux me résoudre !
La vision d'une relation anale entre deux jeunes amatrices avec un gode ceinture étant une occupation nécessitant bien moins mon cerveau que ma queue, laissez-moi vous narrer les dernières péripéties qui ont ajouté une pierre à l'édifice de mon tourment, notamment une arcade sourcilière gonflée et rougie, voire bleuie par endroits, qui est à l'origine d'une sacrée migraine.
Il y a de cela quelques jours, je m'étais décidé à consacrer ma soirée à râler devant le massacre des aventures de Geralt de Riv organisé par une célèbre entreprise d'outre-Atlantique. Tout se déroulait comme prévu jusqu'à ce que la sonnette de l'entrée retentisse. Un rapide coup d'œil à mon portable indiqua qu'il était déjà deux heures du matin.
J'entrouvris la porte pour découvrir Juliette. Je ne pus réfréner un haussement de sourcil tant la jeune femme que j'avais devant moi était loin de la pimbêche BCBG que je connaissais. Elle avait la tête basse, ses yeux humides et son maquillage qui foutait le camp témoignaient de pleurs récents. Ses bras étaient croisés, collés à son corps pour tenter de se procurer la chaleur que son mince gilet ne pouvait lui donner. Elle ne disait pas un mot. Inutile, ses yeux s'en chargeaient pour elle
— Mince ! Entre, viens te mettre au chaud. Je vais te préparer un thé ou un café, ça va te faire du bien.
— Merci, je ne savais pas où aller. Tu es le seul auquel j'ai pensé, je suis désolé de te déranger à cette heure.
— Pas de souci, tu es toujours la bienvenue.
Je la fis asseoir sur le bord de mon lit, lui recouvris les épaules d'un plaide puis allai lui préparer un thé.
— Tu veux me raconter ?
— Il le faut, ça te concerne.
— Mmh. J'ai comme l'impression que je sais déjà ce que tu vas me dire.
— Je suis allée à la soirée des lettres modernes avec quelques copines et Micka. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête mais j'ai bu quelques verres, un peu trop en fait. Lui aussi. On s'est disputé pour une bêtise, le ton est monté, je n'ai pas l'habitude de l'alcool, j'ai craqué et mes mots ont dépassé ma pensée.
— Ça peut arriver, surtout en soirée. Faut pas t'inquiéter pour ça.
— En fait, je lui ai dit ses quatre vérités : qu'il me considère comme sa chose, que moi aussi j'ai envie d'avoir une vie, et pas la sienne.
— Dans un sens c'est bien, il fera peut-être plus attention à toi comme ça.
— C'est pas tout. J'ai pu lui parler de toi.
— Oh ! J'imagine que c'est là que tu vas me dire que ça va bien se passer mais que, par prudence, je devrais ne pas démarrer ma voiture ou le faire faire par quelqu'un d'autre durant les mois à venir ?
— Plus ou moins. Je crois lui avoir dit que ce n'était pas grave qu'il n'arrive pas à me faire jouir puisque tu t'en chargeais très bien.
— Hum ! Oups ! C'est moche, dis-je alors que je me sentais blanchir comme un linge.
— Je suis désolé, je te présente mes excuses, me supplia-t-elle en sanglotant.
Je ne pouvais lui en vouloir. C'était inéluctable que cette histoire parte en cacahuète et j'étais au moins aussi fautif qu'elle. J'avais tellement envie de me rapprocher de Juliette que j'en ai perdu toute forme de discernement. Reste toutefois que je me retrouvais ainsi avec le type le plus populaire de la fac et sa bande de lèches-pompes... je veux dire d'amis... sur le dos.
— Je peux rester ici cette nuit ? Je sais pas où aller et je ne veux pas rentrer chez moi.
— Evidemment, mon lit n'est pas très confortable mais tu y seras tranquille. Je dormirai sur ma chaise de bureau.
— Avec ce qu'on a fait, je pense qu'on peut dormir ensemble.
— Justement, je me dis que tu ne le souhaites peut-être pas puisque c'est la raison qui t'amène ici.
— T'as sans doute raison, mais j'ai besoin qu'on me serre fort.
Pour lui permettre de se débarbouiller et de se délasser de cette mauvaise soirée, je lui proposai de prendre une douche. J'en profitai pour cogiter un peu et m'allumer une cigarette à la fenêtre. Je ne fumais que dans les grandes occasions, ce paquet traînait depuis des mois dans mon tiroir. Même lors de ma première relation avec Juliette, je n'avais pas fumé. En regardant le foyer rouge vif, je me surpris à penser que c'était un genre de cigarette du condamné, car je ne voyais guère de solution à part me barrer au plus vite et m'inscrire dans une autre université. C'était sans doute exagéré, mais je n'étais pas vraiment serein.
J'entendis la porte de la salle de bain s'ouvrir, je reconnus la Juliette qui m'était familière. La douche lui avait fait du bien. A ma grande – et agréable – surprise, elle n'était vêtue que de ses sous-vêtements et de la chemise que j'avais mise de côté pour demain... enfin tout à l'heure... et qu'elle n'avait pas pris la peine de fermer.
— Ça t'embête si je te la pique ?
— Pas du tout, tu es très belle.
— Tu fumes ?
— Non, enfin oui, dans certains cas, très rarement.
— Je peux t'en piquer une ?
— Le paquet est sur mon bureau.
Nous avons discuté une partie de la nuit, comme jamais nous avions eu l'occasion de le faire. Et puis quitte à être dans la panade, autant le faire avec panache : donc je l'ai embrassée. Comment ne pas céder, elle était encore plus belle sans son maquillage et encore plus sexy dans ma chemise. Elle ne me repoussa pas, bien au contraire, elle vint se blottir dans mes bras. Ma main se glissa sous sa chemise, sa peau était douce, chaude, j'avais l'impression de caresser une étoffe de soie, et ce n'est pas lui rendre hommage que de dire ça. Nos lèvres s'effleuraient, je sentis le bout de sa langue me caresser les lèvres, puis ses dents me mordiller. Nos langues se joignirent dans une valse étourdissante, plus rien n'existait autour de nous, nos problèmes s'étaient volatilisés.
