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✦ unzeste85 Tous les chemins ne mènent pas à Rome XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Tous les chemins ne mènent pas à Rome — Chapitre 1 · Renc9ontre avec Sarah

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unzeste85
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Tous les chemins ne mènent pas à Rome

Chapitre 1 · Renc9ontre avec Sarah

Rencontre avec Sarah
Je m'appelle Rebecca ; Rebecca Martin.
Martin, c'est le nom de mes parents adoptifs et Rebecca, c'est ce qui était écrit sur une feuille de papier agrafée sur le vêtement qui couvrait difficilement mon corps de nouveau-né abandonné sous le porche d'une église en plein hiver. Inutile de vous apitoyer. Je suis vivante et un nouveau-né n'a pas de mémoire, du moins pas de mémoire consciente. Et puis ce, cette chose, ne m'intéresse pas du tout. D'ailleurs, je n'aime pas les bébés ou du moins ils ne m'intéressent pas. En fait, je ne m'intéresse pas à grand monde en dehors de ceux qui peuvent m'apporter quelque chose. Je peux alors me montrer tout à fait charmante, voire séductrice.
Les hommes m'apprécient ; les femmes aussi et je profite des deux aussi bien sexuellement que sur le plan professionnel. Mon physique m'aide bien. Une poitrine qui, sans être monstrueuse attire naturellement le regard des passants, sans l'aide d'implants, surtout quand je me balade sans sous-tif. Un cul de rêve qui attire surtout leurs mains qui ont tendance à s'égarer lorsque je m'amuse à les frôler dans les couloirs des entreprises que je visite. Un jour, il faudra que j'essaye le métro ; ou le bus. Enfin un visage d'ange (eh oui !) mis en valeur par une magnifique crinière rousse et des mirettes d'un bleu-vert presque transparent et parfaitement hypnotique.
Inutile de préciser que je suis une commerciale qui gagne très bien sa vie (oui, je le précise quand même).
Mes parents adoptifs, je ne les vois plus. On ne s'est jamais très bien entendus, eux et moi. Ils m'ont adoptée parce que ‘'ça se fait'' quand on ne peut pas avoir d'enfants et moi, j'ai plutôt mauvais caractère. Alors, quand j'ai eu dix-huit ans et que mon père a commencé à avoir les mains baladeuses j'ai décidé de me tirer. Mon cul, c'est moi qui décide ce que j'en fais.
J'ai fait des petits boulots pour payer mes études et je suis allée vivre dans un squat. Des mecs et des filles assez sympas avec lesquels on partageait tout, y compris les plumards et qui me laissaient bosser sans venir m'emmerder. J'ai fait une licence de psycho et ça m'a suffi, ça et ma belle gueule, pour me faire embaucher comme commerciale dans la boîte où je bosse actuellement.
J'ai une vie rangée, un joli studio, une bagnole sympa et un amant pour agrémenter mes week-ends. Tout va bien.
Benoit, mon petit copain (un virgule quatre-vingt-quinze tout de même), n'est pas ce qu'on appelle communément un intellectuel mais c'est un expert … en foot … et aussi…en foot… et encore… en foot (comment vous avez deviné ?). Je pense qu'une des deux boules qui occupent son entre-jambes est un ballon de football ; l'autre, à mon avis contient son cerveau. Moi, je m'en fout ! Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il a entre les deux.
Il va être très occupé ce week-end car le match de l'année est programmé samedi soir : Le PSG reçoit l'OM. Benoit a préparé tout ce dont il a besoin : les tee-shirts les canettes de bière, les caillasses et les boules de pétanques pour le gardien de but adverse, les supporters de l'OM et les CRS. Il terminera la fête aphone et rond comme une queue de pelle dans une cellule de dégrisement. Donc, rien à espérer en dehors de ce soir. De toutes façons, je ne vais pas le voir pour y passer la soirée à lui faire la conversation ; une petite visite dans la bouche, une autre dans la chatte, ça ne va pas chercher très longtemps. Ensuite Benoit va faire son gros dodo et moi je rentre chez moi ; pas très romantique, tout ça, mais ça me détend.
