Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Aller-retour — Chapitre 1 · L'aller : rencontre improbable
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Aller-retour
Chapitre 1 · L'aller : rencontre improbable
L'ALLER
Isabelle. C'est moi. 63 ans, mariée, retraitée. Les enfants sont loin. Enfin, mariée… On s'entend bien, oui. Maintenant pour le reste, les années ont passé. Les grands sentiments, les gestes, tout ça… c'est loin, les gestes… On ne baise plus quoi. Ou si peu. Voilà, c'est dit, j'ai envie de raconter mon histoire en appelant un chat un chat. Je ne sais pas si j'y arriverai. Baiser ça ne me manque pas vraiment, je me débrouille très bien toute seule. Vous voyez ce que je veux dire. C'est plutôt la sensation d'être regardée comme une femme qui me manque, ne plus me sentir désirée, ne même plus avoir d'avances à repousser, de mec lourdingue à remettre en place.
Je n'ai jamais pensé à le tromper. Enfin c'est arrivé quelquefois, mais pas souvent, et il y a longtemps. J'avais quoi… 45 ans la dernière fois ? Passons. Je n'y pensais plus, je ne l'imaginais même pas, enfin pas sérieusement. Jusqu'à ce printemps dernier. Cette folie…
Je n'ai jamais pensé à le tromper. Enfin c'est arrivé quelquefois, mais pas souvent, et il y a longtemps. J'avais quoi… 45 ans la dernière fois ? Passons. Je n'y pensais plus, je ne l'imaginais même pas, enfin pas sérieusement. Jusqu'à ce printemps dernier. Cette folie…
J'avais prévu une semaine de vacances avec une amie, dans le Var. Entre filles, en se retrouvant là-bas. J'ai décidé de descendre en voiture, depuis ma Bretagne ça fait une trotte, mais je n'avais pas très envie de me trimballer mes valises en train, je ne suis pas du genre à voyager léger. J'ai prévu le trajet en deux jours, en évitant l'autoroute, tranquillement. J'ai réservé une nuit d'hôtel à Montluçon pour couper le trajet en deux.
Montluçon. Une bonne surprise, un petit centre ancien très joli. Hôtel en périphérie, moderne et impersonnel, sans grand charme, mais propre et confortable, je ne prends pas du bas de gamme, grande chambre, belle salle d'eau, balcon. Je suis allée dîner dans le centre ville, il faisait beau, temps printanier, assez tôt pour manger en terrasse. Belle soirée, auberge de bonne qualité, joli cadre. J'ai toujours aimé ces petits moments de solitude, où on a vite l'impression de sortir de son quotidien, de ses limites habituelles, l'impression que tout est possible.
Tiens, le type de la table à côté me reluque, ça fait plusieurs fois déjà. Il a quoi ? Mon âge ? Je fais celle qui ne voit rien, je le guette du coin de l'œil, j'ai bien fait de mettre une petite robe. Je ris en moi-même. On retrouve vite les réflexes, on ne change pas… Il me regarde encore. Il va sans doute m'aborder, je le sens, je ferai quoi, j'accepterai un verre ou un café, sans aller trop loin, ne pas le laisser se faire des idées, le pauvre… Qu'est-ce qu'il fait ? L'addition ? Il paye sa note, se lève, il s'en va. Je le suis du regard, de dos, il ne se retourne même pas… Isa, ma vieille, tu viens de prendre une bonne leçon. Tu ne fais plus tourner les têtes, tu n'attires que quelques regards distraits, et tu devrais éviter de te faire des idées. Ne pas sombrer dans le pathétique.
J'ai réglé mon repas moi aussi, et je suis rentrée à mon hôtel. Seule, comme une femme de mon âge en vadrouille. Arrivée dans le hall, je suis allée à l'ascenseur. Un homme attendait déjà, la porte s'est ouverte, il m'a laissée passer galamment, vous allez où, au troisième, moi aussi, puis silence. Il devait avoir la quarantaine, un peu plus peut-être, plutôt beau mec, tenue décontractée.
Ne rêve pas Isa, l'ascenseur ne va pas tomber en panne, et puis j'ai bien une vingtaine d'années en trop pour qu'il appuie sur le bouton stop. Allez-y je vous en prie, merci bonne soirée, merci vous aussi.