Elle retira mon t-shirt et enleva sa chemise. Ses seins étaient soutenus par un soutien-gorge bleu brodé, bien qu'il n'en avaient pas besoin. En le lui ôtant (sans difficulté... ce qui lui fit esquisser un sourire), je vis ses tétons roses faire leur apparition. Comme elle me l'avait si bien enseigné, je commençai par lui caresser le galbe de ses seins en m'approchant peu à peu du centre. Ses tétons étaient durs, elle aspira fort lorsque je les pinçai. Son sourire me suffit pou comprendre que j'étais un bon élève. Je m'appliquai à trouver ces endroits de son corps qui la feraient frémir : son ventre, son cou, un mordillement à l'oreille. Elle s'abandonnait à mes caresses, ne cherchait pas à se dissimuler de mon exploration sensuelle. Je savais que l'intérieur de ses cuisses était particulièrement sensible, ce fut donc le dernier endroit que je visitai de mes mains désormais accompagnées de ma langue.
D'un geste, je la couchai sur le lit, à plat-ventre. Je n'eus pas à l'inviter à écarter les jambes, elle se cambra pour me présenter sa croupe qui ne méritait rien d'autre que de tendres mordillements. Son sexe peinait à apparaître entre ses lèvres gonflées afin de me montrer qu'il se préparait à me recevoir. Je m'en approchai, ma langue parcourut la longueur de ses dernières avant de partir à la recherche de ce petit coin un peu plus dur. Je le trouvai enfin, son clitoris, j'en fis le tour, puis mes lèvres l'entourèrent pour le sucer. Juliette n'y était pas insensible, sa respiration se fit haletante, des gémissements se firent entendre. Tel un cercle vertueusement érotique, plus ses gémissements s'accroissaient, plus je m'efforçai à prendre soin d'elle.
Subitement, Juliette se redressa. Elle me prit la main pour m'inviter à m'allonger sur le lit et se plaça tête-bêche sur moi. Je me remis aussitôt à l'ouvrage, passant également un doigt entre ses deux ravissantes fesses. Je jouai avec son anus, appuyant dessus sans pour autant y entrer. Je fus surpris lorsque je sentis sa langue sur mon gland, encore plus lorsque ma queue fut entourée de la chaleur humide de sa bouche. Je variais le rythme de ma langue sur son clitoris, en faisant le tour lentement, puis en le brutalisant de sa pointe. Je fis entrer mon index en elle, ce fut ensuite le tour de mon pouce, libérant ainsi le premier qui put profiter de son humidité pour se faufiler dans son anus.
Juliette s'occupait de moi avec toujours plus de vigueur, jusqu'à ce qu'elle soit pris de spasmes, elle ne parvenait plus à se contrôler, gémissant sans retenue. Aucun doute n'était permis, elle explosa dans un orgasme qui s'empara de son corps sans lui laisser la moindre chance de se maîtriser.
Le calme revint avec la tempête. Juliette était couchée sur le dos, haletante. Elle se glissa sous la couette.
— Fais-moi l'amour.
Je la rejoignis, me mettant sur elle. Nous nous embrassâmes. Ses cuisses s'écartèrent, comme une invitation à ne faire plus qu'un. Je pus ainsi me délecter de la sensation offerte par mon membre qui se fraya un chemin à l'intérieur de son sexe aussi serré que chaud.
Chapitre IV
Se réveiller à côté de Juliette suffit à me mettre de bonne humeur. Je restai un moment à la regarder alors qu'elle était toujours endormie, juste vêtue de ma couette. Pourtant j'en vins très vite à penser à Micka, la situation s'annonçait complexe à gérer et plutôt « rock'n roll », d'autant plus que je n'avais pas le bon rôle et qu'il était légitime à m'en coller une.
Soyons clair ! Deux possibilités s'offraient à moi : soit j'étais condamné à jouer à l'homme invisible durant le reste de ma scolarité, soit j'allais le voir et je serrais les dents le temps qu'il se défoule en évitant de perdre trop de dents. Soyons de nouveau clair : je n'aimais pas du tout la seconde solution, même si elle me semblait être la plus crédible.
Par chance – quoique je ne sois pas certains que « chance » soit le mot le plus pertinent – je n'eus pas à me décider puisque ce fut Micka et sa bande de joyeux lurons qui me tombèrent dessus dès que j'eus mis les pieds dans les couloirs du bâtiment principal de l'université. Pas de chance pour moi, Juliette était rentrée chez elle pour se changer, je ne pouvais donc compter sur elle pour temporiser.
— Alors tête de nœud, comme ça on fait mumuse avec les copines des autres ?!
— Mika, avant toute chose, je voulais te dire que je suis profondément désolé, je ne voulais pas...
— … Glisser entre les cuisses de ma copine ?! Interrogea-t-il d'un ton ferme qui exprimait à la fois une grande sérénité et une immense colère.
— Hum ! Oui, en gros c'est ça.
— Tu sais que je devrais te casser en deux ?
— C'est pas faux, lui répondis-je, c'est pas ma meilleure répartie mais en même temps, que voulez-vous répondre à ce moment-là ?!
— Tu sais que je vais le faire !
— Ok, je te comprends, c'est pas cool pour toi (je n'étais vraiment pas inspiré).
— Tu te fous de ma gueule ?
— Non, je recommencerai pas, je t'assure.
— Encore heureux ! Et je vais faire en sorte que tu ne le puisses plus après la trempe que je vais te coller.
— En plus il te raconte de la merde ! Je l'ai vu sortir de chez lui avec Juliette ce matin ! S'exclama une voix dans son groupe de lèches-bottes.
C'est à ce moment que je pris un coup de poing en pleine tête – que j'avais bien mérité – et que j'eus tout juste le temps de voir le front de Micka s'approcher à pleine vitesse de mon visage.
