Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon rêve familier ... — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mon rêve familier ...
Chapitre 1
Je suis allongé sur mon lit et, les yeux fixés au plafond, je regarde les grosses araignées qui le traversent comme des avions sillonnant le ciel. Parfois ce sont les cafards que je regarde tourner autour la pièce, on dirait des voitures de formule 1 faisant des tours de piste. Mes compagnons de chambrée sont bien étranges ; ils me font peur et je ferme alors les yeux.
Je le signale à chaque fois au monsieur en blouse blanche qui me rend visite tous les matins. Au lieu de répondre à mes angoisses, il me dit que c'est dans ma tête puis il me pose des questions sur la nuit que j'ai passée, sur les rêves que j'ai faits et sur mes souvenirs.
Oui je l'avoue, je suis un peu perdu et ma tête est pleine de vide. Je crois que je m'appelle Paul mais je n'en suis pas très sûr. Peut-être est-ce le prénom que j'ai choisi parce qu'il figurait en bas d'un poème gravé sur le mur de ma cellule. Oui ça je m'en souviens un peu, mes longs mois d'emprisonnement, en Belgique ou en France, je ne sais plus !
En prison, lire et relire ce poème était ma seule occupation et je le connais presque par cœur. Je crois bien que c'est la seule chose dont je me souvienne à peu près. Il faut quand même que je me concentre pour retrouver les premiers vers. Oui, c'est ça, je m'en souviens.
« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. »
Je le signale à chaque fois au monsieur en blouse blanche qui me rend visite tous les matins. Au lieu de répondre à mes angoisses, il me dit que c'est dans ma tête puis il me pose des questions sur la nuit que j'ai passée, sur les rêves que j'ai faits et sur mes souvenirs.
Oui je l'avoue, je suis un peu perdu et ma tête est pleine de vide. Je crois que je m'appelle Paul mais je n'en suis pas très sûr. Peut-être est-ce le prénom que j'ai choisi parce qu'il figurait en bas d'un poème gravé sur le mur de ma cellule. Oui ça je m'en souviens un peu, mes longs mois d'emprisonnement, en Belgique ou en France, je ne sais plus !
En prison, lire et relire ce poème était ma seule occupation et je le connais presque par cœur. Je crois bien que c'est la seule chose dont je me souvienne à peu près. Il faut quand même que je me concentre pour retrouver les premiers vers. Oui, c'est ça, je m'en souviens.
« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. »
Ah les femmes, j'en ai connu plus d'une mais leurs visages sont tout estompé dans ma mémoire, comme tout le reste d'ailleurs. Parfois, après avoir avalé les quatre bonbons de couleurs que me donne une dame en blouse verte au déjeuner, les images sont un peu plus précises et j'entends des voix. Mais c'est un confus, c'est comme si je regardais un vieux film en noir et blanc tout abimé et écoutais un vieux disque rayé. Le petit jeune homme – lui il est tout noir et en blouse bleue !- qui fait parfois le ménage dans ma chambre dit que c'est mon disque dur qui est rayé. J'ai jamais compris ce que ça voulait dire mais lui ça le fait bien rire. Alors je rigole avec lui et lui il se marre encore plus. Je crois bien qu'il est un peu simplet le pauvre garçon !
Parmi les visages de femmes que je revois de temps à autre, il y en a une qui est plus jeune que les autres, elle est en robe blanche. Nous sommes entourés de nombreuses personnes, nous faisons la fête et nous dansons. Puis je suis tout seul avec elle dans une grande chambre, nous nous déshabillons et nous couchons nus sous les draps.
Son visage est flou comme celui d'un ange. Mais le reste de son corps est si net que je revois sa nuque gracile, ses épaules si sensuelles, ses petits seins bien fermes, son ventre plat, son sexe duveteux et ses longues jambes. Je me souviens aussi de cette impression de vertige que j'ai ressenti lorsque je suis venu sur elle et lorsque nos lèvres se sont soudées. Et que dire de cet embrasement qui m'a envahi tout le corps lorsque je suis venu en elle et que nous avons fait l'amour. Lorsque j'ai joui en elle, ma première fois il me semble, j'ai cru que je mourais !
Parmi les visages de femmes que je revois de temps à autre, il y en a une qui est plus jeune que les autres, elle est en robe blanche. Nous sommes entourés de nombreuses personnes, nous faisons la fête et nous dansons. Puis je suis tout seul avec elle dans une grande chambre, nous nous déshabillons et nous couchons nus sous les draps.
