Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Au fil des jours — Chapitre 2 · Retours aux premières amours
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Au fil des jours
Chapitre 2 · Retours aux premières amours
Les relations entre Hélène et moi ont diamétralement changé. Nous avons plaisir à partager le bureau. Elle me tient informée de l'évolution de ce qui se trame entre Jacques et elle. Il n'est pas revenu dans nos locaux. D'après les dires de sa femme, il digère plutôt mal le fait qu'elle veuille se séparer de lui. Il a gros à perdre dans cette affaire évidemment. Il n'est pas prioritaire pour la reprise de l'agence où je suis employée, puisque sa femme est majoritaire en parts du capital. De plus, apparemment celle avec qui il est parti à Rouen, ne tient pas plus que cela à quitter son mec et elle aussi a rompu ses relations avec lui. Les évènements s'enchainent donc d'une manière plutôt favorable pour Hélène.
Alors quelques semaines après notre virée, elle arrive un matin au bureau avec un sourire.
— Ah Maryse… ça y est. Jacques est parti depuis hier soir. Il a pris un appartement en ville et se cherche un autre job. Je vais chez le notaire à dix heures demain matin pour préparer les papiers pour « ma boite ». On va se passer de lui et nous économiserons son salaire. De la sorte, je serai en mesure de t'augmenter un peu…
— Voilà une bonne nouvelle. Et Jacques… comment prend-il les choses ? Il n'est pas trop… hargneux ?
— Il aurait dû réfléchir à deux fois avant de me cocufier tous azimuts. Il n'a que ce qu'il mérite. Je suis presque heureuse… il ne me manque plus qu'un peu d'amour. Demain soir, puisque c'est vendredi et si tu es libre, on fête ma liberté retrouvée ?
— Demain soir ? Et où irions-nous ?
— Ben… tu sais, le club de notre première fois… je serais heureuse d'y refaire un passage.
— L'affinité ? Tu veux retourner là-bas ? Je te préviens, pas question que tu me refasses le coup des glory-holes… Accompagnatrice d'accord, actrice non !
— Ça me convient. Mais tu vas devoir tenir la chandelle, parce que j'ai bien l'intention de… consommer en totalité demain soir. Mais j'ai un peu la trouille d'y aller seule, tu vois !
— Oui… je comprends. Mais tu fais ce que tu veux, sans pour autant m'entrainer dans quoi que ce soit…
— Bien sûr ! Encore que je suis persuadée que ça te ferait du bien à toi aussi de t'envoyer en l'air. On bosse toutes les deux d'arrachepied depuis que nous avons… alors un peu de détente nous sera salutaire.
— Parles pour toi… moi, dégoter un mec dans pareil endroit… ça ne m'inspire pas.
— Tu as peut-être tort. Au moins nous sommes anonymes dans un pareil lieu. Et aucun risque de voir débouler dans ce bureau un bonhomme avec qui nous prendrions du bon temps.
— C'est ton point de vue, ne cherche pas à m'influencer. Peine perdue ma belle ! Non, c'est non…
— Tu m'accompagnes tout de même ? Sois sympa !
— Te servir de chaperon, d'accord, mais me laisser baiser par un ou des inconnus, rien à faire, c'est bien clair ?
— Tout à fait limpide ! Promis que je ne te tenterai pas une fois dans les murs, ta seule obligation, veiller sur moi, pour qu'il ne m'arrive rien de fâcheux. On ne sait jamais !
— C'est bon ! Tu peux compter sur moi.
— Merci… viens que je t'embrasse.
— Voilà une bonne nouvelle. Et Jacques… comment prend-il les choses ? Il n'est pas trop… hargneux ?
— Il aurait dû réfléchir à deux fois avant de me cocufier tous azimuts. Il n'a que ce qu'il mérite. Je suis presque heureuse… il ne me manque plus qu'un peu d'amour. Demain soir, puisque c'est vendredi et si tu es libre, on fête ma liberté retrouvée ?
— Demain soir ? Et où irions-nous ?
— Ben… tu sais, le club de notre première fois… je serais heureuse d'y refaire un passage.
— L'affinité ? Tu veux retourner là-bas ? Je te préviens, pas question que tu me refasses le coup des glory-holes… Accompagnatrice d'accord, actrice non !
— Ça me convient. Mais tu vas devoir tenir la chandelle, parce que j'ai bien l'intention de… consommer en totalité demain soir. Mais j'ai un peu la trouille d'y aller seule, tu vois !
— Oui… je comprends. Mais tu fais ce que tu veux, sans pour autant m'entrainer dans quoi que ce soit…
— Bien sûr ! Encore que je suis persuadée que ça te ferait du bien à toi aussi de t'envoyer en l'air. On bosse toutes les deux d'arrachepied depuis que nous avons… alors un peu de détente nous sera salutaire.
— Parles pour toi… moi, dégoter un mec dans pareil endroit… ça ne m'inspire pas.
— Tu as peut-être tort. Au moins nous sommes anonymes dans un pareil lieu. Et aucun risque de voir débouler dans ce bureau un bonhomme avec qui nous prendrions du bon temps.
— C'est ton point de vue, ne cherche pas à m'influencer. Peine perdue ma belle ! Non, c'est non…
— Tu m'accompagnes tout de même ? Sois sympa !
— Te servir de chaperon, d'accord, mais me laisser baiser par un ou des inconnus, rien à faire, c'est bien clair ?
— Tout à fait limpide ! Promis que je ne te tenterai pas une fois dans les murs, ta seule obligation, veiller sur moi, pour qu'il ne m'arrive rien de fâcheux. On ne sait jamais !
— C'est bon ! Tu peux compter sur moi.
— Merci… viens que je t'embrasse.
Elle se jette pratiquement sur moi. Sa frimousse s'approche de la mienne avec la ferme intention de me faire un bisou ? Ouais ? Ses lèvres sont bien trop près des miennes pour que ce soit honnête. Je détourne la joue le plus vite possible. Pas suffisamment pourtant pour que sa bouche n'effleure pas une fraction de seconde mes lippes. Le smack sonore qui claque dans le silence du bureau résonne à mes oreilles comme un signal d'alerte. Trop heureuse, elle s'affranchit des marques de prudence et de bienséance. Enfin, j'évite la pelle et elle ne s'en offusque pas plus que cela. L'idée de sortir n'est pas négative dans mon esprit. Et je revis quelques secondes la jouissance extraordinaire qui nous a réunis ce fameux soir.
Le trajet qui nous conduit à un endroit dont les souvenirs sont encore tous frais se fait sans une parole. Hélène a surement des images en tête, moi d'autres, et nous restons chacune dans notre bulle sans vouloir échanger. Même cérémonial à l'entrée, une autre fille pour nous guider, mais le but demeure identique. Puisque c'est une femme qui ne nous connait pas qui nous balade, nous échappons au prix de l'entrée. À moins que finalement ce ne soit gratuit pour les « dames » ! Il n'y a plus non plus ce charme curieux de la découverte. Nous dansons une fois de plus, enlacées sous les quinquets envieux de mâles solitaires.
Les couples qui se trémoussent, se secouent le bas des reins sur des accords syncopés d'une musique savamment choisie ont peut-être des visages différents, mais tous sont là pour sacrifier au Dieu du Cul. Une escale au bar, histoire de se désaltérer et de reprendre un peu notre souffle, et nouvelle invitation d'une Hélène survoltée qui veut « s'amuser », selon ses propres mots. Deux gaillards dans la lumière pisseuse qui inonde faiblement le zinc se rapprochent en catimini. Pas suffisamment discrets pour que leurs agissements passent pourtant inaperçus. Lequel des deux tente une approche verbale ? Est-ce à moi ou à celle que j'accompagne que sont destinées les premières mièvreries de circonstances ?
Le plus grand des deux, en taille bien sûr, se penche vers le couple que nous formons. De toute évidence, ceux-là cherchent le rapprochement et bien que le lieu soit dédié au sexe à l'état pur, il doit trouver pour un premier contact une accroche digne de ce nom.
— Ça vous plait, mesdames, l'ambiance de cette boite ? Vous avez l'air un peu perdues dans un univers de débauche.
— …
— Ça va ! On s'y fait…
— …
— Ça va ! On s'y fait…
Hélène engage donc la conversation et du coup le plat de la phrase du mec n'interpelle que ma pomme. Je détaille subrepticement les deux loulous. Celui qui prend la parole est plutôt brun de tifs, bien fringué et de suite je sens son attirance pour ma cavalière. Du reste, ses regards ne sont axés que sur elle, sur sa poitrine aussi que son pull met en valeur. Son pote est plus réservé et d'une bonne tête de moins que lui, plus âgé certainement. Les tempes grisonnantes, un sourire à mon égard qui me parait prématuré, il ne cherche pas à s'imposer. Quelques similitudes entre lui et moi ? Je me demande si… par hasard, il n'est pas aussi le faire valoir de son ami.
Un simple chaperon, quelqu'un qui assume le rôle que j'ai vis-à-vis d'Hélène. On peut le penser. Il change de place, vient s'interposer entre moi et celle avec qui je suis venue. Pendant ce temps un vrai dialogue s'installe entre Hélène et le copain de celui qui fait écran entre l'autre zigoto et nous. Ce qui fait que nous nous trouvons isolées l'une de l'autre. Je sens que le piège se referme sur elle, mais elle jubile dans son coin. Le type la fait rire et j'imagine que c'est un bon point. De toute façon, elle est bel et bien venue pour s'envoyer en l'air, alors…
Son ami lui est toujours muet, il se contente de me sourire. Il lève son verre et du coup, je me sens invitée à faire un geste identique. Dans le brouhaha de la musique, je présume qu'il veut trinquer. Alors, il se baisse vers moi, pour me murmurer quelque chose.
— Jean… mon ami est très… enfin, il est emballé par votre amie. Vous n'êtes que des amies au moins ?
— Pardon ? Comment ça que des amies... ? Je ne comprends pas le sens de votre demande !
— Ben… c'est courant de nos jours que des dames, ou des messieurs du reste… soient plus que des amis… vous voyez ?
— Vous me demandez si Hélène est moi nous baisons ensemble ? C'est ce que je dois saisir ?
— Dit crument, ça résume bien ma pensée… c'est surtout que je voudrais lui éviter une déconvenue possible. Il ne sort que très peu et ce soir… votre amie, Hélène puisque c'est ainsi que vous la prénommez, lui a tapé dans l'œil !
— Ah bon !
— Oui… il a perdu son épouse depuis treize mois maintenant et… vous pouvez imaginer que c'est compliqué pour lui.
— … ? Et vous ? Dans tout cela, qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes là pour le ramener dans le monde des vivants ?
