Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Au fil des jours — Chapitre 1 · Entre amies...
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Au fil des jours
Chapitre 1 · Entre amies...
Un samedi ordinaire ? Pas vraiment, puisque toute la matinée des jeunes gens ont charrié des meubles et des cartons dans l'appartement qui jouxte le mien. Une ou un nouvel occupant, à moins que ce ne soit un couple qui vient s'installer ? Ça fait un bout de temps que ce trois pièces-cuisine est vide. La copie conforme de celui dont je suis propriétaire. Vers seize heures enfin les incessants va-et-vient se calment et le silence revient sur la cage d'escalier. Les porteurs se sont musclés les biceps à force de faire, les bras chargés, les montées et les descentes du rez-de-chaussée au premier étage, toute la journée.
Cette fois, les bruits sont plus sourds, de l'autre côté du mur mitoyen qui me sépare de mes voisins. Et la musique en sourdine pourtant, d'une platine, d'une radio ou d'un téléviseur me prouve bien que l'appartement est occupé pour de bon. Pas dérangeants pour deux sous, donc rien à redire. Et puis je sais de mémoire qu'il n'est guère possible de ranger ou d'agencer son intérieur sans faire un minimum de boucan… alors je n'ai rien à objecter. Et je me plonge moi aussi dans une série télé qui me fait oublier ces nouveaux « hôtes ».
Dès que les deux épisodes de mon feuilleton télévisé sont terminés, un passage au pipi-room et à la salle de bain pour une toilette rapide. Et me voici allongée dans mon lit avec un bon bouquin, histoire d'attendre le sommeil. Ma chambre à coucher aussi jouxte celle des arrivants du jour. Sentant que le marchand de sable va passer, j'éteins ma lampe de chevet et me coule dans mes draps, la tête sur l'oreiller, pour un moment de relaxation. Alors que je m'enfonce dans un brouillard de plus en plus doux, quelque chose me ramène à la surface. Bruits étranges, comme si le mur résonnait.
Enfin bref ! Me voici les sens en alerte. Des coups sourds suivent des craquements dont j'ignore la provenance. Et mes oreilles tentent de déceler l'origine de ces sons inhabituels. Au bout de quelques secondes, il me semble percevoir des gémissements, comme si… oui ! Ça y est, je comprends enfin et du coup, ça me fiche un bourdon monstrueux. Dans l'appartement voisin, les nouveaux venus font l'amour. L'amour ! Me voici ramenée à ma solitude. Et je suis presque forcée d'écouter les ronronnements de chatte de cette dame qui… prend du plaisir derrière la tête de mon lit.
Les ébats durent, pour moi qui les entends, une éternité. Je ne sais pas qui ils sont ni ce qu'ils se font, mais il est indéniable que ces deux-là y prennent un infini plaisir et à trop les écouter, mon corps réagit. Je me retrouve donc à les accompagner du bout des doigts, pour me libérer de la tension palpable que génèrent les soupirs et les cris de bonheur de celle qui exulte. Mon imagination fait le reste. C'est, je l'avoue, presque à l'instant où derrière la cloison la femme hurle que chez moi mon ventre m'offre également un orgasme magistral.
Les bruits cessent enfin et le calme revient. Un sacré tempérament cette nana ! Voilà la dernière pensée qui jaillit dans mon crâne alors que de mon côté, je finis par sombrer dans un sommeil lourd. Inutile de dire que mes draps sont bons à changer. Alors au réveil d'un petit dimanche, je sors du coma réparateur sans rêve. À moins que j'aie imaginé l'épisode nocturne entre les deux amants ? Mais non ! Les auréoles, les taches qui maculent vraiment ma literie sont là pour me rappeler que tout est bien réel. Du reste, alors que je m'étire comme une chatte avant de quitter mon nid douillet, il me parait que d'autres sons amoureux s'échappent de nouveau de la gorge de l'inconnue.
— xXx —
Je me lève et file dans ma cuisine pour ne pas succomber une fois encore à la tentation de me caresser. Là au moins suis-je à l'abri de cette envie qui me creuse les reins. Mon Dieu ! Les locataires ou propriétaires d'ailleurs, de l'appartement voisin me plongent dans un marasme profond. La solitude avec laquelle je fais bon ménage depuis plus d'un an est mise à mal par leurs exploits nocturnes. La douche, un endroit que d'ordinaire j'affectionne, m'est plus précieuse ce matin. Là, la flotte qui me dégouline sur la caboche m'interdit de songer aux feulements de la diablesse en rut.
Après ma douche, je passe à la hâte une jupe, un corsage, enfile des escarpins et sors pour me rendre à la boulangerie de mon quartier. J'imagine qu'à mon retour, la partie de jambes en l'air de mes voisins aura pris fin… encore qu'au su de cette nuit, rien n'est moins certain. Un peu d'air frais matinal ne peut que m'être salutaire et je marche sur des trottoirs quasi déserts. Pas moyen d'effacer les gémissements, les cris de cette femme… ils restent accrochés à mon front dans ma caboche et tous me crispent l'estomac. Est-ce qu'il va en être ainsi toutes les nuits ?
— Bonjour !
— Ah, bonjour Maryse… bien matinale pour un dimanche ! Tu es tombée du lit ?
— Non ! Mais j'ai une faim de louve… mets-moi une baguette bien cuite et deux croissants, s'il te plait.
— Nature ou au beurre… ?
— Ah, bonjour Maryse… bien matinale pour un dimanche ! Tu es tombée du lit ?
— Non ! Mais j'ai une faim de louve… mets-moi une baguette bien cuite et deux croissants, s'il te plait.
— Nature ou au beurre… ?
Annette la vendeuse de la boutique où je prends mon pain me dévisage et je n'ai pas compris sa question, tout absorbée que je suis par ces bruits qui me hantent. Alors gentiment elle me reprend.
— Hé oh ! Maryse… tu n'es pas réveillée ?
— Hein ? Oh pardon ! Tu m'as dit ?
— Nature ou au beurre tes croissants ?
— Euh… au beurre pour une fois, soyons folles.
— T'es sûre que tout va bien ?
— Oui… oui, je t'assure ! J'ai mal dormi et depuis hier de nouveaux voisins ont emménagé, alors mon étage a été un peu moins calme sans doute.
— Je comprends… des jeunes ?
— Je t'avoue que je n'en sais rien, je ne sais pas qui ils sont. Mais les gens qui ont transbahuté les meubles et les cartons n'avaient pas l'air d'être très âgés. Bon, ça ne veut rien dire, mais c'est un signe… je crois.
— Tant mieux si le quartier se repeuple un peu… avec un peu de chance ce sera des clients pour nous.
— C'est à souhaiter… tiens, je n'ai pas de monnaie, je te préviens.
— Ouah ! Cinquante euros ? Pour deux croissants et une baguette, tu vas me bouffer toute ma caisse… enfin…
— Hein ? Oh pardon ! Tu m'as dit ?
— Nature ou au beurre tes croissants ?
— Euh… au beurre pour une fois, soyons folles.
— T'es sûre que tout va bien ?
— Oui… oui, je t'assure ! J'ai mal dormi et depuis hier de nouveaux voisins ont emménagé, alors mon étage a été un peu moins calme sans doute.
— Je comprends… des jeunes ?
— Je t'avoue que je n'en sais rien, je ne sais pas qui ils sont. Mais les gens qui ont transbahuté les meubles et les cartons n'avaient pas l'air d'être très âgés. Bon, ça ne veut rien dire, mais c'est un signe… je crois.
— Tant mieux si le quartier se repeuple un peu… avec un peu de chance ce sera des clients pour nous.
— C'est à souhaiter… tiens, je n'ai pas de monnaie, je te préviens.
— Ouah ! Cinquante euros ? Pour deux croissants et une baguette, tu vas me bouffer toute ma caisse… enfin…
Annette baisse les yeux sur son tiroir-caisse et extirpe de celui-ci la monnaie qu'elle me rend. Ses longs cheveux d'un blond cendré, noués sur l'arrière en queue de cheval, ses lunettes sur le nez, tout lui donne une allure de gamine. Mais elle a mon âge pourtant et nous nous voyons parfois. Vingt-huit ans ! Et je suis seule. Pas par gout ou envie, mais la vie est comme ça ! Mon dernier petit ami, Hervé a trouvé mieux que moi sans doute. Je n'ai jamais su combien de temps sa liaison avec une nana prénommée Aurore avait duré. Comme toujours, la cocue est la dernière informée. Bref ! Passons sur ce passage douloureux de ma courte vie.
Je salue Annette et fais le chemin inverse, pour rentrer chez moi. Je flâne, peu pressée de m'enfermer dans mon appartement. Surtout si comme je le pense, les voisins continuent leur installation, ce qui est tout à fait logique. Ils ont des meubles à remonter, des choses à mettre en place et j'imagine bien que pendant encore quelque temps, ma tranquillité va être souvent rompue. Mal nécessaire et qui fait partie des choses de la vie, donc rien à dire. Je suppose que moi aussi lors de l'intégration de mon toit… j'ai créé ce genre de désagréments.
Mon petit déjeuner s'éternise et je me prélasse dans ma kitchenette. Jour de relâche que ce dimanche où enfin le soleil reprend du poil de la bête. Dans les murs d'à côté, plus aucun son ne me parvient. Les résidents ont sans nul doute déserté les lieux. C'est bien qu'ils respectent le jour du Seigneur, bien que je veuille croire que pour une fois, les autres dans les étages ne se sont pas offusqués de la gêne occasionnée par les tourtereaux. Un après-midi farniente avant une semaine à venir qui peut devenir éprouvante au boulot. Je suis comptable dans une boite qui s'occupe d'assurances en tout genre et les fins de mois sont souvent pénibles.
— xXx —
Je me rattrape de ma nuit maussade par une sieste qui se prolonge bien au-delà de ce que j'ai imaginé. Pas très grave puisque je n'ai rien de mieux à faire. À mon retour dans le monde des vivants, je ne peux que constater que le ciel bleu matinal s'est une fois de plus obscurci. Il pleut. Oh ! Pas bien fort, mais un de ces crachins qui vous mouille jusqu'aux os. Heureusement que je ne suis pas sous cette bouillasse humide. Et c'est depuis la double baie vitrée de mon salon que je scrute la rue. Je vois bien sûr une petite automobile rouge qui se gare le long du trottoir. Le jeune couple qui en descend se met à courir malgré le parapluie que tient galamment le garçon.