Ce soir, c'est mon jour de chance ; il y a une place pour me garer juste au pied de son immeuble. D'habitude il faut que je me tape plusieurs centaines de mètres ; vachement sympa quand il pleut ! Je regarde ma montre : Merde ! déjà dix heures. Pourvu qu'il ne se soit pas endormi en m'attendant. Je regarde sa fenêtre (deuxième étage à gauche). C'est éclairé et un type hurle du métal sur sa chaine Hi-Fi. Si avec ça il arrive à dormir (Benoit, pas le type du DVD), c'est à désespérer car au réveil, il n'est plus bon à rien (Pas le type du DVD !! … peut-être que lui aussi, remarque).
Je pénètre dans l'immeuble et passe devant l'ascenseur en jetant un œil méprisant à la pancarte collée sur la vitre : ”EN PANNE”. Je suis au courant ; tout le monde est au courant vu qu'il ne marche plus depuis … en fait, je crois bien que je ne l'ai jamais vu fonctionner. Je prends mon courage à deux mains, me bouche le nez et emprunte l'escalier de secours jusqu'au second.
La porte d'entrée n'est pas fermée ; Benoit ne ferme jamais. Remarque, il ne risque pas de se faire violer. Pour l'instant, il est assis sur la banquette du séjour, le pantalon sur les chevilles et deux doigts dans le trucmuche d'une blondinette qui a l'air d'apprécier. Il me regarde, l'air bovin mais pas plus ému que ça.
— J'ai pensé que ça serait plus rigolo de faire ça à trois.
La fille a l'air nettement moins à l'aise. Je me demande si elle était au courant. Maintenant elle l'est et elle va m'entendre. Benoit aussi ; Benoit surtout !
— Espèce de connard ! Bande de petits salopards ! Faut surtout pas vous gêner !
Là, je leur débite les pires insultes de mon répertoire et dieu sait s'il est fourni. La fille, rouge comme une tomate regarde fixement le fauteuil qui est en face d'elle. Elle a l'air de se demander si elle pourrait arriver à se glisser dessous. Benoit est un peu gêné. Il apprécie sûrement le choix des mots mais doit se demander si finalement il n'aurait pas déconné en nous invitant toutes les deux. Moi, ce qui me fait le plus chier, c'est que je me demande si c'est moi qui suis cocue ou la fille. Je continue donc à les insulter tous les deux jusqu'à ce que je me rende compte que je me répète. Si je continue je vais être ridicule. Ça me calme et je fiche le camp en essayant de prendre un air aussi digne que je le peux.
Benoit fait une tentative pour me rappeler.
— Rebecca ! Déconne pas !
C'est con, mais j'ai presque envie de remonter. J'hésite un peu mais cette andouille rajoute :
— Sarah ! Ne pars pas ! C'est pas ce que tu crois.
Ça va ! J'ai compris. C'est moi la cocue. Je continue à descendre, philosophe ; c'est pas comme si j'étais amoureuse, mais ma soirée est tout de même foutue.
— Attends-moi !
Cette fois, c'est la blonde. Aucune chance, bébé. On va tout de même pas faire la causette comme deux bonnes copines. On n'est pas copines ! Ça me console tout de même un peu que Benoit ne l'ait pas prévenue elle non plus.
Elle dévale les escaliers derrière moi, manque de se casser la gueule en marchant sur un reste de big mac mais parvient à me rattraper en bas au moment où je sors de l'immeuble.
— Je suis à pied.
— Ouai ? Et alors ? C'est pas la nouvelle du siècle, à mon avis.
— C'est Benoit qui m'a amené. Il devait me raccompagner.
— Il n'est pas tombé en panne ?
— Non, mais…
— Alors, tout va bien !
Je m'installe au volant et démarre bien tranquillement pour faire durer le plaisir. C'est ma petite vengeance. Il n'y a pas que ma soirée qui est foutue. Si ça se trouve, elle en a pour une bonne heure de marche, à raser les murs dans la nuit, une boule dans le ventre. Elle doit être morte de trouille.
Je regarde dans le rétroviseur. Elle est immobile, petite chose sur le bord du trottoir, l'air complètement perdue, guettant tantôt à droite, tantôt à gauche le miracle qui va la sortir de là. Ça me fait bien rigoler.
Enfin, ça devrait bien me faire rigoler ; parce que quand même, ça n'est pas ma faute si elle se retrouve comme ça, la petite chose au bord du trottoir. Moi, je n'y peux rien… et puis… et puis… … Et puis Merde ! J'aurais jamais dû regarder dans le rétro.
Je pile dans un grand bruit de pneux, j'enclenche la marche arrière et je repars en trombe dans l'autre sens. Je pile de nouveau devant elle et j'ouvre la portière passager.
Qu'est-ce que tu attends pour monter ? J'ai pas que ça à faire.
Elle me gratifie d'un sourire éclatant et mon petit cœur fait Boum Boum. Elle est soulagée. Moi aussi et pas seulement.
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