Je me permets un petit interlude au milieu du récit pour vous apporter un éclairage nécessaire avant de poursuivre. Je ne vous ai pas encore parlé de ma famille. Mes parents habitent dans un petit village où ils sont propriétaires d'une boucherie qui tourne plutôt bien. Mon frère a choisi une voie bien différente de la mienne puisqu'il est mécano dans un garage qui s'occupe de voitures de collection du genre Impala ou Mustang. Vous allez me dire qu'on s'en fout, mais il est important de savoir que ce bestiau d'une centaine de kilos a également une deuxième passion : la boxe. Il a très régulièrement souhaité me la faire partager à l'occasion de nos chamailleries. Nous nous entendons très bien, si bien qu'il m'a aussi enseigné ses techniques en plus de me les faire subir. Par ailleurs nous passions tous nos week-end dans le bar du village au sein duquel les soirées se terminaient constamment en bagarres auxquelles nous participions joyeusement.
En bref, il ne faut pas trop hâtivement associer timidité, réserve et incapacité à se défendre.
Nous pouvons donc reprendre le fil de l'histoire.
La tête de Micka approchait à pleine vitesse. Par réflexe, je fis un pas en avant, poings en garde, pour me coller à lui et réduire de ce fait la puissance de son coup. Après la défense, la contre-attaque : un direct du gauche dans l'épaule pour le déstabiliser et enfin, on conclut avec un crochet du droit en pleine mâchoire. J'eus tout juste le temps de l'attraper par la chemise pour lui éviter une chute trop brutale. Il était au sol, séché, ce qui découragea visiblement ses amis de venir m'asticoter à leur tour. Par chance, alors que je venais d'assommer monsieur le président de plein d'associations, je n'eus pas plus d'ennuis que ça avec l'administration de l'université. En effet, de manière factuelle, je n'avais fait que répondre à son agression par un coup unique, ce qui fut en outre confirmé par d'autres étudiants témoins de la scène.
Pour terminer, le père de Micka exigea qu'aucune plainte ne soit déposée de peur que cela puisse créer un scandale néfaste pour le dossier de son fils.
Enfin libéré de cette affaire, je n'avais plus qu'à rentrer chez moi puisque mon dernier cours de la journée était déjà bien avancé. Juliette devait avoir été mise au courant comme j'avais une bonne demi-douzaine d'appels en absence. En fait sa réaction était la seule chose que je craignais, après tout, je venais de mettre une trempe à son copain en pleine conscience de l'amour qu'elle éprouvait à son égard. Nous nous donnâmes rendez-vous dans un parc où Juliette aimait aller, il était suffisamment loin pour éviter de croiser une tête connue.
— J'imagine que tu es au courant ?
— Sans rire ! Ton exploit a certainement fait le tour de la fac en moins de dix minutes.
— Mince, je ne voulais vraiment pas lui faire ça. Je m'attendais à en prendre une mais j'ai craqué au moment où il a voulu me mettre un frontal.
— Tu as appris où à te battre comme ça ?
— Mon frère est un excellent boxeur. Du coup, il m'a appris et je laisse imaginer que nos disputes étaient plutôt viriles, si j'ose dire. Tu dois me prendre pour une brute, en plus je suis désolé pour ton copain.
— De l'avoir étalé ? En effet, c'est pas très sympa, mais j'ai ma part de responsabilité. Ça m'apprendra à boire trop d'alcool.
— Je comprendrais si tu ne voulais plus me voir.
— Je t'avoue que je me suis posé la question. Pas parce que je ne le veux plus, mais pour calmer toute cette histoire. Mais d'un autre côté, je trouve ça plutôt sexy.
— Quoi donc ?
— D'être avec un bad boy !
— Ne te moques pas de moi !
Nous fîmes une longue balade dans le parc, discutant de nos aventures et de leurs conséquences. Juliette subissait les mêmes doutes que moi : la raison lui ordonnait de cesser notre relation là où l'envie lui susurrait à l'oreille de poursuivre. Elle me proposa de nous installer dans un coin calme face à l'étang sur lequel pataugeaient quelques canards et cygnes. Comme lors de notre premier trajet pour aller chez elle, de longs moments de silence régnèrent, sauf que cette fois-ci ce ne fut pas parce que nous ne nous connaissions pas, mais plutôt que nous nous connaissions trop intimement. Ce rendez-vous donnait l'impression que nous nous faisions nos adieux pour partir chacun de notre côté. Cette relation ne pouvait donner rien de bon du moment qu'elle ne souhaitait pas quitter Micka du fait de ses sentiments.
Juliette se mit à genoux et se tourna vers moi. Elle me chevaucha et m'embrassa sans rien dire. Je la serrai fort contre moi, comme si elle risquait de s'envoler. Mes sentiments pour elle n'avaient cessé de s'amplifier, d'un simple fantasme, cette jeune femme était devenue ma raison de me lever le matin. Je voulais profiter de la douceur de ses lèvres, de leur saveur. Je sentis sa main se faufiler pour atteindre ma braguette. Je voulus parler mais elle plaça son index sur mes lèvres pour m'inciter à me taire. Ses doigts s'activèrent sur ma braguette pour en sortir mon membre qui était déjà dur de mon envie d'elle. Son regard était profond, intense, je m'y abandonnais avec joie. J'écarquillai les yeux au moment de sentir ma queue entrer en elle. Juliette faisait son possible pour rester discrète, pour nous faire passer pour deux amoureux s'embrassant de manière très intense.
Elle bougeait à peine les hanches, de telle sorte à ce que sa jupe puisse dissimuler ses mouvements tout en nous faisant du bien.
— Je croyais que tu ne voulais pas que ton appétit érotique se sache, si on nous voit, ça risque d'être foutu !
— Ça pimente d'autant plus la situation, nous pouvons nous faire surprendre à tout moment, et puis ma pudeur légendaire vient déjà d'en prendre un sacré coup au profit de mon côté salope.
— C'est comme dans les médias, il suffit d'attendre le prochain sujet à la mode et tout le monde aura oublié !
— Faut voir, je pourrai t'envoyer le film souvenir de ton exploit.
— Hein ?!
— Félicitations, tu es sur Insta et Tik Tok !
— Merde !