C'est vers mon entrée d'immeuble qu'ils se dirigent tous les deux. Et quelques instants plus tard, la porte des voisins claque sur le palier vide. Bien ! Ce sont donc ces deux amoureux qui cachent leurs affections au creux du nid qui jouxte mon appartement ? Les voix se font murmures et quelques pas aussi se font entendre dans l'espace de vie proche de mon « chez-moi ». La télé du coup est allumée, un peu trop fort pour le son. Pas encore l'habitude bien sûr de ménager les voisins ! Et naturellement, après les voix du film, il ne se passe guère de temps avant que quelques soupirs ne remontent vers mes esgourdes.
Ces deux-là ont la santé. Leurs jeux me ramènent loin en arrière, à un temps où moi également j'en jouais de similaires. Mais dans cette fin d'après-midi, le garçon aussi « chante » en écho aux cris de sa belle. Résultat immédiat : je suis inondée par une envie qui me mine. Que faire, sinon relever ma jupe et retrousser ma culotte. Finalement, nous sommes trois à nous caresser sans qu'eux soient conscients que la cloison qui nous sépare n'est pas étanche, n'absorbe pas totalement les bruits. Et me voilà aux premières loges, remplie d'un désir qui me fait me masturber à l'unisson de leurs grandes manœuvres. Je calque ma branlette sur les cris de la femme et je pars au quart de tour dès qu'il me parait qu'elle jouit.
Je suis envahie par cette folie qui me fait épier le moindre souffle chez les amoureux. Ils sont, j'en jurerais, toujours dans la pièce qui fait comme chez moi office de salon. Et la fille glousse doucement, rieuse aussi à ce que j'imagine que son mâle lui fait. La caresse-t-il ? Ou bien est-ce qu'il la chatouille, en tout cas, si elle ne geint plus d'une manière violente, elle roucoule plus doucettement ! La cloison, n'est pas assez épaisse, pas assez hermétique pour m'interdire de rêver à ces cajoleries qui se distillent chez eux. Combien s'écoule-t-il de temps entre le premier et le second round ? Pas plus d'une heure, je crois.
Et du coup, moi une fois de plus je guide mes doigts sur le sillon encore poisseux de mouille suite à ma masturbation frénétique. J'assume un second tour en me frottant lentement le clitoris, au rythme des « ah » et des « oh » qui éclatent à quelque quinze ou vingt centimètres de mon canapé. Brutalement, ma gorge laisse éclabousser un soupir qui ne peut plus être contenu, tant ma délivrance est violente. Tous mes muscles se tétanisent et je me vide littéralement, expulsant un jet de ce que je considère comme de l'urine. Toute autre chose en fait qui tache le cuir de mon sofa.
Ai-je fait trop de boucan ? Les baiseurs ont-ils perçu mes propres râles ? Sont-ils occupés à un tout autre programme ? Pas de certitude, sauf que me parviennent désormais seulement de drôles de froissements, des craquements dont je ne devine rien, hormis les éclats étranges. Je reste largement dépenaillée, les fringues en bataille, culotte à mi-cuisses, alors que je suis complètement alanguie par ce qui vient de me submerger. Les contractions de mon ventre livrent dans un ultime sursaut encore quelques spasmes. Mais bon sang que ça fait du bien ! Je referme les paupières, savourant les soubresauts de cet intermède fabuleux.
Je suppose que chez mes voisins si expansifs, le temps des amours s'éteint pour un moment. Plus aucun son ne vient perturber le silence revenu. Fatigués comme je le suis ? C'est probable parce que je suis quasiment certaine qu'ils sont toujours derrière le mur où se tient adossé mon canapé… Et là, je songe soudain à... un café… j'en rêve en cet instant. Mais j'ai trop la flemme pour faire un geste et me relever pour me rendre à la cuisine. Au bout de je ne sais combien de temps, je ne suis plus là, entrainée dans un puits sans fond, un gouffre où je plonge sans m'en rendre compte.
Les claquements qui me ramènent à la réalité le font dans un long sursaut de tout mon être. Mince c'est quoi ce barouf ? Les bras en croix, à demi en travers de mon lit, le drap de dessus jeté à mes pieds par des mouvements nocturnes incontrôlés prouvent combien j'ai eu un sommeil agité. De nouveau un chuintement très spécial se fait entendre… chez les nouveaux. On jurerais… oui… mes esgourdes se refusent à croire, tout ce que ma cervelle se complait à imaginer dans le silence de ma chambre. Mais les bruits répétitifs m'obligent à me dire que c'est pourtant bien réel.
De plus la jeune femme crie, oubliant sans doute que les murs ont des oreilles dans ces vieux immeubles. Je ne suis surement pas la seule à profiter de ces gémissements, mais également des frasques des deux occupants de l'appartement soudain remeublé. Au bout d'un temps que je ne parviens pas à déterminer correctement, d'autres murmures suivent ce que mon cerveau assimile à… une fessée. Maintenant, c'est plus basique, plus classique certainement, les râles féminins relancent aussi la course folle de mes doigts sur ma chatte.
Une fois de plus, je suis trempée et tourmentée par cet excès d'envie attisé par la partie de jambes en l'air invisible, mais terriblement criarde qui se déroule à moins d'un demi-mètre de mon lit. Et je dois avouer que je jouis presque simultanément avec ceux qui baisent derrière la tête de ma couche, se croyant bien à l'abri. S'ils le sont des regards, il en est tout autre pour le vacarme. Les plaintes langoureuses qui s'échappent de la gorge de la nana, si elles me font de l'effet, ne doivent bien entendu pas non plus passer inaperçues dans les appartements du dessus. Un calme relatif revient après nos orgasmes presque synchronisés.
Je fais un brin de toilette, prépare mon petit déjeuner et file en courant vers le bus qui dessert la rue où je travaille. Une halte sur mon parcours pour m'offrir un croissant et je croise le regard brulant d'Annette.
— Ben… dit donc Maryse, tu as une mine de papier maché. Tu n'es pas souffrante au moins ?
— Non, non j'ai juste mal dormi… tu me gardes une baguette pour ce soir et je prends un pain au chocolat…
— Voilà !
— Attends ! Je te cherche de la monnaie…
— C'est bon tu régleras le tout ce soir en passant récupérer ton pain !
— D'accord… alors comme d'habitude pour la bagu…
— Oui ! Oui, je sais ! Le plus cuit possible, presque brulé. Comment tu fais pour manger du pain presque brulé ?
— Ben… j'ouvre la bouche et…
— Mon Dieu… Maryse est devenue folle… ma parole.
— Je file, je suis encore et toujours à la bourre… bise ma vieille.
— Salut ! Maryse… ton bus ne va pas t'attendre !
— Non, non j'ai juste mal dormi… tu me gardes une baguette pour ce soir et je prends un pain au chocolat…
— Voilà !
— Attends ! Je te cherche de la monnaie…
— C'est bon tu régleras le tout ce soir en passant récupérer ton pain !
— D'accord… alors comme d'habitude pour la bagu…
— Oui ! Oui, je sais ! Le plus cuit possible, presque brulé. Comment tu fais pour manger du pain presque brulé ?
— Ben… j'ouvre la bouche et…
— Mon Dieu… Maryse est devenue folle… ma parole.
— Je file, je suis encore et toujours à la bourre… bise ma vieille.
— Salut ! Maryse… ton bus ne va pas t'attendre !
Zut ! La flotte est revenue. Elle me dégouline sur les tifs. Je n'ai même pas pris un pépin pour me protéger et l'abri pour mon car est à cinquante mètres. Je les fais sous un déluge qui met à mal mon ravalement de façade matinal. Pff ! Courir avec des talons aiguilles n'a rien de folichon et c'est surtout très désagréable sous cette pluie. Enfin, je suis à couvert. Déjà au bout de la rue la longue voiture rouge et bleue s'annonce. Dans quelques minutes, je serai au boulot. Je cogite le reste du trajet, assise à côté d'une grosse dame muette. Je prends bien garde de ne pas laisser ma tignasse couler sur la femme qui déborde sur mon siège.
— xXx —
Le bureau, je le partage depuis cinq ans avec Hélène la femme de mon boss. Une femme agréable, quarante-six ans, toujours bien mise, discrète et affable, oui ! Nous nous entendons plutôt bien. Il est vrai que nous ne sommes pas totalement des amies, elle demeure la femme de mon employeur et à ce titre garde une certaine réserve. À mon entrée dans notre espace de travail, elle lève les yeux.
— Bonjour Maryse ! Sale temps n'est-ce pas ?
— Bonjour Hélène… ça va vous avez passé un bon week-end ?
— Oui ! Pas vous ? Vous avez une petite mine on dirait. Malade ?
— Non ! Un peu de remue-ménage dans mon immeuble et j'ai mal dormi. Sinon ça va, sauf la pluie qui m'a surprise alors que j'allais prendre mon bus.
— On trouve des parapluies assez petits pour se glisser dans nos sacs…
— Oui… je ne suis pas très prudente de ce côté-là… bon, rien de spécial ce matin ?
— Vous parlez du boulot, là ?
— Oui…
— Non rien. Jacques est parti à Rouen pour une réunion des patrons d'agences… je suis libre pour deux soirs au moins.
— Bonjour Hélène… ça va vous avez passé un bon week-end ?
— Oui ! Pas vous ? Vous avez une petite mine on dirait. Malade ?
— Non ! Un peu de remue-ménage dans mon immeuble et j'ai mal dormi. Sinon ça va, sauf la pluie qui m'a surprise alors que j'allais prendre mon bus.
— On trouve des parapluies assez petits pour se glisser dans nos sacs…
— Oui… je ne suis pas très prudente de ce côté-là… bon, rien de spécial ce matin ?
— Vous parlez du boulot, là ?
— Oui…
— Non rien. Jacques est parti à Rouen pour une réunion des patrons d'agences… je suis libre pour deux soirs au moins.