— Vous avez tout compris. Je tiens à ce qu'il oublie un temps son chagrin, qu'il voit que le monde est encore bien réel autour de nous. En un mot qu'il revive… Mais je ne pensais pas que de mon côté, je serais… ébloui. Vous avez un petit quelque chose qui ensoleille cet endroit, vous savez !
— … ?
— Pardon ? Comment ça que des amies... ? Je ne comprends pas le sens de votre demande !
— Ben… c'est courant de nos jours que des dames, ou des messieurs du reste… soient plus que des amis… vous voyez ?
— Vous me demandez si Hélène est moi nous baisons ensemble ? C'est ce que je dois saisir ?
— Dit crument, ça résume bien ma pensée… c'est surtout que je voudrais lui éviter une déconvenue possible. Il ne sort que très peu et ce soir… votre amie, Hélène puisque c'est ainsi que vous la prénommez, lui a tapé dans l'œil !
— Ah bon !
— Oui… il a perdu son épouse depuis treize mois maintenant et… vous pouvez imaginer que c'est compliqué pour lui.
— … ? Et vous ? Dans tout cela, qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes là pour le ramener dans le monde des vivants ?
— Vous avez tout compris. Je tiens à ce qu'il oublie un temps son chagrin, qu'il voit que le monde est encore bien réel autour de nous. En un mot qu'il revive… Mais je ne pensais pas que de mon côté, je serais… ébloui. Vous avez un petit quelque chose qui ensoleille cet endroit, vous savez !
— … ?
Le type me baratine, ma parole ! J'en suis abasourdie. De plus, du côté de mon amie et désormais patronne, il y a comme de l'électricité dans l'air. Elle minaude trop devant le bonhomme pour que ça soit simple. À mon avis, elle se projette déjà dans une position horizontale qu'elle appelle de tous les pores de sa peau. Ce n'est pas mon affaire et elle est majeure. Je veux juste croire que le type ne va pas la faire trop souffrir. Son visage qui se lève vers moi est resplendissant soudain. Quant à celui qui me retient à l'écart, il me parle de nouveau, comme s'il sentait que je suis sur le point de rejoindre ma copine.
— Jean est gentil, vous pouvez me croire. Il ne veut aucun mal à votre amie Hélène… au contraire et elle fera une bonne action. Mais parlez-moi de vous ! Vous n'avez donc pas de mari ? Ou de petit copain ? Un homme quelque part dans votre existence ?
— Non ! Je dois parler à Hélène… juste une seconde, merci !
— Non ! Je dois parler à Hélène… juste une seconde, merci !
Je m'éloigne de deux pas et je suis face à celle avec qui je suis venue ici. Le brun qui se tient entre elle et moi s'efface, gêné du coup par ma présence.
— Bon, Hélène… ce Jean, tu fais ce que tu veux avec lui, mais reste vigilante… et tiens… surtout, n'oublie pas de… te protéger. Fais gaffe.
— Et toi Maryse… tu… vas conclure aussi avec Franck ?
— Franck ? Qui c'est Franck ?
— Ben… le type avec qui tu parles depuis que Jean me drague… Tu ne sais même pas son prénom ?
— Je suis là parce que tu me l'as demandé, pas pour me faire sauter… par un inconnu. Tiens !
— Et toi Maryse… tu… vas conclure aussi avec Franck ?
— Franck ? Qui c'est Franck ?
— Ben… le type avec qui tu parles depuis que Jean me drague… Tu ne sais même pas son prénom ?
— Je suis là parce que tu me l'as demandé, pas pour me faire sauter… par un inconnu. Tiens !
Geste discret, nos mains qui se croisent, qui se frôlent et de ma paume passe dans la sienne, deux petits carrés de protections. Deux préservatifs pour qu'elle se prémunisse si jamais… mais je suis certaine du fait qu'elle va vraisemblablement aller au bout de la démarche qu'elle a entreprise en venant dans ce club ! Rien que la pensée d'un tel scénario parvient à me faire frissonner. Pourquoi est-ce que je ressens une immense pointe au creux des reins ? Quelques images enfouies dans ma mémoire refont surface. J'imagine son sexe humide qui gicle de la même manière que lorsque je le léchais… Et j'en suis toute humide du coup.
Franck, puisque c'est son prénom, est de retour dans mon environnement proche. Il a toujours son sourire.
— Rassurée ?
— Hein ?
— Hélène vous a tranquillisé ? Le seul risque qu'elle encourt, c'est de prendre un peu de plaisir et d'en donner… pas de quoi fouetter un chat !
— Hein ?
— Hélène vous a tranquillisé ? Le seul risque qu'elle encourt, c'est de prendre un peu de plaisir et d'en donner… pas de quoi fouetter un chat !
En me parlant, il pose sa patte sur la mienne qui traine sur le bar. La chaleur de ce contact m'envahit partout. Un long frisson qui parcourt tout mon épiderme, chair de poule généralisée qui me fait sursauter et lui retire sa main précipitamment.
— Pardon… je ne voulais pas vous faire peur.
— …
— …
Me faire peur ? Mon Dieu, s'il savait… l'effet que ses doigts viennent de déclencher, pas sûr qu'il n'insiste pas. Me faire peur ? Il vient de provoquer une sorte de mini tsunami chez moi et il s'excuse en plus ? Zut ! Je ne vais pas lui crier dans l'oreille que son simple effleurement me file une drôle d'envie. S'il n'est pas assez grand pour le sentir, tant pis pour lui… ouais ? Pour moi plutôt ! C'est son pote qui nous lance une phrase que j'entends, malgré la musique.
— Hélène et moi allons sur la piste de danse… d'accord ?
À qui est destinée cette remarque ? À son copain Franck ? À ma petite personne pour me montrer qu'il n'est pas un prédateur ? À tous les deux ? Toujours est-il que nous les voyons qui s'élancent tous les deux vers le parquet où des tas de duos se tortillent encore. Je suis plantée là, avec l'inconnu qui regarde le couple nouveau se perdre dans le groupe de danseurs.
— Et nous ? Vous n'avez pas envie de faire quelques pas sur la piste ?
— … ? Je… je n'en sais rien.
— Bah ! Vous aimez cela, je vous ai observé toutes les deux alors que vous vous enlaciez, d'où ma méprise de notre début de conversation… laissez-vous tenter. Je ne vais pas vous manger… devant tout ce monde.
— … ? Je… je n'en sais rien.
— Bah ! Vous aimez cela, je vous ai observé toutes les deux alors que vous vous enlaciez, d'où ma méprise de notre début de conversation… laissez-vous tenter. Je ne vais pas vous manger… devant tout ce monde.
La fin de sa phrase, une flèche empoisonnée qui se plante en moi. Et puis, il a sans aucun doute raison. Je sais encore dire non. Une valse, un slow, un fox-trot ne tuent personne. Sur une piste grosse comme un confetti, il y a peu de chance qu'il me viole en public. Alors ? Pourquoi pas ? Mon hésitation est de courte durée. La pogne bouillante qui s'appesantit sur mon poignet m'attire déjà sur l'espace libre qui borde le parquet. Et je me sens aspirée vers les couples qui jambotent collé-serré. Ronde infernale sur une surface surchargée et étroite. Il me faut quelques secondes pour y trouver mes marques. Ce Franck est un excellent cavalier.
Nous croisons par intermittence le couple Jean-Hélène et elle me fait des clins d'œil à chacun de ces frôlements. Mince alors ! Qu'est-ce qu'elle va s'imaginer ? Que je vais baiser avec ce type ? Elle est folle ou quoi ? Lui pourtant me serre contre lui, ma poitrine compressée sur son torse. Le rythme et la série de danses changent. Nous sommes sur du slow langoureux, ce qui favorise les hommes. Franck cette fois à la main bien trop basse sur mes reins. À cause identique, effets égaux. Si tout à l'heure je me suis enflammée rien qu'à son contact sur le dessus de ma patte, sur le bas de mon corps, je n'arrive même plus à dissimuler mon trouble. Il y a pire encore. Sa bouche est au niveau de mon oreille.
— Vous dansez divinement ma chère. Et j'adore votre parfum !
— … !
— … !
Que répondre à une drague aussi prévisible ? Il insiste donc puisque pour lui, qui ne dit mot consent.
— J'ai envie de vous ! Vous me faites… bander.
— …
— …
Pas d'autres réactions qu'un frémissement de tout mon être. Il ne s'embarrasse d'aucune fioriture. Mais il est vrai que nous sommes dans un temple des rapports sexuels entre adultes consentants. On ne vient pas par hasard dans un tel endroit. Et de plus Hélène se détache de son boy-friend et me fait un signe. Que dois-je en déduire ? Les deux-là sont soudés par la main et ce qu'elle veut me faire savoir, c'est que c'est l'heure de passer à l'action, ou plus justement à la casserole pour elle ? Je crois bien que je pige que c'est le cas. Mon cavalier lui se frotte éhontément à moi. Son bas-ventre fait preuve d'une dureté raisonnable.
Bien entendu au bout de quelques slows, je suis à un doigt de craquer. Le DJ me sauve d'un naufrage annoncé grâce à un changement de rythme et une série de valses qui séparent les corps des danseurs. Pas totalement, assez cependant pour que le feu qui couve n'embrase pas plus mes sens. Et au second morceau, je fais comprendre à mon chevalier servant que la soif, excuse plausible, m'oblige à faire une pause. Il me file le train, direction le zinc tout proche. Un cocktail vient imbiber mes amygdales et me laisse un peu de répit. Franck aussi boit une mixture dont j'ignore la teneur. Mais son haleine aux relents d'alcool lorsqu'il vient me susurrer quelques paroles au creux de l'oreille ne laisse planer aucun doute.
La présence indéniable d'une dose conséquente de rhum dans son verre me rappelle que le mien est pimenté de vodka.
— Vous croyez que nos tourtereaux… sont en chantier ?
— … ? Vous m'avez l'air de bien connaitre votre ami Jean.
— Ne me faites pas l'injure d'être idiot au point de ne pas avoir compris que votre amie… Hélène n'était pas là pour s'encanailler ! Allons ! Je ne suis dupe de rien.
— … ?
— Vous voulez que nous allions nous assurer que tout va pour le mieux ?
— Comment ça ? Vous savez où les choses se déroulent ? Vous avez une telle expérience des lieux que rien ne vous échappe donc ?
— Pour les lieux… c'est certain. Ce club est… à moi !
— Quoi ? C'est vous le patron de ce… truc ?
— Il en faut un n'est-ce pas ? En quoi est-ce que ça vous parait si étrange ?
— En rien… c'est juste que je ne m'attendais pas à cela.
