Chroniques d'une Jeunesse Parisienne
Chapitre 1 · Au Creux des Réminiscences et des Fantasmes
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Chroniques d'une Jeunesse Parisienne — Chapitre 1 · Au Creux des Réminiscences et des Fantasmes

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XXVII
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Chroniques d'une Jeunesse Parisienne

Chapitre 1 · Au Creux des Réminiscences et des Fantasmes

Longtemps, mes rêves ont été hantés par des figures féminines, jusqu'au jour où son visage est apparu pour la première fois.
Le son strident de mon réveil m'arrache cruellement à l'un de ces rêves tandis que je tâtonne dans l'obscurité à la recherche de mon téléphone pour le faire taire. Mes yeux peinent encore à s'ouvrir alors que je me redresse dans mon lit. Le petit studio qui me sert de nouveau refuge depuis deux semaines s'illumine doucement sous les premiers rayons du soleil lorsque j'ouvre les volets, dévoilant une petite cour paisible, uniquement troublée par les lointains bruits de voitures d'un Paris qui s'éveille lentement dans une douce matinée de septembre et de quelques voisins allant déjà affronter cette jungle urbaine malgré l'heure prématurée sur la montre qu'ils portent au poignet.
Le tour de mon petit appartement se fait rapidement, à commencer par mon lit dans un coin, sous la seule fenêtre de la pièce. J'aime prétendre que l'on peut voir la Tour Eiffel de celle-ci, fier d'enfin pouvoir la côtoyer, même s'il faut se tordre le cou pour l'apercevoir. En face de la fenêtre, une petite table avec deux chaises se trouve à côté de la porte d'entrée, qui grince à chaque mouvement tout comme certains endroits du parquet. À droite, le strict minimum pour appeler l’endroit une cuisine, quelques placards et une petite porte menant à une salle de bain étroite ; à gauche, entre mon lit, qui semble m'appeler pour me blottir un instant encore dans la douceur de mes draps, et une petite bibliothèque déjà poussiéreuse, se dresse un grand miroir dans lequel je me contemple toujours, scrutant minutieusement chaque détail, avant de quitter ce que je considère désormais comme mon sanctuaire.
Tout ou presque est dit sur cet appartement. Il n'est pas incroyable, mais je l'adore. À 18 ans, je vis seul pour mes études et je m'en sors plutôt bien. Avant cela, j'habitais déjà en Île-de-France, mais trop loin de ma nouvelle école à Paris. Mes parents, qui ont toujours été préoccupés par le confort de leur fils unique sans avoir besoin de se sacrifier, ont trouvé plus pratique de me prendre un appart dans le 15ème arrondissement, à dix minutes de mon école, plutôt que de me forcer à faire trois heures de transport en commun par jour et me mêler à des gens aux gueules déprimées et à l'odeur de parfum bon marché. Quand ils m'ont annoncé ça, ils ont ajouté que ça allait m'apprendre l'indépendance, avec un petit sourire presque suffisant aux lèvres qui me donnait envie de leur rappeler toutes les fois où je leur avais déjà prouvé que je pouvais me débrouiller par moi-même.
Peut-être voulaient-ils juste un peu de tranquillité après 18 ans passés avec leur fils unique, sans oser me l'avouer ; eux qui ont toujours eu peur d'être de mauvais parents à chaque fois que les affres de l'adolescence m'ont encouragé à faire une connerie.
En même temps, je ne peux pas les blâmer. Vivre seul, c'est à la fois exaltant et effrayant. J'apprends à gérer mon temps, à cuisiner — même si mes premières tentatives se soldent souvent par des échecs risibles — et à me débrouiller sans leur aide constante. Cette autonomie nouvelle est à la fois un fardeau et une libération. Elle m'offre une liberté que je n'avais jamais connue, mais elle s'accompagne aussi d'une solitude parfois pesante, exacerbée par cette proximité constante avec l'espèce humaine : on ne se sent jamais aussi seul que lorsqu'on est entouré par ses congénères. Les voisins, eux, semblent mener des vies bien plus palpitantes que la mienne, comme ce trentenaire du quatrième qui ne connaît visiblement pas la définition du mot "sommeil" et organise des soirées interminables qui m'empêchent trop souvent de plonger dans le doux monde des rêves.
Les moments de calme dans ma solitude sont parfois perturbés par des fantasmes inattendus. D'abord, il y a les filles que je croise dans la rue encore vêtues de tenues estivales légères : des robes fluides dévoilant leurs épaules nues, des shorts laissant apparaître leurs jambes satinées par le soleil et des décolletés plongeants qui attirent irrésistiblement mon regard. Nos yeux se croisent alors, l'espace d'une seconde, avant que nous ne nous disions silencieusement au revoir pour toujours, me laissant avec pour seul souvenir de ces rencontres fugaces leurs parfums enivrants flottant encore dans l'air après leur disparition.
Surtout, il y a cette voisine d'en face, qui doit avoir à peine quelques années de plus que moi. Une brune élancée et sportive à la chevelure ondulée, qui semble avoir oublié l'utilité de ses volets quand elle se prépare le matin. Elle se balade souvent chez elle en petite tenue, dans des soutiens-gorge et string ornés de dentelle, qui m'échauffe l'esprit et me dévoile ses fesses pleines. Cette voisine ne semble pas se soucier des regards indiscrets qu'elle pourrait susciter, m'offrant au rythme de ses déambulations différents morceaux de sa peau qui ne demandent qu'à être effleurés par mes mains. Parfois, je m'imagine traverser cette petite cour, frapper à sa porte et sentir la douceur de ses lèvres se fondre contre les miennes pendant que nos vêtements glisseraient par terre jusqu'à ce que nous tombions sur son canapé, emportés par la fougue du moment et le désir brûlant dans le creux de nos reins, libérant notre passion dévorante sous la fenêtre par laquelle je l'observe.
Néanmoins ce sont que des rêveries solitaires. Peut-être pourrais-je, un jour, transformer ces rêveries en réalité, mais pour l'instant, je dois me contenter de ces pensées fugitives qui me rappellent que la solitude a aussi, d'une certaine manière, ses avantages. Mes parents et leurs manies des apparences me manquent un peu, malgré tout.