Montluçon. Une bonne surprise, un petit centre ancien très joli. Hôtel en périphérie, moderne et impersonnel, sans grand charme, mais propre et confortable, je ne prends pas du bas de gamme, grande chambre, belle salle d'eau, balcon. Je suis allée dîner dans le centre ville, il faisait beau, temps printanier, assez tôt pour manger en terrasse. Belle soirée, auberge de bonne qualité, joli cadre. J'ai toujours aimé ces petits moments de solitude, où on a vite l'impression de sortir de son quotidien, de ses limites habituelles, l'impression que tout est possible.
Tiens, le type de la table à côté me reluque, ça fait plusieurs fois déjà. Il a quoi ? Mon âge ? Je fais celle qui ne voit rien, je le guette du coin de l'œil, j'ai bien fait de mettre une petite robe. Je ris en moi-même. On retrouve vite les réflexes, on ne change pas… Il me regarde encore. Il va sans doute m'aborder, je le sens, je ferai quoi, j'accepterai un verre ou un café, sans aller trop loin, ne pas le laisser se faire des idées, le pauvre… Qu'est-ce qu'il fait ? L'addition ? Il paye sa note, se lève, il s'en va. Je le suis du regard, de dos, il ne se retourne même pas… Isa, ma vieille, tu viens de prendre une bonne leçon. Tu ne fais plus tourner les têtes, tu n'attires que quelques regards distraits, et tu devrais éviter de te faire des idées. Ne pas sombrer dans le pathétique.
J'ai réglé mon repas moi aussi, et je suis rentrée à mon hôtel. Seule, comme une femme de mon âge en vadrouille. Arrivée dans le hall, je suis allée à l'ascenseur. Un homme attendait déjà, la porte s'est ouverte, il m'a laissée passer galamment, vous allez où, au troisième, moi aussi, puis silence. Il devait avoir la quarantaine, un peu plus peut-être, plutôt beau mec, tenue décontractée.
Ne rêve pas Isa, l'ascenseur ne va pas tomber en panne, et puis j'ai bien une vingtaine d'années en trop pour qu'il appuie sur le bouton stop. Allez-y je vous en prie, merci bonne soirée, merci vous aussi.
Voilà, il n'était pas tard, arrivée dans ma chambre, direction la salle d'eau, démaquillage, douche rapide, je me suis séchée et j'ai enfilé juste le peignoir éponge que j'avais emmené, doux et un peu épais, j'adore sentir son poids et sa chaleur sur mon corps le soir, sans rien d'autre en dessous, prête à aller au dodo quand j'en ai envie. Je me suis assise dans le fauteuil avec mon bouquin, j'en ai toujours un avec moi.
La nuit était tombée, face à moi il y avait la baie vitrée, le balcon donnant sur un grand parking. Autour, d'autres bâtiments sans intérêt. Je me suis plongée dans mon livre, j'ai lu un moment, quand j'ai relevé la tête j'ai regardé ma montre, il était 23 heures déjà. Je me suis levée du fauteuil, prête à aller baisser le store. De l'autre côté du parking, il y avait un autre hôtel, avec la plupart des fenêtres déjà fermées ou éteintes. Presque en face, juste une fenêtre allumée justement. La fenêtre était grande ouverte, un homme était debout dans la chambre, il était de dos, il était…. Il est…. à poil ???