— Allez, venez, on va voir si notre couple fornique vraiment ou s'ils niquent fort… Et puis cessez quelques minutes d'être sur la défensive. Je ne vous veux aucun mal. Juste vous accompagner pour nous rendre compte que ces deux-là ne s'écharpent pas. D'accord ?
— Ou… oui ! Pardon ! Mais je ne suis pas une habituée des lieux.
— Je confirme. Je ne vous y ai jamais croisée auparavant, votre Hélène non plus je dois dire.
— … ? Vous m'avez l'air de bien connaitre votre ami Jean.
— Ne me faites pas l'injure d'être idiot au point de ne pas avoir compris que votre amie… Hélène n'était pas là pour s'encanailler ! Allons ! Je ne suis dupe de rien.
— … ?
— Vous voulez que nous allions nous assurer que tout va pour le mieux ?
— Comment ça ? Vous savez où les choses se déroulent ? Vous avez une telle expérience des lieux que rien ne vous échappe donc ?
— Pour les lieux… c'est certain. Ce club est… à moi !
— Quoi ? C'est vous le patron de ce… truc ?
— Il en faut un n'est-ce pas ? En quoi est-ce que ça vous parait si étrange ?
— En rien… c'est juste que je ne m'attendais pas à cela.
— Allez, venez, on va voir si notre couple fornique vraiment ou s'ils niquent fort… Et puis cessez quelques minutes d'être sur la défensive. Je ne vous veux aucun mal. Juste vous accompagner pour nous rendre compte que ces deux-là ne s'écharpent pas. D'accord ?
— Ou… oui ! Pardon ! Mais je ne suis pas une habituée des lieux.
— Je confirme. Je ne vous y ai jamais croisée auparavant, votre Hélène non plus je dois dire.
Je suis le bonhomme qui sait assurément où passer pour se rendre invisible aux quinquets des gens qui occupent les couches dans les chambres pompeusement dénommées « chambres d'amour ». De baise serait plus vrai. Et sans que les couples, les trios et plus parfois qui se mélangent dans ces piaules ne se sentent observés, nous visitons visuellement l'une après l'autre les alcôves. Le corridor qui longe les pièces qui ont donc toutes une fenêtre qui permet de voir sans que la présence du ou des voyeurs se remarque. J'en suis baba. Et c'est sur un de ces lits, porte qui donne sur l'extérieur close, que je découvre Hélène et Jean. Les choses sont déjà dans un état avancé.
Nus tous les deux, il ne subsiste pas de doutes sur l'activité à laquelle ils viennent ou vont s'adonner. Du reste, la bouche de la belle Hélène est largement empêchée de dialoguer par le calibre somme toute respectable de ce que Jean lui prête. Je suis un peu tétanisée par la vue de cette fellation dantesque qui se joue entre elle et lui. Bon ! Apparemment elle est tout à fait d'accord et enfourne le plumeau avec un appétit vorace. Nous en avons assez vu. Franck donc me fait visiter l'envers du décor. Un point de vue tout à fait original auquel seules quelques initiées sont conviées ? Dans une autre « chambre », ce ne sont pas moins de cinq messieurs qui assouvissent leurs fantasmes en compagnie d'une seule belle plante.
Elle non plus ne donne pas l'impression de se plaindre. Je détourne le visage, ne tenant pas à en voir davantage, de ce qui se trame dans le cube clos. Cette manœuvre pour dégager mon visage du poste d'observation me fait prendre conscience de la proximité de la bouille du boss de la boite. Et c'est ainsi que je me retrouve dans ses bras, sans effort. Puis sa bouche vient à la rencontre de mes lippes. Un baiser inéluctable avec en toile de fond les gémissements de celle qui reçoit les faveurs d'une flopée de groupies. Je pourrais sans encombre repousser l'assaillant pacifique. Allez comprendre l'âme humaine, je n'en fais rien. J'y trouve plutôt un réel plaisir. La suite est comme souvent, imprévue.
D'abord la main qui se colle sur mes reins n'a perdu aucune des calories qui la rendent bouillante. Puis contre mon pubis pourtant bien protégé par ma jupe et ma culotte, la barre raide qui s'y vautre me rend de nouveau toute tremblante. Le timbre de voix de Franck a changé lui également. Il est plus tendre, plus doux, plus… envoutant.
— Tu en as envie aussi ? J'ai mes appartements là, au fond de ce couloir… tu veux que nous allions un moment chez moi ?
— …
— …
Que puis-je répondre à une telle invitation ? Il sait, sent bien que la partie se perd ou se gagne là, à coups de baisers et de caresses. Je ne suis pas insensible à ces gémissements non plus qui fusent de derrière les murs ou cloisons des piaules. Alors ? Eh bien, il me prend par la taille et nous avançons vers… ce destin qui m'entraine encore dans une histoire d'où je présume déjà que je ne sortirai pas indemne. Une porte s'entrouvre, sans pour cela qu'un trait de lumière ne perturbe la pénombre qui nous encercle. Voilà ! Je me retrouve plaquée contre ce qui me parait être au toucher, un mur. Et la langue qui flirte avec la mienne est si agréable !
— xXx —
Et voilà ! Mes belles intentions, mes préjugés, tout vole en éclat sous les lèvres qui me ventousent le bec. Je suis pantelante, dolente entre les bras musclés du bonhomme. Je me sens toute vibrante et ne fais même pas un mouvement pour me soustraire à ses baisers trop bons pour être honnêtes. Ses mains aussi s'activent alors que son poids me tient écrasée contre la paroi. Combien de temps lui faut-il pour mettre à nu mes seins ? Une minute ? Moins surement et il se penche sur ces deux boules dont les tétons se gorgent de sang. Suçotés l'un après l'autre, parité oblige, de ses pattes toujours libres, il a vite fait de dégoter la fermeture de la ceinture qui maintient en place ma jupe. Pas plus de quelques secondes non plus de résistance pour que le cran saute de son logement et… bien sûr que je sens le tissu qui glisse le long de mes quilles.
La paume qui caresse le coton de ma culotte, impossible qu'elle ne renseigne pas ce Franck sur l'état de fraicheur de ma chatte pleureuse. Il ne tente pas tout de suite de retirer le triangle que ses phalanges tripotent assidument. Mon visage rejeté en arrière je laisse faire et ressens avec une duplicité inquiétante cette fouille qui se prépare. Soulevée en douceur, je suis transbahutée vers un autre endroit dont j'ignore tout. Dans le noir absolu, je suis incapable de me rendre compte de ce qui nous entoure. Un lit ? Une couche ? Un autel ? C'est là que j'atterris sans à coup avec une délicatesse que j'apprécie. Les mains s'activent sur ma peau.
Lorsqu'elles me quittent, c'est pour faire entendre dans la pièce où je repose, un bruit dont j'imagine la source. L'homme se dévêt et le zip de sa braguette fait écho à mon souffle. Les doigts reviennent en plus tendres, en plus fouineurs aussi. La sensation du corps de celui qui me tripote fait se préciser les évènements. Le poids creuse la couche et je suis contre l'épiderme dénudé de Franck. Malgré l'absence de paroles, je le devine tout autant oppressé que je le suis. Puis contre mon flanc bat le briquet. Au clair de la lune… mon ami Franck… prête-moi ta plume !
L'obscurité absolue du lieu est un facteur aggravant de mes émotions. Je suis anxieuse et tout à la fois heureuse de ce qui m'arrive. Ma culotte, elle est toujours en place et le mâle ne parait pas pressé de décacheter le berlingot. Mais j'apprécie hautement cette lenteur, le temps pris pour rendre les choses agréables et doucereuses. Personne ne me force à faire le geste du bras qui amène mon poignet aux abords de la grande voile. Il n'y a guère plus de quelques centimètres qui séparent donc mes doigts de la queue tendue. Ceux-ci sont franchis au premier sursaut du corps du bonhomme. Et elle vit, enfermée dans ma patte qui en mesure les proportions. Chaude, soyeuse, je ne peux m'empêcher de la branler délicatement.
Je m'enfonce dans mes envies, dans mes délires et en oublie que Franck est un parfait inconnu. Mon esprit se rappelle à mon bon souvenir à quelques secondes de faire une connerie. Il n'est pourtant pas surpris par ma demande, édictée entre deux soupirs…
— Tu… te protèges, n'est-ce pas ?
— Une capote ? Oui ! Oui, bien sûr… ne t'inquiète pas.
— Une capote ? Oui ! Oui, bien sûr… ne t'inquiète pas.
Reptation peu glamour, mais dans le noir, je m'en fiche, il est parti à la recherche de la cellophane providentielle. J'adore son retour puisqu'il vient prier, missionnaire d'un bon moment. La cadence des mouvements, les positions ensuite qui se déclinent en actes sexuels purs, me font grimper aux rideaux. Dans de rares instants de lucidité, je mesure mon bonheur et ce qui me frappe, c'est bien que j'apprécie vraiment ce qui m'arrive là. Même si j'ai aimé ce qui s'est déroulé lors de ma dernière partie de jambes en l'air. Celle avec Hélène dont je ne regrette rien. Les caresses dans la nuit ne sont guère divergentes, hormis la barbe qui crisse sur ma peau. L'immense écart réside bien dans les possessions.
Je me sens d'un coup remplie entièrement, ce qui dans mon esprit donne toute sa saveur à l'acte que nous réalisons là. Oui… il me baise avec une fougue qui me jette dans un univers fait de sonorités et de couleurs, magique et incompréhensible. Une perception particulière qui m'a fait défaut dans les amours saphiques que j'ai traversées, l'espace d'une nuit avec ma désormais patronne. J'en oublie d'un coup tout pour plonger dans un orgasme qui dure très, très longtemps. Lui me pistonne toujours, en levrette, les mains crochetées sur mes fesses. Il a le beau rôle et je ne suis rien de plus qu'un pantin dont il use à sa guise. J'adore, aussi que sa bite ne me quitte pas malgré le fait qu'elle ait surement éjaculée dans la gaine de latex depuis un bout de temps.
Essoufflée, mais heureuse de ce qui vient de se passer, je reste sans bouger sur le lit. En homme galant, il ne se contente pas de ce coup tiré qui a duré je ne sais combien de temps. Mon corps et repu, fatigué, contenté. Franck caresse mon visage, remonte une mèche de mes tifs que la sueur colle à mon front. Il n'y a plus un seul mot, seulement une sorte de tendresse qui se traduit par ces câlins répétés sur mon visage. Il adjoint aussi à ces mains tellement caressantes quelques petits bisous qu'il veut sonores, et qui crèvent le mur de notre silence. Quand a-t-il retiré le chapeau de son sexe ? Aucune idée ! Il faut dire qu'à certains moments, j'ai perdu le fil de mes pensées.