Je me lève enfin et jette un coup d'œil à mon reflet dans le miroir, seulement vêtu d'un caleçon. Cela fait presque un an que je vais à la salle de sport. Les heures passées à soulever des poids et à courir sur le tapis roulant ont finalement porté leurs fruits : mes muscles sont plus définis et mon endurance s'est nettement améliorée. Comme tout le monde, j'ai des complexes : un peu trop de graisse ici, pas assez de muscle là, mais j'essaie de les ignorer. À mesure que ma confiance en moi grandit, je commence à me sentir plus à l'aise dans ma peau : je sais que je plais à certaines femmes si tant est que je me donne la peine de les aborder et les charmer. Malgré tout, derrière cette confiance affichée et cette enveloppe charnelle séduisante que leurs yeux aiment pour certaines contempler, il y a toujours cette fragilité à peine perceptible, cette peur sous-jacente de ne pas être à la hauteur, que je comble avec leur regard.
C'est d'ailleurs ce qui a poussé mon ex-petite amie à rompre avec moi.
Alors que mon corps commençait doucement à attirer l'attention de certaines filles de mon âge, mon ex trouvait que je les laissais trop me tourner autour. N'étant pas de nature jalouse, je ne comprenais pas vraiment pourquoi ça la dérangeait, ce qui la rendait encore plus furieuse. Je me souviens de ses reproches, de son visage tiré par la frustration, l'incompréhension à chaque départ de soirée après que je me sois fait draguer sans rejeter une fille et les longues heures passées au téléphone à se réconcilier ensuite. Notre relation avait commencé sur de douces promesses, mais rapidement les non-dits se sont accumulés. Sa silhouette élancée, ses yeux pétillants, tout en elle m'avait attiré chez elle dès les premiers instants ; mais une distance s'est installée progressivement, une froideur dans nos étreintes qui ne parvenaient pas à combler mes passions les plus profondes.
Elle ne partageait pas mes envies, me faisant peu à peu glisser dans les bras dangereux de la frustration qui me fit découvrir une part plus sombre de moi-même.
Je ne l'ai jamais trompée malgré les multiples occasions, même pas un baiser volé sous l'excuse de l'ivresse dans ces soirées à l'époque du lycée où l'alcool coulait à flots et auxquels on se rendait parfois les week-ends. Les regards suggestifs échangés dans des coins sombres avec certaines filles devenaient, au fil des heures, des promesses d'une nuit passionnée et destructrice au bout des lèvres de créatures envoûtantes m'invitant à leur infliger les supplices les plus sombres de mon âme ; eux qui ne demandaient qu'à être assouvis dans de longues étreintes animales. La simple idée de goûter à leur langue serpentine me faisait déjà vaciller au bord du précipice de l'irréparable. Mais, à la différence d’Éve, j'ai toujours résisté à la tentation du fruit défendu et de la connaissance interdite : je suis toujours resté fidèle à mon ex même si, au fond, je savais que ça ne durerait pas entre nous.
Nos différences devenaient trop grandes, nos chemins trop divergents et nos désirs trop incompatibles. Peut-être que si j'avais cédé la rupture aurait été plus facile à enclencher pour elle. Mais rester fidèle n'a pas suffi. Juste après avoir obtenu notre Bac, elle a rompu avec moi après presque un an ensemble à se tenir la main naïvement sur les bancs du lycée. J'ai passé un été maussade, emprisonné par les murs de ma chambre d'adolescent, m'accrochant aux souvenirs de cette relation perdue dans les premières semaines avec une certaine tristesse même si je n'étais pas si attaché à elle, avant de les laisser s'envoler dans la fraîcheur de l'air de mes destinations de vacances entouré de mes amis et de mes parents. Ils m'offraient des distractions bienvenues qu'ils s'efforçaient de faire paraître naturelles, m'aidant à laisser définitivement derrière moi cette page de ma vie lorsque j'ai plié bagage pour Paris pour commencer ma vie d'adulte.
Pour être honnête, je ne sais même plus quand j’ai pensé pour la dernière fois à ma rupture avec ce mélange d'amertume et de soulagement comme le signe de la fin du chapitre de mon innocence amoureuse et de mes premières expériences. Chaque matin à me réveiller sans cette boule au ventre me fait réaliser combien il est libérateur de ne plus être hanté par une relation qui me rongeait de l'intérieur tel un poison lentement distillé dans mes veines. Parfois, en regardant les couples se promener main dans la main, je me demande tout de même si elle a trouvé quelqu'un qui partage ses rêves.
Quant à moi, je souhaite désormais devenir quelqu'un de meilleur, d'apprendre à me contrôler pour avoir, dans le futur, une véritable relation saine ; mais je sais qu'une partie de moi souhaite juste enchaîner les aventures d'une nuit. Je n'ose pas encore assouvir ces désirs et pulsions animales qui me font parfois honte et je réprime tant bien que mal ces envies qui m'invitent à passer à autre chose en suivant l’appel sulfureux de mes pulsions pour enchaîner les histoires sans lendemain et transformer mon petit appartement parisien en sanctuaire de débauches où flotteraient les effluves de mes étreintes éphémères avec des inconnues de passage après leur départ et où les draps froissés garderaient en eux les traces de mes désirs enfin assouvis jusqu'à ce qu'une prochaine femme vienne tenter de combler le vide en moi, même si je sais qu'aucune ne saura jamais vraiment le remplir.
Au lieu de ça, j'ai passé les dernières semaines à me concentrer sur moi-même, à essayer de prendre mes marques dans cette nouvelle vie et me découvrir en même temps que la ville. Entre des allers-retours chez mes parents pour récupérer mes dernières affaires et revoir mes quelques amis qui ne traînent pas avec mon ex, les démarches administratives parfois absurdes, les séances à la salle de sport et les balades nocturnes le long de la Seine à découvrir des ruelles cachées, j'ai appris à apprécier cette nouvelle indépendance. C'était le bon choix, même si l'absence de nouvelles rencontres, quelles qu'elles soient dans leur finalité, commence à me peser un peu plus chaque jour.