Son visage est flou comme celui d'un ange. Mais le reste de son corps est si net que je revois sa nuque gracile, ses épaules si sensuelles, ses petits seins bien fermes, son ventre plat, son sexe duveteux et ses longues jambes. Je me souviens aussi de cette impression de vertige que j'ai ressenti lorsque je suis venu sur elle et lorsque nos lèvres se sont soudées. Et que dire de cet embrasement qui m'a envahi tout le corps lorsque je suis venu en elle et que nous avons fait l'amour. Lorsque j'ai joui en elle, ma première fois il me semble, j'ai cru que je mourais !
Je ne sais pas quelle heure il est mais on vient de nouveau me rendre visite. Cette fois-ci c'est une femme en blouse rose ; elle est bien plus sympathique que le type du matin. Elle me fait lever de mon lit et asseoir sur une chaise.
- C'est l'heure de notre conversation hebdomadaire monsieur Verlaine, me dit-elle en souriant.
Devant mon air surpris, surpris de quoi je ne sais pas, elle ajoute
- Mais oui, monsieur Lebrun, vous êtes notre poète. Vous vous souvenez, ce poème que vous nous récitez tout le temps et dont vous avez oublié la fin.
Je réfléchis, je me torture les méninges – façon de parler pour ce qu'il en reste ! Je ferme les yeux et quelques secondes après je revois les murs sombres et sales de la prison. Il y a des graffitis pornos, des noms et des prénoms, gravés dans la pierre. Je me concentre un peu plus, ça y est, la suite me revient !
« Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. »
- C'est l'heure de notre conversation hebdomadaire monsieur Verlaine, me dit-elle en souriant.
Devant mon air surpris, surpris de quoi je ne sais pas, elle ajoute
- Mais oui, monsieur Lebrun, vous êtes notre poète. Vous vous souvenez, ce poème que vous nous récitez tout le temps et dont vous avez oublié la fin.
Je réfléchis, je me torture les méninges – façon de parler pour ce qu'il en reste ! Je ferme les yeux et quelques secondes après je revois les murs sombres et sales de la prison. Il y a des graffitis pornos, des noms et des prénoms, gravés dans la pierre. Je me concentre un peu plus, ça y est, la suite me revient !
« Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. »
J'aime bien Lucienne ! Oui c'est son prénom mais je n'ai pas de mérite à le connaître car il est écrit sur sa blouse rose et j'arrive encore à le déchiffrer. Pendant qu'elle me parle, mon esprit vagabonde. C'est un peu comme si je sortais de mon corps et m'envolait par la fenêtre à travers les barreaux.
Je me souviens maintenant d'une autre femme ; il me semble que je l'ai connue après la première. Celle-ci est plus âgée et, aussi drôle que ça paraisse, je la revois toujours en lingerie noire devant moi le pantalon baissé. De son visage, je ne me souviens que de ses lèvres rouges, très rouges ; on dirait qu'elle s'est dessinée la bouche en abusant de la peinture. Maintenant je ne vois que son dos car je suis assis dans un fauteuil et elle est à genoux devant moi. Ses lèvres enserrent mon sexe et elle fait des va et vient qui me chauffent le ventre faute de me réchauffer le cœur.
Une bouteille est posée sur une petite table près de moi, ; sur l'étiquette c'est écrit Absinthe. C'est du moins ce que je crois me rappeler à moins que je l'ai aussi lu sur le mur de la prison ! Pendant que la femme en lingerie noire me biberonne la queue, moi je biberonne la bouteille. Mon foutre coule dans sa gorge, l'absinthe dans mon gosier. Je ne sais pas si c'est l'alcool ou le sexe qui me grise alors, faute de savoir, je continue à profiter des deux en même temps.
Je me souviens maintenant d'une autre femme ; il me semble que je l'ai connue après la première. Celle-ci est plus âgée et, aussi drôle que ça paraisse, je la revois toujours en lingerie noire devant moi le pantalon baissé. De son visage, je ne me souviens que de ses lèvres rouges, très rouges ; on dirait qu'elle s'est dessinée la bouche en abusant de la peinture. Maintenant je ne vois que son dos car je suis assis dans un fauteuil et elle est à genoux devant moi. Ses lèvres enserrent mon sexe et elle fait des va et vient qui me chauffent le ventre faute de me réchauffer le cœur.
Une bouteille est posée sur une petite table près de moi, ; sur l'étiquette c'est écrit Absinthe. C'est du moins ce que je crois me rappeler à moins que je l'ai aussi lu sur le mur de la prison ! Pendant que la femme en lingerie noire me biberonne la queue, moi je biberonne la bouteille. Mon foutre coule dans sa gorge, l'absinthe dans mon gosier. Je ne sais pas si c'est l'alcool ou le sexe qui me grise alors, faute de savoir, je continue à profiter des deux en même temps.