Ce qui vient de m'offrir un merveilleux voyage bat contre mon flanc. Pas totalement remis en forme, mais relevant déjà plus ou moins la tête, le sexe poisseux de son sperme est là, qui se fait sentir sans pour autant se montrer pressant. L'homme est entreprenant, marquant ce qu'il considère comme son territoire par ses cajoleries parfaitement orchestrées. Lentement mais surement, le désir, insidieux, pervers, refait surface sous ses manipulations trop précises et si bien exécutées. La main s'égare sur un sentier qui longe mon menton pour filer vers le duo de collines que ma posture couchée sur le dos affaisse sans doute.
Tressaillements impossibles à refréner, instinctivement j'écarte les cuisses, d'une manière que l'obscurité rend moins obscène. L'étape suivante est réalisée par le plongeon du visage vers ce centre endolori, ravi pourtant d'une seconde visite. C'est bien dans mon esprit que se déroule le combat. Je suis submergée par des émotions si contradictoires. Refaire l'amour avec lui ? Dire non à un autre round qui cependant me dévore déjà ? La rotation du corps mâle a de quoi me surprendre. Ce n'est plus contre mon aine que le vit effleure mon épiderme. Il remplace presque la paluche qui ne joue plus avec ma joue.
C'est au moment où le groin se faufile dans la fourche largement ouverte, que ce que je pressens être une langue que bascule un poids sur mon ventre. Franck me chevauche, tête-bêche et sur ma bouille, s'écrasent son sexe et ses deux testicules. Je ne vois rien bien sûr, mais je sais ce qui se passe et surtout pourquoi, il s'est positionné de la sorte. Pour l'instant le soixante-neuf n'est pas encore le bon chiffre. Il y travaille en léchant mon clitoris et en ouvrant ma conque de deux doigts inquisiteurs. C'est bien là, qu'embarquée dans une furieuse envie de me sentir femelle, je dégage mes bras prisonniers des cuisses du bonhomme.
Oh, évidemment pas pour repousser cette masse qui me pèse sur la poitrine, bien sûr que non. Juste pour empoigner le manche qui se frotte à mon front. Il a saisi et soulève de quelques centimètres le bas de son corps. Ce qui met automatiquement la queue à portée de mes lèvres. Elle est encore maculée surement du sperme vidé dans le préservatif, mais je n'y trouve pas matière à me défiler. Et… même le parfum « spécial » de cette chose qui se balade sur mon pif, oui, même lui m'excite davantage. Alors ? Eh bien, il ne me reste plus qu'à sucer ce sucre d'orge prêt à l'emploi. Je m'enfonce dans la délectation de ce sexe que Franck fait désormais aller et venir entre mes lèvres.
Trop profondément enfoncé parfois, à tel point que j'ai des haut-le-cœur, mais il sait doser ses efforts et rend vite un accès à l'air qui s'engouffre dans mes bronches. Il me lèche, je le suce, la boucle est bouclée. Et lorsque son poids devient trop lourd à supporter, notre « nettoyage des outils » se fait sur le flanc. Simple basculement de nos deux corps sur le côté, soudés en leur centre par nos bouches gourmandes. Concentrée sur ce qui me fait un bien fou, je prête moins attention à la montée de sa sève. Et à l'instant même où un orgasme monumental tétanise tout mon être, un jet singulier frappe le fond de mon gosier. Franck éjacule, en symbiose avec ma jouissance.
Si beaucoup de sa manne se perd, débordant à la commissure de mes lèvres, une partie est ingérée sans que j'en souffre plus que cela. Cette fois, nous demeurons de longues minutes dans cette position, cuisses serrées, et la bête qui vient de pousser son cri se détend doucettement. Sa raideur s'étiole dans une mollesse qui la rend pathétique. Pourquoi est-ce que j'apprécie cette manière bizarre de la sentir un peu mourir au bord de mes lippes ? Pour un peu je regretterais de ne pas avoir un soupçon de lumière pour… savourer le plaisir de suivre en gros plan la dérobade du pénis…
— Ça va, ma belle ?
— … oui !
— Tu es une amante d'exception, Maryse.
— Pour cela, il faut un partenaire parfait, non ?
— Peut-être ! En tout cas, j'ai pris un pied magistral, je t'assure.
— Parce que tu n'as pas senti que de mon côté… je ne faisais pas semblant.
— Je sais ! Tu as inondé le lit et mon visage par la même occasion… je peux…
— Tu peux quoi ? Vas-y parles ! Au point où nous en sommes…
— Mettre un peu de lumière. Je veux garder l'image de ton corps après l'amour… souvent les femmes sont belles après… ça !
— Ouais ? Bien sûr, tu as sacrément de l'expérience, non ? Elles sont nombreuses celles qui ont comment te dire, partagé cet endroit ?
— Pas vraiment. Je mentirais en disant aucune, mais je t'assure ma belle, bien peu ont su m'offrir une extase telle que celle que je viens de vivre. Tu es fabuleuse…
— Paroles, paroles… tous les hommes sont des menteurs. Je t'accorde que c'est souvent avant et moins après… mais ils mentent souvent. Enfin… allume une lampe, ça va me permettre de retrouver mes affaires… Hélène doit se demander où je suis passée.
— Ne t'inquiète pas pour elle. Avec Jean elle est entre de bonnes mains…
— … ? Un de tes amis ?
— Le mari de ma plus jeune sœur… partie trop vite, trop tôt dans un accident de voiture.
— Pardon…
— Laisse tomber, on ne peut plus revenir là-dessus, alors laissons dormir les mauvais souvenirs. Ce soir, je viens d'en créer de si beaux…
— … oui !
— Tu es une amante d'exception, Maryse.
— Pour cela, il faut un partenaire parfait, non ?
— Peut-être ! En tout cas, j'ai pris un pied magistral, je t'assure.
— Parce que tu n'as pas senti que de mon côté… je ne faisais pas semblant.
— Je sais ! Tu as inondé le lit et mon visage par la même occasion… je peux…
— Tu peux quoi ? Vas-y parles ! Au point où nous en sommes…
— Mettre un peu de lumière. Je veux garder l'image de ton corps après l'amour… souvent les femmes sont belles après… ça !
— Ouais ? Bien sûr, tu as sacrément de l'expérience, non ? Elles sont nombreuses celles qui ont comment te dire, partagé cet endroit ?
— Pas vraiment. Je mentirais en disant aucune, mais je t'assure ma belle, bien peu ont su m'offrir une extase telle que celle que je viens de vivre. Tu es fabuleuse…
— Paroles, paroles… tous les hommes sont des menteurs. Je t'accorde que c'est souvent avant et moins après… mais ils mentent souvent. Enfin… allume une lampe, ça va me permettre de retrouver mes affaires… Hélène doit se demander où je suis passée.
— Ne t'inquiète pas pour elle. Avec Jean elle est entre de bonnes mains…
— … ? Un de tes amis ?
— Le mari de ma plus jeune sœur… partie trop vite, trop tôt dans un accident de voiture.
— Pardon…
— Laisse tomber, on ne peut plus revenir là-dessus, alors laissons dormir les mauvais souvenirs. Ce soir, je viens d'en créer de si beaux…
Je n'écoute plus, et me redresse pour quitter la couche moelleuse. Les fringues sont là, en tas, mélangées à celles de celui avec qui j'ai baisé. Fais l'amour ? Comment dénommer ce coup de folie qui nous a réunis ? Bon, je ne vais pas me faire des nœuds au cerveau, j'ai apprécié cet intermède sexuel, mais il me faut retrouver miss Hélène. J'attends que Franck se soit rhabillé également, et nous retournons dans son fameux passage secret. Je ne sais plus dans quelle chambre les tourtereaux copulent, ou peut-être qu'ils ont aussi terminé leurs ébats… Mon amant… ben oui, il l'est pour de bon, voit mes tergiversations et d'un index pointé vers un œilleton dans le long mur me fait signe.
— C'est là ! Dans cette chambre-là… que ton amie Hélène…
— Ah ? Je peux jeter un œil ?
— Bien sûr… attends !
— Ah ? Je peux jeter un œil ?
— Bien sûr… attends !
Impossible de comprendre comment il fait, mais en approchant mon œil d'une minuscule ouverture, je visionne en gros plan le plumard. Pas de souci… ils sont deux à poils qui se cajolent toujours. Bon ! Hélène a trouvé ce qu'elle est venue chercher ici, donc tout va pour le mieux. Nous filons donc, Franck et moi vers le bar. Là… la serveuse zélée nous sert deux boissons en me dévisageant des pieds à la tête. Sur la piste de danse, les couples sont plus rares. Quelques mâles solitaires font toujours tapisserie au bord de celle-ci. J'imagine que dans les alcôves voisines et tous les lieux possibles de cette boite, des parties fines se jouent. Mais je n'ai pas l'âme d'une voyeuse… et je sirote lentement mon verre.
— xXx —
Rien n'est évoqué entre Hélène et moi de ce qui s'est passé dans le club. Nous nous quittons sur une embrassade devant la porte de mon immeuble. Malgré l'heure tardive ou plutôt mon retour très tôt à l'aube puisqu'il est cinq heures du matin, les voisins sont encore en mode « baise ». Gémissements, roucoulades et rires en sourdine sont au menu de l'appartement voisin. Mais je ne vais pas cette fois les accompagner. Non ! J'ai eu ma dose de bien-être et de petites et grandes attentions. Je sombre, oui, une vraie brasse coulée dans un endormissement rapide. Au diable les vocalises de la belle d'à côté. Est-ce que je rêve ? Si tel est le cas, je n'en garde aucun souvenir à mon réveil.
Nous continuons notre petit bonhomme de chemin, rythmé par le boulot et nos plages de repos sans plus revenir sur le sujet « club ». Par contre, Franck me relance de temps à autre par le biais de SMS auxquels je ne donne pas suite. Je mets ça sur le compte d'un manque de temps ou d'envie. Mais je sais trop que c'est tout autre chose. Eh oui ! La peur panique de me sentir encore dépendante de ce type. Revivre une idylle qui ne mène nulle part, me fiche proprement les jetons. Pas le courage d'entendre la voix de cet homme, alors je zappe ses appels en espérant qu'il finisse par se lasser et aille voir ailleurs. Ma patronne nage en plein divorce et Jacques ne se laisse pas faire.
Il se bat pied à pied pour sauver un peu de ce qu'il estime lui appartenir, ça rend assez infecte une Hélène dépassée par les évènements. La crainte qu'il gagne le procès qu'il intente à celle qui le rejette est présente. Est-ce que ça peut signifier pour moi un licenciement rapide ? Je ne suis plus sûre du tout, malgré les signes rassurants que m'envoie celle qui désormais gère notre boite. En clair, le climat n'est pas des plus serein au sein de mon univers professionnel familier. C'est donc avec une boule au ventre que j'appréhende le passage aux prud'hommes de celle qui m'emploie. Demain ma boss sera fixée si elle doit céder la place à son futur ex.