Je cligne un peu des yeux, je secoue la tête, je regarde de nouveau. C'est incroyable, ça n'arrive pas normalement des choses comme ça… Je me rends compte que je suis là à le mater, un peu sidérée, depuis deux minutes au moins, si il se retourne il va me voir, je me déplace rapidement et j'éteins la lumière, maintenant je me sens protégée, dans le noir, je reviens devant la vitre, le gars est toujours là. J'attends un peu, puis sans trop réfléchir, j'ouvre un peu la baie vitrée et me glisse sur le balcon sans faire de bruit. Il fait encore bon, je m'accoude à la rambarde, je suis dans l'ombre, assez loin, il ne me verra pas s'il se retourne. Il est toujours là, de dos, il n'a pas bougé, mais qu'est-ce qu'il fait, je vois ses fesses blanches, il est incroyable ce gars, nu dans sa chambre d'hôtel en pleine lumière devant la fenêtre, c'est un exhibe ou quoi, mais même pas, il se tournerait sinon, d'ailleurs il va bien finir par bouger, que je vois un peu ses attributs, la curiosité est un vilain péché mais elle est là, c'est comme ça, c'est dommage que je n'ai pas des jumelles, ça n'arrive jamais un truc comme ça, sauf une fois où un inconnu m'avait tout déballé en pleine forêt mais là c'était différent j'étais partie en courant, ici je ne crains rien, je peux en profiter, mais tu vas te tourner un peu, tu vas bouger oui ou non, ma main droite s'insinue entre les plis de mon peignoir, mon doigt joue machinalement avec ma petite toison ou ce qu'il en reste, tout ça va se terminer dans le lit, je le sens, je ne sais même pas s'il est jeune ou vieux, j'imaginerais bien qu'il a environ…
La nuit était tombée, face à moi il y avait la baie vitrée, le balcon donnant sur un grand parking. Autour, d'autres bâtiments sans intérêt. Je me suis plongée dans mon livre, j'ai lu un moment, quand j'ai relevé la tête j'ai regardé ma montre, il était 23 heures déjà. Je me suis levée du fauteuil, prête à aller baisser le store. De l'autre côté du parking, il y avait un autre hôtel, avec la plupart des fenêtres déjà fermées ou éteintes. Presque en face, juste une fenêtre allumée justement. La fenêtre était grande ouverte, un homme était debout dans la chambre, il était de dos, il était…. Il est…. à poil ???
Je cligne un peu des yeux, je secoue la tête, je regarde de nouveau. C'est incroyable, ça n'arrive pas normalement des choses comme ça… Je me rends compte que je suis là à le mater, un peu sidérée, depuis deux minutes au moins, si il se retourne il va me voir, je me déplace rapidement et j'éteins la lumière, maintenant je me sens protégée, dans le noir, je reviens devant la vitre, le gars est toujours là. J'attends un peu, puis sans trop réfléchir, j'ouvre un peu la baie vitrée et me glisse sur le balcon sans faire de bruit. Il fait encore bon, je m'accoude à la rambarde, je suis dans l'ombre, assez loin, il ne me verra pas s'il se retourne. Il est toujours là, de dos, il n'a pas bougé, mais qu'est-ce qu'il fait, je vois ses fesses blanches, il est incroyable ce gars, nu dans sa chambre d'hôtel en pleine lumière devant la fenêtre, c'est un exhibe ou quoi, mais même pas, il se tournerait sinon, d'ailleurs il va bien finir par bouger, que je vois un peu ses attributs, la curiosité est un vilain péché mais elle est là, c'est comme ça, c'est dommage que je n'ai pas des jumelles, ça n'arrive jamais un truc comme ça, sauf une fois où un inconnu m'avait tout déballé en pleine forêt mais là c'était différent j'étais partie en courant, ici je ne crains rien, je peux en profiter, mais tu vas te tourner un peu, tu vas bouger oui ou non, ma main droite s'insinue entre les plis de mon peignoir, mon doigt joue machinalement avec ma petite toison ou ce qu'il en reste, tout ça va se terminer dans le lit, je le sens, je ne sais même pas s'il est jeune ou vieux, j'imaginerais bien qu'il a environ…
— Drôle de spectacle n'est-ce pas ?
J'ai dû faire un bond, j'ai failli crier dans la nuit, je me suis redressée bien droite, la main ressortie à l'air libre sans savoir comment, je respirais trop fort, je tremblais un peu.
— Vous… vous m'avez fait peur !
J'ai regardé à droite, j'ai reconnu le type de l'ascenseur, il avait parlé à voix basse et je ne l'avais pas vu, il était peut-être là avant moi je n'en sais rien, les balcons étaient très proches, même pas cinquante centimètres de vide entre les deux rambardes, il était donc dans la chambre voisine, je n'avais pas fait attention… Je me suis sentie coupable, prise en plein délit de voyeurisme, j'espérais qu'il ne m'ait pas vue jouer avec ma…
— Désolé de vous avoir surprise. Mais avouez que la vue est étonnante non ?