Accoudé à ma fenêtre, savourant un café qui éveille lentement mes sens, je laisse les derniers fragments de mes rêves s'évaporer doucement, chassant les brumes de la nuit à chaque nouvelle gorgée, et m'efforce de ne pas trop penser à cette solitude écrasante jusqu'à ce que ma voisine, muse de mes réveils solitaires, apparaisse enfin dans sa routine matinale devant mon regard encore doucement enveloppé par la somnolence. Elle pavane sa délicate et enivrante poitrine comme un costume insolent de féline séductrice : son unique string écarlate à l'aura flamboyante dont elle est à peine drapée est comme un irrésistible défi qui m'est lancé et qui m'invite à venir le lui arracher de sa taille gracile pour posséder sa féminité comme j'en ai tant de fois rêvé.
Je détourne brusquement le regard, brisant l'illusion, et m'oblige à penser à la journée qui m'attend en chassant cette vision charnelle de mon esprit pour revenir à la réalité et me focaliser sur ma rentrée d'aujourd'hui, impatient de commencer ma nouvelle vie et de laisser derrière moi et à tout jamais ces vieux démons que je juge comme les fruits de mon arbre de solitude.
Je me suis levé aux aurores pour être sûr de ne pas être en retard et profite du temps que j'ai devant moi pour me faire une petite séance de sport improvisée, me rappelant que la motivation n'existe pas et que tout n'est qu'une question d'habitude et de discipline, en faisant des séries de pompes et d'abdos jusqu'à sentir mes muscles s'engourdir douloureusement et mon esprit, qui lutte pour rester concentré, déterminé, mais éreinté par l'effort, finir par flancher. Après avoir transpiré suffisamment pour me sentir insensible, je file prendre une longue douche bien chaude qui apaise autant mes muscles endoloris que mes pensées tourmentées et me prépare un petit-déjeuner copieux pour être sûr d'être en forme pour cette première journée dans ma nouvelle vie. Je m'habille de manière décontractée et prépare mes affaires avant de quitter mon sanctuaire, en me regardant juste avant une dernière fois dans le miroir pour vérifier ma tenue.
Une nouvelle journée commence, pleine de promesses, de nouvelles expériences et de belles rencontres, et je me sens prêt à l'affronter.
______________
Je marche une dizaine de minutes dans les rues dorénavant animées de la ville, non sans observer la sobriété des bâtiments haussmanniens et l'agitation des passants empressés à se diriger vers leurs occupations quotidiennes. L'excitation monte alors que j'arrive devant le bâtiment de ma nouvelle école avec un peu d'avance. Les couloirs résonnent des rires et des conversations animées des étudiants tandis que les affiches colorées annoncent diverses activités et événements, créant une atmosphère vibrante et accueillante. J'entre dans un amphithéâtre imposant, où quelques étudiants de première année ont déjà pris place. Je m'installe dans un coin tranquille sur le côté, observant les autres arriver au compte-gouttes tout en scrollant sur mon feed Instagram pour passer le temps.
Peu de temps après, une fille blonde s'approche de moi avec un sourire réservé. “J’peux m'asseoir ici ?” me demande-t-elle de sa voix douce tandis que son parfum floral vient me caresser. Je hoche la tête en lui lançant un petit sourire, agréablement surpris par sa demande. Elle s'assied à côté de moi, sort un roman, Madame Bovary de Flaubert, et commence à s'y plonger pour s'occuper. Elle semble nerveuse, remettant ses cheveux en place de temps en temps.
En attendant que l'année commence, je jette quelques regards discrets vers ma nouvelle voisine occupée à sa lecture. Son visage est encadré par de longs cheveux blonds lisses qui brillent à la lumière, avec des racines brunes légèrement visibles. En dessous de ses sourcils finement dessinés, elle porte des lunettes rectangulaires à monture en écailles de tortue, ajoutant une touche de sophistication intellectuelle à son apparence et qui laissent apercevoir ses yeux noisette fixés sur son livre. Par moments, elle ajuste délicatement ses lunettes, révélant des bagues discrètes sur ses doigts élancés. Ses lèvres légèrement rosées, sans traces de maquillage, captent mon attention un instant. Elle a une beauté naturelle et douce qui ne peut que m'attirer.
Enroulant ses doigts dans ses longs cheveux blonds tombant en cascade sur ses épaules sveltes, ma voisine m’invite à continuer ma contemplation. En haut, elle porte une chemise ample bleu clair d'où je distingue un instant la forme de sa petite poitrine lorsqu'elle prend une inspiration une plus profonde pour manifester son impatience devant cette attente qui paraît à tout l'amphithéâtre anormalement longue. Elle sort alors son téléphone pour regarder l'heure, me dévoilant au passage son fond d'écran : une photo d'elle et sa famille à la plage. En contrebas de sa chemise, son jean droit ne dévoile que furtivement la courbe de ses cuisses lorsqu'elle se penche en avant, pliant le tissu sous son corps affiné, pour attraper quelque chose dans son sac noir.
Ma voisine fouille dans ses affaires et sort une simple bouteille d'eau. Elle boit une gorgée, ses lèvres délicates effleurant le goulot avec une touche de sensualité. Je me surprends à imaginer le goût qu'elles pourraient avoir et me rends compte que continuer à la regarder bêtement sans engager la conversation avec elle serait ridicule. Je prends une profonde inspiration, me redresse légèrement et décide de briser la glace. Je lui demande comment elle s'appelle. Elle lève les yeux de son roman, me regardant avec une légère surprise avant de me répondre avec un petit sourire : “Je m'appelle Léonie. Et toi ?” Son nom résonne agréablement dans mes oreilles alors que je lui donne le mien. Elle est plus que mignonne et quelque chose dans son attitude simple et un peu trop sage m'attire de plus en plus.
Alors qu'elle se penche pour ranger son livre dans son sac, sa main frôle brièvement la mienne. Un contact léger, mais suffisant pour éveiller une sensation de chaleur. Léonie relève les yeux vers moi un instant, une lueur de surprise et un sourire hésitant illuminant son visage, avant de glisser nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille, révélant brièvement son décolleté. Je lui souris en retour, mon cœur battant un peu plus fort, appréciant ce moment fugace de proximité qui nous trouble tous les deux et qui continue de flotter quelques secondes dans l'air de l'amphithéâtre où se mélangent les échos de discussions animées entre des étudiants de plus en plus nombreux et une odeur de café.