Elle me lance ça d'une voix remplie de trémolos. Une réunion… son Jacques ? C'est de notoriété publique qu'il papillonne souvent. Le sait-elle ? En tout cas, elle n'en parle jamais des coups de couteau dans le contrat de mariage que lui inflige son mari. Je suis relativement tranquille et n'ai pas à supporter la drague constante de mon patron. Ça a du bon de travailler avec l'épouse du bonhomme. Au moins est-ce que ça le tient éloigné de moi ! La peur que je raconte tout à sa douce épouse ? Un peu de cela quelque part à mon avis.
Une idée me traverse l'esprit. Peut-être qu'elle m'a jeté sa solitude au creux de l'oreille pour une autre raison. Quelque chose de caché ? Un avertissement quelconque ? Ou une main tendue de manière subliminale ? J'ai un gros doute là. Pourquoi ne pas proposer quelque chose dans ce cas ? Je n'ai que le risque d'essuyer un refus. Après tout, il n'y a pas de mal à avoir envie de sortir un peu des sentiers battus.
— Vous êtes donc seule quelques jours, Hélène…
— Oui… et vous voulez que je vous dise… je crois que j'en suis heureuse.
— … ?
— Oui… et vous voulez que je vous dise… je crois que j'en suis heureuse.
— … ?
J'ai relevé le menton et nos regards se mêlent l'espace d'une fraction de seconde. Qu'est-ce qui peut bien se passer dans le crâne de la jolie femme châtain qui replonge le nez immédiatement dans le dossier sur lequel elle bosse ? C'est elle qui revient sur le sujet, l'air de ne pas y toucher.
— Et vous ? Vous avez de quoi occuper vos soirées ?
— Moi… euh… oui ! Enfin non ! Je suis seule également, mais j'ai l'habitude puisqu'il en est ainsi depuis de longs mois.
— Je peux vous poser une question, Maryse ?
— Une question ? Ben… oui bien sûr !
— Est-ce que ça vous dirait qu'on se fasse une virée entre femmes, que je puisse profiter de mon temps libre… sans Jacques ?
— Euh… une virée ? Vous entendez quoi, par là ?
— Disons une sortie ! Rassurez-vous, je paierai… un restaurant peut-être, et puis pourquoi pas aller dans une boite. J'ai rarement l'occasion de profiter d'un peu de liberté.
— Le patron ne serait donc pas au courant ?
— Vous croyez qu'il se gêne lui ?
— Moi… euh… oui ! Enfin non ! Je suis seule également, mais j'ai l'habitude puisqu'il en est ainsi depuis de longs mois.
— Je peux vous poser une question, Maryse ?
— Une question ? Ben… oui bien sûr !
— Est-ce que ça vous dirait qu'on se fasse une virée entre femmes, que je puisse profiter de mon temps libre… sans Jacques ?
— Euh… une virée ? Vous entendez quoi, par là ?
— Disons une sortie ! Rassurez-vous, je paierai… un restaurant peut-être, et puis pourquoi pas aller dans une boite. J'ai rarement l'occasion de profiter d'un peu de liberté.
— Le patron ne serait donc pas au courant ?
— Vous croyez qu'il se gêne lui ?
Mes prunelles se posent sur elle qui semble pourtant les fuir. Elle ne sourit plus. Tiens donc ! Pas si dupe des écarts de son Jacques peut-être ? Comme mes quinquets trainent sur sa silhouette et qu'elle en est parfaitement consciente, d'une toute petite voix elle me prouve que j'ai vu juste.
— Vous savez, je sais bien qu'il n'est pas le mari aussi parfait qu'il veut le laisser croire ici au bureau.
— … ? Je… j'en suis désolée pour vous.
— Ça fait combien de temps que nous sommes dans ce bureau toutes les deux ? Quatre ou cinq ans ? Je ne vous ai jamais entendu parler d'un garçon, d'un homme, ni même d'un flirt. Mon mari a de multiples maitresses et je me doute bien qu'il n'est pas parti seul à ce colloque en Normandie. Je trouve assez étrange qu'il ne vous ait jamais fait d'avance, la peur que vous m'en parliez, qui sait.
— Je peux vous assurer que jamais je n'aurais cédé… le travail et ce que vous dites ne font pas bon ménage. J'ai un emprunt à rembourser pour mon appartement et pas vraiment les moyens de…
— Ne vous inquiétez pas, je sais bien que vous êtes une jeune femme droite. Je vous envie un peu par certains côtés… votre liberté, c'est bien pour cela que j'aimerais que nous sortions toutes les deux.
— Pourquoi moi ? Vous n'avez pas d'amies pour ces soirées ?
— Des amies ? Jacques a surement moins de scrupules en ce qui les concerne et nombreuses sont celles avec qui il a flirté, pour ne pas dire plus. Et encore ne suis-je pas certaine qu'il m'en reste une seule en qui je peux avoir confiance. Il sait y faire… et l'argent ouvre tant de portes.
— L'argent ? Mais n'est-ce pas le vôtre également ?
— Si ! D'où l'idée d'en profiter à mon tour. Après tout, ce que mon homme peut faire, il n'y a aucune raison valable pour que je me le refuse… vous saisissez ?
— … ? Je ne veux pas d'ennuis.
— Oh ! Vous… nos rapports ne seraient pas plus simples si nous oubliions ces « vous » qui nous éloignent ?
— Hein ? Vous… vous voulez dire que nous nous tutoyons ?
— Plus facile non ? Qu'en dis-tu ?
— Je ne sais pas trop, Hélène… Je ne suis pas habituée à vous… te tutoyer.
— Moi je m'y colle immédiatement. Bon ? On sort toi et moi, ce soir ? J'en ai marre de son comportement de macho qui saute sur tout ce qui bouge. Oh, bien sûr ! Il sait ne rien montrer, ne rien laisser voir, mais une épouse n'est jamais dupe bien longtemps. Alors on se la fait cette virée… tu es mon invitée.
— Je ne suis pas une profiteuse, Hélène.
— D'accord ! Je comprends tes réticences. Dis-toi que c'est pour mon bien. Tu serais mon chaperon, tu m'emmènes dans des lieux branchés et en contrepartie, le repas est à mes frais… et ceux engendrés par une sortie également. Ça te convient comme marché ?
— Ben… tu… tu es sûre de toi, Hélène ? Je ne vais pas me faire virer au retour de ton mari ?
— Rassure-toi ! J'ai cinquante-deux pour cent des parts de cette boite… il ne peut rien faire sans mon accord. Et puis, si quelqu'un est à mettre dehors, c'est plus lui que toi. Les cornes que je porte sont si hautes que je me demande parfois comment je peux encore passer sous cette porte.
— … ? Je… j'en suis désolée pour vous.
— Ça fait combien de temps que nous sommes dans ce bureau toutes les deux ? Quatre ou cinq ans ? Je ne vous ai jamais entendu parler d'un garçon, d'un homme, ni même d'un flirt. Mon mari a de multiples maitresses et je me doute bien qu'il n'est pas parti seul à ce colloque en Normandie. Je trouve assez étrange qu'il ne vous ait jamais fait d'avance, la peur que vous m'en parliez, qui sait.
— Je peux vous assurer que jamais je n'aurais cédé… le travail et ce que vous dites ne font pas bon ménage. J'ai un emprunt à rembourser pour mon appartement et pas vraiment les moyens de…
— Ne vous inquiétez pas, je sais bien que vous êtes une jeune femme droite. Je vous envie un peu par certains côtés… votre liberté, c'est bien pour cela que j'aimerais que nous sortions toutes les deux.
— Pourquoi moi ? Vous n'avez pas d'amies pour ces soirées ?
— Des amies ? Jacques a surement moins de scrupules en ce qui les concerne et nombreuses sont celles avec qui il a flirté, pour ne pas dire plus. Et encore ne suis-je pas certaine qu'il m'en reste une seule en qui je peux avoir confiance. Il sait y faire… et l'argent ouvre tant de portes.
— L'argent ? Mais n'est-ce pas le vôtre également ?
— Si ! D'où l'idée d'en profiter à mon tour. Après tout, ce que mon homme peut faire, il n'y a aucune raison valable pour que je me le refuse… vous saisissez ?
— … ? Je ne veux pas d'ennuis.
— Oh ! Vous… nos rapports ne seraient pas plus simples si nous oubliions ces « vous » qui nous éloignent ?
— Hein ? Vous… vous voulez dire que nous nous tutoyons ?
— Plus facile non ? Qu'en dis-tu ?
— Je ne sais pas trop, Hélène… Je ne suis pas habituée à vous… te tutoyer.
— Moi je m'y colle immédiatement. Bon ? On sort toi et moi, ce soir ? J'en ai marre de son comportement de macho qui saute sur tout ce qui bouge. Oh, bien sûr ! Il sait ne rien montrer, ne rien laisser voir, mais une épouse n'est jamais dupe bien longtemps. Alors on se la fait cette virée… tu es mon invitée.
— Je ne suis pas une profiteuse, Hélène.
— D'accord ! Je comprends tes réticences. Dis-toi que c'est pour mon bien. Tu serais mon chaperon, tu m'emmènes dans des lieux branchés et en contrepartie, le repas est à mes frais… et ceux engendrés par une sortie également. Ça te convient comme marché ?
— Ben… tu… tu es sûre de toi, Hélène ? Je ne vais pas me faire virer au retour de ton mari ?
— Rassure-toi ! J'ai cinquante-deux pour cent des parts de cette boite… il ne peut rien faire sans mon accord. Et puis, si quelqu'un est à mettre dehors, c'est plus lui que toi. Les cornes que je porte sont si hautes que je me demande parfois comment je peux encore passer sous cette porte.
Hélène pointe son index vers le mur du bureau, là où se trouve l'entrée principale. J'esquisse une sorte de rictus qui passe pour un sourire. Il n'échappe sans doute pas à celle dont le siège me fait face. Nous restons là, un moment sans dire un mot. Toutes ses paroles tournent en boucle dans ma caboche. Incroyable ! Cette femme qui est au courant des frasques de son mari, et qui veut se venger ! Un vocable trop fort pour dire qu'elle tient à s'affranchir de la tutelle de son époux plutôt volage. Alors pourquoi pas ? Elle n'a pas l'air d'être folle ni peureuse. Et puis leurs querelles de couple, je n'ai pas à m'en mêler.