Chaque jour l'après-midi, je sors faire une petite promenade dans le jardin. Je marche un peu puis je m'assoie sur un banc face au petit lac où barbotent des canards. Parfois à midi, je cache un crouton de pain dans ma poche et je jette ensuite des miettes aux canards. Ce qui est pénible, c'est qu'à chaque fois y'a un type qui vient s'installer à mes côtés et il me pique du pain pour faire comme moi.
C'est pas que j'aime pas les gens mais ici avec moi y'a que des étrangers. Quand je dis étrangers c'est pas pour la couleur ! Non, c'est que je les connais pas, c'est des inconnus ! Il faut bien reconnaître que j'ai du mal à retenir les noms et j'ai pas la mémoire des visages. Mais de toute façon, c'est pas des gens intéressants car ils n'ont rien à raconter.
Comme ils ont l'air dans le vague, je leur raconte rien car je sais qu'ils vont rien retenir. A vrai dire, je sais pas trop quoi leur raconter. J'arrive tout de même à leur réciter mon poème préféré alors ils m'écoutent comme quand ils sont devant la télé, la bouche grande ouverte comme s'ils buvaient mes vers.
« Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila. »
Un jour y'a un p'tit vieux sans dents qui m'a dit qu'il préférait la bière blonde quand il était jeune. J'crois pas qu'il ait tout compris à mon poème !
C'est pas que j'aime pas les gens mais ici avec moi y'a que des étrangers. Quand je dis étrangers c'est pas pour la couleur ! Non, c'est que je les connais pas, c'est des inconnus ! Il faut bien reconnaître que j'ai du mal à retenir les noms et j'ai pas la mémoire des visages. Mais de toute façon, c'est pas des gens intéressants car ils n'ont rien à raconter.
Comme ils ont l'air dans le vague, je leur raconte rien car je sais qu'ils vont rien retenir. A vrai dire, je sais pas trop quoi leur raconter. J'arrive tout de même à leur réciter mon poème préféré alors ils m'écoutent comme quand ils sont devant la télé, la bouche grande ouverte comme s'ils buvaient mes vers.
« Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila. »
Un jour y'a un p'tit vieux sans dents qui m'a dit qu'il préférait la bière blonde quand il était jeune. J'crois pas qu'il ait tout compris à mon poème !
En fin d'après-midi, l'homme en blanc du matin revient me voir. Lui il n'a pas son nom d'inscrit sur sa blouse mais j'crois me souvenir qu'il est médecin. Docteur Schweitzer à moins que ce soit Alzheimer ou un truc comme ça ! Il a de grosses lunettes et ça lui fait des gros yeux ; je l'aime pas !
Il me parle et me parle encore, j'comprends rien à ce qu'il me dit. Que je deviens sénile ou débile, je sais pas trop ! Que l'alcool a fait fondre mes neurones ou un truc comme ça ! Un jour, j'crois bien qu'il m'a dit que j'avais de la chance d'avoir oublié qui j'étais. Mais je sais très bien qui je suis, je suis moi ! Ce docteur, je l'appelle le docteur Maboul car il faut être complètement fêlé pour parler sans savoir ce qu'on dit.
Alors pendant qu'il continue à déblatérer des phrases sans queue ni tête, je m'envole de nouveau par la fenêtre. Soudain je pense à cette femme dont je ne sais plus si elle était brune, blonde ou rousse. Je l'avais rencontrée dans un bar, elle noyait son malheur dans une grande pinte de bière tandis que mon bonheur sombrait dans une grande dose d'absinthe. Elle m'a dit qu'elle s'appelait Domiré ou bien Fadosi, je ne sais plus ! Mais c'était musical comme prénom et j'ai adoré.
Elle m'a entraîné dans sa chambre et nous avons fait l'amour pour oublier nos galères. Il me semble qu'on a fait l'amour toute la nuit, comme deux bêtes. Elle, on aurait dit une vraie chienne, elle en redemandait encore et encore. Moi, elle m'a dit que j'avais une bite de cheval et elle s'est jetée dessus. Une vraie nuit de folie, je m'en souviens presque comme si c'était hier.
Il me parle et me parle encore, j'comprends rien à ce qu'il me dit. Que je deviens sénile ou débile, je sais pas trop ! Que l'alcool a fait fondre mes neurones ou un truc comme ça ! Un jour, j'crois bien qu'il m'a dit que j'avais de la chance d'avoir oublié qui j'étais. Mais je sais très bien qui je suis, je suis moi ! Ce docteur, je l'appelle le docteur Maboul car il faut être complètement fêlé pour parler sans savoir ce qu'on dit.
Alors pendant qu'il continue à déblatérer des phrases sans queue ni tête, je m'envole de nouveau par la fenêtre. Soudain je pense à cette femme dont je ne sais plus si elle était brune, blonde ou rousse. Je l'avais rencontrée dans un bar, elle noyait son malheur dans une grande pinte de bière tandis que mon bonheur sombrait dans une grande dose d'absinthe. Elle m'a dit qu'elle s'appelait Domiré ou bien Fadosi, je ne sais plus ! Mais c'était musical comme prénom et j'ai adoré.