Nos regards se mêlaient sans pouvoir se lâcher. La situation était aussi excitante que frustrante, je rêvais de lui faire l'amour fougueusement alors qu'il nous fallait être le plus discret possible. Je ne pouvais même pas la caresser, me forçant à me focaliser sur ses mouvements de hanches qui exerçaient un délicieux massage sur le long de ma queue. C'était terrible pour moi, car je sentais que je n'allais pas tenir longtemps, tout en elle me procurait du plaisir : ses lèvres douces, sa manière d'embrasser, la chaleur qui émanait de son corps, son parfum discret qu'elle portait si bien. D'un coup, je réalisai que l'orgasme que je sentais pointer le bout de son nez ne serait pas comme les autres : nous n'étions pas protégés.
— Je crois que je vais pas tarder à venir.
— Dommage, mon sac est trop loin pour que j'attrape mes mouchoirs et nous sommes trop exposés pour que tu puisses profiter de ma bouche... même si ça m'aurait bien plu.
— Ooooh ! C'est encore pire avec ce que tu viens de dire !
— Hi hi ! C'était le but.
Juliette se retira et avec dextérité et vitesse, elle replaça ma queue dans mon pantalon, me disant que nous terminerions plus tard, ce qui ne fit qu'accroître ma frustration.
Nous restâmes encore quelques minutes assis l'un à côté de l'autre, ne serait-ce pour me permettre de calmer mon excitation.
Puis, nous rentrâmes, chacun de notre côté.
Je n'ai eu aucune nouvelle de Juliette durant les jours suivants, jusqu'à ce soir, quand elle m'a envoyé un message : « si tu as le temps demain, j'aimerais qu'on discute après l'exposé ». Mon intuition me dit que ça ne sent pas bon.
Le foyer de ma cigarette a quelque chose d'hypnotisant, je ne parviens pas à en détourner le regard. Deux cigarettes dans la même semaine, il est clair que toute cette histoire me perturbe bien plus que je le croyais. Je n'ai même pas réussi à aller au bout de ma... enfin vous avez compris. Le porno me semble bien fade maintenant que Juliette m'a fait goûter à ses délices.
Aspirer la fumée est une sensation qui m'avait manquée, l'odeur du tabac chaud a quelque chose d'agréable. Pourtant, une fois terminée, la cigarette laisse derrière elle un arrière-goût désagréable et le tabac froid agresse les narines. J'ai eu une longue discussion avec mon frère sur Juliette. Outre le très agréable « enfin » qu'il m'a adressé en apprenant que je n'étais plus puceau, il m'a vivement conseillé de ne pas m'attacher à elle au risque de payer cher ces moments agréables. Au fond de moi, je sais qu'il a raison.
Je vais sans doute aller prendre une douche, peut-être que ça me fera du bien.
Chapitre V
L'eau chaude est un merveilleux remède pour se délasser et détendre les muscles endoloris. Mes cuisses ont été mises à rude épreuve ; les compétitions équestres de saut d'obstacles sont exigeantes pour le corps et l'esprit. Cela-dit, une première place vaut bien de se faire un peu mal ! Mes parents savent que ces journées sont éreintantes pour moi, je peux donc échapper à la traditionnelle soirée au restaurant avec le reste de la famille, ce qui fait par conséquent que la maison est à moi. Rien de tel que de prendre un bain sans personne pour venir me presser de libérer la salle de bain ! Afin de parfaire le sentiment de pleine satisfaction vécu aujourd'hui, j'ai décidé de me faire accompagner par mon délicieux amant, juste au cas où quelque envie coquine me passerait par la tête, ainsi qu'un grand verre de ce délicieux bourgogne que mes parents ont débouché pour fêter ma victoire (c'est leur souci du détail : ils savent que je préfère un bon vin aux bulles).
Afin de parfaire le cliché, j'ai également disposé quelques bougies et tamisé la lumière, juste pour l'ambiance.
Mes narines frétillent ! L'eau s'est parfumée d'une senteur d'abricot particulièrement raffinée, bien loin des savons habituels. Il faudra que je pense à remercier Sophia de m'avoir recommandé ce savon. C'est incroyable ce qu'une simple odeur : agréable, réconfortante, peut ajouter au plaisir. Au contraire, le bourgogne m'offre ses tanins puissants, me transportant dans des sous-bois humides lors d'un matin d'automne. Enfin, mes doigts viennent ajouter la touche finale par de subtiles caresses sur ma peau, mais ne vous faites pas d'idées ; il s'agit ici de délicates papouilles qui atténuent, par leur douceur, la rudesse de mon cheval. Ainsi, je n'ai même pas à fermer les yeux pour laisser mon esprit s'échapper et mon imagination fleurir, d'autant plus que je ne veux pas m'endormir, car je souhaite profiter de chaque seconde qui m'est ainsi offerte.
Je dois pourtant revenir sur un point : en fait, vous pouvez vous faire des idées puisque mes mains se font plus insistantes, les caresses dont je me gratifie se déplacent peu à peu vers des endroits très particuliers de mon corps où la peau, bien plus délicate, offre un terrain propice à des sensations de plus en plus intenses. Mes pensées changent également, les corps sont désormais dévêtus, les contacts charnels prennent une nouvelle dimension et les mots prononcés relèvent d'un vocabulaire qu'il n'est guère approprié d'employer en société. La tension monte progressivement, je la laisse faire, qu'elle s'empare de moi, hors de question de lui opposer la moindre résistance ! Les papillons battent des ailes, volant de ma poitrine et de mes cuisses pour se rejoindre en un tourbillon dans le creux de mon ventre. Mes muscles fatigués trouvent la force de se contracter, la douleur me paraît presque plaisante lorsqu'elle tient compagnie à l'excitation.
Je respire de plus en plus profondément, mon cœur s'affole, ma main s'amuse de bien des manières entre mes cuisses alors que je ne me souviens même pas l'y avoir guidée. Mon imagination n'est pas à la traîne : les corps sont mêlés, transpirants, les odeurs de mâles fougueux et de jeunes femmes accueillantes se mélangent, je ne parviens plus à me concentrer sur le scénario que je me construis, je vois l'homme de mes rêves ; que j'ai entièrement créé pour mes fantasmes, puis mon amant ; qui m'a offert récemment tant de jouissance, quelques étudiants et professeurs qui ne me laissent pas indifférente, et enfin Sophia ; dont la pudeur et la discrétion sont encore plus légendaires que les miennes. Ils s'étreignent, se lovent, se prennent, s'échangent, je les regarde. Ils osent des choses qu'aucun ne pourrait penser possible et encore moins acceptable. Je me décide à participer, à me faire caresser, à honorer quelques membres qui me sont présentés.