C'est donc une amitié naissante qui se noue là, dans ce bureau ce matin ? Suis-je trop lasse pour le croire ? Est-ce bien réel ce qu'Hélène vient de me débiter sans un soupçon de haine ? Un doute m'assaille et une question me monte aux lèvres.
— Comment peux-tu être aussi certaine que lui et moi…
— Je suis une femme. Alors je sens bien ces trucs-là. Et puis tu bosses en ma compagnie, ça doit un peu le refroidir.
— Bon… alors si tu es vraiment partante pour une sortie entre nanas, pourquoi pas !
— Parfait. Comment fait-on ?
— Je suis une femme. Alors je sens bien ces trucs-là. Et puis tu bosses en ma compagnie, ça doit un peu le refroidir.
— Bon… alors si tu es vraiment partante pour une sortie entre nanas, pourquoi pas !
— Parfait. Comment fait-on ?
Et ensemble, nous mettons au point les détails de notre soirée. Ça m'offre l'avantage de me dire que mes voisins ne me donneront pas envie une fois de plus, ce soir, avec leur remue-ménage charnel. La matinée nous file entre les doigts et nous bossons toutes deux sur nos dossiers respectifs dans un silence que rien ne perturbe. Ce midi, pour la première fois depuis mon arrivée dans cette boite, je déjeune avec celle que je découvre sous un angle différent. Cette femme que j'ai pensé si souvent effacée et mièvre devient là une rebelle en quête de liberté. Ce n'est pas pour me déplaire, je l'avoue.
— xXx —
Face à moi, je ne reconnais pas cette Hélène qui dine en ma compagnie. Rien à voir avec la femme guindée qui travaille au bureau de l'agence. Elle rit, elle est gaie et c'est du coup très communicatif. Ses yeux pétillent, malicieux et espiègles. Oui, rien à voir avec la Hélène austère qui ne relève la tête des dossiers que pour répondre au téléphone ou boire un café d'ordinaire. À la table du restaurant que nous avons choisi ensemble se tient un feu follet qui fait du coup se tourner vers nous bon nombre de consommateurs des deux sexes. Elle n'en a cure et continue son petit show amical. La bouteille de vin de Bordeaux qui accompagne notre dinette est vite vide.
Alors, elle me dévisage et me désarme par une vanne graveleuse.
— Tu sais ce que dit mon mari devant une bouteille vide ?
— … Hein ?
— Pour te dire le niveau ! À ses amis, quand il picole un peu et c'est souvent… il fait toujours la même blague. « Les bouteilles, c'est comme les femmes, je ne les lâche que lorsque j'en ai vu le cul ! » J'ai souvent honte devant les personnes que nous recevons. Tu comprends Maryse, j'ai besoin de m'affranchir de sa tutelle, de vivre un peu pour moi.
— Je… j'en suis désolée. Je ne sais pas si je peux t'être d'une quelconque utilité parce que moi aussi je vis seule et ce n'est pas toujours tout rose.
— Mais si ! Tu connais surement des endroits où l'on s'amuse, des boites où on danse. J'ai envie ce soir d'oublier que dès le retour de Jacques ma vie va devenir plus compliquée.
— Plus compliquée ? Je ne te suis pas là, Hélène !
— C'est fini. Ce voyage, c'est celui de trop. Je suis toujours mise de côté, à l'écart. Il profite de ces soirées-là pour s'envoyer en l'air avec d'autres femmes. À son retour, je veux divorcer. Et avant cela, j'ai envie de me rendre compte si je peux encore séduire un mec. Tu comprends ? Quoi de mieux qu'une boite pour essayer de draguer un peu ?
— C'est si profond que cela ?
— Quoi donc ?
— Ton malaise avec ton mari ? Il n'y a plus rien à sauver ?
— Non ! Je l'ai entendu ce matin, avant son départ pour Rouen, il appelait Mélanie, ma meilleure amie. La seule que je croyais fiable du reste. Et je sais qu'ils sont partis tous les deux.
— Comment peux-tu en être aussi certaine ?
— Je l'ai appelé pour sortir ce soir et son mari m'a dit qu'elle était chez sa mère malade. Lui bosse et n'a pas pu l'accompagner. Tu vois le topo ?
— Désolée alors ! Je ne sais pas quoi te dire. Est-ce bien la solution d'aller draguer quelque part ?
— Il baise bien ailleurs tout ce qui bouge… enfin presque !
— … Hein ?
— Pour te dire le niveau ! À ses amis, quand il picole un peu et c'est souvent… il fait toujours la même blague. « Les bouteilles, c'est comme les femmes, je ne les lâche que lorsque j'en ai vu le cul ! » J'ai souvent honte devant les personnes que nous recevons. Tu comprends Maryse, j'ai besoin de m'affranchir de sa tutelle, de vivre un peu pour moi.
— Je… j'en suis désolée. Je ne sais pas si je peux t'être d'une quelconque utilité parce que moi aussi je vis seule et ce n'est pas toujours tout rose.
— Mais si ! Tu connais surement des endroits où l'on s'amuse, des boites où on danse. J'ai envie ce soir d'oublier que dès le retour de Jacques ma vie va devenir plus compliquée.
— Plus compliquée ? Je ne te suis pas là, Hélène !
— C'est fini. Ce voyage, c'est celui de trop. Je suis toujours mise de côté, à l'écart. Il profite de ces soirées-là pour s'envoyer en l'air avec d'autres femmes. À son retour, je veux divorcer. Et avant cela, j'ai envie de me rendre compte si je peux encore séduire un mec. Tu comprends ? Quoi de mieux qu'une boite pour essayer de draguer un peu ?
— C'est si profond que cela ?
— Quoi donc ?
— Ton malaise avec ton mari ? Il n'y a plus rien à sauver ?
— Non ! Je l'ai entendu ce matin, avant son départ pour Rouen, il appelait Mélanie, ma meilleure amie. La seule que je croyais fiable du reste. Et je sais qu'ils sont partis tous les deux.
— Comment peux-tu en être aussi certaine ?
— Je l'ai appelé pour sortir ce soir et son mari m'a dit qu'elle était chez sa mère malade. Lui bosse et n'a pas pu l'accompagner. Tu vois le topo ?
— Désolée alors ! Je ne sais pas quoi te dire. Est-ce bien la solution d'aller draguer quelque part ?
— Il baise bien ailleurs tout ce qui bouge… enfin presque !
Ce « presque » tombe du bout des lèvres alors qu'elle porte ses prunelles vertes sur ma petite personne. Le sourire aussi s'efface des lèvres de celle qui finit son dessert. La vulnérabilité de la femme est de retour en une fraction de seconde. Une sorte de voile qui tranche d'un coup avec la joie de l'instant précédent. Mais elle reste sur sa ligne de conduite.
— J'ai envie de voir si je peux encore moi aussi baiser avec un type. Un inconnu pour ne pas avoir d'histoire glauque. Un coup d'un soir, dans un endroit loin de chez moi, de ce petit confort matériel qui m'empêche, qui m'interdit jusque-là d'oser. Si je suis capable de faire ça, j'aurai le courage de jeter aux orties notre vie de couple qui ne me convient plus.
— Mais… il revient toujours à la maison, non ? Jacques t'aime sans doute encore.
— Ah oui ? Tu sais combien de fois nous avons fait l'amour depuis le début de cette année ?
— … ?
— Une seule fois et encore un matin en cinq minutes avant que monsieur ne se vide en moi sans seulement se préoccuper de savoir si je prenais du plaisir. Rien… il n'y a vraiment plus rien entre nous.
— Mais… il revient toujours à la maison, non ? Jacques t'aime sans doute encore.
— Ah oui ? Tu sais combien de fois nous avons fait l'amour depuis le début de cette année ?
— … ?
— Une seule fois et encore un matin en cinq minutes avant que monsieur ne se vide en moi sans seulement se préoccuper de savoir si je prenais du plaisir. Rien… il n'y a vraiment plus rien entre nous.
Elle est tellement prise par sa rancœur qu'elle ne se rend pas vraiment compte qu'elle hausse le ton. Des tables environnantes, quelques visages se focalisent sur notre place et viennent comme caresser nos formes. Bien sûr que puisque ces quinquets visent l'endroit où nous discutons, ils s'attardent sur les deux nanas qui s'y trouvent. Hélène vient de poser sa main sur la mienne, sans que j'y voie là un geste malvenu ou malsain. Simplement une manière de chercher un soutien et peut-être un soupçon de chaleur humaine. Dire que quelques minutes auparavant, elle était prête à danser sur la table !
Sa voix afflue dans mes oreilles, telle une supplique. Elle reste sur son idée de virée nocturne.
— Alors Maryse… j'ai besoin de tout ton soutien. Je sais bien que ça fait si longtemps que nous partageons le même lieu de travail, que j'aurais pu et surement dû me rapprocher de toi bien plus tôt. Tu veux bien que nous fassions la tournée des « Grands Ducs » ? Je ne connais rien du royaume de la nuit dans ma propre ville. C'est te dire si je me sens démunie et paumée.
— Je… je n'en sais guère plus ! Il ne m'arrive guère non plus de sortir le soir. Mon salaire…
— Je ne gagne rien de plus non plus. Mais là, c'est moi qui régale, qui veux m'offrir le grand frisson, un grand soir en guise de délivrance. Tu as bien une idée d'un coin où je peux dénicher un mec… pour baiser avec un inconnu !
— Je… je n'en sais guère plus ! Il ne m'arrive guère non plus de sortir le soir. Mon salaire…
— Je ne gagne rien de plus non plus. Mais là, c'est moi qui régale, qui veux m'offrir le grand frisson, un grand soir en guise de délivrance. Tu as bien une idée d'un coin où je peux dénicher un mec… pour baiser avec un inconnu !
Elle me dit ces mots avec une certaine violence. Elle les vit littéralement. Et je fouille dans ma mémoire. Il me vient alors une idée assez folle…
— Je ne sais pas si ça existe toujours, mais une de mes amies allait parfois dans une boite assez… un club libertin. On peut peut-être aller y faire un tour ?
— Un club libertin… c'est bien ça comme plan. Il est loin d'ici ?
— Une trentaine de kilomètres, mais je ne sais pas si c'est encore ouvert et comment on fait pour y entrer le cas échéant.
— Attends ! Tu as le nom de cette boite ?