Expliquer mon état de fébrilité ce vendredi matin est mission impossible. Je guette l'horloge au fond du bureau et sursaute au moindre bruit qui peut signifier le retour d'Hélène. À midi, je déjeune d'un sandwich qui a bien du mal de passer. Au bout de deux becquées, j'abandonne, l'estomac noué et mon esprit en proie à une inquiétude grandissante. Je reviens même au bureau avant l'heure. Et voici que vers quinze heures, la dame patronne rapplique. Pas moyen de lire quoi que ce soit sur son visage fermé. Elle me laisse mijoter dans mon jus, s'assoit, muette comme une carpe. Alors je masque mon angoisse et tente de m'absorber dans le dossier que je mets à jour.
Nous ne nous occupons plus de ce que fait l'autre. Alors quand deux claquements secs, suivis d'un « pop » me perturbent, je redresse le nez. Sur le bureau devant elle, elle sert deux coupes d'un breuvage ressemblant à du champagne. Devant ma surprise, elle éclate de rire.
— Avoue que tu avais la trouille, hein, Maryse…
— …
— J'ai gagné… Jacques a perdu le procès… je suis ta nouvelle patronne officiellement. Ça s'arrose.
— C'est vrai ?
— …
— J'ai gagné… Jacques a perdu le procès… je suis ta nouvelle patronne officiellement. Ça s'arrose.
— C'est vrai ?
Un cri de soulagement plus qu'une question ! Elle approche de ma place une de ses deux coupes et dans un élan spontané, me voici qui me jette dans ses bras.
— Oh… Hélène, je suis heureuse que tu sois définitivement ma patronne. Oui, tu as raison pour mon job. Tu sais bien que j'ai les traites de mon appart chaque dix du mois… me voilà rassurée pour de bon.
— Ouais ? Et si nous sortions… ? Ce soir… qu'en dis-tu ?
— Pour faire quoi ? Ne me demande pas d'aller… à « L'affinité », s'il te plait ! Tout ce que tu veux, mais pas là-bas !
— Pourquoi ? Revoir le beau Franck t'effraie donc tant que cela ? Tu sais… il me téléphone souvent, pour avoir de tes nouvelles.
— Comment ça ? Il t'appelle toi pour te demander comment je vais ?
— Ben, puisque tu ne réponds jamais à ses messages… il biaise un peu… Il est accro de toi à un point que tu ne peux pas imaginer. Ce qui tend à vouloir dire que quelque chose s'est passé entre vous, lors de notre passage au club ? Tu ne m'en as jamais parlé, mais devant son insistance à connaitre ce que tu deviens, je sens bien que votre relation a évolué… je me trompe ?
— Et toi ? Avec ton Jean… ça court toujours ?
— Oh… il aimerait sans doute, mais je lui ai donné tout ce que j'avais pour lui ce fameux soir. Je ne peux pas plus et je ne vais pas me mettre dans les ennuis. Du moins tant que je ne suis pas totalement libérée de cet emmerdeur de Jacques. S'il apprenait que je couche par-ci par-là, il se ferait une joie de me mettre des bâtons dans les roues pour le divorce… je ne peux pas me le permettre. Tu saisis ?
— Oui… oui bien sûr. Mais tu es certaine que le club ne représente aucun risque ?
— C'est anonyme et privé… je ne pense pas qu'il y mette un pied un jour… et puis zut, j'ai envie de vivre. Mais raconte-moi, pour toi et Franck !
— Tu sais qui il est ?
— Ben un ami de mon Jean… non ?
— Son beau-frère en fait ! Et de surcroit c'est lui le propriétaire du club…
— Quoi ? Il est marié avec la sœur de Jean ?
— Non, la femme de Jean était la sœur du bonhomme, de ce Franck !
— Tu en sais plus que moi, dis donc ! Pourquoi tu dis : « était » ?
— Parce que ton ami est veuf… sa femme est décédée accidentellement, mais ne m'en demande pas plus… je ne sais rien d'autre.
— … quelle cachotière tu fais ! Alors, raconte !
— Quoi ?
— C'était comment avec le beauf… allez dis-moi !
— Il ne s'est rien passé, juste une discussion un peu longue, tu te doutes bien pourquoi, non ?
— Oh… zut ! Bon, je sens que tu ne veux pas parler… en tout cas, il s'est surement entiché de toi ma belle. Pourquoi ne pas tenter le coup ?
— Tu en as de bonnes Hélène… si tu t'imagines que c'est aussi simple…
— Arrête Maryse ! Ne joue pas les effarouchées, je sais bien que tu en as autant besoin ou envie que moi… et puis tiens… laisse-moi rêver d'une partie carrée avec les deux mecs et nous !
— Compte là-dessus et bois de la flotte, pas question que je fasse ça avec toi qui tiendrais la chandelle.
— Humm ! Ne dis jamais fontaine je ne boirai pas… tu sais la suite, hein !
— Allez, je trinque à ta victoire aux prud'hommes…
— Un restau ce soir ? Ça te va ?
— Juste une dinette entre toi et moi ? D'accord, mais tu t'en tiens là ?
— Rabat joie… c'est promis.
— Ouais ? Et si nous sortions… ? Ce soir… qu'en dis-tu ?
— Pour faire quoi ? Ne me demande pas d'aller… à « L'affinité », s'il te plait ! Tout ce que tu veux, mais pas là-bas !
— Pourquoi ? Revoir le beau Franck t'effraie donc tant que cela ? Tu sais… il me téléphone souvent, pour avoir de tes nouvelles.
— Comment ça ? Il t'appelle toi pour te demander comment je vais ?
— Ben, puisque tu ne réponds jamais à ses messages… il biaise un peu… Il est accro de toi à un point que tu ne peux pas imaginer. Ce qui tend à vouloir dire que quelque chose s'est passé entre vous, lors de notre passage au club ? Tu ne m'en as jamais parlé, mais devant son insistance à connaitre ce que tu deviens, je sens bien que votre relation a évolué… je me trompe ?
— Et toi ? Avec ton Jean… ça court toujours ?
— Oh… il aimerait sans doute, mais je lui ai donné tout ce que j'avais pour lui ce fameux soir. Je ne peux pas plus et je ne vais pas me mettre dans les ennuis. Du moins tant que je ne suis pas totalement libérée de cet emmerdeur de Jacques. S'il apprenait que je couche par-ci par-là, il se ferait une joie de me mettre des bâtons dans les roues pour le divorce… je ne peux pas me le permettre. Tu saisis ?
— Oui… oui bien sûr. Mais tu es certaine que le club ne représente aucun risque ?
— C'est anonyme et privé… je ne pense pas qu'il y mette un pied un jour… et puis zut, j'ai envie de vivre. Mais raconte-moi, pour toi et Franck !
— Tu sais qui il est ?
— Ben un ami de mon Jean… non ?
— Son beau-frère en fait ! Et de surcroit c'est lui le propriétaire du club…
— Quoi ? Il est marié avec la sœur de Jean ?
— Non, la femme de Jean était la sœur du bonhomme, de ce Franck !
— Tu en sais plus que moi, dis donc ! Pourquoi tu dis : « était » ?
— Parce que ton ami est veuf… sa femme est décédée accidentellement, mais ne m'en demande pas plus… je ne sais rien d'autre.
— … quelle cachotière tu fais ! Alors, raconte !
— Quoi ?
— C'était comment avec le beauf… allez dis-moi !
— Il ne s'est rien passé, juste une discussion un peu longue, tu te doutes bien pourquoi, non ?
— Oh… zut ! Bon, je sens que tu ne veux pas parler… en tout cas, il s'est surement entiché de toi ma belle. Pourquoi ne pas tenter le coup ?
— Tu en as de bonnes Hélène… si tu t'imagines que c'est aussi simple…
— Arrête Maryse ! Ne joue pas les effarouchées, je sais bien que tu en as autant besoin ou envie que moi… et puis tiens… laisse-moi rêver d'une partie carrée avec les deux mecs et nous !
— Compte là-dessus et bois de la flotte, pas question que je fasse ça avec toi qui tiendrais la chandelle.
— Humm ! Ne dis jamais fontaine je ne boirai pas… tu sais la suite, hein !
— Allez, je trinque à ta victoire aux prud'hommes…
— Un restau ce soir ? Ça te va ?
— Juste une dinette entre toi et moi ? D'accord, mais tu t'en tiens là ?
— Rabat joie… c'est promis.
À parole donnée, suite est organisée. Et là devant la nana qui m'embrasse sur le pas de ma porte, je suis soufflée. Élégante et superbe, dans une tenue… à la limite de la décence pour un œil avisé. Jupe courte noire, corsage de satin de même couleur orné d'une rose rouge sur le sein gauche, des bas ou des collants sombres également accompagnent une paire d'échasses vertigineuse. S'ajoute à cela un maquillage des plus manifestes, rehaussé par un trait de gloss ravageur, Hélène est plus que belle, désirable à coup sûr. Je dois faire pâle figure à ses côtés. Le petit sursaut que j'ai alors qu'elle se tient dans la lumière crue de l'entrée de mon immeuble l'a fait sourire.
Elle se sent obligée de poser une question, embarrassante pour moi.
— Quoi ? Ça fait trop… pute ? Tu n'aimes pas ma tenue ?
— Ce n'est pas ça ! Tu es, sans blague, à croquer. Je trouve bizarre que juste pour une dinette entre copine, ou patronne-employée, tu te sois mise sur ton trente-et-un. Trop belle pour être honnête quoi, et c'est louche Hélène !
— Tu vois le mal partout ! Ce soir, je suis en… semi-liberté et puis on va fêter l'éviction pure et simple professionnellement de mon bientôt ex-mari…
— Je vais avoir l'air de quoi, moi en jean et chandail près de la gravure de mode qui va s'afficher à la table au restaurant ?
— Sotte va ! L'habit ne fait pas le moine et c'est juste l'apparence, tu le sais. Oublie tout cela et tâchons de prendre du bon temps. Allez en route, Maryse…
— Où va-t-on ? Tu as choisi quel truc pour le dîner ?
— Tu verras bien ! Monte et laisse-moi te guider.
— …
— Ce n'est pas ça ! Tu es, sans blague, à croquer. Je trouve bizarre que juste pour une dinette entre copine, ou patronne-employée, tu te sois mise sur ton trente-et-un. Trop belle pour être honnête quoi, et c'est louche Hélène !
— Tu vois le mal partout ! Ce soir, je suis en… semi-liberté et puis on va fêter l'éviction pure et simple professionnellement de mon bientôt ex-mari…
— Je vais avoir l'air de quoi, moi en jean et chandail près de la gravure de mode qui va s'afficher à la table au restaurant ?