On me prend, je ne sais même plus à qui appartiennent les pieux de chair qui m'envahissent de toutes parts. Enfin je me vois entre les cuisses de Sophia, dont la langue se promène sur mon sexe, son corps si mince est tendu, contracté par des orgasmes interminables, son sexe est mouillé de son désir, de mes coups de langues et autres succions. Mes doigts s'égarent dans ses orifices serrés par son inexpérience de la chose.
Heureusement que je suis seule à la maison. Je gémis au premier orgasme, je crie au second, je hurle au troisième, à tel point que tous pourraient m'entendre m'abandonner très volontairement à la domination brutale de ces vagues déchaînée de jouissance qui me soumettent complètement à leur puissance.
Le doute vient ensuite se substituer au plaisir. Je réalise qu'à aucun moment, je n'ai pensé à Micka. Comment cela est-il possible ? Lui qui a occupé nombre de mes fantasmes et de mes caresses nocturnes, il n'était pas présent. Pourtant, je n'ai aucune hésitation lorsque je m'interroge sur l'amour que je lui porte. Pis ! Je me rends compte que ceux qui ont réellement occupé mes pensées sont un type que je ne peux plus me permettre de voir et ma meilleure amie.
Peut-être que vous narrer quelques événements récents pourraient m'aider à faire le point sur mon désordre émotionnel.
Chapitre VI
Le grand jour était arrivé. Nous passâmes notre examen en présentant le fruit de nos recherches devant la moitié de la promotion réunie dans l'amphi. Ce fut une expérience grisante faite de crainte, d'un trac ayant pris la forme d'un mal de ventre aussi lancinant que désagréable, puis de l'exaltation de présenter notre travail devant une assemblée et enfin de la satisfaction d'avoir réussi. Mon camarade imposé m'impressionna : lui qui était d'un naturel timide et réservé se révéla être un orateur brillant et charismatique, maîtrisant son sujet à la perfection. Il me faut vous avouer que l'excellente note que nous récoltâmes était en grande partie le résultat de sa prestation.
J'avais pris la résolution de ne plus le voir pour sauver mon couple. C'est pour cela que le seul message que je lui avais envoyé concernait mon souhait d'en discuter avec lui à l'issue de l'exposé. C'était le bon moment puisque nous ne serions plus dans l'obligation de nous rencontrer. Il était devenu une addiction à laquelle je pensais sans cesse. Ainsi, le seul moyen de s'en défaire me semblait être de ne plus s'y exposer. Très sincèrement, je ne souhaite pas vous raconter ce que nous nous sommes dits. Après tout, vous vous en doutez pertinemment et, pour être complète ; il pensait peu ou prou la même chose que moi.
Il me fallait désormais me racheter auprès de Micka, moins sur le fait que je l'avais trompé que sur la honte que je lui avais infligée en le faisant passer pour un cocu et un mauvais coup. Je tiens à préciser, avant de le faire passer pour un salop, qu'il savait pour mon goût immodéré pour le sexe et les quelques incartades que cela avait provoquées par le passé. Il m'avait pardonné, avec sincérité et gentillesse, sollicitant l'unique condition de rester discrète. En échange, lui aussi avait le droit d'aller voir ailleurs de temps à autre, bien que je ne fusse jamais au courant d'une éventuelle maîtresse. Je vous l'avais dit : je suis une salope, et j'aime ce mot, car je le perçois comme une piètre tentative pour me dévaloriser sur une chose que j'assume parfaitement et que mon entourage n'a pas à savoir. Et quand je pense à mon cas, je l'étends à toute la gent féminine !
Vous pourrez m'opposer que cette discrétion n'est que l'admission de fait d'une contrainte sociétale, je vous répondrai que je ne vous demande pas si vous préférez sucer ou vous faire sodomiser (y compris pour vous, messieurs)... c'est votre jardin secret... pareil pour moi.
Bref ! Je m'égare. Revenons à nos moutons : il me fallait donc me faire pardonner. Inspirée par l'idée de mon tendre et – malheureusement – ancien amant, je décidai de lui faire une surprise en me déguisant en lycéenne, façon jupette à carreaux, etc. afin d'attiser son appétit sexuel. En outre, j'escomptais qu'il prenne un peu plus soin de moi ainsi. Bien évidemment, j'attendis d'arriver chez lui pour me faire deux couettes, juste afin d'éviter les regards bien lourds dans la rue et de croiser ainsi une connaissance.
Micka habitait chez ses parents. Sa mère était avocate et son père directeur régional d'une chaîne de supermarchés, ce qui signifiait qu'ils n'étaient pas dans le besoin et surtout rarement présents au domicile. Je pus ainsi pénétrer discrètement pour lui faire ma surprise. La porte de sa chambre était ouverte, j'entendis un bruit caractéristique qui ne laissait aucun doute sur son occupation : en effet, il regardait un porno. Ne m'ayant pas aperçue, je restais discrète pour regarder le film qu'il visionnait, et à raison ! Je vis un homme sculpté comme je les aime ; bien dessiné sans être gonflé à la fonte, préparer un membre plutôt impressionnant à faire son devoir. Après tout, si je pouvais me présenter à Micka en étant excitée, voire carrément toute mouillée, ça n'en serait que mieux. Je mis alors la main sous ma jupe et la glissait dans ma petite culotte. Un autre homme, de la même trempe, fit son apparition, à croire qu'il avait choisi le film selon mes goûts !
Je jalousai déjà la fille qui allait passer à la casserole, tout en la plaignant un peu en considérant ces deux énormes queues qui allaient la chahuter.
Ce fut la surprise du siècle ! La jeune femme ne pointa jamais le bout de ses tétons. Au lieu de ça, les deux apollons s'offrirent une petite séance de massage coquin... et ce n'est que le début ! En effet, je vis Micka, la queue dans une main, s'introduire un jouet dans l'arrière-train qui avait la particularité d'être plus gros que le mien. Ses gémissements étaient... comment dire... similaires à ceux que je devais pousser, certes bien plus rauques, mais tout de même !