Nous nous lançons ensuite dans un échange de banalités pour apprendre à mieux se connaître. Je lui raconte mon déménagement récent et de mon indépendance, tandis qu'elle me raconte qu'elle est parisienne et vit toujours avec ses parents, couvée dans la chaleur confortable du cocon familial. Léonie me parle aussi de son amour pour la littérature classique, bien qu'elle admette parfois se sentir dépassée par les attentes académiques de ses parents. Elle mentionne également ses promenades le week-end au Jardin des Plantes. Son regard s'illumine lorsqu'elle évoque ses passe-temps et je l'imagine assise dans l'herbe fraîchement taillée, dévorant les pages de ses livres préférés. Elle mentionne également qu'elle aimerait bien s'engager dans une association pour aider les autres et qu'elle espère avoir le temps de le faire cette année. Plus elle parle, plus je suis captivé par son mélange de douceur et d'intelligence.
Alors que notre conversation s'approfondit, elle me confie les attentes de ses parents concernant ses études. Je sens une vulnérabilité attachante dans ses paroles, ses mains se crispant légèrement lorsqu'elle les prononce, prisonnière de son doux cocon. Nos regards se croisent et je vois une lueur de trouble dans ses yeux noisette, son souffle se suspendant un instant. Elle bute sur ses mots, glissant nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille de nouveau avant de continuer. Chaque anecdote qu'elle partage enrichit mon image d'elle et éveille en moi un désir de la connaître davantage. Je me surprends à espérer que notre échange marque le début d'une complicité naissante, et peut-être même un peu plus.
Notre discussion est interrompue par l'arrivée soudaine d'un homme en surpoids visible, dans un costume noir qui semble à deux doigts de craquer à chaque mouvement, probablement dans la cinquantaine, montant sur l'estrade avec une présence qui impose immédiatement le respect. Léonie et moi échangeons un dernier sourire, promettant de continuer plus tard notre conversation au sujet des aventures d'Emma Bovary. L'homme, notre directeur, laisse échapper un léger soupir en regardant les nouveaux élèves qui le regardent d'un air hébété, attendant ses premières paroles en chuchotant encore et en se pensant discrets. Il nous fixe avec une expression sévère et, d'un raclement de gorge sec, il fait taire toute la salle avant de commencer son discours. Il commence à lire quelques lignes des feuilles posées sur son pupitre, nous regardant à peine alors qu'il parle des "défis importants de cette première année".
Je jette un dernier coup d'œil à Léonie : elle semble concentrée, ses yeux noisette fixés sur le directeur, mais je perçois une étincelle d'intérêt dans son regard. Peut-être pour cette nouvelle aventure, peut-être pour moi, impossible de le savoir.
La platitude de ce discours inaugural m'invite rapidement à balader mes yeux dans la salle pour satisfaire ma curiosité. Je scrute les différents visages autour de moi, essayant de deviner leurs histoires. Dans les silhouettes qui attirent mon regard, il y a ce type un peu plus loin dans la salle, au même rang que moi, les cheveux en bataille et l'air sérieux, absorbé par les notes qu'il griffonne sur son carnet. Plus loin, une fille à lunettes avec un sourire timide échange quelques regards complices avec sa voisine, une brune au sourire joueur et à l'allure un peu superficielle.
Mon attention se concentre par la suite sur les autres silhouettes féminines présentes autour de moi que je me mets à détailler furtivement. À ma droite, déconnectée de ce qui l'entoure, une brune à lunettes regarde distraitement son téléphone caché sous la table, ses doigts ornés de bagues scintillantes tapant un message à un destinataire mystérieux. Au premier rang, une autre fille en robe florale, ses cheveux bruns relevés en un chignon soigné et sérieux, écrit de manière studieuse chaque mot du directeur sur un cahier à spirale. Plus loin, à l'arrière de l'amphithéâtre, ne paraissant pas à sa place tel un corbeau se tenant sur son perchoir au milieu des colombes, une fille aux yeux bleus perçants, toute vêtue de noir avec une capuche dissimulant sa chevelure, fait rouler dans ses doigts frêles du papier à cigarette. Elle semble indifférente à l'assemblée, attendant le moment où elle pourra enfin allumer sa clope, perdue dans ses pensées de rébellion éternelle.
Parmi toutes ces figures, une attire particulièrement mon attention : une fille deux rangs derrière moi, à l'autre bout de la salle, avec une frange parfaitement coupée encadrant son visage délicat à la beauté énigmatique et singulière. Ses yeux marron suivent le discours avec une intensité qui contraste avec l'indifférence ambiante qui commence à régner dans la salle, comme si les paroles du directeur n'étaient prononcées que pour elle. Elle émet une aura particulière, une assurance tranquille et inébranlable, comme si elle était déjà en avance sur nous tous. Sa tenue décontractée et légère, presque provocante pour une rentrée, m'invite à la déshabiller du regard, imaginant la douceur de ses longues jambes sous sa jupe courte, ses épaules satinées sous les bretelles de son débardeur et l'absence visible de soutien-gorge. Je me ressaisis, laissant cette jeune femme tranquille dans mes pensées, et détourne la tête avant qu'elle me surprenne.
Léonie me ramène à la réalité en me tapotant gentiment le bras. "Tu m'écoutes ?" me demande-t-elle avec un sourire complice. Elle m'annonce, d'une voix basse et rayonnante, que nous sommes dans la même classe cette année avant de s'amuser taquinement de mon caractère lunaire. Je me perds un instant dans sa caresse amicale et innocente, la sensation douce et rude dissipant mes dernières rêveries. Je lui adresse un regard complice et lui partage ma joie de passer l'année à ses côtés qu'elle partage. Pendant le reste du discours, nos regards se croisent plusieurs fois, chaque échange d'yeux renforçant notre connexion naissante. Léonie semble aussi troublée que moi.
Quelques minutes plus tard, la fin de la présentation du directeur se fait sentir. L'excitation monte dans la salle lorsqu'il annonce que les cours ne commencent que demain et tous les élèves ne semblent qu'attendre que leur tortionnaire leur rende leur liberté. Après des dernières informations administratives ainsi que des derniers mots d'encouragement et de responsabilisation, il conclut par un "À demain" qui libère toute la salle. Je m'empresse de demander à Léonie son Instagram qu'elle me donne sans hésiter, l'écrivant sur mon téléphone avec un petit sourire nerveux. Avant de disparaître, Léonie me lance un dernier regard et nos yeux se rencontrent une énième fois comme une promesse silencieuse de retrouvailles que j'attendrai avec impatience.