— Je… oui, oui, en effet. Mais je n'ai pas l'habitude de…
— Oh ne vous excusez pas, la plupart des gens feraient pareil soyez-en sûre, c'est plutôt moi qui devrais être gêné, ne croyez pas que je sois porté sur les hommes mais le spectacle est assez inhabituel et je n'ai pas choisi, bien sûr j'aurais préféré une femme, mais bon
- ……
— Moi aussi j'aime regarder, mais les filles bien sûr, enfin les femmes plutôt, les belles dames comme vous sur leur balcon par exemple !
Je crois que c'est quand il a dit ces mots que j'ai commencé à me sentir vide, prise de court, incapable de maîtriser quoi que ce soit, de savoir quoi répondre, quoi faire. Qu'avait-il perçu exactement, il parlait doucement, la situation devenait d'un coup tellement étrange, improbable, moi en train de mater un inconnu en compagnie d'un autre inconnu qui commençait en plus à me lancer des galanteries. Je crois qu'à partir de ce moment aucune de mes paroles, aucune de mes réactions n'ont été celles qu'elles auraient dû être. Je répondais avec des phrases maladroites, en bafouillant un peu.
— Je… je suis mariée. Et puis je n'ai pas votre âge.
— Allons. Mais qu'importe l'âge. Quel est le vôtre d'ailleurs ?
— Je… disons que je suis retraitée.
— Une jolie retraitée alors. Certainement bien des femmes aimeraient être comme vous.
Il avait tourné la tête et semblait me détailler dans la pénombre, sans aucune gêne et sans se cacher, j'ai vu son regard descendre et remonter, il souriait je crois. J'ai fait un geste pour resserrer mon peignoir, brusquement consciente d'être nue dessous, il ne le savait pas bien sûr, il ne pouvait pas le savoir, pouvait-il deviner, imaginer ?
— Vous avez froid ?
— Non, je, enfin oui un peu, juste un frisson, mais non, non ça va…
Il a de nouveau tourné la tête vers l'hôtel d'en face, l'homme était toujours là, il bougeait un peu sans qu'on puisse vraiment distinguer grand-chose.
— Vous croyez qu'il se masturbe ?
Heureusement que je n'avais rien dans les mains car je l'aurais lâché, heureusement que je tenais la rambarde car je serais tombée, heureusement qu'il faisait sombre car j'ai été prise d'une bouffée de chaleur et je devais être cramoisie, rouge de surprise et de gêne.
— Il… il range peut-être ses affaires ? Sans doute oui ?
— Depuis un quart d'heure? Un peu long pour vider une valise et trouver un pyjama. Je crois plutôt que... Enfin bon.
Il a eu un petit rire, discret, peut-être pour détendre l'atmosphère, mais je ne me suis pas sentie plus à l'aise, je ne savais pas quoi faire, j'aurais dû rentrer dans ma chambre, j'aurais dû… Mais voilà, je n'ai pas !
— Vous voulez une cigarette ?
— Je… je ne fume plus… enfin si, oui, je veux dire je veux bien…
Il m'a donné une cigarette, je me suis penchée pour qu'il me l'allume, gênée rien que de faire cela, comme si c'était une familiarité déplacée, j'ai pensé que peut-être mon décolleté pouvait bailler, j'ai fait un geste pour plaquer mon peignoir contre moi, un geste bien trop brusque, bien trop visible, je n'avais jamais été aussi maladroite. Je ne savais plus si je devais éviter de le regarder lui, ou éviter de regarder l'homme à la fenêtre d'en face. Je ne fumais plus que très rarement, et la cigarette me tournait un peu la tête. J'ai eu un geste maladroit, j'ai vacillé un peu, il a tendu la main et m'a attrapé le bras.
— Vous allez bien ?
— Oui oui merci, c'est… l'émotion de la vue.
Plaisanterie maladroite, j'ai essayé de rire un peu pour dissiper la gêne, je n'ai pas réussi, juste le silence embarrassant, je me sentais ridicule, désemparée, il ne lâchait pas mon bras. Je crois que j'étais à ce moment totalement sous emprise, incapable de toute réaction. S'en rendait-il compte ? Je ne sais pas. Est-ce que je le regrette ? Je ne crois pas.