En l'espace d'un instant, je fus assaillie d'un millier de questions. Etait-ce juste un délire de sa part ? Après tout, il m'était arrivée de fantasmer sur une séance de caresses coquines entre chattes. Ou bien était-il bi ? Pourquoi pas après tout ! Je n'osais imaginer qu'il fût homo, cela m'interrogerait alors sur la manière dont il me considérait au fond de lui ! En outre, que devais-je faire en cet instant ? Partir, toquer discrètement à la porte, entrer comme une furie ? Je n'en savais rien, j'étais debout, à l'entrée de sa chambre, la main dans la culotte, bref ! Je me sentais comme une conne ! Désolée pour le langage.
En y réfléchissant mieux, je crois que ce fut mon corps qui prit la décision seul, puisque je me retrouvai quelques instants après en plein milieu de sa chambre en lui disant : « tu ne préférerais pas que ce soit moi qui te la mette avec un gode-ceinture », ce qui était certainement la saillie la plus unique, osée et débile de ma vie... enfin, pour l'instant. Il me regarda avec des yeux ronds, bloqué en erreur fatale, comme si le célèbre écran bleu de Windows venait de lui apparaître (Quelle comparaison... c'est ça de baiser avec un geek). En même temps, je pouvais comprendre le très grand désarroi qui venait de s'inviter dans son esprit ; imaginez être découvert par votre moitié devant un porno homo, les genoux collés aux oreilles, la queue à pleine main et un gode enfoncé entre les fesses. Effectivement, il y a de quoi être décontenancé, peut-être même de saigner du nez.
— Bordel ! Mais qu'est-ce que tu fous là !!! T'aurais pu t'annoncer !
— L'idée était de te faire une surprise, mais je dois avouer que tu m'as largement battu à ce niveau !
— Bon sang ! Surtout tu ne parles jamais de ça à personne ! Tu m'entends bien hein ! Tu n'en parles, jamais, à, personne !!!
— Attends là ! Je crois que tu n'as pas saisi le problème là ! Tu te préoccupes de ta putain de réputation quand moi je commence à m'interroger sur les préférences sexuelles de mon copain. Car au cas où tu l'aurais oublié : nous sommes en couple !
— J'étais seul, en privé, j'ai encore le droit de faire ce que je veux !
— Oui ! A condition d'être clair avec toi-même et donc avec moi.
— Qu'est-ce que ça peut te foutre !
— Ça me fout que si c'est juste un délire, un fantasme, alors ok, pas de souci, je peux même t'aider. Si tu es bi, alors j'estime être en droit de savoir si tu vas ramoner le fion d'un type avec la même bite que tu m'enfonces entre les cuisses. Et enfin, et je n'ose pas y croire, si tu es homo, alors je suis quoi pour toi ? Un certificat d'hétérosexualité pour ta réputation et ta future carrière ?
— Mais non, tu sais que je t'aime.
— Ben je le pensais mais je commence à douter !
L'avantage procuré par cette situation très unique était que j'avais un ascendant total sur lui, il était condamné à réagir à mes invectives et je pus – à nouveau – lui dire ses quatre vérités sans qu'il parvienne à utiliser son bagout habituel pour m'embrouiller l'esprit. D'un autre côté, son charisme venait de prendre un sérieux coup dans l'aile !
— Tu voudrais pas me laisser le temps que je m'habille un peu ?!
— J'hésite, je te trouve bien plus attentif dans cette position, avec ce truc dans le rectum !
— Non mais dégage !
— Dès que tu m'auras répondu ! Alors, délire, bi ou homo ?
— J'aime les hommes ! Voilà ! T'es contente ? Casse-toi !
— C'était bien mon idée !
Inutile de vous cacher qu'à peine le seuil franchi, je ne pus retenir mes larmes. Je me sentais trahie, je l'aimais et lui avait dissimulé ses préférences. Que pouvais-je en penser ?! J'étais perdue, à tel point qu'il me fallut une quinzaine de minutes pour me rendre compte que je marchais dans la rue avec mon déguisement et mes couettes. Je balayais le répertoire de mon téléphone à la recherche d'un nom à appeler, il n'y en avait qu'un, j'avais besoin de Sophia... mais j'avais besoin avant tout d'une tenue plus correcte.
Il me faut vous apporter quelques précisions sur Sophia : je la connais depuis que je suis toute petite, nous nous sommes perdues de vue pendant quelques années, puis nous nous sommes retrouvées au lycée. Depuis nous ne nous quittons plus. Malgré nos différences physiques, nous sommes très similaires d'un point de vue mental. Sophia est d'une gentillesse exceptionnelle doublée d'une très grande sensibilité. Ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit : elle n'est pas pour autant naïve, au contraire, elle a son petit caractère et sait se défendre par elle-même. Surtout, elle a toujours été de bon conseil en sachant prendre de la hauteur sur les événements et faire preuve d'un grand discernement.
Elle m'accueillit dans sa petite chambre étudiante sur le campus. Etant plutôt casanière, elle était déjà en pyjama un samedi en fin de journée, se préparant un plateau télé pour la soirée. Encore une fois, je trouvais dommage qu'une aussi jolie fille ne profite pas plus de la vie. Avec ses longs cheveux ondulés, souvent en bataille, son visage d'ange et sa corpulence très légère, elle plaisait aux hommes. Ce qui n'était pas vraiment réciproque, car elle me disait depuis toujours vouloir attendre le bon pour s'offrir entièrement à lui. Considérant la journée que je venais de passer, il m'était difficile de lui donner tort.
Nous discutâmes un long moment, quelques shots d'une bouteille de vodka m'aidèrent à me livrer à elle.
— Tu crois qu'il m'a menti durant tout ce temps ? Pourquoi il n'assume pas ses préférences ? J'ai pas l'intention de lui servir de caution ! C'est complètement malsain ! Lui dis-je avec le débit d'une mitraillette.
— Tu le connais, son père le prépare depuis tout petit à devenir un dirigeant d'entreprise. Qui plus est, il sont plutôt vieille école dans sa famille. Je ne suis pas certaine qu'un coming out soit bien perçu dans son entourage.