______________
En rentrant dans mon sanctuaire, je m'empresse de retirer mes chaussures et de grimper sur mon lit pour m'y allonger avant de sortir mon téléphone pour retrouver le Insta de Léonie, que je m'étais gardé d'ouvrir dans la rue, préférant l'intimité de mon appartement pour découvrir son jardin secret.
Je découvre à ma grande peine un profil vide de toute publication, mais une lueur d'espoir apparaît quand je remarque le petit symbole de sa story à la une, seul éclatement de couleurs sur ces lignes vides et sombres, qu'elle a sobrement intitulé “LIFE”. En faisant défiler les photos, je découvre des instants de sa vie : ses découvertes culinaires au gré de divers restaurants, des couvertures de romans posés sur son bureau, des paysages de jardins parisiens, quelques œuvres d'art prises dans des musées, des couchers de soleil presque poétiques ou encore des instants d'insouciance capturés avec des amis en soirée.
Mon cœur bat plus fort à mesure que j'explore son profil. Chaque image ajoute des nuances à sa vie, créant en moi un mélange d'attraction et de curiosité. Mon esprit vagabonde sur ses photos et une image d'elle et de ses lèvres délicatement rosées effleurant une tasse de café dans un café parisien me fait m'arrêter dans ma découverte, me fascinant de manière presque obsessionnelle. Une chaleur montante me rappelle brutalement à la réalité : je suis captivé par mes propres fantasmes. Ma main hésite, prête à défaire la boucle de ma ceinture et céder à la tentation, mais je me retiens, laissant ma curiosité brûlante faire défiler les dernières photos sur mon écran.
À la toute fin, postée il y a un mois à peine, je redécouvre sa photo de fond d'écran : entourée de ses parents, Léonie se tient au milieu, affichant un sourire éclatant. Ce sourire, empreint d'innocence et de joie de vivre, me trouble un instant. Je me rappelle ses mots sur son amour pour la littérature et me surprends à espérer être à la hauteur des conversations qu'on semble promis à avoir. En même temps, l'image de son corps en maillot de bain bleu marine se superpose, éveillant des pensées plus charnelles. Mes yeux parcourent la courbe de ses reins et ses hanches fines puis descendent le long de ses cuisses galbées avant de remonter sur sa poitrine emprisonnée dans son maillot à la rondeur captivante.
Son maillot épouse ses formes, révélant les courbes que sa tenue dans l'amphithéâtre dissimulait. Sans attendre, mon bas-ventre m'appelle à nouveau, dans un grondement encore plus sourd, pour répondre aux désirs que la photo a fait naître en lui, comme si mon regard lui devait quelque chose. Dans mon esprit, Léonie est soudainement dans ma chambre, assise sur mon lit, son maillot de bain bleu marine contrastant avec les draps sombres. Je m'approche d'elle sans hésitation, mon regard fixé sur son corps offert. Mes mains glissent sur ses épaules nues, descendant le long de ses bras pour atteindre ses hanches. Je la pousse doucement en arrière, l'allongeant sur le lit. Ses yeux me fixent, mais ils n'expriment rien d'autre que la soumission.
Je retire le haut de son maillot, dévoilant ses seins fermes et ronds. Mes mains les saisissent, les malaxent avec avidité, sentant la douceur de sa peau sous mes doigts. Je me penche, mordillant ses tétons jusqu'à ce qu'ils durcissent sous ma langue. Léonie gémit, mais je ne m'arrête pas. Je descends plus bas, embrassant son ventre plat, goûtant chaque centimètre de sa peau brûlante de désir. Je tire sur le bas de son maillot, le retirant avec une lenteur délibérée, savourant chaque seconde. Mes doigts effleurent son intimité, la trouvant déjà humide et prête. Je ne perds pas de temps, plongeant mes doigts en elle, explorant ses profondeurs avec une détermination féroce. Léonie arque le dos, ses gémissements s'intensifiant.
Mon excitation atteint son paroxysme. Je me débarrasse de mes vêtements en un clin d'œil, rejoignant Léonie sur le lit. Mes mains écartent ses cuisses, exposant son sexe à mon regard avide. Sans attendre, je la pénètre d'un coup sec, savourant la chaleur et l'étroitesse de son corps qui m'enveloppe. Je commence à bouger en elle, mes coups se faisant de plus en plus rapides, de plus en plus profonds. Léonie se tord sous moi, son corps répondant à chaque poussée avec une intensité qui alimente mon désir. Je l'entends murmurer mon nom avec sa voix douce entre deux gémissements, mais cela ne fait que renforcer mon envie de la posséder. Mes mains saisissent ses hanches, les immobilisant pour approfondir encore plus ma prise. Je la prends sans aucune retenue, sans respect, la réduisant à un simple objet de plaisir. Je m'empare de sa gorge, la serrant légèrement. Son corps se tend, amplifiant mon plaisir.
Chaque mouvement en elle est un délice, chaque gémissement un encouragement. Je sens mon orgasme approcher et, avec un dernier coup de reins, je me libère en elle en grognant et en serrant un peu plus fort ma main autour de son cou. La sensation de la remplir est une libération incroyable. Je sens chaque pulsation de mon orgasme, chaque jet de sperme envahir son corps, la chaleur se répandant en elle. Léonie gémit plus fort, son corps se convulsant autour de moi, amplifiant encore mon plaisir. Je reste en elle, savourant la sensation de son corps épuisé sous le mien, chaque fibre de mon être tremblant de satisfaction intense jusqu'à me sentir complètement vidé.
La réalité me frappe alors que je rouvre les yeux et réalise que tout cela n'était qu'un fantasme. Mon cœur bat encore la chamade, mon corps en sueur. Je me relève, un mélange de culpabilité et de satisfaction m'envahissant. Ma main est déjà sur mon sexe, prête à me branler, mais je m'arrête. Ça ne se fait pas et je remets mon caleçon ainsi que mon pantalon avec un sentiment de honte qui me parcourt. Je me fais couler un café, espérant chasser ces pensées de mon esprit. Quelques instants plus tard, dans une sérénité retrouvée, hors de mes draps et leur appel à la luxure, la curiosité me fait de nouveau défiler ces fragments de sa vie. Les revoyant sous un regard tranquille, je réalise que Léonie est bien plus qu'une jolie fille et qu'elle ne mérite pas d'être réduite à un simple objet de désir. Les photos de ses moments de lecture, des paysages urbains et de ses amis révèlent une personnalité intéressante.