— Je crois que ça s'appelle ou s'appelait : « L'affinité »
— Voyons ça alors !
— Un club libertin… c'est bien ça comme plan. Il est loin d'ici ?
— Une trentaine de kilomètres, mais je ne sais pas si c'est encore ouvert et comment on fait pour y entrer le cas échéant.
— Attends ! Tu as le nom de cette boite ?
— Je crois que ça s'appelle ou s'appelait : « L'affinité »
— Voyons ça alors !
J'admire sa dextérité pour fouiller dans les méandres d'internet par le biais de son smartphone. En quelques coups de ses pouces, elle obtient une adresse et affiche le parcours sur son téléphone.
— Voilà ! C'est super les GPS intégrés dans nos appareils. En deux clics, nous voilà renseignées et nous n'avons plus qu'à suivre le guide… Tu m'excuses une seconde ? Je vais régler la note.
— Attends ! Je ne veux pas que tu paies pour moi…
— Nous passerons ça sur les notes de frais de l'agence. Tu crois que Jacques se gêne pour offrir le séjour de ma « bonne copine » ?
— Je ne suis pas une profiteuse…
— Qui dit le contraire. Chut ma belle ! Laisse-toi aller. Je ne pioche pas dans la caisse, juste un repas et une entrée dans une boite de nuit…
— Ah ! Parce que tu comptes y aller là ? Maintenant ?
— Ben ouais ! Notre petite conversation m'a émoustillé. Et puis je ne veux pas mourir idiote. Voir et savoir, tu piges Maryse ?
— Attends ! Je ne veux pas que tu paies pour moi…
— Nous passerons ça sur les notes de frais de l'agence. Tu crois que Jacques se gêne pour offrir le séjour de ma « bonne copine » ?
— Je ne suis pas une profiteuse…
— Qui dit le contraire. Chut ma belle ! Laisse-toi aller. Je ne pioche pas dans la caisse, juste un repas et une entrée dans une boite de nuit…
— Ah ! Parce que tu comptes y aller là ? Maintenant ?
— Ben ouais ! Notre petite conversation m'a émoustillé. Et puis je ne veux pas mourir idiote. Voir et savoir, tu piges Maryse ?
Pour piger, je crois que c'est fait. Elle me parait plus décidée que jamais et je me sens entrainée malgré moi dans une aventure qui me dépasse. Complice de la vengeance de la femme de mon boss ? Dire que pour moi, il m'a toujours paru correct, mais je ne sais pas comment faire. Et du coup, je me retrouve une fois de plus assise à ses côtés et nous roulons vers le club en question. La circulation n'est pas très dense et c'est réellement pratique les téléphones GPS. Celui d'Hélène nous amène directement à bon port. C'est bien d'un index hésitant qu'elle appuie sur le bouton de ce qui ressemble à une sonnette.
Un long moment de silence se passe avant que ce dernier ne soit troué par une voix féminine anonyme.
— Oui ? Bonsoir mesdames ! Vous êtes des habituées ?
— Euh… non ! Nous ne sommes jamais venues.
— Bien… Dès le clic, poussez la porte, s'il vous plait.
— Euh… non ! Nous ne sommes jamais venues.
— Bien… Dès le clic, poussez la porte, s'il vous plait.
Et presque immédiatement le bruit caractéristique d'une serrure électrique qui est mise en œuvre nous indique que la voie est libre. C'est moi qui appuie sur le lourd battant métallique de la porte. Nous entrons dans un couloir à la lumière parcimonieusement dispensée. À quelques mètres de nous se tient une jeune femme. Nos quinquets se portent sur elle. Un corset noir, des bas résille, une jolie jeune femme blonde nous sourit.
— Bonsoir mes dames. Pour les dames seules et puisque c'est votre premier passage dans notre établissement, les entrées sont gratuites. Venez… suivez-moi, je vous prie.
Je reste collée aux basques d'une Hélène guère plus rassurée que moi. Et nous filons le train à la jeunette qui nous entraine dans un corridor qui mène à une sorte de hall puis elle nous dirige vers une salle. Un vestiaire plus exactement. Là, une longue lignée de casiers sur lesquels des clés sont visibles. La jeune femme nous fait la visite.
— Ici, c'est le vestiaire ! Vous voyez les clés… elles sont toutes équipées d'un bracelet de velcro… je suppose que vous comprenez pourquoi c'est faire. Dans chaque casier, des cintres et de quoi déposer vos sacs et autres affaires… encombrantes. Une fois que vous êtes passées par ici, le bar est derrière cette autre porte. Vous pouvez entrer…
— …
— …
Nous la regardons sans trop savoir sur quel pied danser. La blonde elle aussi nous dévisage. Elle sent bien que nous sommes plutôt empruntées.
— Vous… pardon, mais vous n'avez pas l'habitude visiblement de ce genre d'endroit ?
— Non… c'est vraiment une découverte pour mon amie et moi… pardonnez notre naïveté…
— Oh ! Je vous guide alors ! Et soyez sans crainte, notre établissement est des plus selects, très connu aussi dans le monde de la nuit ! Je suis certaine que vous allez apprécier et surtout, vous faire plaisir. Ici, les femmes sont reines, d'accord ? Si quelqu'un vous manquait de respect, vous pouvez le signaler à nos filles du bar et le patron ou sa gérante feront le nécessaire pour que cesse l'irrespect.
— Non… c'est vraiment une découverte pour mon amie et moi… pardonnez notre naïveté…
— Oh ! Je vous guide alors ! Et soyez sans crainte, notre établissement est des plus selects, très connu aussi dans le monde de la nuit ! Je suis certaine que vous allez apprécier et surtout, vous faire plaisir. Ici, les femmes sont reines, d'accord ? Si quelqu'un vous manquait de respect, vous pouvez le signaler à nos filles du bar et le patron ou sa gérante feront le nécessaire pour que cesse l'irrespect.
Puis la fille nous embarque et dans son sillage elle nous présente tous les « avantages » de cette boite si spéciale à nos yeux. Là le bar, puis les alcôves, dont certaines sont déjà occupées par des couples et nous visitons les lieux avec notre guide qui nous explique des tas de choses dont ni Hélène ni moi ne savons seulement qu'elles peuvent exister. Je sens d'un coup la main de la femme de Jacques me serrer l'avant-bras, alors que la nénette nous montre le mur des « glory-holes ». Une simple cloison de bois dans laquelle des orifices circulaires laissent passer un peu de lumière. Une sorte de mezzanine abrite elle, de drôles d'objets.
La jeunette chuchote quelques mots encore.
— Ici… c'est surtout réservé à un public plus averti. Vous savez bien sûr ce qu'est le BDSM ! Les usagers de cet endroit sont… presque toujours des initiés, mais tous peuvent utiliser… nos matériels comme bon leur semble… Bien, Mesdames, je crois que nous avons fait le tour. L'entrée donc vous est offerte, mais tous nos… clients ont l'obligation de prendre au minimum un cocktail… avec ou sans alcool, selon leur gout. Mais chacun doit consommer. À ce propos, un dernier petit avertissement, ne laissez jamais vos verres sans surveillance.
— … Il y a un problème avec les boissons ?
— Oh ! Ce ne sont que des racontars, mais nous tenons à avertir sur les risques. Tous ne sont pas des anges et même si nous trions sur le volet nos « hôtes », personne n'est à l'abri d'un méchant qui mettrait une cochonnerie dans le verre d'une dame. Il parait que c'est déjà arrivé, dans d'autres clubs… donc méfiance.
— Ben… merci ! Je peux vous poser une question… embarrassante ?
— Je suis à votre disposition pour vous répondre, bien sûr !
— La consommation obligatoire… c'est seulement, pour la boisson, n'est-ce pas ?
— … Il y a un problème avec les boissons ?
— Oh ! Ce ne sont que des racontars, mais nous tenons à avertir sur les risques. Tous ne sont pas des anges et même si nous trions sur le volet nos « hôtes », personne n'est à l'abri d'un méchant qui mettrait une cochonnerie dans le verre d'une dame. Il parait que c'est déjà arrivé, dans d'autres clubs… donc méfiance.
— Ben… merci ! Je peux vous poser une question… embarrassante ?
— Je suis à votre disposition pour vous répondre, bien sûr !
— La consommation obligatoire… c'est seulement, pour la boisson, n'est-ce pas ?
Je souris à cette question bizarre d'une Hélène qui ne perd rien de tout ce qui se passe autour de nous. Une piste de danse occupe une partie de l'immense salle où le bar est installé. J'écoute d'une oreille distraite ce que lui rétorque la blondinette.
— Oh… bien sûr ! Vous êtes maitresse de votre corps et de vos sens. Tout est toujours soumis à votre approbation et à votre bon vouloir. Personne ne doit, jamais, forcer personne. Les règles sont les mêmes qu'à l'extérieur évidemment. C'est vous et vous seule qui décidez de ce que vous faites. Je vous laisse en vous souhaitant une très bonne découverte et une soirée… agréable, mesdames.
Puis elle se dirige vers le bar et disparait par une porte dérobée derrière le long comptoir à demi dans l'obscurité. Une autre dame seule est juchée sur un haut tabouret. Elle tient un verre et boit à l'aide d'une paille un breuvage couleur arc-en-ciel. Hélène et moi sommes un peu paumées dans cette immense salle, avec la musique un peu forte, les boules à facettes qui jettent des éclats de lumière partout et une faune hétéroclite faite de couples, d'hommes seuls et de femmes qui forment un noyau mouvant sur le parquet. Un DJ s'active sur ses platines et nous suivons des yeux cet univers inconnu de nous, qui nous fait peur autant qu'il nous fascine.
— On prend un verre ? Puisque c'est de toute façon… une punition !
— Oui… mais cette fois, c'est moi qui te l'offre, Hélène puisque les entrées sont pour toi…
— Ah, elle est fine celle-là ! Bien joué, Maryse…
— Oui… mais cette fois, c'est moi qui te l'offre, Hélène puisque les entrées sont pour toi…
— Ah, elle est fine celle-là ! Bien joué, Maryse…
Nous éclatons d'un rire qui se dilue dans le boucan fait par le meneur de jeu. Les couples sur la piste sont serrés et ça frotte énormément. Là encore, Hélène est ravie et me lance quelques mots dans le creux de l'oreille alors que deux cocktails sont poussés vers nous.