— D'accord, j'entends bien, mais la société avance, quan-même !!! C'est plus considéré comme une maladie !
— Tout le monde n'avance pas au même rythme. D'ailleurs, j'irai même jusqu'à dire que son goût pour les hommes n'est pas incompatible avec l'amour qu'il peut ressentir à ton égard.
— Tu voudrais dire qu'il m'aime mais préfère se faire chahuter par un homme ?
— Pourquoi pas ?! En plus ça lui permet, effectivement, de préserver les apparences. En fait ça pourrait même expliquer sa grande tolérance pour tes écarts de conduite.
— Tu veux dire qu'il sous-traite la production d'orgasmes ? Je suis censée être heureuse ou pleurer tout de suite, là ? Pourtant c'était différent au début...
— C'est difficile de se dissimuler durant tout ce temps, ou peut-être est-ce une prise de conscience tardive ?
Nous continuâmes à parler et boire, jusqu'à ce que la moitié de la bouteille ait disparu. L'alcool aidant, nos discussions s'orientèrent vers notre vie intime. Sophia n'avait jamais connu d'homme, elle n'était pas pour autant naïve, comme je l'avais déjà dit, et m'avait déjà confié se masturber très régulièrement. Elle était également très ouverte sur les questions de sexualité, me posant beaucoup de questions car, lorsque le grand jour serait venu, elle voulait savoir ce qui pourrait lui plaire, ou non. Je me souviens ainsi qu'elle m'eut questionné longuement sur les relations anales : elle voulait essayer, mais craignait la douleur.
— Tu sais le pire dans cette histoire ? C'est que c'est moi qui suis censé être la cochonne de notre couple, c'est moi qui lui ai avoué mon fantasme sur une relation avec une autre fille, et en fait, c'est lui qui a une sacrée avance sur moi !
— Donc tu viens de perdre ton titre ! Toi qui te prévalais d'être une salope... en fait, c'est lui !
— Je compte bien franchir le cap ! Je maintiens mon idée qu'une femme doit certainement être meilleure qu'un homme pour faire jouir une autre femme !
— J'en sais rien, mais j'admets bien volontiers que les femmes sont bien meilleures avec leur langue que les hommes dans mes fantasmes, me dit-elle en riant. Ça te dit qu'on aille marcher un peu ? Je crois que la vodka me monte à la tête.
— T'as raison, un peu d'air frais nous fera du bien.
Sophia devait se changer pour sortir. L'exiguïté de sa chambre lui imposait de le faire devant moi, ce qui ne nous gênait absolument pas puisque nous nous étions vues nues bien plus d'une fois et avions dormi ensemble à plusieurs reprises. J'ignore si c'est l'alcool, le choc vécu aujourd'hui ou une combinaison des deux, pourtant mon regard sur elle fut différent.
Le tissu de son pyjama lui moulait les fesses, elles n'étaient pas bien grosses, mais la course à pied et l'équitation avaient contribué à les former magnifiquement. Sophia complexait sur sa poitrine, qualifiant ses seins de deux piqûres de moustique, certes, il n'était pas gros, mais ils présentaient des courbes terriblement belles et elle les portait hauts. Je jalousais son ventre plat alors que cette gourmande pouvait s'enfiler des quantités invraisemblables de nourriture.
Elle retira pyjama, me dévoilant un corps parfait, mes yeux s'attardèrent sur son triangle où il ne restait qu'un trait de sa pilosité dont elle aimait prendre grand soin. Sophia enfila un joli ensemble de sous-vêtements blancs rehaussés de dentelle bleue. Elle se bloqua soudainement en me fixant : « tu as l'air bizarre, t'as vu un truc pas normal ? J'ai une tâche ? »
Je me levai, la regardant droit dans les yeux, ma main effleura sa hanche. Sophia écarquilla les yeux, ses lèvres entrouvertes m'attiraient. Nos visages n'étaient plus séparés que de quelques centimètres, je pouvais sentir son souffle sur mon visage.
— Que fais-tu ? Demanda Sophia d'un ton emprunt de surprise.
— On s'est raconté par le menu toutes nos expériences, nos envies, nos rêves, nos fantasmes. Mais on ne s'est jamais dit ce que l'on ressent l'une pour l'autre.
— Tu as raison. Il t'est déjà arrivé de penser à moi autrement que ton amie ?
— Je dois te l'avouer, tu m'as déjà inspiré certaines pensées. Et toi ?
— Il a pu arriver que je me sois touché alors que tu occupais mon esprit, admit-elle, le rouge aux joues.
— Je me suis souvent demandé qui m'initierait aux plaisirs entre femmes, en fait l'évidence est face à moi. Nous pourrions apprendre ensemble.
— Tu te rends compte que tu serais non seulement ma première fois avec une femme, mais également ma vraie première fois.
— J'aimerais que tu m'accordes cet honneur.
— Tu seras douce ? Tu prendras ton temps ?
A ces paroles, nos lèvres se frôlèrent puis nos langues se joignirent pour s'apprivoiser. Elles se touchèrent, puis s'éloignèrent avant de revenir, s'égarant de temps à autre sur nos lèvres. Je pris Sophia par la taille, elle frissonna quand mes doigts se posèrent sur sa peau. Ses bras restaient ballants, elle n'osait pas encore s'approprier mon corps, que je lui offrais pourtant de bonne grâce. Cette sensation était nouvelle pour moi, c'était tellement différent d'avec un homme : il n'y avait pas cette impression d'être « prise en main » – bien que certains s'y essayaient sans grande réussite – au contraire, j'avais plutôt la sensation d'un abandon mutuel entre égales.
Mes mains montèrent vers sa poitrine, les siennes vinrent se poser sur mes poignets, comme dans une tentative avortée d'avance de s'y opposer, au contraire, elle les pressa pour que je prenne mieux en main ses petits seins. Sophia vint se blottir contre moi, je la dominais d'une demi tête, ses lèvres ne quittaient pas les miennes, nos langues dansaient un slow auquel je mis bientôt fin pour lui embrasser le cou et lui mordiller l'oreille. Je m'appliquais, car elle découvrait pour la première fois toutes ces sensations, rien à voir avec quelques bisous avec des petits copains, elle savait que d'ici peu, nous serions collées l'une à l'autre, nues.