Pourtant, au fond de moi, la dualité persiste : un combat entre l'envie de la connaître et celle de la posséder.
Je m'effondre sur mon canapé, les jambes alourdies par mes pensées, les yeux fixés sur l'écran de mon téléphone. Ressassant les détails de notre rencontre, je cherche les mots justes pour prolonger ce lien naissant. Mon cœur bat un peu plus vite alors que je compose mon premier message à Léonie, tentant de trouver le bon équilibre entre intérêt sincère et légèreté. Je me demande si elle pense à moi avec la même curiosité. Après plusieurs relectures, j'hésite avant d'envoyer le message, voyant enfin apparaître aux côtés de ma photo de profil :
Salut Léonie !
C’était sympa de te rencontrer ce matin
Je suis encore en train de m’installer à Paris et je me demandais si tu aurais des adresses sympas à me conseiller ?
En attendant sa réponse, mes pensées vagabondent, revisitant les endroits vus sur son profil. Peut-être qu'elle me recommandera ce café près de la Seine où elle semblait si détendue, un livre ouvert devant elle alors que le soleil jouait avec ses mèches blondes. Ou peut-être ce parc dans le Marais, où elle apparaissait sereine parmi les fleurs à l'ombre d'un arbre, son sourire éclairant la verdure. Perdu dans ces images, je suis frappé par la beauté simple et élégante de Léonie. Je me demande aussi quels vêtements elle pourrait porter si elle accepte de me voir. Peut-être un pull oversize enveloppant son corps mince, sinon une robe légère dévoilant subtilement ses jambes et la délicatesse de sa peau ou encore un simple jean moulant, épousant ses formes avec raffinement et contrastant avec un haut simple.
Je nous imagine dans ce café cosy de la photo, échangeant des histoires, riant des anecdotes, nos mains se frôlant accidentellement par moments. Puis, nous promenant dans ce parc, sa voix douce me parlant de ses rêves, tandis que le vent joue avec sa chevelure blonde et que je me perds dans son sourire. Nos regards se croisent et, lentement, je m'approche pour l'embrasser, sentant la douceur de ses lèvres contre les miennes, ma main glissant sur sa cuisse, ressentant la chaleur de sa peau sous mes doigts. Cette image me sort de mes rêveries, me ramenant à la honte de mes fantasmes les plus sombres, et je chasse cette vision troublante de mon esprit. Reprenant mon téléphone, je vois la notification de son message. Une boule au ventre me prend avant que je ne prenne une grande inspiration pour calmer mon excitation et lire :
Salut !
Oui, bien sûr ! Il y a plein de chouettes endroits.
Tu cherches quelque chose en particulier ? Cafés, parcs, musées, bars ?
Ses réponses spontanées dissipent rapidement mes rêveries. Nous échangeons plusieurs messages où elle partage avec enthousiasme ses lieux favoris : le café près de la Seine, le parc dans le Marais, un musée d'art contemporain dans le 11ème arrondissement et le Marché aux Fleurs sur l'Île de la Cité. En lisant ses suggestions, je m'imagine l'y emmener, parler et rire avec elle. Ces lieux semblent perdre de leur magie si elle n'y est pas à mes côtés et je décide de prendre mon courage à deux mains. J'écris ma réponse et la relis alors que mon pouce tremble légèrement en appuyant sur "envoyer".
Merci beaucoup pour toutes ces suggestions !
D’ailleurs ça te dirait de m’y accompagner un jour ?
J’avoue que je connais encore personne ici et ça serait sympa d’avoir une guide.
La réponse de Léonie tarde cette fois et l'attente devient lourde, mon esprit oscillant entre espoir et crainte de ce qu'elle va écrire. Soudain je vois qu'elle a vu le message. Après un instant, sa réponse apparaît :
Ça serait chouette, mais peut-être pas tout de suite
Je préfère qu'on apprenne à se connaître un peu plus avant
Mais on peut parler de tout ça demain si tu veux 😊
La pénombre envahit doucement mon appartement, assombrissant mes espoirs en lisant cette réponse prudente. Je me console en me disant que ce n'est que partie remise — après tout, nous nous voyons demain. Je m'allonge dans mon lit, laissant la fatigue de la journée m'envahir. Quelques messages plus tard, Léonie me souhaite une bonne nuit ponctuée par un clin d'œil. Une pointe d'amertume m'envahit en la laissant partir ainsi, mais l'idée de la retrouver demain réchauffe tout de même ce cœur qu'elle a éraflé par son hésitation. Je ferme les yeux avec impatience, rêvant déjà au lendemain et pensant encore à cette journée qui se termine. Mes pensées s'estompent lentement, me laissant glisser dans le monde des rêves, où les regards échangés prennent vie à nouveau, plus doux et intenses que dans la lumière vacillante de la réalité.
Perdu dans mes songes, je me mets à suivre deux femmes jusqu'à l'orée d'une forêt paisible. Elles s'engouffrent main dans la main sans prêter attention à ma présence. Envoûté par la nudité et leurs gestes délicats pour dégager les branches, je continue de fouler leur pas jusqu'à ce qu'elles me guident à une table qui s'étend encore plus loin que mon regard le perçoit, recouverte d'une nappe rose en soie et de fraisiers déposés dessus. Les observant derrière un arbre, de peur que la découverte de ma présence leur fasse mettre un terme à leur rituel curieux, je les vois se glisser sur la table, se tenant à quatre pattes comme des félines prêtes à bondir sur une proie affaiblie.
Sous mes yeux, les deux femmes commencent à dévorer les fraisiers disposés en rangée, n'utilisant que leurs bouches pour cueillir les fruits juteux, leur rouge intense salissant la pureté de la nappe. Chaque fraise mordue laisse échapper un jus écarlate qui ruisselle le long de leurs lèvres, traçant des sillons sur leur peau jusqu'à leur poitrine. Les mouvements de leurs têtes, leurs lèvres s'ouvrant et se fermant autour des fruits, me donnent l'impression d'assister à une danse sensuelle et hypnotique qui m'emprisonne dans ma contemplation.