— Sotte va ! L'habit ne fait pas le moine et c'est juste l'apparence, tu le sais. Oublie tout cela et tâchons de prendre du bon temps. Allez en route, Maryse…
— Où va-t-on ? Tu as choisi quel truc pour le dîner ?
— Tu verras bien ! Monte et laisse-moi te guider.
— …
Bon, de toute façon, quand elle a décidé quelque chose, elle est têtue comme une mule. Inutile que je me creuse la cervelle ou que je l'assaille de questions, elle va rester muette et me taquiner tout le long du trajet. Le mieux c'est comme elle le dit, que je me laisse embarquer vers... je ne sais où. Dans l'espace confiné de sa voiture, les délicieux effluves de son parfum me parviennent. Alors non seulement elle s'est nippée telle une princesse, mais de surcroit elle est parfumée ? Et nous sommes dans le flot d'une circulation normale pour un soir précédent un week-end. Pas fluide sans être d'une densité dérangeante. Un autre bon point qui me soulage, nous allons à l'opposé du club de Franck.
Lorsque le son singulier du clignotant m'indique que nous allons virer sur la gauche, mes quinquets se portent sur une maison ou un établissement largement illuminé. Je ne connais pas l'endroit. Paumé en pleine cambrousse, pour dénicher ce restaurant, il faut évidemment être renseigné. Le parking voit la petite berline d'Hélène se loger entre deux de ses sœurs plus imposantes. Il ne reste guère de places libres, ce qui me fait penser que l'endroit est prisé. Les bonnes adresses se chuchotent entre gens de bonne compagnie, comme toujours. Et j'ai le sentiment dès que nous mettons un orteil dans l'établissement que c'est select.
Une jeune demoiselle nous prend en charge immédiatement, s'enquiert du nom de la réservation, nous guide dans la foulée vers un endroit discret où une table est dressée. Nous prenons place tranquillement et au moment de m'assoir, je découvre très curieusement que ce ne sont pas deux couverts qui sont là, mais bien quatre. La serveuse qui nous drive ne bronche pas d'un pouce devant la mine que je dois faire d'un coup. Je me demande ce qu'a encore bien pu mijoter cette Hélène qui n'en fait qu'à sa tête. Elle aussi sent que je suis décomposée.
— Ne t'en fais pas ma chérie ! Les autres invités vont aussi te plaire.
— Les autres invités ? De qui parles-tu ? Qu'est-ce que c'est que ce micmac ?
— Disons que je force un peu le destin pour toi, puisque tu es trop lâche pour réagir.
— Hein ? Tu m'as piégée ? Qui sont tes invités mystères ? Dit…
— Pas la peine, regarde qui arrive !
— ?
— Les autres invités ? De qui parles-tu ? Qu'est-ce que c'est que ce micmac ?
— Disons que je force un peu le destin pour toi, puisque tu es trop lâche pour réagir.
— Hein ? Tu m'as piégée ? Qui sont tes invités mystères ? Dit…
— Pas la peine, regarde qui arrive !
— ?
Dans l'espace de la réception, la jeune femme, celle qui vient de louvoyer entre les tables pour nous allouer notre place, refait un chemin identique, mais cette fois avec dans son sillage, Jean et Franck.
— C'est pas cool, ça Hélène ! Tu aurais dû m'avertir.
— C'est ça ! Pour que tu te défiles une fois de plus ! Ben non ! Et puis… nous sommes leurs invitées et pas l'inverse, d'accord. Alors tu ne vas pas gâcher notre soirée.
— …
— C'est ça ! Pour que tu te défiles une fois de plus ! Ben non ! Et puis… nous sommes leurs invitées et pas l'inverse, d'accord. Alors tu ne vas pas gâcher notre soirée.
— …
Je vois, incrédule, les deux visages souriants qui se rapprochent au pas nonchalant de la placeuse. Je ne peux tout de même pas me lever et filer comme une voleuse. Ils sont là et je dois faire bonne figure. Nous nous levons pour saluer les arrivants dont les regards sont plantés sur nous. Jean embrasse Hélène et Franck lui marque un temps de pause avant de se rapprocher de moi.
— Bonsoir Maryse… vous êtes toujours aussi… ravissante. Bonsoir Hélène ! Merci d'avoir répondu toutes deux à mon appel…
Jean desserre l'étau de ses bras qui cramponne le buste de ma patronne et me salue également. Il y a un moment de flottement, un climat surréaliste créé par leur venue. Dans ma caboche des tas de pensées se bousculent. Comment Hélène a-t-elle osé me faire un coup pareil ? Chacun prend place autour de la table et je ne sais plus quoi dire. Un silence à couper au couteau qui s'il dure trop va plomber l'ambiance ! L'instigatrice de ce coup fourré le sent, et elle se dépêche de remettre un peu d'ordre dans tout ceci.
— Je dois vous avouer messieurs, que j'ai un peu triché. Je n'ai pas averti Maryse de votre invitation. C'est pourquoi vous la voyez un peu… choquée. Mais elle se serait encore inventé un prétexte pour ne pas diner avec nous.
Les trois paires d'yeux qui me scrutent sont pétillantes. Je m'attends à une avalanche de questions de la part de ce Franck si… charmant, si charmeur surtout. Mais non ! Les hommes se contentent de ne rien répliquer à la mise au point de ma boss.
— Vous êtes… un vrai rayon de soleil, et je suis heureux de vous revoir Maryse. Jean voulait fêter avec votre amie Hélène la victoire de son avocat… j'ai donc tenté ma chance en intercédant auprès de votre amie pour qu'elle vous amène ici aussi ce soir. Je suis ravi de votre présence.
— Merci.
— Merci.
Un simple merci ! Bien plat après une tirade dite avec une vraie conviction. C'est censé me flatter ? Je réprouve muettement la duplicité de celle que je croyais être mon amie. Un zeste de colère barre mon front d'une ride trop visible ? En tout cas, celle dont Jean ne quitte plus la main me fixe intensément. S'imagine-t-elle que je vais lui envoyer une bordée de reproches ? Bien sûr que non ! Je suis civilisée, et dois soudain admettre que revoir ce type est… un choc plus violent que je le voudrais. Là en pleine lumière… ses tempes argentées, son allure plutôt sportive, tout chez lui me transporte dans la nuit d'une chambre inconnue.
Pas d'autres solutions que de faire bonne figure. Au bout de quelques minutes de flottement, si tout n'est pas redevenu normal, la situation s'améliore grandement. Jean est empressé à l'encontre de la belle Hélène. De son côté, Franck aussi m'envoie des signaux plus que tendres et notre drôle de dîner se décline sous des auspices bienveillants. Une certaine tension monte entre les deux qui éprouvent une attirance physique indéniable. Contrairement à ce qu'elle m'a affirmé plus tôt au bureau, Hélène me parait éprise gravement de son boy-friend. Le repas se déroule gentiment, alors qu'à diverses reprises la paluche de Franck frôle le dos de la mienne. Patte que je retire de moins en moins vivement, au fil des tentatives du bonhomme.
Un énième essai et je lui abandonne cette main qu'il convoite. De leur côté, Hélène et Jean ne se préoccupent plus vraiment de ce que nous faisons. Ils sont les yeux dans les yeux, enamourés sur des rivages lointains qui les font dériver. Il y a déjà un bout de temps que les fourchettes montent instinctivement à leurs lèvres. Dire qu'elle disait n'avoir plus rien à lui donner, qu'est-ce que ce serait si elle l'aimait ? Dans mon cerveau cette simple réflexion me donne le sourire. Sans que je songe à mal, il est immédiatement capté par mon chevalier servant qui le reçoit tel un présent pour son geste en cours.
Pourquoi après cela, ne se sentirait-il pas encouragé à avancer ? Comment ne pas croire en sa bonne étoile, puisque le fait de me caresser juste la menotte illumine mon visage ? De là à être plus gourmand, il n'y a qu'un pas. Celui-ci est allégrement franchi par le biais d'un pied sous la table, non visible du couple qui s'envoie des œillades mirobolantes. Je sens en premier lieu sur mon escarpin, une légère secousse, puis une simple pression délicatement répartie. Ensuite une reptation lente qui fait se frotter sur ma cheville ce qui parait être éloigné de la chaussure masculine.
Il a compris le bougre, que je n'allais pas me baisser pour voir ce qui grimpe là. Pour ne pas montrer à Hélène et à Jean évidemment que mon cavalier me tripote sous la table. C'est tellement soudain, anodin également, que je juge peu grave cette ascension piétonne. De toute façon, je suis en pantalon, donc à partir de l'endroit où il se tient, le ripaton ne peut que froisser la matière dont celui-là est fait. Pas très grave en soi. Une lente montée débute là, pour quel objectif ? Il ne peut être question que d'une caresse purement symbolique. Ce qui me cloue sur place, c'est bien que ça me mette dans une sorte d'état second. Pourquoi ? Suis-je perverse au point de mouiller pour un panard qui prend ses aises ?
Parce que… oui, j'ai des frissons à l'évocation de cette chaussette qui grimpe de plus en plus haut. Elle et ce qu'elle contient se lovent déjà au niveau de mes genoux serrés. Franck sait se montrer discrètement entreprenant. Bon ! Les dineurs amis se livrent également à une parade qui rappelle celle des oiseaux à la saison des amours. Quant à mon vis-à-vis, lui arrive à longer ce corridor que forment mes deux cuisses serrées l'une contre l'autre par la position assise. Et je sais enfin, où il veut envoyer ce visiteur plus totalement indésirable. La plante du pied se fraye un chemin pour prendre appui sur… la partie basse de mon ventre… là où… une braguette clôt sagement l'endroit.
Reculée au maximum sur mon siège, protégée de la vue d'Hélène par le tombant de la nappe, l'homme fait jouer le bout de ses orteils d'une manière surprenante et il garde ses quinquets rivés aux miens. Lentement, sans un bruit, une danse étrange se met en place et chaque impulsion des phalanges pourtant bien emmitouflées dans une gangue de coton me fait sursauter. Et avec ces fantaisies inconnues, je me sens envahie par une pointe d'excitation de plus en plus forte. Incroyable ! Ce type me caresse la chatte du pied sur mes fringues et ça me met dans un état impossible à décrire. Mince ! Je n'en reviens pas de l'audace qu'il lui faut pour… oser faire ça devant son pote et mon amie.