— Ça te dit de faire une valse ou deux ? Il y a si longtemps que je n'ai pas dansé…
— Tu… tu ne préfères pas te dégoter un beau cavalier pour te guider, Hélène ?
— Tu ne sais pas valser ?
— Si… mais tu es là pour toute autre chose, non ? Alors… si tu veux réussir ta nuit, un beau mec serait toujours mieux que ta collègue de boulot, il me semble.
— Chut… tu n'es pas si mal, et si j'étais… je crois que je ferais de toi un beau quatre heures, Maryse.
— Oh là ! Je ne suis pas… mais alors pas du tout de ce bord.
— Tu y as déjà gouté ? Dis-moi…
— Joker, Hélène…
— À la tienne ma belle et puis… on boit ceci et nous allons trainer du côté des trous de la gloire… c'est une bonne traduction de ce que nous avons vu par là-bas ?
— Si tu y tiens… après tout, tu fais comme tu veux.
— Tu m'accompagnes ?
— Ben… je ne consomme pas, d'accord ?
— On verra… on verra ! Détends-toi Maryse… nous sommes dans un temple, ici.
— Ah oui ? Alors, il est dédié au Dieu Priape sans doute !
— Viens danser… et ensuite, des p'tits trous, toujours des p'tits trous… j'suis la poinçonneuse des lilas…
— Tu… tu ne préfères pas te dégoter un beau cavalier pour te guider, Hélène ?
— Tu ne sais pas valser ?
— Si… mais tu es là pour toute autre chose, non ? Alors… si tu veux réussir ta nuit, un beau mec serait toujours mieux que ta collègue de boulot, il me semble.
— Chut… tu n'es pas si mal, et si j'étais… je crois que je ferais de toi un beau quatre heures, Maryse.
— Oh là ! Je ne suis pas… mais alors pas du tout de ce bord.
— Tu y as déjà gouté ? Dis-moi…
— Joker, Hélène…
— À la tienne ma belle et puis… on boit ceci et nous allons trainer du côté des trous de la gloire… c'est une bonne traduction de ce que nous avons vu par là-bas ?
— Si tu y tiens… après tout, tu fais comme tu veux.
— Tu m'accompagnes ?
— Ben… je ne consomme pas, d'accord ?
— On verra… on verra ! Détends-toi Maryse… nous sommes dans un temple, ici.
— Ah oui ? Alors, il est dédié au Dieu Priape sans doute !
— Viens danser… et ensuite, des p'tits trous, toujours des p'tits trous… j'suis la poinçonneuse des lilas…
Un passage éclair sur le parquet. Quelques jeunes hommes qui font tapisserie se déhanchent soudain dans notre entourage. Visiblement, ils viennent de repérer deux nanas solitaires et se mettent déjà en position de chasse ? Ils nous jaugent, histoire de savoir si nous sommes bi ou lesbiennes ? Ils sentent la chair fraiche et libre ? Au bout d'une dizaine de minutes, nous sommes déjà collés par quatre ou cinq de ces « célibataires noctambules ». Et nous sommes elle et moi enlacées ce qui à mon avis sème le doute dans l'esprit des loustics qui papillonnent dans notre entourage.
Aérienne, légère, Hélène virevolte en m'entrainant dans une course qui la ravit. Alors, lorsqu'une série de slows destinée à rapprocher les corps et les âmes survient, malicieusement balancée par le DJ, elle a la joue collée à la mienne. Malgré le brouhaha amplifié encore par la proximité immédiate de baffles hors de vue, elle me murmure dans l'oreille quelques mots.
— Tu m'accompagnes ? Tu sais, ça me fait frissonner d'imaginer… un sexe sans personne autour… une belle queue que je pourrais lécher, suçoter !
— …
— …
Bien entendu que je me garde de poser la moindre question. Je la sens bien, presque trop, dans cette ambiance un peu débridée. Bien plus que moi qui nous vois cerner de toutes parts par une petite bande de mecs qui sentent l'ouverture. Une mini meute de loups prêts à se bagarrer pour deux femelles, proies faciles venues dans leur tanière ? Je ne sais pas quoi penser, mais je suis loin de l'euphorie d'Hélène dans ce lieu qui me parait plutôt sinistre. Comme quoi l'eau qui dort noie aussi. Quand elle me prend par la main sans que je réagisse, c'est pour nous propulser vers la cloison perforée.
Là aussi, un ou deux lascars rodent. De temps à autre l'un d'entre eux se baisse pour épier dans ce qui doit être… une petite salle ou chambre. C'est bien main dans la main que nous longeons ce mur, mon amie elle, à la recherche d'une entrée quelconque. C'est dans au détour de ce fronton qu'elle dégote une porte dissimulée. Ses doigts se crispent sur ma paluche alors qu'elle entrouvre l'ouverture. Immédiatement, de petites lumières s'allument ici et là, dans une sorte de chambre très sobrement meublée.
Malgré moi, je suis attirée dans le cube, avalée par la porte qu'Hélène tire derrière nous. Le verrou, loquet qui nous met hors de portée d'éventuels importuns, fait un grincement sordide. Nous sommes désormais dans l'envers du décor. Quelques coussins au sol correspondent chacun à un trou. Ces derniers sont à différentes hauteurs, mais toujours presque au centre d'un corps humain. Pas besoin de dessin pour deviner à quoi ils correspondent. Et là, dans une pénombre qui me serre les tripes, une Hélène radieuse, souriante.
La cloison, bien que très peu épaisse, assourdit considérablement les sons et nous nous parlons à mi-voix.
— Tu… tu trouves ça glamour, Hélène, ce genre de truc ?
— Glamour ? Je m'en fiche que ça le soit ou non ! Ici, c'est surtout l'anonymat qui me convient. Jacques pourrait aussi bien être de l'autre côté de ce machin… qu'il ne saurait pas qui le suce. Tu imagines… j'adore l'idée et je compte bien en profiter un peu. Et puis sucer, est-ce que c'est pire que de tromper ouvertement comme lui le fait ?
— Je n'en sais rien… mais bon, tu ne connais rien non plus des types qui vont mettre leur… là-dedans.
— Glamour ? Je m'en fiche que ça le soit ou non ! Ici, c'est surtout l'anonymat qui me convient. Jacques pourrait aussi bien être de l'autre côté de ce machin… qu'il ne saurait pas qui le suce. Tu imagines… j'adore l'idée et je compte bien en profiter un peu. Et puis sucer, est-ce que c'est pire que de tromper ouvertement comme lui le fait ?
— Je n'en sais rien… mais bon, tu ne connais rien non plus des types qui vont mettre leur… là-dedans.
Mon index pointe les ouvertures circulaires qui sont renforcées par du caoutchouc, pour ne pas blesser les sexes qui s'y insinuent. Je comprends soudain que notre entrée dans la place a mis en route des lumières qui signalent à ceux qui se baladent dans les parages, une présence dans la chambre. Et du coup, une queue fait son apparition au-dessus d'un coussin proche de notre position. Le regard d'Hélène se porte sur l'engin, puis sur moi. Une chance que nous soyons dans une semi-obscurité. Je rougis sans nul doute et des frissons m'envahissent. Placidement, presque nonchalamment ma collègue me clame.
— Pour toi ou pour moi ? Tu t'y colles ou j'essaie d'abord ?
— …
— Bon, on ne peut pas rester plantées là comme deux cruches, Maryse. Je suis venue pour m'amuser et j'ai besoin de me défouler. Pour oublier ce salaud qui saute surement Mélanie à l'heure qu'il est. Et puis zut, j'ai toujours adoré lui faire des pipes… c'est pour moi un vrai bonheur de sentir… ouais, je devrais peut-être parler au passé… il y a plus d'un an que ça n'est plus arrivé…
— …
— Bon, on ne peut pas rester plantées là comme deux cruches, Maryse. Je suis venue pour m'amuser et j'ai besoin de me défouler. Pour oublier ce salaud qui saute surement Mélanie à l'heure qu'il est. Et puis zut, j'ai toujours adoré lui faire des pipes… c'est pour moi un vrai bonheur de sentir… ouais, je devrais peut-être parler au passé… il y a plus d'un an que ça n'est plus arrivé…
Sans autre forme de procès, elle avance en me lâchant la patte, vers ce qui l'attire comme un aimant. Là, elle se laisse tomber à genoux sur le coussin. Puis spectatrice incrédule, je suis des yeux une scène que je juge démente. En premier lieu, elle prend entre ces doigts, oui les mêmes que ceux qui me cramponnaient le poignet une seconde auparavant, cette verge inconnue. Elle lisse le morceau qui déborde de notre côté et lentement, je découvre le bout d'une langue rose qui s'approche de la bite.
La pipe me semble surréaliste. Hélène pompe le nœud avec de longues plages où elle engouffre la totalité de la partie visible. Il y a la vue de la fellation qui me noue les tripes évidemment, mais ce sont sans doute les bruits de succion qui m'affolent le plus dans cette incroyable vision de cette femme en dévotion devant un phallus. Ça dure une éternité pour moi qui ne fais que chouffer la scène de trop près. Lorsque je la vois décaler son visage d'un geste rapide, je suppose que le type derrière le mur va lâcher sa semence. Et les yeux exorbités, je vois un long jet blanchâtre qui s'échappe de la queue tendue.
Celle-ci disparait aussi vite qu'elle est apparue. Eh bien ! Je suppose que le sperme a giclé sur les fringues de la femme de Jacques ! Pas du tout. En retirant sa bouche au bon moment, tout son corps s'est mis à l'écart sur la gauche et la coulée n'a rien maculé. Déjà, d'un second orifice, un autre morceau de chair dépasse, prêt à l'emploi. Hélène me fait signe du menton ! Elle se redresse et me glisse dans l'esgourde…
— À toi l'honneur ! Celle-là est pour toi, tu veux bien ? J'ai envie d'assister aussi à ce genre de spectacle ! Fais-moi plaisir ma belle, vas-y ! Au moins n'aurais-je pas l'impression d'être une salope, enfin toute seule, je veux dire !
— Mais… non ! Je ne suis pas là pour…
— Chut ! Viens. Viens, ma Maryse !
— Mais… non ! Je ne suis pas là pour…
— Chut ! Viens. Viens, ma Maryse !