— C'était vous tout à l'heure dans l'ascenseur, votre robe vous allait très bien, je vous avais trouvée très belle.
- …..
— Le peignoir vous va très bien aussi, on devine moins vos formes mais c'est, comment dire, plus intime.
- …..
— Il est tard, onze heures et demie au moins, c'est le destin qui nous a mis en présence vous croyez ?
- …..
— Vous aimez les hommes, puisque vous aimez les regarder. Et à moi vous me plaisez.
- …..
— Votre cigarette se termine, vous allez vous brûler, jetez-la.
J'ai fait un geste tremblant pour la lancer, j'ai encore tangué un peu, il m'a encore attrapé le bras.
— Je ne peux pas vous laisser ainsi, vous êtes troublée. Je fais le tour et vous m'ouvrez votre porte, ou j'enjambe le balcon ?
- …..
J'ai dû faire un bond, j'ai failli crier dans la nuit, je me suis redressée bien droite, la main ressortie à l'air libre sans savoir comment, je respirais trop fort, je tremblais un peu.
— Vous… vous m'avez fait peur !
J'ai regardé à droite, j'ai reconnu le type de l'ascenseur, il avait parlé à voix basse et je ne l'avais pas vu, il était peut-être là avant moi je n'en sais rien, les balcons étaient très proches, même pas cinquante centimètres de vide entre les deux rambardes, il était donc dans la chambre voisine, je n'avais pas fait attention… Je me suis sentie coupable, prise en plein délit de voyeurisme, j'espérais qu'il ne m'ait pas vue jouer avec ma…
— Désolé de vous avoir surprise. Mais avouez que la vue est étonnante non ?
— Je… oui, oui, en effet. Mais je n'ai pas l'habitude de…
— Oh ne vous excusez pas, la plupart des gens feraient pareil soyez-en sûre, c'est plutôt moi qui devrais être gêné, ne croyez pas que je sois porté sur les hommes mais le spectacle est assez inhabituel et je n'ai pas choisi, bien sûr j'aurais préféré une femme, mais bon
- ……
— Moi aussi j'aime regarder, mais les filles bien sûr, enfin les femmes plutôt, les belles dames comme vous sur leur balcon par exemple !
Je crois que c'est quand il a dit ces mots que j'ai commencé à me sentir vide, prise de court, incapable de maîtriser quoi que ce soit, de savoir quoi répondre, quoi faire. Qu'avait-il perçu exactement, il parlait doucement, la situation devenait d'un coup tellement étrange, improbable, moi en train de mater un inconnu en compagnie d'un autre inconnu qui commençait en plus à me lancer des galanteries. Je crois qu'à partir de ce moment aucune de mes paroles, aucune de mes réactions n'ont été celles qu'elles auraient dû être. Je répondais avec des phrases maladroites, en bafouillant un peu.
— Je… je suis mariée. Et puis je n'ai pas votre âge.
— Allons. Mais qu'importe l'âge. Quel est le vôtre d'ailleurs ?
— Je… disons que je suis retraitée.
— Une jolie retraitée alors. Certainement bien des femmes aimeraient être comme vous.
Il avait tourné la tête et semblait me détailler dans la pénombre, sans aucune gêne et sans se cacher, j'ai vu son regard descendre et remonter, il souriait je crois. J'ai fait un geste pour resserrer mon peignoir, brusquement consciente d'être nue dessous, il ne le savait pas bien sûr, il ne pouvait pas le savoir, pouvait-il deviner, imaginer ?
— Vous avez froid ?
— Non, je, enfin oui un peu, juste un frisson, mais non, non ça va…
Il a de nouveau tourné la tête vers l'hôtel d'en face, l'homme était toujours là, il bougeait un peu sans qu'on puisse vraiment distinguer grand-chose.
— Vous croyez qu'il se masturbe ?
Heureusement que je n'avais rien dans les mains car je l'aurais lâché, heureusement que je tenais la rambarde car je serais tombée, heureusement qu'il faisait sombre car j'ai été prise d'une bouffée de chaleur et je devais être cramoisie, rouge de surprise et de gêne.