La nappe rose, désormais tachée de rouge, ondoie sous leurs mouvements, ajoutant une touche de féerie à cette scène irréelle. Leurs corps se salissent à mesure que leur appétit devient plus vorace, les taches de fraises se fondant avec leur peau, créant un tableau vivant d'une étrange beauté sauvage et débridée. Leurs rires étouffés et leurs soupirs de plaisir résonnent dans l'air, amplifiant l'ambiance presque sacrée de ce festin charnel.
La table commence à trembler. Les mouvements des femmes deviennent frénétiques, en proie à une faim insatiable. Les tremblements se font de plus en plus intenses, les fraisiers se renversent, les fruits roulant sur la nappe et tombant au sol. Les femmes, ivres de désir, se concentrent uniquement sur leur quête désespérée de dévorer le dernier fruit. La table elle-même paraît vivante, vibrant sous l'intensité de leur étreinte culinaire.
Juste avant que le rêve ne bascule dans le chaos total, la scène s'estompe, me laissant sur le point de comprendre quelque chose d'essentiel. Un bruit soudain me réveille en sursaut et me retire ce mystère. Un son répétitif et grinçant me ramène brusquement à la réalité alors que mes yeux s'ouvrent sur la pénombre de ma chambre. Je me lève, la confusion de l'éveil brouille encore mes pensées. Je tente de m'orienter dans l'obscurité, mon esprit vacillant encore entre l'étrange quiétude de la forêt onirique et la réalité oppressante de mes désirs refoulés, tandis que le bruit persistant m'attire vers la fenêtre pour jeter un coup d'œil à l'extérieur, à la recherche de ce qui m'a tiré de ce rêve au moment où il semblait vouloir me révéler ses secrets, et où une scène tout aussi déconcertante m'attend.
Ma voisine, cette muse de mes matins solitaires, est là, au centre de son appartement, emportée dans une étreinte avec un amant sur la table de son salon. Ses cheveux bruns ondulés s'agitent autour de son visage rougi par la passion alors que sa poitrine, naguère délicate et enivrante, se soulève frénétiquement. Ses tétons roses pointent vers l'homme qui la pénètre avec une douce intensité qui résonne dans chaque coup de reins qu'il lui offre. Les gémissements de plaisir de ma voisine, mêlés aux grognements rauques de son partenaire et au grincement de la table, remplissent la pièce d'une aura charnelle.
Le craquement de la table sous le poids de leurs corps résonne dans ma tête. Mon regard est rivé sur cette scène primale, mon cœur battant à tout rompre. Je sens une chaleur envahir mon bas-ventre, une pulsion irrépressible me pousse à glisser une main là où elle est si demandée depuis le début de la journée pour participer secrètement à leur étreinte. Je sens la moiteur de ma paume, l'humidité trahissant mon propre désir. Ma main descend lentement, libérant mon sexe, et commence à se mouvoir de manière rythmée, synchronisée avec les mouvements de ma voisine et de son amant.
Je détaille son corps : ses seins fermes et ronds, secoués à chaque coup de reins, ses tétons durcis pointant vers le ciel. Son ventre plat, à la ceinture abdominale légèrement dessinée, parcouru d'une veine pulsante à chaque battement, se contracte et se détend au rythme de leurs mouvements. Ses cuisses musclées enroulent les hanches de son partenaire, ses talons pressant contre ses fesses pour l'encourager à aller plus fort, plus profondément en elle.
Les lèvres de son sexe, gonflées de désir, s'ouvrent et se referment autour de celui de son amant. De ma fenêtre, je distingue les moindres détails, la délicate plénitude de ses lèvres internes, légèrement humides et brillantes, contrastant avec la peau plus sombre de ses lèvres externes. Le pli intime de ses lèvres dévoile par moments le rose humide de son intérieur. La vue de ce secret révélé par ses mouvements m'obsède, chaque détail accentuant l'intensité de mon désir. Un peu plus haut, sa pilosité discrète, ajoutant une touche de réalité brute à sa féminité, laisse entrevoir un petit triangle de poils bruns rasés de près, légèrement humides de sueur et de désir, et lui donne une allure aussi sauvage qu’irrésistible.
Dans cette étreinte charnelle où la sueur perle sur sa chair, la courbure de son dos, légèrement cambrée et marquée par la lumière tamisée, révèle la ligne fine et élégante de sa colonne vertébrale traçant un chemin de désir qui descend jusqu'à ses hanches. La courbe naturellement creusée de ses reins attire mon regard, chaque mouvement de son corps accentuant cette ligne de pure tentation, vers ses fesses pleines et fermes, sûrement entretenues pendant des heures à la salle de sport, qui se contractent et se détendent contre le bois froid de la table. Ses cuisses, musclées et élancées, encadrent fermement les hanches de son amant par une flexion vulnérable des genoux, chaque fibre de leurs muscles se tendant et se relâchant au rythme de leur étreinte, créant une danse sensuelle de pure extase. Au bout de ses jambes, ses pieds, aux orteils délicats, se crispent et s'étendent, leurs mouvements trahissant le plaisir intense qu'elle éprouve et qui se lit dans son regard.
Ses yeux marron teintés d'une lueur verte, mi-clos, brillent d'un éclat fiévreux, leurs pupilles dilatées de désir. Son regard, à la fois perdu dans l'extase et ancré dans l'instant présent, plongé dans celui de son amant, semble refléter chaque vague de plaisir qui la traverse, amplifiant la connexion entre eux et par ricochet, entre elle et moi. Ses joues, rougies par l'effort et le plaisir, brillantes de sueur, se tendent et se relâchent à chaque souffle haletant sortant de sa bouche entrouverte qui laisse échapper des soupirs et des gémissements qui résonnent jusqu'à moi. Ses lèvres pleines et rouges s'humidifient à chaque respiration et se tendent à chaque nouveau baiser fiévreux qu'elle partage avec l'homme qui la fait se sentir si bien.