De sa paume sur mon épaule, elle me pousse dans la direction du vit qui attend sagement dans son trou. Sa main me presse un peu plus sur l'épaule, à l'approche du coussin. Et la supplique que je perçois est tel un leitmotiv.
— S'il te plait ! Fais-moi plaisir. J'aimerais tant voir une fellation…
— … je…
— Chut ! Attends, je vais t'aider.
— … je…
— Chut ! Attends, je vais t'aider.
Elle déplace un des oreillers avoisinants et nous nous retrouvons toutes deux à genoux devant la queue qui a de petits soubresauts. Impatience toute masculine ? La menotte d'Hélène est de nouveau sur moi. Plus tout à fait sur le haut de mon bras, mais bien sur ma nuque. La pression légère qu'elle exerce me fait avancer le visage vers le vit qui se tient au garde-à-vous, dépassant d'une bonne dizaine de centimètres. Et la voix de ma collègue qui revient en plus chevrotante.
— Oh ! Vas-y ! Montre-moi ! C'est si excitant de se dire que moi aussi je viens de faire ces mêmes gestes, sur une autre… et puis ne pas savoir à qui elle est… c'est… je mouille, tu sais.
— Je…
— Chut, ne dis rien ! Avance juste tes lèvres… encore, oui encore un peu… c'est bien, là avec ta langue…
— Je…
— Chut, ne dis rien ! Avance juste tes lèvres… encore, oui encore un peu… c'est bien, là avec ta langue…
Et bêtement, oui, c'est le bon mot, je suis les indications d'une Hélène qui semble vouloir me guider. La pression sur ma nuque ne se relâche que lorsqu'elle est certaine que j'ai entre les lippes le cigare brulant. Après, tout se décline comme dans un rêve. Les éléments un peu flous de cet instant sont certes remontés à mon cerveau, mais dans un brouillard épais. Prise par le climat trouble de l'endroit, par les injonctions d'une Hélène suppliante, j'exécute machinalement la pipe et la bite frémit dans mon palais. Drôle aussi comme c'est bizarre de n'avoir rien pour se raccrocher à un peu de peau, un zeste d'épiderme.
Je me rends compte un peu tard que je suis en train de tailler une bouffarde à une queue sans corps, et loin de me dégouter, la sensation est enivrante. J'insiste plus longuement, avec des picotements qui me filent une chair de poule inouïe. Et c'est un sentiment incroyable, presque impossible à décrire. L'idée que des mains invisibles parcourent mon corps tout entier, que des doigts me caressent sans que je rechigne. Je mouille comme une folle, comme si tout était normal dans cette affaire. Le pire, c'est bien que les yeux clos, les frissons qui me gagnent sont si réels, que j'en remue des hanches au rythme de mes allers et retours buccaux sur ce chibre qui vibre.
Tout bascule dans un flou artistique trop doux à mon gout. Pourquoi le sentiment que je ne rêve pas ces attouchements ? Que des doigts fouillent vraiment mon intimité ? Et au moment où le type invisible crache son foutre dans ma bouche que je n'ai pas retiré, je prends conscience qu'allongée sur le tapis qui couvre le sol, Hélène me tripote la chatte. Ses doigts se sont évadés sous ma culotte et elle me pistonne délicatement d'un index fouineur. Je sursaute, mais pas parce que ça me déplait. Moi… qui jure les grands Dieux que je ne suis pas bi ou lesbienne, que jamais je ne ferais rien avec une autre femme… je suis caressée par celle qui partage mon bureau.
Je ne bronche absolument pas quand la bouche d'Hélène rejoint la mienne pour un baiser au gout de sperme. Celui du type que je viens de pomper, le reliquat de cette offrande pas totalement avalé, partagé entre nous deux. Et je m'enfonce dans un délice qui me mène à l'orgasme. Par contre, hormis les pelles que nous nous roulons là, à aucun moment je n'ai de velléités de lui rendre ses câlins. Mais je dois admettre que les siens sont agréables et empreints de toute la tendresse du monde. Il y a sans doute d'autres queues qui font irruption dans le loft où elle me touche. Mais celles-là n'ont plus nos faveurs.
Deux heures plus tard, nous quittons la boite où je dois dire que j'ai eu un long moment de plaisir. Ni elle ni moi ne sommes allées plus loin avec un des « célibataires » qui pourtant se sont montrés empressés, pour ne pas dire zélés. Beaucoup tournent longtemps sur la piste de danse où nous sommes de retour, mais sans succès. La faim d'Hélène est apaisée. Et notre trajet vers nos domiciles respectifs se fait dans un silence embarrassant. Chacune sur son siège analyse surement, dans sa caboche le déroulement des faits d'une soirée dont je me souviendrai longtemps. C'est aux abords de chez elle qu'enfin Hélène rompt ce blanc qui nous entoure.
— Tu… tu veux venir boire un café ?
— Un café ? Mais il est deux heures du matin ! Un café…
— Ben… autre chose quoi ! Histoire de ne pas nous quitter en froid. J'ai succombé à mon envie et… je m'en veux de t'avoir déçue.
— Mais non ! Ce n'est rien… c'est juste que mes convictions ont volé en éclats ce soir. Je ne me serais jamais cru capable de faire…
— Moi non plus ! Tu sais, je ne suis pas la salope que tu as vu cette nuit… mais ça me rend dingue de me savoir cocue et humiliée, de passer derrière toutes ces autres femmes… mais je sais aussi maintenant que l'envie fait faire des conneries.
— Des conneries ? Je suis donc à tes yeux « une connerie » ?
— Non ! Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! Simplement, il arrive parfois qu'on soit pris dans un tourbillon, une tourmente et que nos gestes ne soient pas tout à fait ceux qu'on aurait voulu…
— Attends ! Tu ne m'as pas violée non plus et puis… je dois t'avouer que te voir, te regarder avec le premier sexe dans la bouche… tu as dû te rendre compte que j'étais… très mouillée, non ? En fait Hélène, ce qui me chagrine surement le plus dans cette affaire, c'est que j'ai trop apprécié ce qui s'est passé là-bas…
— Je comprends. Et dire que je te croyais fâchée parce que j'avais osé… enfin outrepassé sans ta permission…
— Arrête ! J'ai eu mille fois l'occasion de te dire d'arrêter. Si je ne l'ai pas fait, c'est surement parce que ça… me plaisait plus que tout. Et ma peur, c'est de recommencer et de savoir que j'aime encore plus, tu saisis ?
— … ben oui ! Mais pourquoi se priver de quelque chose d'aussi bon, pour ne pas dire merveilleux ? Tu sais, Jacques absent, je suis seule chez moi, et… laisse-toi tenter. Parce que mon « café »… tu as surement bien senti que ce n'est qu'un prétexte pour… imaginer une suite tout aussi délirante que ce que là-bas nous venons de vivre.
— D'accord alors !
— Pour ? Ce que je viens de dire ou pour continuer ?
— Les deux peut-être… après tout, c'est toi qui le veux, il me semble.
— Oui… viens ! Je dois bien avoir une bouteille de champagne au frais. C'est un grand jour !
— Un café ? Mais il est deux heures du matin ! Un café…
— Ben… autre chose quoi ! Histoire de ne pas nous quitter en froid. J'ai succombé à mon envie et… je m'en veux de t'avoir déçue.
— Mais non ! Ce n'est rien… c'est juste que mes convictions ont volé en éclats ce soir. Je ne me serais jamais cru capable de faire…
— Moi non plus ! Tu sais, je ne suis pas la salope que tu as vu cette nuit… mais ça me rend dingue de me savoir cocue et humiliée, de passer derrière toutes ces autres femmes… mais je sais aussi maintenant que l'envie fait faire des conneries.
— Des conneries ? Je suis donc à tes yeux « une connerie » ?
— Non ! Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! Simplement, il arrive parfois qu'on soit pris dans un tourbillon, une tourmente et que nos gestes ne soient pas tout à fait ceux qu'on aurait voulu…
— Attends ! Tu ne m'as pas violée non plus et puis… je dois t'avouer que te voir, te regarder avec le premier sexe dans la bouche… tu as dû te rendre compte que j'étais… très mouillée, non ? En fait Hélène, ce qui me chagrine surement le plus dans cette affaire, c'est que j'ai trop apprécié ce qui s'est passé là-bas…
— Je comprends. Et dire que je te croyais fâchée parce que j'avais osé… enfin outrepassé sans ta permission…
— Arrête ! J'ai eu mille fois l'occasion de te dire d'arrêter. Si je ne l'ai pas fait, c'est surement parce que ça… me plaisait plus que tout. Et ma peur, c'est de recommencer et de savoir que j'aime encore plus, tu saisis ?
— … ben oui ! Mais pourquoi se priver de quelque chose d'aussi bon, pour ne pas dire merveilleux ? Tu sais, Jacques absent, je suis seule chez moi, et… laisse-toi tenter. Parce que mon « café »… tu as surement bien senti que ce n'est qu'un prétexte pour… imaginer une suite tout aussi délirante que ce que là-bas nous venons de vivre.
— D'accord alors !
— Pour ? Ce que je viens de dire ou pour continuer ?
— Les deux peut-être… après tout, c'est toi qui le veux, il me semble.
— Oui… viens ! Je dois bien avoir une bouteille de champagne au frais. C'est un grand jour !
— xXx —
Qu'est-ce qui différencie les amours féminines de celles hétérosexuelles telles que je les ai toujours pratiquées ? D'abord, et c'est important, il y a une sorte de douceur latente. Pas de barbe non plus pour venir irriter la peau de mon visage. Puis… les baisers, malgré une ressemblance quasi parfaite, sont et je ne sais pas me l'expliquer, totalement autres. Nos deux bouches qui s'embrassent s'enflamment et j'adore la sensation délicate de ses lèvres chaudes. Je vacille sur mes bases en la laissant me rouler des pelles. En fait, je suis tellement étonnée par la tendresse qui émane de ses gestes, que c'est bien moi seule qui reviens à la source de ce qui me parait presque magique.