— Il… il range peut-être ses affaires ? Sans doute oui ?
— Depuis un quart d'heure? Un peu long pour vider une valise et trouver un pyjama. Je crois plutôt que... Enfin bon.
Il a eu un petit rire, discret, peut-être pour détendre l'atmosphère, mais je ne me suis pas sentie plus à l'aise, je ne savais pas quoi faire, j'aurais dû rentrer dans ma chambre, j'aurais dû… Mais voilà, je n'ai pas !
— Vous voulez une cigarette ?
— Je… je ne fume plus… enfin si, oui, je veux dire je veux bien…
Il m'a donné une cigarette, je me suis penchée pour qu'il me l'allume, gênée rien que de faire cela, comme si c'était une familiarité déplacée, j'ai pensé que peut-être mon décolleté pouvait bailler, j'ai fait un geste pour plaquer mon peignoir contre moi, un geste bien trop brusque, bien trop visible, je n'avais jamais été aussi maladroite. Je ne savais plus si je devais éviter de le regarder lui, ou éviter de regarder l'homme à la fenêtre d'en face. Je ne fumais plus que très rarement, et la cigarette me tournait un peu la tête. J'ai eu un geste maladroit, j'ai vacillé un peu, il a tendu la main et m'a attrapé le bras.
— Vous allez bien ?
— Oui oui merci, c'est… l'émotion de la vue.
Plaisanterie maladroite, j'ai essayé de rire un peu pour dissiper la gêne, je n'ai pas réussi, juste le silence embarrassant, je me sentais ridicule, désemparée, il ne lâchait pas mon bras. Je crois que j'étais à ce moment totalement sous emprise, incapable de toute réaction. S'en rendait-il compte ? Je ne sais pas. Est-ce que je le regrette ? Je ne crois pas.
— C'était vous tout à l'heure dans l'ascenseur, votre robe vous allait très bien, je vous avais trouvée très belle.
- …..
— Le peignoir vous va très bien aussi, on devine moins vos formes mais c'est, comment dire, plus intime.
- …..
— Il est tard, onze heures et demie au moins, c'est le destin qui nous a mis en présence vous croyez ?
- …..
— Vous aimez les hommes, puisque vous aimez les regarder. Et à moi vous me plaisez.
- …..
— Votre cigarette se termine, vous allez vous brûler, jetez-la.
J'ai fait un geste tremblant pour la lancer, j'ai encore tangué un peu, il m'a encore attrapé le bras.
— Je ne peux pas vous laisser ainsi, vous êtes troublée. Je fais le tour et vous m'ouvrez votre porte, ou j'enjambe le balcon ?
- …..
Comme dans un état second, je l'ai alors vu grimper avec aisance sur la rambarde et retomber près de moi, en quelques secondes. J'étais ailleurs, quelque-part hors de mon corps, je savais que j'étais devenue une proie, que j'étais prise au piège, et je sentais aussi que c'était comme une chance inespérée pour moi, que je ne le regrettais pas, j'aurais pu reculer, crier, courir, le gifler, mais je n'ai rien fait de cela. Il m'a prise par la main et fait rentrer dans la chambre sans lumière, il m'a plaquée debout contre le mur, calmement, sans jamais aucune brutalité mais avec fermeté, il n'a jamais essayé de m'embrasser mais il a tout de suite détaché la ceinture du peignoir, savait-il que j'étais nue, a t-il été surpris, j'ai senti tout de suite sa main à plat sur mon pubis, personne ne mettait plus sa main là depuis longtemps sauf le médecin, puis il est remonté sans aucune hésitation pour attraper et masser mon sein, j'ai été un peu gênée de sentir mon téton réagir aussi vite entre ses doigts, son autre main me tenait par la taille contre lui et j'ai senti son érection contre mon ventre. Puis il m'a faite reculer lentement, m'a ôté le peignoir des épaules avant de me faire basculer sur le lit. Mes yeux s'étaient habitués à la pénombre, les siens aussi sans doute, j'étais allongée sur le dos, nue, et il est resté debout sans bouger à me regarder. Je n'ai pas fait un geste pour me cacher, j'étais à poil, un inconnu détaillait mon corps vieillissant, mes seins, mon ventre, et je jouissais de ce regard, sans aucune réaction. Puis je l'ai vu se déshabiller rapidement, j'ai tout de suite su malgré le noir qu'il bandait, je me suis dit qu'un mec bandait pour moi, son sexe m'a semblé grand, et j'ai pensé que ça allait être ma fête, c'est l'expression qui m'est venue à l'esprit.