Elle m'a entraîné dans sa chambre et nous avons fait l'amour pour oublier nos galères. Il me semble qu'on a fait l'amour toute la nuit, comme deux bêtes. Elle, on aurait dit une vraie chienne, elle en redemandait encore et encore. Moi, elle m'a dit que j'avais une bite de cheval et elle s'est jetée dessus. Une vraie nuit de folie, je m'en souviens presque comme si c'était hier.
Après le dîner, alors que je suis déjà couché, c'est une autre dame en blouse rose qui revient pour me donner mes bonbons du soir. Elle est noire comme du charbon et elle s'appelle Fanta. Quand elle se penche vers moi, je peux voir ses énormes seins, si énormes qu'ils ont du mal à tenir dans sa blouse. Elle me sourit et j'aime le contraste de sa peau noire, ses dents blanches et sa langue toute rose.
Une fois que j'ai avalé mes bonbons, je dors presque aussitôt ; comme un bébé dit Fanta. Mais avant de m'endormir, j'adore me masturber ; je crois bien que je faisais la même chose quand j'étais bien plus jeune. Je pense à ces femmes dont j'ai oublié le nom et le visage, même si je n'en ai pas connu tant que ça !
Mais lorsque ma main va et vient sur mon sexe, je retrouve le vertige que j'ai connu avec toutes ces femmes. Le cœur qui accélère, les muscles qui tétanisent, le bas-ventre qui s'affole, ma queue qui palpite et soudain le volcan qui explose dans un geyser de plaisir. Puis, une fois que le corps s'est calmé, c'est comme si je sombrais dans un état second dont je ne ressortirai jamais.
Une fois que j'ai avalé mes bonbons, je dors presque aussitôt ; comme un bébé dit Fanta. Mais avant de m'endormir, j'adore me masturber ; je crois bien que je faisais la même chose quand j'étais bien plus jeune. Je pense à ces femmes dont j'ai oublié le nom et le visage, même si je n'en ai pas connu tant que ça !
Mais lorsque ma main va et vient sur mon sexe, je retrouve le vertige que j'ai connu avec toutes ces femmes. Le cœur qui accélère, les muscles qui tétanisent, le bas-ventre qui s'affole, ma queue qui palpite et soudain le volcan qui explose dans un geyser de plaisir. Puis, une fois que le corps s'est calmé, c'est comme si je sombrais dans un état second dont je ne ressortirai jamais.
Soudain, alors qu'il fait encore nuit dans ma chambre, je me réveille en sursaut. Je suis en sueur et mon cœur semble exploser dans ma poitrine. C'est la même chose toutes les nuits, le même réveil angoissé dans cette obscurité oppressante. J'ai beau ouvrir grand les yeux, j'ai l'impression que mon horrible rêve continue encore.
Oui, toutes les nuits, je rêve que j'oublie qui je suis et que l'on est obligé de m'interner dans un hospice pour petits vieux. Je rêve que je perds les pédales et que je déraille. Je rêve que je perds la boule ; pourtant j'suis pas fou ! La preuve que je perds pas la tête c'est que je peux vous réciter un poème que je connais par cœur. Mais si je le connais, attendez que je me concentre un peu. Je croyais avoir oublié les derniers vers mais ça y est, je m'en souviens maintenant.
« Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues. »
Je m'appelle Paul Lebrun, ou peut-être Paul Verlaine, ça je me souviens plus très bien …
Oui, toutes les nuits, je rêve que j'oublie qui je suis et que l'on est obligé de m'interner dans un hospice pour petits vieux. Je rêve que je perds les pédales et que je déraille. Je rêve que je perds la boule ; pourtant j'suis pas fou ! La preuve que je perds pas la tête c'est que je peux vous réciter un poème que je connais par cœur. Mais si je le connais, attendez que je me concentre un peu. Je croyais avoir oublié les derniers vers mais ça y est, je m'en souviens maintenant.
« Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues. »
Je m'appelle Paul Lebrun, ou peut-être Paul Verlaine, ça je me souviens plus très bien …
FIN
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Commentaires ()
Je ne sais que trop bien ce que tu dis. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai choisi ce texte.
Écrire pour soi ou écrire pour les autres... Parfois, il est possible de concilier les deux, parfois pas... C'est là qu'il faut faire un choix.
Le mien est tout fait 😌.
Et cette fin, qui nous dévoile le narrateur... le poète maudit.
Bravo, Hélène.
Merci pour cette lecture.
Tout le monde n'y est pas sensible mais je prends un plaisir infini à les écrire ...