Un peu plus bas, le creux de son cou, où perle la sueur, si délicatement tendu et exposé, pulse doucement avec son souffle rapide, m’invitant à la tendresse et la morsure dans une vision de pure sensualité. Ses épaules dessinées, larges, mais élégantes, se soulèvent avec une grâce féroce et une régularité hypnotique, révélant à la fois des muscles fins et la dureté envoûtante de ses clavicules sous sa peau légèrement bronzée. Au loin de ses bras enroulés autour de la nuque de son partenaire et marqués par une légère pilosité, ses mains, aux doigts longs et fins qui se crispent et se relâchent, s'agrippent fermement à son amant, leurs mouvements trahissant une volonté de posséder autant qu'elle est possédée. Ses ongles, peints d'un rouge sombre, laissent des traces sur la peau de l'homme en s'y enfonçant dans un mélange de tendresse et de désespoir, témoignage de la passion qui la dévore.
La vue de ces petits détails intimes renforce mon désir de posséder chaque partie de son être. Chaque mouvement de son corps, chaque contraction de ses muscles, chaque gémissement, alimente mon désir et intensifie mon plaisir. Le bruit de leur union résonne dans l'air, mêlé aux gémissements et aux cris de plaisir. Ma main s'accélère, se fait plus ferme, mon souffle se fait plus court. Je sens la tension monter en moi, mes doigts serrant plus fort, mon mouvement devenant plus frénétique. Mon regard ne quitte pas sa peau luisante, son visage marqué par l'extase et quelques taches de rousseur, ses yeux fermés, sa bouche entrouverte, alors qu'elle laisse s’échapper des soupirs et des cris qui semblent résonner directement dans mon bas-ventre.
Au sommet de l'excitation, je ne peux plus me retenir. Mon corps se tend, un grognement sourd s'échappe de ma gorge alors que l'orgasme me submerge. La sensation de libération est à la fois dévastatrice et enivrante. Je sens chaque pulsation de mon plaisir se répandre en moi, chaque fibre de mon être tremblant sous l'intensité de ce moment. Mon souffle se fait haletant, ma main se crispe autour de mon sexe, prolongeant la vague de jouissance qui me traverse.
Lorsque le plaisir retombe, un mélange de satisfaction et d'envie me submerge. La réalité revient doucement, et je ressens une pointe de jalousie en voyant ma voisine comblée par un autre homme. Je me redresse, le souffle encore court, observant cette scène avec une certaine amertume. Ma main, encore humide, me rappelle l'intensité du moment. Je me sens légèrement étranger à moi-même, mais plus par l'intensité de l'expérience que par un quelconque dégoût. Je ne peux m'empêcher de me dire que ma voisine se comporte comme une vraie salope à se donner ainsi sans réserve en se montrant. Une partie de moi aurait voulu être à la place de cet homme, la baiser encore plus fort et lui faire comprendre ce que c'est qu'un vrai mec. Cette pensée m'obsède, alimentant une colère sourde et un désir de destruction.
Je me lève, me dirige vers la salle de bains et nettoie les traces de mon acte sur ma peau alors que ma voisine est toujours prise dans son étreinte. L'eau froide sur mon visage rafraîchit mes pensées et me ramène complètement à l'instant présent. Je retourne dans ma chambre, m'allonge sur mon lit, laissant mes pensées vagabonder librement. Le sentiment de solitude s'estompe légèrement, remplacé par une satisfaction trouble d'avoir été témoin de cette scène après de si longues semaines à fantasmer sur cette voisine dont, je me rends compte maintenant, je ne connais même pas le nom. Une petite voix au fond de moi murmure que cette obsession n'est pas saine, mais je la fais taire sans attendre. Je ferme les yeux, espérant que le sommeil m'apportera des rêves aussi intenses que cette soirée.
Perdu dans mes songes et les images de ma voisine en pleine action, je finis par retrouver le sommeil sans trop de problèmes et rêve que je suis en soirée dans un grand appartement, entouré de visages flous et indistincts, mais que je devine souriant, comme célébrant quelque chose et m'invitant à partager ce bonheur. La musique flotte dans l'air, une mélodie douce et enveloppante. Au centre de la pièce, une jeune femme danse gracieusement, ses longs cheveux blonds flottant comme des filaments dorés. Sa silhouette est douce et légère, sa robe presque transparente créant une aura de pureté réconfortante, presque maternelle.
À côté d'elle, une autre silhouette féminine avec une rousseur distincte bouge avec une élégance divine, ses mouvements rapides et fluides créant des éclats de lumière dans sa chevelure flamboyante qui contraste avec sa tenue noire, presque arachnide. Au milieu de son visage flou se dessinent deux points d'un bleu bouleversant qui, à cet instant, me font dire qu'ils resteront gravés en moi à tout jamais. La lumière tamisée crée des ombres douces sur les murs, et je me sens léger, comme porté par une brise d'été. Les conversations autour de moi se transforment en un murmure harmonieux, une mélodie de mots et de rires alors qu'un livre ancien ouvert sur le rebord d'une fenêtre capte mon attention brièvement, ses pages feuilletées par une brise invisible.
Soudain, un oiseau aux couleurs éclatantes, d'un bleu vif, vient se poser à la fenêtre fermée où se tenait le livre il y a encore un instant. Ses plumes scintillent sous la lumière tamisée : il me fixe de ses yeux perçants, piétinant comme s'il voulait entrer, comme s'il avait quelque chose à me dire et que cela ne pouvait attendre. Intrigué, je m'approche de la fenêtre, mon cœur battant d'excitation et de curiosité. Je tente de lui ouvrir, devant tirer une longue corde pour se faire, mais au moment où s'ouvre la fenêtre, l'oiseau s'envole, disparaissant dans la nuit avec un battement d'ailes silencieux sans me dire ce qui paraissait si important que je sache il y a un instant.
Les visages autour de moi continuent de sourire, la musique continue de flotter dans l'air, mais un sentiment de perte et de mystère reste en moi, m'invitant à ne pas les joindre pour y mêler ma tristesse inexplicable d'avoir vu l'oiseau disparaître ; laisser les silhouettes chaleureuses loin de mes états d'âme pour ne pas briser le bonheur qu'elles partagent ensemble. La fête reprend son cours, emportée par la danse, par les conversations, par les éclats de lumière et d'ombres, tandis que je reste à cette fenêtre ouverte, cherchant à comprendre ce que l'oiseau voulait me dire et que je ne saurais jamais. En un instant, la pièce s'illumine alors de mille feux.
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Evano
25 septembre 2024 à 12:42
Très beau récit
J aime beaucoup le style sous forme de confidence et de détails enivrants
Soyez respectueux
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