Il s'est agenouillé devant moi, il a écarté mes jambes, il a commencé tout de suite à me lécher. Et il a trouvé mon point sensible comme s'il m'avait toujours connue, comme si j'avais toujours été sa chose. Je me suis sentie trempée, j'ai tout eu, la respiration accélérée, le ventre et les cuisses qui palpitent, j'ai commencé à me retenir de gémir. Et puis j'ai compris que je ne voulais pas jouir par sa langue, pas me lâcher ainsi devant cet inconnu plus jeune que moi, pas m'humilier, j'ai forcé pour repousser son visage de mon sexe, la tension est un peu retombée. Il est alors venu s'allonger contre moi, m'a attrapé la main et l'a amenée jusqu'à lui. J'ai touché sa bite, je l'ai prise, elle m'a semblé grosse, et j'ai commencé à aller et venir, je le sentais vibrer entre mes doigts, palpiter de plus en plus fort, et j'ai eu peur qu'il ne vienne dans ma main, sur mon ventre. J'ai pensé que j'avais passé l'âge des préservatifs, j'ai arrêté de le branler tout en le gardant dans la paume, j'ai regardé son visage se relâcher et je l'ai vu reprendre le contrôle, je me suis dit que c'était incroyable que ce soit moi qui l'ai mis dans cet état. Et puis doucement je l'ai amené à l'entrée de mon sexe. Je l'ai senti, de façon incroyablement distincte, qui se frottait un peu, qui trouvait l'entrée, et qui se glissait dans ma chatte, lentement, implacablement, profondément, encore plus profond. Mon sexe était trempé, mon clitoris gonflé, et pourtant je me sentais étroite, serrée, j'avais rétréci ou était-ce lui qui était vraiment large ? Et puis on a commencé à remuer, tous les deux, j'ai eu la sensation d'une synchronisation parfaite, comme si on avait toujours baisé ensemble. Je me suis rendue compte que j'avais les jambes complètement relevées en l'air, comme pour offrir mon cul, il les tenait je crois, je ne sais pas comment c'était arrivé, je ne pensais plus pouvoir tenir une telle position à mon âge. Et puis ça a duré, longtemps, longtemps, j'avais envie que ça se termine pour arriver au sommet et être soulagée, et envie en même temps que ça dure encore, que ça ne s'arrête jamais, je savais que je respirais de plus en plus fort, je me retenais de gémir, je serrais les lèvres, je donnais des coups de reins comme une forcenée, et puis j'ai senti venir la première vague, et puis la deuxième, celle qui me fait trembler de partout, et puis la troisième, je l'ai vue approcher, grandir, m'engloutir, et j'ai crié, j'ai gueulé, j'ai hurlé, on m'a forcément entendue ailleurs, c'est impossible autrement, et puis tout s'est relâché, mes jambes sont retombées, je me suis trouvée molle, étendue sur le dos, inerte, et lui continuait à remuer, toujours dans ma chatte, ancré en moi, et je l'ai enfin senti jouir, à grands coups, mais calmement, sans bruit, sûr de lui, comme un fauve implacable.