À diverses reprises ma fourchette reste en suspens aux abords immédiats de ma bouche. Lui le remarque et accélère la cadence de la danse de Saint-Guy de son pied qui rend mes mouvements saccadés. Je suis du coup dépendante de son bon vouloir, et prisonnière de ce besoin de le sentir remuer là ! Je regrette, je sais, c'est con, oui ! Je regrette de n'avoir pas une simple jupe. Je rêve de ce que cette indécente cajolerie donnerait si… comme Hélène la place était moins enfermée. Mon souffle, il va finir par me trahir, alors, je serre les dents. Pas question de faire savoir à ceux qui s'enfièvrent en se reluquant comme deux tourtereaux que je suis… en transe. Il a bien saisi cela, ce salaud de Franck. Le moindre soupir et Jean ou Hélène sauront…
Quand me vient l'idée de jeter l'éponge ? C'est insidieux, c'est trop fort. Alors d'un geste derrière lequel je masque mon trouble, j'essuie mes lèvres d'un passage de serviette qui se veut nonchalant. Rien de spontané cependant et je soulève mon derrière de l'assise de mon siège. Repli immédiat de l'encombrant visiteur qui désappointe le type aux tempes argentées.
— Bon ! Veuillez m'excuser, mais j'ai besoin de me rendre aux toilettes.
— Mais je vous en prie !
— Mais je vous en prie !
Il y a comme un relent de regret dans cette formulation polie chez Franck. Ça secoue aussi Hélène qui finalement en profite pour sortir de cette torpeur qui l'habite.
— Eh bien… messieurs, je crois que je vais accompagner mon amie… pour la guider vers le petit coin. On ne sait jamais, elle pourrait se perdre.
Les mecs rient jaune pour l'un, bien plus décontracté pour le galant de ma patronne. C'est donc ensemble que nous déambulons dans la salle, à la recherche du « pipi-room ». Là, elle s'engouffre dans une cabine et l'eau qui coule sur mes mains m'interdit d'entendre le son de la cataracte derrière la mince cloison. Lorsqu'elle ressort, à sa mine, je sais qu'elle va me parler.
— Dis-moi… Maryse, ça te dérangerait de rentrer avec le beau-frère de Jean ?
— Hein ? Tu veux m'abandonner ici ? Tu as un besoin urgent ?
— Ben… tu n'es pas si perdue avec Franck… et je reconnais que Jean sait me chauffer, juste avec les yeux.
— Ouais ! Donc je suis gênante, n'est-ce pas ? L'empêcheuse de tourner en rond ou de baiser en paix ?
— Ne le prends pas de cette façon. J'ai dans l'idée que tu pourrais tirer profit de la situation…
— Quoi ?
— Oh ! Tu te tortilles drôlement depuis un bon moment déjà sur ta chaise, je ne suis pas née de la dernière pluie.
— Mais non ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ? Tu… es folle…
— Ah oui ? Tu expliques comment cette tache sur ton pantalon, là, juste à l'entrejambe ? Tu te fais pipi dessus maintenant ? Attention, la sénilité te gagne, ma belle !
— Hein ?
— Hein ? Tu veux m'abandonner ici ? Tu as un besoin urgent ?
— Ben… tu n'es pas si perdue avec Franck… et je reconnais que Jean sait me chauffer, juste avec les yeux.
— Ouais ! Donc je suis gênante, n'est-ce pas ? L'empêcheuse de tourner en rond ou de baiser en paix ?
— Ne le prends pas de cette façon. J'ai dans l'idée que tu pourrais tirer profit de la situation…
— Quoi ?
— Oh ! Tu te tortilles drôlement depuis un bon moment déjà sur ta chaise, je ne suis pas née de la dernière pluie.
— Mais non ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ? Tu… es folle…
— Ah oui ? Tu expliques comment cette tache sur ton pantalon, là, juste à l'entrejambe ? Tu te fais pipi dessus maintenant ? Attention, la sénilité te gagne, ma belle !
— Hein ?
Réflexe humain pur, je baisse mon visage pour inspecter l'endroit qu'elle déclare souillé. Et rien ! Mais ça la fait rigoler. Pour un peu elle applaudirait pour de bon.
— Ça marche toujours ce vieux truc. Tu as regardé ta braguette ! Tu es bien trop prude et sage pour oser même mettre une jupe pour sortir, alors, des gestes déplacés au vu et su de tous… c'est au-dessus de tes forces, hein ma vieille ?
— Mais…
— Bon, tu rentres avec Franck, c'est entendu ? Jean et moi allons pousser un peu plus avant notre soirée. J'ai besoin de mettre de la distance entre Jacques et moi…
— De la distance ? Vingt ou vingt-cinq centimètres dans le meilleur des cas, tu parles d'une distance. C'est bon, je vais me débrouiller pour rejoindre mes pénates, mais c'est pas cool.
— Zut : Tu vas me gâcher mon plaisir… Tu m'en veux vraiment ?
— Mais non ! Tu ne vois pas que je te taquine ? Tu n'es pas la seule à faire des frayeurs aux autres… c'est un juste retour des choses. C'est bon, vas-y avec ton Jean et passe une bonne nuit… tu me raconteras si c'est un bon coup.
— … Merci ! Tu es une vraie copine… merci Maryse !
— Mais…
— Bon, tu rentres avec Franck, c'est entendu ? Jean et moi allons pousser un peu plus avant notre soirée. J'ai besoin de mettre de la distance entre Jacques et moi…
— De la distance ? Vingt ou vingt-cinq centimètres dans le meilleur des cas, tu parles d'une distance. C'est bon, je vais me débrouiller pour rejoindre mes pénates, mais c'est pas cool.
— Zut : Tu vas me gâcher mon plaisir… Tu m'en veux vraiment ?
— Mais non ! Tu ne vois pas que je te taquine ? Tu n'es pas la seule à faire des frayeurs aux autres… c'est un juste retour des choses. C'est bon, vas-y avec ton Jean et passe une bonne nuit… tu me raconteras si c'est un bon coup.
— … Merci ! Tu es une vraie copine… merci Maryse !
— xXx —
Le débat est rapide et personne ne s'en plaint. Le duo Hélène-Jean nous largue sur le parking. Il est évident que ces deux-là ont fait monter suffisamment la température pour que les choses deviennent irréversibles. Ça semble faire les affaires de celui qui insidieusement a su jouer du pied dans la salle du dîner. Il a donc un avantage qu'il se plait à mettre à profit de suite. Je suis quelques fractions de seconde encore, les feux de la bagnole de ma patronne. Franck se tait, mais sa main est rapidement revenue se poser sur mon épaule.
— Et nous, Maryse ? Que fait-on de notre soirée ?
— Tu peux me déposer chez moi.
— Déjà ? Mais nous ne nous sommes vus que le temps d'un dîner… tu n'as donc pas envie de bouger un peu ? Je suis si heureux de passer un moment en ta compagnie.
— Si Hélène ne m'avait pas manipulée, nous ne serions pas sur un parking seuls. Je ne tiens pas à souffrir à nouveau. J'ai apprécié notre première « fois », elle doit n'être que cela ! Un coup d'un soir qu'il n'est pas souhaitable de rejouer.
— Je t'ai déçue ? J'ai fait, dit quelque chose qui t'a fâchée ? Je peux être bourrin parfois ! Je t'ai fait du mal ?
— Non ! Je ne tiens pas à recommencer, c'est tout. Je ne désire pas aller plus loin, tu peux comprendre ça ?
— Tu as peur ? C'est parce que je suis le patron de « L'affinité », réponds-moi franchement ! J'ai besoin de savoir pourquoi.
— Justement pourquoi ? Pourquoi moi, pourquoi sommes-nous là, loin de tout, sur un parking où je n'ai rien à y faire ? La vie est pleine de pourquoi ! C'est même à coups de pourquoi qu'elle devient vite insupportable. J'ai aimé faire l'amour avec toi, mais je t'en supplie, n'insiste pas. Ça doit rester un bon souvenir et pas autre chose. Je ne tiens pas à le refaire.
— Maryse… je t'en supplie, donne-moi une seule bonne raison de ne plus espérer. Jean et ton amie semblent heureux et ils nous offrent l'opportunité de partager une fois encore un bon, un très bon moment. Tu es… et puis zut ! Autant te le dire tout net… je suis tombé amoureux de cette femme brune ce soir-là. Oui ! Je ne pense plus à rien d'autre, tu es dans tous mes rêves, tu trottes dans ma caboche jour et nuit. J'ai… surtout besoin de toi. Pas que sur le plan purement sexuel, non. Tu es celle que j'ai si longtemps cherchée. C'est la différence d'âge qui te dérange ? Dis-moi, juste une seule raison et je te fiche la paix…
— … !
— Tu peux me déposer chez moi.
— Déjà ? Mais nous ne nous sommes vus que le temps d'un dîner… tu n'as donc pas envie de bouger un peu ? Je suis si heureux de passer un moment en ta compagnie.
— Si Hélène ne m'avait pas manipulée, nous ne serions pas sur un parking seuls. Je ne tiens pas à souffrir à nouveau. J'ai apprécié notre première « fois », elle doit n'être que cela ! Un coup d'un soir qu'il n'est pas souhaitable de rejouer.
— Je t'ai déçue ? J'ai fait, dit quelque chose qui t'a fâchée ? Je peux être bourrin parfois ! Je t'ai fait du mal ?
— Non ! Je ne tiens pas à recommencer, c'est tout. Je ne désire pas aller plus loin, tu peux comprendre ça ?
— Tu as peur ? C'est parce que je suis le patron de « L'affinité », réponds-moi franchement ! J'ai besoin de savoir pourquoi.
— Justement pourquoi ? Pourquoi moi, pourquoi sommes-nous là, loin de tout, sur un parking où je n'ai rien à y faire ? La vie est pleine de pourquoi ! C'est même à coups de pourquoi qu'elle devient vite insupportable. J'ai aimé faire l'amour avec toi, mais je t'en supplie, n'insiste pas. Ça doit rester un bon souvenir et pas autre chose. Je ne tiens pas à le refaire.
— Maryse… je t'en supplie, donne-moi une seule bonne raison de ne plus espérer. Jean et ton amie semblent heureux et ils nous offrent l'opportunité de partager une fois encore un bon, un très bon moment. Tu es… et puis zut ! Autant te le dire tout net… je suis tombé amoureux de cette femme brune ce soir-là. Oui ! Je ne pense plus à rien d'autre, tu es dans tous mes rêves, tu trottes dans ma caboche jour et nuit. J'ai… surtout besoin de toi. Pas que sur le plan purement sexuel, non. Tu es celle que j'ai si longtemps cherchée. C'est la différence d'âge qui te dérange ? Dis-moi, juste une seule raison et je te fiche la paix…
— … !
