Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Moment privilégié — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Moment privilégié
Chapitre 1
Allez, plus qu'une heure avant de rêver, plus qu'une heure, ce n'est rien...
Je vais vraiment finir par croire que j'y ai pris goût. Allez, courage ma grande, sois patiente.
— Oh la Basque, tu te réveilles un peu ?
— Bai ?
— Ça fait trois plombes que t'as un camion de prédalle à décharger, la journée n'est pas encore finie ma belle.
— Oups désolée, j'étais dans les nuages.
— Le comble pour une grutière, par contre t'es gentille, mais ici, on est en France, donc on parle en français merci.
— Bai chef.
— Bai ?
— Ça fait trois plombes que t'as un camion de prédalle à décharger, la journée n'est pas encore finie ma belle.
— Oups désolée, j'étais dans les nuages.
— Le comble pour une grutière, par contre t'es gentille, mais ici, on est en France, donc on parle en français merci.
— Bai chef.
Bon allez, courage, il te reste juste un camion à décharger avant d'être tranquille.
Enfin, la dernière est posée, la journée est enfin finie. Bon il me reste encore un peu de temps pour moi, je vais pouvoir m'en ouvrir une petite histoire de patienter.
Je ne me lasserai jamais de mon métier, cette sensation d'être au-dessus de tout, d'avoir le contrôle et surtout d'être indispensable.
Je dois dire que mon bureau, aussi petit qu'il soit, a une vue des plus jouissives. Une vue imprenable sur la ville et les environs.
Il ne me reste plus que quelques minutes, je pense, le chantier doit être vide maintenant, me voilà enfin seule pour profiter de mon moment, mon spectacle.
Je n'arrive toujours pas à me rendre compte de la chance que j'ai de les avoir découverts en suivant simplement un vol d'oiseaux migrateurs, à croire qu'ils m'ont fait un signe.
On y est, je pense, la lumière du bureau vient de se tamiser. Je me sens gamine quand même, ce besoin d'être curieuse. J'ai même honte quand j'y repense.
Leur manège n'a pas l'air différent des autres fois, l'homme se lève et se dirige vers la porte pour accueillir cette dame. D'ailleurs, qui est-elle ? Sa femme ? Ou bien sa maîtresse qui sait...
Peu importe, je n'ai pas besoin de savoir finalement, juste de profiter de ce qu'ils m'offrent généreusement depuis plusieurs semaines déjà à leur insu.
Un rituel si bien orchestré que j'ai presque l'impression que c'est une chorégraphie.
Tout débute à chaque fois de la même manière, une fois qu'il l'accueille, elle se découvre de son long manteau d'une couleur assez sombre, sûrement noir. On dirait bien qu'elle a opté pour un ensemble complet qui paraît des plus classes et sexy, certainement le genre de lingerie que je ne pourrais jamais m'offrir. Le peu de tissu n'aide pas à deviner la couleur d'ailleurs.
Le couple se dirige vers le bureau où trône ce qui s'apparente à une bouteille d'alcool où deux verres siègent à ses côtés. Il est venu le temps pour mes deux acteurs de trinquer à cette nouvelle soirée de débauche où ombres et lumières vont s'entremêler.
Tiens, mais qu'a-t-elle fait ?
On dirait bien que la soirée ne s'annonce pas si sublime que ça finalement, au vu du lancer de son verre à travers la pièce. Difficile de savoir pourquoi elle a eu ce geste d'humeur.
Mais tout compte fait, son geste n'est peut-être pas si anodin, sa démarche ne semble laisser guère de doute sur ses intentions.
Serait-elle impatiente ? Ou bien une envie de mener le jeu ?
Je pense qu'elle a décidé de mener à bien cette entreprise, en s'asseyant sur le bureau, jambes plus ou moins écartées, d'une manière qui, je pense, ne peut laisser indifférent, moi la première.
Le voilà qui se lance, avec délicatesse, ou du moins lentement, à l'assaut de ce puits d'amour offert, la faisant lâcher totalement prise. S'allongeant complètement, j'imagine le plaisir qu'elle prend sans retenue, sa tête se balançant d'avant en arrière faisant voleter sa longue chevelure, j'en serais presque jalouse, je l'avoue.
Mais c'est que j'en aurais presque oublié que j'ai la bouteille de bière calée entre mes cuisses. Dans un jeu de contraction des cuisses, l'idée me vient de détourner ce déchet encombrant en un jouet de luxure. La caresse du pauvre, dira-t-on. Me calant plus ou moins sur le rythme des corps dansants, léchés par une lumière de circonstance.
Le couple continuant ses fresques, la situation semble s'être inversée en un battement de cil, la femme est à l'œuvre pour lui rendre la politesse, mais sa façon de faire me surprend. Elle prend son temps, savourant le moment, là où son partenaire était beaucoup plus frénétique, entreprenant.
Oui, il n'y a plus de doute possible, elle mène le jeu, elle le tient, c'est évident maintenant. Je dois le reconnaître, elle sait y faire. Franchement, je ne pourrais oser avoir une telle aisance dans un moment pareil.
La cheffe d'orchestre manœuvre le long du bureau, se plaçant dos à monsieur, cambré comme il se doit pour que l'invitation ne soit refusée d'aucune manière. Chose d'ailleurs qui ne tarde pas à arriver, une main venant se poser sur sa hanche quand l'autre se positionne au niveau du dos.
Les mouvements de bassin se font tout en douceur, comme les caresses des mains baladeuses.
L'harmonie des mouvements offre un spectacle des plus magnifiques, jamais je n'aurais pensé un jour prendre autant de plaisir à observer un couple en plein ébat. L'état de mon entrejambe et la buée dans la cabine me confirment bien que mon petit jouet improvisé fait bien son travail, peut-être trop d'ailleurs...
Mince, je me suis endormie ?
Mais non, ma pauvre imbécile, ton plaisir a encore pris le dessus. Ratant la fin de cette pièce, me voilà condamnée à imaginer toute seule la conclusion de cette étreinte.
Je découvre non sans une certaine déception que le couple trinque de nouveau. Mais quelque chose a changé, leurs comportements me semblent bizarres, beaucoup moins cérémonials que les autres fois, ou alors c'est sûrement moi qui divague. Après tout, je suis en pleine descente.
Non, quelque chose cloche, on dirait bien qu'ils me regardent. Mais c'est qu'ils m'observent, oui, me voilà bien.
Prise sur le fait ma petite.
Tu n'as plus qu'à descendre en vitesse avant d'avoir des ennuis.
Mais que font-ils ?
Les voilà qui se rapprochent de la baie vitrée et, d'un seul mouvement assuré, s'inclinent comme un remerciement.
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