Aux premières mesures d'un jeu labial lascif et entrainant, vient s'ajouter un déshabillage lent, sensuel et d'un érotisme torride. Les mains d'Hélène sont expertes en ce domaine ? Elles embarquent les miennes dans une course similaire et sans que je sache trop de quelle manière ça arrive, nous sommes nues pratiquement au même instant sur un canapé convertible transformé en couche pour un confort maximum. Allongée, offerte, dos sur le drap, la femme de Jacques penchée sur moi fait glisser ses lèvres de mes lippes à mon menton. Le périple ne fait que débuter. La pointe humide d'une langue agile suit les contours de mon menton pour venir s'abimer sur mon cou.
Lentement, l'excursion emporte la gredine mouillée vers une naissance de ma poitrine un peu tombante de par la position dans laquelle je suis. Moi ? Je ne bouge pas, ressentant toutes les sensations de ce massage très spécial, les savourant avec un incroyable plaisir. Chaque passage de cette libertine intrépide me donne mille frissons, lesquels se muent en une chair de poule généralisée. Sans que rien d'autre que la langue et ses cheveux mi-longs ne frôlent mon corps, le visage d'Hélène survole désormais la large plage qui va de mes seins à mon pubis. Un régal surtout par cette lenteur exaspérante qui rythme son avancée.
Combien de temps dure l'exploration du mini cratère qui entrecoupe l'uniformité de la grève lisse de mon ventre ? Je ne suis plus qu'une boule de nerfs à fleur de peau, froissant le drap de mes mains, pour le moment inutiles. Tout le ressenti de ces attouchements superbement orchestrés par une Hélène intrépide fait s'arc-bouter mon corps tout entier. Seuls ma tête et mes talons gardent encore le contact avec le lit. J'attends, espère la délivrance de ce supplice infligé avec une grâce sans nom. Elle arrive avec le premier bisou sonore donnée par cette femme qui joue de mon ventre comme elle jouerait d'un violon.
Je relâche la pression de l'air comprimé dans mes poumons, à l'instant « T » ou enfin, la langue délie les deux ailes de mon sexe chauffé à blanc. Instinctivement, pour faciliter le mouvement et ouvrir le sentier, mes deux quilles sans aucune intervention de celle qui trace sa route s'écartent pour un abandon qu'Hélène ne peut ignorer. Cette fois, c'est une autre frénésie de mes sens à laquelle je succombe sans m'en rendre compte. Là, mensonge flagrant que de dire cela… je suis certaine du contraire et apprécie au plus haut point la minette qui me fait râler. Force m'est de constater aussi que mes doigts qui jusque-là se contentent de griffer le coton sur lequel je gis viennent prendre part à la fête.
Tous mes gémissements, mes soupirs ne sont plus retenus, je vis quelque chose d'exceptionnel. Mes mains se portent sur le crâne de celle qui me lèche avec la ferme intention de lui interdire de quitter l'endroit où la langue depuis quelques instants fait des aller et retour qui m'électrisent. La femme l'a si bien compris qu'elle prend appui sur mes cuisses pour effectuer une rotation de son corps. C'est très lentement qu'elle vient, tête-bêche, me chevaucher. Amenant ainsi au-dessus de ma bouille son entrejambe. Gros plan sur une intimité qui singulièrement ressemble à celle qu'en cet instant Hélène broute. Je n'ose pas encore m'aventurer sur ce qui, là, sous mon nez et mes yeux se meut avec souplesse.
Après cela, tout va très vite ! Je deviens actrice d'un corps à corps où nos sens exacerbés se déchainent dans ce que je dois bien avouer un vrai plaisir charnel. Oui ! Charnel, parce que ni elle ni moi ne sommes amoureuses. Nous jouons chacune de notre côté sur le sexe de l'autre mis à disposition et les vagues successives d'un plaisir partagé donnent une véritable marée humaine qui roule sur le canapé. Chaque geste, chacun de nos mouvements fait monter une température déjà bien au-dessus de la moyenne. Quand est-ce que mon orgasme fait quitter à mon cerveau la terre ferme ? Difficile à dire tant la violence de ce que je ressens est spontanée.
L'impression aussi que d'un coup sur mon visage, un geyser vient de se mettre en activité. Un jet formidable expulsé par le ventre que ma bouche titille depuis un long moment, et c'est l'apothéose. Je ne contrôle plus rien de tout mon être, qui lui aussi part en déliquescence. Ça me coule dans la gorge, remplis mes narines, et j'étouffe à demi sous ce déluge qui n'en finit plus. Hélène jouit à grand renfort de cris sauvages. Ses cuisses qui cernent mes joues se contactent, et me serrent à me faire mal. De toutes mes forces je tente d'écarter l'étau de chair qui se fait complice de sa jouissance. Communicative cette perte de contrôle qui nous secoue avec une force inouïe. Dans un brouillard, la petite mort qui m'étreint me fait voir la vie en rose, en bleu, en arc en ciel.
La sortie d'une drôle de léthargie me fait sentir le frais d'un petit matin blafard. Les lueurs d'une aube nouvelle traversent déjà les persiennes. Je me recroqueville contre la seule source de chaleur possible. Le corps de cette amie-amante qui repose là, en position fœtale, endormie. Instinctivement ma présence la fait bouger, et nous sommes serrées l'une contre l'autre. Je comprends qu'elle ne dort plus puisque son bras vient loger sa main entre mes cuisses. Dans une position complexe, elle porte les doigts sur ma chatte, mais ne les remue pas. Leur seule présence fait que l'endroit surchauffe déjà.
C'est d'une toute petite voix que dans la pénombre ambiante, Hélène tente de s'excuser.
— Je… je suis désolée. Je n'aurais pas dû aller aussi loin !
— … quoi ? Tu as des regrets ? Tu imagines une seconde que j'aurais pu participer, si j'avais été forcée par toi ? Allons, tu te moques là, Hélène…
— Non ! Non, je t'assure. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai eu une formidable envie, un besoin irrépressible de te caresser. Tu es belle Maryse. Tu crois que ça compte une femme pour cocufier son mari ?
— Hein ? C'est à ça que tu songes juste après que nous avons… baisées comme deux folles ? La chose qui t'importe le plus c'est de savoir si coucher avec une femme, c'est aussi tromper ta moitié ? Mais le plus petit baiser sur la bouche est déjà une forme de coup de canif dans le contrat de mariage. Dois-je juste comprendre que ton seul but était de coller des cornes sur le front de Jacques ? C'est vachement flatteur pour ma petite personne.
— Mais non ! Mais… je tiens à ce que tu saches… je ne suis pas…
— Amoureuse de moi ? Figure-toi que moi non plus. C'était simplement un coup de chaud, quelque chose de plus fort que moi, que toi sans doute. J'y ai cependant découvert un magnifique orgasme… et je suis certaine que, vu la manière dont tu m'as inondé la figure, tu n'étais pas en reste de ce côté.
— Ah… C'est fou ! C'est la première fois que ça m'arrive ce genre de… complications. Je ne suis pas une fontaine d'habitude… enfin nous faisons si peu souvent l'amour aussi depuis un certain temps, Jacques et moi… il ne peut pas fournir partout…
— … bon ! Je vais filer. Je ne tiens pas à t'entendre t'apitoyer sur ton sort ou te plaindre de ton mari. Tu sais ce qu'il te reste à faire, tu es une grande fille. Je ne me fais aucun souci. À mon avis, tu vas t'en sortir… mais je ne veux pas entrer dans ton histoire avec Jacques.
— Tu as raison. Mais tu ne veux pas rester encore un peu, juste le temps de…
— … ?
— … quoi ? Tu as des regrets ? Tu imagines une seconde que j'aurais pu participer, si j'avais été forcée par toi ? Allons, tu te moques là, Hélène…
— Non ! Non, je t'assure. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai eu une formidable envie, un besoin irrépressible de te caresser. Tu es belle Maryse. Tu crois que ça compte une femme pour cocufier son mari ?
— Hein ? C'est à ça que tu songes juste après que nous avons… baisées comme deux folles ? La chose qui t'importe le plus c'est de savoir si coucher avec une femme, c'est aussi tromper ta moitié ? Mais le plus petit baiser sur la bouche est déjà une forme de coup de canif dans le contrat de mariage. Dois-je juste comprendre que ton seul but était de coller des cornes sur le front de Jacques ? C'est vachement flatteur pour ma petite personne.
— Mais non ! Mais… je tiens à ce que tu saches… je ne suis pas…
— Amoureuse de moi ? Figure-toi que moi non plus. C'était simplement un coup de chaud, quelque chose de plus fort que moi, que toi sans doute. J'y ai cependant découvert un magnifique orgasme… et je suis certaine que, vu la manière dont tu m'as inondé la figure, tu n'étais pas en reste de ce côté.
— Ah… C'est fou ! C'est la première fois que ça m'arrive ce genre de… complications. Je ne suis pas une fontaine d'habitude… enfin nous faisons si peu souvent l'amour aussi depuis un certain temps, Jacques et moi… il ne peut pas fournir partout…
— … bon ! Je vais filer. Je ne tiens pas à t'entendre t'apitoyer sur ton sort ou te plaindre de ton mari. Tu sais ce qu'il te reste à faire, tu es une grande fille. Je ne me fais aucun souci. À mon avis, tu vas t'en sortir… mais je ne veux pas entrer dans ton histoire avec Jacques.
— Tu as raison. Mais tu ne veux pas rester encore un peu, juste le temps de…
— … ?
Bien sûr que je ne fiche pas le camp en courant. Et si ce que nous renouvelons là dans ce lit de fortune est bien bon, ça n'a plus du tout la même intensité que lors de la découverte nocturne. Je ne boude pas un plaisir qui pourtant n'est plus explosif au point de liquéfier la belle Hélène. Mais j'y trouve un apaisement non négligeable. Ceci confirme pour moi que passé l'euphorie de l'inconnu, l'attrait s'estompe rapidement. Alors, oui, je jouis, sans commune mesure avec l'extase de la nuit. Les bras de mon amie sont bien doux, mais le charme-lui, n'est plus au rendez-vous. Et puis… je dois l'admettre, il me manque l'essentiel. Ce qui fait que pour moi une relation sexuelle est une réussite… une pénétration qu'Hélène ne pourra jamais m'offrir.
À suivre...
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Commentaires ()
Un divorce, deux femmes qui se libèrent et tout ça, suite à l’enménagement d’un petit couple qui manifeste bruyamment leur amour.