Je l'invitai à me retirer mon haut pour la laisser découvrir le corps d'une autre, la laisser toucher une poitrine qui n'était pas la sienne, me laisser découvrir ce que c'était d'être ainsi touchée par une autre femme. Ses mains refroidies par la nervosité me firent sursauter quand elle les posa sur mon ventre, et me mordre la lèvre quand elles se faufilèrent sous mon soutien-gorge. Cela me parut étrange de ne pas être étreinte avec fougue et puissance, de ne sentir qu'une infinie douceur explorer la surface de ma peau de ses doigts délicats.
Je me mis à genoux devant elle. Sa culotte s'efforçait péniblement de dissimuler ce triangle dont le centre était marqué d'un liserait châtain. Sophia s'étrangla presque lorsque ma langue parcourut ce trait, s'approchant de la pointe ; cette porte vers son sexe encore fermé par ses cuisses. Elle les écarta légèrement, juste ce qu'il fallait pour permettre à ma langue de continuer sa route vers son clitoris et à mes doigts de jouer avec ses grandes lèvres. Elle me passa la main dans les cheveux avec tendresse, et entre deux gémissements, elle trouva la force de parler.
— Juliette, je souhaite que tu fasses attention, je n'ai pas changé d'avis concernant ma virginité.
— Je n'y toucherai pas, il existe bien d'autres moyens de s'amuser.
J'intensifiai mes assauts sur son clitoris, le bout de mes doigts s'humidifièrent de son plaisir naissant. Ses cuisses se serrèrent autour de mes joues, ses gémissements saccadés témoignaient de sa montée. Mes doigts se déplacèrent sur ses fesses, puis entre elles à la recherche de ce qui lui avait posé tant questionnements. Je ne cherchais pas à y entrer, juste à jouer autour, à le presser pour qu'elle découvrît petit à petit son désir, que j'aille davantage en elle. Sa jouissance arriva brutalement, avec force, elle me tira les cheveux, ce qui n'empêcha pas d'insister encore pour la faire durer. Enfin, elle m'aida à me relever.
— Excuse-moi, je t'ai fait mal ? Dit-elle encore toute essoufflée.
— Pas du tout, tu veux essayer à ton tour ? On peut le faire en même temps si tu préfères.
— Ça me dirait bien. Tu pourras essayer d'aller un peu plus loin, enfin, tu vois, je veux dire derrière.
— Tu n'auras qu'à me dire quand tu veux que j'arrête.
Sophia me déshabilla, nous nous allongeâmes sur son lit, l'une sur l'autre, tête-bêche, avec toutes les hésitations et les coups de genoux hasardeux que l'on pouvait attendre de deux débutantes. Je m'abandonnais la première entre ses cuisses, m'intéressant plus particulièrement à son petit trou qui se trouvait désormais sous mon nez. Encore une fois, il ne fallait pas prendre Sophia pour un lapin de six semaines, elle m'avait déjà conté quelques plaisirs solitaires qui mirent à contribution ses fesses. Mon doigt se faufila dans le conduit serré, quand je la sentis à l'aise, je commençai mes va-et-viens.
Sa langue me titillait le clitoris, il était évident qu'elle savait comment faire monter le plaisir chez une femme, elle faisait exactement ce que je souhaitais au fond de moi. Elle plongea ses doigts dans mon sexe sans difficulté, en même temps, j'étais certaine d'être trempée avec le soin qu'elle apportait à me faire frémir l'intérieur des cuisses. Face à un tel déchaînement sur mon bouton, j'eus à peine le temps de sentir l'orgasme monter en moi, il me prit presque par surprise, me faisant haleter et gémir comme rarement, j'intensifiai encore plus mes délicates attentions entre les cuisses de Sophia, joignant un deuxième doigt au premier dans son anus. A son tour, elle fut prise de spasmes symptomatiques de l'apogée de son plaisir.
Nous étions allongées sur son lit. Sophia était dans mes bras, la tête posée tout contre moi. Nous savions que nous ne formions pas un couple, nous étions juste deux amies inséparables qui s'aventuraient dans des terres encore inconnues. J'avais raison : la langue d'une femme est l'instrument idoine pour s'envoyer en l'air, mais je n'avais pas pris toute la mesure de ce que c'était que de coucher avec une femme.
Sophia me proposa de prendre une douche, ensemble, nous remîmes donc le couvert une dernière fois, puis nous allâmes nous coucher, ensemble. Entre la vodka et une journée aussi intense qu'épuisante, en bien comme en mal, il ne nous fallut pas longtemps pour trouver le sommeil.
Depuis cette journée, j'ai discuté avec Micka. Sophia a eu raison, il m'a avoué son penchant pour la gent masculine, de même que l'amour qu'il ressent à mon égard. Ce dernier est fortement teinté d'une profonde amitié qui m'est très chère, mais malheureusement gâchée par cette impression d'être utilisée comme caution sociale pour parvenir à créer son plan de carrière et à ne pas choquer son entourage.
Il ne se rend pas compte que cela apporte de l'eau à mon moulin : je ressens plus que jamais ce désagréable sentiment d'être un objet à son service. C'est pour cela que je souhaite que nous fassions une petite pause dans notre relation, le temps que j'y vois plus clair.
Reste le cas d'un jeune geek que plus rien ne m'interdit de revoir !
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Photo de profil de fab-io72
fab-io72
12 mai 2023 à 13:44
Voilà une bien belle histoire au style original et parfaitement rédigé. S'il y a suite je serai preneur.
Merci pour ce délicieux partage.
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Photo de profil de Ced67220
Ced67220
2 avril 2023 à 18:43
Très très bon chapitre tellement palpitant bravo
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eduvittel
2 avril 2023 à 08:45
Toujours aussi bon à lire!
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oldoc
31 mars 2023 à 19:52
Vous écrivez et décrivez superbement…………encore
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Photo de profil de A.Daniel
A.Daniel
30 mars 2023 à 23:41
Des développements pas inattendus mais très agréablement amenés. Merci et vivement la suite.
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