Sa voix est implorante. Il me fait fondre ce salaud. Est-ce que c'est contrôlé ? Voulu ? Je suis sur le point d'abdiquer vraiment. Lui se balance d'un pied sur l'autre, sans trop savoir que faire de sa grande carcasse. Alors, dans une ultime tentative pour échapper à ce qui me ronge, je détourne le visage, cherchant un refuge dans ce qui nous entoure. La patte qui serre toujours mon épaule s'envole. Franck, nez baissé file vers sa voiture. Il ouvre la portière avant côté passager et contourne le véhicule, dans un mutisme total. Une fois installé sous son volant, il attend que je prenne place à ses côtés. Voilà ! Assise dans l'habitacle, le ronronnement du moteur me fait sursauter.
C'est d'une voix neutre et blanche qu'il s'adresse à ma petite personne.
— Tu m'indiques la route de ton « chez toi », s'il te plait ?
— Euh… ah oui !
— Euh… ah oui !
Je lui jette mon adresse, tel un crachat au visage. Et nous roulons, tendus l'un et l'autre, incapables de surmonter ce long blanc qui nous éloigne. Le véhicule est vite dans les parages de mon immeuble. C'est l'heure de nous séparer. Il sort de la bagnole, pour m'ouvrir galamment la porte. Et à ma sortie, nous sommes si proches ! Ce qui suit se déroule dans un vrai brouillard. Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle je me retrouve dans ses bras. Quand je dis bras, c'est contre son torse solide que je viens m'écraser. Déjà sa bouche me délivre de petits bisous sonores sur le front, au coin des yeux. Je me sens perdue, empreinte d'un grand élan de tendresse pour ce nounours qui, je ne sais par quel miracle, infléchit mon jugement.
Sous l'unique lampadaire de la rue qui inonde le trottoir de sa lumière pisseuse, Franck baisse son visage vers le mien dans le but de m'embrasser. Reculer, refuser ou me laisser de nouveau entrainer dans une pelle qui forcément ne va pas laisser mon corps indifférent ? Je n'ai guère de temps pour choisir. Et l'information arrive à mon cerveau bien tardivement. Tellement que nos lèvres sont réunies pour une fête terriblement précise. Impossible de retenir ma langue de papillonner avec celle de celui qui me donne des frémissements, une chair de poule totale. Merde ! Ce palot me plonge tout droit dans un cataclysme que je pressentais. Faire machine arrière ? Plus une seule seconde je ne l'envisage, depuis que notre ballet labial vient de débuter.
Mais nous sommes exposés, à cet endroit très voyant, aux regards des gens de mon immeuble. Que faire ? C'est ma patte qui trouve l'unique solution. Pas un mot n'est dit, mais il est vrai que deux bouches qui s'embrassent ne se prêtent guère à une autre discussion. J'attire Franck vers l'entrée dans la façade de mon immeuble. Puis d'un doigt tremblotant, je presse sur les boutons qui actionnent l'ouverture du digicode des baies vitrées. Les escaliers sont grimpés en silence, lui me cramponnant la louche, sachant sans doute qu'il va gagner et mettre mat la reine. L'échiquier lui est derrière cette serrure que je débloque pour le faire pénétrer dans mon royaume. Le battant repoussé derrière nous, il ne reste que si peu de distance entre le hall et ma couche…
Je ne cherche pas à dissimuler quoi que ce soit de mon corps rapidement dénudé. Mon compagnon de route non plus. Nous sommes sur mon lit, avec les deux chevets qui diffusent une lumière blanche. C'en est pas moins glamour. Et nous faisons fi de nos défauts corporels respectifs. Là, sur le couvre-lit rien d'autre n'a d'importance que le plaisir que nous partageons. Drôle aussi comme je replonge vite dans une jouissance latente, dans un état où chaque effleurement, chaque caresse s'apparentent à une sensualité exacerbée. Sentir et également voir, amplifie mon trouble. Extrêmement excitée par le toucher, je ne m'interdis absolument aucun des gestes que pratiquent les amants d'habitude. Et ma bouche n'embrasse pas que les lèvres d'un Franck ravi. Je rends câlin pour câlin dans des postures dont la seule description offusquerait bien des femmes.
Un peu chatte, beaucoup plus chienne sans doute, j'use de ce que ce type a à m'offrir. Oh ! Il est certain qu'à aucun moment, il ne se défile et accepte mes baisers les plus osés, comme je ne refrène absolument pas les siens. C'est une tout autre découverte que celle qui se passe là. J'ai plus envie de baiser que de faire l'amour vraiment. Mes sens ont pris le dessus sur la morale. Mais nous sommes majeurs et vaccinés, après tout, ce qui se trame dans l'intimité d'une alcôve, si c'est librement consenti, ça ne peut qu'apporter un trop-plein de bonheur. Et mon corps plie de maintes manières sous le joug d'un amant déchainé. Ils sont très loin de mes pensées, ma patronne et son Jean. Gageons également qu'ils se livrent à un identique manège là où ils sont.
Je râle sur mon lit, me roule dans des scènes à en faire grincer le sommier. Les sons rauques, petits gémissements et cris que ma gorge expulse ne sont nullement retenus. Il me serait bien difficile de garder secret ce qui me rend heureuse. Alors oui, je laisse mon corps exulter, mes sens se libérer. Et la minuscule pointe qui augmente au centre de mes reins se duplique en milliers de lancettes qui me font hurler. Rien de douloureux dans ces chevauchées orchestrées par un cavalier émérite. Juste une impossibilité à serrer les dents pour ne pas gémir sous les assauts forcenés d'une queue en délire. Lui et moi… même combat pour l'instant. Et les « ah », les « han » qui ponctuent chaque coup de boutoir font s'enfoncer en moi jusqu'à la garde, la mentule bienveillante
Je suis limée dans des postures dont je ne suis pas seulement capable de dire comment elles sont réalisables. Tout mon être s'y prête, sans comprendre la manière de m'y retrouver. Et c'est de plus en plus monstrueusement surprenant. Mes glapissements, mes ululements crèvent le silence de ma chambre. Et les soupirs de Franck ne sont que les pendants de ces beuglements de femme baisée que je pousse sans discontinuer. Peut-être sont-ils les signes directs du bien-être que je ressens. La peur aussi que tout s'arrête avant que j'aie pu éclater dans un orgasme des plus fous… fait que je hausse encore le ton. Franck, sous mes vocalises accélère le rythme, et je crois, mais ai-je bien raison, que nous sommes en phase pour une jouissance explosive.
Elle me surprend avec une violence inouïe, rejetant tout mon buste en arrière alors que je suis prise en levrette. C'est si bon, si fort que mon cavalier a beaucoup de peine à garder sa place en moi. Il se cramponne à mes seins qui se dressent fièrement dans cette position où je plaque mon dos à sa poitrine. Il parachève le tableau que nous peignons en pinçant les tétons dardés comme bien peu souvent. La vague qui parcourt mon ventre est infernale… oui ! Elle remonte du plus profond de mes entrailles pour faire tout trembler dans ce corps dont mon esprit ne maitrise plus un muscle. De plus, la déferlante s'accompagne d'une marée envoyée avec une force sans pareille. Un liquide clair qui inonde draps et matelas, et surement la partie basse de l'anatomie de mon amant.
Les bras en croix, littéralement vidée, je ne bronche plus. Les doigts de Franck sont serrés dans ma main et lui aussi reste inerte sur la droite de l'endroit où je gis. Les soupirs s'apaisent, et une fine couche de sueur me couvre le corps, se mélangeant sur mon bidou à l'air à la semence répandue par la bite. Franck va pour ouvrir la bouche et couper ce moment de grâce qui nous entoure. Dans un vrai effort pour soulever mon bras, j'envoie ma main vers ses lippes. Il n'y a pas dans ce mouvement, une hostilité quelconque, non. C'est simplement pour écouter la nuit. Et… alors que nous reprenons notre souffle, corps en fin repus, de derrière la cloison… je vous le donne en mille.
Mes voisins font l'amour aussi et la femme crie… un juste retour des choses ? Mon baiseur roule sur le flanc, côté face tourné vers moi. Sa main surélève son menton et il est aux aguets également. Alors, je peux lire sur ses lèvres un sourire espiègle. Sa paupière droite se ferme et se rouvre à une vitesse impressionnante. Un clin d'œil pour me faire savoir qu'il a compris. Enfin, sa bouche s'approche de mon oreille et il me murmure…
— Dis donc Maryse… on ne s'ennuie pas dans ton immeuble… tu suscites des vocations, ma belle !
— Chut… t'es capable de… rejouer ?
— Ben… si tu es en mesure de me remettre sur orbite, pourquoi pas ? Une partie à quatre avec un mur pour nous séparer ! Voilà qui est cocasse… Viens, viens mon ange ! Je peux te dire quelque chose ?
— Si c'est une vacherie, abstiens-toi…
— Non ! Je t'aime tout bêtement… ma Maryse.
— Chut… t'es capable de… rejouer ?
— Ben… si tu es en mesure de me remettre sur orbite, pourquoi pas ? Une partie à quatre avec un mur pour nous séparer ! Voilà qui est cocasse… Viens, viens mon ange ! Je peux te dire quelque chose ?
— Si c'est une vacherie, abstiens-toi…
— Non ! Je t'aime tout bêtement… ma Maryse.
Rien à répondre ! Je fourre mon visage dans mon oreiller, pas envie d'en entendre davantage. Deux fois, ce mec m'a fait voir toutes les étoiles de l'univers, mais est-ce bien de l'amour ? Je n'en sais foutrement rien… bon ! Et si… je rendais quelque vigueur à ce truc qui est si vicieux ? Je ne veux, ne peux plus penser sainement après la chevauchée fantastique qui nous a agités… mais ce que je sais, c'est bien que si la bête redresse son gland rose, alors oui… un nouveau round est réalisable… je m'emploie donc à remettre, le spi, la voile au vent… ! Il n'y a guère d'autres moyens pour y parvenir… mains ou bouche ? Disons que c'est un mariage heureux des deux… et le chapiteau hisse le drapeau, presque vert. Il sera temps de penser demain… non tout à l'heure puisqu'il est largement l'heure de se lever.
Fin de la première partie…
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Commentaires ()
J'espère qu'on aura la suite bientôt, ces 2 chapitres sont très plaisants.
Dommage que l’auteur ait décidé de l’interrompre
Très belle histoire, très bien écrite et l’on peut apprécier le ressenti et les interrogations de Maryse.
Je ne m’étendrai pas sur la description des scènes de sexe ou plutôt d’amour.
Un grand bravo pour cette histoire qui mériterait d’être développée et médaillée.
Alors que cette histoire est merveilleuse dans les descriptions des pensées et du ressenti de Maryse.
J’ai adoré
Beau style, belle expression, très voluptueuse, pleine d’amour
merci
Décidément, nous ne sommes pas tous pareils