Il s'est agenouillé devant moi, il a écarté mes jambes, il a commencé tout de suite à me lécher. Et il a trouvé mon point sensible comme s'il m'avait toujours connue, comme si j'avais toujours été sa chose. Je me suis sentie trempée, j'ai tout eu, la respiration accélérée, le ventre et les cuisses qui palpitent, j'ai commencé à me retenir de gémir. Et puis j'ai compris que je ne voulais pas jouir par sa langue, pas me lâcher ainsi devant cet inconnu plus jeune que moi, pas m'humilier, j'ai forcé pour repousser son visage de mon sexe, la tension est un peu retombée. Il est alors venu s'allonger contre moi, m'a attrapé la main et l'a amenée jusqu'à lui. J'ai touché sa bite, je l'ai prise, elle m'a semblé grosse, et j'ai commencé à aller et venir, je le sentais vibrer entre mes doigts, palpiter de plus en plus fort, et j'ai eu peur qu'il ne vienne dans ma main, sur mon ventre. J'ai pensé que j'avais passé l'âge des préservatifs, j'ai arrêté de le branler tout en le gardant dans la paume, j'ai regardé son visage se relâcher et je l'ai vu reprendre le contrôle, je me suis dit que c'était incroyable que ce soit moi qui l'ai mis dans cet état. Et puis doucement je l'ai amené à l'entrée de mon sexe. Je l'ai senti, de façon incroyablement distincte, qui se frottait un peu, qui trouvait l'entrée, et qui se glissait dans ma chatte, lentement, implacablement, profondément, encore plus profond. Mon sexe était trempé, mon clitoris gonflé, et pourtant je me sentais étroite, serrée, j'avais rétréci ou était-ce lui qui était vraiment large ? Et puis on a commencé à remuer, tous les deux, j'ai eu la sensation d'une synchronisation parfaite, comme si on avait toujours baisé ensemble. Je me suis rendue compte que j'avais les jambes complètement relevées en l'air, comme pour offrir mon cul, il les tenait je crois, je ne sais pas comment c'était arrivé, je ne pensais plus pouvoir tenir une telle position à mon âge. Et puis ça a duré, longtemps, longtemps, j'avais envie que ça se termine pour arriver au sommet et être soulagée, et envie en même temps que ça dure encore, que ça ne s'arrête jamais, je savais que je respirais de plus en plus fort, je me retenais de gémir, je serrais les lèvres, je donnais des coups de reins comme une forcenée, et puis j'ai senti venir la première vague, et puis la deuxième, celle qui me fait trembler de partout, et puis la troisième, je l'ai vue approcher, grandir, m'engloutir, et j'ai crié, j'ai gueulé, j'ai hurlé, on m'a forcément entendue ailleurs, c'est impossible autrement, et puis tout s'est relâché, mes jambes sont retombées, je me suis trouvée molle, étendue sur le dos, inerte, et lui continuait à remuer, toujours dans ma chatte, ancré en moi, et je l'ai enfin senti jouir, à grands coups, mais calmement, sans bruit, sûr de lui, comme un fauve implacable.
J'ai dormi. Le lendemain je me suis réveillée, j'étais nue sur les draps, les poils du sexe encore humides. J'ai pris le temps d'une longue douche, comme pour évacuer les traces de la femme infidèle que j'avais été, en évitant de trop réfléchir, je me suis juste demandée si il était reparti par la porte ou par le balcon. Je n'ai pas réussi à être sûre de trouver la fenêtre sur la façade d'en face, celle où tout avait commencé. Sur le fauteuil j'ai trouvé un papier avec un numéro de portable. Même pas de prénom.
Je n'ai pas aimé la façon dont le réceptionniste m'a regardée quand je suis allée régler ma note...
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Commentaires ()
Cela étant, j'ai remarqué qu'à l'hôtel les gens sont beaucoup moins attentifs au fait qu'on puisse les voir. Ils ne sont pas dans leur contexte habituel et prêtent rarement attention à un environnement qui permet de les observer.
À moins qu'ils ne s'en moquent ou qu'ils y prennent, pour certains, du plaisir.
Raconter, ou inventer (selon les récits), est un grand plaisir, si en plus ça peut distraire les autres (voire les exciter un peu) alors le pari est réussi.
Bises
Que j'ai relus du coup.
Et comme les autres, d'abord une belle histoire, de celles auxquelles on peut s'identifier, et écrites dans un style simple, naturel, sans fioriture, surtout sans aucune faute (même si les correcteurs passent derrière, hmm les coquins... :D ) et ce qui ne gâte rien avec un zeste d'humour et d'autodérision.
J'adore les gens qui en sont capables, sans lourdeur ni excès ; cela révèle bien plus de confiance en soi qu'il n'y paraît et une belle intelligence de cœur et d'âme.
Bref, vivement le retour.